Extrait du précédent chapitre:
– Tu avais quelque chose à me dire ? Intervint la Serpentard.
– Oui, cela concerne notre mission, répliqua-t-elle dans un ton de secret en envoyant des coups d'œils suspect à la Gryffondor.
– Oh très bien ! Lily, c'était un plaisir. Je dois te laisser. »
Et elle partit avec le fantôme en laissant la jeune fille quelque peu perturbée par cette rencontre. Elle ne remarqua pas en passant la présence de celui qui les espionnait.
Chapitre 14
Cela ne te regarde pas
Hermione suivit Mimi tout en vérifiant sa carte. Elle devait vérifier que Lucius ne puisse pas les suivre. Elle constata en effet que celui-ci était à leurs trousses. Elle pria silencieusement à ce qu'elle la suive, et emprunta un des passages secrets. Elle observa le nom de Lucius tourner, incertain du chemin à emprunter. Satisfaite, elle indiqua le chemin et elles se retrouvèrent au niveau des serres.
« – Nous serons tranquilles, affirma Hermione. Que voulais-tu me dire ?
– J'ai peut-être trouvé ce que tu cherches.
Le cœur de la jeune fille fit un bond. La piste d'un autre horcruxe ?
– C'est génial Mimi !
– Je sais. Je me demande bien ce que tu ferais sans moi, se vanta-t-elle sans retenue.
Elle ne releva pas, la laissant se lancer des fleurs. Elle le méritait après tout si elle avait vraiment trouvé ce qu'elle recherchait.
– Où est-il ?
– Je ne sais pas, avoua-t-elle. Mais, je sais qui te le dira ! Reprit-elle avec entrain.
– Vraiment ? Qui ?
– Helena Serdaigle.
La fille de Rowena ? Elle était dans le château ?
– Tu peux m'emmener la voir ?
– Oui, mais pas maintenant.
– Pourquoi ?
– Elle ne sort que la nuit. Je ne sais pas pourquoi mais c'est à ce moment là qu'elle se promène.
– Très bien. Alors nous irons la voir ce soir. Merci Mimi. Tu n'imagines pas combien cela va m'aider. »
Elle bomba le torse, appréciant de recevoir cette reconnaissance. Oui, elle avait été utile et saurait encore aider sa nouvelle amie.
« – Qu'est-ce qui te mine Severus ? Osa demander le directeur d'un ton paternel.
– Rien, Professeur.
– Oui c'est souvent le cas. Et donc ce rien, aurait-il un rapport avec votre travail ?
– Non je…
Cette réponse brève amena un sourire à Albus, content d'avoir un début d'aveux. Severus le comprit, et referma aussitôt la bouche, vexé de s'être fait avoir aussi facilement. Par Salazar, il n'était plus un enfant ! Combien de temps encore allait-il se comporter comme un adolescent en pleine crise ?
– Rien qui ne vous concerne, rectifia-t-il.
– Alors j'imagine que la potion est sur la bonne voie, rebondit-il.
– En effet. Je pense pouvoir dire qu'elle devrait fonctionner à présent, répondit-il d'une voix détachée.
– Merveilleux ! Hermione n'a pas exagéré vos talents. Je suis surpris moi-même de te voir si talentueux. Même Slughorn fait pâle figure devant toi, le félicita-t-il de bon cœur.
– Ce n'est rien, lâcha-t-il en dissimulant la pointe de fierté frappant sa poitrine.
– J'en informerai Hermione et…
Il s'interrompit, la mine sombre.
– Que se passe-t-il ? Ne put s'empêcher de demander le brun.
– Le jeune Malfoy est sorti de Poudlard.
Cette nouvelle l'inquiéta. Allait-il retrouver Voldemort ? Et si c'était le cas, qu'est-ce qui l'avait poussé à le voir maintenant et ne pas attendre un week-end ? Avait-il trouvé une information susceptible d'intéresser le Seigneur des Ténèbres ? Qu'est-ce que cela pouvait être ?
– Je sais à quoi tu penses. Je m'inquiète aussi de savoir l'information qu'il va lui livrer au point d'aller le voir aussi précipitamment. Cela doit avoir un lien avec Hermione.
– Ça a toujours un lien avec elle, siffla-t-il acerbe. »
Il avait mal digéré leur dernière entrevue et rageait à l'idée de l'avoir encore blessée. Il n'avait pas contrôlé ses mots et n'avait cherché qu'à la blesser, encore une fois...Il n'était vraiment pas doué avec elle. Mais elle était si… ! Si insupportable ! Si orgueilleuse ! Et si...compliquée pour lui.
Lucius, les genoux à terre, attendait que son maître lui permette de se redresser. Il n'émettait aucune contrariété à sa position mais plutôt à ce qui allait suivre. Serait-il fier de lui ? Avait-il rempli son rôle comme attendu ?
