Chapitre 2 – La sauvage du désert.
… .Quelques années plus tard. …
Plusieurs années s'étaient écoulées depuis cette sombre nuit. Combien exactement ? Lia était tout simplement incapable de poser un chiffre avec exactitude. Elle avait perdu la notion du temps et tout cela n'avait pas beaucoup d'importance à ses yeux.
Ayant été laissée sans ressource et sans famille pour la guider, Lia avait très rapidement appris à se débrouiller. Seule. Elle n'avait guère eut le choix. Le vol faisait partie de son quotidien, sa seule option pour survivre. Bien qu'elle n'aimait pas ça…
Elle était une femme à présent. Même si cela n'était pas flagrant au premier abord.
Sa taille grande et athlétique et son manque manifeste de poitrine laissaient quelques fois planer le doute dans l'esprit des gens. Du moins, pour les moins observateurs. Seuls ses cheveux qu'elle avait laissés à une longueur raisonnable – légèrement en dessous des épaules -, et sa voix plus aigue et douce, balayait ce dernier doute.
Oui, son apparence était sujette aux critiques et à de nombreuses controverses. Mais ce n'était pas l'unique chose qui faisait parler d'elle. Ses pouvoirs mystérieux en faisaient trembler plus d'un. Bénite ou maudite des dieux ? Le choix appartenait à chacun. Une chose était certaine, elle ne laissait personne indifférent.
La sauvage du désert… Voici comment certains l'avaient baptisée. Bien sûr, si cela n'avait tenu qu'à elle, elle aurait choisi un autre nom que celui-ci. Mais avec le temps, elle s'y était habituée. Elle avait même fini par l'apprécier au point de prendre plaisir à jouer de ce « titre ».
Un léger soupir s'échappa des lèvres de Lia alors qu'elle faisait son entrée dans un petit village à proximité de la grande ville où siégeait le palais du Pharaon. Des rires et des cris attirèrent brusquement son attention. Lia s'approcha discrètement et se cacha derrière la paroi d'une maison afin d'observer la scène de plus près.
Des hommes s'étaient rassemblés autour d'une femme. Elle était en train de se faire maltraiter par un homme. Son mari ? Un amant ? Un simple homme de taverne qui souhaitait s'amuser. Qu'importe, Lia ne souhaitait pas connaître la réponse. Un homme, quel qu'il soit n'avait aucun droit de s'en prendre à une femme.
- Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! cria la femme, tentant bien que mal de se défendre.
- Allez, viens ma jolie ! J'ai gagné ce pari, alors tu vas venir avec moi ! On va bien s'amuser tous les deux, ahah !
- Jamais espèce de souillard ! Vous me répugner !
- Lâchez-là, immédiatement ! ordonna une voix derrière lui.
Les yeux de l'agresseur s'écarquillèrent subitement et tourna la tête en direction de la personne qui avait parlé. Ladite personne se fraya un chemin parmi les civils pour lui faire face.
Dissimulée sous ce manteau à capuche bleu pétrole, elle n'était pas facilement distinguable. Seule la couleur de sa voix laissait suggérer qu'il s'agissait d'une femme. Il en n'était pas certain cependant. Mais qu'importe ! Homme ou femme, cela ne faisait pas grande différence pour lui.
- S'en prendre à une personne sans défense, quel courage ! Tu me fais pitié…
- Hmpf ! Qui es-tu, toi ? Et de quoi tu te mêles ? pesta l'homme.
D'un bref mouvement de la main droite, la jeune femme abaissa sa capuche, dévoilant une grande silhouette à la peau hâlée et aux cheveux rouge feu.
Elle habillée d'un petit pagne couleur sable, couvrant ses cuisses jusqu'au dessus des genoux et un mélange de tissus entremêlés recouvraient sa poitrine. Deux bracelets en cuir ornaient ses poignets fins.
- C'est quoi ça ? Un homme ou une femme ? lâcha l'agresseur d'un sarcastique, provoquant un éclat de rire de la part des civils qui se tenaient autour d'eux.
- Il me semble avoir entendu qu'elle ne voulait pas te suivre. Alors, ôte tout de suite tes mains de cette femme, et je te laisserai repartir de cette ville, intact ! répliqua Lia.
- Ahah ! Retournes d'où tu viens, fillette ou tu risque de le regretter ! menaça l'homme en s'approchant de Lia.
- Je ne ferai pas ça, si j'étais toi.
- Ah ! Tu ne me fais pas peur ! Je vais t'apprendre à te mêler de choses qui ne te regardent pas.
L'homme se jeta sur Lia qui se baissa pour esquiver un coup de poing et orienta sa main droit à quelques centimètres du pagne de l'homme – à son entre-jambe -, tandis qu'une lueur jaunâtre enserrait sa main. Les yeux de l'homme s'écarquillèrent de surprise lorsqu'il sentit une force invisible agripper fermement ses parties génitales.
- Qu'est-ce que… Arg… ! Qu'est-ce que tu fais, arrête !
- Oh, maintenant c'est toi qui supplies ? … Je vais t'apprendre, moi, à t'en prendre à une femme sans défense, sale vermine ! cracha Lia, tandis que la lumière émanant de sa main s'intensifiait.
Un hurlement de douleur s'échappa des lèvres de l'agresseur alors qu'il sentait la force serrer et broyer ses testicules de plus en plus fort… jusqu'à ce qu'ils tombent au sol, lui arrachant un nouveau cri de douleur, sous les yeux horrifiés des personnes présentes autour d'eux.
L'homme s'écroula par terre en se tordant de douleur.
- Voilà qui devrait te calmer. Tu n'auras plus l'occasion de faire du mal à présent… acheva Lia avant de tourner les talons, laissant l'homme agoniser sur le sol.
