Mot de l'auteur : Je suis vraiment désolée pour tout ce temps passé avant la publication de ce chapitre. Les idées ne me venaient pas ou la façon de le mettre en scène ne me semblait pas assez bien. Bref, j'ai tourné en rond jusqu'à aboutir à ceci. J'en suis assez contente. Je souhaite remercier ma sœur oc120 qui m'a vraiment bien aidé. Sa lecture en avant-première me permet de remarquer des erreurs ou des incohérences dans l'histoire qui auraient été assez ennuyeuses xD
Bonne lecture à tous !
Chapitre 21
Ma chère invitée
Réponses reviews :
(Manon) : Contente de voir que tu suis toujours l'histoire =D
(Nanalou) : En effet tu as vu juste pour notre cher Lord. Ma sœur ne l'avait pas tout de suite compris et a été assez surprise xD Pour répondre à ta question, je suis totalement fan des voyages temporels. Je pense que la plupart de mes fanfics ont ce point communs. Cependant, à mes yeux, les personnes qui font ce voyage le font dans le but de donner une chance à une dimension si je peux le dire comme ça mais cela n'aura aucune incidence sur sa propre dimension. C'est-à-dire que même si après tout ses faits accomplis, le protagoniste pourrait retourner à son époque mais elle ne retrouverait pas les personnes qu'elle a connu avec qui elle a partagé tant de souvenirs. Cela serait ces même personnes mais d'une autre dimension. Enfin je ne sais pas si je suis claire dans mes propos…:/ En tout cas j'espère avoir ton retour d'ic i peu et que ce chapitre te plaira !
(Aurelie Malfoy) : Hermione fait face à un bouleversement sans précédent dans son aventure, je dois avouer que rien ne sera facile pour elle à partir de maintenant. Mais je te laisse lire le chapitre et constater par toi-même. En espérant que ce chapitre te plaise tout autant ! :)
(Lthibault18) : Ahahaha ! Je te comprends parfaitement. Je fais souvent la même chose… Il faut vraiment que le résumé de la fanfic m'emballe pour que je la commence malgré la mention En cours . Je vois que tu as compris de qui on parle ;D N'hésite pas à me faire ton retour à la fin de la lecture.
Extrait du précédent chapitre :
Elle voulut se relever, mais sa tête lui tournait. Elle voyait les mangemorts se rapprocher.
Allait-elle mourir ainsi ?
Elle serra son poing à s'en faire saigner, se maudissant de sa propre faiblesse. Elle ne pouvait pas supporter cette idée ! Un grognement de rage sortit du fond de ses entrailles, preuve de tout son désespoir féroce lorsque Yoka arriva. Son compagnon avait repris sa taille originelle, créant une réelle panique dans les rangs des mages noirs.
Les sorts fondirent sur elle mais rebondirent sur un puissant bouclier généré par les maigres forces restantes de la Serpentard qui s'évanouit sur cette dernière action. Les dernières images qu'elle eut furent de voir Yoka siffler de rage jusqu'à ce qu'elle ne soit accueillie par le noir total.
Tout s'enchaînait autour de lui. Des cris, des plaintes, des pleurs et des gémissements l'entouraient. Il avait la tête très douloureuse. Une pression très désagréable se faisait ressentir. Il savait ses sens totalement chamboulés et n'avait pas encore le courage d'ouvrir les yeux.
Il abattit sa main sur son front et fut surpris d'y sentir un bandage, quelque peu humide. Il ouvrit à demi un œil, observant son doigt, et y vit une couleur carmin.
Du sang !
Il saignait ! Par Merlin que s'était-il passé ?!
Un élan de panique, et il tenta cette fois-ci, de façon totalement inconsidérée, de se relever, ne supportant pas l'idée de rester couché dans un lit inconnu. Il était dans un lieu qu'il n'avait pas encore reconnu. Il était en panique.
Sa maigre tentative lui fit pousser un hurlement, et alors qu'il tentait de tomber sur le lit, il sut au fond de lui qu'il ne ferait que tomber au sol. Mais une poigne le rattrapa, passant un bras sur sa taille afin de le stabiliser et le rallonger.
Sa vue était trouble et pourtant il reconnut sans problème son ami qui semblait arborer une mine affreuse.
Pourquoi ?
Que Salazar l'éclaire enfin ! Que s'était-il passé ?
« – J'espère que tu es conscient que je n'apprécie guère être relégué au rôle d'infirmière personnelle, cingla-t-il d'une voix sombre.
– Severus, que s'est-il passé ? Où sommes-nous ?
– Nous sommes dans le manoir des Dumbledore. Les cheminées y étaient directement reliées en cas de problème, l'informa-t-il.
– De problème ? Mais, enfin que racontes-tu ? J'étais au bal de la Lady et…, il se coupa soudainement dans ses paroles, réalisant ce que cela impliquait.
Le bal avait été attaqué !
Il voulut se redresser mais fut contraint de rester collé à son lit, une main fermement plaquée sur son torse.
– Si tu tentes encore une fois de te lever, je m'assurerais que tu ne sois plus en capacité de bouger jusqu'au moindre petit doigt, ai-je été assez clair ? le menaça le brun.
Cela ne suffit pourtant pas à calmer le sang-pur qui n'avait qu'une seule question en tête : qu'était-il arrivé à Yulia ?
– Yulia ? Dis-moi qu'il ne lui est rien arrivé !
La mine fermée de son ami et son regard qui s'assombrit à ses mots suffirent à lui répondre. Non, non, NON ! Il ne pouvait rien arriver à cette femme ! Elle était…Elle était intouchable ! Il agrippa le poignet de son ami et le pressa de lui répondre.
– Dis-moi qu'il ne lui ait rien arrivé, je t'en prie, le supplia-t-il presque, le regard animé par l'angoisse.
– Yulia a été enlevée par les Mangemorts…, concéda-t-il enfin à répondre, d'une voix qui se voulait assurée mais qui pourtant portait toute l'inquiétude qu'il éprouvait lui-même en ce moment.
Et son monde sembla s'écrouler sous ses pieds. Enlevée… Enlevée ?! Non, non ! Il.. Il allait la blesser, il allait la… Et là soudainement il se souvint de l'expression qu'arborait le Seigneur des Ténèbres lorsqu'il avait exploré ses souvenirs jusqu'à arriver à celui de la scène où il l'avait touché dans un couloir de l'école. Il avait eu cette expression de désir et d'envie possessive qu'il se connaissait lui-même envers la serpentard.
La seconde suivante, il eut des flashs dut uniquement à son imagination qui lui montrait Hermione dans des positions des plus indécentes, Voldemort à ses côtés, la prenant violemment, la dominant avec appréciation, tirant ses cheveux en s'enfonçant en elle toujours plus fort, la faisant hurler à chaque coup. Oui, il pouvait très facilement l'imaginer et il se sentit malade de ces images.
Malade à l'idée de tout ce qu'il allait lui faire subir, et son corps hurlait de dégoût et d'horreur.
