Bonsoir ou Bonjour.
Avant tout, je vous souhaite une bonne et heureuse année. J'espère que cette nouvelle année vous sera profitable, à tous.
Je suis super contente de voir que cette nouvelle fiction plaise autant. Merci à vous lecteurs/lectrices. Vous êtes les meilleurs.
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. ( personnages légèrement OOC )
Univers : UA sans magie
Rating : M
Publication : 1 fois par mois
État de la fiction : en cours – 12 chapitres d'écrits
Bêta-lecteur : mon merveilleux Byakkance
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LE COURTISAN D'UN LORD
Chapitre 2
Avachi sur l'une des tables du bar, Severus tentait de retrouver un tant soit peu de lucidité. Il avait été abandonné par Remus un peu plus tôt. Ce dernier était parti chercher il ne savait quoi tant il ne l'avait que peu écouté.
Il avait, comme à son habitude, passé une excellente soirée en compagnie de la belle Evelyn. Elle l'avait fait découvrir des plaisirs charnels à en faire pâlir plus d'un de jalousie comme à son habitude.
Après la petite coucherie, il était allé rejoindre quelques-unes de ses connaissances, ainsi que Remus qui tenait le bar. Il avait bu plus que de raison, jusqu'à se retrouver complètement saoul et débridé. Maintenant seul, il tentait de se reprendre. Vu l'heure tardive, il se devait d'être lucide pour trouver un taxi qui le ramènerait à l'hôtel.
Dodelinant de la tête, il ouvrit ses yeux brumeux pour regarder son environnement. Il vit deux ou peut-être trois hommes dans le même état que lui - ou même pire - à des tables plus loin. Souriant tel un idiot, il laissa échapper un hoquet, avant de sursauter brusquement, faisant ainsi trembler la table sur laquelle il était appuyé, lorsqu'une voix soudaine se fit entendre près de lui.
- Severus !, appela la voix, surprise et mécontente. Que fais-tu ici ? Mais tu es saoul, ma parole. Combien de fois t'ai-je dit de modérer tes beuveries, gronda la personne qui s'assit aux côtés de l'ivrogne.
- Harry ! Mon...hip...bel...ami, s'exclama Severus, dans un hoquet peu élégant. Je voulais...te faire une surprise, baragouina-t-il. Tu nous as fait...hum...une très belle prestation. Magnifique...hip.., hoqueta-t-il, en se redressant.
- Merci, Severus, grimaça Harry, en sentant l'haleine peu ragoutante de l'autre homme. Je suis ravi de te voir ici, mais je ne pensais pas te revoir de sitôt. Non pas que ta présence me gêne, bien au contraire.
Et cela était vrai. Harry et Severus se connaissaient depuis plus de cinq ans à peu près. D'abord ami avec ses parrains, Harry avait appris à apprécier l'homme qu'était Severus. Amusant, de bonne compagnie, mais parfois acariâtre et cassant. Cependant, c'était ce qui faisait son charme. Malgré le nombre d'années qui les séparaient, ils étaient réellement amis.
- Je suis revenu en ville parce que... j'accompagne un ami et... bien sûr j'en ai profité pour venir vous rendre visite, expliqua difficilement Severus en se redressant.
- C'est toujours un plaisir de te voir parmi nous Severus, sourit Harry.
- Plaisir partagé, mon ami, sourit Severus. Oh là, je ne me sens pas bien, grimaça l'homme.
- Cela ne m'étonne guère. Avec tout ce que tu as ingurgité, il est normal que tu ailles mal, grimaça Harry. Je vais t'aider à trouver un taxi qui va te ramener à ton hôtel.
- Je veux bien. Ceci dit… attendons que mon mal s'atténue quelque peu. Je n'ai pas la force de me lever.
- Bien, acquiesça Harry. Combien de temps restes-tu à Londres ?, demanda Harry pour faire la conversation en attendant.
- Je ne sais pas vraiment. Comme je te l'ai dit... j'accompagne un ami qui est venu à Londres pour affaires. Et étant donné qu'il ne connaît pas la ville, je joue en quelque sorte le rôle de guide, vois-tu. Mais je crois que je suis un mauvais guide.
