Réponses review:

( nanalou) : Ahahah et bien écoute non tu ne m'as pas du tout offensé, rassure-toi. J'apprécie au contraire qu'on prenne le temps de me dire ce qu'on pense de l'histoire. Toute idée et point de vue sont bon à prendre. Je dois t'avouer que je me pose aussi la question sur la finalité du couple, reste à voir comment je vais faire évoluer tout ça à travers les chapitres. Je ne cesse de changer d'idée ou la faire évoluer en rédigeant le chapitre XD En effet c'était court mais ta review m'a redonné la patate si je puis dire ! Je ne vois pas la fin de tous mes devoirs, vive les études supérieures ! Mais...ça me fait prendre des pauses agréables qui m'avaient réellement manqué. Merci à toi en cas, c'est grâce à toi. J'espère que tu continueras à me donner ton avis, positif ou négatif, je veux savoir =D

(Manon) : J'espère alors que ce chapitre te plaira =)


Extrait du précédent chapitre:

« – Pardonne-moi, lui chuchota-t-elle dans une voix tendre. »

Cette demande fut perçu par Lucius comme une lumière douce et chaleureuse. Sans réellement s'en rendre compte, il répondit à l'étreinte, serrant contre lui l'être faisant brûler son cœur. Il la serra telle une bouée le sauvant de la noyade et se mit à pleurer sans retenue. Elle était sa lumière et ne le jugerait pas pour sa faiblesse. Il le savait.

Ainsi, elle passa le reste de la nuit, avec Lucius dans ses bras, pleurant la perte de ses croyances.


Chapitre 17

Il a besoin de moi


Il n'avait jamais ressenti autant de chaleur humaine qu'en ce jour. Une aura si douce qui l'enveloppait dans un cocon chaud. Il sentait son corps se détendre, tombant dans les limbes du sommeil. Une voix d'une tendresse infinie lui chuchotait des mots qui trahissait son esprit suspicieux. Nul besoin de s'en méfier. Elle était là pour lui.

Lui uniquement.

La main si douce frôla son visage, le partageant dans l'idée de l'attraper et la garder éternellement contre lui. Ou même, tout simplement profiter du moment présent avec l'espoir fou qu'il en serait ainsi pour toujours.

Il ne fit rien, livrant son âme d'une confiance aveugle à cet être de lumière.

La mort ne pouvait pas être plus douce.

Il pouvait partir l'esprit tranquille. Enfin…

« – Lucius, reste avec moi.

Cette voix. Elle ne voulait pas qu'il parte. Pourquoi ? Ne pouvait-il pas lâcher prise ?

– Je vais faire venir Severus, je reviens.

Comment ?! Il ne pouvait pas partir mais elle osait penser pouvoir le laisser seul ? Jamais !

Elle tenta de se lever mais il s'accrocha à elle dans un mouvement désespéré, la peur tiraillant les traits de son visage. Elle ne pouvait pas bouger…

Elle soupira, compatissante.

Elle se repositionna, calmant le jeune homme qui se félicita mentalement de sa performance. Elle restait avec lui. Elle fouilla dans la poche de sa robe, et en sortit le miroir miniaturisé dont elle rendit la forme originelle. Celui-ci ne renvoya pas son reflet, laissant une surface lisse et brillante.

– Severus, réponds s'il-te-plaît, l'appela-t-elle.

Elle n'eut pas besoin d'attendre bien longtemps que le visage du brun apparut dans le miroir.

– Qu'y-a-t-il ?

Il semblait inquiet, sachant que l'utilisation de ce miroir signifiait une situation compliquée.

– J'ai besoin que tu reviennes à Poudlard. Je ne pourrais pas gérer cela seule.

– De quoi parles-tu ?

– Lucius, il…

– Il a tenté de nouveau quelque chose ! s'emporta le maître des potions, la fureur déchirant ses traits.

– Non, certainement pas, le rassura-t-elle, quelque peu surprise de sa réaction protectrice. Il… Il a lu un livre que je lui ai conseillé et a compris les origines de Voldemort…

Il pâlit à ces mots, s'imaginant bien l'état dans lequel devait se trouver son ami. Il afficha une mine sombre.

– J'arrive immédiatement.

– Merci. »

Elle reporta son attention sur le blond après avoir rangé le miroir, et lui caressa de nouveau les cheveux.

