Safir Jaune x Fem!reader / Commande Wattpad
- Tu sais quoi, Samir ? Tu peux aller te faire voir, claquas-tu, la voix tremblante de larmes retenues, avant de tourner les talons.
D'un vif pas, tu traversas le lycée, te dirigeant vers le parc, et ce, même si on était en novembre et qu'il faisait vraiment, mais vraiment froid.
Ce ne fut qu'une fois à l'abri des arbres aux feuilles colorés d'orange que tu laissas échapper un soupir, te mordant le poing pour tenter d'endiguer le sanglot qui obstruait ta gorge. Putain. Tu détestais te disputer avec ton petit-ami, comme ça, mais… c'était comme si vous ne parveniez pas à vous en empêcher. C'était pour un rien, parfois, même si d'autres, c'était un peu plus sérieux.
Le problème était que tu ne parvenais pas à différencier ces fausses disputes des vraies. Et cela te rongeait. Littéralement. Cela faisait déjà six mois que vous étiez ensemble, et vous vous connaissiez depuis bien plus longtemps, mais…
Mais c'était un euphémisme que de dire que toi et Samir aviez la même vision des choses. Si Samir était un éternel optimiste, ce n'était pas ton cas. Il songeait noir et toi tu pensais blanc, et tu tournais à gauche et il allait à droite.
Le pire, c'était que vous ne faisiez pas exprès, réellement, tu le savais, il le savait, et vous saviez que vous le saviez. Et en fait, réellement, c'était ça qui faisais plus mal que tout le reste.
Avec un soupir, tu laissas ton sac à dos tomber sur le banc – ton banc, presque, vu que tu ne voyais jamais personne l'utiliser -, vérifias qu'il n'était pas mouillé, et t'assis dessus. Machinalement, tu vins tripoter ton bracelet à ton poignet, avant de te stopper.
Ce bracelet, par exemple, c'était Samir qui te l'avait offert, le jour de ton anniversaire. C'était également le jour où, en quittant ta maison après la fête que tu avais organisé, s'était mis à passer d'un pied à l'autre maladroitement. Ce simple fait t'avait mis la puce à l'oreille, et l'inquiétude t'avait submergé.
Samir n'était après tout jamais quelqu'un qui montrait lorsque quelque chose le stressait. Non, il blaguait à la place – et toi, c'était comme ça que d'habitude, tu voyais que quelque chose n'allait pas. Mais ce jour-là, Samir était en train de passer d'un pied à l'autre, avant de te demander d'une voix stressée si ça te dirait d'aller faire un tour en ville, genre, pour un resto ou un café, c'que tu veux hein et puis si tu veux pas c'pas gave hein mais j'voudrais quand même vraiment beaucoup que l'on se fasse quelque chose tout les deux parce que tu vois quand même j't'aime bien et voilà quoi.
Sans savoir pourquoi, tu t'étais approché de lui, tu l'avais embrassé, et tu t'étais écartée avant de dire quelque chose ressemblant vaguement à j'vais chercher de l'argent et une veste t'as pas intérêt à t'être barré pendant ce temps-là parce que moi aussi j't'aime bien.
Merde.
Tu soufflas un bon coup, passant une main dans tes cheveux, et essayas de rationaliser tout ça. Ce n'était définitivement pas la première fois que vous vous disputiez. Vous étiez capable de passer au-dessus de ça. Bon sang, tu étais capable de passer au-dessus de ça, si tu arrêtais deux minutes de t'emporter à chaque fois que quelque chose se passais mal. Pourquoi n'étais-tu pas capable de mettre en sourdine l'espèce de colère permanente qui t'habitait ? Samir ne méritait pas que tu la déverses sur lui la plupart du temps.
Ta main se mit à trembler nerveusement alors que tu tentais de chasser les larmes qui venaient pointer leurs nez dans tes yeux. Tu devais t'excuser. Pas maintenant – cela serait inutile, tu savais parfaitement bien que si tu t'emportais facilement et redescendais en pression facilement, pour Samir, c'était l'inverse. Il m'étais pas mal de temps avant d'exploser, mais quand il le faisait, c'était pour longtemps.
