Chapitre 19

Brûle en enfer, sorcière!


Réponses reviews :

( Manon ) : J'espère que l'engouement restera le même tout au long de l'histoire ! =D

(Bunny188) Merci cela me fait plaisir de lire ceci. Sinon pour être honnête, j'ai beaucoup de doute sur le couple final. Tellement tiraillée...Je n'aimerais donc pas te donner de faux espoir en t'assurant que Hermione finira avec ce bon Severus… :/ Je pense que ça viendra au feeling, selon les nouvelles idées qui viendront pendant l'écriture. J'espère en tout cas que peu importe le couple, la suite te plaira !

(plume pourpre) Merci pour ta review, j'espère que ce nouveau chapitre t'emballera autant que les précédents =D !

( Nanalou) En effet, je trouve aussi que Grindelwald est un personnage bien plus intéressant que Albus mais il faut dire aussi qu'il est le déclencheur de tout ce qui se passe. Il ne pouvait pas être un simple sorcier. En ce qui concerne Yelena, j'avoue que je tente d'en faire un modèle que Hermione tentera de suivre avec fierté : elle est sa descendante et elle compte bien la rendre fière d'elle. J'espère que la suite te plaira et j'attends avec impatience ton retour complet =)

( Pink7V) Ca me fait très plaisir de lire que tu as dévoré cette fanfic sur deux jours, c'est qu'elle a réussi à t'intéresser assez longtemps ;D N'hésite pas à me dire ce que tu penses de ce chapitre et ceux qui suivront !


Extrait du précédent chapitre :

Elle en ressortit un journal.

Je pense avoir trouvé un moyen de délivrer ta mère, assura-t-elle. »

Ces quelques mots suffirent à faire pleurer son ancêtre, qui prit son visage dans ses mains afin de le dissimuler.

Jamais elle n'aurait pensé cela un jour possible. Et pourtant, Hermione lui apportait un nouvel espoir.


Les sanglots de Yelena emplissaient la Chambre des Secrets. Sanglots qu'elle ne tentait pas de retenir. Son âme depuis tout ce temps ne pouvait pas reposer en paix en sachant sa mère toujours prisonnière de ce monstre. Tout cela par sa faute…

Plus les années passaient et plus son désespoir se prononçait. Et rien n'aurait pu la consoler.

Pourtant…

Cette jeune fille, sa descendante, venait d'accomplir un miracle. Elle faisait souffler une vague d'espoir dans son cœur taris. Serait-elle en mesure de réparer son erreur ?

Aura-t-elle la force de lui faire face… ?

Une main se posa sur la sienne et elle croisa ce regard si semblable au sien. Une confiance sans nom y régnait. Une confiance aveugle. Yoka se frotta contre le visage de sa maîtresse, appréciant le contact chaud que cela lui apportait. Un rire crystallin s'éleva.

Depuis combien de temps n'avait-elle pas ri ?

« – Elle semble attachée à toi, fit remarquer Yelena.

– Oui, un vrai pot de colle, commença Hermione, mais je ne pourrai jamais me passer d'elle, ajouta-t-elle en lui caressant le haut de sa tête avec affection. Tu la comprends ? s'intéressa-t-elle.

– Non, je n'ai pas eu la chance de passer le rituel. Les Basilics sont très rares. Et recevoir de son venin de son propre chef d'autant plus. C'est un véritable don de la magie, conta-t-elle avec émerveillement tout en caressant à son tour la tête de Yoka.

Un nouveau rire angélique lorsque la langue caressa sa main. La serpentard en resta pantoise. Un ange… Henriette n'avait jamais eu la chance de la rencontrer. Si triste...Le destin vécu par sa famille était tout simplement injuste. Elle serait celle le défiant !

Elle se redressa et lui tendit de nouveau le journal.

– Je n'ai pas eu le temps de tout lire car sa colère s'est rapidement retournée vers moi mais…

– Sa colère ? Mais de quoi parles-tu ?

– Je n'étais pas une simple témoin de ce qui se passait. J'étais actrice dans ce souvenir. Il pouvait me voir.

La défunte écarquilla les yeux, une expression de pure horreur.

– Il ne t'a rien fait, par Merlin comment cela peut-être possible ?!

– Cela serait mentir que dire qu'il ne m'a rien fait...avoua-t-elle en baissant un instant le visage, revivant les frissons et la peur qu'elle avait ressenti.

Non… Il avait laissé une nouvelle marque au fer rouge dans son esprit. Elle ne pourrait aucunement oublié ce qu'elle avait vu.

– Mais, reprit-elle en la regardant de nouveau dans les yeux, je sais maintenant ce qui s'est passé. Je suis soulagée de savoir que vous vous êtes battu jusqu'au bout. Je suis fière d'être de votre sang, affirma-t-elle sans hésitation.

– Je suis surtout fière que ma vie ait permis ta venue au monde, répliqua-t-elle d'un sourire béni.

– Il y a cependant une chose que je ne comprends pas dans vos actes… Pourquoi avoir retiré ses pouvoirs à Henriette avant de l'avoir mise dans la cheminée ?

Le visage de Yelena s'assombrit, revivant ce moment sordide. Le jour où elle avait dévoré le pouvoir de sa fille… Elle se releva, tournant le dos à la plus jeune qui attendait une réponse. Yelena serra ses bras contre sa poitrine, crispée.

