Bonjour à vous ! Je ne suis pas très doué en description ni en romance avec happy end. Alors j'ai essayé de faire les deux. J'espère que cela ne sera pas trop mauvais. Merci de votre lecture.

Elle était assise à une table de la cafeteria, seule. La lumière artificielle des néons envahissait la pièce de manière désagréable. Mais c'était nécessaire, une nuit d'hiver ayant entouré le bâtiment. Elle était restée tard car elle avait besoin de réfléchir sur elle, sur sa vie. Elle avait beau être l'une des plus jeunes Doyennes des Etats-Unis, une femme brillante et respectée, elle se demandait parfois si sa vie avait du sens. Elle était en couple avec Lucas mais elle ne l'aimait pas. Il était en quelque sorte une assurance stabilité pour Rachel. Mais le cœur et les pensées de Lisa Cuddy étaient tournées, malgré elle, vers un seul homme. A un homme qui avait fermé son cœur à toute pensée positive, à tout sentiment. A un génie dont le génie s'était retourné contre lui. Certes Gregory House soignait des cas insolubles avec une facilité exceptionnelle. Mais il était malheureux. Et son esprit brisé lui faisait voir la vie en noir.

Elle se rappelait l'homme qu'il était lorsqu'ils étaient à la faculté. Il était déjà un génie. Il dominait les classements en travaillant bien moins que les autres. Mais à cette époque-là, il était heureux, joueur et voyait la vie comme une chose positive. Aujourd'hui, il se détruisait à coup d'analgésiques. Et elle savait qu'elle y avait une part de responsabilité. C'était elle qui avait décidé de lui enlever un bout de muscle, le réduisant à un homme physiquement affaibli et souffrant. Elle ne voulait pas le perdre. Elle le voulait pour elle mais elle n'avait pas le courage de lui dire. A chaque fois qu'elle rentrait chez elle, qu'elle embrassait Lucas, qu'elle couchait avec lui, elle ne se sentait pas elle. Seul House lui donnait cette vitalité, cette étincelle qui embrasait son cœur et son âme.

Elle ne remarqua pas immédiatement que l'homme de ses pensées venait de s'asseoir en face d'elle, lisant au plus profond d'elle avec son envoûtant regard azuré. Il resta silencieux jusqu'à elle se rend compte qu'il était là.

« -House ? s'exclama Cuddy. Que faîtes-vous ici ?

-Je suis venu réfléchir à mon cas. Mais le vôtre me semble bien plus intéressant. »

Elle essayait de ne pas le regarder dans les yeux. Elle savait qu'elle ne pouvait pas résister à ce regard bleu océan qui lui donnait l'impression de la transpercer de part en part. Elle ne voulait pas se montrer faible face à lui.

« -Et pourquoi cela ?

-Parce que vous niez la réalité pour essayer de vous persuader que le mensonge que vous vous racontez est réel. Mais vous savez que ça n'est pas le cas. »

Encore une fois, il avait tapé en pleine cible. Mais elle fit mine que ce n'était pas le cas.

« -De quel mensonge parlez-vous ? répondit-elle froidement.

-Du mensonge que vous vous racontez pour essayer de ne pas vous rendre compte que vous êtes partie droit dans le mur. Vous voulez que je sois plus précis ?

-Faîtes.

-Vous vous contentez d'une relation illusoire avec le Nabot.

-J'aime Lucas ! cria-elle. »

Elle savait que c'était faux. Mais elle ne voulait pas laisser le Diagnosticien s'engouffrer dans cette faille. C'était le meilleur choix pour Rachel. Elle tentait de combattre son trouble en faisant tourner son téléphone sur la table.

« -Vous ne l'aimez pas, asséna implacablement House.

-Je ne vous permets pas ! s'offusqua Cuddy.

-Aucune permission n'est nécessaire pour constater des faits. Et vous n'aimez pas le Nabot, c'est un fait.

-Alors si je ne l'aime pas, pourquoi suis-je avec lui ?

-Parce que c'est le choix que vous estimez le plus rationnel pour votre gamine. Alors que c'est ce choix qui vous conduira à votre perte.

-Que voulez-vous dire ?

-Que cela vous rend malheureuse.

-Et vous pensez que vous sauriez me rendre plus heureuse ?! »

House baissa le regard. Il savait qu'il ne pourrait pas la rendre heureuse. Elle méritait quelqu'un qui puisse la faire sourire, la faire rire, l'emmener en voyage ou encore être un bon père pour Rachel. Elle ne méritait pas un vieil infirme toxicomane et irresponsable. Mais il aurait tant aimé être celui qui partageait le lit de Lisa Cuddy.

« -Non. Je sais que je ne pourrais pas vous rendre heureuse. »

Le cœur de Cuddy se serra, comme à chaque fois que House montrait l'image réelle qu'il avait de lui-même. Le problème n'était pourtant pas de la rendre heureuse. Ca, seul lui y était parvenu, y parvenait et parviendrait. Le problème était qu'il était loin d'être le père idéal pour Rachel. Il était même l'anti-père idéal.

« -Alors pourquoi tout ça ? questionna Lisa. »

House se leva et commença à partir. Il était jaloux, il aimait Lisa Cuddy oui. Mais lui dire était du suicide. Soit elle l'aimait aussi mais elle le considérerait comme un père trop instable pour Rachel, soit elle ne l'aimait pas. Dans les deux cas, elle l'enverrait bouler et il ne s'en remettrait pas. Rationnellement, il n'y avait aucune bonne issue possible. Il avait tenté d'espérer quelques instants, comme un briquet qu'on allume mais il avait cessé une fois qu'il s'était mentalement ressorti ce constat implacable.

