L'Ombre et la Lumière
Prologue :
La nuit… Au loin dans les ruelles sombres d'un village reculé des terres d'Egypte.
- Aller, viens jouer avec moi ! Viens jouer avec moi ! s'exclama une petite fille aux yeux jaunes orangés.
- Non, Lia on doit rentrer, il va faire nuit, répondit un petit garçon aux cheveux blancs de 3 ans son aîné.
- Bakura… Sil te plait, insista fit la fillette alors qu'une légère moue se dessinait sur son visage.
- Bon d'accord ! Mais juste pour un moment, après on rentre d'accord ?
- Oui ! On joue à chat ! C'est toi le chat ! lâcha l'enfant avant de se mettre à courir pour échapper au petit garçon. Ahah ! Tu ne m'attraperas pas, tu ne m'attraperas pas ! ajouta-t-elle en riant.
- Tu vas voir si je ne vais pas t'attraper !
Le garçonnet s'élança à la poursuite de l'enfant qui - à sa grande surprise -, s'avérait beaucoup plus rapide que ce qu'il avait imaginé. Il ne se laissa pas intimider cependant, et accéléra pour dépasser la fillette et freina brusquement face à elle avant de la plaquer au sol.
- Jt'ai eue ! C'est moi le plus fort ! lâcha-t-il d'un air triomphant.
- Non ! Bakura tu m'as fait tomber ! C'est pas du jeu ! se refrogna la petite fille.
- Hihi ! Dis que c'est moi le plus fort !
- Non ! Pis c'est pas vrai d'abord…
- Allez, Lia, dis qui est le plus fort !
- C'est toi… se résigna la fillette à contre cœur.
Le petit Bakura esquissa un sourire, puis desserra sa prise.
Ses yeux s'écarquillèrent légèrement lorsqu'il s'aperçut qu'ils s'étaient un peu trop éloignés de la maison et que la nuit était déjà tombée.
- Oh… On va se faire gronder... On ferait mieux de rentrer, alerta Lia.
- Il faut se dépêcher !
Les deux enfants s'apprêtèrent à rejoindre leur maison quand un bruit de chevaux raisonna subitement derrière eux. Lia et Bakura se retournèrent. Les gardes de Pharaon arrivaient à pleine vitesse dans leur direction. Bakura agrippa le bras de la fillette et l'écarta du chemin avant qu'elle ne se fasse piétiner par le troupeau.
Quelques instants plus tard, des cris provenant des différentes maisons se firent entendre, faisant sursauter Lia. La petite fille bascula légèrement sa tête hors du mur où ils s'étaient réfugiés pour observer ce qui se passait.
Les soldats armés de Pharaon prenaient en otage les villageois. Et parmi eux, se trouvaient ses parents et ceux de Bakura. Dans un mouvement purement instinctif, elle quitta le mur pour courir dans leur direction, mais fut stoppée dans on élan par le garçonnet qui la ramena près de lui derrière le mur.
- Non, Lia, il ne faut pas qu'ils nous voient… chuchota le petit garçon.
- Mais…
L'enfant porta son index droit à sa bouche pour lui faire signe de se taire.
- Tiens, tiens, on dirait qu'on a oublié ces deux-là ! lâcha une voix masculine derrière Bakura.
La voix du garde armé, fit trembler Lia qui eu un mouvement de recul. Le garde empoigna le bras de Bakura qui se tenta de se débattre pour échapper à son emprise.
- Non ! Lâchez-le ! cria Lia à l'intention de l'homme qui s'en allait avec le garçonnet.
- Ne t'inquiète pas, tu vas vite le rejoindre, fillette ! fit un autre voix derrière elle.
Le soldat saisit la taille de la petite fille et l'entraîna avec lui en direction des aux prisonniers.
- Non ! hurla l'enfant. NON ! cria-t-elle plus fort.
Soudain, ses cheveux rouges s'animèrent d'une lueur étrange tandis que ses yeux - jaunes -, prirent une teinte bleu ciel. Une aura jaune anima son petit corps avant de repousser violemment son agresseur en arrière avant de s'écrouler inconscient sur le sol. Lia croisa le regard de Bakura - toujours aux prises du garde -, qui partait en direction des autres villageois.
Dans un élan purement mécanique, elle projeta ses deux bras en avant - mains tendues à plat -, en direction du soldat. Une fraction de seconde plus tard, une orbe d'énergie blanche et violette jaillit de la paume de sa main et frappa de plein fouet la tête du soldat qui se dissout sous l'effet de l'attaque, libérant ainsi Bakura.
Le petit garçon regarda sa cousine, quelque peu choqué. Incroyable… Comment avait-elle fait ça ? Elle n'avait que 6 ans… Mais bien qu'il voulait comprendre ce qui s'était passé, l'heure n'était pas à la réflexion. Le temps leur était compté.
Ils devaient fuir au plus vite où ils seraient eux aussi capturés et pour de bon cette fois. Le petit garçon regarda en direction de Lia qui se tenait à quelques mètres de lui, tout aussi choquée.
- Lia, dépêche-toi, il ne faut pas rester là ! s'exclama-t-il en prenant ses jambes à son cou.
La petite fille sortit subitement de sa torpeur et suivit le garçonnet dans une maison qui dissimulait une crypte souterraine. Lia se recroquevilla sur elle-même, la respiration haletante.
- Aller, n'ayez aucune pitié soldats. Emparez-vous de leur esprit. Nous en avons besoin pour forger les 7 trésors mystiques ! Hurla le chef de la garde royale à ses hommes.
- Oh non, ils sont là ! s'exclama Lia apeurée.
- Chut, tu vas nous faire repérer !
Pétrifiée, la fille plaqua son dos contre le mur horriffiée. Le petit Bakura jeta un coup d'œil derrière la paroi où ils étaient cachés. Ses yeux s'écarquillèrent et son sang se glaça dans es veines à la vue du spectacle qui s'offrait à lui. Les soldats prenaient l'esprit des villageois pour ensuite les insérer dans un gros bloc de pierre.
Lia plaqua ses mains contre ses tempes, le corps tremblant, les yeux baignant de larmes. À cet instant, les cris et les hurlements ne furent plus qu'un fond sonore assourdissant qu'elle n'entendait même plus… Une fois leur œuvre achevée, les hommes s'emparèrent des trésors cachés dans la pierre et s'enfuirent hors du village, ignorants qu'ils avaient laissé deux survivants.
Bakura demeura plusieurs minutes figé, les yeux perdu dans le vague. Il comprenait ce qui venait de se produire, mais les informations n'avaient pas encore totalement fait le chemin vers son esprit.
- Ils sont partis… lâcha la petite la voix tremblante de Lia qui était sortie de sa cachette. Ils ont pris mon papa ! ajouta-t-elle avant de se laisser tomber par terre, pleurant toutes les larmes de son corps.
Encore sous le choc, le petit garçon s'avança vers elle et la prit dans ses bras pour tenter de la consoler.
- Je, je… je veux mon papa !
- C'est finit, ne pleure pas… Moi je suis là, moi. Et je ne te laisserai pas. Je ne partirai pas, jamais !
Le corps tremblant, Lia leva lentement la tête en direction du garçon en reniflant.
- C'est vrai…?
Un triste sourire se dessina sur les lèvres de Bakura alors qu'il acquiesçait d'un hochement de la tête.
- Oui, je resterai toujours avec toi, Lia… personne ne nous séparera.
Le garçon aux cheveux blancs serra la fillette contre lui et colla son visage contre sa tête tandis que des perles salées roulaient le long de ses joues…
