Défi n20 : Votre texte devra commencer par " Après vingt ans" et se terminer par "mais ce n'est pas pour ça que c'était évident"

Fandom : Paradise Kiss (manga) de Ai Yazawa

Après vingts ans sans se voir, Georges et Yukari s'étaient retrouvés au détour d'un défilé, complètement par hasard. Enfin, peut-être pas tout à fait par hasard connaissant Georges. Yukari, pour sa part, était présente au défilé en tant que mannequin senior. Elle guidait les débutantes et veillait au bon déroulement du défilé.

Et là, juste derrière un présentoir de vêtements, elle était tombée sur lui. Cet homme étrange, fascinant et toxique qui se nommait Joji Koizumi mais qui se faisait appeler Georges. Son premier amour, son premier amant. Son Pygmalion et son destructeur.

Lui avait paru surpris de la trouver là, mais Yukari savait qu'il ne fallait pas s'y fier. George avait toujours aimé balader les gens. Apparemment, il était là pour aider son protégé, un jeune créateur prometteur qui participait au défilé. Georges se saisit de la main de Yukari pour la mener dans un coin tranquille.

Cette simple course fit battre le cœur de cette dernière plus rapidement. Il l'avait toujours attirée comme une flamme attire les insectes. Elle avait failli s'y brûler une fois, quand elle n'avait pas vingt ans. Et là, elle avait trente-sept ans, épouse aimée et aimante, mère comblée à la carrière impressionnante mais cela n'était manifestement pas assez pour la préserver de ce charme corrosif.

Georges lui tendit une tasse de thé et un petit gâteau de toute évidence fait maison. Pour briser l'ambiance tendue qui s'était installée, elle lui demanda :

« -Ce gâteau, c'est l'œuvre d'Isabella, pas vrai ? Elle est toujours avec toi ? Eh bien ! Je ne sais pas si je dois admirer son dévouement ou la plaindre ! » Yukari retombait dans de ses vieux travers, un qu'elle avait pourtant abandonné il y a longtemps mais qui revenait avec force en présence de son passé : parler de tout ce qui lui passait par la tête.

Une tension qu'elle n'expliquait pas flottait dans l'air, elle sentait qu'il fallait qu'elle parvienne à la briser pour... pourquoi au fait ? Pourquoi avait-elle l'impression de faire quelque chose de mal en lui parlant ?

« -Je vois. Tu as beau être une mannequin de renommée internationale à la longue carrière, tu n'a pas changé. Tu te creuses toujours trop la tête. » Son sourire était à la fois mystérieux et moqueur, ses yeux pétillaient de malice. C'était cela qui l'avait toujours attiré chez lui, ce charme unique, cette désinvolture élégante qui n'appartenaient qu'à lui et qu'il gardait en toutes circonstances, dans la vie comme au lit.

« -Eh oui, Isabella m'a suivit puisque tu avais décidé de ne pas le faire. Elle ne voulait pas me laisser seul dans un désespoir total. » Et voilà, il recommençait ! Il avait toujours fait ça : alterner un ton sérieux et un autre plus mélodramatique. Comment démêler le vrai du faux ? Son degré de sincérité ? Yukari le soupçonnait de s'abriter derrière un mur d'indifférence et de ne laisser personne se rapprocher réellement de lui pour éviter de souffrir.

Fût un temps, elle pensait être l'une des rares personnes à avoir réussi à le passer outre. Elle avait ensuite changé d'avis. Mais en même temps, comment savoir ? Comment être sûre ?

C'était pour ça qu'elle l'avait quitté à l'époque, être avec Georges est extrêmement compliqué. Il testait en permanence les gens de son entourage de multiples façons. En plus, il était si nuancé et si mystérieux qu'on ne savait jamais sur quel pied danser avec lui. Autant dire que cela demandait une attention constante et pas mal d'énergie.

Elle avait beau savoir tout cela plutôt mille fois qu'une, il l'aimantait irrésistiblement... Et vu les regards qu'il lui jetait, c'était réciproque. Après tout, lorsqu'il avait quitté le Japon, il lui avait proposé de le suivre. Il avait donc des sentiments pour elle à l'époque, au moins un petit peu...

Il la caressait des yeux, lentement, en prenant tout son temps. Le désir la faisait presque suffoquer. Elle voulait qu'il la touche, elle le voulait absolument. Il allait le faire, sa main allait enfin caresser la joue de Yukari.

Mais c'est ce moment que choisit une mannequin débutante pour interpeller Yukari de l'autre côté de la pièce. L'espèce de transe dans laquelle ces deux étaient plongés se brisa. La mannequin recula rapidement, le salua et partit à toute vitesse aider la jeune recrue.

Ce n'était pas passé loin ! Elle ne s'expliquait pas pourquoi. Elle aimait son mari après tout et il la satisfaisait en tout point, surtout au lit. Mais là, si Georges lui avait demandé de le rejoindre dans sa chambre d'hôtel cette nuit, elle aurait dit oui. Elle aurait dit n'importe quoi pour sentir à nouveau ses mains agiles, sa langue attentive, entendre ses soupirs de plaisir surpris...

Elle savait qu'il fallait résister à cette attraction, pourtant réciproque. Rien de bon ne pourrait en sortir, ni pour l'un ni pour l'autre. Elle ne le savait que trop bien mais ce n'est pas pour ça que c'était évident...