Chapitre 23
Appelez-moi Lucius
Extrait précédent chapitre :
Et sans attendre, il déposa ses lèvres sur les siennes, sa langue léchant ses lèvres asséchées par ses cris. Il poussa un grognement lorsque son bassin rencontra le sien et qu'elle sentit son membre éveillé, frotter contre elle. Il se retira cependant, et lui attribua un regard satisfait.
– Ta récompense, l'informa-t-il fièrement.
La honte l'accablait. Elle se sentait si faible de lui avoir répondu.
– Oh non non, très chère, séchez vos larmes. Cela ne fait que commencer, annonça-t-il avec tendresse, en usant de ce vouvoiement hypocrite. »
Jamais Hermione n'avait ressenti l'envie de mourir, de tout lâcher et se laisser partir. Mais aujourd'hui, elle en sentait les prémices. Et cette douce folie, l'enveloppait autant que ce regard carmin la dévorait.
Réponses reviews :
(Aurélie Malfoy) : Merci. Lucius et Severus sont bien plus présents dans ce chapitre. J'espère que cela te plaira =)
(Nanalou) : En effet. La page blanche n'est pas le soucis. C'est surtout le temps qui me manque. Je fais au mieux mais un chapitre toutes les semaines...assez irréalisable :/ Tout à fait ! Je souhaite ramener cette humanité qu'on peut avoir oublié avec cette force qui est la sienne. Elle reste une adolescente ayant tout abandonné, et faisant face à Voldemort ainsi que Grindelwald. Elle ne pouvait pas rester définitivement de marbre.
AHAH ! Oui, la notion de coeur pour Voldemort est assez étrange. Et c'est d'ailleurs ce qui désarçonne Hermione. L'idée d'associer un organe propre à l'Homme à ce monstre, lui était insupportable. J'espère que la réaction de Lucius ne te décevra pas et pardon pour ce temps de publication très espacé :/ Merci pour tes reviews ! Bonne lecture =)
(Khaleerys) : Merci, ça me fait très plaisir ! Que ton entrain reste avec les prochains chapitres ! :D
Jamais il ne se serait imaginé dire ceci mais, les moldus avaient réussi à le surprendre, voire même l'intriguer. Comment décrire ce curieux objet ? C'était comparable à une boite en métal, crachant de la lumière blanche, d'où des personnes miniatures s'animaient. Il ne saurait se l'expliquer mais...hormis par la magie, comment pouvaient-ils donner vie à ces représentations humaines ?
Non, sincèrement, il ne comprenait pas comment ils avaient fait. Et Severus avait rapidement intercepté toutes ces questions qui traversaient son esprit. Il n'avait pourtant fait qu'étirer un sourire narquois avant de le laisser se noyer dans l'interrogation la plus totale.
Par Salazar, venait-il de se moquer de lui ? Blessé dans son égo, il afficha un air pincé alors qu'une jeune fille ne devant pas avoir plus de 10 ans, braquait son regard sur ce curieux objet, réagissant à ces aberrations que la boite débitait.
« – Est-ce la première fois que vous voyez une télé, Lucius ? s'enquit à demander Henriette qui prenait une énième gorgée de thé au lotus.
– Oui, avoua-t-il, en se retenant de froncer les sourcils au léger sourire qui envahit les lèvres de la Lady.
– Les moldus sont réellement des êtres fascinants. Toute cette ingéniosité dont ils font preuve. Je me demande bien parfois, pourquoi les sorciers restent autant en retrait de toute cette technologie, fit-elle remarquer.
– Pourquoi aurions-nous besoin de leur technologie ? Nous avons la magie. C'est bien plus impressionnant que toutes ces choses ridicules qu'ils inventent pour rendre leur vie meilleure, répliqua Lucius, outré par le fait qu'elle puisse suggérer que les sorciers aient besoin de se servir d'inventions moldus.
Mais au lieu de se braquer, la Lady se mit à rire, charmée par son air retord. Elle avait eu vent des idées fermées de la famille de ce jeune homme et ne pouvait s'empêcher de ressentir l'envie de le taquiner. Voire, lui ouvrir les yeux. Elle savait que les familles aussi ouvertes que la sienne dans l'aristocratie se faisaient rares et en cela, elle parlait bien autant du côté moldu que sorcier. Car si les sorciers se distinguaient par le sang, les moldus savaient tout autant imposer des barrières et cela par le rang social. De nombreuses familles au sang bleu ne pouvaient imaginer de s'associer avec des prolétaires et pourtant, elle avait eu la chance d'être adoptée par une famille curieuse, et ouverte au monde, à l'humain.