« – Tout va bien. Severus arrive, souffla-t-elle avec douceur. »

Il ne réagit pas, semblant déconnecté. Seul sa présence l'importait.

Rien d'autre.


Il ne fallut pas plus d'une demi-heure au Serpentard d'arriver et contempler l'état pitoyable dans lequel le sang pur était. Il ne se l'avouerait pas mais il ressentit une pointe de jalousie. Les genoux de la brune semblaient réellement confortables.

Quel veinard !

Il ferma les yeux un bref instant, réalisant ce qu'il venait de penser. Par Salazar, son ami était dévasté et la seule chose qu'il trouvait à dire était qu'il était veinard ?! Il se retenait de se gifler. Mais il ne fallait pas passer pour un fou. Il se reprit donc, se penchant vers le blond.

Il posa une main sur son front et un rejet brutal s'opéra, le jeune homme ne semblant pas apprécier le contact avec Severus. Il fut surpris, de même pour Hermione qui sentit la prise de Lucius se raffermir sur elle. Elle se retint de soupirer une nouvelle fois.

Dans quoi s'était-elle encore fourrée ?

« – Il semblerait qu'il ne supporte que ton contact…

– Je vois cela…

– Je vais lui donner une potion pour le faire dormir. Il est dans un état de semi-conscience assez fâcheux. J'imagine que tu sais que nous ne pourrons pas le traiter à l'infirmerie. Il ne supportera pas à son réveil l'idée que d'autres personnes l'aient vu ainsi.

– Je sais. Je n'ai laissé personne rentrer hormis toi.

– Bien. Je vais dégager la voie et tu pourras passer avec lui sans être vu. Je vais demander de l'aide à Albus. Je reviens.

– Très bien.

Elle regarda pensive le visage presque enfantin du blond qui semblait apaisé, dormant sur elle sans honte.

Cet humain est vraiment collant, fit remarquer Yoka, appréciant peu le côté possessif que montrait le Serpentard.

Calme-toi Yoka. Il a besoin de moi, tu comprends n'est-ce pas ?

Pas vraiment… Cet humain ne semble pas sur le point de mourir, précisa-t-elle acerbe.

Physiquement peut-être mais psychologiquement, c'est moins sûr, répondit-elle plus sombrement.

Elle savait qu'elle n'avait pas à s'en vouloir. Il devait un jour ou l'autre découvrir la vérité si ils voulaient l'empêcher d'accepter la Marque. Sans cela, rien ne l'aurait fait entendre raison. Il devait le réaliser seul. Malgré tout… le voir ainsi était douloureux. Peu importait l'homme qu'il deviendrait, il restait un adolescent aux croyances ancrées au fer rouge.

Le pardon n'était pas accordé qu'aux personnes ayant été exemplaires toute leur vie, autrement cela n'aurait aucun sens.

Et elle savait au fond qu'elle lui pardonnait ses actes. Il ne pouvait en être autrement…

Elle entendit les élèves protester, se faisant évacuer par les professeurs. Severus revint, potion en main qu'il lui tendit. Elle l'approcha délicatement aux lèvres du blond, le priant de boire. Mais rien à faire, ses lèvres restèrent closes.

Résolue, elle attrapa la potion, en prit une gorgée qu'elle n'avala pas et agrippa le visage du blond, plongeant sur ses lèvres afin de lui administrer la substance. Ses lèvres s'ouvrirent progressivement, laissant le liquide couler dans sa bouche, le long de sa gorge. Severus observait la scène, les sourcils froncés.

Elle n'avait pas hésité un instant.

Il savait que c'était purement médical mais il n'en restait qu'elle n'hésitait pas à user de ses lèvres sur celles d'un autre. Un autre ? Merlin ! Réveille-toi ! Pour parler d'un autre, il faudrait déjà qu'elle t'ait embrassé crétin ! Se reprit-il lui-même. Et puis, il ne rêvait que des lèvres de sa belle rousse ! Rien d'autre !

La potion fit rapidement effet, laissant la brune se relever et user d'un sort afin de le transporter.

– Où dois-je l'amener ?

– Suis-moi. Albus a fait préparer des quartiers pour lui. »

Ils arrivèrent rapidement, déposant l'élève dans le lit où elle fit remonter les couvertures jusqu'au cou. Il allait l'inviter à sortir lorsqu'elle l'interrompit.

