Bonjour à tous !
Avec un peu de retard, je fête ma première année d'écriture sur ce site et je suis toujours là...
Sérieusement, je ne l'aurais jamais cru, moi qui ne suis pas d'un naturel très assidu quand je me lance dans ce genre de projet. Je dois bien l'avouer, je suis le premier à en être surpris... Pourvu que cela dure !
Merci à tous ceux qui prennent le temps de me lire et aux plus hardis qui me laissent des messages ! Même si ce n'est pas sur cette fic, je tenais à remercier Bibou, pour sa review et JennaLovely (que je ne peux pas contacter, hélas !)... En espérant que d'autres feront de même !
Bon revenons à ce qui nous intéresse... A la base, ce chapitre était le début d'un autre qui devenait monstrueusement long... Pour que cela soit plus équilibré, j'ai décidé de le couper !
J'espère que vous m'en voudrez pas...
En attendant, bonne lecture !
Chapitre 10 : Froides retrouvailles
Aussi rapidement qu'ils étaient arrivés, les intempéries avaient fini par se dissiper, laissant la lumière de la lune reprendre ses droits sur la ville de Central. A cet instant, j'eus une tendre pensée pour mon équipe : Havoc, Breda, Fuery, Falman, sans oublier les frères Elric et, bien sûr, mon ange gardien, mon œil du faucon, mon éternel bras droit devenu mon épouse... Sans tout ce beau monde, je ne serais sûrement plus là à l'heure actuelle, ne parvenant par conséquent jamais au sommet de l'échiquier.
Que dire de Hughes, dans toute cette histoire ? Il avait été, simultanément, un ami plus que fidèle, un frère d'arme loyal, un de mes plus fervents soutiens, un amant passionné, mon agent de l'ombre, celui qui avait su prendre des risques pour m'apporter les informations essentielles, au moment crucial. Il m'avait protégé à sa façon, le payant très cher...
« Hughes ? » L'appelai-je, alors, en détournant mon visage, submergé par une vive émotion.
« Qu'y a-t-il Roy ? » Me répondit-il, inquiet.
« Est-ce que tu m'en veux ? » Lui demandai-je, douloureusement, la voix légèrement étranglée.
« Sincèrement comment le pourrais-je ? Tu es allé jusqu'au bout... Tu as atteint les objectifs que tu t'étais fixé ; en allant au-delà de ce que chacun aurait pu attendre de toi... » Tenta-t-il vainement de me réconforter.
« Mais à quel prix... » Soufflai-je, avec amertume.
Désarçonné par ma remarque, il me lança un regard interrogateur que je perçus du coin de l'œil.
« Je t'ai perdu... » Lâchai-je durement. « Je n'ai pas su être là, lorsque tu avais besoin de moi... » Une goutte traitresse roula le long de ma joue pour achever sa course en s'écrasant lourdement sur ma main, me rappelant, malgré moi, cette funèbre journée du passé.
« Roy... » Murmura-t-il, sensible à ma peine. « En temps de guerre, même avec la meilleure volonté qu'il soit, il est impossible de sauver tout le monde. J'ai fait mes propres choix et je les assume pleinement, sans le moindre regret. J'estime avoir rempli la mission qui m'avait été confiée, en ayant fait, le moment venu, ce qu'il y avait à faire... Eh, mon frère, regarde-moi ! »
Manquant cruellement d'assurance, je dirigeai de nouveau mes yeux, probablement rougis par mes larmes silencieuses vers son visage doux, empli de bienveillance.
« Tu me connais... » Sourit-il tristement. « C'est plus fort que moi. Lorsque j'ai une piste, je ne peux pas la lâcher : Cette fois-là n'a pas dérogé à la règle... Mon seul remord est de ne pas avoir vécu plus longtemps auprès des miens : les deux femmes de ma vie et toi, bien sûr. Nous le savions, tous, dès le début, en nous engageant : dans tout combat, quel qu'il soit, il y a des pertes, des dommages collatéraux... Roy, on peut rien obtenir sans sacrifice. »
« Je le sais... » Admis-je, péniblement, mon poing se crispant sur le tissu de ma veste, au niveau de ma poitrine endolorie. « Mais c'est dur à avaler ! Pour être honnête, je n'ai jamais vraiment su comment accepter ton départ... Si tu voyais comme ça me ronge de l'intérieur ! Malgré tout ce temps écoulé, cela reste douloureux... Pour Gracia... Pour Elysia... »
« Roy ! Il faut cesser de te torturer ainsi... » Me coupa-t-il abruptement, en repositionnant nerveusement, du bout des doigts, ses lunettes sur son nez. « Elles ne t'en veulent pas non plus ! Ni à toi, ni à Edward, d'ailleurs ! Elles sont plutôt fières de moi et de ce que j'ai pu accomplir. Elles savaient, mieux que quiconque, quelle tête de mule je pouvais être et ce que j'étais prêt à faire lorsqu'une cause me semblait juste... En ce qui les concerne, tu as, là aussi, largement tenu ta promesse. »
Toujours aussi tourmenté par les assauts du passé, ma conscience s'égara, se perdant progressivement dans les limbes sombres de ces événements poignants, me laissant un air abattu. Bien vite, il s'en rendit compte et me dit simplement.