Et alors qu'il ne pensait qu'à se prendre la tête entre ses mains afin de se morfondre de ce cruel destin, il ressentit un incroyable choc électrique en lui. Un sentiment de rébellion, et d'indignation. Il ne pouvait pas rester là sans rien faire ! Il était hors de question qu'il la laisse entre ses mains. Il sentait son corps s'animer, comme si une force inépuisable le traversait. Et il ne le sut pas encore à ce moment là mais ce sentiment n'était autre que le courage qui l'envahissait.
Il tenta de se redresser une nouvelle fois et sentit cette main puissante forcer sur sa poitrine. Mais il n'en avait que faire.
– Cela suffit maintenant ! Te blesser ne résoudra rien !
– Severus, ôte ta main. Je n'ai pas de temps à perdre.
– Et que comptes-tu faire, hein ? Tu penses pouvoir faire le poids face au maître ? Reprends-toi, nous n'avons pas le temps pour… !
Severus perdait totalement son calme. Il sentait lui-même la panique l'envahir ainsi qu'un profond remord. Il n'avait pas été là pour elle. Il n'avait pas été là pour la protéger et empêcher tout cela. Et cela le rongeait de l'intérieur.
Le blond lui adressa un regard sans chaleur mais pourtant déterminé.
– Au cas où tu l'aurais oublié, je suis toujours à leurs yeux, un gentil petit chien obéissant. Après cette attaque, mon père va sûrement faire appel à moi et je pourrais ainsi trouver où ils la retiennent prisonnière. Je ne resterai pas les bras croisés à me morfondre. Alors, ou tu m'aides ou tu t'écartes de mon chemin, déclara Lucius.
Le potionniste en fut des plus retourné. Il n'avait jamais vu Lucius faisant preuve d'autant de courage. Oui, c'était le mot. Au lieu de pleurer sur son sort, comme il en avait l'habitude, il se levait et était prêt à se jeter dans la gueule du loup. Sans la moindre hésitation.
Et alors, il fit une pichenette sur son front avant de lui montrer son dos.
– Si tu penses pouvoir te débrouiller sans moi, c'est que ta tête a été frappé plus fort que ce que je pensais, fit-il remarquer avant de lui tendre une potion. Prends ça, ça atténuera ta douleur et tes vertiges. Pour ce qui est de l'apparence, un sort de glamour devrait suffire. »
Le blond eut son visage qui se détendit, réalisant que le brun se rangeait à ses côtés. Son cœur soulagé, il but la potion et laissa Severus appliquer le glamour. Ils attendirent quelques minutes que la potion fasse effet et sortirent de la salle où de nombreux blessés attendaient de recevoir des soins. Lucius portait toujours l'apparence qu'il avait prise pour le bal, comprenant ainsi pourquoi personne ne les regardait plus que ça. Il n'était pas Lucius Malfoy mais un simple invité.
Tant mieux. Sortir de ce manoir serait plus simple.
Son corps se glaça instantanément lorsqu'elle réalisa où elle se trouvait. La pierre humide composant le sol poisseux sur lequel elle reposait l'envahissait de dégoût. Une paillasse malodorante se trouvait à peine un mètre plus loin d'elle, posée au pied d'une meurtrière scellée par des barreaux larges et infranchissable. Elle tenta de se redresser mais ressentit une affreuse douleur à son dos. Mais comment s'était-elle… ? Et les souvenirs affluèrent en elle, se remémorant le bal et l'attaque. Elle avait été touchée au dos. Elle frôla du bout du doigt la plaie béante et se retint de pousser un cri mené par la douleur. Elle chercha par réflexe mais ne trouva pas sa baguette.
Évident…
Elle connaissait la magie sans baguette, de façon rudimentaire mais la base des soins était acquise. Elle s'appuya contre le mur, et s'entortilla afin d'atteindre sa plaie mais au moment où elle activa sa magie, une douleur atroce la traversa.
Son corps était comme séparé en deux. Totalement déchiré. Elle s'arrêta sur l'instant, et pourtant, la douleur perdura, comme pour bien lui rappeler le goût de l'interdit et la douleur qui en découlerait. Elle tomba sur ses genoux, attendant atrocement qu'elle s'en aille. Le temps fut long, son corps transpirait, et se contractait à chaque attaque. Elle avait la respiration courte et saccadée. Tout son être lui murmurait de hurler son désarroi mais non, elle serrait les dents et ne laissait aucun son passer cette rempart. Elle ne leur donnerait pas ce plaisir.
Elle n'était pas naïve. Hermione comprenait très bien où elle se trouvait : dans les cachots de Voldemort. Il n'était pas étranger à ce qui lui arrivait, et savourait sûrement chaque cri généré. Elle ne le laisserait pas s'en délecter et serra donc encore les dents, les faisant se frotter entre elles, grinçant par moment sous la force de l'acte. Et tout s'arrêta. Elle se sentit partir, son corps se libérant pour respirer une bouchée de liberté avant de tomber au sol, reposant de nouveau sur cette crasse humide. Mais elle n'en avait que faire à ce moment-là.
La douleur avait disparue. C'était tout ce qui comptait.
De son regard vitreux, elle eut son esprit capturé par un objet qu'elle ne connaissait pas et qui se trouvait à sa cheville. Elle n'y avait pas fait attention, mais il y avait une énorme menotte, incroyablement bien ornée et décorée par de fines gravures et pierres précieuses. C'était tel un bijou. Attirée par celui-ci, elle le toucha et là, cette même douleur la frôla, la faisant immédiatement retirer sa main.
Par Merlin, qu'était cette chose ?!
Mais le mystère était levé. C'était cette chose qui l'avait assommé de ce traitement et empêché d'utiliser sa magie. Elle grogna. Pourquoi en serait-elle étonnée ? Voldemort n'était pas un ignare et devait être au courant du niveau de sa famille. Lui retirer sa baguette et penser qu'elle n'userait alors plus de magie serait naïf. Et pourtant, elle aurait bien souhaité être sous-estimée pour cette fois.
« – Lady Tolstoï ? l'appela une voix qu'elle reconnut comme étant celle du Lord Dimak.
Elle en fut comme réveillée. Elle n'était pas la seule à avoir été capturé. Elle réunit ses maigres forces et s'approcha des barreaux donnant sur un sinistre couloir. En face de sa prison se trouvait une autre cellule où le Lord Dimak semblait mal en point. Ses cheveux étaient détachés et désordonnés, ses vêtements déchirés par endroits, justifiant d'un combat intense. Il ne s'était pas laissé attrapé aussi facilement.
Elle se reposa sur les barreaux et donna un regard presque soulagé envers lui.
– Merlin, vous n'êtes pas gravement blessé Lord Dimak ?
– Appelez-moi Aris, répondit-il d'un sourire à la fois doux et charmeur.
Elle se permit un sourire. Si il était encore assez en forme pour la charmer, c'est qu'il n'était peut-être pas encore à l'article de la mort.