– Je vais le veiller. Pars tranquille effectuer la mission, le rassura-t-elle.

Il hésita un instant. Était-ce raisonnable ?

– Nous n'allons pas bloquer ta mission alors que je peux très bien rester avec lui. Douterais-tu de mes intentions à son propos ? Demanda-t-elle armée d'un rictus.

– Nullement. Je sais que tes intentions ne sont pas mauvaises. Tu as fait ça pour son bien, assura-t-il avec aplomb. Je n'aimerais pas de laisser le fardeau de t'occuper de lui. C'est moi qui me suis donné pour mission de le sauver…, fit-il remarquer.

– Alors disons que je me suis incrustée dans celle-ci à ton insu, répondit-elle d'un sourire mutin.

C'était tout à fait son style. Sans s'en rendre compte, un sourire fleurit sur ses lèvres, surprenant la brune avant qu'il ne s'éclipse dans un merci murmuré. Elle s'installa auprès de Lucius, se posant sur un fauteuil en ne le lâchant pas du regard. Elle ressentait un instinct protecteur envers lui. Il avait su toucher son cœur dans sa détresse.

– Tu as intérêt à renaître de tes cendres, foutu prétentieux, souffla-t-elle avant de s'assoupir. »


Le matin chantant fit battre ses lourdes paupières. Il sentait son corps engourdi, et sa mâchoire le faisait souffrir. Comment avait-il pu en arriver là ? Il ouvrit tant bien que mal ses yeux acier, tombant sur des draperies bleutées dont il n'avait pas connaissance. Il sentait ses yeux secs et tirés. Il avait pleuré, il le savait. Que Merlin tout puissant fasse que personne ne l'ait remarqué !

Et pourtant, se réveiller dans un lieu inconnu impliquait des personnes extérieures… Il referma les yeux, accablé par la honte.

Comment allait-il le supporter ?

De longs sifflements lui fit les rouvrir précipitamment pour tomber sur ceux dorées de Yoka. Heureusement que Hermione avait apposé un filtre magique sur ses yeux. Elle ne pouvait plus tuer tout Poudlard d'un regard. Lucius ne put cependant pas s'empêcher de frissonner, sentant la peau écailleuse du serpent frotter son visage.

Tétanisé par ce regard semblant prêt à l'achever à tout moment.

Les sifflements ne cessaient pas, augmentant son malaise. Elle s'amusait du trouble qu'elle provoquait chez lui, se vengeant de la longue nuit qu'il avait fait passer à sa Maika. Elle ouvrit la bouche, lui faisant admirer ses puissants crocs qu'elle approcha à ses yeux.

« – Suffit !

L'ordre tranchant tomba sans prévenir, les faisant tous deux sursauter. Hermione s'était réveillée et n'appréciait pas la vue que lui offrait son réveil. Elle se leva, prenant d'une main ferme le serpent qui se crispa, honteuse.

Qu'est-ce que cela signifie ?

Je voulais juste…

Tu voulais juste t'amuser à l'effrayer. Je t'ai dis qu'il avait besoin de se remettre de ses émotions pas que tu lui fasses faire une crise cardiaque, la sermonna-t-elle durement.

Yoka baissa la tête, n'ayant pas la force de croiser le regard de reproche qu'elle lui envoyait. Elle s'enroula délicatement autour de son bras, remontant le long de celui-ci. Elle tentait de la charmer, de se faire pardonner. Elle arriva jusqu'au cou, sa place. Hermione ne l'empêcha pas, lui attribuant même une caresse au passage.

Que cela soit la dernière fois Yoka, insista-t-elle, intraitable.

Oui Maika.

Lucius avait observé toute la conversation, hypnotisé par ces sons si enchanteur. Ils faisaient vibrer son corps ainsi qu'une partie en particulier de son anatomie. C'était une langue si… chantante et stimulante. Que Merlin lui vienne en aide, il voulait cette femme à en crever.

L'image de Voldemort s'imposa à son esprit à cette pensée. Des flashs douloureux l'accompagnèrent et cette impensable vérité. Son corps se braqua, le faisant se redresser brusquement, une main sur son estomac, l'autre sur sa bouche afin de prévenir à toute potentielle fuite. Ses yeux n'étaient que panique et confusion.