« – Exprime-toi Lucius. Il me tarde de savoir la raison de ta venue.
Il ne lui permettait pas de se relever. Il souhaitait qu'il reste à genoux, à ses pieds.
– Je suis venu vous révéler de nouvelles informations. Comme convenu, je viens en personne vous les délivrer.
– Tout à fait. Chaque information susceptible de me plaire. Et cela à ta place, à mes pieds, n'est-ce pas Lucius ? Rappela-t-il avec une satisfaction malsaine.
– Oui maître.
– Parle donc.
– J'ai surpris une conversation entre Yulia et une infâme sang de bourbe.
– Une sang de bourbe dis-tu ?
– Oui. Elle m'a avoué entretenir des relations cordiales avec ceux de leur espèce, ainsi que des traître à leur sang afin de ne pas éveiller les soupçons. Elle pouvait ainsi récolter des informations sans difficulté. Elle ne souhaite pas montrer ouvertement ses idées qui sont les nôtres, et laisse paraître au contraire, les défendre pour mieux s'infiltrer.
– C'est une façon intelligente de fonctionner. Si courageuse de se faire passer pour l'un d'entre eux. Je n'ose imaginer le dégoût qu'elle doit ressentir en les côtoyant, lâcha-t-il pensif.
– En effet. Elle m'a elle-même partagé les difficultés qu'elle éprouve, rajouta-t-il.
– Elle est réellement fantastique. Un vrai bijou qu'il me tarde d'essayer, souffla le mage noir avec une certaine impatience dans la voix.
– Lors de cette conversation, elle l'invitait à un bal organisé dans un mois par une ses amies : Henriette Dumbledore, continua le plus jeune en mettant de côté la pointe de jalousie qu'il ressentait.
A ce nom, le Lord se redressa brutalement sur son trône.
– Dumbledore tu dis ? Intéressant. J'ai appris récemment l'apparition de cette femme. Il serait dans notre intérêt de l'approcher. Elle doit être très influente.
– En effet. Je l'ai rencontré une fois et elle se tenait aux côtés de Charles Fostier.
Cette information fit sourire puis finalement rire Voldemort de façon presque démente.
– Les choses ne pouvaient pas être plus parfaites !
Il ne précisa pas le fond de sa pensée au blond.
– Est-ce tout ce que tu avais à me dire ?
– Non maître. Leur conversation a été interrompu par l'arrivé d'un fantôme. Celui de Mimi Geignarde.
– Mimi Geignarde ? Celui hantant les toilettes des filles ? Je pensais qu'elle n'en sortait jamais.
– Je le pensais également. Mais elle s'est apparemment liée à Yulia. J'avais remarqué que de nombreux fantômes la saluaient mais j'ignorais qu'elle avait pris contact avec elle.
– Et en quoi cela devrait m'intéresser ?
– Elle lui a dit qu'elle devait lui parler de leur mission, conta-t-il.
– Leur mission ? De quoi parle-t-elle ?
– Je ne sais pas encore maître. Je n'ai pas pu les suivre. Je ne sais pas comment elle fait mais… Elle arrive à me fuir de façon bien trop aisée. Elle n'est dans ce château que depuis la rentrée et j'ai souvent l'impression qu'elle y est à son aise, même plus que moi. Je ne sais pas comment vous l'expliquer, mais j'ai la sensation qu'elle connaît tous les recoins de ce château.
Voldemort parût songeur. Elle devenait un mystère si dense dans lequel on pouvait s'y plonger sans jamais pouvoir en ressortir. Trop de réponses à trouver. Comment pourrait-elle être à l'aise dans Poudlard ? Lui-même avait mis du temps à se repérer dans ce labyrinthe. Et comment pouvait-elle être liée à cette Lady au point de la considérer d'amie ? Était-elle également proche du vieux fou ? Ce fait n'était pas pour lui plaire.
– Est-elle proche de Albus ?
– Je ne sais pas si le mot proche est le plus qualifié mais je sais qu'elle a été à de nombreuses reprises convoqué dans son bureau. Et cela parfois pendant des heures. Je n'ai jamais su pourquoi. Elle restait toujours très évasive dans ses réponses.
Dire qu'il était agacé était un euphémisme. Ce vieux citronné ne mettrait pas la main sur elle ! Il était hors de question qu'il tente de la convertir à la cause de la lumière.
– Tu vas mener ton enquête. Je veux savoir ce qu'elle fait dans ce bureau, ainsi de quoi retourne cette fameuse mission avec cet agaçant fantôme. Sois persuasif, menace des proches mais n'oublie pas où est ta place.
En cela, il signifiait qu'il n'avait toujours pas le droit de poser la main sur elle, quelle qu'en soit la raison.