– Ce n'est ni le lieu ni le moment pour ces politesses, rajouta-t-il.
– Vous avez raison, parlons de choses sérieuses. Savez-vous si les invités ont pu s'enfuir ?
– Je ne peux garantir la vie sauve de tous, mais je sais, pour les avoir vu, que beaucoup ont réussi à s'enfuir par la voie des cheminettes.
– Henriette, l'avez-vous vu s'enfuir ? Demanda-t-elle d'une voix qui trahissait toute son inquiétude.
– Je ne saurais vous dire…, souffla-t-il, gêné de ne pouvoir accéder à sa demande.
Elle baissa la tête, réalisant qu'il y avait une chance que sa famille soit morte. Elle ferma les yeux et reprit son calme. Ce n'était pas le moment de s'apitoyer ainsi sur un sort qui n'était pas totalement écrit. Il ne pouvait pas affirmer qu'elle s'était enfuie comme il ne pouvait pas affirmer qu'elle soit morte. Rien n'était encore écrit et l'espoir pouvait donc subsister.
– Sommes-nous les seuls prisonniers ? s'informa-t-elle en rouvrant les yeux pour le darder d'un regard déterminé.
– Non, certains nobles ont été fait prisonniers eux aussi. Je sais cependant que Charles n'en fait pas partie, la rassura-t-il.
– Savez-vous à quelle fréquence les rondes s'effectuent ?
Il sembla désarçonné par sa question, mais surtout, par son aplomb. N'était-elle pas effrayée par la situation dans laquelle elle se trouvait ? Elle semblait plus réagir telle une… guerrière. Il ne saurait réellement le dire mais, elle montait déjà un plan ? Toute autre fille, tout âge confondu, se serait accordé un moment de désespoir, pleurant sur la fatalité. Elle se trouvait tout de même dans les cachots du Seigneur des Ténèbres ! Ce regard si déterminé le prenait de court.
– Euh… Je ne pourrais vous dire avec précision mais il me semble une toute les deux-trois heures.
– Bien. Je n'ai pas encore assez d'élément en ma possession pour monter un plan digne de ce nom, mais je vous promets une chose : nous sortirons d'ici, vivants, lui promit-elle sans faillir.
Un frisson le traversa. Mais où trouvait-elle toute cette confiance ?! Il ne put se retenir de lui demander.
– Comment pouvez-vous dire cela ? N'avez-vous pas peur ?
– Je n'ai pas le temps d'avoir peur. J'ai bien trop de chose encore à accomplir pour mourir ici, rétorqua-t-il d'un regard presque...hautain ? Par Merlin, elle regardait de haut sa situation pourtant si désespérée. Jamais il n'avait rencontré pareille femme.
– Vous… Vous ne ressentez aucune crainte pour lui ?
– Voldemort ? Le craindre est tout à fait naturel; mais se laisser submerger par cette crainte est un problème que je ne saurai accepter. Toujours être maître de soi est le mot clé de toute situation désespérée. Je n'accepte pas de me laisser envahir par la peur si elle me retarde et me condamne, expliqua-t-elle.
Et là, sans aucune explication, Aris se mit à rire. Un rire long et entrecoupé par une respiration devenue difficile sous l'hilarité. Il s'appuya finalement à son tour contre ses barreaux et l'observa d'un regard brûlant.
– J'ose espérer que vous saurez tenir vos paroles qui me font vibrer jusqu'au plus profond de mon être, argua-t-il de sa voix chantante.
– Nous n'attendrons pas longtemps pour le savoir.
Il fut étonné.
– Que voulez-vous dire ?
– Viendra le moment où je serais amené jusqu'à lui. Je ne suis pas idiote. Il semblait bien trop porter d'intérêt à mon encontre pour me laisser mourir de froid et de dégoût dans ce cachot, argumenta-t-elle.
Elle disait cela d'une voix détachée et pourtant le souvenir de cet être rongé par la colère lorsqu'elle tombait dans le portail temporel lui revenait en mémoire. Qu'allait-il lui faire ? Il n'allait certainement pas se contenter de plates conversations autour d'un verre. Elle craignait de connaître la réponse et pourtant, elle en ferait face bien assez rapidement. Une porte s'ouvrit, laissant passer deux gardes qui s'arrêtèrent devant la cellule d'Aris. Ils l'agrippèrent et le traînèrent jusqu'à la sortie. Aris accorda un regard à Hermione qui avait les yeux écarquillés.
– Il semblerait que je sois le premier à faire sa rencontre. Portez-vous bien ma belle, dit-il avant de disparaître, laissant la jeune fille de nouveau seule dans cet espace sombre. »
Le temps passa, les heures défilant avec une lenteur sadique. Elle sentait le froid glisser langoureusement sur sa peau, s'y infiltrant sans douceur. Elle restait assise sur sa paillasse, dos collé au mur, face aux barreaux. Elle attendait simplement que son tour vienne.
Et ce fut le cas lorsqu'elle tomba sur le regard des gardes venus la chercher. Ils allèrent jusqu'à elle, et voulurent passer leur bras sous ses aisselles afin de la traîner, mais d'un geste de la main, elle leur signifia de se stopper, et elle se leva par ses propres moyens. Elle sortit de la cellule la tête haute. Ils la suivirent au début par réflexe, impressionnés par la prestance de la jeune fille, et finirent presque par l'escorter telle une reine. Pas un mot n'avait été échangé entre eux, et pourtant, tout avait été dit « Ne me touchez pas viles créature. Je me déplacerais moi-même. Ne perdons pas de temps ». Oui, clair et limpide. Un rechigna dans sa barbe mais l'autre le fit cesser d'un regard. Ils n'avaient pas le droit de poser le moindre doigt sur elle. Ils ne pouvaient que la fermer et l'amener au maître, telle était leur mission. De toute façon, elle ferait moins la maligne une fois devant le Seigneur.
Ils arrivèrent rapidement après plusieurs couloirs à une porte imposante qu'ils ouvrirent. Elle se retrouva dans une longue pièce marbrée aux hautes fenêtres laissant passer les rayons du soleil. C'était éblouissant au point où elle mit sa main en protection pour ses yeux. Elle s'avança et se posta devant Voldemort, assis tel un roi sur son trône en granite magnifiquement bien sculpté. Alors c'était lui ? Physiquement, il ne semblait pas avoir plus de trente ans. Tout laissait penser qu'elle faisait face à un puissant Lord l'accueillant pour prendre un thé.
Belle désillusion….
Car oui.
Elle ne pouvait pas nier sa beauté, et comprenait aisément que cela avait été un atout non négligeable lors de ses premiers recrutements. Un véritablement charmeur, usant de ses charmes et de ses mots pour enfermer ses proies par de douces caresses. Il lui accorda un sourire jalousant les meilleurs acteurs.
Comme quoi la plus belle des créatures pouvait cacher la plus noire des personnes. Elle eut envie de renifler de mépris. Elle ne lui adressa aucune courbette. Elle opta plutôt pour une position dominante, la poitrine bombée, le maintien parfait malgré son apparence sale et désordonnée.