Hermione se jeta à ses côtés, frottant son dos en tentant de le calmer. Elle lui tendit une bassine, le rassurant sur le fait qu'il n'avait aucune raison de se retenir devant elle. Aucune raison ?! Elle devait certainement plaisanter ! Le regard dont il la darda suffit à refléter ses pensées auxquels elle répondit d'un sourire compréhensif. Elle se pencha afin qu'il l'entende.

– Tu n'as rien à me cacher Lucius. Je ne te jugerai pas, affirma-t-elle sans un brin de moquerie.

Ces paroles eurent le mérite de calmer quelque peu la nausée. Elle se faisait moins violente, apaisée par ces mots.

– Je...n'..ai pas besoin...de ta pitié, réussit-il à dire, entrecoupé par son souffle difficile.

– Si tu es capable de dire de telles absurdité, j'imagine que tu vas déjà mieux, ne put-elle s'empêcher de lâcher.

Un regard noir lui fut adressé mais qui n'eut pas l'effet escompté car elle ne put que rire devant cette piètre tentative. Elle se redressa, se dirigeant vers la commode.

– Si tu souhaites m'effrayer, tu vas devoir faire mieux qu'un simple regard noir. C'est le pain quotidien que tu me sers là, se moqua-t-elle tout en cherchant parmi les chemises rapportées par un elfe de maison.

Elle sentit un torse se coller à son dos, se soulevant de manière incohérente. Il la surplombait de toute sa hauteur. Il fallait dire qu'il faisait bien une tête de plus qu'elle, si ce n'était plus. Elle ne se retourna pas pour autant, pas le moins du monde paniquée.

– Tu sais pourtant...de quoi je suis capable, tenta-t-il difficilement.

Elle lui fit face calmement, plantant son regard presque hautain dans le sien.

– Oh bien-sûr que je le sais, je me rappelle très bien de quoi tu es capable, commença-t-elle en posant une main sur son torse, le faisant frisonner. Mais dans ton état, je sais aussi de quoi tu n'es pas capable, finit-elle en le poussant.

Il tomba, ne tenant pas sur ses jambes flageolantes. Il fut rattrapé et ramené dans le lit d'un coup de baguette. Elle remonta une nouvelle fois les couvertures sur lui. Son visage était à quelques centimètres du sien, son souffle chaud s'abattant sur ses joues.

– Je sais pertinemment qu'au fond de toi repose un homme bon et droit, dit-elle en posant la main au niveau de son cœur qu'elle aurait pu sentir battre à tout rompre à travers les couches de tissus. Il me tarde de le rencontrer, rajouta-t-elle avec plus de douceur avant de se redresser. Je te laisse tes affaires pour te changer. Severus devrait arriver dans la journée, il pourra t'aider si tu en ressens le besoin. Je repasserai après les cours, repose-toi, l'informa-t-elle avant de fermer la porte derrière elle. »

Il n'avait même pas eu le temps d'en placer une que les dernières effluves de son parfums tentaient de s'enfuir avec leur propriétaire. Il referma ses yeux, fuyant les dernières pensées sombres qui emplissaient son esprit.


Severus affichait une mine fatiguée. Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit, bien trop occupé à récolter des ingrédients pour ses futures potions en Albanie. Mais surtout, à s'inquiéter de l'état de Lucius. Que devait-il penser de toute cette situation ? Allait-il se retourner contre celui qu'il considérait comme son maître ? En aurait-il seulement la force ou le courage ? Il le connaissait assez pour savoir que la bravoure n'était pas toujours une de ses priorité mais…sa fierté bafouée en revanche… Il pouvait peut-être appuyer sur ce point. Jouer sur son égo souillé et trahi par Voldemort. Il devait être le sorcier le plus imbu qu'il connaissait en dehors du maître des ténèbres, et savait qu'il réclamerait vengeance à cet outrage.

Il réussirait à monter sa haine non pas contre les moldus, mais contre celui qui avait joué avec sa vie sans pitié. Il ne pourrait supporter l'idée que cet affront ne soit pas réparé.

Il le savait.

Il allait pouvoir le sauver de sa folie.