– Cela sera fait mon seigneur.
– Ne me déçois pas Lucius. »
Sur ces dernières paroles, il lui tendit son pied que Lucius dut baiser. Un dernier mouvement dédaigneux de la main et l'adolescent fut de nouveau en chemin pour son école. Peu lui importait les potentielles retenues suite à sa disparition, il n'avait qu'une seule chose en tête : découvrir les secrets de celle qui tourmentait toujours plus sa vie.
La nuit tombée, Hermione longeait les couloirs en compagnie de Mimi qui menait la marche. Elles se faisaient discrètes, ne souhaitant pas alerter les préfets dans leur ronde. Ils arrivèrent jusqu'à la Tour des Serdaigle que la jeune fille admira avec appréciation. Elle ne s'était jamais aventurée jusqu'à leurs quartiers et appréciait l'esprit paisible qui y régnait. Ses pensées furent interrompus par la défunte.
« – C'est ici, murmura-t-elle.
– Où est-elle ?
– Elle va arriver. Elle arrive toujours.
– Il ne me semble pas vous avoir déjà vu. Qui êtes-vous pour penser pouvoir troubler mon repos ? Intervint une voix mélancolique.
La Serpentard observa le fantôme et constata la beauté de celle-ci. Ses longs cheveux flottaient derrière son dos gracieux, supportant un corps féminin au visage de poupée. Son regard froid de tristesse dénotait totalement avec son apparence. Elle la gratifia d'un sourire.
– Je m'appelle Yulia et mon amie Mimi. Nous ne souhaitons pas troubler votre repos mais uniquement que vous nous aidiez.
– Pourquoi le ferais-je ? Souligna-t-elle en la dévisageant.
– Car vous êtes la seule capable de le faire, rétorqua-t-elle sans une once d'hésitation.
– Que voulez-vous ? Demanda-t-elle après un silence.
– Nous cherchons des objets ayant servis aux desseins d'un mage que vous devez connaître : Tom Jédusor.
Les deux fantômes sursautèrent à ce nom. Bien sûr qu'elles le connaissaient.
– Tu ne m'as jamais dit que c'était en rapport avec cet infâme personnage ! s'insurgea Mimi.
– Je ne savais pas que tu le connaissais, mentit Hermione avec aplomb.
– Que connaissez-vous de lui ? Coupa la Serdaigle de toute tentative de Mimi de continuer à se plaindre.
– Je sais qu'il a été un élève brillant de Serpentard, et qu'aujourd'hui il est connu sous le nom de Voldemort à la tête d'une armée de Mangemorts. Mais je sais surtout qu'il a usé d'une magie effrayante pour échapper à sa seule peur qu'est la mort, et ainsi fabriquer des Horcruxes.
Helena fut prise d'effroi à ce mot. Hermione le remarqua.
– Vous savez de quoi je parle.
– Oui, ma mère avait fait des recherches sur cette magie, avoua-t-elle. Je sais que cela consiste à séparer son âme par le meurtre, et l'emprisonner dans un objet désigné comme un Horcruxe.
– Tout à fait et je pense qu'il s'est servi d'un objet ayant appartenu à votre mère pour renfermer une des parties de son âme.
– Car il a plusieurs parties ?! Balbutia-t-elle, horrifiée. Aurait-il… ! Sembla-t-elle réaliser soudainement, partant telle une furie.
Les deux autres, malgré leur surprise, furent sur ses traces, tentant de ne pas la perdre. Elles arrivèrent devant la Salle sur Demande et la trouvèrent flottante, paniquée, au-dessus de tas d'objet. Cette pièce était tel un énorme débarras.
– Que recherchez-vous ? s'enquit la brune.
– Il doit être ici ! s'exprima Héléna sans réellement lui répondre jusqu'à ce qu'elle se fige, le regard fixé sur un point.
La sorcière suivit la trajectoire et remarqua un diadème magnifique. Il semblait vieux, même très vieux. Il devait être d'une grande valeur. Y avait-il vraiment de tout et n'importe quoi dans cette pièce ? Mais elle réalisa soudainement que cela devait être ce qu'ils recherchaient. Le fantôme se plongea dessus et l'admira avec émotion.
– Ce misérable a osé le souiller de son âme ! Je lui ai seulement dis qu'il se trouvait là mais comment j'aurai pu imaginer qu'il fasse cela. Je vais le tuer !
– Je suis désolée de vous le dire, mais vous devrez faire la queue, car vous n'êtes pas la seule à vouloir réduire à l'état de poussière ce monstre, déclara-t-elle posément en tentant d'amener une petite touche d'humour à cette situation des plus inconfortable.
Car il fallait être aveugle pour ne pas voir que la fille de Rowena était réellement affectée. Elle la gratifia d'un regard mordant avant de replonger, nostalgique, sur le diadème. Hermione s'approcha.