« Rappelle-toi ce qu'on s'est dit lors de mon mariage...»
Étrangement, ces simples mots permirent aux souvenirs évoqués de refaire surface sur-le-champ, chassant de ma mémoire mes pensées déprimantes. Ces derniers me revinrent aussi clairement que s'ils avaient eu lieu la veille...
Étant une circonstance particulière, les haut-gradés de Central avaient estimé qu'il n'était pas aberrant d'offrir au personnel concerné une demi-journée de congés pour se rendre au mariage de l'un des leurs. Ayant eu, en plus, l'honneur d'avoir été choisi comme témoin, le Général Grumman m'autorisa à quitter le bureau deux jours avant la cérémonie et de ne rentrer que le lendemain des festivités, à la seule condition que les affaires courantes ainsi que les dossiers urgents soient traités et classés. Mon Sous-Lieutenant avait fait le nécessaire pour que le travail soit irréprochable. Bien évidemment, je savais que je pouvais compter sur elle, en mon absence, pour tenir les délais, tout en gérant notre fière équipe.
La veille des festivités, Hughes était venu me récupérer, en fin d'après-midi, à la gare de Central et nous avions, ensemble, rejoint l'aile dédiée aux visiteurs, au Quartier Général. Nous avions pris le temps de nous installer, chacun dans notre chambre, toutes deux spécialement réservées pour l'occasion mais qui étaient néanmoins voisines. Mon frère d'arme n'avait pas souhaité rester chez lui, afin de ne pas voir sa merveilleuse épouse dans la robe de sa vie, car comme le disait l'adage, cela portait malheur. Ce soir-là, nous avions presque été irréprochables malgré les trop nombreuses tentations qui auraient pu faire basculer cette soirée critique.
Profitant d'une douce fin de journée annonçant l'arrivée prochaine de l'été, nous avions dîné en terrasse, comme les deux amis que nous étions, sous un chaleureux soleil, trinquant, un peu hypocritement, à l'heureux tournant qu'allait prendre sa vie. Lorsque nous achevâmes finalement notre repas, le soleil n'était pas encore tout à fait couché. D'un commun accord, nous décidâmes de ne pas rentrer immédiatement : nous n'étions pas vraiment pressés de voir cet agréable moment se terminer aussi rapidement. Nous voulions profiter encore un peu des lumières crépusculaires, en déambulant dans les rues piétonnes de Central. Marchant côte à côte, nous n'avions pas besoin de nous parler pour savourer pleinement la compagnie que nous nous offrions mutuellement ; nos corps et nos mains se frôlant subtilement, de temps en temps, comme pour nous rappeler notre réel attachement l'un envers l'autre.
Sans nous en rendre véritablement compte, la nuit finit par tomber ; l'astre nocturne nous escortant vers l'un des nombreux espaces verts que pouvait offrir la capitale d'Amestris. A cette heure-ci, l'endroit était calme, totalement désert. L'atmosphère apaisante des arbres plantés au milieu des parterres de fleurs odorants, éclairés par la pleine lune, renforçait la sensation sécurisante de bien-être qui, progressivement, nous enveloppait. Protégés par une certaine obscurité et par notre solitude, faisant mine de rien, Hughes passa son bras au-dessus de mes épaules, pour me rapprocher de lui. Pour répondre à son geste affectueux, je glissais, à mon tour, ma main dans son dos, tout en enserrant légèrement sa taille. Ainsi, nous passions pour deux joyeux lurons ayant peut-être un peu trop bu, même si c'était loin d'être le cas...
Un des sentiers du parc nous mena dans un espace clos, où se trouvait un banc, entouré de buissons, à l'abri des regards indiscrets. Je ne lui laissai pas le loisir de s'asseoir, le prenant impérieusement dans mes bras, pour une étreinte qui trahissait la multitude de sentiments que j'éprouvais pour lui, à cet instant. Sans se faire prier, il répondit à mon besoin de chaleur en m'enlaçant et en frottant affectueusement mon dos avec ses grandes mains, tout en posant son menton sur mes cheveux.
D'une voix quasi inaudible, je lui avouai qu'il m'avait cruellement manqué, ces derniers temps. Dans un petit sourire, il me répondit que c'était réciproque, en déposant un tendre baiser sur mon front. Je redressais alors la tête, cherchant avidement ses lèvres qu'il m'offrit, sans hésitation. Nous nous embrassâmes ainsi un long moment, appréciant encore un peu plus, nos retrouvailles. Soudain, un long frisson parcourut l'ensemble de mon corps : l'humidité ambiante qui grevait lentement l'atmosphère eut en fin de compte raison de moi.