Un brin de sourire s'étira sur ses lèvres. Il sentait son cœur bondir d'excitation en visionnant l'issue qui se dessinait dans cet environnement de désespoir. Il serait lui aussi sauvé !

L'esprit plus léger, il rejoignit les quartiers mis à disposition pour le blond le temps qu'il se rétablisse. Albus avait fait une annonce, signifiant que celui-ci était atteint d'une maladie très contagieuse qui nécessitait un isolement temporaire. Ils s'attendaient à ce que la nouvelle arrive jusqu'aux oreilles de Malfoy senior, et ainsi, le voir débarquer telle une furie dans l'école.

Et ils allaient devoir le retenir de le voir.

Ils ne pouvaient pas savoir ce qu'il pourrait lui dire dans cet état. Il devait se calmer et prendre le temps de digérer la nouvelle. Sans pour autant griller leur couverture. Apprendre qu'ils menaient une mission presque suicidaire pour assassiner le plus grand mage noir de tous les temps ne semblait pas le plus intelligent à faire. Quelle serait sa réaction ? Il serait étonnant qu'il propose son aide, ou même qu'il tienne sa langue. C'était trop tôt pour ça.

Non.

Ils devraient faire passer ça pour une découverte de passage, qu'ils considéraient à leur façon. Hermione avait un rôle important à jouer dans cette pièce. Lucius semblait prendre en considération son avis, et devrait trouver des repères pour garder la tête haute. Le sang-pur devait garder sa hargne et son mordant tranchant.

Ils avaient besoin du célèbre sorcier à l'esprit calculateur, et non un adolescent brisé. Et ils feraient en sorte que cela reste ainsi.

Il entra dans la chambre et trouva son ami dans une fâcheuse position, rampant presque au sol en mettant ses vêtements. Son corps n'avait pas totalement récupéré apparemment. Il fit un rictus moqueur qui fit rougir le blond de honte.

« – Aucun commentaire, attaqua Lucius amèrement.

– Je n'oserais pas, répondit-il avec légèreté tout en l'aidant à se relever.

Il lui enfila totalement le pantalon, et finit de boutonner sa chemise sous le regard gêné du blond.

– Je pouvais très bien le faire seul.

– Je constate cela, lança-t-il avec un subtile sarcasme avant de l'amener jusqu'au lit. Tu aurais pu m'attendre. Tu savais que je passerais.

– Dois-je réellement me répéter ?

Severus ne répondit pas, ne préférant pas le contrarier plus que nécessaire. Pouvait-il se réjouir de la hargne dont semblait faire preuve le Serpentard ? Il ne dit rien, attendant que celui-ci ressente le besoin de se livrer. Le silence pesant affecta Lucius plus qu'il ne l'aurait souhaité. Un silence qui lui laissait le temps de repenser à ce qu'il avait lu.

Il se prit la tête entre ses mains, refusant de voir la réalité en face.

– Severus….Je pense devenir fou, confia-t-il sans relever la tête, ses longs cheveux cachant son visage.

Le brun se servit une tasse de thé et se mit à la boire sans précipitation. Un calme apparent olympique.

– Comment tu pourrais devenir fou ? Cela ne serait pas digne d'un Malfoy.

Il devait l'attaquer pour mieux le faire réagir. Voir par lui-même ô combien cette situation était ridicule et appelait au changement.

– HA HA HA! Digne d'un Malfoy tu dis ?! commença-t-il à crier tout en relevant la tête. Tu penses que tout ce que j'ai fais est digne d'un Malfoy ?! Sa putin de queue dans ma bouche parfaite ! déblatéra-t-il tout en s'arrachant presque les cheveux. Au pied d'un misérable SANG-MÊLÉ !

Le mot était lâché. Il l'avait dis. Severus resta calme, le laissant s'époumoner dans ses insultes. Il lâchait toute la pression, ne réfléchissant plus à ce qu'il disait. Tout sortait. Le brun eut le réflexe d'envoyer un sort d'insonorisation. Le blond se releva, et agrippa les épaules du maître des potions. Il planta son regard écarquillé dans le sien.

– Tu le savais Severus ? Tu le savais qu'il n'était pas ce qu'il prétend ? Tu le savais ?! Lui demanda-t-il avec un regard d'espoir.

– Je ne sais pas de quoi tu parles. Si tu prenais le temps de m'expliquer, lui proposa-t-il calmement.

