Réponse reviews :
(nanalou) Oui en effet, je pense que je vais prendre plaisir à rédiger ce chapitre ! Yelena Tolstoï est réellement un personnage intéressant à mes yeux et j'espère vous la présenter ainsi.
Oh vraiment ? 3e année de quoi ? Personnellement c'est ma 2e année de Bachelor Concepteur 3D, mon ordi est tout simplement ma vie XD
Merci pour ton soutien, tu m'as relancé dedans, je pense que je m'en voudrais si je la mettais encore une fois de côté × Donc je tiendrais bon !
(Khaleerys) Ahahahha désolée, j'avoue que c'était une fin vraiment...sadique si on peut dire cela comme ça. Mais, je me confesse : c'était le but xD Pardonne-moi ma faiblesse mais cela ne fait qu'augmenter votre envie de lire la suite ( j'en ai été la victime moi-même plusieurs fois, donc je compatis dans un sens ×D)
Je suis contente que ça t'ait surpris, Yelena est un personnage que je vais prendre plaisir à traiter, j'espère qu'elle te plaira.
(Manon) Alors faisons en sorte que ton envie ne se tarisse pas ;D
(Wessem Assbai) Désolée pour toute cette attente. Mes études ont eu raison de ma détermination. Je n'avais pas le temps de continuer…:/
Extrait du précédent chapitre :
Elle reprit son souffle qu'elle avait inconsciemment coupé. Elle raffermit sa prise sur le sceptre.
– Yelena Tolstoï, murmura-t-elle avec émotion.
Elle n'eut pas besoin d'attendre longtemps qu'une boule blanchâtre trouva son chemin jusqu'à elle. Comme pour le gardien juste avant elle, elle prit forme sous les yeux impatients de la brune.
Elle avait réussi.
Chapitre 18
Petit chat
La boule de lumière réchauffa l'air ambiant de la pièce, mettant Hermione plus à l'aise. Et pourtant, elle sentait son cœur prêt à exploser. Elle allait enfin la rencontrer et connaître la vérité sur cette mystérieuse disparition.
La silhouette d'une femme se forma, dévoilant un corps harmonieux, des longs cheveux lui arrivant jusqu'aux fesses sûrement. Ses yeux demeuraient encore fermés laissant à la jeune fille le temps de l'observer plus longtemps. Elle remarqua les similitudes avec Henriette, retrouvant son nez légèrement retroussé et ses pommettes hautes, accentuant leurs traits aristocratiques. C'était une femme d'une grande beauté dont la forme fantomatique n'enlaidissait en rien.
« – Maika, est-ce bien elle?
– Oui, c'est mon ancêtre, lui répondit-elle sans la regarder.
Son attention était entièrement dévouée à la défunte qui sembla réagir aux sifflements émis et ouvrit les yeux. Son regard la scanna d'une traite, et une expression triste, voire résolue s'afficha.
– Il m'a retrouvé, lâcha-t-elle avec mélancolie.
De quoi parlait-elle ?
Elle croisa les bras, droite et impressionnante. Ses yeux à présent polaires ne la traitèrent pas mieux qu'un insecte.
– Ne ressentez-vous aucune honte à troubler le repos des morts ? l'attaqua-t-elle.
– Si une autre solution s'était offerte à moi, je l'aurai saisi, contra-t-elle.
– Veuillez ranger vos belles paroles. Votre venin ne sera d'aucune utilité contre moi. Comment a-t-il fait pour faire appel à mon âme ? Le Grand Serpent ne l'aurait jamais permis, la questionna-t-elle suspicieusement.
Hermione leva les mains en signe de paix, tentant de reprendre le contrôle de la conversation.
– Je ne vois pas de quoi ni de qui vous parlez. J'ai eu recours au rituel des limbes de ma propre initiative. Je devais vous rencontrer et comprendre une bonne fois pour toute ce qui vous est arrivé, l'informa-t-elle d'une voix calme, qui se voulait rassurante.
L'expression de Yelena changea du tout au tout, ses yeux s'écarquillant.
– Ce rituel...seuls…
– Seuls ceux de la famille Tolstoï en ont connaissance, finit-elle en souriant.
Des larmes perlèrent des yeux du fantôme qui fut sur Hermione en un instant, sa main lui caressant le visage d'une caresse aérienne.
– Anissia ?demanda-t-elle d'une voix brisée, portée par l'espoir.
C'était l'expression d'une mère découvrant son enfant. Elle en eut la voix coupée d'émotion. Elle pensait retrouver sa fille…
– Je ne suis pas votre fille…, souffla-t-elle, désolée de la peine qu'elle provoqua.
– Mais alors, que… ? Interrogea-t-elle tout en retirant sa main.
– Je suis son arrière petite fille, Yulia Tolstoï.
Un éclat de soulagement traversa son regard. Elle sentait en un instant l'amour qu'elle lui accorda, la berçant de son doux regard.
– Tant d'années…, fit-elle pensive.
– En effet et pourtant, votre disparition déchire le cœur de toute notre famille, intervint-elle.
Son visage devint plus sombre, la culpabilité la rongeant.
– Je suis reconnaissante d'avoir la possibilité d'expliquer mes actes. Je pensais ne jamais en avoir l'occasion. Ton sacrifice ne sera pas vain, je vais tout te montrer, dit-elle en posant son front sur le sien, projetant ainsi la brune dans les souvenirs de la défunte.
Flash-back
Hermione se retrouva propulsée dans un café londonien tout à fait charmant, aux couleurs chaudes et aux effluves des boissons qui emplissaient de plaisir leur papilles. On se sentait tout de suite à l'aise. Les serveurs dégageaient une aura bienveillante, armés de leur sourires aussi grands que la génétique leur permettait. Elle était assise à une des tables, bien évidemment ignorée de tous car tout simplement invisible pour eux. Elle n'eut donc comme autre loisir que d'observer les clients, s'amusant quelque peu de leurs tenues d'époque. Ce n'était pas moqueur. C'était même de l'admiration. Elle trouvait les hommes bien plus charmants revêtus ainsi que dans leur pantalons si moulants qu'elle avait connu dans son époque. Ils étaient tout simplement virils et attirants. Même le plus pauvre d'entre eux restait classe à ses yeux.
Mais ce n'était que son avis.
Son esprit divagua; et son regard tomba sans prévention dans des yeux d'une couleur si pure. L'or paraissait pâle à côté. C'était irréel. Comment une couleur pareille pouvait exister ? Un charme ? Peut-être...Mais elle en doutait fortement. Ils étaient juste...uniques. Et si perçants ! Cet homme était magnifique. Ses cheveux blonds miel ne dénotaient pas un instant avec ses yeux, semblant même les rehausser avec sa peau au bronzage léger et doré. Elle sentait son âme se faire engloutir par ceux-ci, comme attirés par un appel irrésistible. Le regard qu'il posait sur elle lui était insupportable.
