En raison de ma rentrée, je vous mets deux chapitres à la suite ( précisons également que je les trouve assez courts tous les deux, alors prenez-les comme un long chapitre ;D)
Je ne sais pas si ma reprise va me permettre de publier aussi régulièrement mais je ferais au mieux pour que cela reste ainsi.
Merci pour toutes les personnes me laissant des reviews, même un simple mot me fait très plaisir et me donne toujours autant de motivation à continuer cette fanfiction.
Bonne lecture à tous.
Chapitre 11
Nous sommes une famille
Il passa la porte de son manoir, non sans bousculer son petit frère qui le regardait dédaigneusement. Avec un rictus sur le visage, il renversa sa valise d'un coup de pied, la faisant tomber dans la neige. Il ricana et entra avec un dernier regard moqueur pour celui qui partageait son sang. Celui-ci fut aidé par son père d'un coup de baguette qui lui posa ensuite une main sur l'épaule en soutien. Il était dur pour lui parfois de supporter les humeurs de son grand frère.
Ils entrèrent à leur tour, accueilli par la chaleur apaisante de la bâtisse. Un elfe de maison se précipita à leurs pieds, les soulageant de tous désagréments. Ils n'accordèrent même pas un regard à cette pauvre créature et jetèrent presque leurs manteaux. Ils s'installèrent dans le salon, enveloppés par la douce odeur sucrée du thé et des pâtisseries qui les attendaient.
« – Mes garçons, je souhaiterais que vous montiez passer une tenue plus appropriée pour le repas de ce soir, lâcha Orion, un regard désapprobateur sur leurs vêtements.
– Pourquoi donc ? s'enquit à demander Sirius qui comptait passer sa soirée dans sa chambre.
– Nous avons un invité important. Je ne tolérerai en aucun cas que vous donniez une mauvaise image de vous. Vous représenterez un jour notre famille et il est de votre devoir de savoir rester noble en toutes circonstances, expliqua-t-il calmement. »
Sirius rechigna à cette idée. L'idée de passer un repas hypocrite aux longues conversations ennuyeuses n'était pas les critères d'un bon repas à ses yeux. Et pourtant, il savait qu'il n'avait pas le choix. Regulus hocha la tête. Protester n'aurait rien changé.
Il ne leur en fallut pas plus pour monter dans leur chambre respective. Sirius claqua plus qu'il ne ferma sa porte. La mort de sa mère avait apaisé l'ambiance lourde de leur vie, mais il restait des événements de ce type qui lui rappelait le fait qu'ils étaient une famille de sang-pur, avec un statut social à maintenir dans ce monde de faux-semblants. Malgré tout, il reconnaissait que son père leur imposait rarement ces moments déplaisants et pour ça, il ferait l'effort d'être parfaitement présentable pour l'invité de son père.
Orion de son côté se massait nerveusement la nuque. Il ne se réjouissait pas non plus de ce repas qui ne tarderait pas à se produire. Il se rappela les conditions qui y amenèrent.
Flash-Back
Il se tenait à son bureau, signant et lisant distraitement son courrier lorsqu'il sentit son avant bras brûler. Le maître requérait sa présence. Sans perdre plus de temps, il transplana à l'entrée du manoir Serpentard et passa les hautes grilles qui le protégeaient. Il lui fallut peu de temps pour se retrouver aux pieds du Seigneur des Ténèbres qui, d'une manière charmante, l'accueillit d'un Doloris.
« – Tu sais pertinemment mon ami, que je n'aime pas attendre. Pourquoi prends-tu donc autant de temps ?
Son ami en question se redressa difficilement après cet accueil des plus piquant.
– Pardonnez-moi maître. Je serais plus rapide la prochaine fois, assura-t-il sans faiblir.
– Je l'espère pour toi. Je t'ai fais venir dans l'espoir que tu aies de nouvelles informations à me livrer sur Miss Tolstoï.
