Genre : ficlet
Timeline : arc 3 (mais peut se passer pendant l'arc 5 également)
Univers : manga/animes
Spoiler : pas vraiment
Limitation : personnage de Haruka
Toujours plus vite
Les notes s'enchaînaient. Chaque marteau frappait les cordes avec une précision qui frisait l'insolence tellement le rythme était rapide. Et pourtant, ce n'était pas assez vite. Les doigts voulaient suivre le morceau qui tournaient dans l'esprit et se mouvaient sur le piano comme jamais. Pourtant, ils n'étaient pas assez rapide. Plus vite. Toujours plus vite. Tout devait aller vite, personne ne pouvait être devant elle.
À ses côtés, le violon suivait. Comme toujours, très légèrement en retrait mais capable de garder la même vitesse et parfois, se mettre au même niveau. Les doigts glissaient avec maestria sur l'instrument et l'archet perdait de son crin par la vitesse de frottement. Pourtant, ce n'était pas assez rapide. Plus vite. Toujours plus vite. Elle devait aller plus vite pour ne pas perdre de vue sa compagne.
Les doigts sur le piano se crispaient, douloureux après tant de notes frappées si vite. Et les doigts sur le violon, douloureux d'avoir tant glissé sur les cordes, se faisaient un peu moins agiles. Mais aucune fausse note. Non. L'erreur était inadmissible. Et de toute façon, les deux musiciennes étaient trop perdues dans leur morceau, elles s'en moquaient.
Le piano s'arrêta, le violon mit quelques notes à le suivre et bientôt, le monde réapparut sous leurs yeux.
« Haruka ? »
La voix était basse et un peu rauque de n'avoir parlé depuis les longues minutes de leur duo. La main qui avait pincé les cordes s'approcha et Michiru se rendit compte que la corne au bout de ses doigts avait été un peu attaquée. Et son bras était un peu endolori, maintenant qu'elle le baissait. Elle se frotta un instant son poignet et la blonde l'attrapa doucement, levant le regard vers Michiru :
« Tu m'as encore suivie.
– Toujours.
– Et en te faisant du mal, reprocha-t-elle en caressant l'articulation douloureuse.
– Rien n'est douloureux tant que je suis à tes côtés, contredit Kaiō en posant son violon sur le piano pour serrer les mains crispées de la pianiste dans les siennes. Et puis, ce n'était pas assez rapide pour toi, je me trompe ? »
Haruka baissa la tête, un petit sourire aux lèvres : elle ne pouvait vraiment rien cacher à sa compagne et si parfois, c'en devenait frustrant, elle était aussi plus qu'heureuse d'avoir enfin quelqu'un capable de la suivre et se tenir à ses côtés.
« J'aime tes mains, avoua Tenō en en embrassant une.
– Je sais. »
La petite étincelle dans l'œil de Michiru la fit rosir et un rire lui échappa. Alors, elle se leva et après avoir pris Cathédrale Marine dans une main, elle empoigna sa compagne de l'autre et commença à courir pour sortir de l'auditorium.
« Haruka ! protesta Michiru, plus pour la forme qu'autre chose alors que des élèves les regardaient passer.
– Plus vite nous y allons, plus vite je profiterai de tes mains ! »
Le fard que piqua Kaiō fut invisible aux yeux des étudiants mais elle fit subtilement regretter son embarras en public à Haruka quand elles furent seules.