Attendez une minute…
Le regard qu'il posait sur elle… ?! Comment pouvait-il la voir enfin, ce n'était pas… ! Et pourtant, c'était vrai. Il sourit, appréciant la mine déconfite qu'elle tirait. Et elle n'eut pas le temps d'y penser plus longtemps que le contact fut brisé par l'arrivée de Yelena qui accapara toute son attention.
Déçue ? Comment ne pas l'être ? Être le centre d'attention d'une créature pareille avait de quoi vous retourner dans tous les sens. Perdre cette sensation était assez désagréable. Elle soupira et porta une attention toute particulière à l'instant présent. Elle ne devait pas louper une miette de ce qui se passait.
Aucun doute à avoir : cet homme était Gellert Grindelwald.
C'en était presque à se demander comment Yelena avait pu choisir Albus...Elle se gifla fermement, se traitant de tous les noms et entendit un ricanement qui les déstabilisèrent toutes deux. Il pouffait, se moquant de Hermione. Mais...N'était-ce pas un souvenir ? Elle ne pouvait décidément pas interagir avec celui-ci...non… ?
« – Qu'est-ce qui te fait rire Gellert ? s'interrogea Yelena, la tasse au bord de ses lèvres, arrêtée dans son mouvement de curiosité.
– Une aura, souffla-t-il simplement avant de reprendre son sérieux, conservant quelques étoiles dans ses yeux.
Le coeur de la Serpentard cessa de battre un bref instant. Qu'avait-il dit ?! Il avait entendu ce qu'elle avait dit ?! Mais comment… Elle pâlit à vue d'œil. Cela ne passa pas inaperçu pour le jeune homme qui se remit à rire discrètement, lui faisant un clin d'œil qui la fit frémir. Son rire redoubla.
– J'aimerais bien savoir ce qu'ils te racontent des fois. Tu ne ris jamais autant qu'avec eux, confia Yelena, une petite moue qui se voulait vexée.
Une main se retrouva dans ses cheveux auburn et furent frottés tel un adulte réconfortant une enfant.
– Tu sais bien que c'est avec toi que je me sens le mieux. C'est juste que ces auras sont parfois marrantes. Comme celle-ci, qui ne savait pas que je pouvais la voir. Elle a été très surprise, expliqua-t-il.
– A quoi ressemble-t-elle ?
Le regard envoûtant du blond se posa de nouveau sur l'intruse qui ne savait intérieurement pas comment réagir. C'était la panique, et pourtant elle se reprit, de la même façon qu'elle l'avait fait durant toutes ces semaines. Elle se redressa, se tenant aussi droite que Henriette lui avait appris. Un maintien parfait que beaucoup lui jalousait. Son regard devint presque hautain, muni d'un rictus de défi. Oh oui, elle le défiait de la décrire. Aucune erreur ne serait tolérée. Et ça, il le comprit vite, pouffant dans sa main avec grâce.
– Elle est une noble, rien n'y trompe. Elle est jeune, un peu plus jeune que nous. Elle porte un uniforme de Poudlard...Je suis étonné de ne pas me souvenir d'elle…avoua-t-il pensif. Elle a des cheveux noirs, assez longs, lui recouvrant sa poitrine. Et elle a des yeux d'un gris acier, magnifiques… Je dirais même qu'elle te ressemble Yelena.
– Vraiment ?! s'étonna-t-elle en reposant sa tasse.
– Oui, vous pourriez faire partie de la même famille.
– C'est impossible et tu le sais bien.
– Oui. Mais malgré tout, elle ne t'arrive pas à la cheville, reprit-il en posant son regard sur son amie, ne la lâchant cette fois-ci plus des yeux.
Tout était pour elle et pour elle uniquement.
Cette dévotion dévorante qu'il lui accordait mit Hermione mal à l'aise. Il l'aimait comme un fou…. Elle voyait bien qu'il le dissimulait par cette amitié apparente et Yelena qui était totalement aveugle de tout ça… Elle soupira de nouveau, tentant de mettre de l'ordre dans ses pensées. Elle n'était apparemment pas dans un simple souvenir car un échange était possible. Mais jusqu'à quel point cela aurait-il un impact ? Allait-elle changer quelque chose à son époque ? Par Merlin, cela ne devait pas arriver. Pas ainsi !
– Ne raconte pas n'importe quoi Gellert. Comment oses-tu parler ainsi d'une jeune fille ? Tu vas la blesser, imbécile, dit-elle en le tapant à l'arrière de la tête.
Hermione écarquilla les yeux, surprise. Son ancêtre avait du caractère apparemment...Il ne pouvait en être autrement de toute façon ! Le jeune homme s'excusa tout en ricanant, pas un brin blessé par son geste.
– Bien, que souhaitais-tu me dire ? Changea-t-il de sujet.
A cette question, la main de la sang-pur se posa sur son ventre dans un geste discret, mais pas assez discret pour son ami. Il le perçut et fronça un bref instant les sourcils.
– Ce que je vais te dire, tu le gardes pour toi Gellert, je te fais confiance. Ne le dis pas à Albus, je souhaite lui faire une surprise.
– Rassure-toi. Je serais aussi muet qu'un chaudron, répondit-il dans un sourire qu'Hermione traduisit en rictus.
Non, cette conversation ne plaisait pas au blond.
– Je suis enceinte, déclara Yelena avec émotion.
Il en serra sa tasse dans une pulsion, la brisant entre ses doigts. Le sang se mit à couler le long de sa manche à présent souillée. Il n'avait pas pu se retenir et toute sa frustration se lisait dans son regard. Son masque s'était ébranlé devant celle qu'il aimait. Hermione ne bougea pas d'un poil et l'observa avec attention. Il avait reprit son expression amicale en une fraction de seconde, sous le regard ébahi de son ancêtre qui s'était jetée sur sa main afin de la soigner.
– Par Merlin Gellert, tu vas bien ?!
– Oui, désolé. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Ma main s'est contractée sous la surprise. Rassure-toi ce n'est rien.
Elle se rassit, inquiète.
– Je ne pensais pas que cette nouvelle te blesserait.
