Tout est fini.

[UA post-8x03] : « L'hiver vient, disait Ned Stark autrefois. Maintenant, Cersei savait ce qu'il avait voulu dire. » Ou : les marcheurs blancs gagnent à Winterfell et marchent sur Port-Réal. Cette fois, aucune échappatoire n'est possible. Death!fic. C'est un UA où Cersei n'est pas tombée enceinte.

- Défi des Mille-Prompts : Cersei Lannister.

- Défi de la collection restreinte : pas de fin heureuse.

- « Si tu l'oses » : Rêveur.

- « Et si... » : 48 « Et si les marcheurs blancs avaient gagné ? »

- Défi des belles paroles : #11 Tôt ou tard arrivera le moment où chacun aura ce qu'il mérite...

- Prompt of the day : paix.

Elle l'avait probablement compris dès le lendemain de la bataille de Winterfell, alors que la Longue Nuit venait à peine de commencer, et n'était pas prête d'être finie (si jamais elle se terminait un jour) même si elle refusa de l'admettre sur le moment.

Alors qu'un froid glacial, inconnu de Port-Réal et du Sud en général (surtout après ce long été qui avait duré si longtemps qu'on en avait finit par oublier le froid de l'hiver. Le vrai hiver.) avait commencé à se répandre dans tout Westeros (et ne tarderait pas bientôt à atteindre également Essos), tout avait commencé à basculer.

Le monde ne serait plus jamais le même.

Tout allait bientôt changer, en mal, de toute évidence.

Les mestres avaient eu bien raison, ce serait l'hiver le plus froid que les sept couronnes avaient jamais connu.

Non, elle n'avait pas voulu y croire tout d'abord, et puis, la neige avait commencé à tomber, aux quatre coins du royaume, quelques jours seulement après l'annonce de la destruction de Winterfell.

Annonciatrice d'une seule chose : l'arrivée des marcheurs blancs.

Et leur future perte, à tous.

Et là, elle avait dû se rendre à l'évidence.

(Cruelle et désespérante évidence.)

Elle avait eu tort.

Elle avait toujours eu tort.

L'hiver vient, disait Ned Stark autrefois.

Maintenant, Cersei savait ce qu'il avait voulu dire.

Même s'il ne le savait pas lui-même à l'époque.

Peut-être l'aurait-elle traité de rêveur avant, lui et aussi ceux qui croyaient à l'existence et au retour des marcheurs blancs.

Ce ne risquait plus d'arriver désormais.

Oui, elle voyait désormais.

Ils avaient perdu.

Quand il était devenu certain que ceux qui s'étaient battus au Nord, les Stark, Jon Snow, Daenerys Targaryen (ses dragons y compris) et tout les autres étaient bel et bien morts, elle avait finalement envoyé la compagnie dorée ainsi que presque tout les autres soldats dont elle disposait pour aller combattre les morts-vivants qui menaçaient de déferler sur eux d'un moment à l'autre.

Ça n'avait rien changé, en fait, ça n'avait fait qu'empirer les choses.

Ils n'avaient pas prévu que leurs soldats perdent, et ne finissent par grossir les rangs de l'armée des morts, qui était déjà sortie grandie de la bataille de Winterfell.

Le nombre de spectres aux yeux bleus n'avait jamais été aussi élevé.

Il y avait une autre chose sur laquelle aucun d'entre eux n'avait réellement compté.

L'hiver.

Oui, l'hiver était bel et bien là, plus terrible et meurtrier que jamais, et Cersei (qui s'était autrefois plainte du froid du Nord, sans connaître ce qu'était véritablement le froid pur et dur qu'elle expérimentait désormais), si elle l'avait pu, aurait volontiers échangé la caresse glacée et mortelle de cet hiver-là contre toutes les neiges d'été du Nord s'il l'avait fallu.

Impossible de se réchauffer désormais, même au Donjon Rouge, ou où que ce soit ailleurs, il n'y avait plus de chaleur, nulle part.

L'hiver frappait, l'hiver blessait, l'hiver prenait, l'hiver volait, l'hiver gelait.

Et surtout, l'hiver tuait.

Envolé l'été, la chaleur, le bonheur, la vie, l'espoir.

Ne restait plus que le froid, la neige, la glace, la mort.

Tout le pays gelait, de Winterfell (enfin, ce qu'il en restait du moins) jusqu'à Dorne, la neige envahissait tout, les moindres recoins de Westeros, et détruisait absolument tout ce qui restait.

L'eau, la mer, qui avait été le possible seul et dernier espoir autrefois pour les vivants qui restaient ne leur était plus d'aucun secours maintenant, avait gelé, comme tout le reste, empêchant toute navigation sur les mers ainsi que toute fuite, et permettant également aux morts de marcher sur l'eau en toute quiétude.

Les premiers touchés par cela avaient été les Îles des Fer, ainsi que les Fer-nés fidèles à Yara Greyjoy, qui s'étaient rendus chez eux afin de permettre à la reine des dragons de se replier en cas de défaite.

Ils n'avaient probablement rien vu venir...

De ce que Cersei en savait, ils n'avaient eu aucune chance.

La panique s'était emparée de toute le monde, certains avaient fuit, d'autres s'étaient entre-tués pour elle ne savait quelle raison, d'autres encore étaient morts de froid, et revenus à la vie lorsque leurs proches restants n'avaient pas eu la présence d'esprit de les brûler assez rapidement.

Ils n'avaient pas fait deux fois la même erreur.

Cersei avait rapidement vu son pouvoir se dilater, s'amenuiser, jusqu'à complètement disparaître, et qu'elle réalise enfin que le jeu des trônes était terminé pour de bon, et qu'elle avait perdu, qu'eux tous, les vivants, avaient perdu la guerre contre les morts, et que c'était de sa faute.