– Je ne peux imaginer ce que vous ressentez mais sachez que je n'œuvre que dans l'unique but de le défaire. Je sais que cela sera dur d'accéder à ma requête, mais je vais devoir vous demander de me le donner. Du moins le temps que je réussisse à extirper l'âme de Voldemort du diadème de votre mère, précisa-t-elle d'une voix confiante.
– Vous...Vous pourriez faire cela ?!
– Je ne vous dis pas que je pourrais le faire immédiatement mais c'est en travail. Je dois pour cela trouver l'épée de Gryffondor, avoua-t-elle, une mine contrariée.
– Je pourrais vous aider, déclara-t-elle.
– Vraiment ?!
– Je n'ai pas l'épée en ma possession mais il est dit que le Choixpeau en est le gardien. Godric avait toute confiance en lui pour juger la personne digne de recevoir son épée.
– Alors il me faut trouver le Choixpeau ! Merci Héléna !
– C'est moi qui doit vous remercier, répondit-elle tout en lui laissant le passage afin de récupérer l'Horcruxe.
– J'en prendrais soin, lui assura-t-elle.
– Je l'espère. »
Elles sortirent de la Salle sur Demande et se séparèrent tout naturellement. La Serpentard tenait précieusement la relique.
« – Je peux savoir ce que tu tiens là ? Demanda sombrement une voix dans son dos.
Elle bondit telle une lionne, sortant sa baguette fluidement pour se planter prête devant le nouvel arrivé. Elle reconnut aisément les cheveux blonds de Lucius mais n'en baissa pas pour autant sa baguette.
– Je crois t'avoir posé une question, reprit-il avec insistance.
– Et je crois t'avoir déjà dit que tout me concernant ne te regarde pas, répliqua-t-elle dignement.
– Baisse ta baguette. Je n'aimerais pas avoir à blesser une de mes semblables. Si c'est bien-sûr ce que tu es, insinua-t-il avec un regard froid.
– Douterais-tu de mon allégeance envers nos principes ? Tenta-t-elle.
– Je doute surtout de tes actions. Pourquoi une Sang-Pur si prestigieuse que toi ne s'est pas encore rendu aux côtés de notre maître ?
– Il ne revient pas à moi de prendre une telle décision mais au chef de famille. Il m'a clairement dit que je ne pourrais me rendre aux côtés du Seigneur des Ténèbres qu'à la fin de mes études, et non avant.
– Que racontes-tu ? Tu es la dernière de ton nom et par conséquent la Lady Tolstoï.
– Non, le seul Lord Tolstoï est mon ancêtre.
Hermione se rappelait clairement ce que lui avait dit Matvei et Albus si elle se retrouvait dans une telle situation. Elle devait préparer une histoire concrète. Le plus simple était de désigner ces décisions étant prises par le chef de famille actuel. Matvei était certes décédé, mais après un document officiel rédigé par les gobelins de son vivant, il était clairement stipulé qu'il restait le chef de famille jusqu'à la naissance et maturité d'un héritier mâle Tolstoï. Ainsi, elle serait incriminée de ses décisions, n'étant pas celle en mesure de les prendre. Elle se présenterait comme étant quelqu'un respectant les décisions du Lord de sa famille. Chose des plus concevable chez les vieilles familles de Sang-Pur.
– Je ne supporterais pas plus longtemps tes mensonges, siffla-t-il d'une voix polaire.
– Alors il suffira que tu me fasses confiance afin de ne plus supporter ce que tu prends la vérité pour mensonge. Mon ancêtre est certes un portrait, mais il en reste le Lord Tolstoï désigné ainsi par la juridiction des gobelins qui ont approuvé un document rédigé de son vivant. Il en sera ainsi jusqu'à ce qu'un héritier mâle atteigne la majorité et puisse ainsi reprendre le titre de Lord. Mon père étant décédé, il redevient ainsi le seul Lord Tolstoï jusqu'à ce que…
– Jusqu'à ce que tu donnes un héritier mâle, compléta Lucius avec un brin d'intérêt.
Il ne pouvait pas s'en empêcher. Concevoir un futur avec elle était un scénario des plus enviable. Envie qu'il se devait d'enfouir dans l'oublie. Et pourtant...tout son être lui hurlait qu'elle était faite pour lui et uniquement pour lui. Mais l'ombre de son maître planante sur lui faisait rapidement taire ces plaintes. Un écartèlement constant qui le détruisait de l'intérieur.
– Très bien, alors je te dirais une dernière chose. Il n'est pas conseillé pour une Lady de ton rang de courir ainsi dans les couloirs en compagnie de fantômes. Je ne sais pas ce que tu fais, et je sais pertinemment que tu ne me le diras pas, mais garde la dignité qui fait ce que tu es. Une Sang-Pur ne s'affiche pas ainsi en public.
