Genre : ficlet
Timeline :
futur
Univers :
indifférent
Spoiler :
si vous ne savez pas ce que devient Usagi après l'arc 5, oui


Vivre et laisser mourir

« Je vous en supplie, Votre Majesté ! »

La femme était à présent à genoux et Serenity tentait de donner le change mais intérieurement, elle était bouleversée. Elle s'approcha de la femme, à peine quarante ans, et se mit à sa hauteur pour poser une main sur son épaule. C'était peu réconfortant, elle se sentait idiote mais à cet instant, elle ne savait que faire d'autre.

Un peu en retrait, Minako regardait la scène avec difficulté : elle ne pouvait détacher son regard de sa souveraine, il en allait de sa sécurité, mais elle ne supportait pas non plus la vue de cette pauvre femme détruite par le chagrin. Et elle n'était pas la première ni ne serait la dernière… Cette scène se jouait souvent et jamais Serenity ou Endymion ne refusait de rencontrer ceux qui les suppliaient. Mais ce n'était pas pour autant que c'en devenait facile, bien au contraire.

« Je vous en supplie, Votre Majesté, sanglota la femme en présentant une photo, abîmée d'avoir été trop serrée. Vous avez de grands pouvoirs, vous être presque une déesse ! Sauvez mon fils, je vous en prie ! Sauvez mon fils…
– Madame, interpella Serenity en essayant d'accrocher le regard de la suppliante même si c'était un crève-cœur, je ne peux pas. Je n'ai pas ce pouvoir.
– Vous êtes éternelle ! Et vous êtes capable de nous protéger de tout ! Alors protégez mon fils de la maladie !
– Je ne peux pas, répéta la Reine et sa voix menaçait de se briser. C'est la vie. Il faut vivre et laisser mourir, je suis désolée.
– Il n'a pas eu le temps de vivre ! »

Elle rua et repoussa Serenity qui se rattrapa comme elle put. Celle-ci fit signe à sa garde de ne pas bouger. Elle ramassa la photo tombée et l'observa : un garçon d'une dizaine d'années souriait de toutes ses dents aux côtés d'une jeune adolescente qui devait être sa sœur. Elle la tendit avec respect à la mère et en profita pour attraper sa main avec douceur :

« Cela me crève le cœur, plus que vous ne pouvez l'imaginer mais nous ne pouvons repousser la mort autrement qu'avec notre science. Si l'heure est venue, alors c'est que le destin en a décidé ainsi. Je ne peux aller à l'encontre du destin comme je ne peux favoriser une personne et pas une autre. Si je le pouvais et que je le faisais pour vous, combien d'autres viendraient nous voir ? Le cycle de la vie serait brisé. Et je n'ai pas ce pouvoir, Madame. J'en suis navrée mais je n'ai pas ce pouvoir. Seule notre médecine pourra repousser les maladies. Il faut vivre et laisser mourir » réitéra Serenity et les mots semblaient lui brûler les lèvres.

Et une nouvelle fois, ce soir-là, une fois ses obligations terminées et bien cachée au cœur de ses appartements, elle laissa libre court à ses larmes et sa peine, le visage de cette mère dévastée rejoignant les centaines d'autres qui étaient venus supplier la grande Reine de sauver leurs proches de la mort.