Chapitre 22
Séchez vos larmes
Réponses reviews :
( luffynette ) : Ah ah ah tu auras bientôt la réponse à cette question. Je te laisse la liberté de tirer les conclusions de ton choix avant que le verdict ne tombe ;)
( Manon ) : Ravie de lire ceci ! =D
( Nanalou ) Merci, ta review me fait extrêmement plaisir. Surprendre les lecteurs est assez compliqué, alors j'espère au moins par l'écriture, leur faire vivre le moment à fond ! Ah ah ah, il est vrai que le personnage de Hermione est celui d'une femme forte mais comme tout être humain, elle a ses faiblesses. Et elle devra les surmonter. Lucius est un personnage que j'affectionne tout comme Severus d'où le fait que...j'hésite. Je suis tiraillée entre la faire finir avec Severus ou Lucius...Mais les idées affluent lorsque j'écris et selon les situations qui arriveront, je pense que je trouverais naturellement la réponse. En attendant, cela reste une surprise, même pour moi ! XD Mais je t'en prie ! J'aime échanger sur nos points de vue et merci pour ton soutien =D D'ailleurs, comme tu le vois, j'ai réussi à ne pas tarder avant la sortie de ce chapitre ( une semaine d'intervalle entre deux chapitres, c'est inespéré et pourtant ;D) En espérant avoir un retour pour ce chapitre et qu'il sache encore te surprendre !
Extrait du précédent chapitre :
Il rangea le collier dans sa poche et attrapa le menton de la jeune femme.
– Si tu souhaites tant que cela cesse, sache occuper ma bouche avec de la bonne volonté, lui proposa-t-il tout en fondant sur ses lèvres une nouvelle fois. »
Son poignet trembla de nouveau, l'envie de se débattre et de le rouer de coup lui tordait l'estomac mais la vision de Voldemort léchant la cage dorée la fit céder. Et avec toute la honte et la haine l'habitant, elle craqua et répondit à ce baiser fiévreux.
Le premier pas vers la déchéance était fait.
Le souvenir de ses lèvres sur les siennes la fit se crisper. Cette langue inquisitrice réclamant son dû alors qu'elle traversait la barrière de ses lèvres afin de rejoindre sa jumelle, l'avait dégoûté. Le contact était comparable à un choc électrique pour elle. Et cela n'avait pas semblé suffire à son ravisseur, dont elle avait senti les mains se perdre dans son dos et sa hanche. Elle avait été totalement collée à ce torse, qu'elle avait senti fort et ferme. Mais ce qui l'avait peut-être le plus choqué, avait été de sentir dans ce moment des plus irréaliste, le cœur du mage battre contre sa poitrine. Ce son si commun à tout mortel, dénotait totalement avec Voldemort. Elle ne pouvait se résoudre à l'associer à ce monstre. Et pourtant, elle l'avait senti, rebondissant, dans une cadence effrénée. Elle avait ainsi ouvert ses yeux et était tombée dans son regard noir comme la nuit qui l'avait scruté avec insistance. Il semblait pourtant si calme, si maître de lui-même.
Et elle réalisa.
Elle réalisa tout l'effet qu'elle lui faisait. Elle le savait pourtant, mais entendre son cœur rebondir lors de ce baiser fiévreux, lui jetait à la figure une réalité dure à avaler : c'était un homme qui se trouvait devant elle. Un homme avec des envies et des besoins. Ce n'était pas seulement Voldemort, la créature ayant ruiné la vie de millions de personnes, mais bien un homme qui s'était dressé devant elle.
Et c'était dur à avaler.
Comment pourrait-elle seulement imaginer cette entité comme un être humain ? Lui qui était pourtant dépourvu de toute pitié pour ses victimes, de toute compassion pour plus faible que lui. Lui qui ne vivait que dans le seul but que son nom soit sur toutes les lèvres, glorifiant sa grandeur et puissance.
Mais au lieu de se sentir démunie face à cette aberration, elle en eut envie de sourire. Oui. Ce n'était qu'un homme comme un autre. Un homme avec ses forces mais surtout ses faiblesses. Et elles n'étaient pas peu nombreuses. Il était orgueilleux, narcissique, prétentieux mais surtout, tremblait à l'idée de mourir. Harry lui avait dit, que sa plus grande peur était de mourir. Cela expliquait son obsession à trouver l'immortalité. Passer de l'autre côté lui faisait ressentir la peur. Ce sentiment qu'il déclenchait en tout impunité chez les autres.
Et comme tout homme, il n'était pas indestructible. Elle le savait. Aujourd'hui, elle se sentait la force d'une lionne, déchirant l'air de son puissant rugissement. Elle pouvait le détruire et elle en avait la certitude par ce simple battement de cœur qui représentait tout : c'était un homme, mortel de son état, qui n'avait fait que retarder l'inévitable en déchirant son âme en morceaux.
Ce souvenir aussi embarrassant qu'enrichissant la traversait alors qu'elle reposait encore dans sa cellule, allongée dans sa paillasse odorante. Elle referma la cape sur elle, se protégeant du froid environnent. Il la lui avait donné, précisant qu'il n'aimerait pas qu'elle attrape froid, dans un ton des plus moqueur. Grand bien lui en fasse qu'il se moque, elle se contentait de pouvoir se réchauffer sans se plaindre. Une autre pensée vint à son tour, la minant et pas qu'un peu. Elle n'était pas bête et comprenait que l'étau se resserrait inexorablement sur elle. Il se rapprochait bien trop de ses secrets. Le fait qu'il ait remarqué son intérêt pour le collier que portait Gellert était une bien mauvaise manœuvre de sa part. Il avait un nouveau moyen de pression et le sourire qu'il affichait en permanence, tout en le caressant du regard, le confirmait.
Elle avait quand même eu de la chance dans son malheur. Il n'était pas allé plus loin que des baisers prononcés, et avait limité ses mains à la zone de son dos et sa hanche. Mais aussi chanceuse qu'elle était maintenant, elle savait que cela ne resterait pas ainsi longtemps. Surtout pas avec le regard qu'il lui avait attribué. Il la voulait pour lui et lui uniquement. Elle serra ses bras autour d'elle, ses mains se plantant dans ses bras.
« – A quoi pensez-vous ? s'informa Aris, prostré contre ses barreaux, le regard uniquement plongé sur elle.
Elle ne prit pas le temps de tourner sa tête vers lui, regardant le plafond où moisissure et humidité avaient trouvé leur place.
– A ma famille, confia-t-elle sans sourciller.
– Les Tolstoï hein ? Si ce n'est pas trop indiscret, peut-être pourriez-vous me raconter quelques histoires sur votre famille.
– C'est une longue histoire.
– Et nous avons tout le temps devant nous, fit-il remarquer, taquin.