C'était cette ouverture d'esprit la choyant et la faisant grandir qui l'avait rendu telle qu'elle était aujourd'hui. Elle se rendait bien compte qu'elle aurait très bien pu se faire adopter par une famille fermée telle que les Malfoy et par ça, elle ressentait de la compassion pour le jeune homme. Il était ce que sa famille avait fait de lui. Et pourtant, aussi dures et cruelles que pouvaient être certaines éducations, elle ne pouvaient pas totalement supprimer la personnalité de l'enfant. Elle avait très bien vu l'intérêt qu'il avait éprouvé pour la télévision, sursautant à certaines interventions d'animateurs et retenant un rire à leurs cascades.
Tous ces petits indices révélateurs qui ne lui avaient pas échappé et qui l'avaient ému. Elle se sentait presque dans le besoin de le protéger de son destin. Elle reprit un sourire doux envers le blond qui ne savait apparemment pas si il devait se sentir insulté ou non.
– Pourriez-vous me dire ma Lady, ce que nous attendons ?
– Mon père, répondit-elle simplement.
Il fit rapidement le calcul et comprit ainsi qu'ils n'attendaient personne d'autre que ce vieux citronné. Il en aurait soupiré. Par Merlin, comment s'était-il retrouvé dans tout ça ?
Flash back :
L'esprit en totale ébullition, il n'avait qu'une seule idée en tête : foncer la délivrer. Il savait qu'il n'avait pas totalement toute sa raison mais rien ne pourrait le retenir. Et pourtant, il ne s'était peut-être jamais senti aussi assuré. Sûr de ce en quoi il faisait…
Severus à ses côtés, ils traversaient les couloirs afin de rejoindre la porte d'entrée. Ils ne pouvaient pas se permettre de s'éterniser ici.
Mais alors qu'ils voyaient leur objectif droit devant, Henriette apparut devant celle-ci, le regard noir de reproche. Ils en furent figés. Les mains posées sur ses hanches, elle s'avança vers eux.
« – J'espère pour vous que vous ne comptez pas sérieusement sortir dans cet état, les accusa-t-elle farouchement.
Lucius se sentit à ce moment là écrasé par ce regard lourd de reproche. Il se sentait tel un enfant pris la main dans le sac de bonbons. Il ne s'était pas senti ainsi depuis son enfance où son père l'avait surpris, jouant avec un elfe de maison. Son cœur s'était gonflé de peur en voyant son expression de dégoût déstructurer ses traits. Il avait battu l'elfe de maison, l'obligent à regarder tout en lui criant que ces êtres insignifiant ne méritaient pas mieux que de recevoir des coups. Suite à cela, il s'était mis à les regarder tels les êtres inférieurs que son père lui décrivait, méprisant leurs gros yeux globuleux, leur air affligeant, leurs servitude dégoulinante.
Et il ne supportait pas ce sentiment alarmant.
– Vous n'avez pas à vous préoccuper de mon état de santé, trancha-t-il en tentant de l'éviter.
Mais c'était mal la connaître, car elle lui attrapa le bras et matérialisa en un instant des menottes qu'elle passa au poignet de Lucius ainsi qu'au sien.
– Qu'avez-vous fait ?! s'écria-t-il, les yeux exorbités.
– Si vous comptez partir quelque part, vous devrez m'emmener avec vous, Monsieur Malfoy.
Ahuri. Il était totalement ahuri. Au point où il n'avait même pas fait attention au fait qu'elle l'avait appelé par son nom alors qu'il portait toujours ses glamours. Cette femme était aussi extravagante qu'on lui avait dit. Par réflexe, il tira sur les menottes, tentant de s'y extraire mais rien à faire. Lorsqu'il voulut les briser par sa baguette, il ne fit face qu'au sourire de Henriette.
– Vous pouvez essayer tant que vous voulez, mais elles ne céderont pas. Je peux vous l'assurer, le mit-elle au défi.