– Je n'ai pas de réelles informations sur elle, commença-t-il. Cependant, reprit-il en voyant déjà la baguette de son maître se repointer vers lui, mon fils détient des informations sur elle. Il m'a avoué qu'elle s'était déjà confié à lui sur son passé en Russie.
Cela suffit à stopper le mouvement. Celui-ci se transforma, passant langoureusement ses doigts sur les lignes de sa mâchoire. Il paraissait pensif.
– Ton fils n'est-il pas pourtant à Gryffondor ?
– Oui. Mais il a développé un certain intérêt pour elle, et il est assez persistant, expliqua le paternel.
Voldemort fit un sourire narquois.
– Très bien, alors je te verrais ce soir chez toi.
Ces mots firent blêmir le Lord.
– Maître ?
– Il me semble que c'est ce soir que tes fils rentrent de Poudlard. Je pourrais m'entretenir avec ton aîné.
Il se retint de trembler d'appréhension. Il allait imposer la présence du Seigneur à ses enfants.
– Y aurait-il un problème Orion ? Demanda son maître en constatant son manque de réaction.
– Non mon seigneur. Cela sera un honneur pour nous de vous accueillir dans notre humble demeure.
– Je préfère, lâcha t-il sombrement. J'arriverai pour le repas à 19 heures. Tu peux disposer. »
Il ne fallut pas le dire deux fois à Orion qui quitta la pièce non sans empressement. Comment allait-il leur annoncer ?
Fin Flash-Back
Il ne leur avait finalement rien dit. C'était lâche de sa part mais comment aurait-il fait pour l'annoncer ? Surtout à Sirius qui méprisait tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à la magie noire. Leurs relations s'étaient apaisées car il pensait au fond que son père pourrait se détourner d'un maître auquel il accordait peu d'importance. Mais c'était se fourvoyer que de penser ainsi.
Jamais il ne pourrait tourner le dos à Voldemort. Il n'avait pas l'âme assez courageuse pour ne serait-ce que l'imaginer.
Il guetta les aiguilles de l'horloge et avala difficilement lorsque 19 heures sonna en même temps que sa porte d'entrée. Le Seigneur aimait être ponctuel apparemment. L'elfe de maison se pressa d'aller ouvrir et s'agenouilla en constatant la présence écrasante du Mage noir. Orion s'agenouilla également jusqu'à ce qu'il ait la permission de se relever. Il conduisit son maître jusqu'au petit salon. Celui-ci le suivit sans un mot et regarda avec contentement la décoration du manoir.
Le Lord somma à un elfe d'aller chercher ses fils. Il s'installa lui-même dans un fauteuil face à Voldemort. Il se tenait droit, imperturbable mais au fond, il était prêt à exploser. Ses enfants le rejoignirent et se présentèrent avec élégance, notamment Sirius, qui faisait honneur à son rang sous le regard appréciateur de son père.
Orion se réjouissait du fait que l'apparence du Seigneur des Ténèbres soit connu de peu de personnes. Ainsi, sa progéniture n'avait pas conscience de l'homme qui leur faisait face.
« – Tu dois être fier de tes enfants Orion. Ils sont magnifiques, commenta le mage noir.
En effet, il n'avait pas à se plaindre du physique de ses fils. Ils avaient tout deux un regard bleu aux teintes grises, des cheveux ondulants délicatement sur leurs épaules. L'un arborait des cheveux d'un noir profond alors que l'aîné les avait d'un brun chocolaté. Ils étaient tous deux grands, aux épaules larges et au torse bien formé. Le sport avait réussi à en faire deux hommes bien bâtis. Les adolescents se retinrent de sourire, appréciant le compliment.
– Oui, je dois dire que je suis réellement fier d'eux. Je sais qu'ils ne feront pas honte à notre famille, affirma le maître de maison.
Sirius fut profondément touché par ces mots qui semblaient sincères.
