Chapitre 12
Elle est à moi
Albus prit une expression grave, son regard se perdant dans ses souvenirs.
« – Notre mariage avait déjà été annoncé. Nous devions nous unir éternellement le 01 Janvier, accueillant notre mariage comme chaque nouvelle année de bonheur que nous vivrions aux côtés l'un de l'autre, commença-t-il en étirant un sourire nostalgique.
Il y brûlait tellement d'amour que Hermione en fut déstabilisée. Était-ce réellement possible d'aimer aussi passionnément ? Un amour où l'un se sentait vide sans la présence de l'autre. L'idée d'être dépendante d'une personne à ce point l'effrayait presque. Éternellement condamnée à être liée à une autre vie que la sienne. C'était un fardeau qu'elle ne s'imaginait pas transporter à son tour. Et pourtant, si elle savait…
– Je voyais qu'elle agissait bizarrement. Elle cachait des sourires, semblait parfois stressée pour soudainement être euphorique. Elle pensait que je n'avais rien remarqué mais le moindre de ses changements d'humeur m'était perceptible. Et lorsque je lui ai demandé un jour ce qu'il lui arrivait, elle m'a fait un sourire mystérieux et m'a juste répondu que c'était une surprise qu'elle garderait secrète jusqu'à notre mariage. Cela m'a suffi à ne plus m'inquiéter et me concentrer sur les préparations. Je voulais lui offrir le mariage, le plus féerique et irréaliste de tous. Il devait être unique, tout comme l'amour que je lui porte.
La Gryffondor nota qu'il parlait de son amour au présent et non pas au passé. Elle constatait douloureusement qu'il l'aimait encore comme au premier jour. Comment pouvions-nous nous lancer consciemment dans une relation qui risquait de nous faire souffrir au point de nous faire perdre une partie de notre âme? Car seul un aveugle ne verrait pas la douleur dans chaque mot, chaque syllabe prononcée au souvenir de sa bien-aimée. Une partie de lui avait rejoint Yelena dans la mort.
– Mais tout changea ce soir là. Elle dégageait une aura sombre, et je la surprenais, la main sur son ventre, le regard perdu dans ses pensées. Ce n'était plus comme lors de ses petits changements d'humeur, c'était beaucoup plus inquiétant. Je l'ai obligé à me parler, à me dire ce qui la tracassait. Seul le nom de Gellert a passé ses lèvres. C'en fut assez pour moi et j'ai transplané jusqu'à celui que je considérais comme mon frère, comme celui qui me comprenait le mieux. Je me suis retrouvé à sa porte qu'il a ouvert à mon arrivée. Comme à son habitude, il avait senti mon aura et il m'a accueilli avec son éternel expression emplie de malice. Il était comme ça et j'avais depuis longtemps appris à l'apprécier comme il était.
Hermione se crispa. Leur pré-sentiment était peut-être justifié : Gellert Grindelwald était impliqué avec les conditions étranges de naissance de Henriette.
– Lorsque je lui ai demandé ce qu'il se passait avec Yelena, j'ai vu son visage changer. Il était haineux. Je ne l'avais jamais vu ainsi, et surtout pas à mon encontre. C'était comme une autre personne qui se trouvait devant moi. Il semblait presque avoir retirer un masque, pour ne laisser que du dégoût et de la haine pour moi. Je pense que ce sont ses mots qui m'ont le plus choqué. Tu pensais sincèrement que je te la laisserais ? Elle n'est et ne sera jamais faite pour toi. Elle mérite bien mieux, et ma douce sera bientôt à sa place.
Sa douce…? Ils semblèrent réaliser ce que cela impliquait.
– Il l'aimait ! Intervint la plus jeune dans une pulsion.
– Oui. Il l'aimait d'un amour dévorant, malsain. Il m'a alors dit combien elle ne me méritait pas, qu'elle serait malheureuse à mes côtés. Qu'elle ne brillerait pas comme elle le devrait… Je voyais cette lueur de folie dans son regard et comprenais maintenant que Yelena détourne ses yeux de moi lorsque je lui demandais des explications. Cet amour n'était que pure folie qui lui broyait toute logique. Rien n'avait plus de sens pour lui que d'être avec elle.
– Qu'as-tu fais ? Demanda d'une voix inquiétante le Lord qui se tordait les mains sous la colère sourde qui l'envahissait.