« – Vous voilà ma chère invitée, commença-t-il, la dardant d'un regard brillant.
– J'ai presque attendu que vous ne m'invitiez. Je pensais même devoir moisir dans cette charmante chambre, répondit-elle, acerbe.
Non, elle ne lui accorderait aucun respect. Il ne le méritait aucunement, et elle le lui ferait comprendre.
– Ravi d'entendre que vous savez apprécier mon hospitalité.
Elle n'y répondit pas et prit quelques secondes pour faire couler son regard dans le reste de la pièce. Elle y vit avec stupeur le corps ensanglanté et tremblotant de Aris. Il souffrait en silence, semblant souffrir d'un Silencio. Son regard se fit d'autant plus froid mais elle garda pour elle sa colère. C'était un monstre ! D'un claquement de doigt de Voldemort, celui-ci fut traîné, laissant son sang souiller le sol brillant à son passage.
– Un homme bien embêtant qui n'a souhaité me partager aucune information à votre propos.
– Je trouve cela bien fâcheux que vous usiez d'intermédiaire afin d'en savoir plus sur moi. Ne serait-ce pas plus simple de me demander directement, mon seigneur ?
Il n'eut pas le temps de répondre, qu'un sifflement le coupa, interpellant Hermione qui remarqua Yoka, dans un coin de la pièce, enchaînée. Elle avait reprit une taille correcte, ne devant pas dépasser le mètre.
– Maika ! Maika ! Fuis ce monstre !
– Silence ! Gronda le maître des lieux, faisant cesser ces plaintes vaines. Je vois que vous êtes surprise. Sachez que votre famille ne sont pas les seuls à en connaître sur ces créatures. J'ai appris quelques choses intéressantes à leurs propos par mon ancêtre. Notamment la manière de les tenir en laisse, ajouta-t-il en montrant une chaîne qu'il tenait fermement dans sa main et qui était reliée jusqu'au collier que portait Yoka.
D'un coup de baguette, la chaîne ne fit qu'un avec les murs en pierre, et il put s'approcher de Hermione qui ne bougea pas d'un centimètre.
Le regard fixe, elle n'accorda plus aucune attention envers l'hôte.
– Rassure-toi Yoka. Tâche de rester tranquille, lui demanda-t-elle dans un sourire bienveillant avant de refaire face au mage. J'imagine que vous étiez déjà au courant de la capacité que nous partageons, reprit-elle à son intention.
Évidemment qu'il le savait et ce n'était d'ailleurs pas pour lui déplaire. Les Fourchelang étaient rares.
Il fit couler sur elle un regard appréciateur qui s'attarda quelque peu sur son nouveau bijou. Il se plaça derrière elle et lui sentit les cheveux.
– Appréciez-vous mon cadeau ?
– Si vous parlez de ce qui m'empêche d'utiliser ce qu'il y a de plus naturel chez moi, c'est-à-dire ma magie, alors non, je n'apprécie pas votre présent, et souhaiterai par conséquent que vous le repreniez.
– J'ai fait faire ce magnifique bijou en pensant à vous. A la fois magnifique et imposant ; glacial et brûlant ; brillant et précieux ; totalement unique.
– Être unique ne veut pas dire meilleur. Surtout que, la vanité n'est pas une qualité unique, mais bien trop partagée dans notre monde, le contra-t-elle, imperturbable.
– Aussi tranchante que l'on m'a dit, apprécia-t-il sans jamais relever ses insolences.
Il jouait et elle le savait.
– Pas assez apparemment, eut-elle le courage de renchérir. Allez-vous me dire la raison de cette invitation ?
– Je dois vous présenter quelqu'un, avoua-t-il.
Elle fut prise de court. Elle ne s'y attendait pas mais pourtant n'en montra rien. Elle prenait garde à ne jamais rencontrer ses yeux. Elle avait certes de bonnes défenses en Occlumentie mais elle savait ne pas encore faire le poids face aux capacités du mage noir. Et il n'était pas dupe, il l'avait très bien remarqué mais n'en faisait rien. Pour l'instant.
– Vraiment ? Il y avait pourtant bien d'autres manières de m'inviter, ne pensez-vous pas ?
– Certainement. Mais pas d'aussi amusante, je le crains.
Elle ne répondit pas. Il l'invita à prendre son bras afin de l'escorter dans des mouvements théâtraux.
– Me priver de ma magie ne m'oblige pas à suivre vos conditions.
– Vous priver de magie ne vous prive pas de bonnes manières, la contredit-il dans un sourire mesquin.
Vexée, oui elle l'était. Il avait de la répartie et ce n'était pas pour lui plaire. Mais à quoi s'attendait-elle ? C'était un leader né. Le physique ne pouvait pas tout faire. Elle céda donc et accepta son bras. Elle se retint de trembler. L'effroi la traversait par ce contact malsain. Elle espérait du moins que le trajet se passe dans le silence mais ses espoirs furent vains.
– Êtes-vous curieuse de connaître mon autre invité ?
– Pas vraiment. Sûrement un énième mage noir en fascination devant mon nom, proposa-t-elle sans émotion.
– Vous êtes même loin de la vérité, fit-il remarquer, un léger sourire mystérieux sur ses lèvres.
Elle le nota mentalement. Cela ne présageait rien de bon.
– Répondez-vous souvent aux requêtes de vos gens ?
– Comment ? s'étonna-t-il.
– Cette personne vous a demandé de nous présenter n'est-ce pas ? Comment cela se fait-il que vous accédiez à sa requête ?
– Je ne réponds pas aux requêtes. Je réalise ce qui m'intéresse, précisa-t-il. »
Égoïste narcissique. Rien de bien étonnant en soi. Elle ne savait même pas pourquoi elle lui avait demandé. Qu'espérait-elle ?
Ils arrivèrent jusqu'aux sous-terrains comprenant des cellules. Une autre aile de prison. Il les fit traverser sans aucune hésitation jusqu'à arriver au bout du sombre couloir où se trouvait un homme baigné par la noirceur environnante. Voldemort fit apparaître des boules de lumières, et elle rencontra ce regard couleur or qu'elle ne pensait pas voir de si peu. Des yeux qu'elle aurait voulu oublier pour un temps, mais qui la hantaient tout autant que ceux du Seigneur des Ténèbres. Elle le reconnut immédiatement. Son apparence n'était certes plus celle de ce jeune homme au charme prononcé, mais il gardait cette même aura puissante de folie. Elle le vit tenant ce fameux collier où reposait l'âme de Zénia.
En un bref instant, son regard se durcit.
« – Mon cher Grindelwald, j'ai tenu ma part du marché.
L'homme à l'âge avancé se rapprocha, incertain, jusqu'aux barreaux. Ses yeux se firent grands de surprise, et il pointa un doigt accusateur sur elle.
– Toi ! Que fais-tu là ?! La fustigea-t-il avec rage.