Elle ne s'empêcha pas de lui sourire, détachant son regard du plafond pour l'ancrer dans le sien. Elle discernait son regard noir encre qui brillait de cette lueur de confiance, et une idée bien folle la traversa. L'idée qu'il avait un regard similaire à celui de Voldemort… Et son visage se croisa au sien, l'histoire d'une brève seconde, mais qui fit froncer les sourcils à la jeune fille. Elle repoussa cette vision en étirant de nouveau son sourire.
Elle devenait vraiment folle.
– Ma famille faisait partie de la noblesse russe et a travaillé pendant des siècles au service de la couronne, cherchant toujours à rendre le Tsar plus puissant. Ils étaient un soutien appréciable mais surtout, dangereux selon la famille royale. La peur qu'ils se retournent contre eux les dévorait. Une idée injuste après toues ces années de loyauté mais qui n'a été payé que par un massacre pur et dur. Ils ont été empoisonné. Mes ancêtres en ont miraculeusement réchappé. Un imprévu les avaient fait partir bien plus tôt et lorsqu'ils sont revenus, ce ne sont que des corps qu'ils ont trouvé. Ils ont surpris les assassins qui tentaient d'accéder aux archives. Ils ont tué les intrus et ont décidé de détruire toutes les bibliothèques et laboratoires qu'ils avaient fait grandir. Ils se sont enfuis en Angleterre avec leurs fils, et ont recommencé une nouvelle vie, cachés. Il ne restait à la tête de la famille que Matvei, mon ancêtre qui a eu une fille unique : Yelena Tolstoï.
– La dernière Tolstoï connue avant vous...
– En effet.
– Et que lui est-il arrivé ?
Un silence suivit cette question. Le visage de Hermione s'était fermé. Elle ne pouvait s'empêcher de revivre les scènes dans la jeunesse de Grindelwald. Cette voix lui susurrant qu'il avait tout pouvoir sur elle, la fit frissonner.
– Elle est morte, emprisonnée.
Le visage d'Aris se fit surpris.
– Emprisonnée par un mage noir qui l'a trahi, précisa-t-elle.
– Vous voulez parler de Grindelwald ?
Ce nom réveilla en elle un torrent de haine qui se déchaîna à travers le poing qu'elle abattit au sol, et elle ne remarqua pas dans sa colère une évidence : Comment était-il tout de suite arrivé à la conclusion que c'était Grindelwald ? Il n'y avait pas qu'un seul mage noir. Mais sa colère la rendit sourde à cela, et elle continua à se livrer.
– Il l'a enlevé alors qu'elle allait se marier… et qu'elle était enceinte.
Ces mots lui tranchaient la gorge et pourtant, elle sentait que cela lui faisait un bien fou de se confier à son compagnon d'infortune. Elle se retirait un poids. Comme si de lui en parler, apaisait sa détresse.
– Vous n'avez pas grandi en Angleterre n'est-ce pas ? Lui demanda-t-il d'une voix chantante.
– En effet. J'ai grandi en France.
– Pourquoi être revenu ?
Sa colère légèrement dissipée, elle eut un doute. Elle avait un arrière goût amer qui lui faisait dire que tout cela ressemblait à un interrogatoire. Elle se tourna dans sa paillasse, son corps lui faisant face, et posa sa tête sur son bras qui la maintenait en hauteur. Son autre main était posée sur sa hanche, son doigt formant paresseusement des cercles.
– Et si vous me parliez plutôt de vous ? J'ai l'impression de ne parler que de moi depuis le début, avança-t-elle dans un sourire narquois.
Il ne montra pas sa surprise et dans une parfaite retenue, lui retourna un sourire compréhensif.
– Veuillez m'excuser. J'avoue sans honte être intéressé par vous, plus que de raison peut-être.
– Oui, il semblerait, répondit-elle, un sourcil relevé.
Elle ressemblait à une reine, attendant que son sujet réponde à sa question, le jugement prêt à tomber si la réponse ne la satisfaisait pas.
– Je viens d'Arménie, j'ai 25 ans et suis à la tête de ma famille depuis mes 20 ans. Mes parents ont été emporté par la dragoncelle. J'ai fais mes études en France et c'est là que j'ai rencontré Charles. Je dirige à présent une société, qui a pour but de retrouver des artefacts. Je souhaite découvrir leurs histoires et les revendre aux musées. Un travail qui me passionne et que j'espère pouvoir assurer longtemps. J'aime le thé mais déteste le café. Le vert me va mieux au teint que le bleu, et je suis assez bon danseur, finit-il d'exposer avec un clin d'œil à leur prestation du bal.
Son visage reprit une expression amicale, semblant être satisfaite de sa réponse.
– J'aurai pourtant juré que le bleu vous iriez à merveille, commenta-t-elle.
– Les apparences peuvent être trompeuses, répondit-il dans un sourire mutin tout à fait charmant.
– En effet… Et qu'avez-vous découvert depuis que vous avez monté votre société ? s'intéressa-t-elle. »
Elle l'écouta pendant des heures, parlant de sanctuaires, de temples ensevelis, de villes sous-marines, de grottes et galeries dispersées à travers le monde. La passion animait son regard et elle ne put que se laisser entraîner par cette vague. Elle en finit même, par se laisser bercer par sa voix, fermant ses yeux et s'endormant devant Aris qui cessa de conter ses aventures, lorsqu'il la vit plonger dans le sommeil. Il laissa passer les minutes, s'assurant de son sommeil profond, et se redressa, époussetant ses habits avant d'ouvrir sa cage. Il déambula tel un roi dans les couloirs jusqu'à tomber sur les gardes qui avaient étranglé Hermione.
Il fit un sourire devant leurs visages incrédules. Ils brandirent leurs baguettes, prêts à en découdre avec le fuyard. Il ne cessa pourtant pas de s'avancer, ne se retrouvant qu'à quelques pas d'eux. Un premier Stupéfix fut lancé et une barrière blanchâtre le protégea sans qu'aucun mot ne soit prononcé. Décontenancés, ils enchaînèrent les sorts, ne réalisant même pas qu'ils reculaient, la peur au ventre. Ce regard froid qui ne les lâchait pas, les terrorisait. Essoufflés, ils ne surent plus quoi penser lorsqu'il ne fut plus qu'à un pas d'eux. Sa présence était écrasante. Ils pouvaient suffoquer rien qu'en le regardant. Il leur attribua un regard empli de dédain. Ils ne valaient pas plus que des cafards, et ils le comprirent vite.
Et pourtant, ils ne pouvaient pas laisser un prisonnier s'échapper. Autant tout de suite demander à leur maître de les torturer car c'était ce qu'il ferait. Alors ils prirent sur eux et bombèrent le torse. Par Merlin, ils étaient deux contre un sorcier sans baguette !
« – Ne t'approche pas plus vermine et retourne immédiatement dans ta cellule. Tu n'aimerais pas contrarier le Seigneur des Ténèbres, tenta-t-il de l'intimider dans un sourire gras.
Mais cela n'eut pas l'effet escompté. Cela ne fit d'ailleurs que plonger Aris dans rire glacial. Lorsqu'il s'arrêta, il jeta sa main à la gorge du Mangemort le plus proche de lui, qui suffoqua instantanément.