– A travers ces souvenirs tu as vu combien Gellert était fort, n'est-ce pas ?

– Oui, souffla-t-elle, regardant le dos de son ancêtre se contracter.

– Il n'a pas seulement le pouvoir d'être une passerelle entre le monde des morts et des vivants. Ses yeux...ses yeux sont un véritable détecteur de magie. Chaque sorcier est composé d'une essence magique qui lui est propre et qui fait partie intégrante à son âme. Comme une empreinte. Tout le monde a la sienne. Et il…

– Il peut voir l'essence de la magie.. ?! Mais comment ?! Enfin c'est … c'est quelque chose que même Merlin avoue ne pas réussir à discerner sans sa baguette ! Et il pouvait à grande peine faire la différence entre chacune tant les différences étaient minimes, c'est… !

Hermione s'embrouillait totalement dans ses propos tant la surprise avait pris possession d'elle. Il était déjà bien spectaculaire qu'il ait cette condition de passerelle mais ajouter la détection d'essence magique c'était tout simplement… impossible…

– C'est pourtant possible, confirma Yelena en se crispant d'autant plus. Il est si habitué à les analyser qu'il peut te dire en un instant qui est qui. Et il connaissait l'essence d'Anissia, il l'aurait très rapidement retrouvé et rien n'aurait pu la camoufler. C'est impossible d'échapper à ses yeux !

Les sanglots reprirent. Elle ne faisait toujours pas face à Hermione. Elle pouvait sentir combien cette décision avait été dur à prendre pour elle. Mais elle avait fait ce qu'elle devait. La serpentard se leva et se planta devant elle.

– Vous n'avez aucun remord à avoir. Votre sacrifice lui a permis de vivre une vie accomplie. Elle n'a peut-être pas vécu entièrement dans la magie mais elle a eu une vie heureuse et continue a la vivre.

Ces quelques mots lui firent relever son visage, une lueur de curiosité animant ses yeux.

– Elle est heureuse, vraiment ?

– Oui, regardez.

D'un coup de baguette Hermione fit apparaître l'album photo que lui avait offert Albus. Il lui avait donné la mission de le remplir de toujours plus de souvenir. Elles s'assirent sur le sol frai, et elle ouvrit l'album pour Yelena. La première photo qu'elles virent fut Hermione avec Henriette, bras dessus bras dessous, un grand sourire aux lèvres, prêtes à faire une énième journée shopping.

– Là c'est Henriette, ou plutôt…

– Anissia, compléta Yelena avec émotion. Par Merlin qu'elle est magnifique.

Tant d'amour transparaissait dans ses paroles. C'est totalement inconditionnel.

– Oui. Elle s'appelait Henriette Jean mais porte aujourd'hui le nom Dumbledore.

– Comment ?! s'étonna-t-elle.

Albus avait retrouvé leur enfant ?! Ses prières avaient été entendu.

– Oui, elle est enfin aux côtés d'Albus.

– C'est là qu'était sa place. Je suis heureuse qu'il l'ait retrouvé. Je suis convaincue qu'il la couvre de tout l'amour qu'elle mérite.

Hermione tourna de nouveau une page et Yelena se figea, apercevant l'homme avec qui elle allait lié sa vie. Il n'était plus le jeune homme qu'elle aimait, mais on reconnaissait son visage tendre, et son regard d'un bleu azur. Il se tenait aux côtés d'Henriette sur la photo, en pleine partie d'échec sorcier.

– Mon amour, murmura-t-elle.

– Il t'a cherché toute sa vie, avoua Hermione.

– Je m'en doutais, dit-elle en fermant douloureusement les yeux. Il a toujours été têtu, commenta-t-elle.

Elle continua de tourner les pages et Yelena ne se priva pas d'en admirer chacune d'elle. Elle vit les enfants d'Henriette ainsi que sa petite fille et soudain, quelque chose l'interpella.

– Ces personnes sont les enfants d'Anissia n'est-ce-pas ?

– Oui.

– Ce sont pourtant des moldus. Ces personnes me semblent bien jeunes pour être tes parents. Et cette petite fille ne peut décidément pas être ta mère et pourtant, si Anissia est ton arrière grand-mère, c'est ce qu'elle devrait être.

Perspicace…

– En effet. Cette petite fille est bien ma mère, ou en tout cas, le sera un jour. Je ne viens pas de cette époque, confessa-t-elle.

– Mais, comment as-tu… ?

– J'ai pu traverser le temps lorsque j'ai reçu mes héritages. Le tien de la famille Tolstoï et celui des Dumbledore. J'ai alors été en possession d'ouvrages, qui, une fois associés, permettaient de résoudre l'une de plus grande énigme de la magie.

– Pourquoi es-tu là ?

– Pour sauver le monde magique, répondit-elle sans la moindre hésitation.

Ce regard si franc électrocuta Yelena sur place. Hermione se mit donc à lui compter les périples qu'elle avait traversé à son époque, et ce qu'il en retournait.

– Ils sont morts devant mes yeux… Je me suis retrouvée donc à cette époque aux côtés de mon professeur de potion, Severus Rogue et nous nous sommes alliés afin que l'histoire ne se répète pas. Je ne pourrai pas permettre de laisser une nouvelle fois le monde entre les mains de ce psychopathe !