- Pourquoi dis-tu cela ? fit Harry en fronçant des sourcils.
- Je l'ai emmené ici plutôt pour dîner, puis finir la soirée en charmante compagnie. Je voulais lui faire découvrir les milles-et-un plaisirs qu'offre l'enseigne. Je voulais qu'il se détende un peu, dit-il en faisant des gestes de la main. Qu'il oublie un moment son statut de Lord et tous ses problèmes. Mais il n'a franchement pas apprécié le fait de se retrouver dans un « bordel », expliqua Severus.
- Que- ! Un bordel, s'outra Harry. Je t'en prie, Severus, gronda le plus jeune. Nous ne sommes pas un bordel ici, Severus, et tu le sais fort bien, toi qui est un habitué. Maison des plaisirs serait plus exacte et moins...insultant, dit Harry.
- Bien sûr. Je ne voulais pas t'offenser. J'avoue parfois nommer cet endroit comme tel, et je m'en excuse, dit Severus, penaud.
- Je le sais bien. Et je ne t'en veux pas. L'environnement peut porter à confusion. Mais évite à l'avenir de le définir comme tel, dit Harry. Alors si je comprends bien ton ami n'est donc pas resté, reprit-il.
- Non. Je l'ai laissé et suis parti de mon côté. Je ne sais pas s'il est rentré ou bien resté. Ce qui m'étonnerait fortement.
Harry fronça des sourcils un moment. Il avait cette étrange impression d'avoir rencontré ce personnage qu'était l'ami de Severus. Ami qui avait jugé cet endroit comme un bordel. Comme cet homme plutôt qui avait osé porter des jugements faussés sur lui et les autres courtisans et courtisanes, ainsi que sur l'enseigne.
- Harry !, appela Severus.
- Désolé. J'étais perdu dans mes pensées, revint à lui le jeune homme. Vois-tu... ce soir j'ai eu une mauvaise rencontre qui m'a fortement marqué, avoua-t-il.
- Comment cela ?, demanda Severus, se sentant beaucoup mieux soudainement.
- Eh bien... en t'entendant parler de ton… ami, cela m'a rappelé cette rencontre houleuse que j'ai eu avec un homme, un Lord qui plus est.
- Vraiment ! A quoi il ressemblait ?, demanda Severus, les sourcils froncés.
- Oh, eh bien... honnêtement, il était très beau. Vraiment beau. Il était d'une élégance à couper le souffle. Grand, une stature impressionnante, les cheveux noir, de beaux yeux bleus et...
- J'y crois pas, souffla Severus. Tu me décris parfaitement mon ami. Il se nomme Lord Riddle. Il n'y a pas de doute. Je ne pensais pas qu'il serait resté. Où l'as-tu vu ?
- J'ai croisé son regard à la fin de ma prestation. Et je t'avoue que je me suis sentit attiré par cet homme. Alors... j'ai voulu aller à sa rencontre. Mais en revenant dans la salle, il n'était plus là. Je suis donc parti à sa recherche, et je l'ai croisé dans les couloirs. Si le début de la conversation s'était plus ou moins bien passé, la fin... expliqua Harry.
- Que s'est-il passé ?
- Je me suis pourtant montré courtois. Mais lui, s'est montré insultant. Je ne m'y attendais vraiment pas. Cela m'a choqué et figé d'horreur. Il nous a traités de putains. Tu imagines bien que cela m'a mis en colère, mais aussi terriblement blessé.
- Oh Harry ! Je suis désolé, dit Severus, en secouant la tête, d'un air dépité. Je connais très bien Tom… Et même s'il peut se montrer froid et cassant, jamais je n'aurais pensé qu'il puisse autant manquer de respect à autrui, peu importe qui il est et ce qu'il fait.
- Ce n'est pas de ta faute. Je peux comprendre qu'il ne tolère pas ce genre d'endroits. Mais cela ne lui donne pas le droit de nous insulter de la sorte. Nous sommes bien au-delà de ses putains qui se trouvent dans les maisons closes. Je veux dire... nous sommes bien différents, non ?