Le blond sembla un brin soulagé avant de se faire accabler par le poids de cette vérité. Il s'éloigna, titubant, le regard perdu.

– Yulia m'a conseillé de lire un livre, commença-t-il après s'être de nouveau jeté sur le lit. Elle l'a fait après m'avoir posé une question si...étrange. Elle me demandait si tout ce qui n'était pas pur avait de l'intérêt à mes yeux. La réponse était pourtant évidente. Et elle m'a regardé d'une telle façon Severus. Compatissante, de la pitié peut-être, je ne saurais dire. Mais un regard qui m'a retourné l'estomac. Et c'est là qu'elle m'a demandé de lire ce livre, et de revenir lui en parler après. Je n'avais pas compris ce qu'elle voulait dire mais maintenant je comprends. Elle savait. Elle connaissait la vérité et ressentait de la pitié pour moi et mes pauvres illusions. J'étais si aveugle !

Severus n'ajouta rien, l'observant tout simplement. Un silence qui invita le second à continuer. Il apposa son regard dans le sien, lui confiant sa détresse.

– J'y ai trouvé l'histoire de la famille de Serpentard et l'arbre généalogique. Arbre où j'ai appris que le maître… était un sang-mêlé…

La colère avait disparu de son visage, remplacée par son désarroi. Un enfant perdu à qui on avait retiré toute illusion. Le brun en était désolé pour lui...C'était inévitable. Pour son bien. Il écarquilla les yeux, simulant une surprise profonde à cette nouvelle. Il devait jouer un rôle encore un moment. Il devait tenir bon.

– Mais… Comment…?

– Je ne sais pas comment une telle chose peut être possible, le coupa brutalement Lucius. J'ai beau y penser, ça me paraît si fou. Je suis totalement humilié, s'accabla-t-il d'un regard absent.

Severus se leva et monta sur lui à califourchon, le bloquant de toute fuite. Il lui attrapa son T-shirt et le souleva quelque peu, ramenant son visage près du sien.

– Je t'interdis d'être comme ça, cela ne te ressemble pas ! Réveille-toi ! Il est un sang-mêlé et alors ? Tu comptes faire quoi ? Te tuer afin de laver cette humiliation ? N'y pense même pas ! Tu n'es pas un lâche, et tu sais quel est le meilleur moyen de te venger, finit-il dans un sourire typiquement Serpentard.

– Sang…

– Par le sang, finit-il fièrement.

Ils échangèrent un regard déterminé et complice. Oui, il allait réussir. Leur bulle éclata totalement lorsqu'ils entendirent la porte s'ouvrir. Ils tournèrent la tête d'un même mouvement et virent Yulia, un regard neutre.

– Je ne pensais pas vous déranger. Mais je vous en prie, continuez. Je repasserai plus tard, les informa-t-elle tout en fermant la porte derrière elle.

Elle se trouvait toujours au même endroit, poignée en main, crispée. Que venait-elle de surprendre à l'instant ? Elle avait miraculeusement réussi à garder ses émotions, mais elle était totalement retournée. Gay...Ils étaient gays ? La mort dans l'âme, elle fut sur le point de relâcher la poignée lorsqu'elle fut tirée en même temps que la porte qui s'ouvrit sur les deux adolescents en panique. Ils tombèrent tous trois à terre, se massant les membres endoloris. Ils échangèrent un regard que Yulia détourna un peu trop rapidement.

– Tu te trompes ! Il ne se passe rien de cet ordre entre nous, commença le blond tout en prenant sa main.

– Parfaitement ! Qui voudrait d'un mec décoloré aux manières bien trop efféminées ? Commenta le brun avec sarcasme.

Commentaire qui lui valut un regard tueur.

– Vous n'avez pas besoin de vous justifier, j'aurais dû frapper avant d'entrer, répondit-elle toujours mal à l'aise au possible.

Il ne lui lâchait toujours pas sa main, la gardant au creux de la sienne. Il la serra avec plus de vigueur.

– Je t'assure que les hommes ne m'attirent pas du tout ! Insista-t-il.

– Je n'ai pas à le savoir, reprit-elle tout en se relevant et récupérant sa main sous les sifflements menaçant de Yoka qui appréciait peu que le blond insiste autant pour toucher sa maîtresse.