– Vous ne savez décidément pas de quoi vous parlez, pauvres créatures, souffla-t-il dangereusement. »
Et sans qu'ils ne puissent y faire quelque chose, ils furent emportés, sortant des couloirs de cellule. Pour eux, ce ne fut plus que cris et douleur. Et tout se passa sans que Hermione n'en ait conscience.
Dans un sursaut, elle se réveilla, reprenant son souffle en une longue inspiration. Elle semblait sortir d'un affreux cauchemar. Elle comprit rapidement qu'il faisait nuit. Elle donna automatiquement un regard vers la cellule de Aris et discerna une forme immobile dans sa paillasse. Elle tendit l'oreille et l'entendit légèrement ronfler. Rassurée, elle faufila sa main dans la paille et en sortit la précieuse baguette. Le picotement qui la traversa lorsqu'elle prit le bout de bois la fit frissonner.
C'était si agréable.
Elle la brandit en direction de la lourde menotte et tenta de jeter un sort, serrant les dents lorsque la douleur surgit lors de l'utilisation de sa magie. Un jet de magie en sortit, incontrôlé et fugace. Rien de bien concluant, et pourtant, elle était assaillie par la douleur. Elle avait envie de hurler. Elle planta ses ongles dans sa peau à s'en faire saigner. Des larmes silencieuses roulèrent sur ses joues et tout cessa enfin. Elle frappa son poing sur le sol, frustrée.
Avoir une baguette sans pouvoir l'utiliser la laissait autant sans défense. Elle se replia sur elle-même, serrant contre son cœur la baguette. Elle resta ainsi pendant de longues minutes. Mais une simple pensée pour sa famille suffit à la faire se redresser. Elle se leva avec énergie et fit face à sa cage. Cette foutue prison qui restreignait ses mouvements et sa vie ! Elle abattit ses mains sur les barreaux et voulut y mettre toute sa force afin de les briser. A sa grande surprise, elle ne sentit aucune résistance. Sous ses yeux ébahis, elle vit la porte s'ouvrir dans un grincement désagréable.
C'était ouvert… Par Merlin c'était ouvert ! L'adrénaline afflua et elle le sentit comme une chance. Une chance d'accomplir sa mission! A pas de loups, elle traversa les longues allées, se souvenant du chemin vers sa cage. Mais elle fit un détour d'abord, se rendant aussi invisible que possible, longeant les murs comme jamais. Elle devait se trouver une arme. Une vraie ! Son cœur rebondit lorsque à travers une porte entrouverte, elle vit une cuisine et des couteaux. C'était sa chance ! Elle donna des coups d'œil avertis et ne vit personne s'atteler aux corvées. Elle ne pouvait pas prendre le risque de manquer cette opportunité, et se jeta sur le premier couteau qu'elle put. Elle sortit de la pièce tel un félin et se renfonça dans l'obscurité des couloirs. Elle ne fit pas attention aux deux grands yeux globuleux qui la suivirent du regard.
Elle sentait son esprit totalement secoué à l'idée par ce qu'elle allait faire. Elle allait commettre un meurtre. Ôter la vie d'un être humain… Elle se sentait nauséeuse et pourtant, elle ne perdit pas de son entrain à arriver jusqu'à sa cellule. Elle ne pouvait et ne devait pas reculer ! Elle se remémora toutes les atrocités qu'il avait commis et tenta de se convaincre que le meurtre d'une telle personne ne serait pas un acte reprochable. Il le méritait ! Et malgré toutes ces paroles qu'elle faisait tourner, elle ne put empêcher une larme de couler lorsqu'elle arriva à destination. Elle faisait face à l'être qu'elle allait tuer, et qui dormait à poing fermé. Elle resta droite comme un piquet, ne le lâchant pas du regard. Un combat mental s'opérait. Son visage transpirait de tout ses tourments.
Arriverait-elle à faire l'impensable ? Elle eut une pensée pour son meilleur ami, dont la magie l'avait elle aussi destinée à le commettre. Elle revoyait son visage se décomposer lorsqu'ils en parlaient. Il lui avait confié une fois qu'il ne savait pas s'il trouverait la force de l'accomplir, de prononcer ces mots mortels. Il n'avait pas l'âme d'un tueur, et elle pouvait sans l'ombre d'un doute, dire la même chose la concernant.
Et pourtant, l'heure était arrivée.
Elle tenta le tout pour le tout, et posa délicatement sa main sur la porte. Comme pour sa cellule, elle ne ressentit aucune résistance. Elle s'ouvrit devant elle. Par Godric, elle ne savait pas ce qui se passait mais elle ne pouvait pas s'accorder le temps d'y penser. Elle s'approcha de sa proie, baguette en main. Pas à pas, elle s'en rapprocha et ne fut plus qu'à un mètre de lui.
« – Serait-ce une aura meurtrière que je sens là ? Demanda Gellert en se retournant, les yeux encore ensommeillés.
Elle ne répondit rien, redressant le menton, le regardant de haut. Elle ne recula pas, et se tint droite. Elle brandit plus farouchement la baguette, le regard brûlant de détermination. Il se releva, sans brusquerie et ne fit que la contempler.
– Si belle et si jeune, souffla-t-il avec appréciation.
Sa voix coulante glissa sur elle avec horreur.
– Appréciez tant que vous le pouvez, lui conseilla-t-elle.
– Et que vas-tu faire avec ta baguette ? Me tuer ? Je n'ai plus rien à part toi, maugréa-t-il avec tristesse.
Le sang lui monta à la tête. Elle perdait le contrôle de ses émotions.
– Je ne suis rien pour vous, comme vous n'êtes rien pour moi à part l'homme ayant ruiné le bonheur de ma famille. Je vous interdis de sous-entendre encore que je suis votre descendante !
– Mais c'est ce que tu es, renchérit-il tout en se rapprochant, les bras ouverts en invitation muette à une étreinte.
Elle colla la baguette à sa gorge.
– Vous n'imaginez pas combien je vous hais !
– Tu n'imagines pas combien je t'aime.
Le visage de Hermione était méconnaissable, ravagé par la haine et le dégoût. Elle devait le faire ! Mais alors qu'elle allait se décider, il lui attrapa le bras et la tira contre lui, la déséquilibrant assez pour qu'il puisse la plaquer contre le mur derrière lui. Il plongea son visage dans son cou et huma son parfum. Il se mit à ricaner, lui tordant le poignet afin qu'elle relâche la baguette. Elle résista un moment, sentant ses os prêts à se briser, et lâcha finalement.
– Que comptais-tu faire avec ça ? Je sais bien que ce petit bijou t'empêche de faire de la magie. J'ai le même que toi, mais en bien moins beau, je le crains, fit-il remarquer avec humour en lui désignant sa propre cheville. Ce n'est pas la confiance qui règne ici, ajouta-t-il en faisant référence à Voldemort.
– Je comptais vous tuer. N'était-ce pas assez évident ?
