Chapitre 20

La guerre bien-sûr mon cher


Réponses reviews :

( Manon ) J'espère que ce chapitre te plaira aussi. En attendant ton retour =)

( Aurelie Malfoy ) Ahahah, penses-tu qu'il aura assez de courage pour le braver ? Tu auras la réponse à ce chapitre ;D En tout cas merci, que cela continue à te plaire. N'hésite pas de toute façon à me dire ce qui va ou ne va pas. Je suis assez ouverte sur la question et avoir des retours aide toujours !

(Lthibault18) Non, pas du tout fini :o Elle te semblait fini ? J'aurai bien été cruelle de vous laisser sans de nombreuses réponses. Pour mon rythme de publication disons que la version idéalisée je te dirais un chapitre par semaine mais en version réaliste un chapitre toutes les 2 ou 3 semaines… Mais en contre-partie je fais au mieux pour amener un chapitre pas trop court. Je tente de garder un certain équilibre x)


Extrait du précédent chapitre :

Il sortit de l'esprit de son mangemort, tremblant d'appréhension. Par Salazar, des femmes plus belles les unes que les autres semblaient graviter autour de lui en ce moment.

Il ne savait pas qui c'était mais il lui tardait de le découvrir. Il poussa son mangemort qui était sur son chemin.

Maître, où allez-vous ? Que devons-nous faire ?

Il se retourna souplement et étonnement ne releva pas son imprudence, ne faisant que lui répondre.

Je m'occuperais de ceci plus tard. J'ai bal ce soir, répliqua-t-il dans un sourire satisfait avant de fermer les portes derrière lui, laissant ses laquais pantois.»

Oui, il avait bien mieux à faire que de s'occuper de tout cela. Il allait enfin la rencontrer !


Dans son lit, il ne cessait de repenser à ce baiser. Son corps se souvenait encore de ce toucher, de cette peau en contact avec la sienne. Jamais il ne pourrait oublier ce souffle chaud, et ces gémissements si envoûtants. Il avait senti qu'elle y répondait et ton son être s'était embrasé : elle avait été à lui l'ombre de quelques secondes.

Il ne pouvait décidément pas la laisser seule dans ce bal de requins. Il n'avait pas vu la robe qu'elle allait porter, mais avait bien écouté les retours de ses camarades de chambre : elle allait se démarquer avec cette robe. C'était certain.

Comment pourrait-il la laisser au milieu de tous ces loups affamés ?! Et si elle tombait sur un homme plus charmant que lui, réalisa-t-il avec horreur...jusqu'à se mettre à rire de sa bêtise. Était-ce seulement possible de trouver mieux ?

Hilarant.

Il retomba sur les coussins, en soupirant.

Et malgré tout… Pourquoi devrait-elle accorder de l'attention à un autre que lui ? Ils ne méritaient pas son attention et ne faisaient que lui faire perdre son précieux temps. Elle avait bien mieux à faire que de répondre poliment à leurs multiples compliments. Car oui, il n'était pas dupe : elle en recevrait, et nombreux seront ceux gravitant autour d'elle. A cette idée, il abattit son poing sur le coussin.

Que Salazar lui vienne en aide, il devenait totalement fou! Il n'avait jamais été comme ça pour une femme. Mais tout avait changé depuis son arrivée. Son cœur avait totalement chaviré pour elle, et il ne pouvait plus prétendre être seulement intéressé par son corps. Il y avait tellement plus maintenant…

« – Que-t'ont donc fait ces pauvres coussins ? Lâcha Severus qui venait d'entrer dans la chambre.

– Ils ne me permettent pas de me rendre à ce foutu bal ! Rechigna-t-il comme un enfant en serrant les mâchoires.

– Qu'est-ce qui te retient d'y aller ? s'étonna son meilleur ami.

– Mon père mais surtout...cet abominable traître ! s'exclama-t-il en reprenant du poil de la bête, se défoulant de nouveau sur les coussins qui se déformaient sous ses coups.

Severus s'assit calmement sur un fauteuil, s'étant servi un thé sans plus réagir devant ses réactions intempestives.

– Car tu suis encore leurs ordres ? Demanda-t-il enfin entre deux gorgées.

– Non, bien-sûr que non ! Répondit le blond en se retournant vers son ami, un visage mortifié.

Comment osait-il lui demander ça ? Son cœur se retournait totalement à l'idée d'écouter une fois de plus ces raclures.

– Alors, pourquoi te sens-tu pris au piège ? Vas-y, rétorqua-t-il avec un naturel effrayant.

Un silence.

Simple et efficace.

Oui, y aller, mais comment ?

– Mais enfin, si je m'y rends, je montrerai ouvertement que je les défie, et je ne pourrai donc pas… !

– Tu ne pourras donc pas quoi Lucius ? Lui demanda-t-il en relevant son regard sérieux sur lui.

Qu'est-ce que cette situation impliquait-elle réellement pour le jeune sang-pur ? Qu'était-il prêt à faire afin de se venger ? Pourrait-il aller jusqu'à totalement retourner sa veste et s'investir dans leur cause ?

C'était sûrement trop tôt, mais la graine était plantée. Il ne fallait plus que lui donner le temps de pousser avec de l'attention et de bons conseils. Oui, Severus le sauverait de toutes ces idées ayant bercé sa vie et l'ayant totalement détruite.

– Je ne pourrai pas les faire payer comme il se doit ! Je ne veux pas une misérable vengeance ! Je vais les faire souffrir, bien plus que toute la honte qui m'habite. Je les ferai payer ! Déblatéra-t-il, le regard écarquillé par la folie meurtrière.

La volonté y était, ça c'était certain.

– Et comment comptes-tu t'y prendre ? Qu'est-ce qui pourrait les détruire le plus douloureusement possible ?

– Je ne sais pas...je… Je les torturai jusqu'à ce mort s'en suive ! Proposa-t-il tel un enfant cherchant la bonne réponse pour son professeur.

– Quel cruel manque d'imagination, réagit-il, de son tranchant professoral. Penses-tu réellement que tu pourras laver ton honneur ainsi ? Cela ne changera rien, car tu n'auras pas le pouvoir de les retenir.

– Bien-sûr que je pourrais, je… !

– Lucius, tu n'es pas encore assez fort. Mais tu n'es pas le seul sorcier pouvant lui faire face. Beaucoup de sorciers puissants lui font face, le coupa-t-il.

– Tu veux parler de ce pauvre ordre du Phoenix ? AHAHAH !

Il se mit à rire à gorge déployée, se tenant les côtes douloureusement. Mais son rire se perdit progressivement en constatant tout le sérieux du brun. Pourquoi ne se mettait-il pas à rire lui aussi ? C'était forcément une blague ! Voyons...l'Ordre quoi !

– Tu plaisantes j'espère Severus ! Cette bande d'incapables ne pourra jamais défaire le maî…, il ne finit pas le mot, se mordant la langue sous cette si honteuse manie d'ovation pour le seigneur des ténèbres.

C'était tellement ancré en lui qu'il avait envie de se frapper jusqu'à tout faire sortir.