– Passons à table si vous le voulez bien, reprit-il.
Ils furent installés sur une longue table richement décorée aux mets fumant délicieusement. Le repas fut d'abord silencieux, voire tendu. L'atmosphère fut brisée par la voix chantante du Seigneur des Ténèbres qui s'adressa à Sirius.
– J'ai cru comprendre que vous étiez à Gryffondor et que vos talents en tant que gardien faisait souvent gagner votre équipe au Quidditch.
– Il est vrai que je réussis à limiter les dégâts mais tout le mérite revient à James en tant qu'attrapeur.
– Vous voulez parler de James Potter ?
– Tout à fait. Vous devriez venir voir un de nos matchs. Vous seriez surpris de son talent. Il a réellement le niveau pour jouer chez les professionnels, clama-t-il avec confiance.
Orion se tendit. La proposition innocente de son fils avait crée une image mentale assez irréelle. Imaginer le seigneur dans une estrade entouré de Dumbledore avec ses bonbons au citron et son éternel bras droit Mcgonagall.
– Cela serait avec plaisir, mais je suis rarement disponible, répondit-il poliment.
– C'est dommage.
– Connaissez-vous Miss Tolstoï ? se lança-t-il enfin.
Le sujet était mis sur le tapis. Sirius sursauta à l'entente de ce nom. Il ne s'y était pas attendu.
– En effet… C'est une de vos connaissances ?
– Non, mais cela ne devrait pas tarder à changer, répondit-il mystérieusement.
Cette réponse mit presque mal à l'aise le jeune homme. Il ne saurait l'expliquer mais la lueur qu'il vit dans ses yeux lorsqu'il répondit, lui coupa brièvement la respiration. Il vit l'homme se lever, contournant la table pour finalement lui faire face. Sirius fut crispé, ne comprenant pas ce revirement de situation.
– Vous êtes proches tous les deux ? Demanda-t-il tout en se penchant vers lui, rapprochant son visage à celui du plus jeune.
N'avait-il pas depuis un moment dépassé les limites de son espace personnel ? Il fut surpris du manque de réaction de son père. Il semblait presque résigné. Son frère par contre s'offusqua de ce comportement et sembla pour Sirius qu'il tenait à présent sa baguette dans sa main sous la table. Il éprouva un sentiment de gratitude mais se concentra sur cet inconnu bien présomptueux. Il ne se démonta pas, soutenant le regard intense de l'homme, et bomba presque le torse pour garder constance. Par Merlin, il restait un Gryffondor!
– Je ne dirais pas que nous sommes proches. Mais il est arrivé que nous parlions d'expériences du passé, répondit-il sous le regard presque amusé du mage qui appréciait le courage dont faisait preuve l'adolescent.
– J'aimerais bien savoir ce qu'il en est, ajouta-t-il tout en lui attrapant le col de sa chemise, le ramenant plus proche encore de lui.
Ce geste eut le mérite de déstabiliser Sirius qui eut un mouvement de recul. Mais pour qui se prenait-il ?
– Je vous prierai de me lâcher, prononça-t-il de la voix la plus assurée qu'il pouvait.
– Il n'en sera rien. Et vous jeune homme, je vous conseille de relâcher cette baguette. Vous n'imaginez pas ce qu'il en coûte aux sorciers qui osent me menacer de leur baguette, qu'ils soient le fils ou non de la famille Black, prévint-il sans accorder un regard à Regulus qui s'était levé, prêt à défendre son frère de cet homme.
Le plus jeune lança un regard de détresse à son père, cherchant à connaître la démarche à suivre, et ce qu'il vit le désarma. Son père était résigné, docile à ce qui se passait. Mais comment cela pouvait se passer ainsi ?
– Baisse ta baguette, ordonna Orion.
– Père que vous arrive-t-il, je… !
– Je t'ai dis de baisser ta baguette ! N'ose pas me contredire !