Cela suffit pour faire reculer les deux Serpentards. Ils ne souhaitaient pas tenter une morsure du compagnon.

– Je passais voir comment tu allais. Je vois que tu arrives à tenir debout, commenta-t-elle.

– Plus ou moins.

– Bon...Je vous laisse, intervint Severus avant de partir.

Il était soulagé de ce qu'il avait vu. Il pouvait maintenant se concentrer sur une autre partie de sa mission pour l'instant. Le reste dépendrait de Hermione. Celle-ci entra dans la chambre, s'installant dans le fauteuil. Lucius lui fit face, la mine sombre. Il croisa les bras et semblait chercher ses mots.

– Tu sais maintenant, émit-elle avec évidence.

– Comment ?

– Comment je l'ai su ? De la même façon que toi.

– Pourquoi me le dire que maintenant ?

– Cela aurait changé quelque chose ? M'aurais-tu cru si je te l'avais dis ? Tu ne m'aurais jamais écouté, l'accusa-t-elle avec aplomb.

– Bien-sûr que cela aurait tout changé ! Répondit-il tout en se levant avec rage. TOUT ! Tu ne sais rien ! Tu ne sais pas ce que j'ai vécu, ce que j'ai fais… !

– Non, je ne le sais pas. Mais je savais par contre que ta foi aveugle n'aurait été ébranlée par aucune de mes paroles.

– Cela signifie que tu n'es pas avec le maître, réalisa-t-il.

– Je suis mon propre maître. Tu devrais le savoir depuis le temps, lâcha-t-elle d'un sourire énigmatique.

Oui, elle avait toujours été ainsi. Toujours au-dessus de tout. Elle était au-dessus de tout. Et le serait toujours. Une main sur le visage et il se mit à rire comme un dément. Une autre prit la sienne et l'écarta de son visage. Les yeux argentés de la jeune fille le fixait d'une lueur folle. Elle le jugeait ouvertement.

– Pourquoi sembles-tu si misérable ? Ne dit-on pas sang...

– Par le sang, compléta-t-il, hypnotisé par son regard.

– Tout à fait. Rends-lui au centuple et lave ton honneur. N'est-ce pas ce que tout bon sang-pur ferait ?

Le sourire sombre qu'elle étira fit vibrer son être. Elle était si belle. Dans un élan incontrôlable il se jeta sur ses lèvres, sentant son corps se libérer de toute cette frustration. La rage menait la danse et aucune douceur ressortait de cet échange. Un combat se déroulait et les dents sortis, ils s'embrassaient, se mordaient fortement, gémissant de douleur et de plaisir. Il l'agrippa, ramenant sa taille contre lui. Les mains frêles de Hermione trouvèrent le chemin jusqu'aux longs cheveux du blond qu'elle tira, le faisant pousser un cri animal. Tout en l'embrassant, les images de son maitre s'imposèrent à son esprit. Oh oui, il se vengerait. Il se vengerait et prendrait ce qui lui revenait de droit. Cette divine créature qui gémissait dans ses bras.

Elle était sienne.

Perdu dans les méandres du plaisir, il fut troublé lorsque le contact cessa. Hermione reprenait constance.

– Ce n'est pas le but de ma visite. Restons-en là Lucius, dit-elle en se détachant de ses bras ballants.

– Tout plan peut-être changé, proposa-t-il.

– Ou conservé, comme cette fois-ci, précisa-t-elle tout en remettant de l'ordre dans sa tenue. Je vais te laisser, j'ai des devoirs à terminer. Sur ce, passe une bonne soirée, lui souhaita-t-elle avant de s'en aller. »

Sur le chemin, elle sentait son cœur rebondir dans tous les sens. Par Merlin que s'était-il passé ? Il l'avait embrassé et tout était devenu blanc. Le vide total. Elle n'était plus que sensations. Les sifflements d'avertissements de Yoka avaient su la ramener à la raison. Mais qu'est-ce qu'il lui prenait. Elle n'était pas là pour batifoler avec le premier apollon qu'elle croisait !

Il ne manquerait plus qu'il recommence son comportement de la rentrée. Un soupir sincère sortit de ses entrailles.

Pourrait-elle gérer de nouveau un Lucius exubérant ?

Certainement pas.