– Je l'ai sommé de ne plus s'approcher de nous et que notre amitié n'avait plus lieu d'être. Je ne pouvais accepter cela, surtout lorsque je sentais au fond de moi que cet amour était dangereux. Je pensais qu'il serait farouche à mon rejet mais il n'en a rien fait. Tout ce qu'il a trouvé à faire ça a été de me sourire, confiant et me dire simplement que son amour serait aussi éternel que la magie. Je l'ai laissé sur ces derniers mots et lorsque j'ai rejoint Yelena, elle était en larmes. C'était notre meilleur ami, notre confident. On perdait un être cher. Je n'ai eu que la force de la prendre dans mes bras, la laissant pleurer contre moi toute la nuit.
– Pourquoi n'as-tu pas réduit en charpie cet impertinent ! Explosa Matvei
– C'était mon ami, répondit-il d'un ton attristé.
Un ami qui convoitait sa femme. Un ami qui allait le trahir et lui enlever ce qui comptait le plus pour lui. Hermione en eut presque la nausée.
– J'ai écouté mon instinct et j'ai renforcé les protections autour de mon manoir. Yelena était la plupart du temps chez elle, en sécurité entre les murs du manoir Tolstoï mais elle venait souvent chez moi. Je ne pouvais pas prendre le risque qu'elle soit blessée. Je voyais qu'elle était triste et pourtant elle s'obligeait à sourire. Alors j'en ai fais de même, mettant de côté cette perte pour me concentrer sur notre bonheur commun. Mais si j'avais su…
Un silence se plaça. Ils étaient tous pendus à ses lèvres. Que s'était-il passé ?
– Je préparais le petit déjeuner, et un hibou s'est posé dans notre salon. Yelena s'est enquise à recueillir le courrier. J'ai entendu le hibou partir en quelques battements d'ailes mais un silence lourd s'était imposé. J'ai tout de suite compris que quelque chose n'allait pas. Lorsque je l'ai rejointe, la lettre se brûlait devant nos yeux, surpris pour moi et vide d'expression pour les siens. Elle était comme déconnectée. J'ai voulu la prendre dans mes bras mais elle m'a stoppé, posant une main douce sur ma joue. Je ne peux pas vous décrire le regard qu'elle m'a attribué. C'était si intense… J'y voyais de la tristesse, de la résignation mais ce qui surplombait cela était l'amour qu'elle me portait. Elle a fermé ses yeux et s'est approchée afin de m'embrasser. J'y ai répondu, me perdant dans cet échange et soudainement, dans un dernier effleurement, elle a transplané après m'avoir murmuré ces mots « Tout sera bientôt fini mon amour ». Ce sont ses derniers mots. Je ne l'ai plus jamais revu après ce jour.
Cela tomba lourdement dans leurs oreilles. Elle l'avait quitté suite à une lettre.
– Et tu n'as eu aucunes explications ?! s'étonna le Lord.
– De sa bouche ? Jamais. Mais de Gellert, j'en eu beaucoup. Il s'extasiait sur le fait qu'elle m'avait abandonné pour lui, qu'elle était sienne à présent. Tout cela par le biais de lettres. Je ne lui ai jamais fait face et ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Je cherchais par tous les moyens à le retrouver et à la revoir. Avoir le fin mot de l'histoire. Aucune doute ne me traversait sur le fait qu'elle m'aimait et qu'elle ne m'avait pas quitté pour Gellert. Rien n'aurait pu m'en dissuader. Plusieurs mois sont passés ainsi, sans résultat. Il était tel un fantôme qui faisait de plus en plus parler de lui et ses idées par ses fidèles qui s'accumulaient à une allure effrayante. Le grand mage noir Gellert Grindelwald, c'était ainsi qu'il se faisait connaître mais à aucun moment je n'ai réussi à le voir. Jusqu'au jour où, alors que je me battais dans un énième combat contre ses fidèles, il est apparu. La rage l'entourait. Il était tel une bête sauvage. Il s'est jeté sur moi. Je ne dois ma survie qu'à mon incroyable résistance. J'ai été sauvé de justesse, et ça a été le début de plusieurs rencontres toutes plus violentes les unes que les autres. Les années passèrent ainsi, prolongeant inlassablement cette guerre. Il n'était que violence et répétait sans cesse que c'était de ma faute sans jamais me dire pour quelle raison. Il se refusait à me répondre à propos de Yelena mais pas éternellement. Un jour, il a craqué, et m'a hurlé qu'elle était morte. Que plus jamais je ne pourrai la récupérer.