Le sang-pur se crispa et la baissa tout en lançant un regard désolé à son frère. Mais celui-ci ne le vit même pas, bien trop occupé à défier ce regard qui devenait progressivement carmin sous ses yeux. Voldemort sourit, attrapa le menton du Gryffondor.
– Livre-moi tes secrets, souffla-t-il.
Et une douleur vive prit possession de Sirius qui avait l'impression que sa tête allait exploser. Sous les cris de son frère, Regulus tenta de nouveau de le défendre mais un regard de son père le retint. Comment pouvait-il laisser cet inconnu blesser son fils ? Pourquoi semblait-il soumis…? Et l'évidence le frappa avec horreur. Il regarda de nouveau cet invité, ces traits si parfaits et si nobles; cette aura si étouffante et ces yeux qui étaient devenus rouge. Il se trouvait en présence de Lord Voldemort. Il perdit des couleurs, s'écroulant presque au sol sous la puissance du choc. Son père avait invité ce psychopathe à manger chez eux ?!
Un sentiment de trahison envahit son cœur. Lui-même ne partageait pas les idées de ses parents mais n'avait jamais osé se rebeller comme son frère l'avait fait depuis tant d'années. Il n'avait pas comme projet d'avenir de se jeter aux pieds d'un homme qui souhaitait massacrer ses semblables. Et maintenant qu'il avait un avant goût du charisme et puissance du Maître, il redoutait le jour où son intérêt se tournerait sur lui. Il espérait même que ce jour n'arrive jamais. Mais il n'était pas assez naïf pour ne pas savoir que l'un des héritiers Black ne serait pas laissé de côté.
Malheureusement.
Il contempla impuissant son frère se faire broyer le cerveau par le Seigneur qui ravageait sans honte l'intimité des souvenirs de Sirius. Il vaguait de souvenir en souvenir, ne laissant rien de côté. Il arriva enfin à ce qui l'intéressait et siffla d'appréciation. La beauté de la jeune fille n'avait pas été surestimée. Elle dégageait vraiment quelque chose de spécial. Il étudia chaque parole, chaque geste, chaque regard de celle-ci. Tout se passait bien jusqu'à ce souvenir.
Il fronça les sourcils, perturbé par cet échange bref dans les couloirs de Poudlard plongé dans l'obscurité. Elle avait été prise de panique mais surtout, avait les réflexes d'une sorcière entraînée. Une sorcière ayant connu la guerre. Comment…? Et ce souvenir fut naturellement suivi par la conversation que le jeune Black eut avec son ami James. Les hypothèses qu'ils émirent bourdonnèrent dans les oreilles de Voldemort. Un viol. La précieuse héritière qu'il tentait de rallier à sa cause aurait été violé… ?!
Il se retira violemment de l'esprit de Sirius, le laissant tomber au sol, épuisé. Il n'en avait que faire. L'idée que quelqu'un l'ait touché le mettait dans une colère noire. On ne touchait pas impunément ce qui lui appartenait. Il se pencha de nouveau sur l'adolescent au bord de l'évanouissement.
– Dis-moi qui est proche d'elle à Poudlard.
– Je…
– Dis-le moi ou sinon je retourne dans ta tête pour trouver la réponse seul.
– Lu..Lucius Malfoy ! Se pressa-t-il de répondre, effrayé à l'idée que cette atroce douleur revienne.
Intéressant. Il se redressa, replaçant son costume. Il accorda un regard au Lord qui n'avait pas bougé mais dont les poings étaient serrés. Il devinait aisément qu'il se retenait à grande peine d'intervenir. Mais la peur faisait le reste. Il était pathétique.
