Titre : Masqué...

Rating : T

Pairing : Slash, Yaoi, Tuverrasbien

Disclaimer : L'univers Harry Potter ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas. Je possède seulement l'idée et l'écriture de ce texte

Statut : Terminé

Résumé : Une boutique étrange va changer la vie de Harry

NdA: Le thème m'a été donné par AudeSnape ! Elle voulait le lire, mais n'avait pas le temps de l'écrire alors moi, pauvre auteure manipulée, victime de son discours extrêmement convaincant et plein de promesses, ai accepté de le faire. (En vrai elle a dit : "Tu veux un défi ?" et j'ai répondu "Oui"…)

Bonne lecture à vous !

Bêta : Mes deux bêtas d'amour AudeSnape et Pauu-Aya !

.oOo.

« Comme je vous l'ai précédemment annoncé, le bal des septième année aura lieu samedi soir. Pour fêter dignement ce moment où vous quitterez définitivement cette école, nous vous accordons cette journée à Pré-au-Lard, lors de laquelle vous pourrez faire quelques emplettes pour la soirée et profiter de ces derniers moments ensemble. Cette année, nous ramenons à l'honneur une tradition qui ne l'a pas été depuis une vingtaine d'années. La soirée sera placée sous le signe de la confidentialité et du mystère. Je demande à chaque étudiant et professeur de venir masqué et ainsi, nous pourrons nous ouvrir, sans jugement, ni aprioris. Sur ce, bombabouse et fizwizbiz bon appétit ! »

La Grande Salle se remplit immédiatement d'un brouhaha puissant qui monta immédiatement à la tête de Harry. Celui-ci enleva ses lunettes et frotta durement ses yeux. Il avait mal au crâne depuis quelques heures et ne souhaitait qu'une chose : aller se coucher.

« Le port de masque est une très bonne idée, » déclara Hermione, coupant la caille fumante dans son assiette.

« Pas sûr… » grogna Ron. « Imagine ce que Malfoy pourrait faire en étant déguisé… »

« Ne sois pas si étroit d'esprit, » soupira Hermione. « La guerre est terminée, tout va bien maintenant… »

« Ce n'est pas si facile Hermione, et tu le sais… » murmura Ron.

La jeune fille acquiesça et posa ses couverts pour caresser le dos de son petit ami.

Effectivement, la guerre était terminée. Harry avait finalement tué Voldemort et mis fin au chaos qui régnait sur l'Angleterre. Il y avait eut malheureusement quelques décès à déplorer lors du combat final : Molly, Percy, Collin, Lavande, Fleur, Tonks, Hagrid… Tant de morts…

Les Serpentards aussi avaient vu plusieurs de leurs membres mourir brutalement et le moral de tous les élèves de Poudlard avait été en berne pendant un long, très long moment. Mais plus de huit mois étaient passés maintenant et la vie reprenait son cours, petit à petit.

Harry avait plus de mal que les autres à retrouver sa place. Son implication avait été plus grande, plus traumatisante. Il avait tué un homme, avait été auditionné par le Ministère, subi un procès et même s'il en était ressorti libre, son âme avait été meurtrie.

Il n'était pas plus bas que terre et savait qu'il surmonterait cette épreuve. La guérison était simplement longue pour lui. Plus que pour les autres. La fin de Poudlard lui faisait peur, tout autant qu'elle le stimulait. Son futur était inconnu mais il avait hâte d'y aller, pour peut-être se réconcilier avec son passé.

Harry regarda le petit moment de tendresse partagé entre Hermione et Ron. Celui-ci avait perdu sa mère et son frère lors de la bataille et ces instants avaient évidemment été des plus douloureux. Hermione et lui s'étaient rapprochés et étaient maintenant en couple. Un couple parfait d'ailleurs, chacun s'était adapté à l'autre, se fondant peu à peu ensemble pour devenir deux entités complémentaires.

Hermione était devenue moins rigide, plus tendre. Ron avait mûri et était devenu plus réaliste.

Harry les avait longtemps enviés et les admirait toujours secrètement. Il aimait les regarder tous les deux, espérant qu'un jour son tour viendrait, qu'il trouverait quelqu'un pour le compléter tout aussi parfaitement.

« Tu n'es pas d'accord Harry ? » demanda Hermione, le sortant de ses songes.

« Peut-être, » répondit celui-ci, remettant ses lunettes. « Masque ou pas, je m'en moque… »

« Toi qui déteste ta célébrité, je pensais que tu serais heureux d'être enfin anonyme… » grogna Ron.

Harry se redressa sur son banc, fixant son meilleur ami. Il n'avait absolument pas pensé à cette option.

« Anonyme… Je ne pourrai jamais être vraiment anonyme. Mes cheveux sont un panneau de signalisation à eux seuls ! »

« Il y aura certainement des sorts, » répondit Hermione. « Je suis certaine que nous ne pourrons pas deviner qui se cache derrière les masques. »

« Dans ce cas, l'idée me semble bonne, » déclara Harry avec un sourire radieux.

Sa tête martelait encore. Il tourna les yeux vers la table de ses professeurs, avisant avec tristesse que la place normalement occupé par Hagrid était maintenant celle du Professeur Gobeplanche. Le Professeur Snape était comme à son habitude renfrogné, peut-être même plus que la normale après l'annonce du directeur. Celui-ci parlait d'ailleurs joyeusement avec le Professeur McGonagall.

Tout était comme à l'accoutumé et pourtant légèrement différent.

C'était l'impression qu'avait Harry depuis quelques mois. Une douleur particulièrement violente derrière son crâne lui rappela qu'il n'était pas dans son meilleur état et qu'un petit séjour à l'infirmerie pour une potion lui ferait le plus grand bien.

Harry se leva et regarda ses amis.

« Je monte, » dit-il en attrapant son sac posé au sol.

« Et le repas ? » demanda Ron.

« Je n'ai pas très faim, » répondit Harry, avant de leur adresser un signe de main. « A tout à l'heure. »

« Attends Harry ! » l'appela Hermione. « Pour samedi n- » commença-t-elle.

« Je sais, » la coupa-t-il, commençant à partir vers la Grande Salle. « Vous irez voir Arthur et faire vos achats et nous nous rejoindrons à seize heures devant la cabane hurlante. Bonne nuit. »

.oOo.

Harry avançait lentement dans Pré-au-Lard, les mains dans les poches, flânant de devantures en devantures. Le soleil brillait faiblement à travers les nuages et un vent doux soufflait dans ses cheveux, comme une caresse apaisante.

Il se baladait depuis plus d'une heure maintenant, cherchant, sans vraiment le faire, un masque pour le bal. Il était entré dans plusieurs boutiques mais n'avait vu que des choses exubérantes, brillantes. Il voulait quelque chose de sobre, de sombre, de mystérieux. En bref, rien à voir avec la chose clinquante et pleine de diamant qu'il avait vu être achetée par Draco Malfoy dans une boutique de luxe.

Il passait dans une rue adjacente lorsqu'il vit une vitrine qui attira son regard. Tournant la tête, il observa la devanture grise et sobre sur laquelle était écrit "De l'âme au coeur". Il était certain de ne l'avoir jamais vue auparavant. Sans réfléchir, il s'en approcha et entra dans la boutique dont la porte tinta légèrement. Ne voyant personne, il commença à scruter tous les objets plus farfelus les uns que les autres.

