Whangdepootenawah
Disclaimer : Mai Hime ne m'appartient pas, sinon il y aurait eu plus de ShizNat.
Chapitre 1 : Whangdepootenawah
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Le ferry voguait tranquillement sur les eaux. Sa destination, l'Ile de Fuuka, était en vue, bien qu'il n'y accosterait que dans une heure. Ses passagers profitaient des rayons du soleil matinal, agréablement chaleureux sans pour autant les accabler de chaud. Pour la plupart, la petite île ne serait qu'une escale de courte durée, avant de reprendre la mer en fin d'après-midi pour retrouver la prochaine destination prévue sur le trajet de croisière.
Pourtant, une poigné de passagers rangeaient prestement leur affaire, vérifiant une dernière fois leur cabine avant de rendre la clé à l'accueil. Une personne en particulier avait déjà fait tout le nécessaire et profitait du soleil et calme remous des vagues sur le pont, sa valise à ses côtés.
Lunette de soleil, cigarette aux lèvres… euh non, juste un bâtonnet de sucette, elle n'avait pas encore l'âge, vous comprenez. Bref, le détail particulier chez cette jeune fille était ses cheveux rouges. Et peut-être l'air contrarié qui ornait son visage. Elle avait toutes les raisons d'être contrariée, comment réagirez-vous si on écourtait vos vacances pour vous convoquer à votre école sous peine d'exclusion ?
L'écolière n'était pas tout à fait sûre de ce qu'elle avait fait. Bon, elle savait ce qu'elle avait fait mais pas pour laquelle de ses choses l'école la convoquait. Le premier jour des vacances ! Elle avait pris sur elle-même et avait pris le premier bateau pour rentrer. Ce n'était certainement pas de sa faute si c'était un bateau de croisière et qu'il n'accostait à Fuka que le troisième jour.
Le sourire satisfait à cette pensée gomma la moue contrariée de son visage. Elle avait quand même eu ses jours de congés et allait répondre à la convocation deux jours avant la fin des vacances.
"Chers passagers, nous allons accoster à Fuka dans moins de trente minutes. Vous aurez quartier libre pour explorer ce petit port pittoresque jusqu'à 15h. Nous vous prions de bien avoir regagner le bateau avant, nous repartirons à 16h précises." Annonça les interphones.
Il est temps de se mettre au travail, décida la jeune étudiante, sortant une casquette de son sac en bandoulière pour la fixer sur sa tête. Elle empoigna sa valise et déambula entre les autres passagers. Étourdie, elle bouscula un autre passager, lui faisant tomber le sac qu'il avait entre les mains.
"Je suis tellement désolée." S'excusa-t-elle innocemment, se penchant pour ramasser le sac à bananes.
"Ce n'est rien." Répondit sa victime avant de rattraper la jeune fille venant de perdre l'équilibre en se relevant. "Vous allez bien ?"
"Oui, oui, merci." Confirma la délinquante, papillonnant éhontément des cils dans la direction de l'homme tout en refermant discrètement le sac de sa proie. "Voilà votre sac, encore désolé." Finit-elle, lui adressant un clin d'œil avant de repartir, la liasse de billets du touriste bien au chaud dans son sac à elle.
Elle adorait les tourismes, candides victimes, plein de liquides ne demandant qu'à être plumées. Son petit manège continua jusqu'à ce que le bateau accostât. Descendant du pont, elle respirait la joie de vivre. Certes elle devait répondre à une convocation passible d'expulsion mais quelles vacances riches en opportunité, pensa-t-elle tout en recomptant son argent durement gagné.
"Grmhnt." Grommela la personne qui la bouscula violemment sur le côté.
Mais quel con, il n'y avait pas de place sur la passerelle, tout le monde ferait la queue. Et lui, la bousculer pour descendre plus vite. Elle allait lui refaire le portrait, déjà qu'il avait oublié de prendre une douche et qu'il se balançait comme un ivrogne. Qu'il attende qu'elle mette son argent en sécurité, après elle lui réglerait son compte.
Ouvrant son sac à bandoulière, elle se retrouva bêtement à regarder sa main. Le porte-monnaie avec l'argent ! Disparu ! Elle le chercha par terre autour d'elle, ignorant les gens mécontents. Rien.