– Ce n'est rien, je t'assure. J'ai juste été surpris, c'est tout. Toutes mes félicitations, ajouta-t-il dans un sourire chaleureux auquel Yelena répondit. »
Cette scène lui semblait si fausse pour la brune et elle avait tout juste. Il ne pouvait pas accepter cette situation sans réagir. Il se leva, s'excusant, et expliquant qu'il avait un rendez-vous. Sans réfléchir, Hermione se leva et le suivit. Elle ne connaissait pas encore les conséquences de son acte. Elle devait découvrir ce qui allait se passer après. Ils traversèrent de nombreuses rues d'un pas pressé et maintenu. Mais où allait-il ainsi bon sang ?!
Et soudainement, il se retourna, lui faisant face. Elle se stoppa à son tour, le regardant sans sourciller. Elle n'avait aucune raison d'avoir honte.
« – Être morte ne signifie pas ne plus devoir se plier aux règles de bienséances. Je te prierai de te trouver une autre victime, je ne suis pas d'humeur.
– Étant le seul à me voir, tu comprendras bien mon choix de victime, répondit-elle au tac au tac.
Il haussa un sourcil de surprise et un nouveau sourire apparut sur son visage. Un semblant d'intérêt peut-être dans le regard. Qui pouvait-elle être ? Il se rapprocha et tourna autour, pas le moindre instant troublé à l'idée qu'on le prenne pour un fou.
– Je n'aime pas l'idée qu'une inconnue me suive. Quel est ton nom ?
Que devait-elle dire ? Aucune des réponses lui frôlant les lèvres ne semblaient convenir. Se présenter en tant que Tolstoï était catégoriquement une mauve idée. Et en tant que Granger ? Pourquoi pas ?
– Hermione Granger, répondit-elle poliment. Et à qui ai-je à faire ?
– Gellert Grindelwald, enchanté.
– De même.
– Maintenant que les présentations sont faites, vas-tu me suivre longtemps ?
– Aussi longtemps qu'il m'en plaira, répliqua-t-elle sans réfléchir.
Elle et son mordant habituel. Elle devait vraiment apprendre à la boucler parfois. Et cette idée se concrétisa lorsqu'il posa une main sur sa poitrine, un regard mauvais. Une lumière rouge en sortit et il attrapa fermement le bout d'une chaîne, lui coupant le souffle. Que venait-il de faire ?!
– Je crois que cette demoiselle a bien besoin de recevoir une leçon de bonnes manières. Te voir ne m'oblige pas à te supporter, et encore moins à subir tes caprices. Sache que s'il m'en plaît, tu devras éternellement restée à mes côtés. Cela sera très douloureux pour toi. Je ne crois pas que cela soit ce que souhaites, lui souffla-t-il à son oreille.
Elle secoua la tête, affirmant ses propos. Oh non elle ne souhaitait pas cela. Il relâcha la pression et la chaîne se dématérialisa. Elle fut au sol, essoufflée.
– Qu'as-tu fait ?
Il s'accroupit, lui attrapant son menton. Par Godric, il pouvait la toucher, réalisa-t-elle avec horreur.
– Mes yeux ne sont pas seulement beaux. Ils me procurent un pouvoir unique qui est de contrôler les âmes. Je suis sensible à toute aura m'entourant, et suis connectée avec la dimension t'habitant. Il m'est aisé d'en prendre le contrôle. Alors, apprends à me respecter, petite fille, déclara-t-il en la prenant de haut avant de se relever et partir. »
Elle réalisait à peine ce que cela impliquait. Cet homme était réellement dangereux ! Elle n'eut pas le temps d'y penser plus longtemps, qu'elle fut aspirée dans un tourbillon malicieux qui l'entraîna jusqu'à sa prochaine destination.
Elle se retrouva dans un bureau aménagé, éclairé par la lumière éclatante du soleil. Yelena y travaillait, le front plissé de concentration. Elle était vraiment belle…
La porte s'ouvrit en trombe, laissant apparaître Gellert, ses vêtements impeccables malgré sa course effrénée.
« – Yelena, c'est enfin le jour !
– Le jour pour quoi ? s'informa-t-elle.
Il se posta à ses côtés, lui prenant son poignet afin de la faire se lever.
– Il n'y pas une minute à perdre. Albus est en déplacement. Nous pouvons enfin partir.
– Partir, mais qu'est-ce que tu… ? Tenta-t-elle tout en se stoppant sur place, à présent craintive.
Il se retourna, surpris.
– Bien-sûr, tu ne peux plus rester avec lui. Je sais que si tu m'as confié ton secret c'était pour faire appel à mon aide. J'ai tout préparé. Je nous ai trouvé une maison en France. J'ai des amis là-bas qui me trouveront un travail très facilement. Tu pourras tranquillement donner naissance à no…
– Mais que racontes-tu enfin, le coupa-t-elle. Il n'est pas question que je m'en aille avec toi Gellert !
Il se jeta sur elle, l'attrapant par les épaules.
– Je sais que c'est cet amour aveugle pour lui qui te fait parler. Mais je te connais. Je sais qu'au fond tu souhaites que je t'aide à le fuir. Tu as besoin de moi, je l'ai compris. Tu n'as plus besoin d'avoir peur. Je te protégerai de lui !
Elle s'extirpa de sa poigne, et lui envoya un regard polaire.
– Il suffit !
Il sursauta.
– Je n'ai pas besoin de ton aide ! Je suis très heureuse aux côtés de Albus. J'attends mon mariage avec impatience. Je ne sais pas ce qui t'a fait penser le contraire, mais je t'assure Gellert que tu fais fausse route. Je n'ai pas l'intention de partir, je n'irai nulle part avec toi.
– Mais tu… Tu ne peux pas… Tu ne peux pas rester aveuglement avec lui ! Il te fera souffrir ! Il n'a que le pouvoir en tête ! Commença-t-il en tentant de la prendre dans ses bras. Je ne peux plus le laisser te faire souffrir ainsi, je n'en supporterai pas plus ! Nous partons immédiatement. Je t'aimerai et te chérirai toi et notre enfant… !
La claque tomba, lourde et douloureuse. Elle était furieuse et blessée. Son regard enflammé dégageait toute la détresse qu'elle ressentait. Jamais elle ne l'avait regardé ainsi, lui son meilleur ami. Celui pour lequel elle éprouvait tant d'affection, et qui aujourd'hui, se présentait en un être repoussant.
– Sors d'ici tout de suite !
– Je ne… !
D'un coup de baguette, elle le fit sortir, et verrouilla sa porte d'un puissant sortilège. Longtemps il frappa contre celle-ci, s'époumonant sans relâche sur le fait qu'elle devait cesser de suivre cet homme et de s'abandonner à lui. Il était fou...Poussé par sa folie et son amour dévorant, il ne mesurait plus la portée de ses paroles. Le soleil se couchant, elle reposa sa plume et transplana après un dernier regard triste en direction de la porte.