Des chaussures volantes, un vase auto-remplisseur, un chapeau transformable en fonction du temps, un appareil photo ne photographiant pas les gens mais que les objets et les paysages… C'était une sorte de caverne d'Ali Baba, propre et ordonnée.

Soudain, sur une étagère derrière le comptoir, Harry aperçut ce qu'il cherchait : un masque.

Celui-ci était en satin noir, simple. Il couvrait le visage depuis le dessus du nez, jusqu'au dessus du front, laissant deux trous pour les yeux. Il était incrusté d'une multitude de minuscules pierres dorées et surmonté d'une grosse plume noire.

« Il y a quelqu'un ? » appela Harry, les yeux fixés sur le masque.

« Bien sûr, » répondit une voix si proche de son oreille qu'il sentit le souffle caresser les petits poils de sa nuque.

Harry fit un bond en avant, se retournant dans un même temps et posa une main sur sa baguette, toujours accessible depuis la guerre. La respiration haletante, il regarda l'homme qui se trouvait devant lui. Celui-ci était très grand, très blond et très mince. Il portait un chapeau haute forme rouge rayé de blanc et un costume assorti. Il était appuyé sur une canne dont le pommeau en or représentait une montgolfière typiquement Moldue. Cet homme était très étrange, même pour un sorcier.

« Je vois que nous sommes tendu, » ricana-t-il d'une voix aiguë.

Harry déglutit et relâcha un peu sa prise sur sa baguette et soupira longuement.

« Je n'apprécie pas d'être... surpris, » grogna le Gryffondor, essayant de se redonner contenance.

« Je vous comprends ! J'ai moi-même horreur de ça ! Heureusement, mes clients ne viennent pas pour mes manières, » répondit l'homme, avant de faire une révérence pompeuse et exagérée. « Sirius Malorie, pour vous servir ! »

« Sirius ? » couina Harry.

« Mon père était clown, il trouvait cela amusant, » répondit-t-il avec un geste négligent de la main. « Vous pouvez toujours m'appeler Malorie. »

« Je n'y compte pas, » répondit Harry, la gorge serrée. « Je voulais simplement ce masque, » dit-il ensuite, désignant l'endroit qu'il avait auparavant fixé un long moment, pour le trouver vide.

« Qu'est-ce que… » haleta-t-il.

Il se retourna vers l'homme pour voir qu'il avait également disparu de la place à laquelle il s'était tenu. Entendant un bruit, il braqua ses yeux sur le comptoir pour y voir Sirius Malorie accoudé, lui tendant un sac en papier kraft en équilibre sur son index.

« Deux gallions, » dit-il avec un sourire charmeur.

Harry recula d'un pas, regardant l'homme, les sourcils froncés, sur ses gardes.

« Comment avez-vous… » commença-t-il, ne sachant pas comment finir sa phrase.

« Cette boutique est spéciale Harry, » déclara l'homme, l'appelant par son prénom sans que le Gryffondor ne sache comment il l'avait obtenu. « On y trouve toujours ce que l'on cherche et je n'ai eu recours à aucune magie de l'esprit pour savoir que ce dont vous aviez besoin par dessus tout, c'était l'anonymat. »

Toujours sceptique, mais légèrement apaisé par le timbre de la voix du propriétaire de cette boutique étrange, Harry s'avança à nouveau et sortit sa bourse de sa poche. Il y chercha les pièces à donner puis s'arrêta, relevant la tête vers l'homme.

« Vous êtes de la famille de Luna ? » demanda-t-il sérieusement.

« Oh ! Luna, l'une de mes plus fidèles clientes ! Je ne pense pas avoir des gènes en commun avec cette charmante créature, mais elle passe souvent me voir pour m'apporter des biscuits en forme de lapin. Adorable ! »

Harry le regarda quelques secondes avant de secouer la tête et de piocher dans sa bourse pour y trouver les deux gallions demandés. Lorsqu'il les donna à l'homme, celui-ci ouvrit sa caisse et y jeta les pièces avant de la refermer d'un geste négligent de la main, faisant preuve d'une magie agile et surtout, sans baguette.

Il tendit le sac à Harry qui le prit, les sourcils toujours froncés.

« Au plaisir de vous revoir, Harry ! » déclara l'homme enjoué, ouvrant la porte d'un nouveau mouvement de main.

« Euh… Au revoir, » déclara le Gryffondor incertain.

Il se dirigea vers la sortie et après un dernier regard, passa la porte. Pris d'un doute soudain, il ouvrit le paquet et regarda à l'intérieur pour jeter un oeil à son achat. Le masque était bien là, enroulé dans une étoffe dorée.

Le Survivant referma le sac et se tourna pour regarder à nouveau la boutique étrange et son propriétaire. Il haleta fortement lorsqu'il vit que celle-ci avait disparu, aussi brusquement qu'elle avait été révélée à ses yeux.

A la place du magasin "De l'âme au coeur" se trouvait maintenant une boutique bien plus familière aux yeux de Harry. La vieille dame qui le tenait lui adressa un signe de main à travers la vitrine et il le lui rendit par pur automatisme.

Des questions plein la tête, Harry se dirigea vers le point de rendez-vous fixé avec ses amis pour profiter de leur dernière ballade en tant qu'étudiants. Quelques heures plus tard, il avait totalement oublié cette visite, ce magasin étrange et Sirius Malorie, se concentrant sur ses derniers instants à Poudlard et la préparation du bal des septièmes années.

.oOo.

Harry était dans les couloirs de Poudlard, se dirigeant tranquillement vers la Grande Salle pour le début du bal, son masque en main. Il voyait parfois des couples ou des groupes d'étudiants masqués qui riaient joyeusement. Ce n'était presque que des septième année, même si parfois quelques sixième année les accompagnaient.

Lui n'avait pas de cavalière. Il avait décidé qu'il préférait s'y rendre seul et profiter de sa soirée plutôt que d'inviter quelqu'un à qui il se sentirait obligé d'offrir une danse ou de partager une conversation alors qu'il n'en avait pas forcément envie.

Hermione et Ron étaient partis tôt pour une deuxième visite au Terrier avec l'autorisation du directeur. Arthur avait le moral en berne depuis les décès de son épouse et de son fils et toute la famille essayait de se rassembler le plus souvent possible. Ron avait voulu montrer sa nouvelle robe à son père et prendre une photo de lui et Hermione en tenue de soirée avec son appareil photo Moldu.

Harry savait qu'il les retrouverait là-bas. L'anonymat ne lui faisait pas peur, il était certain de pouvoir les reconnaître entre mille personnes.

Arrivant devant la Grande Salle, Harry inspira profondément et leva la main qui tenait son masque. Il n'avait pas voulu le mettre dans son dortoir, cherchant un peu de symbolisme dans ceci. C'était la fin de Poudlard, de ses études, de sa vie d'enfant, d'adolescent… Mais c'était surtout le début de sa vie d'adulte, d'un possible anonymat, de la vie après la guerre. Il avait hâte, autant qu'il appréhendait.

Il posa le masque sur son visage et suivit lentement les liens en soie qui pendaient de part et d'autre pour les nouer fermement à l'arrière de sa tête.

Soudainement, il y eut un flash derrière ses paupières closes et il ressentit un violent choc à l'intérieur même de son crâne ainsi qu'une douleur sourde derrière ses yeux. Il se sentit partir en arrière et ne put éviter la chute à cause de son étourdissement. Alors qu'il attendait le choc, il sentit une main tenir fermement son biceps droit et une autre s'enrouler autour de sa taille.