– Je comprends. Et tu as toute ma bénédiction Hermione. Je sais que tu as le pouvoir de changer les choses. Tu me l'as déjà prouvé en ramenant ce journal.

– Je te promets de délivrer son âme.

– Merci, merci mille fois, dit-elle en tentant de poser sa main sur la sienne mais ne fit que la traverser.

Peu importe. Cela ne comptait pas. L'intention et les sentiments étaient présents. Yelena sursauta soudainement, un souvenir la submergeant.

– Je viens de me souvenir de quelque chose qui pourrait t'aider ! J'ai rencontré une personne de l'autre coté. Une femme, Mérope Gaunt. Et elle n'avait de cesse de parler d'un fameux « Tom Jédusor ».

Tout se bouscula dans la tête de Hermione lorsqu'elle entendit ce nom. Mérope Gaunt...La mère de Voldemort, morte en couche. C'était une aubaine que Yelena le lui en parle.

– Je savais que ce nom me disait quelque chose, reprit la défunte. C'est une charmante femme mais très perturbée, que la mort n'a pas permis d'apaiser. Sa vie mortelle l'a profondément affecté…, proféra-t-elle avec empathie. Je me souviens un jour qu'elle m'a parlé d'un médaillon familial qu'elle aurait tant aimé pouvoir transmettre à son enfant. Il se transmet dans sa famille de génération en génération depuis Salazar Serpentard.

Jackpot ! Un médaillon ayant appartenu à Salazar Serpentard, cela devait être leur Horcruxe, assurément !

– Elle m'a raconté que c'est un médaillon qu'il aurait fait lui-même afin de l'offrir à sa femme. Il aurait la particularité de transformer à volonté le porteur en serpent, et cela sans nécessité de pouvoirs magique.

– C'est...un cadeau particulier…

– Oui, mais surtout porteur d'amour et de tolérance.

– De tolérance ? s'étonna la Serpentard en haussant les sourcils, apparemment pas convaincue du terme employé pour décrire l'ancêtre de Voldemort.

– Je sais ce que tu te dis. J'avais les mêmes a priori mais j'ai passé du temps à l'écouter me conter ces histoires perdues dans le temps. Salazar Serpentard n'était pas aussi retord envers les nés-moldus que l'histoire le décrit. Il était lui-même marié à une cracmol.

L'information eut du mal à faire le chemin jusqu'à son cerveau afin d'y recevoir une analyse décente. Une cracmol… ? C'était comme lui dire que Ron serait sorti avec Pansy Parkinson. Des opposés que l'on ne pouvait associer dans une phrase que par un face à face et non une union. Cela bousculait bien des choses…

– Mais comment cela pourrait-il être possible ? Seul le sang pur intéressait ces familles, et surtout celle-ci. Il n'aurait jamais épousé une cracmol, une sorcière inachevée, comme ils aiment les appeler.

– Et pourtant, c'était le cas. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il était un fervent défenseur des droits des nés-moldus mais il n'en ressentait pas la haine qu'on lui attribue. Ces réformes qu'il proposait à l'époque ne visaient qu'à prévenir de potentiels problèmes d'intégration, ou influences que pourraient encourir les nés-moldus entrant dans leur monde sans prévenir. Il demandait à ce que leur admission soit moins laxiste que proposaient les autres fondateurs. Mais le temps a fait de lui un monstre d'égoïsme aux idées racistes.

– Incroyable…

– Ce médaillon donc a été offert à sa femme et ce fut leur jardin secret et leur bonheur. Ils partageaient ce monde. Oui, car sans surprise, Salazar était un animagus et pouvait se transformer en serpent. Il avait toujours voulu partager cette expérience avec sa femme. Puis le temps est passé, et les armoiries de la famille ont pris l'image d'un serpent. Un symbole de leur amour.

Jamais, ô grand jamais, elle n'aurait pensé que cet écusson synonyme de fourberie et trahison n'était à l'origine qu'un symbole d'amour pur et sincère.

– Mais alors, pourquoi lui donnons-nous cette affreuse réputation ?

– Car...Elle fut vrai au moment même où sa femme fut tuée dans un conflit moldu. Ils habitaient dans un manoir, à la campagne. Sa femme l'avait convaincu de la beauté de ces lieux et il avait cédé, s'installant prêt d'un village moldu. Il n'entretenait pas beaucoup de relations avec eux, étant un homme assez austère qui aimait rester dans son cocon chaleureux qu'il s'était formé avec sa femme et ses enfants. Mais pour sa femme, c'était tout autre. Elle participait activement à la vie du village, aidant et animant ses rues et ses habitants. Mais alors que Salazar était en déplacement, son épouse ressentit l'envie de prendre la forme d'un serpent, se languissant de retrouver les bras de son époux. Mais un villageois l'a vu… Et ce fut le début de la fin. Lorsque Salazar est rentré, il a directement transplané devant sa propriété et il y vu l'horreur que pouvait accomplir l'Homme lorsqu'il se retrouve devant l'inconnu; que la peur prend le dessus : il perd toute notion de bon sens, et ne répond à la peur que par la violence. Il a retrouvé sa femme brûlée sur un bûcher, juste devant sa demeure. Il est arrivé alors qu'ils dansaient encore autour de sa carcasse calcinée.

L'adolescente ferma les yeux douloureusement et sentit la nausée monter. Elle ne pouvait imaginer le chagrin ressentit par celui-ci.