Severus restait en retrait. Il ne souhaitait pas s'attirer les foudres de la Lady qui étaient des plus effrayantes.
– Je n'ai pas de temps à perdre avec vous, ma Lady. Retirez cette chose, la somma-t-il impérieusement.
Le brun sentit le danger approcher, comprenant que les paroles de son ami avait réveillé le démon. Le sourire figé de la Lady confirmait ses craintes. D'une poigne ferme, elle attrapa l'oreille du blond et se mit à le traîner à travers le manoir. Le sang pur n'avait pas évité, n'ayant pas pensé une seule seconde qu'elle puisse faire ceci. Et maintenant, il se retrouvait l'oreille douloureuse, vert de rage.
Il tentait pourtant de retirer sa main mais rien à faire. Était-ce réellement la poigne d'une femme ? Impuissant, il se retrouva jusqu'à un petit salon où une petite fille s'occupait au moyen d'une boîte lumineuse et bruyante. Avant qu'il ne puisse dire la moindre chose, Henriette les enveloppa dans une boule de Silencio, garantissant la tranquillité de sa petite fille. Elle dématérialisa les menottes et fit asseoir le blond sur une chaise, se faisant servir dans la minute une tasse de thé. Severus avait fait de même, partageant avec la maîtresse de maison, un sourire bienveillant.
Se connaissaient-ils ?!
C'était le monde à l'envers. Il ne comprenait pas du tout ce qui se passait. Il avait été maîtrisé sans grande difficulté par une femme…
– Pourriez-vous m'expliquer la raison de tout ceci ? Demanda-t-il.
– Je sais parfaitement ce que vous comptez faire monsieur Malfoy et je ne suis pas prête à risquer la vie de Yulia, sous prétexte que vous souhaitez immédiatement vous retrouver dans la gueule du loup.
– Comment savez-vous… ? Réalisant enfin qu'elle l'appelait par son véritable nom.
– Lorsque vous avez été emmené ici, nous devions savoir si aviez des antécédents médicaux afin de vous soigner. Severus m'a dévoilé votre identité et nous avons ainsi pu accéder à votre dossier médical.
Le regard brûlant de ressentiment s'abattit sur le maître des potions qui ne prit même pas le temps de le prendre en considération, appréciant son thé fumant.
– Et donc, que comptez-vous faire ? Reprit-il tout en tournant de nouveau son attention sur Henriette.
Elle posa sa tasse délicatement, reposant ses coudes sur la table et joignit ses mains, celles-ci cachant une partie du visage de la Lady, dont les yeux brûlaient d'une détermination sans faille.
– Je vais vous aider à libérer Yulia, répondit-elle franchement.
– Vous ne pourrez pas nous aider, Lady.
– Croyez-moi quand je vous dis que je ferais tout pour la libérer, renchérit-elle dans une mine sombre avant que ses yeux ne se posent sur sa petite fille qui ne leur avait toujours pas accordé un regard.
Son visage s'adoucit soudainement, reprenant son air angélique. La bulle éclata, laissant les sons de la télévision les atteindre de nouveau.
– Malia, ma chérie, nous avons des invités. Qu'est-ce que nous devons faire dans ce cas là ?
La fillette se tourna et sauta du canapé, s'approchant d'eux dans un sourire joviale.
– Bonjour, je suis enchantée de vous rencontrer. Je m'appelle Malia Jean, finit-elle par une légère révérence gracieuse sous le regard fier de sa grand-mère qui ne s'empêcha pas de lui attaquer les joues de baisers.
Lucius en resta incrédule. Ce nom… cette boîte étrange. Par Merlin...c'était une Moldu ! Son visage se fit plus dur. Les sang de bourbe avaient le don de le rendre malade mais eux, au moins, avaient la grâce de la magie, mais un simple moldu. La plus insignifiante créature que la Terre ait porté. Le regard incendier que lui dédia la Dumbledore le dérida légèrement avant de répondre de mauvaise grâce.
– Enchanté mademoiselle, réussit-il à répondre.
– Je m'appelle Severus Rogue, ajouta le brun dans un sourire poli qui surprit son ami.