Hermione pour sa part, venait de traverser le mur, observant le visage brisé de cet homme qui se leva et partit pour chez lui. Sûrement le moment dont lui avait parlé Albus. Leur altercation. Et alors qu'elle le vit transplaner, dans un geste incontrôlable, elle lui attrapa la manche, se faisant emporter par l'étau si significatif de la transplantation. Elle se retrouva l'instant d'après, baguette à la gorge, regard dément posé sur elle.
Un soupir, et la baguette fut retirée sous un aplomb qu'elle s'étonnait elle-même de posséder parfois.
« – Que fais-tu encore là petit chat ? Je pensais la dernière fois que tu avais compris, dit-il d'une voix légère tout en se servant un verre.
– Tu me manquais ?
Un ricanement lui répondit.
– Est-ce une question ou une affirmation ?
– Une proposition, trancha-t-elle, taquine.
Il la jaugea du regard, la décryptant de la même façon que lors de leur première rencontre. Elle attendait le verdict, cachant son malaise.
– Je t'aime bien finalement petit chat. Assieds-toi, finit-il par dire en lui désignant d'un mouvement de tête un siège près du sien.
– Je ne suis pas un petit chat, eut-elle le courage de préciser.
– Pour moi oui. Un petit être sans défense qui attend la première occasion pour attirer l'attention. Tu es le petit chat ayant jeté son dévolu sur moi, expliqua-t-il sans honte.
Un petit chat…Un dangereux mage noir étant responsable de tant de maux dans sa famille l'appelait petit chat. Elle rirait presque de l'ironie de la situation. Elle s'assit et observa son interlocuteur. Il affichait une face apaisée mais elle savait bien qu'il ne faisait que garder les apparences. Il tremblait de rage. Elle le savait.
– Pourquoi vouliez-vous partir avec cette femme ?
– Tu t'intéresses à ma vie maintenant ? Demanda-t-il, d'un visage faussement intéressé.
– J'ai surtout envie de briser ce silence inconfortable.
– Inconfortable pour qui ?
– Pour moi apparemment.
Et pourtant, ce silence qu'elle tentait de fuir se réinstalla. Elle soupira.
– Je ne fais que la sauver des griffes de Albus, répondit-il finalement, le regard lointain.
– Est-il un homme violent ?
– Non, il est surtout avide de pouvoir et ne la mérite pas. Personne d'autre que moi la comprend. Elle ne peut pas rester avec lui, affirma-t-il avec énergie.
– Et qu'allez-vous faire si elle ne souhaite pas venir avec vous ?
– Je saurais me montrer convainquant, répondit-il dans un sourire énigmatique qui lui donna froid dans le dos.
Il se rapprocha en deux pas d'elle, matérialisant de nouveau cette chaîne sur laquelle il tira, la plaquant douloureusement contre lui. Il porta ses lèvres jusqu'à ses oreilles et lui chuchota ces mots d'une voix chaude.
– Je saurais me montrer aussi convainquant que je l'ai été avec toi, souffla-t-il tout en lâchant la chaîne qui se brisa, laissant Hermione respirer à sa guise.
Elle était essoufflée, rageant de ce contrôle qu'il maintenait sur elle. Elle était totalement sans défense, et avait à grand regret remarqué qu'elle ne pouvait pas utiliser la magie. Elle était un témoin et rien de plus.
– Quelle agréable façon vous avez de convaincre les femmes, fit-elle remarquer, acerbe.
– N'est-ce pas ? Rétorqua-t-il, pas un brin vexé. Oh, nous avons un invité, énonça-t-il soudainement tout en se dirigeant vers la porte qu'il ouvrit, laissant un Albus contrarié entrer.
Gellert affichait un air malicieux, grand sourire avenant. C'était un tel comédien…
– Qu'est-ce qui t'amène ici, mon ami ?
– J'aimerai savoir ce qui s'est passé avec Yelena.
En un instant, le visage du maître de maison changea, devenant hautain, et empli de dégoût envers l'invité.
– Tu pensais sincèrement que je te la laisserais ? Elle n'est et ne sera jamais faite pour toi. Elle mérite bien mieux, et ma douce sera bientôt à sa place.
Albus fut profondément choqué par ce changement et ses paroles. Il ne le reconnaissait pas. Jamais son meilleur aurait pu dire de telles choses. Hermione sentit sa poitrine se déchirer en le voyant ainsi. Elle voulait tellement le prendre dans ses bras et pouvoir lui dire que tout irait bien. Mais cela serait mentir...
– Tu ne la mérites pas ! Jamais elle ne brillera comme elle le devrait à tes côtés ! Tu ne fais que lui nuire ! Je ne peux pas la laisser avec toi ! Je suis le seul à pouvoir la traiter à sa juste valeur ! Le seul !
Le masque était totalement tombé, révélant une face totalement folle de cet homme. Il était dément, des yeux brillants d'un amour dévorant lorsqu'il parlait de sa belle. Albus en blêmit, faisant au mieux pour ne pas s'écrouler devant cet affreux spectacle. Il fit un pas, s'affirmant dans ce tête à tête.
Il était plus grand que Gellert, et le surplomba de par sa taille.
– Je vais être clair. Je ne veux plus que tu t'approches d'elle. Yelena deviendra ma femme et rien ne changera cela, pas même toi Gellert. Si je te revois, je ne serai pas aussi clément.
Et dans ces derniers mots, il partit, claquant la porte derrière lui qui fit trembler les murs de la bâtisse. La tension avait été si intense, qu'elle en avait oublié de respirer. Elle vivait en direct la scène que leur avait conté Albus. C'était si étrange et grisant. Un rire empli de folie retentit, la faisant déglutir.
Il lui donnait réellement froid dans le dos. Elle sentait le duvet de son corps se dresser, et sa peau virer à la chaire de poule.
Il était celui qui avait enlevé Yelena. Il était celui qui avait causé tant de torts à sa famille. Jamais elle ne pourrait l'oublier.
Il ne cessa de rire, rejetant sa crinière en arrière en un mouvement à la fois gracieux et maladroit. Ses mains tremblaient. De peur ? D'excitation ? Elle n'aurait su le dire.
– Jamais elle ne lui appartiendra ! Déclara-t-il tout en lui lançant un regard qui la transperça sur place. »
Cet esprit malade rongeait la beauté physique de ce corps. Elle sentit sa poitrine se serrer d'effroi. Il l'effrayait. Elle avait déjà ressenti cette peur : Voldemort. Elle reconnaîtrait ces frissons entre milles. Cette perle de sueur envahissant son corps qui lui donnait. la chaire de poule. Ses poils qui se redressaient instantanément, et ses muscles qui se contractaient. Cette nausée et ce tournis qui la prenaient sans vergogne afin de lui faire perdre l'usage de ses sens.