Ce furent les mots les plus difficiles à prononcer de toute son histoire. Ils en avaient tous conscience et attendirent patiemment qu'il ait la force de continuer.
– Il me jetait à la figure la mort de ma fiancée et osait m'en tenir rigueur. J'ai perdu le contrôle et ce fut ce jour adulé par beaucoup, que je le défis. Il était presque mort lorsqu'on m'obligea à me stopper. J'avais depuis un moment laissé tomber ma baguette pour le ruer de coups. Je sentais les os de ma main craquer sur son visage. Le visage de celui qui était un frère pour moi. Mais à cet instant, je n'avais qu'une seule chose en tête : qu'il souffre. Je n'avais plus conscience de ce qui m'entourait. La seule chose qui m'a fait me stopper, a été un sort qui m'a fait perdre conscience alors que j'étais sur le point de faire l'irréparable. J'allais prononcer le sort de la mort. Je pouvais déjà à cette époque le jeter sans baguette...avoua-t-il d'une voix brisée.
Henriette ne put se retenir plus longtemps et se jeta sur son père, le serrant contre sa poitrine. Elle en laissa elle-même les larmes couler. Au diable l'éducation noble et toutes les règles qui en découlaient, elle n'était plus qu'une enfant tentant désespéramment de soulager l'âme torturée de son père.
Hermione était secouée par cette histoire. Qu'est-ce qui avait pu pousser Yelena à abandonner sa famille pour rejoindre ce monstre ? Albus ne semblait pas en savoir plus, et les seuls en capacité de répondre à ces questions étaient Grindelwald et Yelena. Tous deux morts à sa connaissance. Le mystère douloureux allait-il rester, dévorant toujours plus sa famille ? Elle ne pouvait pas s'en contenter. Une solution se trouvait toujours dans toute situation. Elle en avait la conviction.
Ces révélations leur retournèrent le cœur. Des inconnus subsistaient et ils allaient devoir faire avec. La brune posa à son tour sa main sur celle de Albus et lui fit un sourire compatissant, lui apportant tout le soutien qu'elle pouvait lui donner.
Toc, toc. On tapait à la porte, d'une façon qui se voulait assurée. Une invitation à entrer fut émise d'une voix enchanteresse. L'invité se posta droit comme un piqué, le regard dirigé droit vers lui, sans émotion. Sans attendre, il se jeta au sol avec grâce, se mettant à genoux devant celui qui serait un jour son maître. Il entendit les pas de l'homme se rapprocher, signifiant que celui-ci s'était relevé de son fauteuil en velours rouge. Les pas se stoppèrent juste devant lui. Il pouvait sentir sa présence l'écraser littéralement. Ce ne fut que par un extraordinaire contrôle sur lui-même, qu'il ne s'était pas écrasé au sol telle la carpette qu'il était aux yeux de celui qui le surplombait. Le silence qui s'était installé rendait ce moment des plus inconfortable.
Il ne savait que penser de cette entrevue si précipitée. Son père avait bien prévu de le présenter au Seigneur des Ténèbres mais il pensait organiser cela à la fin de l'année, une fois sa 7e année de validée. Il n'avait donc pas eu le temps de se faire à l'idée qu'il se retrouvait aux pieds du plus grand et terrible sorcier. Son souffle se coupa dans sa gorge lorsqu'il sentit une main lui redressant délicatement le menton. Cela lui fit plonger son regard dans celui noir comme la nuit du plus âgé.
Son cœur en rata un battement. Il devait avouer ne jamais avoir vu un homme aussi beau. Il appréciait les formes féminines et n'avait jamais pris le temps d'observer les atouts des hommes à part les siens ; mais aujourd'hui, il sentait son corps réagir à celui si attractif de son maître. Il se voyait petit et insignifiant. Un être misérable qui tentait de survivre, attiré par les doux rayons de lumière dégagés par l'être supérieur qu'était Voldemort. Jamais il ne s'était senti ainsi et aurait torturé le premier ayant émis l'hypothèse qu'il puisse se sentir si insipide devant la beauté d'un autre. Et pourtant…
Une fine ligne s'étira sur le visage si parfait du mage noir. Un sourire froid, hautain, qui donna un frisson au Serpentard. Par Merlin, il en perdait la tête.