– Je vais vous laisser Orion. J'ai déjà tout ce dont j'avais besoin. Prends soin de tes fils et assure-toi la prochaine fois qu'ils soient plus dociles à ma présence, lui suggéra-t-il d'une voix moqueuse qui laissait pourtant deviner la menace évidente. »
Il partit en glissant un regard au plus jeune qui avait les yeux baissés vers le sol. Pathétique. Il n'avait pas d'autre mot sur le bout de la langue. Avec un dernier rictus méprisant, il partit en laissant une famille brisée.
Orion se tourna vers eux, le regard dévasté par la culpabilité et la honte. Regulus le dévisageait sans retenue, montrant clairement le sentiment de trahison qu'il ressentait. Ne supportant plus de les voir ainsi, il prit sa baguette et fit ce qu'il pensait être le mieux.
« Oubliette »
Ses fils s'évanouirent, perdant les souvenirs de cette soirée. Souvenirs que lui, conserverait malheureusement.
Hermione était enveloppée dans une épaisse couverture dégageant une délicieuse odeur de vanille. Elle s'y pelotonna avec ravissement jusqu'au nez, son livre toujours en main. Elle avalait avec une telle facilité toutes les informations que renfermait ce livre. Une main se posa délicatement sur son épaule. Elle reconnut aisément Henriette qui à son tour, prit place sur le canapé. La jeune fille se colla instinctivement à elle, appréciant ces moments simples mais si réconfortants de la vie.
« – Que lisais-tu ? s'intéressa la plus âgée.
– Un livre sur la magie de l'esprit. J'ai le sentiment que je me retrouverais face à Voldemort et il est connu qu'il est un maître en légimencie. Je ne peux pas me permettre qu'il se délecte aussi facilement de mes pensées.
– Si il n'y a que ça, Charles est un fin Occlumens, l'informa t-elle sur le ton de la confidence.
– En effet, je pourrais vous aider, ajouta le principal concerné, non sans cacher son amusement devant la tentative de discrétion dont sa marraine fit usage.
– Oh mon cher, tu étais là ? Je ne t'avais pas remarqué, exprima-t-elle d'une moue qui se voulait innocente.
– Je n'en doute pas Henriette, répondit-il d'un ton léger.
Hermione ricana, rapidement suivie par les autres occupants.
– Pour revenir à notre sujet, je pourrais en effet vous aider Miss, reprit-il sérieusement.
– Combien fois devrais-je vous dire de m'appeler Hermione. Et j'apprécierai également que la barrière du vouvoiement soit levée. Nous sommes en famille, argumenta-t-elle.
Ces mots touchèrent le politicien qui eut un regard attendri pour ce petit bout de femme.
– Vous...Tu as raison Hermione, se reprit-il. Nous sommes en famille. »
Ravie que sa requête ait été entendu, elle s'enquit à le questionner sur l'art subtile de l'Occlumentie. Elle se devait de protéger son esprit. Il y répondit avec plaisir, montrant une certaine passion à cette pratique si peu maîtrisée.
« – Tu veux dire que c'est ainsi que tu as réussi à te projeter aussi facilement dans le monde de la politique ?
– Disons que l'Occlumentie m'a permis de protéger mes intérêts devant les rares personnes ayant la capacité de m'attaquer et j'ai usé à de nombreuses reprises à la Legimencie pour m'approprier des informations intéressantes, m'ouvrant des portes pourtant dites inaccessibles.
– Tu veux dire que tu leur as fait du chantage ?! Se scandalisa la jeune fille.
– Je n'irai pas jusque là. Mais il faut savoir que je n'en use que sur des personnes ayant à mes yeux, bien mérité un tel traitement. Le monde magique est bien aussi corrompu que celui des Moldus. Si tu ajoutes en plus la période si chaotique avec le Seigneur des Ténèbres, tu arrives dans une plate-forme composée de traîtrises, de mensonges, de suspicions et manipulations. Je ne fais que m'infiltrer dans ce nid de serpent pour mieux m'en protéger.
Elle ne retint pas la lueur de respect envahir son regard. Elle devait avouer qu'il dégageait vraiment quelque chose de perturbant. Henriette s'entourait vraiment de personnes très charismatiques. Tout comme elle, se fit-elle la réflexion.