– Ton regard pourtant semblait dire autre chose. Il était si perdu et sans défense.
Ils se faisaient face et elle sentait le poids de son regard sur elle. Si intense et lourd. Elle n'avait pas répondu, devenu muette à cette réplique. Quoi répondre ? C'était vrai et elle le savait. Et alors qu'elle plongeait son regard dans le sien, ce fut un regard brisé qu'elle rencontra. Un visage meurtri par le temps et la solitude. Ses épaules se crispèrent et sa poigne se fit désespérée.
– Que t'a-t-elle dit lorsque tu l'as vu ? Lui demanda-t-il d'une voix éteinte par le chagrin.
Elle en fut gelée sur place. Elle ressentait toute sa détresse et se refusait à y répondre. Sans voix. Elle était totalement sans voix. Comment osait-il ?!
– Comment osez-vous ne serait-ce qu'afficher cette expression après tout ce que vous avez fait ?!
– Je n'ai fais que l'aimer, confessa-t-il, posant sa tête sur la poitrine de Hermione, le regard vers le sol, relâchant son poignet. Je n'ai fait que l'aimer, répéta-t-il inlassablement.
Elle en resta interdite. Par Merlin cette situation était invraisemblable. Elle ne pouvait pas ressentir de la pitié pour ce… Et pourtant, son cœur se gorgeait de doutes. Qu'est-ce qu'elle détestait cette faiblesse qui l'envahissait! La faiblesse face aux malheurs d'autrui. Elle serra les mâchoires et attrapa le manche du couteau qu'elle avait mis dans la poche intérieur de sa cape. Elle fit tout cela avec une lenteur effrayante. Elle sentait son visage se cribler de sueur. Elle n'avait qu'une seule chance.
– Elle m'a raconté votre rencontre lorsque vous étiez à Poudlard. Toutes ces années à vos côtés. Tous ces bons souvenirs qu'elle chérissait tant, cita-t-elle dans une voix devenue soudainement douce.
Elle endormait la bête de belles paroles tout en plaçant le couteau au-dessus de lui, lame pointée vers son dos, la deuxième main rejoignant la première sur le manche. Elle voulait y mettre toute sa force et ne plus douter. Elle ne pouvait pas se le permettre !
– Ses yeux brillaient de tendresse lorsqu'elle parlait de vous. Tant d'amour et de chaleur, continua-t-elle, prête à commettre l'irréversible.
Elle retint soudainement sa respiration, ferma ses yeux et mit toutes ses forces dans l'acte. Une seconde passa mais elle n'entendit rien. Aucun gémissement de douleur. Elle ne sentait pas non plus le sang jaillir dans sa main. Elle ouvrit alors les yeux et constata une barrière blanchâtre entourer le corps de Gellert. La seconde d'après, son arme disparut de ses mains et se retrouva dans celles du nouvel arrivant, dont les yeux brillaient d'une lueur malsaine.
– Je ne pensais pas que tu serais prête à le faire, surtout en usant de telles stratagèmes, ajouta-t-il en mentionnant ses belles paroles.
Gellert se redressa, et fit face au Lord. Il ne se décala pas et resta devant Hermione, se dressant comme une barrière entre Voldemort et elle.
– Je suis surpris Grindelwald que l'aies laissé faire cela. Tu savais très bien ce qui t'attendait, l'accusa-t-il.
– Si je dois mourir, cela sera de sa main et je pourrais rejoindre ma bien-aimée.
– Quelle scène touchante. Tu pensais vraiment pouvoir me fuir? Je te l'ai déjà dis. Tu ne seras jamais libre. Ces yeux que tu as là me sont bien trop précieux.
– Espérer fait partie de l'être humain Tom. Tu ne peux me reprocher ce que toi tu as cessé de faire.
– Je n'ai pas besoin d'espoir. L'espoir n'est usé que par les faibles qui pensent régler tous leurs problèmes en suppliant des forces supérieures. Je n'en ferais pas partie et je te laisse cette condition bien pitoyable.
Hermione se retrouvait dans cette altercation et ne savait pas quoi faire. Elle avait perdu sa chance de tuer Grindelwald. Elle en aurait pleuré. Que pouvait-elle faire maintenant ? La sentence allait certainement tomber. Elle serait torturée, une nouvelle fois. Elle se tendit à cette idée. Aussi forte soit-elle, le corps humain avait ses limites. Elle ne savait pas combien de temps elle pourrait le supporter. Sans parler du fait de devenir folle. Elle eut une pensée pour les parents de Neville. Elle ne pouvait pas finir comme eux ! Et elle tenta le tout pour le tout.
Elle s'écarta de Gellert et s'avança vers Voldemort, d'une démarche féline, le regard ancré dans le sien.
– Pourquoi ne me laisseriez vous pas accomplir sa demande ? Il me serait si facile de le tuer, lui chuchota-t-elle dans l'oreille d'une voix chaude.
C'était grisant. Il se sentit durcir dans l'instant. Ce regard et ce corps si diablement tentant qui essayaient de le charmer allaient le rendre fou. Mais il n'en montra rien et ne fit qu'étirer un sourire narquois.
– Tu ne semblais pourtant pas si confiante tout à l'heure, lui répondit-il lui aussi dans son oreille.
Cet échange qui se voulait intime la comblait d'horreur.
– Voyons, nous ne sommes pas tous expert en la matière comme vous, mon cher, répliqua-t-elle en effleurant ses lèvres.
Ce fut trop pour Voldemort qui passa sa main derrière sa nuque et la ramena contre lui, l'embrassant sans décence, tout cela devant Gellert. Elle sentit son torse s'écraser contre sa poitrine, et sa main mettait une pression sur son cou. Sa langue régnait en maître dans sa bouche, domptant la sienne sans manière. Elle était totalement sous son contrôle et fut soudainement retournée, faisant face à celui qui prétendait être son ancêtre. La voix du mage s'éleva, tout près de son oreille, abattant son souffle chaud sur elle.
– Tu joues un jeu très dangereux et tu apprendras que je suis un très mauvais perdant, lui indiqua-t-il tout en sortant le bout de sa langue qui lécha son lobe.
Elle vivait ce moment dans une honte totale, ne pouvant fuir le regard de Gellert. Voldemort lui maintenant sa tête dans sa direction, l'empêchant de la tourner. Elle ne se mit pas à rougir et pourtant elle ne savait plus où se mettre.
– Tes charmes ne sont plus à prouver mais lorsque je dis non, il va falloir que tu apprennes à ne pas insister. Je déteste me répéter, précisa-t-il tout en mordant fortement son oreille jusqu'à la faire saigner.
Elle tenta de se débattre, mais la poigne du mage était trop forte. Et lorsqu'elle sentit le métal froid de la lame frôler son cou, elle cessa tout mouvement, endurant la douleur le plus silencieusement possible. Lorsqu'elle donna un regard au prisonnier, elle ne vit que son expression reprendre la folie qui l'habitait, et il mit à rire.