- Évidemment, certifia Severus.
- Je lui ai dit de ne plus revenir ici, dit-il en croisant les bras sur son torse fin.
- Tu as bien fait, dit Severus, avec une pointe de déception dans la voix.
Severus était vraiment déçu de son ami. Jamais il ne l'aurait cru capable d'un tel comportement.
- Je lui parlerais, s'exclama-t-il soudainement, en passant une main dans ses cheveux.
- Tu n'es pas obligé, répondit Harry, soudainement las.
- Je sais. Mais je me dois d'avoir une discussion sérieuse avec lui, expliqua le plus vieux.
- Fais comme bon te semble, souffla Harry, avant d'aviser l'heure. Allez vieux rabougri. Il est temps que tu rentres, dit-il en se levant.
- Pardon !, s'outra Severus. Je suis plutôt bel homme pour mon âge et surtout en pleine forme. Et c'est Evelyn qui te le certifiera ! Et pas qu'elle d'ailleurs, gloussa le plus vieux, en se levant à son tour.
- Oh je ne le sais que trop bien, pouffa Harry. Combien de fois les ai-je entendues vanter tes mérites. D'après elles tu es très imaginatif, mais surtout très endurant, rit Harry.
Severus s'esclaffa à son tour. Bien mieux, il put marcher sans trop de difficulté jusqu'à la sortie du pub en compagnie d'Harry qui lui tenait le bras. Lorsqu'ils arrivèrent à l'extérieur, un vent froid et doux vint caresser leur épiderme et cela suffit à les faire frissonner. Les rues étaient quasi désertes. Le regard aux aguets, Harry attendait qu'un taxi daigne se montrer.
Il fallut dix minutes d'attente pour qu'un taxi passe devant l'enseigne et s'arrête au sifflement qu'avait émit Harry. Le taxi s'arrêta à leur hauteur et doucement, Harry aida Severus à s'installer à l'arrière de la petite voiture. Celui-ci grogna lorsqu'il tomba lourdement sur le siège, avant de se retourner vers le plus jeune.
Il le remercia de sa bienveillance, avant de grogner le nom de son hôtel au conducteur. Harry rit un moment, avant de saluer une dernière fois l'homme et de refermer la portière. Une fois cela fait, la voiture n'attendit pas plus et s'en alla.
Harry regarda le taxi prendre de la distance, avant de souffler et de retourner à l'intérieur. Il vit Remus s'occuper des trois autres hommes encore présents. En passant à ses côtés, il lui souhaita une bonne nuit, avant de monter dans sa chambre.
Sur le chemin, le souvenir de sa rencontre avec l'ami de Severus se rappela à lui, et son visage se referma soudainement. Les paroles que lui avait jetées l'homme l'avaient vraiment touché. Jamais encore il n'avait été victime de telles insultes. Celles-ci l'avaient profondément blessé, mais surtout mis en colère.
Harry, comme tous ici, ne se définissait en aucun cas comme une putain ou même une catin. Loin de là. Et même si cet homme aurait dû mal à y croire, ils se respectaient.
Les courtisans et courtisanes étaient là pour amuser la galerie. Festoyer avec des hommes et même des femmes en manque de compagnie. Les détendre et les faire rêver en donnant des magnifiques spectacles.
Oh bien sûr, certains d'entre eux acceptaient d'avoir des rapports intimes avec les membres ou invités de l'enseigne. Et ces rapports-là étaient bien évidemment consentis. Passer une nuit charnelle avec un homme ou une femme qui venaient poursuivre leur soirée au Vif d'Or, n'était juste pas une obligation.
Harry avait lui même déjà passer la nuit avec des hommes. Deux pour exact. Ceux-là étaient des habitués et même des privilégiés qui au fil du temps étaient devenus des amis. Harry les fréquentait depuis un peu plus de deux ans, et par moment, lorsque l'un ou l'autre venait lui rendre visite, ils passaient simplement des soirées sans même qu'il y ait des rapports intimes plus poussés que des baisers et des caresses.