Ses pas la menèrent aux toilettes des filles, s'arrêtant devant les robinets qu'elle fit ouvrir d'un ordre clair. Elle se jeta dans l'accès, descendant en douceur grâce à sa magie, et traversa la longue allée d'un pas décidé. Elle s'arrêta devant la statue étrange et reporta son attention sur le sol, se mettant à tracer de nombreuses inscriptions runiques. Elle connaissait la procédure par cœur. Elle l'avait lu tant de fois qu'elle pourrait l'exécuter les yeux fermés.

C'était le moment idéal. Severus était occupé, et Lucius enfermé sans autorisation de sortie. Elle devait faire cela ce soir, et obtenir les réponses qui la tiraillaient tant, elle et sa famille.

Elle se plaça au centre des cercles et se taillada la main qu'elle dirigea vers le sol, laissant couler les gouttes de son sang sur les écritures qui semblèrent réagir à l'offrande. L'air devint électrique, faisant soulever ses couches de vêtements qui la protégeaient du froid environnant. Elle ne s'en préoccupa pas, marmonnant des incantations qui brisèrent le sol. De ces fissures, en ressortit un bourgeon. Celui-ci poussa, tournant sur lui-même pour devenir plus robuste et épais. Il se divisa, se mêla les branches entre elle, et dans la main de la Serpentard, un sceptre se posa. Elle ressentait la fatigue due à l'invocation. Elle ne prit pas de pause avant de continuer. Rien ne comptait plus que le rituel.

Elle y arriverait.

Yoka s'enroula habilement autour de l'invocation et en arriva à son extrémité où reposait un cristal argenté. Elle y fit couler son venin, le faisant s'illuminer. Il brillait et dégageait une aura glaciale. Elle sentait le froid lui piquer la peau. Elle n'attendit pas plus longtemps et planta le sceptre dans le sol. Celui-ci craqua plus fortement et une onde de magie le traversa. Elle resta fermement sur ses positions.

« J'en invoque au Grand Serpent, Gardien des âmes et défunts, Maître de la Porte Divisée et Souverain du Monde Souterrain, que mon appel te parvienne et que ma demande soit entendue. Que mon sang sacrifié retrouve l'âme convoquée, que le sceptre des limbes la retienne aux racines de notre monde et qu'elle trouve son chemin jusqu'à moi. Entends mon appel !

Des gouttes de sueur perlèrent sur son front. Elle se tenait bravement sur le bâton, sentant le sol vibrer sous ses pieds.

Il arrivait.

Une fumée noire s'échappa de la fissure, serpentant sur le sol et ne faisant plus qu'un. Il vit apparaître un serpent immense, aux yeux rougeâtres. Impressionnée, elle l'était. Comment faire autrement ? Se tenait devant elle l'un des Gardiens de la Mort. Il la jaugea du regard impitoyablement, et ses sombres sifflements la firent frémir.

Qui ose me demander ?

Yulia Tolstoï, grand Maître Serpent, répondit-elle en courbant la tête respectueusement.

Tolstoï dis-tu ? Ce nom m'est familier. Des âmes si intéressantes, commenta-t-il avec intérêt. Que veux-tu ?

Je ne demande qu'une seule chose : qu'il me soit permis de rencontrer l'âme de la personne de mon choix.

Des sifflements retentirent, saccadés, associés à ce qu'on pourrait appeler un rire.

Vous êtes si avare, vous les humains.

Je vous conjure de répondre à ma demande.

Que me proposes-tu en échange ?

Je connais déjà le prix de cette requête.

Un sourire s'étira sur le visage reptilien du gardien. Elle n'était pas idiote.

Parfait. Il te suffira de prononcer son nom tout en touchant le sceptre. Tu as jusqu'au petit matin, l'avisa-t-il avant de se transformer de nouveau en fumée, et se faufiler dans la crevasse.

Elle reprit son souffle qu'elle avait inconsciemment coupé. Elle raffermit sa prise sur le sceptre.

Yelena Tolstoï, murmura-t-elle avec émotion.

Elle n'eut pas besoin d'attendre longtemps avant qu'une boule blanchâtre ne trouve son chemin jusqu'à elle. Comme pour le gardien juste avant elle, elle prit forme sous les yeux impatients de la brune.

Elle avait réussi.