– J'ai tellement hâte du jour où tu viendras me voir, me suppliant de te dire tout ce que je sais sur elle, se moqua-t-il.
Hermione fut brutalement jetée sur le côté et l'instant suivant la gorge de Gellert était saisie par cette même poigne. Le regard de Voldemort fondit dans celui dorée du fou mais rien ne se passa et le rire, de celui-ci ne fit que s'accentuer.
– Tu pensais réellement que cette menotte m'empêcherait de protéger ma tête ? Demanda-t-il tout en désignant son crâne. Tu ne pourras rien savoir, Tom. Pas tant que je le déciderais, conclut-il tout en éclatant de rire. »
Ce fut plus qu'il n'en fallait pour faire perdre patience Tom, qui projeta le prisonnier contre le mur. Il récupéra au passage la baguette et agrippa le poignet de la serpentard qu'il emmena jusqu'à la salle où reposait son trône et Yoka. Le compagnon réagit instantanément à l'intrusion. Les lumières furent toutes allumées, éblouissant Hermione. Il la jeta au sol et sa menotte fut automatiquement reliée par une chaîne au trône dont elle ne pouvait s'échapper. La colère du mage était palpable, rendant l'air de la pièce irrespirable. Yoka siffla dangereusement, n'appréciant pas de voir sa Maika dans cet état là.
– Silence ! Je ferai ce qui me plaît !
Et il se planta devant Hermione, jouant avec la baguette qu'elle avait subtilisé.
– Réellement impressionnant. Je ne pensais pas que tu réussirais à en avoir une. L'aurais-tu volé ? Ou serait-ce un de mes hommes qui aurait fondu pour tes charmes ? Un traître ?
Elle ne répondit rien et garda son regard fixe vers un mur. Elle avait bien remarqué la perte du vouvoiement. Les belles manières s'étaient envolées au moment même où il avait trouvé un point faible : le collier contenant l'âme de Zénia.
Il n'apprécia pas ce manque d'attention, et lui attrapa le menton, ramenant son regard dans le sien. Elle discerna ces lueurs rougeâtres si semblables au Voldemort de son époque.
– Tu ne veux toujours pas me répondre, n'est-ce-pas ? Très bien, lui concéda-t-il tout en la lâchant. Je trouverai sans ton aide, ajouta-t-il tout en se mettant à frotter le tatouage sur son avant-bras.
Dans les minutes qui suivirent, les serviteurs du Seigneur des Ténèbres affluèrent, arrivant par voie de transplanage. Ils n'étaient pas aussi nombreux qu'à son époque mais il commençait à y avoir un sacré paquet de Mangemorts. Et pourtant, elle resta interdite, son instinct de survie parlant pour elle. Elle ne devait pas plus susciter sa colère à son encontre. Elle n'était pas suicidaire à ce point.
Voldemort s'avança, d'un calme inquiétant, entre les rangées de ses subalternes. Elle les vit, droits et statiques. Attendant en silence sûrement tout comme elle, la sentence qui s'abattraient sur eux. Il se tourna vers elle, les bras écartés, la dévoilant aux yeux de ses gens.
« – Je vous présente, Lady Tolstoï qui est mon invitée depuis quelques jours. J'imagine que vous n'êtes pas sans savoir la pureté de son sang et la grandeur de sa famille. Une Lady que je tente de rallier à notre louable cause. Et pourtant, j'ai eu la surprise de la trouver en possession de ceci, désigna-t-il tout en levant la baguette. J'aimerais croire que cela n'est dû qu'à son talent, mais le doute subsiste. Je me dois alors de lever le voile sur cette affaire. Quelqu'un aurait-il osé l'aider, et ainsi lui donner cette baguette ?
L'effroi s'abattit sur l'assemblée. Qui pourrait être aussi inconscient ? Jamais personne n'oserait toucher ce qui appartenait au maître. Et pourtant, la méfiance s'éleva et les têtes se mirent à tourner en toute discrétion. Les regards se firent suspicieux et accusateurs. Et au milieu de cet attroupement, une personne en particulier suintait la peur. C'était sa baguette. Par Salazar tout puissant. Sa baguette se trouvait dans les mains de son maître qui pensait à une trahison. Il allait s'évanouir ou se faire dessus. Peut-être les deux en même temps à bien y réfléchir. Comment allait-il s'en sortir ? Il s'était bien vite rendu compte de son absence mais n'avait pas osé retourner dans la cellule. Il avait espéré l'avoir bêtement oublié dans sa chambre, ou l'avoir fait tomber sous son lit ou autre, mais le sort s'acharnait. Elle était bien aux mains de la prisonnière qui s'était faite prendre la main dans le sac. Et l'avait ainsi condamné.
– Personne ? Très bien. Nous allons faire par éliminations. Qui sont les personnes en charge des rondes dans les cellules nord depuis cette semaine ? Avancez-vous, je vous prie.
Quatre personnes se détachèrent du lot. Il passa devant eux, un sourire bienveillant aux lèvres qui dénotait totalement avec son regard tranchant.
– J'attends de vous une sincérité implacable, déclara-t-il.
Un silence de mort s'en suivit. Le stress s'abattait sur eux.
– Est-ce l'un de vous qui lui a donné cette baguette ?
Ils répondirent un « Non » clair et ferme en chœur qui amena un rictus à ses lèvres.
– Vraiment ? Alors procédons différemment. Levez votre baguette, ordonna-t-il.
Ils levèrent instantanément leurs baguettes, pointées vers le plafond. Tous, sauf celui pour lequel elle manquait à l'appel. Son visage devint cireux, perdant vie à l'entente des pas du maître s'approchant de lui. Son cœur était prêt à lâcher d'un instant à l'autre. Il gardait le regard bas, ne voyant que les chaussures parfaitement cirées de Voldemort lui faisant face. Personne ne parlait et l'attente était insoutenable. Le Lord se pencha au-dessus de l'oreille de son mangemort.
– Ta baguette, je te prie.
Mais seul un glapissement terrifié lui répondit.
– J'en déduis que c'est la tienne, supposa-t-il tout en désignant celle qu'il tenait.
– Oui maître, eut-il la force de prononcer.
Cette réponse ne suscita aucun retour sauf un énième silence mortel. Les pas claquèrent sur le marbre et Tom s'assit sur son trône, affichant une expression détendue.
– Je vois que notre cher camarade a été charmé par notre invitée. Qui peut le lui reprocher ? Demanda-t-il à l'assemblée dans un ricanement contrôlé qui déclencha des rires gras de ses serviteurs.
Le camarade en question souhaitait se transformer en insecte et s'enfuir comme jamais. Il sentait la mort balancer au-dessus de sa tête, telle une lame prête à lui trancher la tête. Il n'était pas dupe et savait que cette amabilité venant de son maître ne cachait qu'une sourde colère. Et alors, traversé par la peur de mourir et le désespoir de voir encore un lendemain, il se jeta par terre, et se prosterna.