Lorsqu'il ouvrit les paupières, se fut pour voir deux grands yeux noirs comme jamais il n'en avait vu d'autre.

Reprenant pieds, Harry se rendit compte qu'il était tenu fermement par un jeune homme qui l'observait fixement. Il avait de long cheveux noirs très fins, tenus par un catogan. Son visage était caché par un masque tout aussi noir, brodé d'un fil emeraude. Il cachait entièrement son front, mais le bas était en diagonale, couvrant toute la moitié droite et remontant jusqu'à sa pommette gauche.

Le masque était simple. Pas de dentelle, de plumes, ni de perles. Un masque noir qui ne reflétait pas la lumière, mais qui sublimait une peau pâle et lisse.

« Ca va ? » demanda le jeune homme d'une voix rauque.

« Je… Oui, » bredouilla Harry sans esquisser un mouvement.

Le garçon en face de lui le lâcha lentement, semblant s'attendre à ce qu'il s'évanouisse sur le champ, ce que Harry n'était pas certain de ne pas faire. Pourquoi avait-il tourné de l'oeil ? Pourquoi la douleur avait disparu si soudainement ? Pourquoi ce garçon ne lui rappelait personne chez les septième année ?

« Tu ferais mieux de rentrer, » dit le jeune homme. « Dumbledore va faire son discours. »

Avant que Harry n'ait pu acquiescer, son sauveur avait passé les lourdes portes de la Grande Salle, le laissant bras ballants devant elles alors qu'il disparaissait dans la foule d'élèves. Le Gryffondor avait une impression étrange en regardant la pièce richement décorée, presque comme s'il n'était pas à sa place, comme si quelque chose d'anormal s'était produit.

Haussant les épaules, Harry inspira brusquement et avança pour franchir le seuil de la porte.

Aussitôt, il sentit une sensation étrange, un courant magique passa en son corps, de sa tête à ses pieds. Bien loin du choc douloureux qui s'était produit quelques secondes auparavant, c'était maintenant une douce caresse de chaleur qui le parcourait de bas en haut pour atterrir derrière ses yeux.

Un sort de confusion.

Ce devait être un sort de confusion qui rendit son esprit légèrement brumeux. Il vit des étudiants passer devant lui, dont la silhouette était familière, il les entendit parler d'une voix qu'il pensait connaître, les vit faire des gestes qui leur était propre et qu'il aurait pu mettre sur un prénom. Pourtant, rien.

C'était comme s'il avait oublié jusqu'aux noms de ses amis, comme s'il lui serait désormais impossible de mettre un nom sur un visage, un visage sur une connaissance.

Mais il était toujours lui.

Il était toujours Harry, Harry Potter, le Gryffondor, celui qui avait vaincu un grand sorcier sombre, qui avait terminé sa septième année d'école. Il était toujours le jeune homme légèrement naïf et émerveillé par la magie. Toujours le Harry un peu cassé par la guerre, mais humain et gentil.

Il n'y avait pas de héros de guerre, de pauvre orphelin, de martyre du monde sorcier… Ce soir il était lui, seulement lui.

Harry vit des tables rondes pour six personnes disposées dans toute la pièce, autour de la piste de danse. La table des professeurs était à la même place, au fond de la salle, et ceux-ci étaient tous masqués. Malgré le fait qu'ils soient peu nombreux, Harry ne pouvait deviner qui ils étaient. Il était certain de reconnaître le Professeur Dumbledore qui, même sous la contrainte d'un sort de confusion était toujours le plus voyant et le plus exubérant. Peut-être que la grande femme mince à ses côtés était McGonagall...

« Mes très chers élèves ! » commença l'homme qui ne pouvait décidément qu'être le directeur.

Le directeur qui semblait d'ailleurs en meilleur forme qu'il ne l'avait été depuis la guerre.

« DragonBulle et Veracrasse, bienvenue au bal des septièmes années 1978 ! »

Les élèves se mirent à hurler de bonheur et rirent de joie. Harry applaudit avec eux, fronçant les sourcils. Il avait beau être en septième année, il ne comprenait toujours pas la façon de parler de Dumbledore. Celui-ci semblait devenir de plus en plus gâteux, ne se souvenant même pas des dates. Mais tout le monde semblait trouver ça drôle, alors Harry esquissa un sourire, pensant que l'homme ne changerait jamais.

« Le repas sera bientôt servi mais d'abord, je vous demande d'accueillir le groupe des Flying Wizards qui égaiera cette première partie de soirée ! »

Un tonnerre d'applaudissements retentit parmi les étudiants, tous semblaient connaître ces musiciens dont il n'avait pourtant jamais entendu parler. Il avait manqué tant de choses à cause de la guerre et de son état semi-comateux ces derniers mois…

Harry sourit et se mit à applaudir avec force, mettant même deux doigts à sa bouche pour un sifflement strident. Ce son fut repris par plusieurs autres étudiants, agrandissant son sourire.

Il faisait partie d'une foule, d'une masse de personnes, tous différents, tous uniques, formant un groupe uni. Il n'était pas au-dessus, pas en-dessous, pas à part. Il faisait partie de ce groupe, pour ce qui semblait être la première fois de sa vie.

La musique commença et Harry regarda les élèves se mélanger, danser, s'asseoir, commander des boissons. Il aurait dû retrouver Hermione et Ron, mais avait envie de profiter de cet instant où personne ne savait qui il était, même s'il ne savait pas par où commencer…

Soudainement, il sentit une épaule percuter la sienne et trébucha en avant.

« Pardon mon pote ! » fit une voix alors qu'une main le stabilisait. « Je ne t'avais pas vu ! »

« C'est pas grave, » répondit Harry en se retournant pour observer le garçon.

Il avait de longs cheveux noirs. Ou peut-être gris foncé… Il était plutôt grand, avait de beaux yeux gris rieurs et un sourire charmeur. Son masque était plus rouge que les tentures de Gryffondor, jurant horriblement avec sa robe bleu roi, et décoré d'entrelacs de fils d'or.

« Tu es de quelle maison ? » demanda curieusement le garçon avant de reprendre. « Tu sais quoi ? Pour une fois, je m'en moque totalement ! Je cherche quelqu'un pour faire diversion pendant que je verse ceci dans le punch. »

Alors qu'il ouvrait sa cape comme dans les vieux films de gangster qu'Harry avait vu par l'aération de son placard chez les Dursley, il regarda à droite et à gauche pour être certain que personne ne les observait. Harry remarqua une fiole de liquide carmin un court instant avant qu'elle soit cachée à sa vue.

« Ca te dit ? » demanda le garçon aux yeux rieurs.

« C'est quoi ? » questionna Harry sans répondre.

« Juste un léger euphorisant. Je veux que tout le monde se lâche ce soir ! Et qu'on oublie les barrières, » répondit le jeune homme. « On va bientôt être plongé dans un monde cruel et je pense qu'il ne faut pas avoir de regret en partant d'ici. »

Son regard était un peu triste, légèrement hanté, et Harry se demandait si le monde des adultes était vraiment si cruel. Après tout, le monde qu'il avait connu en tant qu'adolescent n'avait pas été rose. Peut-être que le garçon était défaitiste. Peut-être qu'il avait plus perdu que lui dans cette guerre et qu'il se retrouverait bientôt sans toit au-dessus de la tête…

« D'accord, » s'entendit-il répondre. « Je vais t'aider. »

« Génial ! Quel est ton nom ? »

« Choisis celui-que tu veux, » répondit Harry en haussant les épaules. « Je n'ai envie d'être personne ce soir. Et respectons l'anonymat instauré. »

« Quelle bonne idée ! Je serai "Hippogriffe Fougueux" et toi… » déclara le garçon en le scrutant de haut en bas. « "Elfe noir" ! » dit-il comme si cette idée était éblouissante.