Plaçant chacune de ses paumes sur mes joues, il rompit délicatement notre langoureux échange, en posant ses pouces sur mes lèvres. Puis, il me demanda, dans un murmure, si j'avais froid. Honteusement, je ne pus qu'acquiescer en hochant timidement la tête, ce qui le fit sourire encore un peu plus.
« Et si on rentrait ? » A nouveau, silencieusement, j'approuvais la proposition. Bras dessus, bras dessous, nous quittâmes, à regret ce petit havre de tranquillité, pour rejoindre l'agitation des rues piétonnes. A quelques mètres de la grille en fer forgée marquant la sortie, nous nous lâchâmes, en nous replaçant l'un à côté de l'autre, jusqu'à atteindre le QG puis le couloir où se trouvaient nos chambres.
Devant nos portes respectives, chacun muni de nos clés, je ne pus m'abstenir de lui lancer un regard contrit, à la dérobée. Face à sa mine rayonnante, je ressentis un vif pincement au cœur car il n'était pas difficile d'imaginer ce que mon frère d'arme pouvait précisément avoir en tête, à cette heure de la nuit. Tentant de demeurer impassible pour préserver les apparences, au prix d'un couteux effort, je lui souhaitais une bonne soirée et pénétrais dans ma chambre, en refermant un peu trop rapidement le battant. Je fis quelques pas, dans l'obscurité, en direction de la patère, pour saisir les crochets de celle-ci, en posant ma tête endolorie sur le mur. Hughes ne semblait pas avoir encore réagi, cloué sur place par la surprise... Aucun mouvement, aucun son ne me parvenait ni du couloir ni de la pièce voisine. Seul un rai de lumière filtrait vers moi. Quand la minuterie s'interrompit finalement, je fermais les yeux, retenant péniblement ma respiration chaotique. Bientôt, une porte grinça : je sus immédiatement que ce n'était pas la sienne. Très vite, il me trouva malgré le manque de clarté, m'enlaçant possessivement la taille, tout en posant sa tête sur mon épaule.
Incapable de bouger ou de parler, nous restâmes ainsi un long moment, attendant que l'autre se décide enfin à prendre l'initiative. Ne voyant rien venir, je lâchai donc les porte-manteaux, plaçant lentement mes mains sur les siennes. En effleurant patiemment sa peau du bout des doigts, je l'encourageais à relâcher doucement son étreinte pour que je puisse lui faire face. Passant mes bras sous les siens, mes paumes dans son dos, je posais alors mon front conte le sien pour lui murmurer :
« Hughes... »
« Roy, appelle-moi par mon prénom s'il te plaît... » Me coupa-t-il avec une froide exaspération.
« Maes... Tu sais que ce n'est pas sérieux. » Tentai-je calmement de le raisonner.
« Qu'est-ce qui n'est pas sérieux ? » Marmonna-t-il, morne.
« Maes, tu te maries demain... » Soupirai-je sans réelle conviction.
« Et tu crois que je ne suis pas au courant ! » Lâcha-t-il sèchement, complètement désabusé.
« On ne peut pas faire ça à Gracia... » Osai-je en désespoir de cause.
« Depuis quand tu te préoccupes d'elle ? » Répondit Hughes rageusement. « Et qu'est-ce qui te dis que je n'en ai pas envie ? »
Face à ce pique d'agressivité, je repris de plus belle : « Ne compte pas sur moi pour faire de toi un mari adultère la veille de ton mariage ! Je te connais trop bien... Tu culpabiliserais et, face à l'agent de l'état civil, tu serais rongé par les regrets... Notre situation est déjà bien assez complexe comme ça... Inutile d'en ajouter davantage ! »
Mon ton s'était voulu dur voire terriblement glacial car il ne m'en avait guère laissé le choix. Je savais pertinemment que je l'avais profondément blessé mais c'était pour la bonne cause. J'étais convaincu qu'il finirait par comprendre la portée de mon attitude et l'effort que cela m'avait coûté. Sans un mot, il desserra son étreinte, tourna les talons pour quitter ma chambre en regagnant rapidement la sienne d'un pas lourd, sa porte se fermant, dans un claquement sec, trahissant son aigreur.
De nouveau seul, dans cet espace clos, je me débarrassais hâtivement de mes vêtements superflus, me laissant ensuite négligemment tomber sur le matelas, recouvrant, sans attendre, avec les draps, mon corps frissonnant. Ainsi, couché dans ce grand lit, vide et froid, une boule douloureusement vint sournoisement prendre possession de ma gorge, tandis que mes pensées étaient totalement tournées vers lui, esseulé, dans son carré, tout comme moi. Cette nuit ne m'apporta aucun apaisement, torturé par l'insomnie renforçant mon sentiment de solitude...
La suite devrait être plus palpitante...
A la revoyure !