Brûle en enfer, Sorcière ! Criaient-ils avec joie, se réjouissant de la mise à mort de sa bien aimée. Il s'est précipité, mais c'était trop tard. Elle était morte et il ne restait dans ses bras qu'un corps brûlé, dont il ne reconnaissait plus les magnifiques traits. Les moldus se sont figés à son arrivée, le reconnaissant comme étant son époux. Et pourtant, ils ne se sont pas démontés, enhardis de courage suite à cette exécution, ils ont proclamé fièrement qu'il serait le prochain, qu'il la rejoindrait rapidement en enfer, lui et ses enfants. Car oui, ils étaient sur le point d'exécuter ses jeunes enfants qui hurlaient de terreur.

Le cœur battant, Hermione était pendue à ses lèvres.

– C'était trop pour lui. Il est devenu une bête assoiffée de sang, impitoyable et cruel. Il s'est transformé en un immense serpent, sous les yeux horrifiés des paysans. Ils avaient réveillé un monstre qui allait fondre sur eux. Et il les a déchiqueté de ses immenses crocs. Le sang a énormément coulé ce jour-ci et lorsque le massacre s'est terminé, il a emporté le corps de son épouse. Il a soigné ses chaires, lui redonnant l'apparence qu'il aimait tant. Il l'a installé sur son fauteuil telle une poupée. Les mois ont passé ainsi, se plongeant dans sa folie. Il continuait à vivre avec cette enveloppe vide, l'aimant et gardant l'illusion qu'il n'était pas seul.

– Et que sont devenus ses enfants ?!

– Ils étaient traumatisés eux aussi de ce qu'ils avaient vécu... Ses enfants jeunes et malléables ont été entraîné par la folie de leur père. Il est resté les premiers temps juste avec la dépouille de sa femme mais, très vite, il a ressenti le besoin de faire ressentir la peur et l'agonie aux moldus. Sa femme avait été exécuté pour utilisation de magie. Il les exécuterait lui pour non utilisation de magie. Cela lui semblait tout à fait logique et justifié. Ses enfants ont bu ses paroles naïvement et ont même participé à certaines tortures. Ils n'avaient qu'une seule idée : venger leur mère de ces monstres. De nombreuses personnes sont mortes de ses mains, les torturant cruellement avec comme spectateur la coquille vide de sa femme, toujours placée dans son fauteuil devant chaque scène de meurtre. Il était facile de lancer des sorts afin de conserver le corps en parfait état.

– Comment tout cela s'est terminé ?

– Godric Gryffondor, son meilleur ami, l'a stoppé. Il a fermé les yeux sur tous ces morts, mais il ne plus les fermer pour plus de victimes. Il ne pouvait pas permettre ce massacre de continuer. Il a tenté de raisonner Salazar, pleurant avec lui la mort de sa bien aimée. Il le suppliait d'entendre raison. Tous les moldus n'étaient pas responsables de cette perte. Ce fut long et éprouvant mais Godric a réussi en restant à ses côtés, à lui faire reprendre ses esprits. Il s'est retiré plus tard à l'étranger, tentant de tirer un trait sur cette phase de sa vie. Il en a été totalement brisé, ne se reconnaissant plus dans ces actes. Il s'est haït pour sa faiblesse. Mais, les enfants eux, n'ont pas pu passer à autre chose. Ils ont alors décidé de la jouer plus finement. Ils savaient que Godric ne serait pas aussi conciliant qu'il l'avait été. Ils ont donc continué ces meurtres à travers le monde, et ont réuni des partisans. Des sorciers partageant leurs idées et ayant la bonne intention de réduire les moldus et leurs descendants à l'esclavage, à l'état de bétail. C'est ainsi que la légende de Salazar Serpentard, partisan et précurseur des idéologies de sang pur s'est étendu. Leurs enfants ont arrangé l'histoire, et leurs enfants et leurs petits enfants en ont fait de même. Ils ont conservé toujours plus ce qui les arrangeaient dans cette histoire. Pour finir par ce qu'on connaît aujourd'hui.

Elle en fut retournée. Un homme blessé, plongé dans le désespoir, contaminant ses enfants, et créant ainsi, tout un système qu'elle-même avait subi étant jeune en étant traitée de sang de bourbe.

– Mais alors comment connaissait-elle cette histoire ?

– Certains sont restés humbles, et souhaitaient assumer totalement l'histoire de leur famille. Car des quatre enfant, le plus jeune était celui qui n'avait pas totalement accepté. Il s'était laissé influencer par ses frères aînés mais la rancœur avait rapidement empli son cœur. Il se rappelait de sa mère et des paroles douces et tolérantes qu'elle leur avait toujours répété. Il n'aimait pas que ce symbole d'amour soit totalement souillé par le sang. Mais il n'avait pas la force de faire face à sa famille. Il est resté en retrait et observait. Il observait et resté silencieux jusqu'à ce qu'il ne tombe sur un de ses enfants qui lui-même douté. Il a alors transmis à cette enfant la vérité. Toute l'histoire. Ainsi, elle a été transmis par une petite branche de la famille. Discrètement. Pour sa part, Mérope a entendu la vérité de la bouche d'un tableau de ses ancêtres. Et avec le temps, seule la version de haine a été conservé et raconté.

– Cela veut dire que Voldemort lui-même ne se base que sur une idéologie tronquée !