Avant qu'Harry n'ait pu protester, il fut tiré à travers la foule, le jeune homme parlant fort pour se faire entendre par dessus les chansons et le brouhaha des adolescents.

« Je devais le faire avec mon ami, que ne appellerons… "Cerf Fou" pour garantir son anonymat. Mais il est parti avec sa "Colombe Intelligente" et je ne le retrouve plus. Surement en train de se bécoter dans un coin ces deux-là… J'ai aussi cherché "Croc d'Argent" et "Rongeur Pataud" mais avec ce foutu charme, je ne reconnais personne ! » se lamenta-t-il.

Harry essaya de décrypter le flot de paroles de son nouvel ami mais ne comprit rien de son baratin. Finissant par abandonner, il répondit la seule chose qui lui paraissait sensée :

« Tu aimes les Indiens ? »

Le garçon s'arrêta net et se tourna vers lui, fixant ses yeux dans les siens avant de prendre un air songeur.

« Ils ont des noms cools, » répondit-il en haussant les épaules avant de reprendre sa course vers le banquet de boisson, tenant toujours fermement la main d'Harry dans la sienne.

Lorsqu'ils arrivèrent au buffet, Hippogriffe Fougueux s'arrêta net, scrutant la table des punchs.

« Merde… C'est Rusard… Le bougre n'est pas facile à berner ! » souffla-t-il.

Harry regarda vers le buffet et vit un homme qu'il ne pouvait reconnaître à cause du charme et de son masque. En revanche, la présence de Miss Teigne dans ses bras rendait son identité indiscutable. Il sentit alors une fiole froide en verre glisser dans sa main et serra les doigts dessus par instinct. Le jeune homme n'avait pratiquement pas bougé mais avait réussi à lui donner la potion en toute discrétion, faisant preuve d'une habileté étonnante.

« Changement de plan, » murmura celui-ci. « Tu t'occupes de verser la potion, trois gouttes par contenant, et je me charge de Rusard. Je te fais confiance Elfe Noir ! Cette fiole vaut une petite fortune ! »

Aussitôt qu'il eut fini sa phrase, il se fondit dans la foule, attirant immédiatement le regard d'un Rusard suspicieux.

Harry reprit contenance et se glissa vers le buffet. Il entendit plusieurs petites détonations et sourit lorsqu'il vit le jeune homme qui l'avait conduit jusqu'ici utiliser des pétards claque-doigts au milieu des élèves, attirant inexorablement le concierge vers lui. Avec aisance et discrétion, Harry déboucha la petite fiole et la renversa au dessus de l'un des pichets pour y mettre trois gouttes de potion. Il recommença l'opération avec les autres contenant à portée, mais lorsqu'il arriva à l'avant-dernier, fut interrompu par une voix sèche et basse, presque rauque :

« J'aurais peut-être dû te laisser tomber tout à l'heure. Je l'aurais fait si j'avais su que tu étais l'un de ceux qui aiment faire du mal aux autres... »

Harry se retourna pour tomber nez à nez avec le garçon qui l'avait rattrapé plus tôt. Il tenait un verre dans sa main et le regardait avec dédain, presque avec colère. Il était vraisemblablement venu se servir et l'avait surpris en train d'ajouter la potion aux boissons.

« Oh… Je ne voulais faire de mal à personne, » répondit Harry avec un sourire. « J'ai croisé quelqu'un qui m'a demandé de l'aider à détendre tout le monde. Je dois avouer qu'il m'a convaincu. »

« Comment pourrait-on convaincre quelqu'un d'honnête de trahir les autres ? » demanda le jeune homme, son regard fixé dans le sien.

« Quand on nous promet un peu de bonheur… » murmura Harry. « Quand on ne sait pas ce que la suite de l'histoire va nous offrir… La promesse d'un peu de joie est suffisante. »

Le garçon s'approcha, posa son verre sur la table et prit la fiole qu'il tenait toujours. Il la porta sous son masque et ferma les yeux en humant son parfum. Après quelques secondes il la tendit à Harry qui la reboucha et la mis en sécurité dans sa poche avant de retourner son attention vers celui qui avait interrompu son méfait.

« Bien… » dit celui-ci, l'air sévère. « Je suppose qu'aider les gens à se détendre ne pourra faire de mal à personne… »

Harry soupira de soulagement, réalisant qu'il avait cru son complice sur parole et qu'il aurait pu verser n'importe quoi dans ces pichets. Il regarda son vis-à-vis de haut en bas, notant son air sévère et rigide. Sombre.

« C'est drôle, » dit-il. « Tu m'as l'air d'être quelqu'un d'intransigeant. Je ne t'imagine pas accepter simplement un comportement aussi idiot que le mien. »

Le jeune homme haussa les épaules avec désinvolture, cassant ce côté strict qu'il avait affiché quelques secondes plus tôt.

« Demain nous quitterons Poudlard et je ne suis pas certain d'être prêt pour ce que cela nous réserve... » dit-il sombrement, fixant son regard sur un point invisible derrière Harry. « Je n'ai pas envie d'être celui que tout le monde attend de moi ce soir. Je veux être le vrai moi, car c'est peut-être la dernière fois… »

Ce discours était triste, sombre et prit d'une impulsion subite, Harry s'avança et tira le garçon dans ses bras. Il se sentait mal pour lui et voulait le réconforter, comme il avait vu Hermione le faire à de nombreuses reprises avec les personnes qui en avaient eu besoin, y compris lui. Il passa les bras autour de ses épaules et le serra contre lui, peu sûr de savoir réellement s'y prendre.

Il sentit l'autre se tendre et hésita à reculer, avant de finalement rester sur place, attendant de voir sa réaction.

Harry ne savait pas pourquoi il faisait ça, pourquoi il ressentait le besoin d'enlacer quelqu'un d'autre. Il avait simplement envie de rassurer le garçon devant lui et savait qu'il n'était pas très à l'aise avec les mots. Cette solution paraissait être la plus simple, quoique la plus maladroite pour l'un comme pour l'autre.

« Qu'est-ce que tu fais ? » siffla le jeune homme dans ses bras.

« Une expérience… » marmonna Harry en réponse.

« Dans quel but ? »

« Je ne sais pas encore… Mais vu comme tu es tendu, ça n'a pas l'air très concluant. »

« On ne se connait même pas, » grogna le jeune homme.

« Et alors ? » répondit Harry. « Si je ne sais pas qui tu es, je ne pourrai jamais dire que j'ai vu tes faiblesses. Je m'arrête si tu veux, mais je pensais que ça te ferait du bien… Tu peux au moins essayer… »

Durant un long moment, le jeune homme ne répondit pas, ne bougea pas. Harry allait abandonner, lorsqu'il sentit des bras s'enrouler autour de sa taille et une tête se poser sur son épaule.

Là, devant le buffet des boissons, il enlaçait un inconnu.