– Et dis-moi, penses-tu réellement que tu es plus fort que, je ne sais pas, peut-être Albus Dumbledore ?

Le blond redressa le visage, le menton haut d'arrogance.

– Ce n'est qu'un vieil homme sénile et gâteux.

– Mais qui pourtant a souvent tenu tête au maître, accentuant intentionnellement le mot maître.

Le blond se mordit la lèvre, agacé. Oui, cela ne pouvait être nier. Aussi gâteux et sénile que cet homme était, il restait pourtant le sorcier le plus puissant faisant face aux ténèbres. Lui-même faisait certainement pâle figure devant lui…

– Et après, reprit-il avec énergie, qu'est-ce que ça change pour moi ?

– Rien, j'énonce juste des faits : ce qui détruirait totalement le Seigneur des Ténèbres serait qu'il perde cette guerre et en souffre éternellement, enfermé à Askaban, remuant la honte de sa défaite jusqu'à sa mort. Imagine un peu : l'Ordre triomphant sur lui. Quelle humiliation quand on sait l'opinion générale qu'en ont les mangemorts : cela serait une défaite totale et cuisante.

Plus les mots s'enchaînaient, et plus son cœur s'emballait. Par Merlin, mais bien-sûr ! Severus avait totalement raison ! Il ne pouvait pas avoir vengeance plus douloureuse et longue que celle-ci ! Un sourire triomphant s'étira sur ses lèvres.

– Tu es un génie Severus !

– N'exagérons rien. Disons que je suis bien au-dessus de la moyenne, rectifia-t-il dans un rictus moqueur et hautain qu'on lui connaissait si bien.

Le blond cessa de sourire, réalisant une chose.

– Et toi, où te situes-tu dans cette guerre ?

– Moi ? Je n'ai donné mon allégeance à aucun camp pour l'instant. Il ne me reste plus qu'à savoir quel choix tu vas faire afin de me décider, répondit-il dans un sourire fin et sombre. »

Cela signifiait tout : il suivrait Lucius dans son choix. Son cœur grossit d'émotion. Un Malfoy ne devait pas se conduire ainsi et pourtant, sans aucune annonce, il prit Severus dans ses bras, pleurant de soulagement contre son épaule. Il n'était pas seul et c'était si agréable à constater.

Severus fut d'abord surpris, mais posa rapidement une main sur les épaules du blond, le consolant. Oui, il ne le laisserait pas plonger dans cette vengeance seul.


Elle se retint de soupirer en constatant les regards curieux et jaloux de la gente féminine. Leurs discussions futiles et leurs compliments hypocrites ne suffisaient pas à dissimuler leurs pensées : elle se savait jalousée par celles-ci.

Elles savaient qui elle était, et n'appréciaient guère qu'une nouvelle aristocrate aussi célèbre qu'elle, fasse son entrée dans leur monde : elle risquait de leur voler un bon parti.

Si elles savaient ô combien cela lui passait au-dessus. Elle avait bien mieux à faire que de penser au mariage. Elle n'avait certainement pas besoin d'un homme pour se faire sa situation. Elle se suffisait à elle-même, et ne pouvait s'empêcher d'éprouver un certain mépris envers ces filles, croqueuses de diamants, qui espéraient vivre une vie de princesse sans faire le moindre effort.

Ridicules.

Et pourtant, elle prit sur elle et répondit faussement à leurs propos. Elle portait aisément son masque de sang-pur parfaite. Son visage s'illumina lorsqu'elle aperçut au loin son amie qui faisait son entrée dans le grand salon, s'excusant auprès de celles-ci. Sauvée, pensa-t-elle gaiement.

« – Lily !

La dite Lily la vit et répondit à son sourire, faisant disparaître son visage embarrassée : elle ne se sentait décidément pas à sa place au milieu de ces vipères. Oui, un regard coulant sur elle et elle avait senti tout le poison qu'on lui prodiguait. Elle entrait dans un territoire très dangereux mais qui devint respirable à l'arrivée de la serpentard.

– Yulia ! Ça fait longtemps que tu es arrivée ?

– Oui, depuis ce midi. J'ai aidé Henriette à préparer la réception.

La rousse se rapprocha de son oreille dans un mouvement qui se voulait discret.

– Tu supportes d'être au milieu de ce nid de vipères depuis tant de temps ? s'étonna-t-elle avec compassion.

Yulia se mit à rire, attirant d'autant plus l'attention de ces femmes sur elles. Elle se pencha à son tour vers l'oreille de son amie afin de lui répondre.

– Les vipères font pâle figure face à une Fourchelangue, rétorqua-t-elle avant de siffler quelques mots à Yoka.

Ce faisant, ces sons en firent pâlir plus d'une. Elles avaient remarqué un serpent à son bras mais pensaient que c'était un bijou magique. Cela n'en était rien, et elles frémirent en voyant Yoka glisser jusqu'à son cou. Elles entendaient ses sifflements d'appréciation.

– Elle est contente de te voir, lui renseigna Yulia.

La rousse lui accorda un magnifique sourire et lui caressa le haut de sa tête sans la moindre hésitation.

– Au fait, pourquoi sommes-nous réunies ici ?

– C'est une sorte de tradition avant que la soirée ne commence. On sépare les hommes et les femmes dans deux grands salons. C'est un peu comme un apéritif avant de s'attaquer aux choses sérieuses, commenta-t-elle avec humour.

– Je vois…

Les portes s'ouvrirent, laissant arriver la maîtresse de maison, plus resplendissante que jamais. Elle portait une magnifique robe couleur or aux broderies pailletées, d'une coupe de sirène présentant un dos transparent. Elle soulignait sa ligne svelte et ne la rendait que plus majestueuse. C'était vraiment la femme de la soirée. Aucun doute.

Elle fondit sur elles, totalement rayonnante.

– Lily ! Je suis tellement contente de te revoir. J'espère que tu aimeras ce qui va suivre.

– Je n'ai aucun doute sur cela, lui répondit-elle courtoisement, ne souhaitant pas lui partager son mal-être.

– Cela tombe bien, je voulais vous présenter à certaines de mes amies.

Et elle les entraîna d'invitée en invitée. Lily fut surprise de constater la présence de plusieurs moldus, et ne tarda pas à partager son étonnement à Yulia.

– C'est vrai que tu n'es pas au courant. Henriette est une sorcière ayant grandi dans l'aristocratie moldu. Cette famille était en relation avec beaucoup de famille sorcières, et cela depuis des décennies. Et donc, même si elle a récemment découvert son appartenance au monde de la magie, elle en a toujours été entourée depuis sa plus tendre enfance. Elle est ce qu'on pourrait appeler un modèle de tolérance. Elle ne fait aucune distinction entre sorcier et moldu, et s'adapte à chacun avec aisance.

Et en effet, Henriette réunissait en une conversation quelques sang-purs aux côtés de moldus, toutes aussi richement vêtues, et ça sans aucune animosité. Enfin, disons plutôt que les sorcières n'osaient pas faire de remarque sur la présence de moldus. Elles connaissaient la réputation de leur hôte, et ne souhaitaient pas se faire mal voir.

