Coucou !
Voici la suite... Petit chapitre moins osé que le précédent mais suggestif quand même alors âmes sensibles s'abstenir !
Pour être honnête, ce n'est pas le chapitre que j'ai eu le plus de facilité à écrire... Je suis donc moyennement convaincu résultat.
A vous de juger !
Chapitre 8: Irruption
Ce fut à cet instant qu'il se décida à faire une entrée remarquée. Malgré mon esprit embrouillé, j'entendis les portes de mon logement s'ouvrir et se refermer avec fracas. D'abord, celle du couloir donnant sur ma chambre puis celle de la salle de bain. Je me doutais bien qu'à une heure aussi avancée de la nuit, cela ne pouvait être que lui. Personne d'autre n'aurait eu l'audace de pénétrer ainsi chez moi, sans y avoir était expressément invité, de peur de finir grillé.
Ces derniers temps, malgré toute l'énergie que j'employais à la dissimuler, il avait dû ressentir ma détresse. Mais, il lui était encore impossible d'en sonder la profondeur. Sans doute avait-il voulu passer pour me proposer de sortir afin de m'offrir la possibilité de me changer les idées et me donner l'occasion de me confier un peu sur mon mal être ? Hughes avait toujours eu une certaine habileté à décrypter les comportements et les sentiments humains...
Sa violente intrusion dans mes quartiers n'était pas difficile à comprendre. Le connaissant, il avait dû longuement frappé, à ma porte. Dans un premier temps, n'ayant aucune réponse, il avait, sans doute, insisté plus bruyamment en tentant de m'appeler. N'obtenant pas meilleurs résultats, il s'était sûrement imaginé le pire et il s'était décidé à forcer ma serrure puis à enfoncer le battant. En trouvant la chambre plongée dans le noir et en entendant l'eau couler, il s'était alors rué dans la salle de bain. Pour ma part, en percevant toute cette agitation, je n'étais parvenu qu'à me recroqueviller sur moi-même, dans un ultime sursaut de dignité...
En pénétrant dans la pièce, il avait très certainement constaté de petites tâches écarlates qui jonchaient le sol carrelé, partant du lavabo jusqu'à la douche, l'amenant à distinguer, à travers le rideau translucide, le sang mêlé à l'eau et ma position regroupée. Je l'ai alors entendu paniquer en lâchant quelques jurons de circonstance et en se saisissant de quelque chose, dans sa précipitation. Sans sommation, il avait vigoureusement tiré le tissu qui obstruait sa vision. Ce fut à cet instant que nos regards se croisèrent: j'étais pétri de honte tandis qu'il était en proie à une profonde colère, malgré le soulagement, qui transparaissait dans ses yeux, de me découvrir encore en vie, à cet instant.
Sans un mot, il coupa l'eau de la douche, s'agenouilla et m'arracha violemment le rasoir des mains. D'un geste assuré, il tailla, à l'aide de la lame effilée, une longue bande, dans la serviette éponge, avant de le balancer, furieusement, à travers la salle de bain. Avec le morceau de coton, il commença à m'enlacer fermement le poignet. Arrivé au bout, il fit un noeud qu'il serra, avec un peu trop d'ardeur, sans pouvoir s'empêcher de me lancer un reproche, teinté d'humour noir. D'un ton chargé d'ironie, il m'avait ainsi affirmé que les armes blanches n'étaient définitivement pas ma spécialité car malgré le tranchant du fil, je n'avais même pas été "fichu" de me taillader proprement les veines. Heureusement, malgré l'abondance du sang au premiers abords, il m'annonça que la blessure n'était que superficielle. Néanmoins, il avait froidement ajouté, en me fusillant du regard, que si cela avait été lui, il ne se serait sûrement pas manqué... Je tressaillis vivement à cette idée et tentai de bredouiller de piteuses excuses qui n'eurent pour effet que d'accroître davantage son ressentiment à mon égard, si cela était encore possible.
Face à tant d'animosité, son regard s'attelant toujours à me foudroyer sur place tandis qu'il tenait fermement mon poignet bandé, je posai, sans permission, dans un geste d'apaisement, ma main libre sur son cou, plaquant lentement mon front contre le sien. Nous restâmes ainsi un long moment, sans bouger, les yeux fermés, à sonder l'autre entre rancœur et désespoir. Après quelques minutes, il se décida enfin à répondre à mon geste, en posant à son tour, ses mains sur ma nuque, en la massant rageusement entre ses doigts. J'ouvris alors les yeux et face à ses lèvres entrouvertes, d'où s'échappait son souffle chaud et chaotique, je ne pus réprimer bien longtemps mon envie folle de l'embrasser, de nouveau, pour me sentir vivant, comme lorsque nous étions seuls, dans l'enfer du désert d'Ishbal.