– Je vous jure que je n'ai jamais donné ma baguette. Elle m'a été volée. Je n'aurais jamais pensé à vous trahir ! Pria-t-il sa bienveillance, la tête collée au sol tel le misérable qu'il était.
– Allons, allons mon ami. Je sais pertinemment que tu n'oserais pas me trahir. Tu sais ce qu'il t'en coûterait, fit-il planer la menace. Mais, il n'en reste pas moins que ton incompétence aurait pu mener à sa fuite. Et ce n'est pas ce que nous souhaitons, n'est-ce pas ?
Hermione savait pertinemment qu'il exagérait. Jamais elle n'aurait pu s'enfuir avec cette fichue menotte à sa cheville. Mais il aimait faire souffrir le sorcier, qui se tordait dans tous les sens, la peur au ventre. Elle ne pouvait pas dire qu'il était insensible à ce qu'il suscitait chez lui. Bien au contraire. Car c'était bien ses réactions terrifiées qui l'enchantaient. Et c'était bien ça qui la rebutait.
– Par ton incompétence, j'aurai pu perdre ma précieuse invitée, continua-t-il en passant un doigt sous le menton de la serpentard, qui resta de nouveau impénétrable à son contact. Et par conséquent, tu comprendras que je ne peux pas laisser cela impuni. Ne sommes-nous pas d'accord ? Demanda-t-il à l'assistance dont s'échappaient déjà des murmures affirmatifs, condamnant le pauvre sorcier qui ne s'était jamais senti aussi seul qu'en ce moment.
Et sans plus attendre, le sort de la torture s'abattit sur lui. Il ne pensa pas un instant à retenir ses cris et s'époumona comme jamais, se contorsionnant de douleur sur le marbre. Ses cris faisaient échos à ce qu'avait connu Hermione qui se retenait de se boucher les oreilles. Voldemort lui donnait de brefs coups d'œil, cherchant à connaître sa réaction face à la torture et la trouva insensible, assise fièrement, le dos droit.
Si magnifique.
Et il redoubla d'ardeur sur sa victime, tentant de percevoir son masque se fissurer, mais ne vit rien. Elle avait fermé son esprit, se rendant à présent sourde à ce qui se passait. Comment aurait-elle pu le supporter autrement ?
Aucune réaction hein ?
Lui prit l'envie de rendre cela plus théâtrale, et il se mit à lui lancer des sorts de découpe, faisant gicler son sang à travers la pièce. Et le sang s'abattit sur elle, la substance tachant sa robe déjà rouge. Elle sentit des gouttes couler le long de sa main et un frisson la traversa. Ce qui n'échappa pas au mage qui réitéra son geste, le sang lui tombant à présent sur le visage. Elle resta pourtant immobile, le visage souillé par le liquide carmin. Cela contrastait totalement avec sa peau de porcelaine. Il cessa tout mouvement, hypnotisé par ce tableau si enchanteur.
Il ne put s'empêcher d'approcher, et essuyer une des gouttes, l'étalant sur sa joue.
– Le sang te va si bien, ma Lady, siffla-t-il, totalement conscient du malaise de ses mangemorts.
Ces quelques mots eurent le mérite de récupérer son attention, reprenant le contrôle de ce regard acier.
– Appréciez tant que vous le pouvez, répondit-elle avec défi, choquant les sorciers asservis.
Au diable la bonne conduite. Elle ne pouvait pas supporter de rester là, le regard vague et la bouche fermée face à lui. Son caractère insoumis ne le lui permettait pas. Alors, si elle devait être torturé, autant que cela le soit, la tête haute. Cet échange hors du commun étouffait les personnes présentes. Jamais ils n'auraient osé ne serait-ce que maintenir le regard du mage, alors lui répondre de façon aussi impertinente. Car oui, ils n'en comprenaient pas le sens mais le ton parlait pour elle. Elle lui tenait tête. Et aussi silencieusement qu'ils restaient, un respect s'installa en eux. Un respect pour cette jeune folle qui osait faire ce que eux, n'imaginaient même pas faire.
– Mais c'est bien ce que je compte faire, lui répondit-il tout en posant ses lèvres sur les siennes, la marquant comme sa propriété aux yeux de tous ses mangemorts. »
Elle ne répondit pas au baiser, et ne le lâcha pas du regard, le défiant ouvertement. Il sourit, et ne se formalisa pas de cette petite rébellion. Chaque chose en son temps. Il réglerait ceci plus tard. Et sans sourciller, il reprit la torture, faisant hurler sa victime pendant des heures.
Personne ne fit de commentaire, pas même Hermione qui, malgré toute sa compassion, ne pouvait que se dire qu'il n'avait que ce qu'il méritait. Un homme qui se cachait derrière le nom de plus puissant que lui, et qui usait de sa force sur plus faible, n'avait droit à aucune compassion de sa part. Il fut par la suite emmené, sa vie ne tenant qu'à un fil. Le maître des lieux se confia discrètement à l'un de ses mangemorts qu'elle reconnut comme étant le père de Lucius. Celui-ci semblait surpris par sa demande mais y répondrait sans aucun doute.
Elle fut elle-même contrainte de suivre le mage noir jusqu'à ses quartiers dans lesquels elle se retrouva jetée au sol. Si il pensait l'intimider ainsi, il se trompait lourdement. Elle avait été méprisée depuis ses 11 ans par de nombreux sorciers, tout aussi orgueilleux que lui. Elle en était à présent immunisée, ne ressentant pour eux que dédain.
Il se retira sa veste, la température de la pièce divergeant du reste du manoir, et la posa sur son fauteuil dans lequel il s'installa. Il tenait toujours la chaîne dans sa main, caressant le métal froid avec lenteur. Et il tira soudainement dessus, tirant Hermione jusqu'à lui. Elle se retrouva à ses pieds, sa tête proche de ses genoux. Il aimait cette position et se mit à caresser le haut de sa tête, comme pour la récompenser ou l'humilier un peu plus. Elle repoussa sa main dans un mouvement sec.
« – Me priver de ma magie ne vous prive pas de bonnes manières à vous non plus, mon cher, l'incendia-t-elle du regard.
– Certainement. Mais, je pense que nous sommes bien au-delà de ceci à présent. Car, tu dois comprendre celà : tu m'appartiens.
C'était la première fois qu'il lui prononçait ses mots aussi directement. Cela n'avait absolument rien d'agréable. Elle sentait de nouveau cet étau se resserrer sur elle, l'empêchant de respirer.
– Je n'appartiens à personne à part à moi-même, déclara-t-elle, de la voix la plus posée qu'elle pouvait.
– Et c'est bien cette pensée que je me dois de rectifier. Tu réaliseras tôt ou tard, que tu es mienne, prononça-t-il avec assurance avant de l'attraper par les cheveux, remontant son visage au niveau du sien. Et tu aimeras m'appartenir, ajouta-t-il avant de nouveau se jeter sur ses lèvres sans douceur.
