Chapitre 08
Je vous demande pardon
Severus se rendit dans la bibliothèque, la colère l'habitant. Il ne savait même pas comment il avait pu croire en elle. Elle n'était qu'une gamine. Une impertinente gamine qu'il supportait malgré lui. Ce n'était pas comme si il avait le choix. Il ouvrit la porte de ce lieu de culture un peu trop fort au goût de la responsable, qui ne se priva pas de soupirer avant de le regarder sévèrement. Il n'y prêta pas attention. Il ne tenta même pas de paraître désolé. Non, il n'en avait que faire de ses humeurs.
Il sentait sa poitrine tressauter sous les battements effrénés de son cœur. Il jeta son sac et se posa sur un siège, s'y affalant plus qu'autre chose.
« – Sevy ? Je ne savais pas que tu pouvais t'avachir en public, commenta la rousse de sa vie en s'asseyant à ses côtés.
Elle semblait chargée, plus que d'habitude. Elle transportait deux sacs.
– Je suis humain, répondit-il simplement. Pourquoi es-tu si chargée ? l'interrogea-t-il.
Elle posa un regard sur le sac supplémentaire qu'elle portait et répondit.
– Ah ça ? C'est le sac de Yulia. Elle n'a pas eu le temps de le prendre avec elle lorsque Malfoy l'a tiré à l'extérieur.
– Yulia ? Tu l'appelles par son prénom ?
– Oui. Nous avons eu l'occasion de parler. C'est une fille vraiment intéressante. Je n'avais jamais trouvé une personne aussi cultivée que…
– Que toi ? Compléta-t-il en observant le rougissement de gêne prendre possession du visage de son amie.
– Oui… J'espère qu'il ne lui est rien arrivé…
– C'est une grande fille, elle saura gérer un Malfoy en chaleur, lâcha-t-il nonchalamment.
– Un Malfoy en chaleur ? Je dirais plutôt qu'elle fait face à sa colère ! Il était furieux. J'en ai eu des frissons dans le dos. Il l'a attrapé si soudainement. Je t'assure qu'il ne lui a pas laissé le choix avant de l'emmener. Ça ne m'étonnerait même pas qu'elle garde une marque de sa poigne. » raconta-t-elle, inquiète.
Le brun se redressa, surpris. Elle avait eu des problèmes avec Malfoy ? Mais pourquoi elle ne lui avait rien dit ? Il aurait pu l'aider, se dit-il avant de réaliser que c'était exactement ce qu'elle avait fait. Elle s'était jetée sur lui telle une bouée de sauvetage en le voyant pour s'extirper du blond. Et lui l'avait laissé, seule. Il se leva d'un bond, agrippa le sac de Hermione et partit comme une furie. Il devait la retrouver et l'aider. Pourquoi était-il parti comme ça ?!
Il traversa les couloirs, paniqué. Il était responsable d'elle et lui n'avait rien trouvé de mieux que la laisser à la merci d'un futur mangemort ! Il connaissait Lucius depuis longtemps et savait qu'il avait tendance à être effrayant lorsqu'il perdait ses moyens. Il devait l'arrêter avant qu'il ne commette l'irréparable. Il retourna là où il les avait laissé et ne fut pas surpris de retrouver un couloir vide. Il se dirigea vers leur salle commune, augmentant le rythme de sa course. Il n'avait rien à faire de ce que pourraient penser les autres élèves en le voyant dans cet état. Il n'avait qu'une seule pensée : la retrouver le plus vite possible.
Il donna le mot de passe au tableau gardien qui le laissa entrer bien trop lentement à son goût, marmonnant des reproches. Il se plongea dans la salle et retrouva son objectif assise sur un des canapés, le visage quelque peu blême. Par Merlin. Que s'était-il passé ? Il la rejoignit en quelques pas et fut silencieux un instant. Maintenant qu'elle était devant lui, il ne savait pas quoi dire ou quoi faire. Comment réagir ? S'excuser ? Impossible ! Il n'était pas du genre à...demander pardon. Peu importait ce qu'il ferait, il ne pouvait pas le faire dans leur salle commune. Il lui attrapa le bras et l'obligea à le suivre. Il sentait qu'elle se débattait quelque peu mais avec beaucoup moins de fougue qu'il aurait pensé. Il trouva une salle vide mais ne lâcha toujours pas le poignet. Il l'observa et à travers ses doigts écartés, constata en effet des marques de doigts. D'autres doigts que les siens. Ceux de Lucius. Lily n'avait pas exagéré la situation.