Le regard de Lily continua de fondre sur les invitées, jusqu'à ce qu'elles reconnaissent quelques visages. Elle devint blême.

– Yulia, il y a parmi les invitées des familles reconnues comme étant des familles sombres, s'exclama-t-elle le plus discrètement possible.

– Oui, je sais. Henriette en est totalement consciente. Je te l'ai dis : elle ne fait aucune distinction. C'est une hôte de choix qui ne souhaite que passer une agréable soirée avec des personnes venant du monde entier. Il n'y a pas ici que des sorciers anglais. Il doit y avoir au moins un représentant par pays.

– Mais enfin, il pourrait y avoir une attaque ou… !

– Non. Les invités respectent tous Henriette comme elle est. Avant même de devenir une Dumbledore, ses bals étaient célèbres et prisés. Personne ne souhaite faire des problèmes. Cela peut être considéré comme une zone neutre.

– Une zone neutre… ? Répéta Lily, abasourdie.

Était-ce seulement possible ?

Et en constatant le regard empli de fierté de Yulia, elle comprit que oui, c'était possible et qu'elle était actrice dans cette scène incroyable.

Elle sourit à son tour. Sa vie était réellement retournée depuis sa rencontre avec Yulia et au fond, elle en était plus que reconnaissante. Elle se savait elle-même compréhensive et ouverte d'esprit mais aujourd'hui, elle découvrait de nouvelles facettes du monde, qui mettaient à rudes épreuves certaines de ses convictions.

Elle admira Yulia, devant avouer que cette robe la mettait vraiment en valeur.

– Ta robe est magnifique, la complimenta-t-elle.

– Seulement ma robe ? La taquina-t-elle, la faisant rougir un bref instant.

– Non, enfin c'est juste que… !

– Ahaha, se mit à rire la brune, pas du tout vexée. Nous avons totalement échangé les couleurs de nos maisons, fit-elle remarquer en donnant un coup d'œil à la robe de la rousse qui portait une robe bustier en dentelle verte émeraude, aux manches mi-longues et à la dentelle transparente à mi cuisses.

La Gryffondor affirma ce fait en regardant une nouvelle fois la robe rouge sang de Hermione. C'était une longue robe avec traîne, fendue jusqu'à mi cuisse et cintrée à sa taille fine. Son dos était en parti découvert, montrant la ligne délicate de son dos, amenant jusqu'au galbé de ses fesses rondes. D'un glamour sans égal, elle ferait de l'ombre à toutes ces femmes en recherche de prétendant.

– Souhaitons juste que cela ne s'ébruite pas. Je ne sais pas si j'arriverai à l'assumer, fit-elle remarquer dans un sourire complice.

Un clochette retentit, faisant cesser toutes les conversations.

– Mesdames, il est l'heure d'entrer en scène. Je vous remercie à vous toutes de vous être déplacées pour ce bal, et vous souhaite de passer une agréable soirée, déclara Henriette avant d'ouvrir les portes menant à la salle de réception. »

Les invitées ne se firent pas attendre, impatientes de voir la salle de bal. Yulia en fit de même, entraînant à ses côtés Lily qui sentait une boule d'excitation dans la poitrine. Et ses yeux furent éblouis par tant de beauté. Elle se sentait comme dans ses films de princesse, voire comme Cendrillon se rendant au bal royal.

Oui, tout à fait Cendrillon !

Et elle constata la présence de nombreux hommes, coupes en main, admirant l'arrivée des femmes. Tout était fait pour les mettre en valeur. Et ces pauvres hommes n'avaient d'yeux que pour elles. Rectifions, leurs regards fondirent rapidement sur Hermione qui avait adopté une démarche élégante et séduisante.

Elle faisait une entrée prisée et jalousée.


Posté contre une colonne en marbre, coupe de champagne en main, il fondait son regard sur les invités qui attendaient l'arrivée des reines de la soirée. Lui-même était curieux de ce qui allait sortir de ce salon.

« – Tu as finalement pu venir, Aris, intervint une voix à sa droite, lui faisant relever la tête de sa coupe.

– Je ne pouvais décidément pas rater cet événement, fit-il remarquer de sa voix voluptueuse en souriant à son ami qui n'était autre que Charles Fostier.

Celui-ci se posa à ses côtés, prenant une gorgée de sa propre coupe.

– As-tu déjà rencontré la Lady ? s'intéressa Aris.

Il fit un sourire fier.

– Bien-sûr, c'est ma Marraine.

L'ami en tomba des nues, son visage affichant toute sa surprise.

– Mais...Je pensais que ta Marraine était une moldu…

– Oui, c'est ce qu'on pensait jusqu'à récemment. Elle a réussi à éveiller ses pouvoirs au moyen d'un rituel familiale, lui confia-t-il.

– Tu t'es bien passé de m'en parler avant, lui fit-il le reproche.

– Si tu n'avais pas disparu en Turquie pendant trois mois, tu aurais été le premier au courant, répliqua-t-il du tac au tac.

– Et comment a-t-elle su qu'elle était la fille du célèbre Albus Dumbledor ? ne relevant pas sa dernière réplique.

– Ah, ça c'est grâce à Yu…, mais il fut coupé par l'arrivé des femmes, leurs regards se portant dans leur direction. Tu vas pouvoir la rencontrer. Il me tardait de te la présenter, souffla-t-il dans un ton mystérieux.

– Qui ?

– Tu sauras rapidement de qui je parle, lança-t-il sans donner le moindre indice.

Et pourtant, il avait raison. Il n'eut pas besoin de plus d'information pour savoir de qui il parlait lorsqu'il la vit arriver. Elle se détachait totalement du reste. Un spot l'accompagnant dans sa démarche princière ne l'aurait même pas étonné tellement elle était visible.

Le rouge de sa robe faisait ressortir la couleur pâle de sa peau, contrastant avec ses longs cheveux sombres. La fente lui permit d'admirer ses jambes fuselées qui produisaient un mouvement gracieux sur la traîne de sa robe. Son déhanché ne lui permettait pas de détacher son regard d'elle. Par Merlin… Avait-il déjà vu pareille créature ? Il remonta jusqu'à sa poitrine, et aperçut une singulière écharpe, si on pouvait désigner son animal ainsi.

Encore plus intéressante.

Il arriva jusqu'à son visage taillé dans la pierre, tellement sa beauté était irréelle. Il fondit pour ce regard noble jugeant tout sur son passage. Un regard de glace qui pourtant, réchauffait en instant son corps. Elle maintenait un sourire de convenance qui charmait le moindre passant.

Sa peau frissonna d'appréhension lorsqu'il la vit se diriger vers eux sans la moindre hésitation. Un chemin se créait naturellement à son passage, les invités s'écartant automatiquement à sa vue.

Une reine…

Elle s'arrêta jusqu'à Charles qui lui fit un élégant baise-main qu'elle accompagna d'une étreinte chaleureuse. Son visage fut gagné d'une expression attendrie qui le désarçonna en un instant. Cette expression lui allait si bien !

« – Charles cela faisait si longtemps ! s'exclama-t-elle de sa voix suave.