Voldemort souleva un sourcil, surpris. Il ne s'attendait pas à ce que cela se passe ainsi.
– Voici Yulia Tolstoï, reprit-il d'une voix posée.
Ébahi. La nouvelle l'avait comme sonné sur place. Comment ce pouvait… ?
– Impossible ! Cette fille ne peut pas être…. Et il se tut soudainement. Il venait de réaliser quelque chose. Il reprit un regard malicieux. Je vois. Tu n'étais pas morte n'est-ce pas, conclut-il, satisfait de sa théorie.
– Il semblerait, lui répondit-elle, froidement.
Il ricana et semblait prêt à sautiller sur place de joie. Il se tourna de nouveau vers elle, et se lança pour une autre question, le regard pétillant.
– Un rituel, n'est-ce pas ?
Elle n'eut nul besoin de répondre, il savait qu'il avait raison.
– Ah ah ah ah ! Intéressant, vraiment intéressant ! Ce monde regorge de tant de surprise ! s'extasia-t-il.
Voldemort observait cet échange, quelque peu énervé. Il ne supportait pas d'être mis ainsi de côté, et ne comprenait pas l'enjeu de celui-ci. Comment ces deux là se connaissaient-ils ? Il était enfermé bien avant la naissance de la serpentard.
– Je comprends pourquoi je trouvais que tu lui ressemblais. Tout s'explique, continua-t-il avec admiration. Tu l'as rencontré n'est-ce pas ?
Voldemort fronça les sourcils. De qui parlaient-ils ? Un regard discret en direction de sa prisonnière le laissa observer ce qu'il désirait tant voir. Des émotions. Son visage était encore de marbre mais ses yeux parlaient pour elle. Ils étaient des plus révélateur. Ils contenaient tout son ressentiment et sa révolte. Envers qui ? Grindelwald ? Comment pouvaient-ils se connaître et cette question…. Tu n'étais pas morte n'est-ce pas…Cela n'avait aucun sens. Mais ce qui l'interpellait le plus était ce fameux rituel.
– Je réussirai à la convoquer moi aussi, fit-il distraitement, brisant le fil des pensées du Seigneur des Ténèbres.
– Il ne vous laissera pas faire, le prévint-elle durement.
C'était au-dessus de ses forces de rester totalement de marbre devant cet être : celui qu'elle se devait de tuer. C'était peut-être sa chance…Elle le vit une nouvelle fois caresser le collier, faisant délicatement glisser son doigt sur la cage.
– Le Grand Serpent ? Il est vrai qu'il m'a dans son collimateur, mais il ne pourra pas éternellement la retenir. Son destin est d'être à mes côtés. Tout comme toi, ma petite fille.
Elle sentit son corps se glacer à cette voix douce qu'il lui avait adressé.
– Cessez de prendre vos rêves pour la réalité. Vous ne faîtes pas le poids, tout comme le jour où elle vous a échappé. Elle ne vous reviendra pas.
Il fit ce sourire qui le catégorisait si bien et qui, il fallait l'avouer, terrorisait la jeune fille, aussi fort qu'elle le reniait, il n'en était pas autrement. Elle avait l'impression de sentir de nouveau cette sensation à la poitrine qui l'écrasait et la laissait sans aucune force entre les mains de ce monstre. Il se colla soudainement aux barreaux, et fut bien plus proche de Hermione. Il passa sa main, et agrippa son visage, son regard dilaté ancré dans le sien.
– Ce jour là, tu m'as tout pris. Ce visage si semblable au sien qui m'a défié et m'a rendu aussi misérable, chuchota-t-il d'une voix animée par la colère.
Il fit couler son regard sur elle et tomba sur la menotte qu'elle portait à la cheville.
– Être emprisonnée te va si bien mon petit chat, lui chuchota-t-il dans une voix langoureuse, accompagnée de ses doigts qui caressèrent sa peau avec délicatesse.
Cette main fut repoussée non pas par Hermione mais par Voldemort qui perdait patience. Comment osait-il toucher ce qui lui appartenait ? Il était curieux d'en savoir plus mais ne supportait pas son comportement. Il jeta son poignet comme la plus sale de choses et le jugea du regard, de façon intransigeante.
– Ma patience a des limites Grindelwald. Je ne t'autorise pas à la toucher, est-ce bien clair ? Tu l'as rencontré, alors maintenant réponds à mes questions.
D'un claquement de doigt, Hermione fut transplanée ailleurs, la prenant par surprise. Le regard de Gellert s'éteignit un bref instant pour reprendre cet air de démence.
– Qui est-elle pour toi ? reprit le mage noir.
– Ton beau visage ne saura pas la charmer, dit-il distraitement sans répondre à sa question.
– Qui est-elle pour toi ? Réitéra-t-il.
– Tu cours à ta perte, le prévint-il.
– Réponds ! Perdit-il patience, ses yeux prenant la couleur du sang.
– Ma descendante.
La surprise se peignit sur les traits du Seigneur des Ténèbres dont la colère s'évanouit en un instant. Il doutait. Était-ce seulement possible ? Et, est-ce que cela pourrait signifier que ce pouvoir si particulier ait été transmis à la nouvelle génération ? Même une infime chance pouvait changer bien des choses. Ce pouvoir ne pouvait pas tomber entre les mains d'Albus.
– Alors en tant que telle, elle sera mise à mon service et servira son Seigneur, déclara-t-il tant en commençant à partir.
– Ne prends pas trop confiance. Ce petit chat a plus d'un tour dans son sac. La restreindre ne sera pas suffisant, tu l'apprendras tout comme moi, commenta Gellert, le regard toujours perdu dans un monde qui ne semblait appartenir qu'à lui.
Cela suffit tout de même à faire stopper Voldemort dans sa démarche. Venait-il de le mettre en garde ? Ridicule. Il lui attribua un sourire condescendant.
– Je me passerai de tes conseils, vieux fou, répondit-il en lui montrant tout le dédain qu'il ressentait à son encontre.
Gellert sourit, dévoilant toutes ses dents, pour certaines bien abîmées par le temps.
– Il me tarde de vous revoir me demander mon aide, mon Seigneur, ajouta-t-il avant de partir dans un de ses énièmes fou rire. »
Voldemort ne se retourna pas une fois de plus et continua sa route. Il ne laisserait pas les paroles de ce fou l'influencer. Il n'y avait aucune chance qu'elle puisse lui échapper. Il souriait déjà en repensant à cette délicieuse créature qu'il allait de ce pas rejoindre. Oui, personne ne pourrait la lui enlever, pensa-t-il avec arrogance.
Hermione atterrit dans une chambre richement décorée. Un imposant bureau trônait en son centre, recouvert par de nombreux papiers et livres. Mais tout cela dans une organisation et un rangement impeccable. C'était une personne ordonnée, sans aucun doute. Elle s'y approcha curieusement et y vit des rapports de missions et eut même la surprise de trouver des documents venant directement du Ministère. Merlin, combien d'espion avaient-ils dans ses services ? Elle se sentit nauséeuse un instant. Ces personnes la répugnaient. Elle savait que c'était ainsi, mais elle ne pourrait jamais s'y résoudre. Ces traîtres !