La culpabilité engloutit son cœur. Il était responsable de cette situation. Avant qu'il n'ait pu prendre la parole, la jeune fille tira son poignet vers elle, l'arrachant de la poigne relâchée de Severus. Elle le ramena contre sa poitrine et le cacha de son autre main. Il avait la vague impression qu'elle tremblait. La terrible question tournait en boucle dans la tête du maître de potion.
« – Ecoute Yulia je… je tiens à te demander pardon pour t'avoir laissé seule avec Lucius. Je n'aurai pas dû mais…
– Mais vous pensiez que je fricotais avec lui, compléta-t-elle avec amertume.
Il se retint de reprendre son ton déplacé. Il savait qu'il l'avait mérité. Il nota pourtant le retour au vouvoiement. Il ne l'avoua pas, mais il fut quelque peu blessé.
– Oui, lâcha-t-il entre ses dents serrées.
– Si c'est tout ce que vous aviez besoin de me dire, je vais vous laisser.
Quelque chose n'allait pas. Il le savait. Elle avait perdu de sa fougue. Elle ne le tutoyait même plus alors qu'elle avait mis un point d'honneur à le faire. Il sentait comme une barrière les séparant. Et il prenait conscience qu'il l'avait construite à l'insu de la jeune fille. Il se plaça devant la porte, l'empêchant de partir.
– Je n'ai pas fini de parler, précisa-t-il.
– Qu'auriez-vous à rajouter ? C'est déjà exceptionnel que vous vous soyez excusé, je n'ai rien de plus à attendre.
– Que t'a-t-il fait ?
– Je ne vois pas de quoi vous parlez.
– Lucius, insista-t-il en ignorant la tentative d'esquive, que t'a-t-il fait pour que tu sois ainsi ?
– Je ne…
– Et ne me dis pas que tu ne vois pas de quoi je veux parler, parce que c'est faux. Tu avais le regard perdu lorsque je t'ai trouvé dans la salle commune. Lily m'a dit que Lucius était furieux. Que s'est-il passé ?
– Rien. Je l'ai juste remis à sa place lorsqu'il s'évertuait à appeler Lily sang de bourbe, l'informa-t-elle d'un air détaché.
Il savait que ce n'était pas tout. Il y avait quelque chose d'autre. Il lui prit ses épaules et planta son regard dans le sien.
– Écoute. Mon comportement de tout à l'heure était inadmissible. Je n'aurai pas dû te laisser seule avec lui alors que tu m'avais clairement montré que mon arrivée était une chance pour toi de t'en échapper. Mais, comprends que je souhaite uniquement t'aider. Alors dis-moi ce qu'il s'est passé.
Elle soutint son regard. Non, elle ne lui raconterait jamais ça. Elle passait déjà assez pour une personne inutile dans leur mission. Quelle image aurait-il d'elle après cela ?
Flash-back
Elle regardait le dos de Severus, dépitée. Elle se sentait mal suite à ce contact poussé qu'avait eu Lucius. Il était trop fasciné par ce rôle qu'elle jouait pour son propre bien. Il la regardait avec tant d'envie et d'admiration. Elle se dégoûtait. Comment allait-elle pouvoir garder ce jeu d'acteur ? Elle sentit la main dériver vers son épaule, la faisant se retourner. Elle reprit un regard calculateur, rentrant dans son personnage.
« – Il faut que je t'avoue quelque chose, souffla-t-il dans son cou.
Il s'était déjà autant rapproché ? Qu'allait-il lui dire ? Elle appréhendait la réponse.
– Qu'est-ce donc ? Réagit-elle.