Ils furent poussés plusieurs fois par des personnes cherchant à boire, mais n'y firent pas attention. Harry n'était pas certain d'avoir senti son col s'humidifier, le corps dans ses bras tremblait, mais il était sûr que lorsque le jeune homme releva la tête, il y avait un remerciement silencieux dans les prunelles noires.

« Un verre ? » demanda Harry, la gorge nouée.

Le garçon acquiesça sans un mot, mais avant que le Survivant ne puisse bouger, il alla lui-même jusqu'au buffet pour servir deux verres et lui en apporter un.

« Tu sais que tu as pris l'un des pichets dans lequel j'ai versé la potion ? » le questionna Harry ayant observé ses gestes.

« Et alors ? » répondit le jeune homme, prenant une gorgée de son verre en le fixant avec défi. « Pas capable d'avaler quelque chose que tu fais boire aux autres ? »

Harry plissa les yeux, regarda son verre et but une gorgée à son tour. Il sentit un frisson parcourir son échine et fit de son mieux pour ne pas le montrer. Lorsqu'il leva les yeux, rien n'avait changé. Il imagina qu'il ne verrait pas la différence, resterait maître de ses mouvements mais serait plus ouvert, moins timide.

« J'ai une faim de loup ! » dit-il finalement. « Tu veux dîner avec moi ? »

« Pourquoi pas… » répondit négligemment le jeune homme.

Ils se dirigèrent vers une table vide et s'installèrent. Harry regarda le menu puis releva les yeux sur son nouvel ami qui s'était installé à sa droite.

« Moi c'est Elfe Noir, » dit-il avec amusement. « Et toi ? Quel est ton nom de code ? »

« Un nom de code ? »

« Oui, je ne veux pas savoir qui tu es vraiment. Il faut trouver un nom de code pour la soirée. »

« Peu importe… » bougonna le jeune homme.

« Alors tu seras Maître Corbeau ! » décida Harry, riant seul a ce qu'il avait déclaré.

« Maître Corbeau ? »

« Tu as l'air si autoritaire. Je suis sûr que tu seras un Maître. Des sortilèges, des potions… Peu importe. Tu excelleras dans ton art ! Quant au Corbeau… »

Harry regarda son nouvel ami de haut en bas, avant de fixer son regard sur son visage masqué une fois de plus et de reprendre la parole :

« Je crois que je n'ai pas besoin de fournir plus d'explication… »

« Je te signale que Maître Corbeau est un idiot dans les fables françaises de La fontaine. »

« Le fromage était pourri, » déclara Harry avant de prendre ses couverts pour commencer le repas apparu dans son assiette.

« Pardon ? » demanda le jeune homme à sa droite.

Harry enfourna une tranche de viande en sauce dans sa bouche et tourna la tête pour regarder son nouvel ami, mâchant lentement. Lorsqu'il déglutit finalement, il put parler :

« Le fromage que le corbeau tenait dans son bec, il était pourri. Le renard l'a mangé et il est tombé malade, laissant le corbeau en paix plusieurs jours d'affilés. La fable ne raconte pas ça, mais c'est une amie qui me l'a expliqué. Elle pense toujours à contre-courant et passe pour quelqu'un de loufoque. En réalité, c'est simplement la personne la plus tolérante que je connaisse. Pour moi, c'est le renard le crétin ! »

Harry reprit son repas, gémissant de bonheur en goûtant les haricots fondants. Les elfes de maison s'étaient surpassés ! Il vit du coin de l'oeil Maître Corbeau commencer son repas après l'avoir fixé un long moment. La discussion se délia petit à petit et ils partagèrent un moment intéressant, intense. Ils parlèrent de potions, de sortilèges, de défense, des magasins de Pré-au-Lard, de la vie Moldue qu'ils connaissaient l'un comme l'autre, comme l'avait prouvé leur conversation sur les fables.

Le jeune homme était intelligent, avait un humour grinçant et une répartie admirable. Le Gryffondor se sentait étrange envers celui qu'il apprenait à connaître. Il ne savait absolument pas qui il était et ne cherchait pas à le savoir, voulant simplement continuer à parler avec lui encore et encore.

A la fin du repas, ils se relevèrent tous les deux pour aller chercher de nouvelles boissons et avançaient à travers la foule au moment où Harry se sentit tiré par la l'épaule. Il pivota pour regarder l'homme qui le tirait et réalisa qu'il s'agissait d'Hippogriffe Fougueux, son ami farceur.

« Elfe Noir ! » cria celui-ci, l'enlaçant brièvement. « Je t'ai cherché partout ! Eh les gars ! C'est Efle Noir ! » dit-il en se tournant vers un petit groupe près de lui.

Il y avait une femme, indubitablement. Elle avait de longs cheveux auburn et une belle robe verte, assortie à son masque et à ses yeux. Les autres étaient trois garçons. L'un avait des cheveux noirs et ébouriffés et un masque tout aussi rouge que celui d'Hippogriffe Fougueux. Un autre avait les cheveux châtains et une robe rapiécée. Son masque était bleu clair et laissait apparaître son sourire doux. Le troisième était légèrement en retrait et ne le regardait pas dans les yeux. Il était blond et son masque était extravagant, bordé de doré.

« Oh, bonjour ! Vous devez être "Cerf fou", "Colombe intelligente", "Croc d'Argent" et "Rongeur Pataud"… Je ne m'aventurerai pas à deviner qui est qui, » dit Harry.

Hippogriffe éclata de rire et le petit groupe le salua. Harry se tourna vers Maître Corbeau qui ne paraissait pas très à l'aise. Il lui attrapa le bras et le tira vers lui.

« Je vous présente mon ami Maître Corbeau, je passe la soirée avec lui. »

Le jeune homme se figea dans sa poigne avant de se détendre légèrement et de faire un petit signe pour les saluer tous.

« Oh ! Ton petit ami ! » cria Hippogriffe.

« Q… quoi ? » balbutia Harry.

« C'est génial ! C'est le moment de danser ! » répondit le jeune homme en poussant la jeune femme rousse et celui qui était certainement son compagnon à la façon dont il la tenait serrée contre lui, sur la piste.

Il attrapa le garçon chatain par la main et le tira avec lui avant de pousser Harry contre le torse de Maître Corbeau. L'autre garçon blond s'était éclipsé, laissant Harry et son ami au milieu des couples dansant.

« Euh… Tu veux ? » murmura-t-il, les yeux fixés sur ses chaussures.

« Je n'ai jamais dansé, » répondit le jeune homme sur le même ton.

« Moi oui mais… Ce n'était pas une expérience très agréable… »

Il regarda autour de lui, observant les danseurs qui semblaient s'amusert, s'agittant comme s'il ne leur restait que cette soirée à vivre. Hippogriffe faisait semblant de jouer de la guitare électrique alors que son compagnon riait à gorge déployée. Le couple enlacé à côté d'eux bougeait à peine sur une musique pourtant bien trop entrainante pour cela. Chacun avait son rythme, son tempo, son besoin, mais tous étaient heureux.

Ne bougeant toujours pas, ils se fixèrent un instant, puis furent attrapés par Hippogriffe qui les fit tourner sur eux-même. L'autre garçon le rejoignit et tous les quatre se mirent à danser, comme des possédés, faisant des choses stupides, des figures idiotes, mais riant toujours.