Et puis autre que cela, Harry avait un autre moyen de faire passer un bon moment aux invités. Il aimait leur jouer de différents instruments de musique. Il aimait se mettre en scène de la plus belle des façons devant leurs regards émerveillés ou emplis de désir. Comme il aimait jouer de sa beauté.
Bien sûr, il aimait aussi tenir compagnie à certains que le quémandaient. C'était toujours plaisant et amusant. Certains même se contentaient juste de se confier, sans chercher à avoir plus.
Ici les courtisanes, comme les courtisans, étaient vraiment appréciés et respectés. Ils étaient les petits joyaux de l'enseigne. C'était eux qui décidaient de comment se finissait la soirée, s'ils souhaitaient ou non accepter d'avoir des rapports intimes avec un client qui les demanderait. Ils n'avaient rien de ses putains que l'on trouvait dans les maisons closes.
Voilà ce qu'ils étaient, en soi. Ils ou elles n'étaient pas obligés de coucher. C'était selon leur envie. Ici les clients étaient rois, certes, mais pas à ce niveau-là. Seuls eux avaient le pouvoir de dire non ou oui pour ce genre de demande. Mais tout cela, ce Lord ne le savait pas. Harry aurait pu l'excuser pour son manque de savoir. Mais la façon dont il s'était exprimé à son encontre l'avait liquéfié. Comment ne pas l'être après de telles insultes ? Alors que cet homme, ce Lord Riddle, s'il s'en souvenait bien, les traite comme tel, le blessait énormément.
Harry avait simplement voulu connaître cet homme mystérieux qu'il avait croisé à la fin de sa prestation. Il avait été saisi par son regard d'un bleu profond, mais aussi par le charisme indéniable que dégageait cet homme. Il avait ressenti l'envie de savoir qui il était et d'où il venait.
Alors Harry ne comprenait pas. Il s'était pourtant montré courtois. Alors... pourquoi cet homme avait-il eu besoin de se montrer si peu amène, si peu avenant ?
Arrivé au dernier étage, il souffla, avant de se diriger vers sa chambre. Cet étage était réservé aux courtisans et courtisanes qui avait décidé de vivre au sein même de l'enseigne. Ses parrains eux, avaient leur antre personnel au troisième étage, là où se trouvait d'ailleurs l'antre principal des courtisans.
Il ouvrit la porte de sa chambre, et la referma d'un claquement sourd. Passant une main dans ses cheveux, il tenta de ne plus penser à l'altercation qu'il avait eue avec le lord. Doucement, il défit sa cape qui le recouvrait pour l'accrocher sur sa porte. Vêtu d'une simple tunique beige et d'un pantalon noir, il ne retira que le bas, avant de s'allonger sur son lit de fortune.
Le regard rivé sur le plafond blanc, il essaya vraiment de ne plus penser à sa rencontre avec ce lord. Mais il n'arrivait pas à faire fi de ce qui c'était passé. Cela l'avait beaucoup trop touché. Surtout venant de cet homme qui l'avait – et soyons honnête – séduit d'un simple regard.
Harry ne pouvait nier le fait que lorsque son regard s'était ancré dans celui de cet homme, il avait ressenti une douce chaleur s'insinuer en lui, avant de frissonner face au regard insistant et envoûtant. Évidemment, la silhouette plus que plaisante et le charisme de ce lord, avaient aussi joué en sa faveur. Cet homme était sans conteste son type d'homme. Quoique...les deux hommes qu'il fréquentait pouvaient jalouser et envier la beauté et l'élégance de ce lord.
Enfin... bien qu'Harry le trouvait à son goût, physiquement parlant, mentalement c'était une toute autre histoire. Il n'était pas prêt d'oublier les mots si dégradants qu'avait prononcé cet homme.
Harry assumait ce qu'il faisait et qui il fréquentait. Personne ne l'avait obligé à devenir courtisan. Il assumait avoir eu, depuis qu'il avait atteint sa majorité, des relations charnels avec certains hommes, qui se résumaient à seulement deux hommes. Deux hommes qui étaient de trois ans ses aînés et avec lesquels il s'était lié d'amitié. Deux hommes qui étaient ses privilégiés. Et Harry assumait d'autant plus le fait qu'il appréciait tenir compagnie à d'autres hommes qui le demandaient, que ce soit simplement pour leur parler, les écouter et rire à leurs blagues douteuses.