Elle se détourna de cela, et vit le lit spacieux placé quelque peu en retrait. Elle reposa son regard sur le bureau et y vit une vieille photo d'un adolescent. C'était une photo moldu où un jeune homme devant avoir dans les 18 ans regardait l'objectif comme avec défi. Il ne semblait pas ravi par cette initiative, mais se laissait prendre en photo. Il portait l'uniforme de Poudlard, et tenait dans ses mains le diplôme de fin d'étude. En fond, on pouvait voir l'écriteau d'un Orphelinat, et elle comprit rapidement que ce n'était autre que Tom Jédusor, devant son orphelinat. Il venait de finir Poudlard.
« – Charmant, n'est-ce pas ?
Elle ne lui laissa pas le plaisir de sursauter, et continua à regarder la photo sans lui accorder un regard.
– Un peu trop prétentieux à mon goût, commenta-t-elle finalement en regardant le nouvel arrivant.
– Je l'étais juste comme il fallait.
– Maintenant que les présentations ont été faites, puis-je espérer que vous me laissiez partir ?
– L'espoir ne vous va pas au teint ma chère. Restez réaliste. Nous savons tous deux que vous ne partirez pas de ce manoir.
– Vraiment ? Très bien, répondit-elle finalement en s'asseyant sur un fauteuil en cuir.
Indémontable.
Parfaite.
Si excitante.
Ce furent les mots qui traversèrent l'esprit du maître de maison.
– Vous ne semblez pas effrayée, fit-il remarquer.
– Ai-je une raison d'être effrayée ? Ne serez-vous pas un parfait gentleman comme lorsque vous étiez élève à Poudlard ? Vos manières parfaites et courtoises ont touché de nombreux cœur et encore aujourd'hui, font parler de vous. En tout cas de Tom Jedusor. Peu de personnes connaissent votre véritable identité.
– Il est vrai que c'est une information peu étendue, et je suis étonné que vous en ayez connaissance.
– Poudlard regorge de livres très intéressants, argumenta-t-elle.
– Je suis tout à fait d'accord mais il y a une chose que je me dois de vous préciser, commença-t-il en fondant sur la jeune fille, posant ses deux mains aux deux extrémités du fauteuil, je ne suis plus ce jeune homme portant un masque parfait. Ne faites pas l'erreur de le penser, finit-il en attrapant son visage qu'il lécha sans pudeur.
Elle aurait voulu se débattre, lui cracher dessus et lui hurler tout le dégoût qu'elle ressentait à son encontre, mais elle avait très bien cerné le personnage : il aimait voir ses victimes supplier et se débattre. Ne pas répondre à ses attaques ne ferait que le contrarier. Elle n'avait pas encore d'outil de fuite et n'avait que cela pour tenir bon : le défier.
Alors elle resta droite comme un « i » et le laissa lécher sa peau, lapant la perle de sueur qui s'y était étendue.
– Si délicieuse, chantonna-t-il.
– Il ne pourrait en être autrement, argua-t-elle sans honte »
Il fut totalement électrisé sur place. Il pensait au moins trouver une poupée tremblante d'horreur sous ses gestes mais rien. Elle était une véritable poupée de porcelaine, dont la beauté avait été gravé. Et sans prévenir, il sortit sa baguette et lui lança un Endoloris. Elle serra les dents et s'avachit sur le fauteuil, reposant son dos sur le dossier, ses mains meurtrissant ses cuisses sur lesquelles elles reposaient. Comme lors de cette séance de douleur dans la cellule, on ne put entendre que ses dents grincer
Il ne lui laissait pas le temps d'apprécier la liberté du premier maléfice levé, qu'il en rejetait immédiatement un autre. Il la ferait le supplier. La torture fut longue, et lorsqu'il se retira, ce fut une telle délivrance pour la jeune fille que son corps ne put que la faire s'évanouir.
Lorsqu'elle se réveilla, elle sentit de nouveau ce froid mordant et ce sol poisseux. Elle ne se releva pourtant pas tout de suite, laissant uniquement ses yeux s'ouvrir et parcourir la pièce. Elle vit dans la cellule face à la sienne, Aris, assis, la regardant, les sourcils froncés.
« – Que vous a-t-il fait ? Commença-t-il d'une voix pleine de ressentiment.
– Je peux vous retourner la question. Vous ne sembliez pas être au mieux de votre forme lorsque je suis arrivée, commenta-t-elle, un brin sarcastique.
– En effet.
– Pourquoi vous a-t-il torturé ?
Il prit son temps avant de répondre. Semblant chercher les bons mots.
– Il n'y avait qu'une seule chose qu'il cherchait à savoir : c'est à mieux vous connaître. Il veut tout savoir de vous.
Cette attention obsessive était loin de lui faire plaisir.
– Il n'est pas le premier, fit-elle remarquer avec dédain.
– Je pense pourtant pouvoir dire que c'est votre prétendant avec le plus d'argument, si vous voyez ce que je veux dire, répondit-il en montrant son corps dans un geste théâtrale.
Alors qu'il pensait lui faire décrocher un sourire, il provoqua un rire. Un rire cristallin dont le son enchanteur rebondit entre les murs poisseux de sang. Un son qui dénotait totalement avec les plaintes et les cris de désespoir de ce lieu.
– Je ne dirais pas que c'est celui qui a le plus d'arguments. Il en a un, certes puissants, mais qu'il répète en boucle : la douleur. Je ne trouve pas cela très attrayant. Autant lui demander de changer de disque, finit-elle par commenter, plus pour elle-même, pensant que Aris ne comprendrait pas l'expression moldu.
Elle vit son visage se fermer à cette réplique. Une expression sombre brisait les traits aristocratiques du jeune Lord. Mais il reprit vite un visage souriant.
– En effet. Cela manque de créativité.
– Totalement. C'est un argument utilisé depuis la nuit des temps. Beaucoup diront que c'est pourtant celui qui marche le mieux. Mais c'est celui qui me rebute le plus, confia-t-elle. Saviez-vous que le Seigneur des Ténèbres, était autrefois un élève brillant ? Il surpassait de loin les plus prometteurs de l'école, et encore aujourd'hui, beaucoup de professeurs peuvent témoigner de son intelligence. Pour un homme ayant de telles qualités intellectuelles, se rabaisser à utiliser l'argument des brutes et des sauvages…. C'est une insulte à son intellect.
Il sembla songeur et ses yeux s'animèrent lorsqu'il vit Hermione caresser un pendentif. Il ne pouvait pas bien le voir d'où il était, mais c'était une magnifique pierre blanche ornée de fleurs en argent.
– Il semble magnifique, commenta-t-il.
– Il l'est.
– Elfique si je ne m'abuse.
– Vous êtes un fin connaisseur, le gratifia-t-elle.