« – Je suis ravi de pouvoir enfin te rencontrer Lucius. Abraxas m'a souvent vanté tes qualités, s'exprima Voldemort en ne lâchant toujours pas le menton du blond qui réunit toutes ses forces afin que sa voix ne tremble pas.
– C'est un honneur pour moi de pouvoir vous rencontrer. Il me tardait de vous offrir mes loyaux services, répondit-il avec émotion.
Un petit ricanement lui répondit.
– Quelle dévotion, pointa le mage. J'aime ça, reprit-il tout en se redressant.
Il lui indiqua d'un mouvement de main d'en faire de même. Il lui tourna autour, lentement, langoureusement. Ses talons claquèrent sur le parquet, faisant sauter la poitrine du blond à chaque fois. Il était proie à la minutieuse observation du Seigneur des Ténèbres. Il attendait, n'initiant aucun geste afin de stopper ce qui se passait. Il attendait simplement, tentant de contrôler les battements de son cœur.
– Connais-tu Yulia Tolstoï ? Lui chuchota-t-il à son oreille d'une voix rauque.
Salazar ! La question le prit de court. Mais pourquoi était-il étonné ? Il avait appris par son père qu'il en faisait presque une obsession. Il la voulait dans ses rangs, d'une manière ou d'une autre. Étant son camarade de classe, il n'était pas surprenant qu'il souhaite avoir des informations par lui. Il se reprit.
– Oui mon Seigneur.
– Comment est-elle ?
– Magnifique, avoua-t-il sans réfléchir.
C'était la première pensée qu'il avait eu et avait parlé sans retenue.
– Vraiment ? Un Malfoy qui trouve un être magnifique en dehors de lui-même, lâcha-t-il avec un brin de moquerie.
Il ne répondit pas, sachant pertinemment qu'il n'était pas conseillé de répliquer.
– Pourquoi l'est-elle ? Reprit-il.
– Elle a un physique ensorcelant, et un esprit combatif que l'on souhaite dompter. Elle vous fait retourner vos sens de son parfum si délicat, et sa voix semble ronronner lorsque son esprit rebelle prend le dessus. Elle est magnifique en tous points, s'ouvrit sans honte le Serpentard.
Il estimait qu'il valait mieux être le plus honnête possible. Il n'y avait pas de place à la honte ou aux propos déplacés. Ce n'était que la stricte vérité. Cette réponse sembla le satisfaire et même attiser encore plus si c'était possible, sa curiosité. Il s'arrêta devant lui, et plongea de nouveau son regard dans le sien, penchant son visage.
Leurs souffles se mêlaient par cette proximité indécente. Lucius était submergé par ces sensations grisantes et fut enveloppé par le parfum fruité de son maître.
– Montre-la moi, ordonna-t-il.
Le plus jeune n'eut pas le temps de comprendre comment il pourrait faire cela, qu'il sentit une intrusion dans son esprit. Il avait déjà expérimenté cela, son père l'ayant initié aux arts de l'esprit. Il baissa ses pauvres barrières, tentant de montrer ainsi sa soumission. Voldemort apprécia l'attention et lui caressa le visage.
– C'est cela, laisse-toi faire, l'encouragea-t-il.
Et c'est ainsi que le mage noir se plongea dans ses souvenirs et la vit à travers le regard de Lucius. Il la vit sous son esprit rebelle, son regard défiant quiconque d'oser la contredire, son rictus moqueur et hautain. Il la vit charmer ces pauvres Gryffondors, de ses mouvements si lents et langoureux. C'était si obscène cette façon qu'elle avait de rouler les hanches. Il la vit chuchotant d'une voix lascive. Il la vit un sourire doux, presque maternel se poser sur lui, son visage illuminant le reste de la pièce. Il la vit concentrée sur son livre, ses sourcils légèrement froncés, un crayon mordillé d'agacement. Et surtout, il la vit, collée à un mur, les fesses cambrées, le corps crispé et le visage à la fois horrifié et empourpré par les folles sensations ressenties. Elle était magnifique. Pourtant, à défaut de lui plaire, cette vision lui broya le cœur de jalousie.
Elle était sienne.