Harry ne sut pas combien de temps ils dansèrent, mais il suait à grosses gouttes lorsque Maître Corbeau et lui s'affalèrent sur un banc le long de la piste.

« C'était génial ! » dit-il avec entrain.

« Je dois reconnaître que je ne pensais pas m'amuser autant, » répondit le jeune homme à ses côtés.

Ils restèrent en silence un instant, avant qu'Harry ne reprenne la parole.

« Tu vas faire quoi après Poudlard ? » demanda-t-il.

« M'enfoncer dans une voie que je n'ai pas vraiment choisie… » murmura Maître Corbeau en réponse.

« C'est plutôt triste… » répondit Harry sur le même ton.

« Ma vie est plutôt triste. »

« La mienne aussi… » murmura-t-il avant de tourner la tête pour regarder son ami dans les yeux. « Pourtant, je suis certain qu'on peut se relever. Nous trouverons quelque chose qui rendra notre vie moins dure, plus douce... »

« Peut-être… » répondit simplement Maître Corbeau.

Ils se levèrent et allèrent chercher une boisson, sirotant tout en regardant la piste de danse. Lorsque Maître Corbeau eut fini son verre, il le posa sur la table et tendit une main à Harry. Celui-ci la fixa quelques secondes avant de poser son verre à son tour et d'attraper la main proposée.

Ils coururent sur la piste et, alors qu'Harry remarquait que la musique était devenue plus douce, plus langoureuse, il se sentit tiré contre le corps presque frêle du jeune homme qui avait illuminé sa soirée. Tout d'abord surpris et déboussolé, Harry resta les bras ballants. Il allait dire quelque chose, mais fut interrompu.

« Tais-toi… » marmonna Maître Corbeau, posant son menton sur son épaule.

Harry sourit de cette proximité, de ce confort incongru et de cet air grognon que semblait arborer son ami en permanence. Il leva ses bras et les enroula autour du garçon, profitant de son étreinte. Les deux jeunes hommes se balançaient lentement, pas vraiment en rythme avec la musique, pas vraiment habilement… mais ils étaient bien.

« Comment peux-tu être sûr que tout ira bien ? Des temps sombres nous attendent… » murmura Maître Corbeau.

« Si je suis toujours ici aujourd'hui malgré ce que j'ai vécu, c'est qu'il y a toujours de l'espoir, » répondit Harry sur le même ton.

Il n'avait jamais eu la certitude de cela, mais maintenant qu'il le disait, il y croyait vraiment. Peut-être que son truc dans la vie c'était d'aider les autres, de les rassurer, de les secourir. En cet instant, avec l'homme étrange qu'était Maître Corbeau, il avait l'impression que sa vie avait un sens, ou peut-être au moins une suite.

Harry se demanda un instant de quels temps sombres parlait Maître Corbeau. Il voulait savoir pourquoi la fin de la guerre n'avait pas l'air d'être si joyeuse pour lui, mais continua à danser. Peut-être qu'à la fin de la soirée, il lui demanderait son vrai prénom, qu'il l'aiderait à sourire et à trouver le bonheur dans sa vie.

A cet instant, ils profitaient simplement.

Maître Corbeau releva la tête, visiblement dans le but de dire quelque chose, mais il s'arrêta en fixant les yeux dans les siens. Ils se regardèrent intensément durant de longues secondes. Harry lécha sa lèvre sèche et fut surpris de voir le regard de Maître Corbeau suivre ce mouvement.

Il ne s'était jamais posé de question à propos de sa sexualité et n'avait, à vrai dire, jamais ressenti le besoin d'y penser. Cela n'avait pas eu d'importance jusqu'à cet instant précis. Pourtant, maintenant que le moment était venu de se questionner, il ne le fit pas. Tout ce qu'il put penser faire, était de rapprocher son visage lentement, presque craintivement et de poser ses lèvres hésitantes sur celles du jeune homme face à lui.

Harry était enfin lui-même, pour ce qu'il avait l'impression d'être la première fois de sa vie, et il embrassait un garçon ?

Toutes les questions qu'il aurait voulu se poser tombèrent dans le fond de son cerveau lorsqu'il sentit Maître Corbeau répondre à son baiser. Il haleta de plaisir, laissant l'opportunité au jeune homme de laisser pénétrer sa langue dans sa bouche.

C'était maladroit, désordonné, peut-être même dégoûtant vu de l'extérieur, mais Harry se sentait bien. Il laissa une main remonter dans ses cheveux noirs, une autre descendre au niveau de ses reins, profitant de cette douceur qu'il n'avait jamais connue.

Il entendit vaguement Hippogriffe qui sifflait à côté de lui, mais n'y prit pas garde, tout son être était tourné vers son Maître Corbeau.

Lorsqu'ils s'arrêtèrent finalement, le jeune homme continua de déposer quelques baisers chastes et doux sur les lèvres de Harry avant de se reculer légèrement, sa seule joue visible rosée par la gêne ou la passion.

« Je… Je ne sais pas ce qui m'a pris… » murmura Maître Corbeau.

« C'était plutôt bien, » répondit Harry. « Je ne regrette pas. »

« Je… Moi non plus… » répondit Maître Corbeau, effleurant ses lèvres de ses doigts.

« On pourrait continuer… » proposa Harry de façon presque candide.

Maître Corbeau regarda à sa droite, puis à sa gauche, et acquiesça finalement en haussant les épaules. Il posa sa main sur la joue de Harry et approcha son visage du sien pour un nouveau baiser, plus maîtrisé de les précédents.

.oOo.

Harry ne savait pas quelle heure il était. Il ne savait pas combien de temps il avait passé à embrasser son Maître Corbeau, ni même combien de verres il avait bus, combien de fois il avait ri aux larmes durant cette soirée. Tout ce qu'il savait, était qu'il avait dansé, profité, aimé chaque moment. Il avait rencontré des personnes sans pour autant les connaître. Il avait embrassé Maître Corbeau, chanté à tue-tête avec Hippogriffe Fougueux, dansé le French cancan avec Croc d'Argent, la valse avec Colombe Intelligente et fait une farce ridicule à Rusard avec Cerf Fou !

Même son Maître Corbeau grognon avait eu l'air de s'amuser et d'oublier pour quelques instants tous les soucis qui l'attendaient au dehors.

Légèrement enivré de potion, Harry embrassait depuis un certain temps maintenant le jeune homme qui était devenu son petit ami officiel pour cette soirée. Les mains se faisaient plus baladeuses, découvrant la sensation des muscles tendus sous ses doigts, recouverts d'une peau légèrement poilue. Il s'extasiait de l'épiderme légèrement râpeux de sa joue, des longues mains fines et de la poigne serrée.

« Il fait trop chaud ! » souffla Harry lorsqu'ils se séparèrent enfin.

« Viens… » murmura Maître Corbeau.

Il attrapa la main d'Harry et le tira à sa suite alors qu'il traversait la Grande Salle. Passant les portes, tous deux s'arrêtèrent, ressentant l'effet de la dissipation du sort de confusion, avant de reprendre leur route.

Harry fixa l'arrière de la tête de Maître Corbeau, soudainement plus conscient de sa silhouette, de sa posture, de ce qu'il avait pu apercevoir de lui. Arrivé dans une alcôve, le jeune homme se retourna soudain et l'embrassa avec fougue. Il attrapa ses cuisses et le souleva pour l'asseoir sur un rebord, s'insinuant entre ses jambes écartées. Ils se touchèrent et s'embrassèrent avec délectation, ne voulant pas aller plus loin mais ne voulant surtout pas s'arrêter.