– Ta scolarité ne me permet pas de te voir tous les jours, ma chère.

– Et le fait que tu fuis les préparatifs n'aide pas, lui reprocha-t-elle avec un sourire taquin.

Oui, le jeune homme s'était défilé, laissant cette tâche à la serpentard.

– Pardonne-moi ma lâcheté, je ne souhaitais pas t'incommoder.

– Je n'en doute pas. Lily, tu te souviens de Charles ? s'enquit-elle à demander à son amie qui venait de les rejoindre.

– Oui bien-sûr, ravie de vous revoir, Lord Fostier.

– Appelez-moi Charles, s'il-vous-plaît.

Lily accepta, tentant de refréner le rougissement qui envahissait ses joues. Charles, habitué à cette réaction, ne releva pas et ne lui fit qu'un sourire à la dentition parfaite.

Aris ne s'était pas manifesté, dévorant du regard la brune qui déposa enfin son regard sur lui, lorsqu'elle entendit un sifflement retentir. Elle resta de marbre à son apparence. En tout cas, extérieurement car intérieurement elle était sous le charme.

Qui était cet homme ?

Charles suivit son regard et eut comme une illumination.

– Désolé mon ami. Mesdemoiselles, je vous présente le Lord Dimak, mon meilleur ami. Il nous revient directement de Turquie, précisa-t-il.

Ce fut sa chance de s'approcher et enfin toucher cette peau qui semblait faite de porcelaine. Et en effet, elle était d'une douceur sans égale. Il l'apporta à ses lèvres, et la baisa avec élégance. Elle n'avait pas décroché son regard de sa personne, semblant le juger. Soudain, sans qu'il ne s'y attende, elle lui accorda un sourire amicale.

– Enchantée Lord Dimak. Pardonnez notre impolitesse. Je suis…

– Lady Tolstoï, finit-il d'une voix grisante, la main de Yulia toujours dans la sienne.

Elle n'en montra rien et pourtant…

Que venait-il de se passer ?

Elle avait senti son cœur faire un bond. Le regard qu'il lui avait dédié tout en prononçant son nom l'avait déstabilisé. Était-ce le fait qu'il la connaisse; ou juste ce regard noir, tel un puits sans fond dans lequel on se sentait prisonnier; ou ce visage au port noble dans une couleur caramel si alléchante, dorée par le soleil; ou ces cheveux lui dépassant ses épaules dans de magnifiques boucles foncées, attachées en catogan; ou ce corps avantageux dont sa tenue n'enlevait en rien de charme masculin; ou tout simplement cette main plus grande que la sienne qui semblait la caresser subtilement. Qu'est-ce qui dans tout ça la rendait ainsi ?

Peut-être l'association de tout ça, mis en un corps et appelé Lord Dimak. Merlin… Elle devait vraiment laisser ses hormones de côté. Elle n'était pas là pour ça ! Une claque mentale plus tard, elle récupéra sa main sans brusquerie, agrémenté d'un rire léger.

– Je constate que les présentations ne sont pas nécessaires pour moi. Je vous présente alors Lily Evans, une amie chère de Poudlard, l'introduisit-elle, touchant la rousse par ses mots.

Il l'observa l'ordre d'une seconde, et le plus fin des observateur aurait pu constater une bien étrange lueur passer dans son regard. Mais la seconde suivante, plus rien et il se baissait pour réitérer son baise-main.

– Enchantée, Lady. Poudlard vous sied-t-il ? s'intéressa-t-il.

– Oui, mais j'avoue qu'il me tarde d'en finir afin de continuer mes études supérieures, lança la gryffondor.

– Vraiment ? Dans quelle branche souhaiteriez-vous vous lancer ?

– J'hésite encore entre la recherche en potion et les études de médico-mage.

– Des études ambitieuses, fit-il remarquer.

– Des études qu'elle remportera haut la main, intervint Yulia, sans la moindre hésitation. C'est la meilleure élève de notre promotion.

– C'était le cas jusqu'à ce que tu arrives Yulia, rectifia-t-elle sans la moindre animosité.

Elles partagèrent un rire complice jusqu'à l'intervention de nouveaux arrivants qui se joignirent au groupe.

– Lily ! Je ne pensais jamais te voir un jour porter cette couleur ! Je suis horrifié de le dire mais...même les couleurs de ces serpents te vont si bien, complimenta James accompagné de Sirius qui ne décrochait pas du regard la silhouette majestueuse de Hermione.

Celle-ci le remarqua bien vite et ne rata pas l'occasion. Elle s'approcha de lui, collant son épaule à la sienne afin d'arriver jusqu'à son oreille.

– Et bien alors Sirius, tu apprécies ce que tu vois ? Lui demanda-t-elle d'une voix taquine, avant de se décoller en entendant la musique s'élever dans la salle.

Elle se dirigea tout naturellement vers Charles qui l'invita à danser. Elle déposa Yoka sur la table, et lui caressa tendrement la tête. Elle passa devant Sirius troublé. James ne perdit pas de temps et entraîna la rousse qui se plaignit jusqu'à arriver au milieu de la piste, collée au brun. Elle fut alors silencieuse, sentant ce torse contre elle et ainsi le souffle coupé.

Que Godric lui vienne en aide !

Elle releva la tête, constatant ainsi la différence de taille. Depuis quand était-il si grand ? Il prit sa main et la fit poser sur son épaule. Avait-il toujours eu ces épaules larges ? Elle fut d'autant plus collée à lui lorsqu'il la ramena contre lui, sa main sur sa taille.

Oh Merlin… !

Elle allait défaillir. Son regard croisa le sien. Pourquoi ses yeux semblaient si beaux en cet instant ? Comment n'avait-elle pas pu remarquer cette couleur noisette si particulière ?

Il prit son autre main et la danse commença.

Son corps suivit le sien, répondant instinctivement à celui du jeune homme. Elle avait pris quelques cours de danse étant jeune mais ne pensait pas se rappeler d'assez de chose pour se produire ainsi devant la haute société. Et pourtant...Elle dansait et sentit son corps se détendre, son visage affichant un sourire satisfait et sans s'en rendre compte, elle se mit à rire avec le brun qui était totalement enchanté de l'état de sa partenaire. Elle riait avec lui !

Hermione de son côté appréciait la danse partagée avec Charles qui était tout à fait courtois. Elle se sentait si à l'aise avec lui. Il était à ses yeux, un membre de sa famille et savait qu'elle pouvait se sentir en sécurité. Ils échangèrent une discussion légère, quelques blagues et remarques drôles ajoutées par-ci par-là. Elle laissait tomber son masque devant lui.

Et pourtant, beaucoup remarquèrent le changement.

La musique changea de rythme un bref instant, signifiant le changement de partenaire et elle se retrouva dans les bras d'un homme faisant sa taille, devant avoir la quarantaine, d'un blond miel, quelques peu enrobé. Elle sentait par son toucher que ses pensées n'étaient en rien innocentes. Elle rit, surprenant l'homme qui se réjouissait que ses tentatives soient fructueuses, et sentit son cœur battre à tout rompre lorsqu'il la vit se coller à lui, se penchant vers son oreille.