– Tu me dis que tu suis notre philosophie et j'en suis heureux.
Elle ne se sentait pas bien. Cette conversation, elle voulait la fuir.
– Tout sang pur qui se respecte devrait la suivre. Ce n'est rien d'extraordinaire, répondit-elle d'un ton posé.
– Je suis d'accord avec toi.
Ouf ! Elle allait en réchapper. Alors qu'elle fut sur le point de partir, elle sentit la main raffermir sa prise, la maintenant sur place.
– Et pourtant, j'aimerais que tu m'expliques quelque chose, reprit-il d'une voix emprunte d'une curiosité inquiétante.
Non. Elle n'avait rien évité du tout. Il plongea son regard dans le sien, sans hésiter. Elle devait le tenir, ne pas le détourner.
– Une rumeur circule dans les rangs. Une rumeur qui est arrivée jusqu'aux oreilles de mon père.
Une rumeur ? Très bien, cela sentait vraiment pas bon pour elle.
– Il est dit que l'héritière Tolstoï est de nouveau en Angleterre. Et le Seigneur des Ténèbres a été très intéressé par cette nouvelle.
Le fait d'attiser la curiosité de Voldemort n'était pas pour lui plaire, loin de là. Elle se retint de reculer sous l'horreur de la nouvelle. Elle le darda pourtant d'un regard qui se voulait impatient, un sourcil haussé.
– Orion Black est chargé de récolter des informations sur toi. Il doit savoir des choses te concernant. A savoir, pourquoi tu serais revenu ici ? commença-t-il son interrogatoire en mordillant la peau de son cou.
Ces simples mots figèrent d'effroi Hermione. Elle se crispa. Il se passait réellement ce qu'elle craignait. Il s'était collé à elle, la jaugeant du regard.
– Pourquoi ta famille a disparu pendant tout ce temps ? Reprit-il en léchant sa nuque jusqu'à sa mâchoire qu'il redessina de sa langue.
Elle ne supporta pas ce geste qu'elle tenta de stopper en le repoussant de son bras. Mais c'était peine perdue. Il attrapa ce bras, la retourna brutalement, la collant au mur et le maintint dans son dos avant de coller son bassin au sien. Elle sentait une forme rebondie et dure se frotter contre le haut de sa cuisse. Elle fut horrifiée.
– Pourquoi la seule héritière de cette famille n'a pas déjà contacté le Seigneur des Ténèbres pour mettre à profit sa fortune et ses compétences ? Continua-t-il d'une voix plus rauque.
Elle tenta de s'extirper de sa poigne mais fut juste d'autant plus plaquée contre le mur. Une main sur sa hanche l'obligea quelque peu à se cambrer, offrant une vision délicieuse pour le blond qui se retenait à grande peine de ne pas la prendre à même ce couloir. Elle freina ses tremblements. Elle devait rester dans son rôle de femme forte et intouchable. Elle devait rester dans son rôle. Son rôle. Elle se répétait ces mots dans sa tête afin d'échapper à la dure réalité : elle risquait de se faire violer.
Elle devait réagir et tout de suite ! Elle tourna la tête, assez pour plonger son regard acier dans celui de Malfoy qui avait les pupilles dilatées par l'excitation. Ce regard hautain ne l'aidait pas. Il devenait encore plus fou de désir pour elle. Cette femme si parfaite.
– Lâche-moi, prononça-t-elle de la voix la plus assurée possible.
Ce léger trouble dans sa voix fit trembler le blond. Il avait réussi à l'atteindre. Il le savait. Ils le savaient tous les deux. Et lui-même réalisait la détresse dans laquelle elle se trouvait. Elle était gagnée par la peur. Et il était celui qui maîtrisait la situation. C'était grisant. Il posa sa main sur sa tête, attrapant ses cheveux, tirant dessus afin de rapprocher leurs visages. Leurs souffles ne faisaient plus qu'un par cette proximité imposée. Elle sentit sa hanche être fermement maintenue, préparant un lent va-et-vient du blond vers son entrejambe. Elle entendit la fermeture de son pantalon se baisser, ne laissant que la fine couche de son boxer séparer son envie brûlante de sa peau. C'était trop. Elle devait se reprendre.