Les civils encore présents, s'écartèrent vivement pour la laisser passer, pétrifiés par la peur quand d'autres donnaient déjà l'alerte, espérant que des gardes passeraient par là. Lia profita de l'agitation naissante et du mouvement de panique, pour fuir aussi vite que possible.
Elle s'était suffisamment donnée en spectacle pour aujourd'hui et il n'était pas nécessaire de se faire encore plus voir. Lia se faufila entre le passage étroit de deux maisons et emprunta une longue ruelle menant à une des sorties de la ville.
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- La journée a été bonne, cousine ? raisonna une voix derrière elle.
Lia fit volte-face. Une silhouette fine et musculeuse aux cheveux blancs, habillé d'un pagne bleu marine dissimulé sous un manteau pourpre sortit de l'ombre d'une ruelle pour lui faire face.
- Bakura ! Les grands esprits se rencontrent ! Je ne pensais pas te voir ici si tôt…
- Oui, j'ai décidé de faire un petit détour. Alors, comme ça on fait encore des siennes ?
- Oh, tu as donc vu ce qui s'est passé.
- Bien évidemment. Mais si tu veux un conseil cousine, tu devrais éviter de te donner trop en spectacle, un jour cela pourrait se retourner contre toi.
- Cet homme méritait amplement le sort qu'il a eu, répliqua froidement Lia. On ne s'en prend pas à une femme et espérer s'en sortir sans devoir rendre des comptes. Quant au spectacle, je crois savoir que cela ne te dérangeait pas lorsque cela t'était profitable, cousin.
- Peut-être. Mais il n'empêche que si tu continues à torturer les gens ainsi, nous n'auront plus accès à rien.
- Je ne l'ai fait qu'une seule fois, se défendit Lia.
- Vraiment ? Et cet homme que tu as réduit en cendre avec tes boules d'énergie ?
- C'était de la légitime défense ! Il s'en prenait à des enfants, il allait leur couper la main alors qu'ils étaient juste affamés !
- Oh, je vois. Tu joues les sauveurs d'âmes en détresse, lâcha Bakura avec un sourire.
- C'est inhumain de s'en prendre à des personnes qui sont dans l'incapacité de se défendre ! Je fais ce qui est juste…
- Si tu le dis.
- Tiens, je l'ai pris à l'un des villageois, dit elle en lui lançant une part de pain que bakura attrapa au vol.
- Et toi ?
- Garde-le.
- Et pour la chambre ?
- J'ai fait en sorte qu'on nous la laisse gratuitement pour deux jours.
Un léger ricanement s'échappa des lèvres de Bakura é la réponse de la jeune femme.
Il prit une bouchée de pain et l'engloutit de bon coeur, puis, considéra un instant sa cousine. Lia Était une jeune femme étrange. Tout comme lui, elle s'était forgée une réputation qui ne laissait personne indiffèrent. Mais contrairement à lui, ses actions se concentraient principalement sur la nourriture.
Dérober l'or, les objets, et les bijoux ou autres trésors ne l'intéressait pas. Bien sûr, cela lui était arrivé de voler un ou deux bijoux. Très peu, cependant. Elle n'avait d'ailleurs pas besoin de fournir de gros efforts pour voler.
Avec ses pouvoirs, elle était en mesure de voler n'importe presque n'importe quoi. À ce rythme, elle allait devenir aussi douée que lui. Mais elle ne le surpasserait jamais.
Bien sûr, il pouvait lui demander de l'aider à piller les tombes. Il était pratiquement certain qu'elle n'éprouverait aucune difficulté à le faire. Mais c'était son domaine. Et il tenait à le garder. Il ne fallait pas tout mélanger. Cela Lia l'avait parfaitement compris. Et le respectait.
Mais bien qu'ils partageaient de nombreux points communs, elle ne semblait toutefois pas autant animée par le désir de vengeance que lui. Alors qu'il n'avait qu'une seule idée en tête : faire payer au pharaon le massacre de leur village, elle aspirait à d'avantage de paix. Il se demandait même quelques fois s'ils avaient vécu le même drame…
Elle semblait tellement impassible est détaché parfois… Il ne comprenait tout simplement pas comment elle pouvait rester là et continuer à vivre comme si rien ne s'était passé. Il était loin d'imaginer à quel point elle avait été affectée. Mais comment pouvait-il le savoir ? Elle esquivait toujours le sujet.
Mais si Lia tentait bien que mal à oublier, lui en revanche, n'était pas du tout prêt à passer l'éponge sur ce qui s'était passé. Une situation qui provoquait parfois beaucoup de tensions entre eux. Raison pour laquelle Lia préférait éviter le sujet. Du moins, autant que possible.
Bakura termina sa dernière bouchée de pain, tout en continuant d'observer la jeune femme. Il ne pouvait l'expliquer, mais une partie de lui craignait qu'elle lui mette des bâtons dans les roues. Elle était forte. Très forte ! Mais elle pouvait se montrer si naïve par moment… Et c'était justement cette force incroyable et cette naïveté sans pareil qui pouvait la mener à sa perte. A leur perte,
Il y avait toutefois une chose qui restait un mystère chez elle: ses pouvoirs. Il était pratiquement sûr qu'elle pouvait les utiliser grâce à son KA. Mais aussi loin qu'il se souvienne, il n'avait jamais vu aucun monstre prendre vie autour d'elle. À moins, qu'il n'y avait aucun monstre à voir. Ou qu'elle ne faisait déjà plus qu'un avec.
Cela expliquerait sans doute pourquoi elle pouvait les utiliser. Mais ses pouvoirs avaient réussi à toucher son Diabound la dernière fois qu'ils s'étaient entraînés. Il allait devoir la surveiller de près...