Et soudainement sans prévenir, Hermione se mit à rire. Un rire douloureux, un rire presque dément. Elle faisait ressortir toute sa frustration.

C'était décidément une mauvaise blague. Le destin aimait-il tant que ça se moquer d'eux ? Suivre les traces du grand Salazar Serpentard ? Par Merlin que ça en devenait hilarant. Ce n'était qu'un homme malade, rongé par la folie.

– Savez-vous où se trouve ce médaillon ?

– Elle m'a dit l'avoir vendu à l'époque à Barjow et Beurk.

– Cette affreuse boutique ? Il y a peu de chances qu'il y soit encore mais… Je n'ai rien à perdre. Merci, cela m'aidera beaucoup, assura Hermione sincèrement.

– C'est le moins que je puisse faire.

Et alors qu'elles échangèrent un sourire, le Grand Serpent fit son apparition, preuve que leur entrevue était terminée. Le cœur lourd, Yelena l'embrassa du regard et s'adressa à elle une dernière fois avant de partir.

– Dis leur que je les aime et que je les attendrai de l'autre côté patiemment.

– Je n'y manquerais pas. »

Et sur ces dernières paroles, elle ne redevint qu'une boule de lumière qui se faufila entre les craquelures du sol. Le silence n'eut pas le temps de s'installer que la voix sourde du gardien chantonna :

« – As-tu trouvé les réponses à tes questions, sorcière ?

– En effet, je suis satisfaite d'avoir accompli le rituel.

– Alors, tu comprendras bien qu'il est temps de me satisfaire à présent.

– Et je compte bien m'acquitter de ma dette. Quel est votre souhait ?

Car oui, le prix à payer pour l'accomplissement de ce rituel était de satisfaire une demande du Grand Serpent.

Une demande pour laquelle le refus n'était pas à prévoir.

Son corps lourd rampa jusqu'à elle et tourna autour d'elle. Elle resta immobile, ne montrant aucune peur. Ses yeux finirent par rencontrer les siens.

– Je veux l'âme de cet abomination de la nature, siffla-t-il avec haine. Je veux l'âme de Gellert Grindelwald ! »

Le choix était fait. Dur et pourtant irrévocable. Elle allait devenir une meurtrière. Toute haine envers un être quel qu'il soit, ne se résolvait pas toujours par un meurtre. Et surtout ne nous préparait pas aux conséquences psychologique que cet acte engendrait. L'acte le plus abominable que l'homme ait accompli, et celui qu'elle allait devoir exécuter à son tour.

La guerre aux côtés de Harry, aussi violente soit-elle, avait réussi, par miracle, à la préserver de ce sort. Blesser, elle le fit mais tuer, elle ne s'y était pas résolue.

Mais ici, aucune hésitation à avoir. Et surtout, aucun choix.

Elle appuya sur sa plaie, y faisant de nouveau couler le sang que le Gardien s'empressa de lécher avec délectation. Elle sentit une sourde chaleur la traverser au même moment où les yeux du serpent s'animaient d'une couleur rougeâtre.

Le pacte était scellé et elle gardait une sensation amère : celle d'avoir pactisé avec le diable.


Un silence lourd entrecoupé par le crépitement du feu dans la cheminée. Les regards étaient braqués sur elle, sans exception.

« – Qu'as-tu fais mon enfant ? Réalises-tu la portée de tes actes ?! l'incendia Matvei, furieux.

– Je suis tout à fait consciente de mes actes. Tu sais bien que je n'agis pas sans réfléchir. C'était la solution la plus adéquate.

– Inconsciente ! Ce rituel est un cadeau empoisonné que tous regrettent !

Elle n'en démordrait pas, et son regard parlait assez pour elle.

– Qu'entraîne ce rituel ? Se renseigna Albus, sérieux.

Matvei poussa un soupir lourd et consentit à répondre.

– Elle a eu recours au rituel des portes de la Mort. Il permet de faire face au Grand Serpent, l'un des Gardien des Portes. Tu peux ainsi faire appel à une âme de ton choix pour la rencontrer. Une âme de ta famille.

Albus se redressa du fauteuil, réalisant ainsi ce que cela impliquait.

– Tu l'as rencontré ?! La questionna-t-il d'une voix emplie d'espoir.

– Oui et elle est comme vous l'avez décrite : magnifique et d'une douceur sans égale.

Le visage du directeur se tordit de tristesse et il se retourna, cachant ses larmes traîtresse. A l'idée qu'elle ait rencontrée sa bien-aimée le bouleversait.

– Que t'a-t-elle dit ? Continua-t-il, ne lui faisant pas encore face.

– Qu'elle t'aimait toi et Anissia, et qu'elle vous attendrait patiemment de l'autre côté.

Un nouveau sombre-saut de la part d'Albus qui pleurait le plus discrètement possible. Par Merlin, Yelena pensait encore à lui.

– Anissia ? C'est un si jolie prénom. Cela ne m'étonne pas d'elle, fit-il remarquer avant de se reprendre et se tourner de nouveau vers elle. Qu'a-t-elle dit d'autre ?

– Elle m'a plus montré en fait. Elle m'a fait plonger dans ses souvenirs, comme si j'étais dans une pensine. Mais, c'était bien plus que ça. J'ai pu interagir avec ce qui se passait. J'ai comme fait un nouveau voyage dans le temps…

– Tu avais une forme physique ? s'intéressa Matvei, réveillant le chercheur en lui.