Lorsqu'ils se détachèrent encore une fois, ils étaient haletants et satisfaits.

« Dis-moi ton vrai prénom… » souffla Maître Corbeau, regardant intensément dans ses yeux verts.

« Harry... » murmura le Gryffondor, plongeant lui aussi dans les yeux noirs de son vis-à-vis. « Et toi ? »

« Severus… » grogna le jeune homme avant de reprendre ses lèvres d'un baiser.

Cette réponse fit l'effet d'une trappe s'ouvrant sous les pieds pieds de Harry. Severus ? Comme Severus Snape ? Ces cheveux fins et noirs, ces pommettes hautes et ces yeux aussi sombres qu'un puit sans fin… Comment était-ce possible ?

Bien plus lucide qu'auparavant, Harry se souvint de tout ce qu'il avait occulté à cause du sort, de la potion ou même de son détachement.

Cette jeune femme qui lui avait rappelé Hermione, souriante, maternelle, intelligente et moralisatrice… Le groupe de quatre garçons dont les personnalités tellement différentes lui avaient rappelé quelque chose… Toutes ces allusions à un futur sombre, ce groupe de musique qu'il ne connaissait pas, le discours de Dumbledore, son allure plus jeune, la vivacité de Miss Teigne et surtout le choc qu'il avait ressenti en mettant le masque.

« Cette boutique est spéciale Harry... On y trouve toujours ce que l'on cherche. »

Le sort qui l'avait secoué après avoir mis le masque l'avait fait changer d'époque ! Il était apparu dans le passé, lors du bal de ses parents, de Sirius, de Remus… Mais pour combien de temps ? Pour toujours ? Allait-il revenir chez lui à minuit, comme dans Cendrillon ? Non certainement pas… Peut-être qu'en enlevant son masque...

Harry s'arracha de la poigne de Maître Corbeau, le regardant avec les yeux écarquillés.

« Qu… Quoi ? » haleta celui-ci.

Harry était dans l'époque de ses parents. Il les avait côtoyés sans le savoir. Alors qu'il en avait rêvé de nombreuses fois, il avait réalisé ce même rêve sans en avoir conscience.

« Je suis désolé… » murmura-t-il hâtivement.

Il s'éloigna de Maître Corbeau et sortit de l'alcôve. Il devait retrouver ses parents. Il devait retrouver Sirius pour le serrer à nouveau dans ses bras. Encore une fois, une toute dernière fois. Ce besoin qu'il n'avait pas connu devenait maintenant vital alors qu'il s'éloignait de la personne qui lui avait fait passer une nuit mémorable.

« Je suis vraiment désolé… » murmura-t-il à nouveau, avant de se retourner et de courir en direction de la Grande Salle.

.oOo.

Harry fixait obstinément le masque qu'il avait entre ses mains.

Après être revenu dans la Grande Salle, Harry avait retrouvé Lily et avait pleuré au creux de ses bras. Ils l'avaient tous réconforté à leur manière, pensant qu'il avait eu une dispute avec son petit-ami. Ils l'avaient ensuite fait rire et ils avaient dansé, chanté, encore et encore, Harry se délectant de chaque instant.

Tous ces souvenirs étaient encore vifs dans sa tête. Il avait mémorisé chaque détail des personnes qui avaient le plus compté pour lui malgré la brièveté de leur passage dans sa vie. Il avait profité, les avait aimés et chéris. Lorsqu'ils étaient tous partis se coucher, Harry s'était blotti dans une alcôve, repensant à ce qu'il venait de vivre.

Il avait repassé chaque élément dans son esprit, pensant à la plus belle soirée de toute sa vie, jusqu'à réaliser… Réaliser qu'il l'avait passée, en grande partie, à embrasser goulument son professeur de potions Severus Snape.

Alors qu'il ne savait pas qui il était, il l'avait découvert sans jugement, sans a priori. Son Maître Corbeau était intelligent, avait un humour grinçant et avait développé des valeurs morales fortes. Sa vie avait été si terrible qu'il en était devenu cet homme revêche et méchant en vieillissant ?

Harry avait alors pensé à la façon dont il avait abandonné Maître Corbeau, juste après qu'il lui ai révélé son vrai prénom. Il n'avait pas voulu que le jeune homme pense qu'il l'avait fui pour qui il était réellement... Il avait essayé de le chercher dans les couloirs, puis y avait renoncé vu l'heure tardive. Il était ensuite passé à l'infirmerie pour voler une potion dans les stocks et avait enfin enlevé son masque, devant la Grande Salle, à l'endroit même où il l'avait mis la première fois.

Il en était là maintenant.

Son masque dans la main, devant la salle dans laquelle la fête allait bientôt commencer, il se demandait ce qu'il allait faire.

Après avoir réfléchi plusieurs heures en regardant le soleil se lever, une vingtaine d'années auparavant, il avait conclu qu'il avait eu un véritable coup de coeur pour le vrai Severus Snape qu'il avait vu cette nuit-là, pour Maître Corbeau. Et il n'était pas homme à faire une croix sur ce qui l'avait rendu heureux, même un si court instant.

Fixant toujours son masque, Harry décida de la conduite à adopter.

Il était certain qu'en remettant l'objet, il ne se passerait rien. Il était convaincu que la magie contenue dans le masque se dissipait après utilisation.

Les mains tremblantes, Harry leva le masque et le posa sur son visage, comme la première fois, il longea lentement les liens en soie qui pendaient de part et d'autre pour les nouer fermement à l'arrière de sa tête.

Cette fois, aucune magie ne parcourut son corps, simplement le poids lourd et chaud du masque contre ses joues, son front, son nez. Il déboucha la potion qu'il avait volée à Madame Pomfresh et la posa à ses lèvres pour en boire une partie, ressentent immédiatement un regain d'énergie qu'il n'avait plus après la nuit folle qu'il venait de vivre. Rebouchant la fiole, il la rangea dans sa poche et resta un instant à regarder les septième année entrer dans la salle, remarquant qu'il en reconnaissait beaucoup contrairement à la première soirée.

Comment avait-il fait pour ne pas remarquer qu'il avait changé d'époque ?

S'avançant, il ressentit le sortilège de confusion parcourir son corps, mais l'aborda avec plus de sérénité, de lucidité.

Lorsqu'il entra, Harry chercha immédiatement son professeur qu'il savait trouver dans un coin sombre. Effectivement, l'homme, qu'il reconnaissait malgré le sort qui ne semblait pas avoir autant d'effet que le premier, était appuyé contre un mur, dans l'ombre, les bras croisés sur sa poitrine, coinçant sa cape dans ses mains pour un effet plus dramatique. Il avait un masque, toujours aussi sobre, mais celui-ci paraissait neuf.

Harry expira profondément et s'avança d'un pas décidé vers son Maître Corbeau.

L'homme à l'allure revêche tourna la tête vers lui, avisa son masque et écarquilla brièvement les paupières, seul signe de sa surprise. Ouvrant légèrement les lèvres, il murmura un mot qu'Harry fut certain de reconnaître comme étant son prénom. Une demi seconde plus tard, Maître Corbeau plissa les yeux et Harry put imaginer les nombreuses pensées qui traversèrent son esprit.

Il était presque à son niveau lorsqu'il vit le visage de l'homme se transformer de colère.