… Elle ne s'était pas faite plumer par cet ivrogne au moins ? Pas elle. Non. Non, non, non et non. Elle retrouva rapidement l'homme plus loin en train de s'en prendre à une autre personne. Vraiment, il n'avait pas l'air en état de faire quoi que ce soit. Attend, il venait de mordre la main du gars ? Whao, peut-être que ce n'était pas que de l'alcool.
Plus important, où se trouvait son portefeuille rose bonbon ? Elle n'avait pas pu le rater… à moins que… Là !
Nao inspira un grand coup, ignorant les gens commençant à s'agiter autour d'elle. Sa valise fut jetée à l'eau puis elle suivit.
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"Putain de trafic de merde !" Jura la motarde, bloquée à un feu.
Le trafic était horrible ce matin, pire qu'un soir de final de coupe du monde de football où tout le monde allait à droite et gauche pour voir le match avec un tel. Au moins l'ambiance était sympa dans ces cas-là. Aujourd'hui, en revanche, on aurait dit que la moitié de la ville essayait tant bien que mal, mais surtout mal, d'échapper à une invasion alienne en fuyant en bateau. Résultat la plupart des voitures voulaient prendre la voix rapide pour les quais, ne respectant quasiment pas les feux, pour se retrouver bloquer quelques mètres plus loin. Des débiles complets.
Ça faisait bien dix minutes qu'elle était à un feu qui avait dû passer au vert au moins trois mais qu'elle n'avait pas pu passer à causer de fou-furieux qui voulaient à tout prix s'engouffrer dans le moindre interstice disponible. Elle avait beau être patiente, il y avait une limite à tout… Bon, peut-être qu'elle pourrait travailler sur sa patience. Mais dans cette situation, tout le monde craquerait !
Cherchant une échappatoire, un mouvement dans le coin de son œil l'interpella. Okay… Quelqu'un avait définitivement craqué… Balancer sa valise puis plonger soi-même à la suite d'un bateau de croisière pour descendre plus vite était une méthode assez extrémiste tout de même. Tout le monde était taré aujourd'hui.
Se résiliant à ne pas pouvoir passer normalement l'intersection en comptant sur la civilité des gens, Natsuki referma la visière de son casque et fit rugir le moteur avant de prendre le trottoir à moto pour passer par une autre route.
Continuant par la voix piétonne donnant sur la mer, elle atteint la route scénique pouvant l'emmener au lycée sans renverser de piéton ou cycliste. De là, elle n'eut aucun problème à rejoindre l'école, même si en apercevant un membre du Conseil Disciplinaire notoire vers le portail d'entrée, elle changea rapidement de route pour passer par derrière. Natsuki préférait largement faire le détour par la voix forestière pour arriver derrière l'école que de subir un énième sermon de la part du lion du Conseil des Etudiants. Elle tenait à ses tympans après tout et Shizuru n'était pas là pour la sauver.
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Aujourd'hui allait être une journée magnifique ! Le soleil était haut, le ciel était bleu, les élèves étaient terrori-
"Rentre ta chemise dans ton pantalon !" Rugit-elle, à un pauvre élève de première année.
Les élèves étaient respectueux, disait-elle. Tout allait pour le mieux. C'était encore les vacances donc peu d'élèves étaient présents en ce moment sur l'île, ce qui voulait dire moins de malandrins, plus de temps pour la discipline et surtout : la présidente avait d'autres engagements. Boubouzuke n'étant pas là, la direction de cette école revenait donc à elle, Haruka Suzushiro, Président du Conseil de Discipline. Techniquement cela aurait dû être le Vice-Président du Conseil des Élèves, Reito Kanzaki, cependant ce dernier était presque aussi doué que la Président pour disparaître quand il était question de réunion, supervision ou responsabilité.
Qu'à cela ne tienne, elle avait les rennes du château en mains et elle allait en profiter pour inculquer un peu de bon sens aux délinquants de cette école. Parole de Suzushiro !
"Conseil de Discipline ! A partir de cet instant, noter contentieusement le nom des personnes qui entrent, il est neuf heures moins cinq. Ils seront en retard quoi qu'ils fassent !" Ordonna-t-elle aux élèves alignés à sa suite, portant tous le même brassard noir et blanc du Conseil de Discipline.
"Oui, cheffe ! Bien Cheffe !" S'exclamèrent les membres du Conseil, exécutant tous un salut formel.
Une petite silhouette à lunette soupira avant de prendre la parole : "Haruka, tu ne peux pas noter tous les élèves. Certains ont des cours de rattrapages mais d'autres ont des clubs ou viennent juste pour la bibliothèque. Ce sont encore les vacances, l'école n'est pas obligatoire."