S'était-il blessé ? Il voyait rarement une telle expression sur le visage de son camarade , alors faite à l'attention de cette moldu… Oui, il n'y avait pas d'autres explications. La petite fille lui fit de nouveau un sourire, et donna un regard silencieux à sa grand-mère qui soupira, comprenant ce que cela signifiait.
– Oui, tu peux retourner à tes activités ma chérie.
Plus rayonnante que jamais, elle reprit sa place dans le canapé qu'elle avait quitté plus tôt et changea de chaîne, tombant sur des dessins animés.
– C'est ma deuxième petite fille, précisa-t-elle aux garçons avant de laisser une pause. Vous n'avez pas beaucoup de considération pour elle, n'est-ce pas Monsieur Malfoy ? reprit-elle.
La question sembla le prendre de court. Devait-il être honnête au risque de la froisser ?
– Je n'éprouve pas beaucoup de considération envers les moldus, choisit-il de dire avec précaution.
– Vraiment ? Vous avez tort. Ils sont pourtant pleins de surprises. Severus, souhaitez-vous un peu plus de thé ?
– Non Henriette, rassurez-vous. Je vous ferais savoir lorsque ma tasse sera vide.
L'échange parut totalement irréaliste pour le blond. Ils s'appelaient déjà par leurs prénoms ?! Pourquoi se sentait-il comme à part de cette ambiance détendu ? Il ne se l'avouerait pas mais il se sentait comme exclu.
– Appelez-moi Lucius, proposa-t-il d'une voix basse.
La Lady souleva un sourcil, surprise.
– Très bien, si vous faîtes de même avec moi. Plus de Lady qui tienne, Lucius. Appelez-moi Henriette.
Fin flash back
Suite à cela, son attention avait été accaparé par ce qu'ils appelaient une télévision. Curieusement, il sentit une entêtante odeur de lys dans la pièce. Ce n'était pas désagréable, loin de là mais ce curieux parfum le rendait perplexe.
Il entendit la porte s'ouvrir et sa respiration se bloqua. Par Merlin, allait-il le supporter ? Il se leva, copiant l'attitude des autres personnes dans le salon et fit face à Albus Dumbledore. C'était un homme grand, au teint ensoleillé, le regard bleu aussi pétillant et claire que l'eau de rivière. On devinait aisément une beauté dans sa jeunesse qui s'assimilait aujourd'hui au charisme et au charme de l'âge par ses cheveux grisonnant. Il portait ses éternelles lunettes en demi lune qu'il baissait parfois pour mieux observer la personne lui faisant face. Mais aujourd'hui, il n'avait rien de l'homme gâteux qui le rebutait. Il n'avait pu s'empêcher de frissonner en rencontrant son regard meurtrier. Non, ce n'était plus le directeur qu'il avait en face de lui mais bien le grand sorcier Albus Dumbledore.
Il sentait l'air lui manquer.
Sa présence avait-elle toujours été aussi lourde ?
Le sorcier prit place juste en face de lui, ne le lâchant pas du regard.
« – Bonjour monsieur Malfoy. Vous êtes conscient dans quelle situation nous nous trouvons, alors j'ose espérer que nous pourrons mettre nos différents de côtés et être le plus honnête l'un envers l'autre, imposa-t-il sous une forme polie de proposition.
Mais Lucius comprenait parfaitement que ce n'était pas une demande. Loin de là. Il n'avait pas le choix. Sa bouche était sèche, la gorge le démangeant désagréablement.
– Oui, professeur, accepta-t-il.
– Très bien. Nous connaissons notre objectif en commun. Nous voulons tous délivrer Miss Tolstoï et vous êtes sûrement la seule personne capable de la trouver. Votre père ne tardera pas à vous faire appeler auprès du Seigneur des Ténèbres.
– Comment pouvez-vous en être si sûr ?
– Je sais qu'il ressentira le besoin de vous exhiber son nouveau jouet.
Lucius blêmit. Albus était totalement conscient de son statut d'aspirant mangemort, et en parlait avec un naturel déconcertant. Il ne s'en importait pas, et ne voyait qu'une seule chose: qu'il était un lien entre Voldemort et Yulia.
– Et c'est sa vanité qui nous ouvrira les portes de son repaire, ajouta le vieil homme.