Elle retrouvait en ces propos le père de Draco qui s'évertuait à reprendre son fils sur la façon de se tenir en société. Elle ne put s'empêcher un petit sourire nostalgique qui n'échappa pas au Serpentard. Troublé était le mot le plus approprié pour désigner l'état dans lequel il était. Pourquoi réagissait-elle ainsi ? Elle semblait presque le regarder d'une façon attendrie !
– Merci Lucius de me rappeler à l'ordre. Il serait effroyable qu'une autre personne puisse me voir m'exhiber ainsi. Quel affront cela serait ! Surjoua-t-elle. »
Il leva les yeux au ciel, mais étira pourtant un sourire. Il aimait ces moments de « complicité » qu'ils partageaient. Ils s'étaient fait rares, voire inexistants depuis sa rencontre avec son maître. Il réalisait à présent combien cela lui avait manqué. Cette façon qu'elle avait de le mettre sur un pied d'égalité et lui parler en toute légèreté et tranquillité. Elle était son égale.
Dans une tendresse qu'il ne se connaissait pas, il attrapa une mèche de ses cheveux noirs, et la fit glisser à travers ses doigts jusqu'aux pointes. Ce geste stoppa l'expression moqueuse de la jeune fille, pour être à présent troublée. Cela faisait un moment qu'il avait cessé de la toucher et elle n'était plus habituée à son contact. Elle eut même l'impression de rougir sous ce regard brillant de...de quoi ? Elle ne pouvait pas mettre un mot tel que « amour » pour désigner la façon qu'avait Lucius de la regarder. N'est-ce-pas… ?!
Sans un mot pour elle, il se retira, laissant la jeune fille choquée. S'était-elle trompée sur lui...?
Les jours passèrent sans que Lucius ne puisse s'enfuir de nouveau rapporter les informations à son maître en personne. Suite à sa dernière escapade nocturne, Albus avait fait installer une barrière permanente tout autour de Poudlard. Seuls les professeurs possédaient un sort les permettant de passer au travers. Elle était uniquement retirée lors des sorties à Pré-au-lard. Ce fut honteux qu'il se résolut à envoyer un courrier à son père afin qu'il lui transmette lui-même les informations collectées.
Après cette nuit, il n'avait plus approché Hermione, la surveillant de loin. Il était de plus en plus instable, ne sachant plus sur quels sentiments se reposer lorsqu'il la voyait.
« – Tu ne colles plus Yulia, intervint Severus sur un ton moqueur.
– Cela ne te regarde pas, claqua-t-il.
– Voyons Lucius. Je nous pensais plus proche que cela. Ne sommes-nous pas amis ?
Le blond le jaugea du regard avant de répondre.
– En effet. Mais cela ne signifie pas que je doive partager ma mission avec toi. Tu n'as pas encore prêté serment.
– Toi non plus à ce que je sache.
Lucius se crispa, forcé de reconnaître qu'il avait raison. Il ne recevrait sa marque qu'à la fin de l'année comme c'était prévu.
– Je dois faire qu'elle soit isolée. C'est à présent le cas. Je n'ai ainsi pas besoin de rester à ses côtés.
– Pourtant, tu aimais l'être.
– On ne touche pas ce qui appartient au maître ! Rectifia le blond d'une voix sifflante.
Cela sonnait comme une remontrance qu'il se répétait incessamment à lui-même. Cette réponse désarma quelque peu le maître des potions. Ce qui appartenait au maître… ? En quoi Hermione… ?!
– Le maître l'a-t-il déjà rencontré ?
– Non… mais il n'attend que ça, avoua le jeune Malfoy.
– Pourquoi ?
– Pourquoi sembles-tu intéressé par cela, attaqua le blond.
– Car je m'inquiète pour toi. Tu sembles dépérir et je sais que c'est en lien avec cette mission. Je ne veux pas qu'il t'arrive malheur, confia le brun sans ciller.
Il ne l'avouerait pas mais cette déclaration le toucha énormément.
– Je sais prendre soin de moi. Rassure-toi, tenta-t-il de le rassurer. »
Le brun lui envoya un regard sceptique mais n'en rajouta pas plus. Qu'aurait-il pu dire de toute façon ?
Hermione rayonnait littéralement. Elle avait remis le diadème à Albus qui lui avait envoyé un regard impressionné. Il devait avouer qu'elle était réellement productive. Il venait de lui remettre le Choixpeau et ils allaient avoir une conversation afin d'aborder le sujet de l'épée. Elle s'inclina respectueusement devant lui, sous son regard scrutateur.
« – Albus m'a confié que tu souhaitais me parler. Je t'écoute jeune Serpentard.
– En effet. Je dois vous demander de me remettre l'épée de Gryffondor.