« -Voilà pourquoi je ne peux pas envisager la moindre relation avec vous ! cria Cuddy. »

House se retourna.

« -Pourquoi ? répondit sarcastiquement le Diagnosticien. Parce que je ne cherche pas à vous convaincre davantage ?

-Parce que vous fuyez dès que la situation ne se passe pas comme vous voulez ! »

Il marcha d'un pas énergique vers elle et planta son regard dans celui de la brune.

« -C'est une blague ? répondit House d'une voix forte.

-Non ! C'est exactement ce que vous faîtes ! Encore une fois ! répliqua Cuddy sur le même ton.

-Comment osez-vous me dire que je fuis alors que je me bats chaque jour contre la douleur ?! hurla House. Cette douleur que VOUS avez causé ! »

Les larmes vinrent aux yeux de la Doyenne. Elle avait parfois tendance à oublier que House souffrait le martyr. Il n'était pas tombé dans les opiacés à la suite d'une consommation récréative mais parce qu'elle lui avait infligé une douleur insoutenable. La vie de House était devenue une lutte contre la douleur. Le renfermement, les sarcasmes, l'isolement, tout ça n'était qu'une succession de moyens pour lutter contre la douleur. Il ne voulait pas souffrir émotionnellement en plus de la douleur physique.

« -C'était le seul moyen de respecter votre volonté de ne pas vous faire amputer ! se défendit l'Endocrinologue.

-C'est faux ! Il y avait aussi la solution que j'avais préconisé !

-C'était beaucoup trop risqué ! Vous auriez pu mourir !

-Qu'en auriez-vous eu à faire ?! Vous étiez là pour exécuter ma volonté ! Vous m'avez trahi ! »

La trahison, alors c'était le sentiment qu'il ressentait pour elle à ce moment précis. Elle le comprenait mais cela lui faisait si mal. Elle l'avait fait parce qu'elle ne supportait l'idée de vivre sans lui dans son monde.

Ils se faisaient face au milieu de la cafeteria. Les néons continuaient de les éclairer. Quand il se rendit compte de l'état de la femme qu'il aimait, il tenta de se calmer.

« -Entre mourir sur la table ou me tuer à petit feu à cause des opiacés, quelle différence ? questionna House un peu plus calmement.

-La différence ? C'est que je t'aime bordel ! »

Elle l'avait dit. Elle lui avait dit. Elle colla sa tête contre le torse du Diagnosticien, sa peau douce contre la chemise de l'homme qu'elle aimait. Ce contact suffisait à la faire frissonner. Elle s'y sentait en sécurité.

House était comme foudroyé par la révélation qu'elle venait de lui faire. Ca n'avait aucun sens. Rationnellement, ça ne tenait pas. Comparativement, elle était l'incarnation de la perfection et il était le pire ce qui pouvait se faire. Mais le moment semblait propice aux révélations alors…

« -Moi aussi. Moi aussi je t'aime. ».

Elle releva la tête vers lui. Elle devait avoir mal entendu, c'était impossible. Il venait vraiment de lui avouer qu'il l'aimait ? Elle se mit sur la pointe des pieds pour poser ses lèvres sur celles de House. Il ne réagit cependant pas.

« -Ce n'est pas une bonne idée, lâcha-il.

-C'est un peu tard ! lui rétorqua-elle en s'écartant de lui, vexée. »

Elle marcha d'un pas rapide vers la sortie de la pièce.

« -Tu ne comprends pas, dit House.

-Non, en effet ! lui rétorqua-elle sèchement. Tu me dis que tu m'aimes mais tu me repousses !

-Je t'aime oui. Mais tu mérites mieux que moi. Je suis un drogué et un infirme. Je suis incapable d'être un bon père pour Rachel. Je n'ai pas eu le modèle pour cela, expliqua le plus âgé en baissant le regard.

-Tu es l'esprit le plus incroyable que j'ai jamais rencontré. Je ne me vois pas faire ma vie sans toi. J'ai choisi la facilité avec Lucas. Mais je ne suis pas heureuse. Je ne veux que toi dans mes bras et dans ma vie. Tu es le seul qui me fasse me sentir pleine et entière. Je ne te demande pas d'être un père parfait, simplement de ne pas voir Rachel comme un obstacle à notre bonheur.

-Je ne réussirai jamais à ne plus prendre de Vicodin. J'ai mal. Trop mal. Ca m'aide à ne pas fuir définitivement toute douleur. »

Elle encaissa la révélation. Elle avait sous-estimé la place du Vicodin dans la vie de House. Si même un esprit aussi rebelle, aussi puissant que le sien envisageait le suicide face à cette douleur, alors cette douleur devait être insurmontable. Elle l'avait vu parfois sans ses pilules mais elle cette révélation rendait ce constat plus réel. Elle songea qu'elle avait égoïste de penser qu'il pouvait vivre plus ou moins normalement sans.

« -Je ne te demanderai pas de ne plus en prendre. Simplement de ne plus en abuser. On y travaillera ensemble. Je sais que cela sera difficile.

-Je ferai de mon mieux. »

Il préférait rester réaliste.

Cuddy scella leur promesse avec un baiser auquel il répondit avec tendresse. Ils avanceraient doucement mais ensemble.