– Seuls les elfes peuvent faire des bijoux de cette brillance. Il n'y a pas plus beaux que leurs créations.
– C'est un bijou de famille, confia-t-elle.
– Je ne l'avais pas remarqué lors du bal.
– C'est normal, je le cache toujours sous mes vêtements. Je n'ai pas envie de le montrer aux autres, avoua-t-elle.
C'était bien trop précieux et surtout, c'était quelque chose d'unique qu'elle partageait avec Matvei. Elle ressentait l'envie de le cacher au monde. Et pourtant, elle se confiait à Aris avec une telle facilité. Ou peut-être, serait-elle plus affectée qu'elle ne le pensait par toute cette situation ? Rien n'était à écarter.
– Enfin réveillée, princesse, intervint une voix grasse appartenant à un garde.
Leurs regards furent attirés vers les nouveaux arrivants. Elle ne les avait jamais vu ceux-là. Elle ne répondit pas et resta immobile, sentant son corps encore douloureux de cette séance de torture.
– Hey, traînée, la moindre des choses serait de me répondre!
– La moindre des choses aurait été de me saluer poliment, répliqua-t-elle froidement.
– Cela ne vaut pas la peine pour les moins-que-rien, répondit-il, fier de son répondant en riant, tout en regardant son collègue.
– Alors vous comprendrez pourquoi je ne vous ai pas répondu.
Aris se permit un sourire moqueur. Les gardes eurent le regard quelque peu perdu, cherchant à comprendre le sens à cela, et le regard du premier s'illumina soudainement.
– Tu sous-entends que je suis un moins-que-rien ?
– Entre une Lady d'une grande famille faisant valoir ses idées, même face au plus terrible des mages noirs, et un homme reniant son nom et la fierté de sa famille pour lécher les pieds de ce même mage, je pense que le moins-que-rien est rapidement trouvé, trancha-t-elle sans la moindre hésitation.
La colère prit le dessus chez le garde qui ouvrit précipitamment la cage, et l'attrapa par la gorge, la faisant se relever. Elle le frappa de ses pieds au niveau de la taille mais rien n'y fit.
– Lâchez-la tout de suite ! s'énerva Aris.
– Toi, ferme-la, lui cracha le second mangemort.
Et alors qu'il allait poser les mains sur ses barreaux, Hermione plongea son regard dans celui de son agresseur et se mit à gronder dans la langue des serpents. Elle savait pertinemment que les mangemorts étaient comme effrayés par celle-ci. Ses sifflement terribles retentirent et presque automatiquement, le garde lâcha prise. Il recula d'au moins deux pas. Son corps avait tremblé. Hermione reprit son souffle et se redressa du mieux qu'elle put.
– Je vais vous donner un précieux conseil.
Elle marqua un temps de pause, accentuant l'angoisse ressentit par les gardes.
– Ne me touchez plus jamais. Je crois que vous avez oublié quelque chose, mais votre maître considère que je suis son jouet du moment, et je pense qu'il n'aime pas partager. Surtout avec ses subordonnés, n'est-ce pas ? Alors comment pensez-vous qu'il réagira lorsqu'il trouvera des marques n'étant pas les siennes ?
Un frisson d'horreur traversa les mangemorts. Elle avait tout à fait raison et les marques à présent violacées des doigts du garde, ne passeraient pas inaperçues. Un glamour ne servirait à rien. Il le remarquerait vite et rien ne pourrait empêcher Hermione de les dénoncer. Elle arbora un sourire hautain.
– Je vous demanderai donc un moment pour vous suivre, dit-elle en se penchant vers le sol, reprenant son souffle.
Les gardes se mirent en retrait, le regard fuyant. Leur présence devant la cage de Hermione barrait la vision à Aris et il ne vit donc pas Hermione subtilement cacher la baguette qu'elle avait réussi à faire tomber de la taille du garde. Elle avait saisi cette occasion pour la lui prendre, en donnant des coups précis. C'était une occasion en or. Elle la cacha dans sa paillasse et se releva. Elle aurait pu la prendre avec elle mais c'était prendre le risque de se la faire confisquer. Elle ne faisait pas le poids face à Voldemort. D'autant plus qu'il y avait toujours ses Horcruxes… Cette baguette serait plus utile, à l'abri des regards.
Elle finit par les suivre, donnant au passage un sourire au jeune Lord.
Elle attendait de nouveau assise dans ce même fauteuil où il avait pris plaisir à la torturer. Non, elle ne l'avait pas choisi pour le défier ou quoi que ce soit, mais uniquement parce qu'il était son seul choix. Elle avait rapidement constaté qu'il n'y avait pas la moindre assise hormis ce fauteuil ou le lit.
Le choix était rapidement fait.
Ce n'était qu'une suite à son stupide jeu. Il pensait la faire craquer ou du moins l'atteindre. Mais il était loin du compte. S'asseoir sur ce fauteuil n'était rien. Rien comparé à ce qu'elle avait déjà vécu, pensa-t-elle un bref instant plongée dans ses sombres souvenirs.
Mais pourtant, le but était atteint : elle se brisait mentalement, même en pensant à tous ses malheurs. Lentement mais sûrement.
« – J'ose espérer que vous ne m'avez pas attendu trop longtemps, s'enquit à demander Voldemort qui venait d'apparaître en compagnie d'un fauteuil, dans lequel il prit place.
– Pas plus que vous ne souhaitiez me faire attendre.
Il ricana.
Mais au lieu de continuer la conversation, il ne fit que leur servir le thé. Elle n'hésita pas un instant et porta la tasse jusqu'à ses lèvres. Pourquoi hésiter ? Il ne prendrait aucun plaisir à la tuer par un simple poison. Et si il y avait une potion destinée à la faire souffrir ? Rien ne pourrait l'empêcher de la lui faire boire, alors autant rapidement en finir.
Il sourit en la voyant boire. Véritablement indémontable. Les paroles Gellert revinrent en échos « Ne prends pas trop confiance. Ce petit chat a plus d'un tour dans son sac. La restreindre ne sera pas suffisant, tu l'apprendras tout comme moi » Il était vrai qu'elle avait le don de le surprendre. C'était bien la chose qui le faisait le plus vibrer.
L'inattendu.
Il aimait tout contrôler et qu'on écoute la moindre de ses demandes et pourtant, au fond de lui, rien ne pouvait plus le faire vibrer qu'une personne lui tenant tête, avec classe et intelligence. Elle ne se contentait pas de hurler qu'il était le mal incarné sans le moindre argument. Elle démontait ses actions une par une, point par point, brillamment. Il sentait l'envie de la battre et surtout la briser. Il l'imaginait à ses pieds, rampante, le regard brillant de haine lorsqu'elle le prendrait en bouche.
Il en eut le souffle coupé. Son corps était chaud et il contrôlait tant bien que mal sa respiration afin de paraître calme.