Le Choixpeau haussa les sourcils sous la surprise. Pour qui se prenait-elle ?
– Réalises-tu ce que tu me demandes ? Tu n'espère tout de même pas que j'accède aussi simplement à ta requête, cela serait m'insulter !
– Et ce n'est pas ce que je souhaite. Je me dois de vous le demander car il n'y a que l'épée pouvant nous aider à détruire les Horcruxes. Je vous en conjure, prenez en considération ma demande, déclara-t-elle, la tête baissée de respect.
Il fut surpris, pris de court. Il se gratta la gorge.
– Godric m'a remis son épée en espérant que je puisse trouver un digne successeur. Je suis le seul à pouvoir juger si tu le mérites. Mets-moi sur ta tête.
Elle se redressa avec un énorme sourire et s'exécuta. Rien ne se passa pendant un moment, rendant la jeune fille nerveuse. Etait-il normal que cela prenne autant de temps ? Albus était tout autant curieux, n'ayant jamais assisté à ce jugement. Le Choixpeau se tendit comme lorsqu'il annonçait la maison d'un nouvel élève.
– Je n'ai jamais vu une personne telle que toi. Tu viens du futur et tu as eu le courage de traverser le temps afin de changer le cours des choses. Tu as vécu la mort d'amis, la peur de mourir, l'horreur des champs de bataille et pourtant tu es toujours debout, vaillante, et dévouée à ta cause. Ton cœur est bon et ton esprit vif. Godric serait fier d'avoir eu une telle élève dans sa maison. Je ne saurais refuser l'épée à celle qui se nommait Hermione Granger et qui se nomme à présent Yulia Tolstoï. Pose-moi à terre et l'épée sera à toi, déclara-t-il solennellement. »
Hermione eut le cœur gonflé de plaisir et fierté. Elle était digne de recevoir l'héritage de la maison des lions. Elle repensa à Harry qui lui aussi avait bénéficié de ce privilège et elle s'empara du pommeau de l'épée d'une main presque tremblante. Elle avait enfin toutes les cartes nécessaires pour réduire à néant Voldemort !
La grande porte se révéla finalement au bout de son troisième passage. Il poussa le lourd battant, arrivant dans une pièce plongée dans l'obscurité, éclairée uniquement par un feu de cheminée dont les flammes grondaient de puissance. De nombreux canapés étaient disposés sur des tapis épais. Malgré le froid apporté par ce mois de Janvier, cette pièce dégageait une chaleur apaisante. Il s'aventura, entrant de l'antre du créateur. Créateur qui était allongé négligemment sur un canapé à la belle parure blanche. Vautré ainsi, une bouteille de whisky pur feu dans la main, les cheveux décoiffés et les vêtements débraillés. Cette vision atteignit le maître de potion. Voir son ami ainsi le chagrinait énormément.
Ce n'était pas la première fois mais espérait que cela serait la dernière. Il s'avança, prenant place sur le fauteuil près du sien.
« – Ne serait-ce pas ce bon Severus ? Demanda Lucius d'une voix incertaine, d'un regard voilé par l'alcool.
– Tu sais très bien qu'il n'y a que moi pour te trouver lorsque tu n'es pas bien, déclara avec évidence le brun.
– C'est vrai. Le seul à connaître mon repaire...dit-il de façon distraite.
– Pourquoi te mettre dans des états pareils ?
– Tu sais que je ne dois pas t'en parler.
– J'en comprends ainsi que cela a un rapport avec ta mission.
Le blond se mordit la lèvre, gêné. Parler ne changerait rien à sa situation. Et ce n'était pas comme si son ami pouvait le sortir de cette situation. Severus se leva et retira la bouteille de sa main, devant forcer quelque peu la chose.
– Comment peux-tu me retirer ma bouteille ? N'as-tu donc pas de cœur ?!
– Si au contraire. Et c'est d'ailleurs pour ça que je vais te faire boire quelque chose de bien plus appréciable, corrigea-t-il sincèrement.
D'un coup de baguette il fit apparaître une bouteille de Tequila impérial Don Fulano ainsi que deux shooter. Il posa le tout sur une petite table, tournant le dos à son ami qui avait l'esprit embrumé. Il ne remarqua pas ainsi Severus verser quelque goutte d'une potion sorti de ses robes. Il lui tendit ensuite un shooter.
– A ta santé mon ami, souffla chaleureusement le Serpentard en attendant que le second fasse de même.
Lucius s'exécuta à son tour, engloutissant d'une traite le liquide chaud qui ne réchauffa que plus son corps.
– Qu'est-ce donc ? s'enquit-il à demander, appréciant le goût.
– Un alcool moldu.