Il se retira brutalement de l'esprit de Lucius qui soufflait bruyamment. Il avait souffert de ce retrait.
– J'ai appris que tu souhaitais te marier à elle, commença le Seigneur d'une voix qui se voulait légère.
– En effet. Je souhaitais ainsi la ramener dans vos rangs à travers notre mariage, confessa-t-il avec dévotion.
Ce n'était pas tout à fait les seules raisons qui le motivaient, mais il se gardait bien d'en rajouter plus.
– J'ai pourtant l'impression que ce n'est pas la seule raison, pointa Voldemort d'une voix sévère.
Il n'eut pas le temps de répondre, qu'une poigne ferme le redressa et le projeta contre le mur. Son souffle se coupa sous la douleur. Il avait sûrement une ou deux côtes de brisées. La poigne reprit de plus belle, et il tomba sur un regard à présent carmin. Ils n'étaient que colère froide et tremblante.
Qu'avait-il vu pour réagir ainsi ?
– Lucius, aimes-tu la dominer ?
Par Merlin oui ! Il ne répondit pas pourtant. Il sentait que sa vie ne tenait à plus grand-chose. Ses poignets furent réunis et amenés au-dessus de sa tête, retenue en une main.
– Tu aimes te servir de ces mains et tu penses pouvoir la dominer par la force. Et pourtant, regarde avec quelle facilité je te maîtrise. Aimerais-tu aussi que je te domine ? Susurra-t-il à son oreille.
Un tremblement le traversa à cette optique. Il était à la fois effrayé et excité. L'autre main encore libre se posa au niveau de son entrejambe, y posant une poigne ferme et assurée.
– Tu aimerais la combler de ton sexe dont tu es si fier. Je pourrais te mettre à quatre pattes sur le sol telle une chienne et te prouver que tu n'as rien dans le pantalon en comparaison à ce qui te déchirerait les chaires, reprit-il en mordillant le lobe de son oreille.
Lucius sentit son membre durcir, de façon incontrôlable. Son maître savait dans quel état il était et sentait la preuve sous sa main.
– Tu veux la dominer mais il faut que tu comprennes Lucius. . .Qui domine, déclara-t-il d'une voix chaude en appuyant chaque mot. A genoux, souffla-t-il autoritairement.
Le plus jeune s'exécuta sans réfléchir. Son corps avait réagi seul. Lorsqu'il releva le regard, il tomba sur un membre gorgé de sang semblant si doux et si dure.
– Suces-moi Lucius.
Le blond tendit sa bouche, sortant timidement sa langue. Il n'avait jamais fait cela et ne pensait pas à avoir le faire un jour. Il devrait se sentir honteux mais il n'en était rien. Il se sentait juste intimidé et inexpérimenté. Comblerait-il son maître ? Une main choppa ses cheveux et le tira en avant, le faisant prendre jusqu'à la garde la colonne de chaire du mage qui émit un gémissement de satisfaction.
Ce fut la seule initiative de Voldemort qui laissa l'adolescent trouver son rythme, se donnant à cœur joie à la tâche. Il lui caressait les cheveux de contentement. Il posait sur lui un regard satisfait, aimant cette soumission. Il aimait ce regard fiévreux et larmoyant qui lui faisait face. Les bruits indécents de succions emplissaient la pièce, entrecoupés par les gémissements des deux hommes. Lorsqu'il sentit la fin arriver, il attrapa de nouveau ses cheveux, le tenant en place.
– Avale tout.
C'était clair. Lucius sentit le long jet de ce liquide visqueux, qu'il aimait tant répandre sur le visage de ses conquêtes et à présent, il devait l'avaler en repoussant toute envie de recracher. Une fois le sexe de son maître nettoyé, sa tête fut tirée en arrière. Voldemort s'était penché à son niveau.
– La prochaine fois que tu auras l'idée de la dominer, tu te rappelleras de quelle façon ma queue a violé ta bouche. Je suis celui qui domine les autres. Elle est à moi, et on ne touche pas ce qui est à moi Lucius. »
Sur ces dernières paroles, il partit, laissant le sang-pur au sol dévasté. Il essuya une goutte de sperme au coin de sa lèvre et ne sentit même pas la larme coulant de son œil. Une larme de honte, de frustration, de tristesse peut-être. Mais une larme dans le déni.