– Je vous laisse deux secondes pour cesser ces gestes répugnants envers ma personne, sinon je ne garantie pas qu'une main ou deux ne se détachent de votre corps, le menaça-t-elle dans une expression totalement neutre, ne laissant rien paraître aux autres convives.

Le cavalier devint blanc, ne s'attendant pas à cela. Elle se décolla, lui faisant un sourire promettant milles tortures si il ne s'exécutait pas. Il reprit une distance convenable avec elle et se mit à danser plus maladroitement qu'avant.

Elle venait de remettre son masque. Elle devenait totalement intouchable.

Elle changea plusieurs fois de cavalier, et dut à d'autres reprise réitérer ses menaces jusqu'à ce qu'elle ne tombe entre les bras d'un jeune homme devant avoir son âge. Celui-ci dégageait autre chose. C'était… presque familier. Il lui attrapa sa main et sa taille, dans une poigne ferme et pourtant douce. Un tressaut, et elle leva son regard vers le visage de son cavalier.

Il avait des cheveux courts, châtains, un visage à la mâchoire bien dessinée. Son nez légèrement en trompette et des lèvres fines. Lorsqu'elle tomba sur ses yeux, elle reconnut cette couleur. Couleur acier.

Elle se rapprocha un peu plus, le pinçant à travers son costume.

– Qu'est-ce que tu fais là Lucius ?

Si il fut surpris, il n'en montra rien et au contraire lui fit un sourire, ne s'occupant pas de la douleur due au pincement.

– J'accompagne la belle à son bal.

– Tu sais que tu ne dois pas te faire voir ici. Il ne voulait pas que tu viennes.

Il la fit tourner gracieusement, la décollant de lui avant de la ramener de plus belle, collant son visage dans son cou.

– Et bien, j'espère que s'il est là, qu'il me verra danser avec toi, répondit-il dans un chuchotement chaud.

Elle ne put s'empêcher de sourire, ne sachant pas pourquoi elle se sentait presque touchée par cet excès de jalousie dont il faisait preuve. Elle laissa tomber et se colla sensuellement à lui, caressant son épaule et faisant comprendre par ses mouvements qu'ils allaient passer aux choses sérieuses.

– Alors, sortons le grand jeu, l'invita-t-elle dans une voix vibrante d'excitation.

Et ainsi, ils se mirent à danser sensuellement. Tout n'était que caresses et subtilités. On entendait les talons de Yulia frapper le marbre alors que sa robe s'envolait lors d'un énième tour sur elle-même. Le rythme fondait sur eux et se retranscrivait à travers leurs mouvements sensuels et précis. Une telle alchimie se dégageait de leur prestation. Pas une fois ils ne détournèrent volontairement leur regard de l'autre. On sentait le cavalier mener la danse à la perfection. Tout n'était fait que pour prendre en considération sa cavalière. Il n'avait d'yeux que pour elle et aimait la voir se déhancher sur lui. Il aimait tout particulièrement passer sa jambe entre les siennes et la laisser gracieusement glisser en arrière, alors qu'il la retenait par sa taille. Elle penchait son visage, et laissait une vision alléchante de sa nuque. Ce moment de délice s'enchaînait par de la vitesse et de la précision alors qu'il se mit à la faire tourner. Elle passait une main sur sa nuque qu'elle semblait presque caresser. Il ne résistait pas à lui souffler quelques mots dans son oreille. Manœuvre qui produisait un sourire sur les lèvres de la serpentard. Cette complicité ravit Henriette qui appréciait de voir sa petite fille s'amuser. Elle ne pouvait pas souhaiter mieux.

La musique changea de nouveau, annonçant le changement de partenaire. Ils avaient fini collés l'un contre l'autre, quelque peu essoufflés, mais satisfaits. Le duo se sépara, avec regret. Hermione n'arrivait pas à se défaire de son sourire. Elle s'était senti si bien. Mais elle n'avait pas le temps de penser à cette danse effrénée, qu'elle était déjà dans les bras de son nouveau cavalier. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle rencontra ce regard foncé. Elle se sentit presque fondre lorsque ses mains se posèrent sur elle.

Très bien, c'était officielle : elle n'était pas mieux que ces adolescentes en chaleur… C'était vexant ! Et pourtant, son corps devenait mou lorsqu'elle croisait son regard.

– Vous nous avez offert une prestation des plus exquises, j'ose espérer que vous avez encore de l'énergie car je compte bien battre le score.

Et là sans attendre, elle fut de nouveau tournée dans tous les sens, faisant virevolter sa robe et claquer ses talons comme jamais. Elle était crispée les premières secondes, et pourtant son âme de gryffondor répondit à l'appel du défi. Il voulait aussi une prestation des plus remarquable ?

Il ne serait pas déçu.

Et elle se donna autant que pour la précédente danse, et pourtant la différence était là. Les performances des cavaliers différaient. Lucius était bon danseur comme tout bon sang-pur mais le Lord Dimak c'était un tout autre niveau. Elle se sentait presque dépassée par moment. Et pourtant, à chaque fois qu'elle allait défaillir, il la soutenait. Elle en était totalement transportée. Plus d'une fois elle se retrouva le nez plongée dans sa nuque. Son parfum électrisait tout ses sens. Par Merlin, elle ne pouvait pas dire si elle souhaitait que cela cesse ou continue éternellement.

Lorsque la musique changea, elle se retrouva essoufflée comme jamais. Totalement pantelante, les mains toujours sur son cavalier et figée contre lui. Lui aussi avait une respiration courte mais le dissimulait comme il pouvait.

– Puis-je vous proposer un verre afin de vous remercier d'avoir accédé à mon caprice ?

– Ne serait-ce pas la moindre des choses ? Rétorqua-t-elle pourtant dans un ton complice.

Il lui présenta son bras qu'elle prit, décevant les prochains cavaliers qui pensaient eux aussi avoir droit à une danse sensuelle. Ils se dirigèrent jusqu'au festin, et se servirent un verre de vin blanc.

– Vous m'avez impressionné. Je n'ai jamais trouvé une cavalière capable de me suivre aussi bien, confia-t-il.

– Et vous êtes le premier cavalier à réussir à me faire perdre pied. J'ai cru plus d'une fois que je n'arriverais plus à suivre.

– Et pourtant vous avez divinement suivi mes pas.

– Car, aussi rapides et complexes qu'ils étaient, ils étaient fait de façon à ce que je puisse suivre, n'est-ce-pas ?

– Touché.

– Fabuleuse prestation.

Ils se tournèrent et firent face à Henriette.

– Merci Henriette.

– Merci ma Lady, Lord Dimak, pour vous servir, répondit-il tout en lui baisant la main chastement.

– Enchantée de pouvoir enfin vous rencontrer. Charles m'a tant parlé de vous. En Turquie m'a-t-il dit ?

– En effet. Je suis en passe de finaliser des contrats avec les autorités locales pour avoir l'accès à des fouilles archéologiques.