Haruka regarda son amie, droit dans les yeux : "Vacances ou non, c'est une école. Il y a un règlement intérieur qui dit que les élèves doivent être au sein de l'école à neuf heures. Qu'importe qu'ils y soient obligés ou non, pour les courses ou non !"
"Les cours." Corrigea son amie, par automatisme.
"C'est ce que j'ai dit ! Sinon on finira par avoir une école de délinquants !" Termina fièrement la Présidente du Conseil de Discipline.
Vrooooom !
"Yukino ! Là ! Cette moto avec l'uniforme de notre école ! On part à sa poursuite !" S'exclama Haruka, avant de partir en trombe.
Yukino ne bougea pas d'un poil. Elle soupira et regarda son amie sprinter après la moto qui avait déjà disparu à un tournant. Même si c'était Haruka, elle n'avait aucune chance de rattraper une moto à pieds. Se retournant vers les membres du Conseil de Discipline, elle adopta sa posture d'adjointe et prit une voix ferme : "Nettoyage et propreté de l'école, c'est parti."
"Oui Cheffe ! Bien Cheffe !"
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Pour une fois, Reito avait rejoint l'échauffement du club de Kendo. Et bien mal lui avait pris. Il s'était dit que cela lui donnerait un alibi valable si Haruka voulait le forcer à assister aux réunions du Conseil des Élèves ou pour une future confrontation à propos de ses absences, l'abandon de ses responsabilités et tout le tintouin. Si Shizuru faisait le mur, il ne voyait pas de raison pour ne pas faire de même. Point bonus, il y avait de grandes chances pour que Mai passe voir l'entraînement aujourd'hui.
Néanmoins, l'image flatteuse d'un jeune homme légèrement en sueur, démontrant sa virilité et son sérieux dans la répétition impeccable des mouvements de Kendo était très loin de l'image réelle. Takeda était son ami mais avait tout, c'est un démon. Un véritable démon.
L'entraînement avait commencé une heure plus tôt, par des étirements et assouplissements. Tout le monde échangeait, se racontant leurs courtes vacances, les derniers potins, saluant le retour du Vice-président du Conseil des Élèves et, malheureusement, de son rival, champion de Kendo, Tate.
Puis l'enfer leur était tombé dessus, Takeda avait commencé un léger footing en direction de la forêt qui se transforma en un parcours d'endurance. Reito était persuadé qu'ils avaient perdu un tiers des membres dans la forêt, mais il avait tenu bon, ne voulant pas donner satisfaction à Tâte qui courait juste à côté. Après ce qu'il sembla être une éternité, la forêt se fit moins dense et Takeda se mit à sprinter.
Reito aurait été content de le laisser courir seul jusqu'au bout du monde mais Tate le dépassa, commençant à mettre de la distance entre eux. Ignorant ses poumons en feu et son cœur cherchant à sortir de sa poitrine, il accéléra le pas. La joie qui l'envahit quand il fit que Takeda s'était arrêté cinq cents mètres plus loin, n'avait pas de mots pour être décrite. Il rassembla des ressources inhumaines pour arriver avant Tate. Ce fut une égalité mais il était persuadé d'avoir au moins un millième de seconde d'avance.
Il fut très injuste de voir que Tâte n'était pas effondré au sol, à grappiller la moindre molécule d'oxygène disponible, sans pouvoir bouger. Non, Tate avait encore assez de souffle pour parler avec Takeda.
"Eh bien, moi qui croyais que Suzushiro dirigeait le Conseil de Discipline d'une main de fer... C'est la première fois que je vois Yukino en action." Admit l'aide du Conseil des Élèves, impressionné.
"Assez de bavardage. Maintenant que vous avez repris votre souffle, on va faire dix tours de cross-fit. Devant le dojo, cinquante pompes, sprint jusqu'à l'église, là-bas cinquante burpees, sprint retour et on recommence. Des questions ?" Demanda Takeda, alors que les membres du club encore en course partaient déjà en direction du dojo. Sauf Reito.
"Tout le monde n'est pas encore sorti des bois, je me propose pour les attendre ici et leur donner les consignes." Négocia habilement le membre intermittent du club de Kendo. Il allait mourir si l'entraînement continuait à ce rythme-là.
Takeda le rassura tout de suite : "Ne t'en fais pas pour eux, ils connaissent la routine. Et ils ont pour ordre de rester en binôme dans la forêt. Mais puisque tu t'inquiètes, je vais les attendre."