Il parut outré un bref instant mais haussa finalement les épaules en lui tendant de nouveau le shooter afin d'être resservi. Il n'avait que faire de l'origine de l'alcool, tant que ça le faisait oublier. Severus haussa un sourcil, quelque peu surpris mais servit la tequila.
– Ne me regarde pas comme ça, commença le blond avant de faire couler le liquide dans sa gorge, cet alcool est bon. Je n'ai que faire en ce moment que cela soit moldu.
– Je constate cela. Mais que s'est-il passé pour que tu t'enivres ainsi ?
– Je ne supporte plus cette situation. Je ne peux plus l'avoir pour moi, se confia le blond en s'affalant un peu plus dans le sofa.
Il commençait à se délier la langue, doucement mais sûrement. Severus se félicitait la conception de cette version du Veritaserum. Celui le buvant n'avait pas l'impression d'être forcé de dire la vérité. C'était plus subtile que ça. Il se sentait plus apaisé et apte à se livrer, se sentant plus ouvert et en confiance avec le temps. Cela faisait livrer ainsi de plus en plus d'informations. Creusant toujours plus la vérité sans jamais l'alerter de la situation. Il aurait l'impression que c'était de son bon vouloir.
– Qu'est-ce qu'un Malfoy ne peut pas avoir voyons ?
– Elle ! Elle n'est plus mienne. Elle ne l'a jamais été… rajouta-t-il avec une pointe d'amertume.
– Tu parles de Yulia ?
– Bien-sûr. De qui d'autre… ? Il n'en y a aucune en dehors d'elle. Elle est tout ce que l'on peut attendre d'une femme digne de ce nom, digne d'être au bras d'un Malfoy.
Il ne sut pourquoi, mais cette conversation commençait doucement à le déranger. Ces propos possessifs taquinaient sa patience.
– Pourquoi ne pourrais-tu pas l'avoir ?
Severus avait entendu par Albus qu'Hermione se serait confiée sur une potentielle demande en mariage. Lucius aurait clairement fait comprendre qu'il voulait d'elle en tant que femme au lieu de Narcissa Black avant les vacances. Ces propos n'avaient pas été réitéré, mais ils devaient s'attendre à tout.
– Elle lui appartient.
– Tu dis encore ça… Pourquoi elle appartiendrait au maître ?
– Car c'est ainsi ! Il l'a déclaré sienne et m'a clairement montré ma place. Il m'a…, il se stoppa dans sa phrase, fermant les yeux douloureusement.
– Que t'a-t-il fait ? Demanda inquiet Severus.
– Les vacances venaient de commencer et je m'étais confié à mon père concernant mes intentions envers Yulia. Je la voulais comme femme, commença-t-il son récit.
Ces mots serrèrent le cœur du brun. Sa femme…
– Mon père était réjouit à cette optique. Surtout qu'il avait clairement vu qu'elle était très proche de personnes influentes telles que Henriette Dumbledore et Charles Fostier. L'idée de rompre l'engagement envers la famille Black ne lui faisait ni chaud ni froid. Le nom Tolstoï était bien plus prestigieux et quoi de mieux qu'un Malfoy pour faire renaître cette vénérée famille ? Mais un soir, quelqu'un a frappé à la porte de chez nous, et ce n'était autre que le maître. Il a tout de suite demandé si je la connaissais et s'est enquit à fouiller mon esprit et mes souvenirs. J'ai été docile, je voulais lui montrer mon entière dévotion et lui ai laissé tout voir. Il a vu quelque chose qui ne lui a pas plu et m'a ensuite prouvé que celui qui dominait n'était pas moi mais lui. Il…
La voix de Lucius se brisa une nouvelle fois. Severus l'encouragea d'un regard silencieux.
– Il me l'a prouvé en me montrant qu'il avait tout pouvoir sur moi. Il m'a demandé de me mettre à genoux et de...de le sucer.
L'horreur prit possession des traits de l'ancien espion. Il voyait bien que son ami en était marqué.
– Je ne sais pas comment l'expliquer mais j'étais comme déconnecté. J'ai agis instinctivement et ai répondu à son ordre. Je l'ai sucé et j'ai tout fait pour le contenter. J'étais...fier de moi comme je me dégoûtais. Fier de faire plaisir à mon maître mais honteux de ce que je faisais. Je me rabaissais. Un Malfoy ne se soumet jamais, c'est ce que mon père m'a répété. Et pourtant, tout Malfoy que je suis, s'est soumis à lui. Après cela, il m'a clairement dit de ne plus l'approcher et ne pas oser toucher ce qui lui appartenait.
– Lucius, je ne peux pas dire que je comprends car je n'ai jamais vécu la même chose mais...tu sais que je serais toujours là pour toi n'est-ce pas ?
Le blond plongea son regard dans le sien et y lut une tellement sincérité.
– Je sais. Merci…
– Qu'a-t-il vu pour qu'il soit énervé ?