Toute conscience s'enfuit lorsqu'elle sentit des doigts frais se plonger dans sa chemise, arrachant certains boutons sur leur passage pour se glisser vicieusement dans son soutien gorge. Le bout d'un doigt seulement frôla cette zone jusqu'alors jamais touchée. Elle s'arqua sous la surprise, laissant un gémissement franchir la barrière de ses lèvres. Un frisson incontrôlable la traversa. Qu'est-ce que c'était ?! Le doigt fut enhardi par cette réaction et s'aventura plus franchement sur la douceur de son téton, titillant et pinçant le bout sans honte. Elle se mordit les lèvres, se cambrant un peu plus sans s'en rendre compte. Par Merlin, que lui prenait-il ?!
Un coup de langue dans sa nuque l'électrisa sur place, laissant de nouveau un gémissement s'échapper. Celui-ci était plus long, voir même quémandeur. Elle sentit sa jupe être soulevée et la main la tenant par la hanche claqua sa fesse dans un son indécent qui se répercuta dans les couloirs. Un frottement appuyé de Lucius contre sa croupe la fit soupirer. Soupirer d'impatience. La honte n'avait même pas le temps d'agripper son cœur, que son corps si sensible prenait le dessus et envoyait au loin toute dignité ou timidité. Seules les sensations nouvelles qui la traversaient comptaient.
Et pourtant...Que ferait-elle si ils étaient surpris ?
Elle souffla, reprenant ses moyens difficilement par ces coups de butoirs qui se faisaient de plus en plus brutaux. Elle entendait son souffle erratique plonger dans ses oreilles dans un souffle brûlant. Elle serra les dents, son visage crispé. Elle y était presque. Elle sentit son doigt frôler le bois de sa baguette. Une bouffée d'espoir et sans s'en rendre compte elle se détendit l'ombre d'un instant. Cela n'échappa pas au blond qui malgré son état des plus animal, capta ce changement, et comprit rapidement ce que cela impliquait : elle pensait pouvoir se défaire de sa poigne.
Alors qu'elle allait refermer sa main sur sa baguette, son poignet fut saisi et ramené dans son dos. Elle n'avait plus aucune main de libre. Les coups de butoirs s'étaient stoppés. Une langue mutine lui lécha l'oreille, récoltant avec un certain plaisir les gouttes de sueur traîtresse de son état.
– Que pensais-tu faire ma petite sorcière ? Ronronna-t-il, taquin.
– C'est évident pourtant : te castrer pour cet affront que tu me fais subir, réussit-elle à répondre.
– Un affront ? s'étrangla le blond.
Il était abasourdi. Cet échange des plus excitant, qualifié d'affront… Plus d'une tuerait pour ne serait-ce que recevoir un regard de lui. Et elle, elle qui avait toute son attention, ses désirs et son corps parfait, estimait que c'en était un affront…
La main sur sa hanche dériva sur son entrejambe et la frôla d'un doigté expert. Un nouveau gémissement, bestial. Son visage jusque là écrasé de nouveau contre le mur, se tourna vers celui de son agresseur. Pouvait-elle encore le considérer ainsi au vu de la réaction de son propre corps ? Elle y vit Lucius, le visage quelque peu en sueur, le corps tendu et une expression appelant à la luxure même. Ce regard brûlant qu'il posait sur elle la dévorait sur place. Mais malgré tout, sa conscience prit le dessus.
Voulait-elle vraiment que cela se passe ainsi ?
– Ça suffit ! Se prononça-t-elle d'une voix sévère, mais tellement rauque.
Il se stoppa de nouveau.
– Sais-tu combien de sorcière tuerait pour être à ta place ? s'insurgea-t-il.
– Je ne suis pas comme toutes les autres !