Ce fut alors le chaos.

.oOo.

Severus rentrait chez lui après une journée de travail bien remplie.

Il avait voulu faire un petit tour en ville pour trouver le nouvel ouvrage sur les potions de Franck Guérin, un condisciple français très doué. Alors qu'il marchait dans l'avenue, un magasin avait attiré sa curiosité. Il avait été certain de ne l'avoir jamais vu auparavant, se rappelant assez bien que cet immeuble avait été habité par un tailleur sur mesure hors de prix qu'aimait fréquenter Draco Malfoy.

L'enseigne qu'il avait vu était grise et sobre, et la vitrine était emplie de babioles de toutes sortes.

Ce n'était pas le genre de magasin qu'il fréquentait habituellement mais, poussé par une force invisible, il était entré, sans savoir ce qu'il espérait y trouver.

Pourtant, il en était ressorti avec un objet, précieusement gardé dans le fond de sa poche, après avoir repoussé les avances incessantes du vendeur excentrique. La main refermé sur le petit écrin, alors que le souvenir de ce magasin étrange disparaissait déjà de son esprit, Severus se demandait ce qui l'avait poussé à faire cet achat.

Peut-être était-ce la façon dont sa vie avait changé ces trois dernières années…

En effet, tout avait basculé le jour où il avait surveillé le bal de fin d'année à Poudlard, au moment où il avait vu Harry Potter s'approcher de lui. Presque immédiatement, il avait reconnu la personne qui avait hanté ses nuits pendant si longtemps.

Harry, Elfe Noir, le jeune homme qui lui avait offert une soirée joyeuse avant qu'il ne plonge dans l'enfer qu'avait été sa vie d'adulte, l'homme avec qui il avait pu se lâcher, l'homme qui lui avait souri comme personne, qui avait ri avec lui et non de lui, l'homme avec qui il avait dansé, qu'il avait embrassé avec passion. Longtemps, il s'était demandé qui il était, s'il le reverrait un jour, s'il n'avait été qu'une imagination de son esprit. Longtemps, il avait essayé de se convaincre qu'Elfe Noir n'avait pas fui en réalisant qui il était.

Il n'était pas tombé amoureux de ce jeune homme. Il n'était pas idiot. Mais celui-ci avait marqué sa vie d'une façon douce et amére à la fois.

Lorsqu'il avait compris qu'Harry Potter, par il ne savait quelle magie, avait été la personne qui lui avait fait vivre cette nuit si triste, qui était restée pourtant l'un de ses meilleurs souvenirs, il était devenu fou. La colère s'était déchainée sur le prétendu Elfe Noir, qui n'avait pas bronché.

Persuadé que le jeune homme l'avait piégé, qu'il avait fait tout cela pour se moquer de lui, pour l'humilier, il lui avait hurlé dessus de nombreuses minutes, avait même voulu le frapper pour cela. Puis il s'était calmé. Heureux de voir qu'Albus avait posé un sort de silence autour d'eux et que lui avait réussi à contenir sa colère pour ne pas lever la main sur un étudiant, sa colère intérieure s'était apaisée.

Finalement, Harry lui avait tout raconté. Le masque étrange qui l'avait fait changer d'époque, la façon dont il avait vécu la fête sans se rendre compte de rien, comme il en avait aimé chaque instant. Il lui avait raconté ce qui lui était passé par la tête lorsqu'il avait réalisé ce qui s'était passé et le besoin vital de retourner voir son père, sa mère, son parrain. Il lui avait expliqué les souvenirs merveilleux qu'il avait enfin pu partager avec eux.

Il ne s'était pas excusé de l'avoir fait, car il n'avait pas regretté.

Par contre, il avait exprimé son regret de ne pas lui avoir expliqué que son départ précipité n'était pas à cause de son nom, de qui il était.

Severus avait compris, mais rien n'avait changé. Alors, Harry lui avait expliqué qu'il avait aimé sa vraie personnalité, ce qu'il avait montré cette nuit-là et qu'il voulait le revoir. Avec un regard déterminé, il lui avait annoncé qu'il allait retrouver son Maître Corbeau.

Puis il était parti.

Deux fut le nombre d'années qu'il fallut à Harry pour se faire accepter dans la vie de Severus, pour ramper dans son quotidien et pour apprendre à aimer l'homme qu'il était devenu, tout en l'aidant à retrouver celui qu'il avait été.

Deux.

Deux fut le nombre d'années qu'il fallut à Severus pour accepter, pour comprendre que tout cela n'avait rien eu d'un canular et qu'Harry avait bel et bien fini par l'aimer pour lui, pas pour celui qu'il avait été ou qu'il espérait revoir.

Depuis un an maintenant, ils se fréquentaient plus intimement et aujourd'hui était le jour où Harry eménageait officiellement chez Severus. Le jeune homme avait dû passer sa journée à défaire ses cartons, à installer des objets étranges chez lui et ranger tous ses livres sur la médicomagie, son nouveau métier.

Lorsque Severus sortit de ses pensées, il était devant chez lui.

Il ouvrit la porte, scrutant les lieux avec un regard critique et fut heureux de constater que rien n'avait vraiment changé. Il se dirigea dans la bâtisse en cherchant son compagnon et finit par le trouver dans la chambre, affalé sur les draps verts du grand lit à baldaquin, ronflant tranquillement. Au dessus de lui, accroché au mur, Severus remarqua un nouvel élément de décoration.

Souriant, il resserrant sa main sur la petite boite dans sa poche, sachant qu'un jour, pas maintenant, il allait la lui offrir. Pour l'instant, il se contenterait de regarder ces deux masques noirs entrelacés au dessus de la tête de lit et de profiter de la rencontre extraordinaire que le destin lui avait offert.

Deux fois.

FIN


Comme je le disais, ceci était un défi de AudeSnape qui m'a envoyé ce résumé :

"Comme chaque année, un bal est prévu pour les 7èmes années pour fêter leur départ. Cette année, il est demandé aux élèves d'être masqués.

C'est ainsi que Harry se retrouve à acheter un masque dans un magasin étrange. Mais ce masque a un secret. Lorsqu'il le porte, Harry se retrouve projeté dans le passé.

C'est ainsi que lors du bal, alors qu'il porte ce masque, il se retrouve envoyé durant la 7ème année de ses parents, qui vivent leur bal de fin d'année et surtout il rencontre Severus jeune. Avec qui il va vivre une idylle d'un soir. Juste un soir ?"

J'espère que l'histoire vous à plu et à bientôt pour un nouveau récit ! J'ai un nouvel OS au chaud, déjà corrigé, mais je vais un peu attendre avant de publier. J'ai aussi une fic à chapitre qui est en train d'être corrigé.

Je voulais aussi vous annoncer (et c'est avec regret) que je ne répondrai plus systématiquement aux reviews. Je trouve toujours quelque chose à dire, même pour un simple "merci pour ce chapitre" mais je n'en ai plus le temps et je rechigne de plus en plus à le faire. Je ne veux pas passer pour une ingrate, je ne vous remercierai jamais assez de me laisser des reviews, même avec seulement quelques mots, mais je ne peux plus passer des heures à trouver des petites choses à répondre. En revanche, si vous avez des questions, ou si j'ai quelque chose à répondre, je me ferai un plaisir de le faire.

Merci d'être toujours plus nombreux à me suivre !

Epsi