En sachant tout cela, il aimerait bien savoir où il se comportait comme une putain. Il ne pensait pas que les putains agissaient de la sorte. Non, elles étaient simplement là pour assouvir les pulsions ou les désirs sexuels des hommes.
L'ambiance et l'environnement qu'offrait le Vif d'Or n'avaient vraiment rien à voir avec les maisons de joie ou closes. Harry, comme tous les autres, faisait passer un bon moment aux clients, et par n'importe quels moyens, autre que d'ordre sexuel.
Enfin tout cela pour dire qu'ils n'étaient pas des putains. Que le Vif d'Or n'avait rien d'une maison close ou d'un bordel. Oh, bien sûr, ce qu'il s'y passait à l'intérieur, restait à l'intérieur. Sirius veillait à ce que l'enseigne ne soit confronté à aucun problème.
Enfin...Tous ici avaient une vie bien menée. La journée, certains courtisans et courtisanes travaillaient dans des petites boutiques. D'autres travaillaient à l'enseigne comme serveurs ou serveuses par exemple. Certains ne vivaient même pas ici. Ils avaient leur propre logement. Alors non ils n'avaient rien à voir avec ces putains qui n'avait pas d'autre endroit que leur maison close. Pas d'autres métiers que celui de vendre leur corps. Encore et encore.
Se tournant sur le côté, Harry ferma les yeux, voulant trouver le sommeil et ne plus penser à cette malencontreuse rencontre qui lui avait laissé un goût amer.
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- Oh ma tête, grogna Severus. J'avais oublié à quel point un lendemain de beuverie était désagréable.
- Tu aurais dû éviter de boire, tel un ivrogne, dit Tom avant de prendre une bouchée de sa pâtisserie.
Ce matin, Severus s'était évidemment réveillé avec un mal de crâne incroyable. Même si cela n'était pas la première fois, c'était toujours désagréable.
Lorsque Tom était venu le chercher pour le déjeuner du matin, il avait eu du mal à garder les yeux bien ouverts. Mais il n'avait pu refuser de prendre le petit-déjeuner en compagnie de son ami. Un café bien noir et bien chaud saurait lui faire passer la gueule de bois.
Assis dans le restaurant de l'hôtel devant un petit-déjeuner copieux, Severus but une gorgée de son café, avant de se masser le crâne. À part le café, il ne pouvait rien avaler d'autre.
- À quelle heure es-tu rentré ?, demanda Tom, en s'essuyant délicatement les lèvres.
- Oh… vers les deux heures du matin il me semble, répondit son ami.
- Tu devrais arrêter de passer tes nuits dans ce genre d'endroit.
- Même si le lendemain n'est pas très agréable, j'en conviens. Je n'arrêterais pour rien au monde de fréquenter le Vif d'Or qui est un endroit respectable et chaleureux.
- C'est un bordel !
- Non, Tom, dit Severus, en grinçant des dents.
- Que dis-tu ? Toi même me l'as certifié, il me semble.
- Je sais ce que j'ai dit, grogna Severus. Mais non, ce n'est pas un bordel, crois-moi. Je pensais que ce terme passerait mieux, mais non, apprit-il. Bon sang ! Je n'aurais vraiment pas dû t'y amener. Crois-moi quand je dis que je regrette de l'avoir fait. Surtout si c'était pour que tu te montres irrespectueux envers eux.
- Je te demande pardon !, tonna Tom.
- Tu m'as très bien entendu. Je sais ce que tu as osé dire à Harry. Et je trouve cela parfaitement déplacé et impoli, surtout venant de toi. Les insulter de...putains, grimaça-t-il, avant de prendre une gorgée de son café. Les traiter de la sorte a fortement blessé Harry. Et le connaissant depuis un bon moment maintenant, je t'avoue que cela me touche aussi.
- Vraiment !, s'outra Tom. Il m'a demandé de lui tenir compagnie. Tu sais ce que cela veut dire, quand même.