La sonnerie du lycée te tira de tes pensées et tu eus un nouveau soupir, passant légèrement tes doigts dessous tes yeux, puis une main dans tes cheveux. Tu récupéras ton sac, avant de te diriger vers ta salle de cours. Okay. Cela pouvait se faire.
Tu pouvais le faire.
Et c'est pourquoi, après quatre heures de cours interminables, tu dis à tes amies de partir devant, que tu les rejoindrais plus tard. Elles eurent un regard désolé, avant de te dire qu'elles souhaitaient que cela s'arrange entre toi et Samir – parce que oui, évidemment. Il y avait tellement de gossips dans le lycée que tout le monde était au courant de tout.
En tout cas, tu tentas de te vider la tête, soufflant un bon coup, et tu redressas la tête avant de te diriger vers la salle où étais Samir. En y réfléchissant, tu connaissais mieux son emploi du temps que le tiens, et cela te mis un léger coup au cœur.
- Léa ?
- Re-bonjour, dis-tu un petit peu maladroitement, avant de tendre avec hésitation la main.
Samir avait toujours été quelqu'un de tactile, et depuis que vous étiez ensemble, vous passiez votre temps à vous toucher – cela pouvait être une simple main sur l'épaule, ou vos bras qui se rencontraient, ou encore tes jambes qui croisaient les siennes sous la table. Aussi, lorsque ton petit-ami n'hésita pas avant de récupérer ta main, entrelaçant vos doigts, ce fut comme si la pression dans ton corps redescendit de trente-cinq mille pascals.
- Je… Café ? Proposas-tu, et un léger sourire se forma sur les lèvres de Samir, ses yeux s'illuminant de la manière dont tu aimais temps.
- Je vote pour, répondit-il.
Il eut un sourire qui fit le bazar dans ton cœur, et vingt minutes plus tard, vous étiez tous les deux dans le-dit café, à boire en silence. Après un énième instant d'hésitation, tu posas ton café, relevant la tête, et te lanças finalement.
- Je suis désolé. Je n'avais pas à te crier dessus. J'ai encore sur-réagi, alors que je n'avais pas à le faire, soupiras-tu, la gorge serrée, et j'ai encore déversé mes nerfs sur toi alors que tu n'es pas un punching-ball et je suis tellement désolé et -
Un doigt se posa sur tes lèvres, te coupant alors que tu sentais tes yeux te piquer désagréablement, et tu relevas la tête. Samir avait un léger sourire attendri, et sa main se déplaça pour caresser ta joue.
- Léa. Je sais que tu t'emportes facilement. Et puis, franchement ? Si tu n'étais pas toi, je m'ennuierais tellement. Tu n'as pas à t'excuser d'être toi, okay ?
- Mais -
- Il n'y a pas de mais, dit Samir en secouant la tête. Toi, tu t'énerves, et moi, je préfère attendre que les choses se tassent plutôt que de chercher à les améliorer. C'est tout.
Bon sang, dit comme ça, tout paraissait tellement simple.
- C'est le jour où je réagirais au quart de tour et celui où tu préféras hausser les épaules et partir plutôt que de t'agacer qu'il faudra s'inquiéter. En attendant, on a juste à parler, d'accord.
Tu déglutis difficilement, avant d'avoir un léger sourire.
- Pourquoi tu es toujours la voix de la raison, comme ça ? Demandas-tu, à moitié amusée, à moitié désespérée par l'impression d'être totalement immature face à lui.
- Qui est venu me chercher pour aller à un café ? Répliqua Samir et tu devais avouer qu'il marquait un point.
- Okay. Okay, répétas-tu, sentant le poids sur ton cœur s'enlever totalement. Tout est bon, alors ?
- Je ne sais pas, dit Samir en faisant la moue, et ton estomac fit les montagnes russes. Où est mon baiser de réconciliation ?
…
- Petit con, dis-tu avec un sourire plein de dents en te penchant pour l'embrasser au-dessus de la table.
Merde, vous pouviez passer votre temps à vous disputer pour un tout ou pour un rien, mais qu'est-ce que tu l'aimais.