Il n'en rajouta pas plus, buvant dans la tasse qui venait de lui être servie. C'était une blague ? Allaient-ils rester ainsi, profitant du thé ?! La colère monta et il frappa sur la table, oubliant son effroi précédente.
– Et que comptez-vous faire ? Ce n'est pas en buvant votre thé avec manière qu'on pourra la libérer ! Ne me dites pas que c'est tout ce que vous comptez faire ! l'incendia l'adolescent.
– Croyez bien monsieur Malfoy, que la réussite de cette mission m'est plus précieuse qu'à vous. Mais se précipiter nous ôtera toute chance.
Et il remarqua enfin, la main tremblante du directeur. C'était subtile mais bien présent. Il perdait constance, n'arrivant pas à réfléchir. Sa petite fille était aux mains de ce monstre. Il ne pouvait plus raisonner. Il semblait dévasté par son enlèvement…Cela le refroidit, reprenant place sur son siège. Même Dumbledore était dépassé par cette situation… Et pourtant, il avait tellement espéré que ce vieux fou lui apporterait une solution viable.
Soudain, des coups frappèrent sur la porte.
– Rassurez-vous, j'ai les choses en main, informa Henriette alors qu'elle sortit sa baguette afin de créer une bulle autour de Severus et Lucius, les rendant invisibles aux yeux du nouvel invité qui entrait. Prenez place Lord Black, l'invita-t-elle en désignant le fauteuil à côté d'elle qui était vide.
Il s'y installa tout en évitant soigneusement le regard de Albus. En tout cas, autant que les règles de bienséances le lui permettaient. Lorsqu'il fut face au grand mage, il ne put y échapper, et lui accorda des salutations courtoises.
– Albus, le salua-t-il.
– Orion, retourna-t-il d'un visage ferme.
– J'ai été grandement surpris par votre invitation, ma Lady, initia-t-il à l'intention de Henriette, d'un ton charmant.
– En effet. Mon invitation est quelque peu inattendue. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.
– Bien-sûr que non. C'est toujours un plaisir de vous voir.
– Le plaisir est partagé, répondit-elle d'un air angélique.
Lucius observait cet échange avec appréhension. Mais à quoi jouait-elle ? Il vit son expression changer, le froid envahissant son regard. Son aura oppressante lui coupa le souffle. Orion le ressentit aussitôt et se tendit.
Qu'allait-elle lui demander ?
Il savait bien que cette invitation n'avait rien de cordiale et risquait de se finir mal. Mais il était dévoré par l'ennui, et cherchait à s'échapper comme il pouvait de ce sentiment de culpabilité qui le broyait. Il avait appris la capture de la jeune Tolstoï et voyait son fils, rongé par l'angoisse. Mais surtout, il constatait le regard de son fils qui avait changé. Il n'y résidait plus cette même innocence. Il n'était plus si désinvolte par rapport à cette guerre qui s'annonçait. Il s'était toujours senti à part à celle-ci, s'occupant de sa scolarité et rejetant le maître. Aujourd'hui pourtant, le regard de son fils n'était plus le même. Il était foncé par la peur. Mais aussi, par la réalité qui le frappait de plein fouet. Des morts s'étaient accumulés à ses pieds et il avait réchappé à ce même destin seulement parce qu'il avait eu la chance de se trouver près de la Lady Dumbledore qui l'avait protégé.
Il ne supportait plus de voir son fils ainsi, et lorsqu'il avait reçu l'invitation, il avait ressenti ce picotement, ce frisson. Accepter cette invitation était un premier pas vers la trahison. Et il le savait. Aurait-il le courage de se détourner du Seigneur ? Le souvenir de cette soirée avec le maître et ses fils, lui avait suffit à adresser une réponse positive à cette invitation. Il sentait que si il devait faire quelque chose en tant que père un jour, cela serait de saisir cette opportunité qui se présentait à lui.
Saisir la main tendue par la Lady.
Pourtant, il se sentait plus en tant que proie d'une prédatrice prête à se jeter sur sa gorge, plutôt que sujet à une proposition d'alliance. Il garda son calme et ne se braqua pas.
– Je souhaiterai que vous me présentiez un de vos amis, Lord Black.
On y était.
– J'ai de nombreux amis ma Lady. Peut-être pourriez-vous préciser.