– Hmm...Disons que j'étais comme un fantôme mais personne ne pouvait me voir à part lui.

– Lui ?

– Gellert Grindelwald.

Le nom envoya un froid dans la pièce, noircissant le cœur d'Albus de haine.

– Ce misérable ?!

– Oui. J'étais très surprise mais il pouvait me voir et semblait même habitué. Il m'a désigné en tant qu'aura. Yelena était au courant. C'était comme naturel pour eux.

– Je savais qu'il avait un don mais de là à penser qu'il était si puissant…

– C'est même bien plus que vous l'imaginez. Il est une passerelle entre le monde des vivants et des morts. Il peut ainsi passer d'un monde à l'autre et avoir le contrôle sur les âmes. J'en sais quelque chose.

Le directeur fondit sur elle sans prévenir.

– T'a-t-il blessé ? s'inquiéta-t-il.

– Rassure-toi, c'est passé maintenant. Mais cet homme est dangereux…

– Il est mort maintenant, grâce à Merlin, fit remarquer Albus, comme soulagé.

– Non, il est vivant, annonça-t-elle.

– Que...Comment ? Mais enfin, je l'ai… !

– Non, il a survécu.

– Comment le sais-tu, demanda Matvei.

– Le prix à payer est de livrer l'âme de Gellert au Grand Serpent.

– Tu dois donc souiller ton âme…

– Il est vivant, ce n'est pas possible, balbutia Albus, tout en passant une main sur son visage blême.

Elle posa une main sur son épaule afin de le calmer.

– Je sais que c'est dur pour toi. J'ai assisté à ton chagrin… Mais je peux t'assurer qu'elle s'est battu jusqu'au bout et qu'il n'y a eu que toi et Henriette dans son cœur.

– Quelle était la raison du départ de ma fille ?

– Ta femme.

– Ma… ma femme ? Zénia mais que… ?!

– Je t'ai dis qu'il pouvait passer d'un monde à l'autre… Il a emprisonné son âme et l'a ramené dans notre monde. Yelena s'est livrée afin qu'elle soit libérée.

L'air dans la maison devint brûlant et étouffant. Le tableau de Matvei tremblait et son visage n'était que rage et fureur. La toile semblait être prête à prendre feu.

– Comment ce monstre a-t-il osé s'en prendre à ma famille ?! Je vais l'écarteler, le démembrer et lui faire manger sa… !

Et ainsi, il déversa sa haine, ne cessant de faire trembler la bâtisse. Ils restèrent ainsi, le laissant écouler sa rage et son chagrin. Le temps passa, et Hermione reprit la parole.

– Je sais maintenant tout le mal qu'il a causé à notre famille, et peu importe que mon âme soit souillée, je paierai le prix demandé. Un marché est un marché.

– Tu n'as pas à porter ce fardeau seule ! Réagit soudainement Severus qui s'était fait bien discret depuis le début.

Elle ne put s'empêcher de sourire avant de lui répondre.

– Je sais que vous êtes là pour me soutenir. Je n'ai pas la prétention de dire que j'arriverai à faire face à ce monstre seule, lui assura-t-elle en tentant de cacher les tremblements qui la traversaient.

Mais Severus n'était pas dupe et les vit. Elle était apeurée à l'idée de le revoir. Par Salazar, que lui avait-il fait ?! Il ne réfléchit pas plus longtemps et lui prit sa main.

– Tu ne paieras pas seule. Nous serons là.

Albus sourit tendrement face à ce tableau, rassurée de savoir sa petite fille entre de bonnes mains.

– As-tu un plan ? s'intéressa-t-il.

– Avant de partir Yelena m'a confié des souvenirs de Mérope Gaunt.

– La mère de Tom ?

– Parfaitement. Elles se sont souvent rencontrées et se seraient confiées l'une à l'autre. Elle lui aurait parlé d'un médaillon transmis dans sa famille venant de Salazar Serpentard lui-même. Elle l'aurait vendu à Barjow et Beurk avant la naissance de son fils. Nous pourrions y aller afin de recueillir des informations.

– Barjow et Beurk sont fidèles à Jedusor. Ils ne nous diront rien.

– Sauf si nous sommes des clients assez intéressants pour qu'ils se livrent. Il ne nous suffira qu'à leur enlever leurs souvenirs, proposa-t-elle.

– Le médaillon ne sera plus là.

– Et si elle y était ?

En effet… Ils ne pouvaient pas prendre le risque.

– Très bien, je m'y rendrai, s'exclama Albus.

– Et que tu laisses Lucius sans défense ? Tu sais bien que tu es la seule personne pouvant empêcher son père de l'atteindre. Il n'écoutera personne d'autre. Non, j'irai, contra-t-elle.

– Et je l'accompagnerai, ajouta Severus avec un naturel étonnant.

– Mais tu pourrais être… !

– Ne prenez pas ce ton avec moi Miss Granger. J'ai vécu bien plus de missions périlleuses que vous pour que vous ayez la prétention de croire que vous pouvez vous inquiéter pour ma santé. Et puis, je ne te laisse pas le choix, finit-il avec un rictus fier.

Le cœur de l'adolescente se réchauffa à cette réplique. Il était bon parfois de retrouver ce mordant si propre à son professeur de potion. Cela lui rappelait l'époque où elle se trouvait aux côtés de Harry et Ron. Elle hocha la tête, et donna un regard à son ancêtre.