– Je pense qu'il a vu la fois où j'ai presque pris Yulia dans un couloir.
Les mots tournèrent en boucle dans sa tête. Ses oreilles bourdonnaient, ne sachant pas comment assimiler cette information. Venait-il de sous-entendre qu'il avait été sur le point de coucher avec elle ? Et à la façon que c'était dit, cela ressemblait bien à une baise de passage, sûrement pas partagée, n'est-ce pas ?
– Elle...elle était consentante ?
Lucius se mit à rire, se resservant.
– Non, elle ne l'était pas mais je sentais que son corps si. Je peux t'assurer à ses réactions qu'elle est vierge. C'est un corps jamais frôlé que j'ai touché. Tu ne peux pas imaginer la fierté que je ressentais. J'étais le premier à lui faire ressentir ça. Cette façon qu'elle avait de se cambrer juste d'un frôlement sur son téton, c'était divin. Ses petits gémissements incontrôlés. Je voyais bien qu'elle tentait de lutter mais je voyais aussi qu'elle se laissait aller par moment. Elle se laissait envahir par ces sensations et elle était juste parfaite. Rien que d'y penser je bande Severus. Jamais aucune femme ne m'a fait cet effet.
Le brun garda son calme, fermant son visage sans expression.
– Et comment cela s'est fini ?
Le blond renifla, passant sa main dans ses cheveux.
– J'étais prêt à la prendre à même ce couloir, lorsqu'elle a planté son regard d'acier dans le mien en me disant qu'elle n'était pas comme les autres femmes. Ça a été comme un déclic. C'est vrai qu'elle n'est pas comme les autres et je me devais de la traiter autrement. J'ai donc tout arrêté. Je savais que son corps me désirait et j'allais faire en sorte que son cœur fasse de même. Je pensais...je pensais pouvoir passer ma vie avec elle mais… elle ne peut pas m'appartenir, conclut le blond en avalant l'alcool tout en laissant couler une larme.
Cette scène était irréelle. Lucius pleurait réellement la perte de Yulia. Il l'aimait… Ce fait serra d'autant plus le cœur du maître de potion. Pourquoi l'idée que son ami l'aime le déplaisait à ce point ? Il rageait de ne pas comprendre ses réactions. Toujours en lien avec elle. Quand le laissera-t-elle tranquille ?! Il se renfrogna d'autant plus et se servit à son tour de l'alcool, l'avalant rageusement.
Et stoppa tout mouvement.
Venait-il ainsi d'entendre qu'elle s'était presque faite violer ?! Il se remémora cette scène, ce jour où il l'avait laissé dans le couloir avec Lucius. Ce jour où elle lui avait indirectement demandé de l'aide. Le jour où elle s'était renfermée, lui laissant entendre qu'il n'avait pas à savoir ce qui s'était passé, car rien n'était arrivé.
Mais pourquoi ne lui avait-elle rien dit ?!
Cette arrogante gamine !
Stupéfait.
Que venait-il encore de penser ? Qu'elle était une enfant ? N'était-ce pas pour ça qu'il s'était dernièrement disputé ?
Était-elle seulement encore une enfant avec tout ce qu'elle avait vécu. Elle avait vu plus de morts qu'elle n'aurait du. La guerre avait fait d'elle une combattante. Elle était une femme intelligente et vive d'esprit. Sachant l'opinion qu'il avait d'elle, se serait-elle ainsi dit que d'en parler ne ferait que la rendre immature à ses yeux ? Lucius n'était pas allé jusqu'au bout mais malgré tout, des attouchements sans son consentement ! Severus fronça les sourcils, partagé entre l'envie de soutenir son ami et lui foutre son poing dans la figure. Il savait que Lucius avait eu de nombreuses conquêtes et qu'elles étaient à ses pieds. Elles s'excitaient rien qu'à l'idée qu'il pose son regard sur elles. Tomber sur une femme telle que Hermione remuait ses habitudes, et avait su lui emprisonner le cœur. Mais en terme de femme, il ne connaissait que ça et avait sûrement estimé que cela serait aussi en fin de compte la même chose avec elle.
Cela ne justifiait pas son acte !
Mais au fond de lui, cela l'atténuait. Cepandant, Hermione ne le connaissait pas comme lui le connaissait, et ainsi ne pouvait pas imaginer dans quel état elle avait du être. Il se rappela les remontrances de Lily sur le fait qu'elle les fuyait, qu'elle s'isolait dans le bureau du directeur. Elle avait fait face à cela, seule. Il serra le poing, enserré par les remords.
Quel imbécile il était !
Alors qu'en pensez-vous?
Merci aux personnes continuant à suivre cette histoire, j'espère que le prochain chapitre vous plaira tout autant!
Bon week-end à tous.