– Bien-sûr. Il vous sera sûrement plus aisé de le reconnaître en tant que maître.
Un nouveau frisson. Elle ne passait pas par quatre chemins.
– Un maître dites-vous ?
– Orion, ne jou…, mais Albus fut coupé par Henriette.
– Jouons cartes sur table, voulez-vous ? J'ai subi l'affront de me faire attaquer lors de la réception que j'organisais depuis des semaines, et qui sont connus pour être d'une neutralité totale. Je ne fais aucune distinction entre les sang-purs ou les moldus et les invités en sont totalement conscients. Aucune attaque n'est permise en ce lieu d'échanges et convivialités. Et pourtant, cette personne a osé briser cette stabilité, en enlevant et tuant mes invités. Vous comprendrez que je ne peux pas rester silencieuse face à cet acte scandaleux, et souhaite donc rencontrer celui que vous appelez sans honte votre maître. J'ose espérer que cette tuerie est due à une erreur qui ne se reproduira pas. Pour cette raison, je souhaite le rencontrer afin de m'en assurer.
Le sourire assuré de Orion se fana et laissa une expression fermée.
– Le rencontrer n'est pas chose aisée, Lady.
– Et pourtant, je suis sûre que vous saurez m'y aider.
– Comment pouvez-vous en être si sûre ? Je n'ai moi-même pas autant de confiance à mon encontre, se livra-t-il soudainement, surprenant Albus qui voyait sa carapace se briser.
– Je suis aussi confiante car j'ai quelque chose en quoi croire. Ce regard empli de terreur à l'entente de l'attaque alors que votre fils y était présent, est une preuve suffisante pour moi. Une preuve que vous n'approuvez pas tous ses actes. Mais surtout, que vous ressentez une haine sans nom pour la perte d'étincelles dans les yeux de Sirius, n'est-ce pas ?
Orion sentait son cœur prêt à sortir de sa poitrine. Comment avait-elle pu remarquer cela ? Lui-même en doutait encore, tentant de s'accrocher au peu de courage l'habitant. Et pourtant, elle posait sa confiance sur ce simple regard, sur cette simple supposition…Il sentait l'envie irrépressible de se confier à elle. De s'ouvrir. Pourquoi ? Il ne pouvait pas se l'expliquer.
– J'aime tellement cette innocence qui l'habite. Cette joie de vivre qui lui est propre. Cependant, depuis le bal, il n'a pas souri une seule fois. Je l'ai entendu pleurer...Mon fils a pleuré ! Par Merlin, comment pourrais-je le supporter ? Il a vu des gens mourir ! Il n'aurait jamais dû voir tout ça ! Explosa le Lord.
– C'est insupportable pour tout parent de voir ses enfants faire face à la mort. Mais certains vous dirons que c'est un passage nécessaire. D'autres, comme moi, pensent que ce ne sont pas à nos enfants de porter nos péchés. Cette guerre qui se prépare, et qui ronge notre société, n'est pas du fait de nos enfants. Rien ne justifie de les faire grandir plus vite qu'il ne le faut. Si il existe un moyen de préserver nos enfants de ces horreurs, il est de notre devoir de le saisir, déclara-t-elle tout en donnant un regard à sa petite fille avec tendresse.
– Comment le pourrions-nous… ? J'ai réuni tout mon courage rien que pour venir chez vous sans le prévenir au préalable. Je ne peux imaginer le défier…, avoua-t-il avec honte, baissant la tête, accablé.
– Il n'est pas aisé de faire face à de tels hommes seul. Mais ensemble, la peur est divisée, la force multipliée. Je ne ploierais pas devant quiconque m'imposant ses idées. Nous sommes doués d'intelligence et de libre pensées. C'est ce qui rend notre monde si beau et animé. Toutes ces différences de cultures, d'idées, de vie, font de notre planète, un lieu fantastique.
Orion avait relevé la tête et ne décrochait plus son regard de celui de Henriette. Il buvait ses paroles. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, il était d'accord avec elle.
– Sachez ceci mon ami. Vous n'êtes pas seul, déclara-t-elle tout en posant sa main sur la sienne avec douceur.
Elle ne souhaitait pas le braquer, mais uniquement lui communiquer ses bonnes intentions. Il baissa de nouveau la tête. Ses pensées étaient chamboulées.