– Ainsi soit-il alors, conclut-il.


La porte s'ouvrit, faisant retentir une petite clochette ne signifiant qu'une seule chose : des clients. Jamais ils ne pourraient se lasser de ce son qui s'en suivait de l'odeur si appréciable de l'argent qui entrait dans la caisse.

Oh qu'ils aimaient.

Jamais ils ne pourraient s'en passer.

La clochette retentit donc une fois de plus, faisant s'étirer sur leurs vieux visages, un sourire avare et satisfait. Ils attendaient seulement de savoir : qui allait être leur prochaine victime ?

Un premier s'aventura jusqu'au comptoir, affichant un visage commercial. Son regard vicieux aperçut donc ce couple, devant avoir la quarantaine, tous deux bruns et assez grands. Les vêtements qu'ils portaient ne laissaient aucun doute sur leur classe social. Cependant, ils semblaient ne pas être originaires d'Angleterre. Des étrangers. Encore plus facile à plumer.

Il rit sous cape, impatient de pouvoir vendre un de leurs articles.

« – Bien le bonjour à vous cher clients, je me présente Mr Barjow, pour vous servir.

La femme le regarda un bref instant mais ne lui répondit pas, semblant attendre la réaction de celui qui devait être son mari. Celui-ci ne tarda pas à réagir. Il tendit sa main afin de saluer le propriétaire, et lui répondit dans un accent bulgare.

– Enchanté Monsieur Barrrjow, je suis Arrrfog Loïtszwig et voici ma femme Lyrrrr. Nous sommes à la rrrecherrrche d'un cadeau de marrrriage pour notrrre fille qui se marrrrrie ce mois-ci. Nous avons entendu dirrre que vous vendiez toute sorrrte de merrrveille dans ce magasin.

– Oh, vous me flattez. En effet, nous avons de tout ici. Vous pourrez trouver votre bonheur. Avez-vous déjà quelque chose en tête ?

– Nous souhaiterrrrions un médaillon, répondit l'époux après un regard avec sa femme.

– Hm… Laissez-moi regarder ce que j'ai.

Et il partit dans la réserve, laissant le couple vagabonder à leur aises dans les rayons. L'un vérifia que le second propriétaire ne surgisse pas, et l'autre sortit un sachet de poudre qu'il déversa dans la pièce, celle-ci se diffusant dans l'air jusqu'à devenir invisible. Ils sentirent les premières secondes une odeur de lys avant que tout ne se dissipe avec l'odeur étouffante de poussière. Barjow refit surface avec plusieurs bijoux en compagnie de son compère Beurk. Il se présenta à son tour, faisant un baise main écœurant à Lyr, qui n'en montra rien.

– Vous allez être ravi de ce qu'on vous a trouvé, assura-t-il.

– Je n'en doute pas, répondit Arfog.

Et ils commencèrent à présenter les différents médaillon en leur possession.

– Hmm… Quelles sont leurrrs parrticularrrités ?

– Celui-ci peut vous protéger des sorts noirs, celui-ci vous accorde des compétences en sortilèges et …

– Je vois, le coupa-t-il. Mais nous pensions plus à…

– A un médaillon perrrmettant une transforrrmation, comme un Animagus, termina Lyr d'une voix chantante.

Les marchands échangèrent un regard. Oh oui, ils avaient eu un de ce type. Rare, voire unique mais malheureusement plus en leur possession.

– C'est une chose très rare que vous souhaitez là, commença Beurk.

– Et nous avions en effet un médaillon ayant cette capacité, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui, continua son collègue.

– Vrraiment ? Et qui est l'heurrreux prrroprrriétairrre aujourrrd'hui ?

– Notre ancien employé, Tom Jedusor.

Il livra cette information avec une facilité étonnante. Un naturel qui les étonna tous deux. Jamais ils n'auraient divulgué ça ! Et malgré tout, ils ne s'en alarmèrent pas, pas tout de suite en tout cas. La poudre faisait son effet.

– Quel chanceux. Serrait-il possible de le rrrencontrrrer ? Peut-êtrrre pourrrrions-nous le lui rrracheter à un bon prrrrix, proposa Lyr.

– Monsieur Jedusor est très occupé et ne pourra pas vous recevoir. Et en tout honnêteté, cela m'étonnerait qu'il vous cède ce médaillon.

– Surtout qu'il… mais ses paroles se perdirent dans sa gorge lorsqu'il vit l'apparence de ses clients changer progressivement.

Eux-mêmes s'en rendirent compte, et après un échange de regard écarquillés, le couple ne perdit pas de temps et leurs lança un sort d'Oubliette, avant de partit aussi vite que des voleurs, le cœur battant.

Par Merlin, ces escrocs étaient allés jusqu'à placer des sorts supprimant tout charmes de camouflage ou altération physique. Heureusement qu'ils avaient été réactif. Une minute de plus et ils voyaient leurs visages.

Cette mission ne fut pas fructueuse mais une chose était sûre à présent : le médaillon était déjà aux mains de Voldemort. Agacée mais à la fois non surprise par ce fait, Hermione récupéra son apparence aux côtés d'un Severus aussi penaud qu'elle.

Elle n'avait pas le temps de se plaindre, elle avait un bal ce soir.


