Benjamin Pavard x Fem!Reader / Commande sur Wattpad


Benjamin et toi, ça remontait à une dizaine d'années, déjà. Quand tu y pensais, ça faisait beaucoup, et encore plus lorsque tu te disais que cette dizaine d'années, c'était la moitié de ta vie.

Mais en fait, tu ne t'en souciais pas énormément. Au début, vous étiez de simples amis tranquilles, comme tu en avais d'autres et comme il en avait d'autre – mais un peu moins, parce qu'il était quand même assez timide.

Et puis… vous vous étiez un peu perdus de vu lorsqu'il partit au collège, mais étrangement, vous aviez gardé contact. À vrai dire, tu étais la seule personne avec qui Benjamin continuait à parler par messages, et il était la seule personne à qui tu envoyais des sms dès que tu le pouvais – alors que tu étais quand même une grosse flemmarde des amitiés à distance.

Mais c'était Benjamin. Il t'envoyait parfois des photos de trucs stupides qu'il voyait et tu l'appelais parfois pour lui raconter ce qui t'arrivait, et au final, vous vous endormiez au téléphone.

Puis, finalement, tes études te menèrent à Lille, et là, ce fut comme si la distance physique n'avait jamais existé entre vous. Ce n'était pas rare que tes amis croient que vous étiez un couple, mais cela vous faisait plus rire qu'autre chose, parce que le mot qui était le plus adapté était meilleur ami, pas petit et petite amie.

En tout cas, pendant tout le temps où tu restas à Lille, vous passiez la moitié de vos journées ensemble. Parfois, il venait te chercher à la sortie des cours, d'autres fois, c'était toi qui venais le chercher, et vous alliez à un fast-food pour enchaîner avec un ciné, et finalement, tu dormais chez lui ou il dormait chez toi.

Et cette routine vous convenait parfaitement ! Il n'y avait pas de question à se poser, vous étiez comme les deux parties d'un seul-être – un peu comme des âmes-sœur, mais sans la dimension romantique de la chose.

Puis… puis alors que tu fêtais ton anniversaire, Benjamin t'annonça qu'il partait en Allemagne pour jouer. Ce fut comme si ton monde entier s'effondrait. Sur le coup, tu ne l'avais pas réellement cru, parce que merde, il pouvait pas partir sans toi, comme ça ! Et pourtant, tu l'accompagnas à la gare, et lorsque le train partit, tu réalisas que ouais, il n'était plus là.

Pendant les premiers mois, tu fus totalement perdue, te rendant compte d'à quel point tu ne vivais pas toute seule – mais avec lui. Vous vous partagiez les tâches ménagères des deux appartements, le lundi, c'était toi qui faisais les courses et le jeudi, c'était lui, tu l'accompagnais faire les magasins et il t'amenait à tes cours de conduite, et – et toute ta vie était faite pour deux et non pour un.

Là, tu finis par te demander si ce n'était pas plus que de l'amitié. Bon sang, qui avait une relation comme ça avec son meilleur pote ? Tu le connaissais par cœur et il te connaissait par cœur, et si, quelques fois, vous vous étiez légèrement écartés à cause de petit ou de petit ami, finalement, l'un comme l'autre, vous finissiez toujours par rompre parce que c'était bien moins bien que quand vous étiez tous les deux.

Alors oui, tu te posas des questions, et ça fit mal, parce que tu te rendis compte que ce que tu croyais être de l'amitié n'était définitivement pas que ça – c'était beaucoup plus.

Alors les fois ou Benjamin revenait en France pour les entraînements avec l'équipe de France, tu ne pouvais pas t'empêcher de noter à quel point vous étiez tout simplement incapable de rester loin l'un de l'autre. C'était incroyable. Sans t'en rendre compte, tu t'arrangeais toujours pour être dans le coin, et lorsque tu ne le pouvais pas, il venait se pointer entre deux entraînements, chez toi, et vous vous retrouviez à parler toute la nuit.

Mais… mais tu ne savais pas si pour lui, c'était la même chose que pour toi. Tu entendais parfois dire qu'il était sorti avec telle fille ou telle fille, donc cela ne devait pas être le cas, n'est-ce pas ? Alors tu enfermas tout ça dans ton cœur et profitas simplement du temps que vous passiez ensemble, accroché à votre téléphone ou pendu au bras de l'autre.

Aussi, lorsqu'un certain jour de mai, tu l'entendis sauter de joie dans ton salon, tu penchas la tête, assise au bar qui te séparais de la cuisine, avant de te retrouver étranglée dans une étreinte d'ours – Benjamin n'était pas exactement un bodybuildeur, mais il avait une sacrée force.

- Ben ? Réussis-tu a demandé, le souffle coupé.

- Je suis pris, Alexia, je suis pris ! Répéta-t-il, te laissant enfin respirer, et à la vue de son sourire radieux, ton cœur rata un battement.

- Mais c'est génial ! Ris-tu, lui donnant une tape sur l'épaule. Tu vas pouvoir partir en Russie ! Je vais devoir m'organiser pour prendre des congés, et il va aussi falloir que je réussisse à trouver une location et oh, il faudra également que je -

Tu fus interrompu par une paire de lèvres se posant sur les tiennes, et ton souffle se coupa dans ta gorge lorsque tu vis que Benjamin avait les yeux fermés, tenant fermement ton visage entre ses mains, et un gémissement t'échappa lorsque ses lèvres bougèrent contre les tiennes. La faible protestation que tu aurais voulu formuler s'évanouit aussitôt et tu te retrouvas à répondre à son baiser, posant tes mains sur son torse, et tout fut bien trop vite finit pour toi lorsque Benjamin s'écarta brusquement, les yeux écarquillés.

- Putain, merde, je suis désolé – je ne voulais pas te forcer – je -

- Ben, le coupas-tu en roulant des yeux, te rapprochant de lui. Depuis combien de temps ?

Ton meilleur ami sembla un instant perturbé, puis il sembla comprendre et détourna le regard.

- Depuis l'Allemagne, marmonna-t-il.

Et bon sang, qu'est-ce qu vous étiez stupides et crétins et idiots. Tu accrochas tes bras derrière sa nuque, faisant fi du petit bruit étonné qu'il eut, et frottas légèrement ton nez contre le sien, comme vous aviez l'habitude de le faire.

- Ca nous fait donc deux ans à rattraper, non ? Demandas-tu, un sourire sur les lèvres.

Benjamin sembla pendant un instant à court de mot, avant que tu voies ses yeux pétiller et ses mains se poser sur tes hanches.

- Faut qu'on s'y mette maintenant, dans ce cas, sourit-il, et ses lèvres se posèrent à nouveau contre les tiennes.

Peut-être que vous étiez des âmes-sœurs avec la dimension romantique de la chose.