– Je pourrai vous présenter un ami qui se ferait un plaisir de traiter avec vous. Il a lui-même à plusieurs reprises, obtenu des autorisations pour ce pays, proposa-t-elle.

– Cela serait avec plaisir, Lady.

– Appelez-moi Henriette je vous prie. Je considère Charles comme mon fils. Son meilleur ami est mon ami. Ma chérie, j'en connais une qui se tarde de revenir avec toi, indiqua-t-elle en montrant Yoka qui sifflait d'impatience.

Henriette la lui tendit et celle-ci s'enroula autour de son cou, frottant sa tête à son visage.

Maika ! Tu as été si longue. Pourquoi perdre du temps avec ces hommes si désespérants ?

Cela s'appelle vivre en société ma belle, tu ne peux pas comprendre, lui répondit-elle, clouant sur place Aris qui ne s'y attendait pas.

– Cela surprend les premiers temps, mais rassurez-vous, on s'y habitue rapidement, indiqua Henriette envers le jeune Lord.

– Je trouve cela surtout magnifique à écouter, commenta-t-il, surprenant cette fois-ci Hermione qui avait l'habitude de sentir le dégoût de la plupart des personnes l'entourant.

Quel bel homme Maika. Peut-être que vivre en société n'est pas si mal, commenta le serpent, qui fit rire Hermione.

Ne lui dis pas surtout mais, c'est vrai qu'il est à mon goût, répondit-elle, inconsciente du sourire que cela provoqua sur les lèvres de l'arménien.

Et soudain, sans qu'elles ne s'y attendent, il était à un pas d'elle, son souffle s'abattant sur sa joue. Assez proche pour sentir de nouveau ce parfum qui lui avait tourner la tête lors de leur danse. Elle voulu plonger dans son regard mais ses yeux étaient entièrement dévoués pour Yoka qui, à sa grande surprise, fut totalement réceptive à son toucher. Habituellement, elle avait besoin d'un peu de temps avec la personne avant de se laisser toucher.

Et pourtant là sous ses yeux, elle se caressait presque avec indécence. Elle ne se retenait pas de faire des commentaires sur son « toucher divin » disait-elle. Hermione fut partagée entre le fait de devenir aussi rouge qu'une tomate ou se liquéfier de honte sur place.

Mais à sa grande surprise, tout ce qu'elle fit fut de rire.

Un véritable four rire, lui faisant tenir ses côtes, qui fit rompre le contact entre eux. Henriette regardait la scène du coin de l'œil, s'étonnant de la réaction provoquée chez sa petite fille. L'avait-elle déjà entendu rire ainsi ?

Le jeune Lord sembla quelque peu décontenancé, lui-même ne s'étant pas attendu à cette réaction.

Intéressant.

– Je suis curieux de savoir ce qu'elle a bien pu vous dire pour vous mettre dans cet état, tenta-t-il muni d'un sourire charmeur.

Hermione se redressa, remarquant quelques regards quelque peu… scandalisés, outrés ou choqués par son comportement. Elle sentit un main se poser sur son épaule, ce bras faisant comme barrière entre elle et les regards accusateurs. Aris les démontait de son regard suffisant, les remettant en une action à leur place.

– Ne faites pas attention à ces personnes. Elles ne méritent pas que vous leur accordiez votre attention. L'hypocrisie leur sied déjà bien assez, laissez-les se revêtir de jalousie pour ce soir, lui chuchota-t-elle d'une voix arrogante.

Le meilleur ami de Charles ? Il portait bien le titre de Lord, ça c'était sûr. L'arrogance et l'assurance qu'il affichait en serait presque déstabilisant, si elle ne faisait pas de même avec son propre personnage.

– Elle trouve vous avez un toucher divin et que cela ne fait qu'augmenter votre charme, lui traduisit-elle.

Elle omettait bien de préciser que Yoka l'invitait à s'en faire sa propre idée, disant qu'il serait dommage qu'elle ne goûte pas à une expérience pareille. Autant l'inviter directement à rentrer avec elle ce soir, et l'accompagner jusqu'à sa chambre afin de visiter son lit.

– Vraiment ? C'est une charmante créature.

– Vous n'avez pas peur ? Il a fallu du temps pour la plupart de mes proches pour être totalement à l'aise avec elle, et ce n'est d'ailleurs pas encore le cas pour tous, précisa-t-elle en repensant aux sueurs froides de Lucius.

– Non, je suis totalement fasciné par eux. Je les trouve magnifique, répondit-il d'une voix franche, vibrante d'excitation.

– Vraiment ?

– Oui. Vous savez, le serpent est un animal d'une symbolique très forte que cela soit dans l'histoire des sorciers ou des moldus. De nombreuses civilisations voient leur naissance par un serpent. Il peut représenter à la fois la mort et la vie. Un animal flexible, au sang-froid et à l'intelligence crainte, qu'on associe à de la fourberie. Je préfère penser qu'il est juste plus intelligent que ceux qui lui font face.

– Oui, c'est un animal fascinant qui agrémente de nombreuses légendes. Et je peux rajouter qu'ils sont des êtres très fidèles.

– En effet, confirma-t-il tout en appréciant la vue de Yulia, les joues quelque peu rosies par son précédent fou rire, donnant un regard coulant de tendresse envers Yoka. Corrigez-moi si je me trompe, mais j'ai toute l'impression qu'elle fait partie de l'espèce du Basilic.

Hermione se sentit refroidir de l'intérieur. Comment… ? Mais le plus important, devait-elle l'avouer ? Si cela s'ébruitait, qu'est-ce qu'il lui garantissait que cela n'arrive pas jusqu'aux oreilles de Voldemort ? N'avait-il déjà pas assez d'intérêt pour elle ?

Mais le but n'était-il pas justement d'attirer son attention sur elle ?

Elle retrouva son sourire avenant.

– Vous avez l'œil, Lord Dimak.

Son regard brilla, réellement ensorcelé par cette nouvelle.

– Comment avez-vous réussi ce miracle ? Ils sont très rares.

– J'ai eu beaucoup de chance c'est vrai. Mais je ne peux pas vous dire comment je l'ai rencontré. C'est en usant de secrets familiaux, confia-t-elle.

Il ne parut pas outré, même compréhensif, faisant un sourire résigné.

– La famille Tolstoï hein..., souffla-t-il. Réellement fascinant. Vous êtes un mystère à vous toute seule, ajouta-t-il en attrapant une de ses longues mèches de cheveux dans sa main. Il la caressa du bout de ses doigt en ne lâchant pas la jeune fille du regard.

Perte de souffle instantanée. Mais contrôle toujours optimal.

Elle repoussa la main sans brusquerie.

– Vous vous permettez bien des familiarités avec moi, Lord Dimak.

Il fut de nouveau contre elle, le torse se soulevant contre sa poitrine.

– En effet, et j'avoue dans ma grande faiblesse ne pas réussir à me stopper. Mais pour vous ma Lady, je ferai un effort, chuchota-t-il tout en attrapant une coupe de champagne derrière elle avant de s'éloigner. Il s'en alla rejoindre Charles, qui discutait politique avec de nombreux convives, ne lui accordant qu'un dernier sourire digne du plus vil des serpentard. »

Oh, il voulait jouer, n'est-ce pas ?