Son corps réagit automatiquement et elle le mordit furieusement, sentant son sang couler dans sa gorge. Le coup partit et elle se retrouva au sol, la tête lui tournant. Le goût du sang ne fut plus uniquement celui du mage mais également le sien, qu'elle cracha sur le parquet semblant être coûteux. Il se pencha de nouveau vers elle, et la fit se lever en l'agrippant par ses cheveux. La douleur vive la fit tenir sur ses jambes, et elle fit face à ce rouge rubis meurtrier. Oh, il ne semblait pas avoir apprécié sa marque d'affection.
– Tu as la mémoire bien courte, n'est-ce pas ?
Et tout en disant cela, il fit réapparaître cette cage dorée. L'étau se referma encore une fois, blessant son cœur plus que de raison. Piégée, était un mot faible pour décrire ce qu'elle ressentait. Son impuissance engendra sa colère dévastatrice. Sa magie s'échappa, faisant ainsi réagir la menotte à sa cheville, qui la frappa de cette douleur insoutenable. Ses traits se déformèrent, et les larmes coulèrent, un seul cri s'échappa de la barrière de ses lèvres avant qu'elle ne prenne sur elle. Et Voldemort admira ce doux spectacle de près, détaillant chaque trait se tordant dans le supplice; admirant ses yeux se foncer sous la torture, et ses mâchoires se contractant dans l'effort de rester forte. Jamais il n'avait rencontré une femme aussi tenace.
Et c'était bien cela qui le faisait vibrer. Vibrer pour ce petit bout de femme.
Il lui attrapa sa main, glissant jusqu'à son doigt qu'il amena jusqu'au collier et là pour la première fois, la peur traversa son regard. Elle avait peur d'entendre une nouvelle fois la voix suppliante de son ancêtre. Mais à défaut de le retenir, cela ne fit qu'attiser son envie, tirant toujours plus fort sur son doigt pour l'amener jusqu'au contact. Elle lui attribua une œillade terrorisée, lui priant de s'arrêter sans qu'aucun mot ne soit prononcé. Mais alors que son doigt frôla la surface de la prison, elle poussa un hurlement déchirant.
Elle ressentait toute la douleur de son ancêtre. Une douleur insupportable qui lui déchirait l'âme. Elle se sentit faible, la tête lui tournait alors que les cris de Zénia résonnaient sans cesse, détruisant ses barrières, n'en faisant que des miettes. Pour Tom, ce fut un cri charmant. Un cri lui volant son cœur. Cette expression déchirée lui allait si bien. Il ne put s'empêcher de forcer le contact et de caresser son visage emplie de détresse. Mais toute bonne chose devait avoir une fin et il lui retira sa main. Il rattrapa le corps dévasté de Hermione dans ses bras, calmant son mal-être comme on calmerait un enfant. Il continua à passer sa main dans sa chevelure, avec une douceur qu'il ne se connaissait pas, et la vit perdre connaissance.
Elle ne pouvait en supporter plus.
La tête lui tournait encore lorsqu'elle ouvrit de nouveau les yeux. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle avait perdu connaissance mais l'état de ses poignet, enchaînés, la maintenant debout, lui donnaient une idée sur la question. Elle se trouvait toujours dans les appartements du Lord qui appréciait une coupe de vin, en silence. Elle grimaça lorsqu'elle tenta de bouger, les plaies de ses poignets lui envoyant une piqûre de rappel. Elle resta ainsi statique, supportant la gêne de cette position.
« – Ta réaction était forte intéressante, débuta-t-il en se léchant les lèvres, lapant une goutte traîtresse qui avait tenté de fuir son sort.
– Tout comme il est fascinant de voir combien vous vous complaisez dans la douleur des autres. Un complexe peut-être ? Proposa-t-elle, dans un sourire insolent.
Elle s'était certes totalement démontée devant lui, mais elle ne resterait pas silencieuse pour autant. Par Merlin, comme le pourrait-elle alors qu'il la regardait ainsi ? Elle était une chose, une possession répondant à son bon plaisir !
– J'adore cette manière de rebondir que tu as. Cette fougue qui revient au galop comme si rien ne s'était passé. Comme si tu ne t'étais pas effondré dans mes bras, impuissante. Un comportement si gryffondor, soit disant passant, fit-il remarquer, goguenard.
– Et vous pensez m'impressionner ? Etre comparée aux gryffondors ne me fait ni chaud ni froid. Je fatigue de cette rivalité stupide, alors ne vous y mettez pas vous aussi. Je pensais qu'à votre âge, on était passé au-dessus de tout ça depuis bien longtemps, appuya-t-elle bien sur le temps qui était passé pour Voldemort.
La remarque fit mouche et la contrariété apparut.
– Les bonnes habitudes ne se perdent pas aussi facilement. Mais j'imagine que cet avis se base sur ton amitié avec cette sang-de-bourbe. Comment s'appelle-t-elle déjà ? Commença-t-il tout en feintant la recherche de son nom. Evans, oui c'est bien cela. Lily Evans, je ne me trompe pas, n'est-ce pas ? Une pauvre créature espérant faire carrière dans notre monde.
– Et ? Je vous félicite. Vous vous êtes souvenu de son nom, et après ?
– Et que penses-tu qu'il puisse y avoir après ?
– Le lot habituel. Les menaces. Que pourrait-il y avoir d'autre ? Je ne suis pas idiote. Vous souvenir de son nom n'est certainement pas dans le but que je vous la présente et que vous puissiez l'inviter à dîner, fit-elle, acerbe.
– En effet, je ne projette pas de dîner en sa compagnie. Mais peut-être qu'un dîner avec certains de mes mangermorts pourrait être un assez beau spectacle. Ces hommes se dévouant à la cause ont bien besoin de se défouler de temps à autre.
Elle lui accorda un regard écœuré.
– Oui, pauvres créatures tuant des personnes sans défense. Réellement à plaindre, répondit-elle avec sarcasme.
– Ces pauvres créatures se battent pour un idéal qui te dépasse, répliqua-t-il.
– Certainement. Et j'espère qu'il continuera toujours à me dépasser. Je préfère juger les personnes par leurs actes et paroles, plutôt que par leurs origines.
– Cette noble quête t'atteindra aussi, assura-t-il sans se démonter.
A l'entente de ses mots, elle se mit à rire sans retenu. Noble quête ? L'histoire de Salazar lui revenait sans cesse et elle riait de cette situation tout à fait ridicule dans laquelle elle se trouvait. Elle parlementait avec l'unique descendant de Salazar qui, aveuglé, pensait accomplir la volonté de son ancêtre en l'affublant de noble quête.
Ce rire ne lui plut pas. Il sentait toute sa moquerie.
– Pourquoi ris-tu ?
– Car, aussi surprenant que cela puisse paraître, vous avez la qualité de l'humour.
– Précise.
– Devinez, rétorqua-t-elle avant de se prendre un Endoloris cuisant.
Elle se tendit, un grognement lui échappant. Par Merlin, elle ne pourrait jamais s'habituer à cette douleur.
– Précise, réitéra-t-il en levant son sort.