Hermione de son côté appréciait ce moment de paix, si elle pouvait le décrire ainsi. Elle posa son regard sur lui et retint une grimace. Ce corps si parfait accueillant cette âme si corrompue, répondait si bien à la définition du diable. Et le visage reptilien du Voldemort de son époque s'imposa sur les traits parfaits de celui lui faisant face. Son âme ne pouvait pas mieux se refléter sur son physique. Ne dit-on pas que la beauté de l'âme l'emportait sur la beauté physique ? Cela ne pouvait pas être plus vrai. A cette époque, le physique avantageux avait laissé place à celui d'un monstre, qui ne s'occupait aucunement de soi. Un être en total disgrâce.
Le regard chocolat du mage se posa finalement sur elle et elle discerna ses pupilles se dilater. Elle coupa directement le contact. Par Merlin, elle connaissait ce regard. Elle préféra l'ignorer, échappant inexorablement à son imminent destin.
– La descendante de Grindelwald alors ?
Son corps s'embrasa de haine. On ne pouvait pas lui faire pire insulte.
– Ce misérable n'est en rien mon ancêtre, cracha-t-elle avec plus de hargne qu'elle ne l'aurait souhaité.
Voldemort cessa de boire son thé, surpris. Il ne pensait pas qu'elle réagirait ainsi. Il s'attendait déjà à une de ses énième répliques polies et froides. Il s'empêcha de sourire et pourtant, il en avait tellement envie. Serait-ce enfin un point sensible viable? Il ne savait pas si il était déçu ou heureux. Serait-ce finalement aussi facile ? Par Salazar, tout ce qui comptait était de gagner. Il mit sa déception de côté et reprit la partie.
– Vraiment ? Il semblait pourtant si fier de se présenter comme tel. Pourquoi renier son sang ?
Elle se sentait nauséeuse par toute cette colère contenue.
– Les cafards se réjouissent de la moindre miette, commenta-t-elle d'une voix grinçante.
Il se mit à rire, appréciant la comparaison entre Grindelwald et un cafard.
– Et si il n'est pas votre ancêtre, qui est-ce ?
Son cerveau fut en ébullition. Devait-elle divulguer son lien de parenté avec Albus ? Elle l'avait caché pour ne pas attirer plus l'attention de Voldemort sur elle, mais à présent qu'elle était sa prisonnière, serait-ce une donnée la condamnant ? Ce n'était pas comme si il comptait déjà la libérer. Et pourtant, il lui restait sa fierté. Pourquoi lui faciliter la tâche ? Elle croisa sa jambe, et telle une reine, le toisa.
– Qui pensez-vous que cela puisse être ?
Elle fut brutalement attrapée au visage, ses yeux amenés à rencontrer ceux du mage noir.
– Il n'y a qu'une seule façon de le savoir, répondit-il, satisfait de constater l'air de surprise qu'il venait de provoquer.
Hermione forgea ses barrières comme lui avait appris Charles et sentit douloureusement l'intrusion se faire. C'était violent et sans finesse. Elle se faisait ravager par des vagues percutant les murs qu'elle avait érigé. Elle se sentit transpirer sous l'effort. Elle voulait tellement que cela s'arrête et pourtant, elle n'était pas prête à lui céder l'information. Elle résista, réparant ce qui était fissuré et ne laissa rien filtrer.
Et tout s'arrêta soudainement.
Voldemort s'était retiré et avait repris sa place sur son fauteuil.
– Vraiment pleine de surprise. J'avais des doutes sur vos capacités en Occlumentie mais j'en ai la preuve en direct. Véritablement impressionnant, la félicita-t-il. Pour ces efforts, je vous laisse un peu de répit. Je ne suis pas une brute comme vous semblez le penser. Mais sachez juste une chose : rien ne me résiste. Vous l'apprendrez à vos dépends, la prévint-il d'un sourire inquiétant.
Un véritable psychopathe. Elle n'arrivait pas à le voir autrement.
– Approchez, lui somma-t-il.
Elle n'en fit rien, le défiant du regard. Elle savait au fond d'elle qu'il ne tenterait pas une nouvelle attaque et n'hésita pas à plonger dans ses yeux. La prenait-il pour son chien ? Il soupira, feintant le fait de ne pas aimer devoir en arriver là et prit sa baguette. Elle fut immédiatement attirée à lui, à ses pieds. Il se pencha, son visage près du sien et glissa subtilement un doigt sous le col de sa robe. Il sembla satisfait lorsqu'il trouva ce qu'il cherchait. Il tira la chaîne et la dévoila à ses yeux. Il apprécia la qualité du bijou et tira soudainement dessus, amenant Hermione jusqu'à lui. Il en profita pour capturer ses lèvres dans un baiser impérieux. Lorsqu'elle fut sur le point de le mordre, il tira plus fortement sur la chaîne, prêt à la briser et martyrisa sa peau par le pendentif qui la sectionnait.
Elle sentit ensuite sa langue s'insinuer dans sa bouche et en ferma les yeux sous le choc. De son autre main, il tenait un de ses poignets qui tremblait. Lorsqu'il libéra enfin ses lèvres, il semblait satisfait du service, s'en léchant les lèvres. Il garda pourtant son visage près du sien. Elle pouvait sentir son haleine et l'odeur de son parfum. Il lâcha son collier et sortit quelque chose de sa poche qu'il fit pendre devant les yeux de la Serpentard.
– Et si nous parlions de ceci à présent ?
Elle constata avec horreur ce qu'il détenait.
Le collier emprisonnant Zénia.
Elle ne sut retenir son expression et sous ses yeux, Voldemort ne put pas paraître plus satisfait.
– Je vois que tu étais vraiment intéressée par ceci, dit-il en tout léchant la cage sous les yeux écarquillés de Hermione.
Par ce contact, il entendit les plaintes de la défunte et fut submergé par la sensation ressentie. C'était si excitant. Il réitéra l'indécence de cet acte, tout en regardant droit dans les yeux Hermione, qui ne put cette fois-ci, retenir une larme de couler de ses yeux gris.
Son cœur se déchirait. Pourquoi le destin s'acharnait-il autant sur sa famille ?
Il rangea le collier dans sa poche et attrapa le menton de la jeune femme.
– Si tu souhaites tant que cela cesse, sache occuper ma bouche avec de la bonne volonté, lui proposa-t-il tout en fondant sur ses lèvres une nouvelle fois. »
Son poignet trembla de nouveau, l'envie de se débattre et de le rouer de coup lui tordait l'estomac mais la vision de Voldemort léchant la cage dorée la fit céder. Et avec toute la honte et la haine l'habitant, elle craqua et répondit à ce baiser fiévreux.
Le premier pas vers la déchéance était fait.
Alors, alors? Que pensez-vous de ce chapitre? Pensez-vous que Hermione se relèvera ou que Voldemort en apprendra plus sur sa relation avec Grindelwald? Laissez-moi vos impressions! =D Merci aux personnes prenant le temps de lire et suivre ma fanfic, cela me fait extrêmement plaisir! Je vous retrouve pour le prochain chapitre! =)