Cette réplique sembla faire reprendre ses esprits au Serpentard. Il fit un sourire et une expression plus douce remplaça celle du fauve en chasse. Il se retira avec douceur. Elle tomba au sol, prenant conscience du soutien qu'il lui apportait jusqu'à présent. Il l'admira. Oui, il était vrai qu'elle n'était pas comme les autres. Elle méritait mieux qu'une simple baise dans un couloir.
Elle n'eut pas le temps de se redresser qu'il plongea sur elle, la faisant coller son dos au mur.
– Tu dis que c'est un affront et pourtant...commença-t-il d'un regard dirigé dans le sien, et sans sourciller, il plongea une main dans sa culotte, récoltant du bout des doigts ce qu'il désirait.
Elle s'était figée en sentant de nouveau cette main fraîche sur son intimité. Mais le contact fut rapide. Il présenta ses doigts, les mettant entre eux, à la porté du regard. Ce qu'elle y vit la déstabilisa. Ils étaient trempés d'une liquide transparent et luisant.
– Et pourtant, tu mouilles à l'idée que je te prenne dans ce couloir, comme les autres, conclut-il avant de finalement plonger ses doigts souillés entre ses lèvres, la goûtant avec délice sous les yeux ébahis de la brune.
Cette vision était des plus hallucinante mais surtout, une des plus érotique qui lui avait été donné de voir. Il avait fermé à demi ses yeux, preuve du réel plaisir qu'il retirait à goûter ce nectar. Elle voyait sa langue lécher avec passion ses phalanges. Il les retira finalement, propre de toute preuve, et plongea sur ses lèvres sans prévenir. Le baiser était violent, possessif et surtout, d'une saveur qu'elle ne se connaissait pas : la sienne. Tout se stoppa aussi brutalement.
– N'oublie pas : tu es à moi. » déclara-t-il d'une voix mielleuse avant de se relever et de repartir comme si de rien n'était.
Elle aurait pu lui lancer un sort à ce moment là. Elle aurait pu mais… C'était comme déclarer forfait et avouer qu'elle avait peur de lui. Elle ne pouvait pas… Elle regarda ses mains qui tremblaient. Et pourtant, elle avait peur. Peur de ce qui aurait pu se passer. Elle restait une femme qui malgré toute la confiance et sensualité qu'elle dégageait, était innocente et vierge de cet univers là. Elle n'avait jamais partagé cette intimité avec un homme. Elle n'en était que plus déboussolée.
Mais comment avait-elle pu réagir ainsi ? Elle avait été prête pendant un moment à se donner à lui… ?! Elle se dégoûtait.
Elle lança un sort d'une main tremblante, remettant de l'ordre dans sa tenue débraillée. Elle se dirigea naturellement vers sa salle commune, se plongeant dans un livre en tentant de passer outre cet épisode traumatisant et humiliant.
Fin Flash-back
Elle devait rester forte. Il ne s'était rien passé de trop grave. Ce n'était que les prémisses d'un viol et rien de plus. C'était elle qui dramatisait tout. Elle savait qu'il aurait juste fallu qu'elle lui montre ouvertement qu'il ne lui intéressait pas. Il aurait laissé tomber, n'est-ce pas...? Pourquoi devrait-elle aller en parler à son professeur ?
Elle le toisa du regard, croisant les bras.
« – Je vous demanderai de ne pas insister. Je n'ai rien à vous dire de plus, professeur, rétorqua-t-elle en insistant bien sur le titre de sa profession.
Cela jeta un froid à Severus qui semblait avoir écopé d'une gifle monumentale. Ah, elle voulait jouer à la grande ? Très bien. Qu'elle se débrouille alors. Il lui renvoya un regard méprisant digne de ses plus grands jours.
– Je vois que vous n'avez en effet pas besoin de mon aide. Si tel est votre souhait, débrouillez-vous. Mais ne revenez pas me réclamer mon aide, précisa-t-il impitoyablement. »
Cette déclaration ébranla quelque peu les convictions de Hermione. Et si la prochaine fois elle ne s'en sortait pas aussi bien ? Pouvait-elle se permettre de se passer de son aide ? Elle n'eut pas le temps d'y penser plus qu'il la laissa en plan, perdue, après avoir jeté son sac à ses pieds. Avait-elle fait le bon choix ?