– Devinez, répéta-t-elle, après avoir difficilement reprit son souffle.
Elle serra les dents, s'attendant de nouveau à recevoir le maléfice mais rien ne vint.
– Cela tombe très bien que tu ne souhaites pas me répondre, car nous allons pouvoir jouer. Je ne sais pas ce qu'il en est de mon humour, mais je sais que je suis un très grand amateur de jeux. J'ose espérer que tu vas partager mon entrain.
Si par entrain, il voulait dire douleur, elle aurait bien aimé en effet qu'elle leur soit partagée. Cependant, elle savait pertinemment que cela ne présageait rien de bon pour elle. Il rapprocha son fauteuil d'elle, n'étant plus qu'à quelques centimètres, et s'y installa. Il leva sa baguette et lança un Wingardium Leviosa au collier qui se rapprochait dangereusement de sa main avant de se stopper. Il ne devait être qu'à quelques millimètres de sa peau. Elle en eut la chaire de poule, ressentant presque les hurlements à travers la cage.
– Voici les règles. Je te pose une question. Si tu n'y réponds pas correctement, je pense que tu sais ce qui arrivera. Si tu décides d'être raisonnable et d'y répondre, tu seras récompensée. Facile, exposa-t-il, enthousiaste.
Ce qu'il appelait être un jeu ne s'assimilait qu'à de la torture.
– Bien étrange définition de jeu, osa-t-elle ajouter.
– Commençons, entreprit-il en ignorant sa réplique. Précise tes derniers propos.
– Ne devions-nous pas procéder par des questions réponses ? Le reprit-elle avec audace.
– Au temps pour moi ma chère, tu as tout à fait raison. J'apprécie le fait que tu aies bien compris les règles, lui accorda-t-il, non sans montrer son irritation. Que voulais-tu dire lorsque tu as dis que j'ai de l'humour ?
– Cela n'est pas évident ? J'ai juste dis que vous aviez de l'humour. On ne peut pas être plus clair.
Le visage fermé du mage suffit à lui faire comprendre ce qui l'attendait, et elle donna un regard vers sa main. Le contact se fit, et elle se remit à hurler, son cri se répercutant dans tout le manoir. Il retira rapidement le collier, et lui adressa un regard autoritaire.
– Pourquoi as-tu dis que j'ai de l'humour ? Demanda-t-il une nouvelle fois.
Elle était essoufflée. Sa gorge était en feu mais elle ne répondit pas, bravant la peur de souffrir. Ce silence se résolut par une nouvelle vague de douleur. Il fit durer la torture plus longtemps, la regardant se débattre. Il fit cesser et réitéra sa question, sans appel.
– Ne vous êtes-vous jamais demandé ce que représentait l'écu de Serpentard ? Pourquoi ce serpent ? Répondit-elle enfin.
Il parut étonné, pris au dépourvu. Où voulait-elle en venir ?
– Je suppose que c'était en lien avec sa forme Animagus.
– Beaucoup le pensent mais très peu savent qu'il est en fait, une preuve d'amour.
Ce mot répugna le Seigneur des Ténèbres.
– Précise.
– Un amour passant au-dessus de tous préjugés, et qu'il avait pour son femme qui était une cracmol.
La nouvelle fut dure à avaler. Il voulait rester sourd à ces paroles mais la curiosité en lui bouillait.
– Jamais il n'aurait porté son attention sur une vermine pareille !
– Et c'était pourtant le cas. Le collier qu'il lui a offert permettait à sa femme de se transformer sans la moindre utilisation de magie. Il lui offrait sa magie en cadeau et ils partageaient des moments uniques sous leur forme de serpent. Cet écu est la représentation de leur amour. Un amour tolérant. C'est en ça que je trouve que vous avez de l'humour lorsque vous dîtes noble quête en désignant l'extermination de ceux que vous estimez inférieurs à vous, argumenta-t-elle.
Il devint livide. Il n'avais jamais entendu parler de ceci ! Et l'idée que son ancêtre soit dévoué à un être anormal, le rendait malade. Malade de honte et de rage. Il apposa le collier contre la peau de Hermione qui hurla de nouveau et le laissa longtemps, bien trop longtemps car elle finit par perdre de nouveau connaissance.
Les jours suivant furent similaires. Elle était nourri et soignée par un elfe de maison pour mieux se faire torturer le lendemain. Elle ne revenait dans son cachot que la nuit tombée pour en ressortir à l'aurore. Tout ce qu'elle trouvait de Aris, était un corps endormi, lui tournant le dos. Elle ne chercha pas à lui parler, bien trop épuisée elle-même.
Elle subissait encore et toujours ce jeu interminable. Elle n'avait de cesse de répondre de travers ou de garder le silence mais aujourd'hui, l'épuisement gagnait du terrain et avait raison d'elle. Sa volonté s'amenuisait peu à peu. Et elle ne réussissait jamais à retenir ses hurlements.
« – De qui était enceinte Yelena Tolstoï ?
Elle ne répondit pas et hurla de nouveau. Elle sentait qu'elle effleurait un point de non retour. La folie la guettait, et cette pensée la terrorisa.
– De qui était enceinte Yelena Tolstoï ?
Un silence accueillit de nouveau sa question, et alors qu'il allait abattre la sentence, un murmure faible lui répondit. Ses sourcils se haussèrent, et il pencha la tête, intéressé. Venait-elle de répondre ?
– Plaît-il ?
– Al...Albus...Dumbledore, réussit-elle à livrer, dépitée.
Et alors un rire s'éleva. Il était ravi. Par Salazar, il décrochait des réponses des plus alléchantes.
– Serais-tu en train de me dire que tu n'es non pas la descendante de Gellert Grindelwald mais celle de Albus Dumbledore ?
Elle n'eut pas la force de répondre, et lui accorda un regard mordant de reproche alors qu'il s'égosillait à rire.
– Je te savais pleine de surprise, mais jamais ô grand jamais, je n'aurai pu pensé que tu étais un véritable cadeau tombé du ciel. La descendante de ce vieillard sénile ! Je ne pouvais pas rêver mieux, déclara-t-il tout en lui caressant son visage. Réellement fascinante.
Et sans attendre, il déposa ses lèvres sur les siennes, sa langue léchant ses lèvres asséchées par ses cris. Il poussa un grognement lorsque son bassin rencontra le sien et qu'elle sentit son membre éveillé, frotter contre elle. Il se retira cependant, et lui attribua un regard satisfait.
– Ta récompense, l'informa-t-il fièrement.
La honte l'accablait. Elle se sentait si faible de lui avoir répondu.
– Oh non non, très chère, séchez vos larmes. Cela ne fait que commencer, annonça-t-il avec tendresse, en usant de ce vouvoiement hypocrite. »
Jamais Hermione n'avait ressenti l'envie de mourir, de tout lâcher et se laisser partir. Mais aujourd'hui, elle en sentait les prémices. Et cette douce folie, l'enveloppait autant que ce regard carmin la dévorait.