Sans pour autant rompre le contact, il détourna soudain son visage du mien. Je savais pertinemment qu'il avait compris mes intentions mais je ne pouvais ignorer le conflit qui faisait rage dans son cœur : il pouvait s'empêcher de penser à elle, à sa bienaimée, la si douce et si jolie Gracia... Devait-il résister ou bien céder à cette immonde pulsion, dont j'étais la cause ? Même si cela me coûtait de l'admettre, j'avais bien trop de respect pour lui et pour son couple pour le contraindre à quoique ce soit... L'instant sembla durer une éternité, comme suspendu à sa simple décision ; et soudain, sans vraiment que je puisse m'y attendre, il plaqua violemment sa bouche contre la mienne, me repoussant brutalement contre le mur en faïence. Furieusement, sa langue tenta de forcer le passage de mes lèvres, que je finis par ouvrir, sans véritable résistance. Instinctivement, ses mains se placèrent fermement de chaque côté de mon visage, les pouces verrouillés sur mes joues, comme pour me couper toute retraite. Toutes ces précautions étaient bien inutiles car je n'avais nullement l'intention de fuir. A ce moment-là, je ne pouvais que l'admettre : j'en crevais autant d'envie que lui sinon plus encore qu'on se retrouve ainsi.
Finalement à bout de souffle, je rompis moi-même le baiser, me dégageant patiemment de sa fébrile étreinte. Il me laissa faire en embrassant affectueusement mon front. Alors, nous nous lovâmes tendrement dans les bras l'un de l'autre, ma tête sous son menton, mon oreille contre sa poitrine, dans laquelle je pouvais entendre battre rageusement son cœur. Au fil des minutes, sa respiration et son pouls s'apaisèrent même si une certaine tension continuait de parcourir tous les muscles de son corps, toujours en alerte après ce qui venait de se produire. Il m'avait tellement manqué et je lui avais fait si peur...
Guidé par le désir, je ne pu retenir ma main qui s'immisça lentement sous sa veste et sa chemise. Dans un réflexe très vif, il me saisit le poignet, m'interdisant ainsi l'accès à sa peau brûlante. Nos yeux se croisèrent de nouveau. Les siens me parurent suppliant, comme s'il comptait sur ma volonté pour mettre un terme à ce jeu dangereux, auquel il ne pouvait que succomber. Malheureusement, contrairement à lui, je n'avais pas cette force de caractère qui m'aurait permis de rebrousser chemin. Il avait lancé les hostilités. Je ne pouvais plus faire machine arrière. Je lui jetai alors un regard bienveillant, pour le rassurer, tout en m'approchant de son oreille où je murmurai bientôt des paroles apaisantes. Rapidement, je ne pus lutter davantage contre l'envie de titiller son lobe avec mes lèvres ou avec ma langue car je savais qu'il ne serait pas en mesure de résister bien longtemps à cet assaut déloyal. D'un ton presque implorant, il murmura mon prénom en me demandant d'arrêter. Mais je sentais bien que sous mes mains, son corps me répondait tout l'inverse
Nu, à genoux, mes jambes en appui de part et d'autre des siennes, mes lèvres poursuivirent lentement leur chemin le long de sa peau. D'abord son oreille, puis l'angle saillant de sa mâchoire jusqu'à sa gorge. Aucune parcelle de son corps n'allait être épargnée par mes langoureux baisers. Savourant son manque de réactivité, j'en profitais pour lui ôter sa veste et sa chemise, tout en l'embrassant, de nouveau, à pleine bouche. Paresseusement, je sentais ses grandes mains caresser mon dos, m'autorisant à poursuivre plus en profondeur, ma douce exploration.
Lorsqu'au bord de l'asphyxie, il libéra précipitamment ses lèvres, je repris volontiers ma descente, en laissant glisser ma langue de sa lèvre inférieure, puis le long de son cou jusqu'à ses pectoraux bien dessinés. Alors, je m'attaquais avidement à ses mamelons : les embrassant, les caressant avec ma langue ou avec mes doigts au grès de mes envies et surtout au grès de ses réactions. Subissant mes gestes, il haletait et gémissait en tentant par tous les moyens de se contenir, en vain. Il semblait totalement s'abandonner même s'il avait tenté de raffermir sa prise sur mes reins. Sans me faire prier d'avantage, je poursuivis mon chemin langoureux jusqu'à son nombril où je me fis un plaisir d'en faire lascivement le tour. Mes mains sur son bassin, ses doigts avaient quitté mes reins pour se perdre dans mes cheveux. Tout en continuant à effleurer son ombilic, mes doigts commencèrent à migrer vers son bas ventre, jouant avec l'élastique de son pantalon et de son caleçon. Son uniforme trempé, rendu moulant par l'eau, commençait véritablement à être trop étroit pour son entre-jambe.
Ne voulant pas abdiqué aussi facilement, il reprit brutalement l'initiative en me repoussant pour me remettre gentiment à ma place. Avec un sourire en coin, il se redressa, me dominant ainsi de toute sa hauteur, ôta tranquillement ses derniers vêtements humides qu'il jeta négligemment dans la salle de bain, comme pour nous mettre sur un pied d'égalité. Puis il remit la douche en route, me tendant une main pour m'inviter à me relever. La suite se passera bien de commentaire. Lentement mais surement, nos corps se retrouvèrent pour ne former plus qu'un sous le jet d'eau chaude, devenue réconfortante, comme si pour une fois, elle acceptait enfin de laver au fur et à mesure nos pêchés d'antan et ceux liés à cette nouvelle nuit d'amour interdit.
Nos désirs enfin assouvis, dans les bras l'un de l'autre, nous restâmes ainsi, un long moment à profiter de la chaleur de la douche et de la douce torpeur qui anesthésiaient nos cerveaux las.
Cette fois, c'est publié ! Enfin !
Vivement le prochain et à la revoyure !