"Ah, vraiment..." Fit traîner Reito. Premier essai raté. Mais il avait encore une carte dans sa main. "Tu ne risques pas de rater une occasion de voir Natsuki ce matin, en restant vers la forêt ?"
Takeda sourit, heureux de la bienveillance de son ami. "Natsuki ne rentrera pas par le portail. La présidente n'est pas là alors Haruka guette les entrées."
Reito sourit en retour. Intérieurement, il se posait de sérieuses questions sur les exactions de son camarade. Combien de temps passait-il à espionner Natsuki ? Heureusement, il n'en était pas encore à ce point avec Mai.
"... Tâte est déjà parti, tu vas rater Mai. Ton inquiétude pour les autres membres du club me touche beaucoup." Poursuivit Takeda. Il se retourna à nouveau vers Reito pour découvrir qu'il parlait dans le vide.
Cette obsession que Reito et Tate avaient pour Mai n'est pas très saine. Les deux amis étaient devenus ennemis du jour au lendemain. Il se sentait un peu seul de temps à autre. Heureusement qu'il avait Natsuki, pensa Takeda en souriant comme un idiot.
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Reito était à son sixième tour, septième peut-être ? Peu importe, il avait passé le stade de la douleur physique, celle dans ses bras, dans ses jambes, dans ses poumons, ses orteils, ses ongles... Bref, il ne sentait plus rien, il ne ressentait plus rien non plus, il ne lui restait que le bruit de son cœur qui menaçait de sortir de sa cage thoracique et les échos dans son corps à chaque foulée.
Plus rien n'importait. Jusqu'à ce qu'il aperçoive une crinière rouge et que Tâte ne le dépassa avec un port altier. Mai était là, elle regardait. Il n'allait pas laisser Tâte prendre toute la gloire. Le Vice-Président du Conseil des Élèves prit sa volonté à deux mains et accéléra une fois de plus.
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Boom !
Mai grimaça et ne put s'empêcher de commenter : "Ça a dû faire mal."
Mikoto tourna la tête pour voir son frère par terre, la tête dans une flaque de boue, n'esquivant aucun geste pour se relever. "Aniue fait simplement une sieste. Ça ne peut pas faire mal."
"Je ne pense pas que c'était son attention." Fit remarquer Mai à la jeune fille pendue à son bras. Le jeune homme ne bougeait toujours pas et Tâte était déjà loin devant. "Mais tu as raison, ça ne peut pas lui faire plus de mal."
Le garçon avait sûrement mérité un peu de repos et un de ses camarades de Kendo -ou un de ses fans- s'arrêteront certainement prendre de ses nouvelles. Elle n'avait pas encore fini de mettre au point sa dernière recette et elle n'allait certainement pas rater l'occasion d'utiliser gratuitement la salle de cours de cuisine de l'école. Pour une fois qu'elle avait réussi à réserver un créneau avant le Club de cuisine ! Mai était persuadée que ces membres complotaient contre elle après sa victoire lors du concours annuel de Cuisine.
Mikoto remarqua une scène étrange dans les bosquets ornant le chemin vers le bâtiment principal de l'école. Elle tira la manche de son amie pour attirer son attention.
"Mai ! Mai ! Ils font quoi les gens là-bas ?"
La concernée tourna la tête et mit précipitamment les mains sur les yeux de la jeune fille.
La forçant à continuer à avancer, elle se racla la gorge cherchant comment expliquer ce que faisant le garçon sur la fille aux tresses dans une position compromettante. "Ne regarde pas ! C'est une façon de monter son affection l'un pour l'autre quand on s'aime vraiment vraiment beaucoup. Mais cela ne se fait pas en public !"
Mikoto hocha de la tête mais continua de trouver cela bizarre de "montrer son affection" en mordant le cou de quelqu'un. Elle devra essayer cela avec Mai un jour !
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Chi et Aoi s'adonnait à leur activité journalière de début de journée. Elles observaient les élèves de Fuka dans leur environnement naturel.
Donc, elles espionnaient secrètement leurs camarades, espérant les prendre en flagrant délit pour le journal de l'école. Pour cela, elles étaient postées sur le toit de l'école avec un appareil photo professionnel en main. En tout cas, Aoi était couchée sur le toit avec un immense objectif en main et Chi reluquait sans vergogne sa petite-amie.