Le vent glacial frappa le sombre manoir où tant de hurlements s'échappaient. De tortures, de plaisir malsain et tant d'autres choses innommables. Le seigneur lui, n'y participait pas, et préférait déguster une coupe de vin dans son grand salon, trônant sur un fauteuil en cuir qui avait l'air plus que confortable, il fallait l'avouer.

Il prenait le temps d'observer ce doux liquide reposer dans son verre de cristal. Il aimait tant cette couleur carmin, il ne pouvait s'empêcher d'avoir le cœur battant la chamade, son corps frissonnant, excité à la simple vue de celle-ci. De ce vin, il voyait le sang de ses victimes couler et sentait son membre réagir avec vigueur, répondant à son imagination.

Oui, il aimait le sang et ne se lasserait jamais de le faire couler.

Perdu dans ses pensées, rien ne le prévint de l'arrivée de ceci : l'image de Yulia Tolstoï ensanglantée dans son lit. Ce fut littéralement une délivrance explosive, qui souilla ses robes. Cette image, il s'en souviendrait toute sa vie.

Plus jamais il ne pourrait s'en passer.

Il prit le temps de se nettoyer d'un coup de baguette, la respiration toujours un peu saccadée et le regard brillant d'envie. Quand est-ce qu'il mettrait enfin la main sur cette fille ?!

Il lui tardait ce moment.

Alors qu'il allait s'affairer à ses documents, on frappa à la porte, quelque peu pressé. Il sentait la panique venir des hommes attendant son autorisation d'entrer. Il sourit, perfidement. Allait-il faire couler du sang pour son quatre heure ?

« – Entrez, laissa-t-il tomber d'une voix grave.

L'ordre ne tomba dans l'oreille d'un sourd, et la porte fut immédiatement ouverte, laissant arriver les deux compères Barjow et Beurk. Il souleva un bref instant le sourcil, presque surpris. Que pouvaient-ils bien faire là ? Curieux, il ne les fit pas attendre longtemps à ses pieds.

– Que voulez-vous ?

– Mon seigneur, nous venons vous alerter.

– A quel propos ?

Ces laquais avaient le don de tourner autour du pot, craignant d'éveiller sa colère! Ce qu'ils ne comprenaient pas, c'était qu'il manquait de patience. Il ne pouvait que s'énerver face à leur blabla incessant et inutile.

– Un couple est venu ce matin pour trouver un médaillon pour leur fille, reprit le second. Nous leur avons proposé tout ce que nous avions en magasin, mais ils avaient une idée déjà bien précise de ce qu'ils souhaitaient.

– Ils voulaient un médaillon permettant la transformation physique, telle qu'un Animagus.

Il connaissait un seul médaillon ayant ces capacités pour en être le détenteur.

– Et que leur avez-vous dit ?

– Et bien, vous savez que jamais nous ne vous trahirions. Mais, nous ne savons pas comment, ni par quel moyen, mais par le simple fait qu'ils posent une question, nous y avons répondu par un naturel fou. Nous ne nous sommes pas alerté de ce fait tout de suite. Nous en avons discuté, et avons remarqué tous deux que ce n'était pas normal.

– Et ensuite, en pleine discussion, nous nous sommes rendus compte que leur apparence changeaient. Vous savez que nous apposons des sorts de protection. On préfère éviter de collaborer avec des gens prenant une autre apparence. Je peux vous assurer que pour que notre charme ait mit autant de temps à ronger leur sortilège, c'est que ce sont des sorciers très puissants.

– Ils l'ont vite réalisé et nous ont lancé un sort d'Oubliette.

– Que vous le savez bien, ne fonctionne pas sur nous, car nous en sommes immunisés.

Voldemort ne prononça pas une parole et se leva, marchant tranquillement vers eux jusqu'à poser sa main sur le front de l'un d'eux qui se mit à hurler sous l'intrusion mentale. Il ne voulait pas des paroles mais du concret. Le voir en direct était toujours mieux. Il trouvait plus d'informations qu'en les écoutant.

Il revit ainsi la scène, combien ce couple semblait uni et préparé. Aucunes paroles n'étaient échangées, seul un regard parlait pour eux. Il arriva bien vite au moment où leur apparence s'effondra. La baguette de la lady fut brandit habilement dans leur direction et le sort fut lancé. Avant que les propriétaires ne s'évanouissent, il put discerner une silhouette féminine harmonieuse, aux cheveux de lionne doré et au regard couleur noisette. Il venait de faire face à une véritable fauve déchaînée.

Il sortit de l'esprit de son mangemort, tremblant d'appréhension. Par Salazar, des femmes plus belles les unes que les autres semblaient graviter autour de lui en ce moment.

Il ne savait pas qui c'était, mais il lui tardait de le découvrir. Il poussa son mangemort qui était sur son chemin.

– Maître, où allez-vous ? Que devons-nous faire ?

Il se retourna souplement, et étonnement, ne releva pas son imprudence, ne faisant que lui répondre.

– Je m'occuperai de ceci plus tard. J'ai un bal ce soir, répliqua-t-il dans un sourire satisfait, avant de fermer les portes derrière lui, laissant ses laquais pantois.»

Oui, il avait bien mieux à faire que de s'occuper de tout cela. Il allait enfin la rencontrer !


Alors, qu'en pensez-vous? Que va-t-il se passer lorsqu'ils vont se rencontrer Voldemort et Yulia?