Ils allaient jouer.

Elle lui accorda un sourire victorieux, annonçant déjà sa prochaine défaite, avant de tourner son attention vers son ami. Hermione se détourna, rejoignant elle-même son amie mais ne vit pas le coup d'œil qu'il lui octroya, se mordant la lèvre en tentant de refréner un rire.

Elle était tout à fait charmante.

La brune se retrouva près de Sirius, lui-même occupé à observer Lily et James se dévorant du regard. Combien d'épisodes avait-elle manqué ?

« – Pourrais-tu m'expliquer comment on en est arrivé là ?

Il parut un instant surpris par son entrée mais se reprit vite, arborant son éternel sourire taquin.

– James a sorti le grand jeu lors de la première danse. Le cœur de notre cher élève modèle a apparemment fondu pour notre capitaine de Quidditch. Et depuis, c'est comme ça. Ils se conduisent comme ça, rougissant sans cesse et s'excusant à tout bout de champs. C'est amusant les premières minutes mais j'avoue m'ennuyer maintenant de leur monosyllabe. Je suis soulagé de te voir arriver.

– Vraiment ? Préférer la venue d'une vile serpentard, vas-tu le supporter ?

– Godric lui-même me recommanderait de ne pas assister plus longtemps à ce spectacle. J'ai l'impression que mes neurones disparaissent par centaine à chaque seconde passée à leurs côtés.

– Sais-tu Sirius que pour une disparition, cela implique qu'il y ait d'abord du contenu. As-tu déjà confirmé la présence de neurones ici ? Demanda-t-elle tout en pointant du doigt son crâne.

C'était ainsi maintenant entre eux, s'envoyant des pics et des vannes sans jamais en être blessés. Ils s'amusaient juste à présent. Et cela leur convenait parfaitement ainsi.

– Très drôle Tolstoï. Peut-être que la présence de neurone est toujours à confirmer, mais pour ça je suis sûre du contenu, dit-il en relevant un bref instant sa chemise, dévoilant un torse très ben bâti.

– Si tu espérais m'impressionner Black avec tes quelques morceaux de muscles, tu peux te rhabiller car cela n'aura pas eu l'effet escompté, le cingla-t-elle, pendant que plusieurs jeunes filles fixaient avec envie la merveilleuse vue offerte par le brun.

Celui-ci se rhabilla, ne se défaisant pas de son sourire. C'était une dure à cuir cette fille. Réellement imperturbable.

– Je me demande parfois si il est humainement possible de t'impressionner. Aimerais-tu par hasard les femmes ?

Et là sans attendre, elle se mit à rire, le surprenant. Il ne l'avait jamais autant entendu rire qu'aujourd'hui.

– Ta question est sérieusement posée ?

– Bien-sûr. Je ne parle pas pour rien dire.

C'était une chose encore à prouver mais soit, elle y répondrait.

– Et si c'était le cas, en serais-tu déçu Sirius ? Demanda-t-elle en sifflant son prénom, provoquant des frissons dans le corps du gryffondor.

– Ne te crois pas si unique Tolstoï, de belles femmes il y en a des milliers, répondit-il en faisant mine de bouder.

– Il est vrai que je ne suis pas la seule femme sur Terre. Néanmoins, j'apprécie le fait que tu me mettes dans la catégorie : belles femmes.

Oui, elle l'avait eu. Il redressa le menton, ne rajoutant rien, faisant preuve ouvertement de mauvaise foi.

Les humains sont-ils tous aussi mauvais orateur ? s'enquit à demander Yoka, ne se retenant pas d'user de son venin dans ses mots, à défaut de l'utiliser par ses crocs.

Par Merlin, non ma chère. L'humanité en serait totalement perdue, concéda-t-elle dans un rictus. »


Le temps passa, Hermione passait d'un invité à un autre, faisant honneur à son nom. Elle eut sans surprise de nombreuses demandes en mariage, qu'elle rejeta immédiatement. Elle les invitait à se retourner vers Matvei. Si bien-sûr, il acceptait de les accueillir dans le manoir. Ce dont elle doutait fortement.

Ils avaient déjà abordé ce sujet et Matvei ne concéderait pas un mariage arrangé, surtout pour sa dernière descendante. Ils n'avaient aucunement besoin de pouvoir supplémentaire par un mariage « avantageux », et ne pensait qu'à son bonheur. Elle serait celle choisissant sa moitié.

Elle avait été touchée par cette attention. Et puis, aurait-elle seulement accepté d'accéder à ces propositions si Matveil avait été d'accord ? Se connaissant, elle aurait trouvé une parade pour y échapper.

Un mariage ? Sincèrement, elle n'y avait pas sérieusement réfléchi, sauf lorsque Lucius lui avait fait sa proposition. Elle s'était senti totalement retournée et prise au piège. Elle repensait à sa propre époque, revoyant toutes ces jeunes filles de bonnes familles, se pliant à la volonté de leur famille, totalement prise au piège par des contrats magiques passés lorsqu'elles n'étaient même pas encore en âge de marcher. Elle ressentait de la compassion à présent pour elles, n'ayant jamais pris conscience de ce qu'impliquait leur rôle dans la société : des pions.

Elles étaient réellement des pions que l'on plaçait sur l'échiquier du pouvoir et l'avarice. Mais il en était de même pour les jeunes hommes, et une image de Draco s'imposa. Avait-il lui aussi vécu prisonnier de sa condition ? Sûrement…

Elle fut soudainement sorti de ses pensées lorsque Yoka se mit à siffler, avançant le fait qu'elle n'avait toujours pas mangé. Elle se dirigea donc vers un balcon, laissant le serpent ramper jusqu'aux jardins où elle se ferait un plaisir de se dégoter deux trois proies bien fraîches. Hermione se posa contre la pierre froide, son regard fondant sur le magnifique paysage dormant dans la nuit étoilée.

« – Je vous concède ceci : je n'ai jamais rencontré une femme plus têtue que vous, intervint la voix chantante de Aris qui se mit à ses côtés, admirant lui-même la vue.

– Avez-vous ne serait-ce qu'eut le temps de rencontrer assez de femmes pour pouvoir comparer ? Car je ne me trouve pas particulièrement têtue, mais j'apprécie gagner des défis, rectifia-t-elle dans un sourire impertinent si charmant.

– Oh, ne vous y trompez pas. Ma jeune apparence m'a pourtant laissé assez de temps pour voyager et faire toutes sortes de rencontres.

– Vraiment ? Mais vos aventures avec ces nombreuses femmes ne sont pas pour m'intéresser, le remit-elle à sa place sans animosité.

– Parti chasser ? Changea-t-il de sujet, sans relever sa dernière remarque.

– En effet.

Elle posa dans une lenteur langoureuse ses yeux sur sa main avant de le regarder.

– Vous avez une bien belle bague, complimenta-t-elle.