Ils déboulèrent sans aucune classe dans la salle, se poussant presque pour être le premier arrivé. Cette vision révolta le maître des lieux qui n'en croyait pas ses yeux. Ses subalternes étaient comparables à des enfants. Il leur lança un Doloris bien placé, les clouant au sol. Là où était leur place devant lui. Il prit un malin plaisir à les regarder se tortiller tel des vers de terre. Il concéda de les laisser respirer après d'interminables minutes.
« – J'espère pour vous que vous avez une bonne raison pour me déranger ainsi, intervint-il sans leur laisser le temps de reprendre leur souffle.
– Oui..M..mmon..sei..gneur, prononça difficilement l'un des deux.
– Alors ? J'attends.
– Nous avons..des informations...sur Tolstoï, réussit-il à répondre en se pressant sous l'impatience de son maître.
– Lesquelles ?
Il n'osait pas se l'avouer mais sa curiosité était piquée au vif. Depuis que cette rumeur s'était répandue, il entendait de nombreuses légendes sur cette famille. Elle était dépeinte comme étant parfaite, influente et très puissante. Tout ce qu'il souhaitait avoir à ses côtés. Et on lui servait une jeune héritière sur un plateau d'argent. Quoi de mieux ? Les jeunes étaient facilement influençables, manipulables. Sans parler du fait qu'elle ne tiendrait pas longtemps devant son charme fou. Attrait dont il ne s'en cachait pas, bien au contraire. Il en avait joué pour rassembler ses premiers partisans et en jouait encore aujourd'hui. Que serait une adolescente de plus à charmer ? Rien du tout.
– Il dit savoir qui elle est.
De quoi parlaient-ils ? Il savait parfaitement qui elle était. Ce n'était pas nouveau ça.
– Rassurez-moi. Vous n'êtes pas venu jusqu'ici uniquement pour me dire ça ?
– Maître, IL dit qu'il sait qui elle est. Cela veut dire qu'on ne sait pas tout.
C'était...évident certes. Il était conscient de ne pas tout savoir sur la jeune fille. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'il avait donné une mission à Orion. Il se prit l'arête de son nez entre ses doigts, tentant de garder son calme. Pourquoi récoltait-il des idiots pareil ?
– De qui parles-tu ?
– Du premier prisonnier, répondit le plus petit des deux. »
Ce fait figea Voldemort. Avait-il bien entendu ? Serait-il possible qu'ils soient liés ? L'information le frappa. Sans se contrôler, il se mit à rire. Il ne l'avait pas encore rencontré mais cette femme savait attiser sa curiosité à son paroxysme. Il ignora totalement ses sous-fifres et se dirigea vers les cachots d'un pas assuré. Il démêlerait le vrai du faux lui-même.
Il descendit les escaliers humides et ses pas le menèrent jusqu'à la cellule qu'il cherchait. Il y vit cet homme qu'il avait admiré, mais dont il avait pris plaisir à dépasser, et totalement écraser par sa puissance. Il était le plus fort. Et cela commençait en réduisant au silence ce mage si célèbre. Ses cheveux étaient longs dans son dos, ondulant légèrement et laissaient deviner une couleur blonde sous la crasse les recouvrant. Il plongea son regard dans les lagons dorées de son interlocuteur. Il portait des guenilles montrant un corps amaigri par de nombreuses années de repas restreints. Et malgré tout, il restait un bel homme. On savait qu'il était beau. Cet homme qui était tout ce qu'il tentait de ne pas devenir. Pourquoi ? Car sa déchéance était due à une seule et unique chose : l'amour.
Ce stupide sentiment l'avait détruit. Il n'était plus que l'ombre de lui-même, en quête d'il ne savait quoi. Ce fut à ce moment là qu'il comprit que le pouvoir, le vrai, se faisait sans amour. Et il s'y tiendrait. Car il ne voulait pas devenir comme lui.
« – Gellert Grindelwald, souffla-t-il »