"Ah ! Haruka essaye de courir après la moto de Natsuki ! Dommage que je n'aie que son dos." Se lamenta la jeune fille blonde.
"Tu en as déjà pas mal de photos d'Haruka... Devrais-je être jalouse ?" Taquina gentiment la fille à lunettes.
Aoi ne se retourna même pas pour regarder sa moitié et changea de sujet : "On va avoir du mal à traiter de la partie nationale du journal sans information."
"Avec un peu de chance, la tour de relais sera réparée avant la prochaine édition. Mais je comprends ton inquiétude. Je ne m'attendais pas à ce qu'un hélicoptère s'écrase dessus. La moitié de l'île dont l'école dépendait de cette tour de relais autant pour le réseau téléphonique que pour internet."
"Pas de radio, pas de téléphone. Il faudra peut-être qu'on aille en ville pour prendre des nouvelles du monde."
"Imagine, on rate l'accord de paix entre Israël et la Palestine !"
"Pire, un concert improvisé de The 's !"
"Au moins, on évite les spoilers sur la sortie du dernier épisode de Game of Thrones." Plaisanta légèrement Chi.
"Et si on avait raté la fin du monde..."
"Ah ah ! On aurait entendu parler de la fin du monde, quand même." Répondit Chi.
Et le silence s'installait. Et dura. Chi observa sa petite-amie immobile, les yeux rivés sur ce qu'elle voyait à travers son appareil photo.
"Aoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?" Tenta-t-elle, sans recevoir de réponse.
"Tu as trouvé le parking secret de Natsuki dans la forêt ?! Elle est en train de se déshabiller ?" S'écria Chi. Peu d'événements arrivait à rendre muette sa petite-amie.
Rationnellement, le pourcentage d'un tel évènement était faible mais elles traquaient Natsuki depuis plusieurs semaines pour leur cliente. Chi n'allait pas laisser sa moitié, son ange tombait sous le charme de leur camarade rebelle. Certainement pas sans elle.
La journaliste jalouse piqua l'objectif et chercha la personne qui attirait tant l'attention de son ange. Elle tomba sur le Vice-Président du Conseil des Élèves qui courrait à toute vitesse vers l'église avec Tâte à ses trousses. D'autres membres du Club de Kendo semblaient essayer de tous s'engouffrer en même temps dans le dojo, un peu plus loin. De l'autre côté du bâtiment, le professeur célèbre pour sa coiffure Afro semblait menacer un élève couvert de rouge avec une truelle.
Un peu bizarre pour un matin de vacances à l'école, mais leur institut n'était pas vraiment "banal" pour commencer. Puis elle tomba une scène plus dérangeante, et une autre, et une autre.
Sans savoir pourquoi, aussi silencieusement que Aoi, elle observa un jeune élève aux cheveux verts. Il donna un coup avec une branche sur un autre élève. Le coup sembla puissant et la victime tomba par terre, l'os sortant du bras. Et la victime se releva maladroitement, toujours un peu vouté. Elle lança ses deux bras en avant vers son agresseur et ouvrit la bouche pour hurler, mordre ? Le garçon armé de sa branche se prépara et donna un autre coup circulaire dans la tête de son adversaire. La tête de ce dernier fit un tour complet sur elle-même avant que son corps ne tombe pas terre. L'assaillant s'approcha du cadavre et se mit à le frappait encore en encore.
Puis le cadavre se jeta sur son pied et le mordit sauvagement, prenant une bonne bouché de son mollet au passage. Le garçon à la branche tomba, chercha à se défaire mais une autre élève arriva par derrière et le mordit au cou. Le sang jaillit et s'arrêta brièvement quand l'élève reprit une bouché de son encas.
C'était la fin du monde, pensa Chi.
"ENFIN ! UNE APOCALYPSE ZOMBIE !" S'écria une voix lointaine familière avec enthousiasme.
Au moins, Aoi n'était pas tombé sous le charme de Natsuki.
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"Attend, attend, tu n'as rien entendu ?" Demanda une voix étouffée.
"Kazuya, on est déjà en retard pour la session de rattrapage. Est-ce que c'est vraiment important ou on peut reprendre où on s'est arrêté ?" Répliqua Akane d'une voix languissante.
"En y réfléchissant bien, peu m'importe." Répondit prestement le garçon, éteignant d'une main la lumière du placard de l'école, remettant son autre main au travail tandis qu'il déposa délicatement un baiser dans le cou de sa chère et tendre.