Jamais elle ne pourrait oublier cette sensation et pourtant, elle pensait qu'elle ne la ressentirait plus de nouveau. Elle attrapa sa propre main, la serrant jusqu'à s'en planter les ongles dans sa peau claire.
Il lui fit un sourire, s'amusant apparemment de son mal-être. Elle n'eut pas le temps d'en faire plus, qu'une nouvelle fois elle se sentit agrippée par ce tourbillon temporel.
Elle se réveilla, la tête lourde et désorientée. Elle sentit une main passer dans ses cheveux, les caressant avec ce qu'elle pourrait décrire comme de l'affection. Mais qui… ?! Elle ouvrit les yeux précipitamment, et attrapa le poignet de celui qui osait la toucher ainsi. Tout cela avait été fait par instinct, et elle n'avait pas eu le temps de savoir qui était cette personne avant de s'exécuter.
Elle eut la surprise de se trouver devant Gellert, qui eut un sursaut à son réveil soudain. Mais un sourire prit place, et un regard portant tant d'intérêt pour elle. Elle regarda un instant ce poignet qu'elle maintenait toujours. Elle s'étonnait toujours du fait de pouvoir le toucher…
Il sembla lire dans ses pensées.
« – Tu te demandes pourquoi tu peux me toucher n'est-ce pas ? Lui demanda-t-il en lui caressant le visage de sa main libre.
Elle ne répondit que par un regard de défi, voire hautain. Pour qui se prenait-il pour la toucher avec tant de liberté ?!
Il ricana, mais ne s'arrêta pas pour autant.
– Quel petit chat rebelle que j'ai là. Tu n'aimerais pas que j'ai besoin de te rappeler ta position ici, n'est-ce pas ?
Elle ne baisserait pas le regard, jamais ! Elle opta pour une autre option. Son regard se fit brillant et un sourire fleurit sur son visage.
– Bien-sûr que non, cela ne sera pas nécessaire, concéda-t-elle d'un ton avenant.
Il sembla satisfait et continua sur sa lancée.
– Nous pouvons interagir l'un avec l'autre car mon âme a été comme corrompue par ma magie. Je suis devenu une sorte de passerelle avec l'autre côté. C'est comme si…
– Comme si vous étiez à la fois mort et vivant…, le coupa-t-elle pour finir sa phrase.
Il ne s'en offusqua pas, et sembla même enjoué.
– Mais c'est que le petit chat ne sait pas que montrer ses griffes. Il est aussi intelligent.
– Plus que vous ne pouvez l'imaginer.
Il aimait ce mordant qu'elle avait et s'étonnait d'attendre ses visites si soudaines.
– Tant mieux. Je ne compte pas accueillir un être doué de bêtise et non de bon sens, dit-il en se levant du lit partant vers son bureau.
Elle ne sut quoi dire ou que faire. Une seule question la traversait : comment s'était-elle retrouvé là ?
– Je… ?
Sa voix stoppa Gellert en bon chemin qui se retourna, toute son attention sur elle. Il décrypta en un instant ses pensées.
– Je t'ai trouvé évanouie dans mon salon très chère. Je n'allais pas te laisser choir sur mon tapis. »
C'était le monde à l'envers. Elle n'était pas sensée suivre le fil mémoriel de Gellert mais de Yelena. Pourquoi n'était-elle pas à ses côtés, suivant la progression de l'histoire ? Tout cela était bien trop étrange et dangereux. Elle n'était qu'un témoin d'un souvenir, comment cela se faisait-il qu'il puisse la voir ainsi ? C'était comme...comme si elle avait fait un vrai voyage temporel… Impossible ! Et pourtant… Ahhh elle allait devenir folle ! Aucune réponse logique ne pourrait être trouvé. Ce n'était pas la première fois qu'elle faisait face à ces dilemmes.
La magie et ses mystères auraient raison d'elle un jour…
Elle devait se reprendre et déjà savoir à quelle moment elle se trouvait. Yelena était-elle déjà à ses côtés ? Était-elle morte ? Était-il déjà devenu le puissant mage noir ? Elle se leva, et suivit les pas du maître de maison. Elle se retrouva dans une salle de bain richement décorée aux parfums enivrants. Gellert se trouvait dans une large baignoire, reposant dans un bain mousseux.
Par Merlin et tout ce qui s'en suivait, pourquoi elle se retrouvait toujours dans ces situations si embarrassantes ? Elle en soupirerait presque…
« – Je ne te savais pas voyeur, petit chat, fit-il remarquer sans la moindre trace de honte.
Honte de quoi ? D'un corps si bien formé ? Jamais…
– Je vous ai suivi, je ne pensais pas arriver dans cette pièce. De ce fait, je vais me retirer, entreprit-elle à faire avant de sentir sa poitrine la brûler. Cette maudite chaîne la retenait sur place.
– Je ne pense pas t'avoir dit de partir, fit-il remarquer d'un ton enjoué qui promettait milles torture.
Encore un sadique pervers ayant jeté son dévolu sur elle. Maudite, elle devait être maudite. La magie la punissait pour sa naissance, de quoi d'autre ?!
Elle ne supporterait pas de se faire tirer comme un animal sauvage et choisit de réagir de façon réfléchi. Elle s'assit calmement sur place, lui faisant face sans se démonter. Il tint toujours la chaîne, sa tête reposant sur sa baignoire et il la dévorait du regard. Elle soutint ce regard, bloquant ses émotions comme elle l'avait si bien appris. Il ne posait pas un regard animé par une excitation sexuelle, elle le savait.
C'était autre chose.
Il semblait perdu dans ses pensées lorsqu'il la regardait. Se remémorant elle ne savait quoi.
– Tu m'intrigues beaucoup Hermione, souffla-t-il sans bouger, gardant cet air tranquille.
L'utilisation de son prénom était inattendue. Une évolution en vue ? Autant rêver sur place. Elle ne fit donc aucun commentaire.
– Tu lui ressembles beaucoup, même trop. Et ce regard brillant de tant d'intelligence et d'arrogance. Tu sembles en savoir bien plus que ce que tu laisses croire. Tu sembles surtout perdue, et ravagée de questions. Tu me sembles même bien différente des âmes que j'ai rencontré par le passé. Et un sentiment ne cesse de me traverser l'esprit mais, tu n'as pas ce regard qu'ont les défunts. Tu… tu ne me sembles pas morte.