– Pour bien commencer, je te conseillerai de pratiquer tous les soirs au moins une heure de méditation. Il faut maîtriser les méandres de son propre esprit pour pouvoir espérer protéger ou attaquer un esprit. Il faut en comprendre toutes les clés, toutes les faiblesses. Tu verras progressivement que tu pourras bien mieux maîtriser tes émotions et ainsi te dresser un meilleur bouclier devant tes ennemis. Faire transparaître uniquement les émotions que tu souhaites sur ton visage sera une première arme et protection, expliqua-t-il calmement.
– Je n'avais pas pensé que la méditation m'aiderait. Et pourtant, j'en aurais eu besoin avant, rajouta-t-elle plus pour elle-même.
– Je ne te cache pas que cela sera long et parfois dur à supporter, mais j'ai le sentiment que tu as une prédisposition à cette matière, la rassura-t-il. »
Ils échangèrent un sourire et l'heure du repas sonna. Ils furent rapidement rejoint par Albus, qui se fit un plaisir de prendre sa fille dans ses bras, qui ne se priva elle-même du contact.
« – Je ne savais pas que tu pourrais te libérer pour les fêtes, commença Henriette.
– Je tenais à vous faire une surprise, avoua-t-il de son éternel regard pétillant. »
Ils prirent place à table et des conversations légères et agréables emplirent les murs de ce manoir, qui encore quelques semaines de cela, était laissé à l'abandon. Le Lord Tolstoï se tenait à leurs côtés, les couvant d'un regard protecteur. Elle se rappelait encore la dernière fois qu'ils s'étaient vus Albus et lui, l'ambiance avait été des plus tendues. Le maître des lieux souhaitait avoir des réponses à ses questions mais avait consenti à laisser du temps au directeur qui semblait difficilement se confier sur ce passé douloureux. Et pourtant ce soir, elle capta le regard déterminé qu'il lançait au portrait.
C'était le soir des révélations.
« – Je vous prie de me pardonner Lord Tolstoï. Il m'a fallu du temps mais ce soir je vais vous dire tout ce que je sais sur la mort de Yelena. »
Cette annonce figea la salle dans un silence lourd. Matvei hocha simplement la tête, attendant patiemment que les réponses arrivent enfin.
La neige tombait à une allure douce et calme. Elle recouvrait à présent les branches des arbres, qui pour certaines, cédèrent sous le poids. Le sol également était envahi de cette matière si froide et blanche. Un homme y brisa l'uniformité, y laissant la trace de ses pas qui le menaient à la porte d'un riche manoir. Il n'eut nul besoin de frapper, qu'un elfe de maison lui ouvrit le passage après de multitudes courbettes.
Il s'engagea dans la maison et ouvrit d'une main assurée la porte de ce qui semblait être un bureau. Il s'y trouvait un homme blond devant avoir la quarantaine, se tenant à son bureau, un verre d'alcool en main. En prenant connaissance de la présence du nouveau venu, il en lâcha presque son verre et se redressa pressement. Il plongea presque face contre terre devant lui. L'homme à la lourde cape noire lui attribua un regard froid.
« – Mon cher Abraxas. Je souhaiterai m'entretenir avec ton fils, en privé, précisa-t-il d'une voix qui se faisait charmante mais qui laissait apercevoir des teintes inquiétantes. »
Malfoy retint son corps de se crisper. Que voulait le maître à son fils? Il convoqua un elfe de maison et le pria de faire venir Lucius. Le maître s'installa sur le fauteuil en cuir du bureau, ramenant ses deux mains sur ses genoux en une tenue parfaite. Il était beau et dangereusement intriguant. Abraxas se retira, et ressentit la terreur de perdre son enfant unique. Et pourtant, ce fut avec impuissance qu'il accéda à son salon.