Il posa comme par automatisme ses doigts sur la pierre composant la fameuse bague. Hermione était comme attirée par celle-ci. Quelque chose la chiffonnait mais quoi ? L'avait-elle déjà vu ? Et si c'était le cas, où ?

Elle pouvait dire fièrement avoir une bonne mémoire, alors qu'est ce qu'il lui arrivait ? Elle en soupirait presque.

Peu importe, cela lui reviendrait bien un jour, se dit-elle avant de porter de nouveau ses yeux gris aux vastes jardins.

– C'est si paisible. Si seulement cela pouvait rester ainsi, déclara-t-elle plus pour elle-même.

– Pourquoi il n'en serait pas ainsi ?

– La guerre bien-sûr mon cher.

– La guerre est un mal pour un bien, ne dit-on pas ?

– Vous avez votre propre opinion sur la question mais je ne suis pas de cet avis. Une guerre est un moyen utilisé par les lâches et les simples d'esprits.

Cette remarque frappa brutalement le Lord. Ses mots avaient été dit d'une façon si froide.

– Et pourtant, certaines guerres sont nécessaires afin d'opérer des changements.

– Des changements certes, mais à quel prix ? Il est bien plus fin de faire arborer ses idées par la voie de la politique. C'est plus long et éreintant, mais c'est là qu'elles seront véritablement ancrées dans la société. Monter des campagnes, rencontrer et convaincre des alliés de choix, et conquérir le cœur du peuple, n'est-ce pas ainsi que cela devrait fonctionner ?

– Je ne vous pensais pas si investie par la question…Mais vous avez une vision bien naïve de la chose.

– Naïve ou juste plus humaine, renchérit-elle. Que pensez-vous que le Seigneur des Ténèbres arrivera à faire ? Il prendra le pouvoir par la force après avoir exterminé de nombreuses familles ancestrales, perdant ainsi une riche diversité de cultures, traditions et patrimoines. Les villes seront ravagées par la peur et le désespoir, perdant la beauté et la force qu'on leur vantait. Et il n'aura au final qu'une poignée de sorciers tremblant de peur, et ne se développant que par crainte et non par passion.

– Une guerre fait toujours des pertes. C'est à ces sorciers de choisir quel camp défendre.

– Car on le leur impose. Pourquoi devraient-ils choisir ? Le problème posé étant la présence de moldu et de nés-moldu dans notre monde. Mais un équilibre est possible. Il est vrai que nous cacher aux yeux des moldus n'est peut-être pas une solution très glorieuse mais, n'avons-nous pas fait cela pour protéger autant les moldus que nous ? Ces êtres que l'on sous-estime ouvertement se développent et créent des armes de destruction massive. Nous avons au final aussi peur d'eux, qu'eux auraient peur de nous. Alors qu'amènera une guerre ? Encore plus de peur. Et l'humain reste tel qu'il est par nature : il attaque lorsqu'il a peur. C'est l'instinct de survie qui prend le dessus.

Il resta silencieux, l'invitant presque à continuer d'exposer ses idées.

– Je pense qu'une introduction lente mais favorable de notre monde serait un choix à faire. Leur montrer tout ce que l'on pourrait gagner de coopérer les uns avec les autres. Certes il y aurait des manifestants. Il y aura toujours des personnes contre, mais cela sera aux autorités de faire leur travail. Comme toujours, une société trouvera ses suivants et ses opposants.

– Et que faites-vous de ces nés-moldus qui amènent leurs traditions dans notre monde. Avez-vous ne serait-ce qu'entendu parler de Yale ? Non, on ne parle plus que de cette fête moldu : Noël, rétorqua-t-il, semblant un peu plus amer au fil de ses paroles.

– J'avoue que c'est un sujet fâcheux que le Ministère de la Magie a bien trop vite laissé passer. Il n'est pas normal que leurs traditions influent sur les nôtres. Mais un partage de connaissances et traditions est ce qu'il y a de plus beau. C'est pour ça qu'on ne devrait pas perdre nos traditions à défaut des leurs. Mais ça, c'est à notre gouvernement d'intervenir ainsi qu'aux familles de réinstaurer notre histoire avec leurs enfants. Je sais que certaines familles continuent à fêter Yale, répliqua-t-elle.

Il sembla songeur, se plongeant lui aussi de nouveau dans la contemplation des jardins.

Et soudain, une explosion retentit derrière eux, faisant souffler une puissante bourrasque de vent. Hermione fut tournée en un instant, son cœur se gonflant de peur. Non pour elle particulièrement, mais pour sa famille et ses amis. L'image de Ron et Harry tombant au sol sans vie s'imposa sur un corps qui tomba à quelques mètres d'eux, les yeux grands ouverts, laissant comme dernière expression sur son visage, toute l'horreur ressenti à la vue du sort de la mort le frappant. Ce fut un choc qui fit réagir son corps instantanément, mais sa fouge fut retenue par une simple poigne.

Elle le darda d'un regard brûlant d'accusation, ne comprenant pas pourquoi il la retenait.

« – Lâchez-moi !

– Vous risqueriez de vous faire blesser ! Ne soyez pas aussi impulsive ! »

Elle ne prit même plus le temps de lui répondre et pointa sa baguette sur lui avec aplomb.

Personne ne se mettrait en travers de son chemin.

Et alors qu'elle allait lui jeter un sort, son instinct lui hurla de se retourner. Elle évita un sort qui s'écrasa contre la pierre du balcon. Elle attrapa Aris par sa chemise, le tirant vers le sol, les faisant éviter un autre sort. D'un autre coup, elle fit lâcher la poigne du Lord et elle répondit avec hargne au sorcier qui avait osé l'attaquer. D'autres vinrent à sa rescousse, et alors qu'elle s'avançait, certes avec difficulté pour gérer tout les sorts, elle sentit un air froid traverser son dos. Elle n'eut pas le temps d'éviter cette fois-ci qu'elle fut touchée, jetée au sol, à moitié assommée.

Elle voulut se relever, mais sa tête lui tournait. Elle voyait les mangemorts se rapprocher.

Allait-elle mourir ainsi ?

Elle serra son poing à s'en faire saigner, se maudissant de sa propre faiblesse. Elle ne pouvait pas supporter cette idée ! Un grognement de rage sortit du fond de ses entrailles, preuve de tout son désespoir féroce lorsque Yoka arriva. Son compagnon avait repris sa taille originelle, créant une réelle panique dans les rangs des mages noirs.

Les sorts fondirent sur elle mais rebondirent sur un puissant bouclier généré par les maigres forces restantes de la serpentard qui s'évanouit sur cette dernière action. Les dernières images qu'elle eut furent de voir Yoka siffler de rage jusqu'à ce qu'elle ne soit accueilli par le noir total.


Alors qu'en pensez-vous? J'ai hâte de continuer sur cette lancée :D Hermione risque d'avoir de sacrées surprises, ainsi que vous :P

Sinon, à l'occasion de la publication de ma fanfic sur un autre site, je corrige tous les chapitres ( oui misère les mots manquants et les fautes, j'ai honte T.T), mais bref, si l'envie vous prenez de relire la fanfic, j'espère que cela sera plus agréable et fluide cette fois-ci! :)