Par Merlin, comment contrôler son corps quand il tenait de tels propos ? Rester calme, rester calme… Mais comment avec ce regard qui l'analysait sans sourciller ?! Garder son masque bien en place.
– Intéressant. Et si je ne suis pas morte, que serais-je donc ?
Idiote ! Autant lui demander de faire une enquête sur toi !
– Ça, c'est bien ce que je compte découvrir, conclut-il d'un sourire avant de sortir de son bain, ne s'occupant aucunement de sa nudité.
Elle en avala de travers. Il était fichtrement bien foutu ! Elle restait une adolescente avec des hormones et des envies comme toute fille de son âge. Et voir ceci était loin d'être désagréable. Et pourtant, aucune envie de rougir, elle avait déjà passé ce cap. Non, ce qu'il fallait se retenir de faire, c'était de reluquer.
Et toute tentative, aussi forte et motivée soit-elle par sa détermination, se retrouvait balancée par une parole de sa part.
– Ne te retiens pas Hermione, je sais pertinemment à quoi tu penses.
Coup direct dans le cœur et l'ego. Elle prit une profonde et discrète inspiration avant de répondre quoi que ce soit.
– Il n'y a rien à retenir car il n'y a rien à envier.
– Vraiment ? Demanda-t-il tout en s'approchant d'elle.
Elle voyait ses muscles rouler à chacun de ses pas, ses cuisses fortes se contractant à chaque réception. Il tenait toujours la chaîne la retenant et la dardait d'un regard brûlant. Il était diablement sexy et elle avait honte de penser cela alors qu'il l'avait enchaîné. Merlin tout puissant, combien d'épreuve allait-elle encore devoir traverser avant qu'on la laisse enfin en paix ?!
Il s'accroupit à son niveau et se mit de nouveau à caresser son visage. Trop proche. Il était bien trop proche. Elle pouvait sentir le parfum d'amande lui chatouiller délicieusement les narines. Elle adorait cette odeur.
– Tu lui ressembles mais… Tu n'es pas à elle. Rassure-toi, je n'ai pas d'intérêt de ce genre pour toi. Ce corps tout entier est dévoué à une seule femme, lui assura-t-il avant de se relever et faire disparaître son emprise sur elle. »
Son cœur battait la chamade. Vraiment trop de pression… Et pourtant elle se releva, et le suivit. Elle devait savoir à quel moment de l'histoire elle se trouvait. Elle arriva de nouveau dans ce bureau et son attention fut agrippée par un énorme cristal flottant dans une cage dorée. C'était à la fois magnifique et emplit de tristesse. Dans un geste inconsidéré, elle frôla la pierre qui se mit à briller et une voix la traversa « Sortez-moi de là, je vous en supplie ! »
Elle sursauta, et sentit la nausée la prendre. Par Merlin, qu'était-ce donc ?!
« – Ne t'a-t-on jamais appris à ne pas toucher aux affaires des autres, réagit-il, revenant dans la pièce cette fois-ci habillé.
Il n'était pas en colère, et semblait même s'amuser de la situation. Il se posa contre la grande cage, et frôla la pierre du bout de son doigt, ses yeux étant traversés par un éclair de plaisir sadique. Il prenait plaisir à écouter les supplications venant de cette prison…
– Tu as donc fait connaissance avec mon invitée.
– Votre invitée ? De qui parlons-nous ?
– Je te présente Zénia Tolstoï, répondit-il fièrement, continuant à caresser la pierre qui ne cessait de briller à son contact.
Par Merlin, cela ne pouvait être vrai ! La mère de Yelena se trouvait dans cette pierre mais comment… ?!
– Comment avez-vous fait cela ?
– Tu te rappelles de ce que je t'ai dis la dernière fois. Je suis une passerelle entre le monde des morts et des vivants. Je peux, au moyen d'un rituel de mon invention, arracher une âme défunte et l'emprisonner dans une pierre de sang.
– Mais, pourquoi ?!
Elle n'avait pas réussi à garder son calme. Elle devenait folle. Cet air satisfait qu'il arborait alors qu'il torturait son ancêtre l'horrifiait.
Il écarquilla les yeux, ne s'attendant pas à une telle réaction de sa part. Elle qui semblait détachée de tout cela. La chaîne réapparut, et elle se retrouva de nouveau collée à lui, le souffle court et douloureux. Mais elle n'en avait que faire. Elle le dardait d'un regard brûlant et empli de haine.
– Je me demande bien la raison de cette réaction. La connaîtrais-tu par hasard ?
Son regard brillant lui donna sa réponse.
– Oui...Tu la connais. Ta ressemblance avec Yelena n'est pas une coïncidence. Qui es-tu ? Lui demanda-t-il, collant son torse à sa poitrine, tirant toujours plus sur la chaîne qui la faisait souffrir.
– Un petit chat ayant jeté son dévolu sur vous, répondit-elle avec arrogance.
Un instant après elle était au sol, toute pression disparu, et lui riant à gorge déployée.
– Tu me fais rire, mon petit chat. Peu importe si tu ne me réponds pas tout de suite, j'aurais les réponses à mes questions un jour ou l'autre. Et puis, ce n'est pas comme si tu pouvais faire quelque chose contre moi, ajouta-t-il en jouant avec la chaîne qu'il tenait toujours dans sa main.
Il ne tirait plus dessus mais elle n'en restait pas moins attachée. Elle tremblait de rage et de frustration. Comment osait-il jouer avec l'âme des défunts ainsi ?! C'était un blasphème !
– Pourquoi faites-vous cela ?
– Car elle ne m'en laisse pas le choix.
– Vous voulez parler de Yelena ?
– Parfaitement. Elle ne me laisse pas le choix. Je dois la sauver de Albus, elle et mon enfant. Je ne peux les lui laisser, proclama-t-il, le regard perdu.
Il semblait parfois déconnecté de la réalité, se perdant dans les méandres de sa propre folie.
– Et si elle ne devait pas être sauvée ?
Il se figea, tournant lentement son regard sur elle. Un regard froid.
– Personne ne peut nous comprendre. Elle a besoin de moi. Je ne la laisserai pas rester aveugle à toute cette situation. Le seul avenir possible est de le passer à mes côtés.
– L'amour ne fonctionne pas ainsi. Forcer l'autre ne fera qu'attiser sa haine pour vous.
– Elle n'a qu'amour et considération pour moi. Elle ne fait que traverser un moment d'égarement. Mais elle saura reconnaître mes efforts.
Il était totalement perdu dans ses paroles. Il n'avait plus aucune raison… Dans un moment de folie, elle-même choisit de ne plus suivre sa raison et se leva, se jetant sur la cage qu'elle tenta de briser par ses poings. Mais rien n'y fit et elle ne fut que brutalement tirée en arrière, se rétamant sur le sol.