Elle avait fini par mettre sa couronne au feu quand elle avait compris qu'elle ne régnait plus sur quoi que ce soit, et elle s'était fendue d'un grand rire complètement hystérique en constatant que la couronne avait mis plusieurs minutes à se consumer dans les flammes, tant il était désormais putain de difficile de réchauffer quoi que ce soit dans le foutu Donjon Rouge.

Jamais Cersei n'avait eu aussi froid au cours de sa vie.

Elle n'avait pas été le moins du monde surprise quand elle avait vu tout le monde s'enfuir loin d'ici, vers des cieux plus cléments, enfin, si il en restait encore en ce bas monde, maudit qu'il était par le retour de ces maudits spectres.

Cersei, elle, était restée.

Où aurait-elle bien pu aller ?

Castral Rock avait probablement déjà entièrement gelé, comme tout le reste, comme ce serait bientôt le cas du Donjon Rouge une fois qu'il n'y aurait plus personne pour prévenir sa chute ainsi que sa décadence certaine et prochaine.

Seuls Qyburn et la Montagne étaient toujours là, à ses côtés, et parfois, elle avait envie d'en rire, en pensant à l'étrange équipe qu'ils formaient tous trois, la reine déchue, le savant fou, et la créature monstrueuse, plus proche d'un marcheur blanc que d'un humain.

Quoi que, elle avait plus envie de pleurer que de rire ces derniers temps...

Elle n'avait plus rien.

Plus de couronne, plus de peuple à gouverner, plus d'armée, plus de famille, plus de frères, plus de père, plus d'enfants, plus d'alliés, plus qu'un trône glacial et un pouvoir qui n'était plus que du vent.

Elle n'était plus qu'une reine de façade.

Tôt ou tard arrivera le moment où chacun aura ce qu'il mérite... Lui aurait sûrement dit Tyrion s'il avait encore été là.

Et que sa joie se changerait en cendres dans sa bouche, aussi...

Sauf que le bonheur l'avait déjà désertée depuis longtemps, et qu'il n'y avait plus de flammes, plus de cendre, plus de chaleur, plus de vie, il n'y avait plus rien, que de la neige, partout, encore et toujours.

Méritait-elle cela ?

Méritait-elle donc de tout perdre ainsi, de cette manière ?

Peut-être, oui.

Peut-être était-ce son juste châtiment, après toutes les horreurs qu'elle avait commises.

Après tout, peu importe.

Ce n'est pas comme si elle pouvait encore y échapper.

Ainsi, enfermée au cœur du Donjon Rouge, contemplant sous ses pieds la ville déserte, un verre de vin à la main (les restes de la dernière bouteille qu'elle avait réussi à trouver), elle attendait, seule, elle ne savait pas vraiment quoi à vrai dire.

Que le froid la consume, la détruise, la gèle complètement, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien d'elle ?

Elle n'en savait rien.

Elle allait mourir de toute façon.

Peu important quand et comment.

Dieux...

Elle avait tellement froid.

Entendant la porte s'ouvrir, elle se retourna, irritée.

« Qyburn, je vous ai déjà dit de ne pas me déranger... »

Puis, sa voix se tut, et elle se figea, interdite.

Ce n'était pas Qyburn.

C'était un marcheur blanc.

Il était petit, très petit, si petit qu'on aurait dit un enfant, mais Cersei ne s'y trompa pas.

C'était son frère, et elle l'aurait reconnu n'importe où, même en tant que spectre, même avec ses deux yeux bleus, si différents de ses yeux verts d'autrefois.

La reine savait déjà que les marcheurs blancs marchaient vers Port-Réal.

Jamais elle n'aurait cru que son petit frère aurait pu faire tout ce chemin afin de lui donner le coup de grâce, pas alors qu'il n'était plus humain depuis longtemps.

Elle termina son verre, consciente que son heure était venue.

« Ainsi donc, te voilà enfin... murmura-t-elle, avec un sourire amusé, mais surtout cynique. J'ai failli attendre. »

C'était donc bien lui le valonqar...

Elle l'avait toujours su.

Et, ironiquement, c'était à cause de ses propres actes qu'elle allait mourir.

Elle avait causé sa propre perte, en refusant d'envoyer des troupes se battre au Nord, en se battant pour sa foutue couronne.

Elle aurait presque pu en rire.

À force de se battre toute seule contre le monde, elle avait fini par perdre.

Elle aurait pu faire la paix avec Daenerys, si elle l'avait voulu, si elle l'avait aidée dans sa lutte.

Contre ces ennemis là, en revanche...

La paix n'était pas une option.

« Vas-y, ajouta-t-elle, lasse, fais ce que tu as à faire. »

Elle avait arrêté de se battre depuis bien longtemps, de toute évidence.

Et de toute façon, c'était bien comme ça que les choses étaient supposées se dérouler, non ?

Elle et son frère, se détruisant l'un l'autre, se battant l'un contre l'autre jusqu'à la fin,sauf que lui était déjà mort.

Et, alors qu'il se préparait à se jeter sur elle, si elle n'avait pas trouvé cela tout bonnement absurde, elle aurait presque pu jurer qu'il souriait.

Elle sentit ses mains serrer son cou, et elle lâcha son verre, qui s'écrasa au sol et explosa en mille morceaux.

Celui qui avait été autrefois son petit frère continua de serrer, sans qu'elle se débatte aucunement, et ce jusqu'à ce qu'elle finisse par rendre son dernier souffle, et que la reine des sept couronnes ne s'éteigne enfin.

Quelques minutes plus tard, celle qu'on appelait autrefois Cersei Lannister ouvrit brusquement les yeux.

Jamais ces derniers n'avaient été aussi bleus...