- Pour parler, pour boire un verre ou pour tout autre chose. Voilà ce que sa demande voulait dire. Harry n'est pas ce genre de personnes. Il a juste voulu te tenir compagnie en tout bien tout honneur. Pour tout te dire, Harry est sans aucun doute l'un des rares courtisans qui accepte de passer une nuit dans les bras d'un homme. Je ne dis pas qu'il ne le fait pas, mais lorsqu'il en a l'intention, il apprend à les connaître avant. Il les apprivoise, expliqua Severus. Je connais très bien Harry, c'est le filleul de Sirius et de Remus. Et c'est un jeune homme agréable et extrêmement gentil, avec qui on a de bon sujet de conversation.
Sidéré par la véhémence de son ami, Tom ne sut quoi répondre. Que pouvait-il dire de toute façon. Il le savait très bien qu'il s'était comporté comme le premier des goujats.
Après être rentré dans sa suite, il s'était avachi dans l'un des canapés avec un verre de whisky à la main. Il n'avait fait que penser au regard brillant de colère mais aussi de peine que lui avait lancé ce jeune homme qui d'après son ami se nommait Harry. Et aussi surprenant que cela puisse être, il avait regretté lui avoir retiré son beau sourire et assombri son regard.
Encore aujourd'hui, il n'arrivait pas à comprendre comment en quelques minutes ce jeune homme avait réussi à le déstabiliser autant, à le chambouler. Il ne pouvait nier qu'il avait été subjugué par sa prestation, mais aussi par sa beauté presque irréelle. Malgré ses a priori sur l'endroit, il avait apprécié son petit spectacle ensorcelant et envoûtant.
Oui, ce serait mentir de dire qu'il avait détesté ce moment.
Plus tard, dans la nuit, il avait analysé la portée de ses paroles, et s'en était réellement voulu. Maintenant encore, il s'en voulait d'avoir tenu de tels propos. Cela était vrai qu'il aurait pu se montrer moins...blessant. En même temps, ce genre d'endroit pouvait laisser imaginer bien des choses ! Plus négatives que positives, aux vues de ses premières rencontres. Tom avait été surpris. Et c'était peu dire. Il ne s'était pas douté que l'établissement proposait ce genre de… services.
Posant sa cuillère près de son assiette, il finit son thé, avant de poser un regard sur son ami qui pestait toujours dans sa barbe inexistante.
- Je sais que Harry t'a prié de ne plus te présenter au Vif d'Or. Mais je pense qu'il serait préférable que tu y retournes pour t'excuser, pria Severus, sous le regard ahuri de son ami.
- M'excuser ?, fit Tom choqué.
- Oui t'excuser. Ne me regarde pas comme cela, dit-il en levant une main devant lui. Il n'y a rien de mal à s'excuser, surtout si on est en tort. Et puis...tu lui dois bien ça.
- Severus… commença Tom.
- Remus m'a convié pour le déjeuner de midi, le coupa son ami. Tu n'as qu'à m'accompagner et voir que cet endroit peut être réellement plaisant et délicieux sous bien d'autres aspects. Et non dégradant, comme tu l'imagines.
Tom réfléchit aux paroles de son ami, et pesa le pour et le contre. Jamais encore il n'avait eu à s'excuser. Mais là il devait bien admettre que son ami avait raison. Il était en tort. Ce fut lui qui s'était montré insultant, alors même que le jeune homme s'était montré courtois à son égard, en y repensant bien.
- Bien ! Tu as peut-être raison.
- Bien sûr que j'ai raison, ahana Severus. Et puis je sais que si tu t'excuses en bonne et du forme, Harry oubliera ce mauvais moment.
- Si tu le dis, grommela Tom.
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Voilà, voilà pour ce chapitre. J'espère qu'il vous aura plu.
Je n'ai pas grand chose à vous dire, à part qu'on en saura un peu plus sur l'univers des courtisanes/courtisans et sur Harry bien sûr.
Je vous dis à la prochaine et surtout BONNE ANNEE ET MEILLEUR VOEUX.
Pleins de bisous
Que la folie Byak' & Sha' soit avec vous !
Sha'
Review !