Elle fut traînée jusqu'à lui. Elle se tenait pourtant de toute ses forces afin de rester sur place. Mais la douleur fut telle que ses forces l'abandonnèrent et qu'elle se retrouva sous son bourreau, à califourchon sur elle.
– Je ne te laisserais pas la libérer. J'ai besoin d'elle afin de récupérer Yelena. Je ne te laisserai pas !
Il tira fortement sur la chaîne, et elle sentit certaines de ses côtes se briser sous le choc. Par Merlin, elle allait mourir sous les coups de ce dément. Et tenta de se débattre, sentant sa vie lui échapper. Et alors qu'elle pensait sa fin proche, elle sentit de nouveau le tourbillon se former dans son dos. Elle était entraînée par celui-ci mais Gellert n'abandonna pas l'idée de la garder et tira sur la chaîne.
Elle était toujours dans le tourbillon mais stoppée dans celui-ci, littéralement écartelée entre les deux.
– Je ne sais pas ce que tu as fait, mais je ne te laisserai pas m'échapper petit chat, déclara-t-il tout en riant d'une façon horrible.
Elle sentait son corps fatigué et son esprit se briser sous la douleur. Que Merlin lui vienne en aide. Sa prière fut entendue et le son de la chaîne se rompant, lui donna un espoir immense. La dernière image qu'elle eut avant de finir dans le noir complet, fut le désespoir et la colère traversant le si beau visage de Gellert, tenant les lambeaux de chaînes.
– TU NE M'ÉCHAPPERAS PAS ! » Furent les derniers mots qu'elle put entendre.
A la suite de cela, le noir complet l'accueillit. Un silence pesant qui lui permit pourtant de reprendre son souffle mais pour peu de temps. Car une forte lumière l'éblouit et des images se multiplièrent dans sa tête.
Elle vit Yelena lire une lettre, délivrant la menace de Gellert. Si elle n'abdiquait pas, l'âme de sa mère serait éternellement laissée dans ce monde, lui promettant une torture sans fin. Car toute âme retenue dans ce monde, ne vivait ces moments que dans la douleur.
Une autre s'en suivit, où elle vit Yelena suivre Gellert au lieu d'Albus, brisant le coeur du directeur de Poudlard.
D'autres lui montrèrent Yelena retenue dans un manoir, supportant froidement la présence de son ravisseur qui s'émerveillait devant son ventre rebondi.
Toutes ces images qui défilaient la faisaient atrocement souffrir. Dans un geste désespéré, elle s'attrapa la tête et hurla :
« Ça suffit ! »
Et tout se stoppa. Elle se retrouva dans une chambre à coucher luxueuse. Il faisait nuit et la porte était grande ouverte. Elle entendit un corps s'écrouler et la curiosité la piqua. Elle se précipita jusqu'à l'entrée et constata la présence du corps d'un sorcier, assommé par Yelena. Elle avait maigri et semblait fatiguée. Elle tenait dans ses bras un nouveau né. Serait-elle au moment fatidique ? Yelena semblait passer à l'action, et s'enfuyait avec son enfant. Elle la suivit, constatant qu'elle avait récupéré la baguette du sorcier assommé.
Elles traversèrent les couloirs dans une certaine hâte maîtrisée. Elle semblait savoir où elle allait. Pas de doute, elle avait préparé cette évasion depuis un moment. Son coeur fut soulagé en quelque sorte, ayant une autre preuve que Yelena ne s'était pas soumise au mage noir. Elles arrivèrent dans un salon qui fut familier pour Hermione.
En effet, elle se trouvait dans le même salon où Gellert avait tenté de la retenir, voire la tuer. Yelena se dirigea vers la grosse pierre de sang et la toucha, le regard triste.
« – Je te promets que je reviendrais te chercher maman. Mais je dois sauver mon enfant de ce monstre. Pardonne-moi.
La pierre brilla d'une lumière chaleureuse. Sa mère comprenait et l'encourageait à s'enfuir. Nul besoin de l'entendre pour le comprendre. Yelena se précipita vers la cheminée et attrapa une bonne poignée de poudre. Elle fut sur le point d'entrer dans la cheminée lorsque ses jambes se figèrent. Elle ne pouvait plus avancer.
Elle tourna son regard vers le responsable qui n'était autre que Grindelwald.
Non, ce n'était pas possible ! Gellert s'approcha, et remarqua la présence d'Hermione, écarquillant les yeux.
« – Je m'occuperais de toi plus tard, lui adressa-t-il, surprenant Yelena qui ne savait pas à qui il parlait. Je ne te laisserai jamais t'enfuir toi et mon enfant, reprit-il cette fois-ci à l'intention de sa douce.
_ Tu es complètement fou. Ce n'est pas ta fille.
_ Bien sûr. Tu m'appartiens ainsi que ce bébé. Je ne vous laisserai pas partir.
Elle devait trouver une solution. Quel avenir réservait-elle à son enfant si elle la laissait là avec elle dans ce lieu maléfique ? Rien. Rien qu'elle ne lui aurait jamais souhaité lors de ses longs mois d'attente en vue de sa naissance. Elle releva le regard, décidée. Elle n'avait pas le choix. Elle n'avait pas dit son dernier mot. Ils avaient beau être des sorciers puissants, elle n'était pas en reste non plus.
Elle tendit brutalement sa main vers lui, faisant apparaître un halo de lumière autour du sorcier qui fut comme emprisonné, incapable de faire la moindre magie. Il posa un regard surpris sur cette femme.
Il ne s'y attendait pas.
Elle se permit un sourire moqueur. Elle savait bien qu'elle était sous-estimée depuis longtemps.
_ Dans ta folie, je sais que tu ne me laisseras jamais. Tu nous poursuivras éternellement et je ne peux plus le permettre. Si je dois choisir, je souhaite qu'elle ait sa chance.
Elle contempla ce nouveau né si magnifique qui gigotait quelque peu dans ses bras, emmailloté dans une couverture verte. Elle lui caressa son visage avec tendresse, faisant passer sous ses doigts les quelques cheveux fins qui ornaient le haut de son crâne. A ce contact, sa fille ouvrit les yeux, dévoilant un regard bleu foncé. Grindelwald observait, incertain. Que voulait-elle dire par lui donner sa chance ? Il posa ses mains sur le halo, sachant pertinemment qu'il ne pouvait pas s'en échapper.
_ Que vas-tu faire ? Lui demanda-t-il, quelque peu paniqué.
Il avait un mauvais pré sentiment. Elle arborait un regard comme résigné. Qu'allait-elle donc faire ? Elle décida de le regarder une dernière fois avant de s'exécuter. Ce regard ! Il savait que quelque chose se préparait. Il se mit à frapper de ses poings la paroi qui ne céda pas. Il tenta de nombreux sorts qui furent comme aspirés par cette barrière. Il n'avait jamais vu ça. Depuis quand savait-elle faire de tels sorts ?
_ Tu ne pourras jamais la retrouver. Tu vas perdre tout ce que tu pensais avoir acquis de force, déclara-t-elle, un air sombre sur le visage avant de définitivement détourner les yeux de lui pour admirer uniquement sa chaire, son sang, son espoir, son unique enfant.
_ Je te l'interdis ! s'énerva-t-il, dans un coup de colère désespéré. Il le savait au fond de lui qu'elle avait raison : il allait tout perdre.
Elle posa le bébé dans la cheminée comme elle put sans le blesser avec ses jambes toujours figées. Elle pointa ses deux mains vers elle un moment, avant qu'une fumée rouge n'en ressorte. Celle-ci enveloppa le nouveau né, le caressant presque. On pouvait constater qu'à son contact, de l'énergie se dégageait du petit corps, s'échappant de celui-ci pour être comme dévorée par la fumée.
Grindelwald écarquilla les yeux. Son corps tremblait. Faisait-elle vraiment ce qu'il pensait ? Aucun sort de ce genre n'avait été découvert, lui-même ayant cherché en vain à acquérir ce pouvoir. Il ne pouvait y croire. Rien ne garantissait que c'était vraiment ce qui se passait mais au fond de lui il le savait : Elle volait la magie de son enfant, la lui retirant pour l'éternité.
Souhaitait-elle à ce point que son enfant ne puisse jamais être à ses côtés ?
Il en frissonnait.
Cette femme qu'il aimait de tout son être se révélait d'autant plus intéressante qu'il ne le pensait.
Le bébé se mit à pleurer, comme si il comprenait ce qui se passait. Sa mère ne put résister et laissa échapper une larme. Elle condamnait son enfant à ne pas connaître la joie de la magie, de vivre dans le monde auquel elle appartenait mais elle lui offrait l'occasion de vivre.
Elle sentait ses forces lui quitter et redouta de ne pas pouvoir finir le rituel. Elle sentit soudainement un contact chaleureux sur ses épaules et une puissante magie la traverser, l'aidant à finir ce qu'elle avait commencé.
C'était comme si la magie elle-même la soutenait dans sa démarche, et souhaitait tout autant qu'elle que sa fille soit sauvée des griffes de ce démon. Elle fut submergée par l'émotion et ne prêta pas attention aux vociférations de Gellert, qui maudissait quelqu'un.
Elle ne le savait pas mais c'était Hermione qui, instinctivement, avait posé ses mains sur ses épaules, lui transmettant sa magie. Gellert le savait et rageait d'y assister sans pouvoir faire la moindre chose. Hermione posa un regard sur lui, souriant malicieusement. Elle pouvait enfin le contrer. Il frappait de plus en plus fort contre la paroi à s'en faire saigner les mains. Mais il n'en avait que faire.
Il ressentait une haine sans limite pour cette aura qui le narguait et lui volait ce qu'il avait de plus précieux. Il retrouverait cet esprit malin !
La fumée se dissipa soudainement et Yelena fut comme frappée par la foudre. Le souffle court, le corps en sueur, elle prit fermement une poignée de poudre et la jeta dans la cheminée et chuchota la destination, le nouveau départ qu'elle offrait à sa fille.
Celle-ci disparut dans un dernier pleur plus intense, sous le regard impuissant de l'un et soulagée d'une autre. Ce fut telle une délivrance, une permission de lâcher prise, et elle sentit son corps tomber au sol.
La prison du mage noir se brisa sous ses yeux. Celui-ci courut rejoindre le corps inanimé de la femme qu'il aimait et la prit dans ses bras. Il la tourna vers lui, observant ce visage qu'il appréciait tant. Ses paupières clignaient dans un dernier effort, ses lèvres remuaient difficilement. Il rapprocha son visage afin d'entendre ses dernières paroles.
_ Tu ne la retrouveras jamais Gellert, émit-elle dans un dernier souffle. »
Elle ferma définitivement ses yeux gris, devant le visage animé par la souffrance du fameux Gellert qui n'acceptait pas qu'elle puisse le laisser ainsi. Il poussa un hurlement faisant trembler le manoir et les alentours. Au même instant, un bébé venait d'apparaître dans la cheminée d'une maison à Paris, sous le regard éberluée d'une femme de ménage qui se retrouva démunie devant cette apparition.
Il l'avait perdu…
Il se jeta dans un excès de rage sur Hermione et fit apparaître la fameuse chaîne. Mais cette fois-ci, elle fut comme insensible à la douleur.
– Tu vas regretter d'être intervenu, maudit chat !
Elle l'attrapa par le col de sa chemise, et le plaqua brutalement contre le mur.
– Tu vas regretter le jour où mes yeux se sont posés sur toi Gellert Grindelwald ! Promit-elle avec force avant de disparaître définitivement, la chaîne se dématérialisant totalement des mains du mage noir.
Elle se réveilla brutalement dans son monde, reprenant une longue respiration comme si elle revenait d'entre les morts. Elle faisait face à l'âme de Yelena qui semblait morte d'inquiétude pour elle. La douleur l'accabla.
Les yeux de Yelena s'écarquillèrent.
« – Je ne sais pas ce qui s'est passé. Tu...tu t'es mise à progressivement être blessée, tu hurlais. Je ne savais pas quoi faire, je suis désolée, je ne savais pas que… !
– Ce n'est pas ta faute. Rassure-toi. Tout cela n'aura pas été fait en vain, dit-elle en cherchant difficilement quelque chose dans sa poche.
– J'ai...j'ai trouvé ça sur son bureau, déclara-t-elle en reprenant son souffle.
Elle en ressortit un journal.
– Je pense avoir trouvé un moyen de délivrer ta mère, assura-t-elle. »
Ces quelques mots suffirent à faire pleurer son ancêtre, qui prit son visage dans ses mains afin de le dissimuler.
Jamais elle n'aurait pensé cela un jour possible. Et pourtant, Hermione lui apportait un nouvel espoir.
Alors, qu'en pensez-vous? Gellert Grindelwald...un personnage assez intriguant n'est-ce pas? Mais pourquoi en arriver à retirer les pouvoirs à sa fille? Toutes ces réponses au prochain chapitre.
Merci d'avoir pris le temps de lire ce chapitre =D