– Vous avez sauvé mon fils ce jour là, fit-il remarquer.
– En effet. Et je le ferai encore si l'occasion se présentait, répondit-elle sans la moindre hésitation.
– Vous souhaitez délivrer Miss Tolstoï, n'est-ce pas ?
– Oui. C'est une jeune fille qui m'est précieuse, avoua-t-elle.
Lui mentir ne servirait à rien. Il semblait bien plus ouvert que ce qu'elle avait prévu. Orion se remémora toutes ces fois où son fils lui parlait d'elle. Ces lettres où il racontait ses journées gravitant autour de cette Serpentard qui avait l'art et la manière de l'envoyer paître. Une femme qu'il respectait, malgré sa maison, et qu'il affectionnait comme une amie. Et il pensa enfin à ce même fils, brisé, dans sa chambre.
– C'est une amie de mon fils.
– C'est ce que j'ai cru comprendre.
Un silence s'installa. Il semblait peser le pour et le contre.
– Vous savez que je ne pourrai pas le trahir. Les répercutions seraient trop lourdes.
– Je ne vous demanderai jamais cela Lord Black. Je souhaite juste que vous lui transmettiez ma requête. J'aimerais le rencontrer. Je lui laisse le choix du lieu de rencontre.
– Vous...Vous n'avez pas peur de le rencontrer ?
Jamais il n'aurait osé le demander et ainsi avouer sa propre peur pour cet homme.
– Bien-sûr qu'il est naturel de ressentir de la crainte pour lui. Mais je n'ai pas peur. Je sais que je ne suis pas seule, répliqua-t-elle tout en regardant avec amour son père qui en fit autant.
– Très bien. Je transmettrai votre demande au Seigneur des Ténèbres. Je ne vous garantie cependant pas une réponse positive…
– Je vous fais confiance. Vous êtes un fin négociateur à ce qu'on m'a dit, le complimenta-t-elle.
– Je ne saurais vous égaler, ajouta-t-il tout en baisant sa main, prenant congé. »
Il accorda un mouvement de tête respectueux pour le directeur, et sortit du salon, le cœur gonflé.
Il allait de nouveau faire face à son maître.
Lucius de son côté était statique. Il n'aurait jamais imaginé le célèbre Lord, enjoué et si libre, se livrant à la Lady. Il était terrifié en parlant de Voldemort… Et il réalisait ainsi cette affreuse vérité. La plupart des mangemorts ne l'étaient pas par conviction, mais uniquement par instinct de survie. Ils avaient bien trop peur des conséquences d'un refus pour penser à le faire. Ils savaient ce que cela signifiait. Se faire de Voldemort un ennemi était de loin la plus effrayante des idées. Et pourtant, lui-même l'avait prise.
Même si pour cela, il devait s'associer à ces amoureux des moldus.
La bulle de discrétion éclata, et les deux Serpentards furent de nouveau visibles, ainsi que leur tasse de thé. Henriette se leva avec prestance et se stoppa, leur donnant un regard.
« – Je vais maintenant vous dire ce que nous allons faire. La rencontre avec Voldemort se fera dans son manoir. Ce jour-là, nous sauverons Yulia. Lucius, vous serez certainement convoqué avant moi. En attendant, je vais devoir contacter un ami pour récupérer nos armes.
– Nos armes, répéta le blond, intrigué.
– Pensez-vous, Lucius, que nous allons nous contenter de nos baguettes face au Seigneur des Ténèbres, qui est de loin, un meilleur utilisateur que nous, hormis mon père ?
Cela lui semblait pourtant évident. Que pourraient-ils utiliser d'autre… ?
– Je ne vois pas quelle autre solution nous aurions.
– Vous le saurez très bientôt mon cher, répondit-il dans un sourire énigmatique. Vous devriez être en état pour rentrer chez vous. Je vous conseille cependant de suivre le traitement que la médico-mage vous a laissé. Le glamour devrait suffire à le cacher à votre père. Celui-ci pense que vous étiez en week-end en France avec Severus. Il n'y aura aucune retombée à votre escapade, l'informa-t-elle
– Je vous remercie, répliqua le blond avant de partir, un mouvement de tête envers son directeur, et son ami qui le suivit.
Une fois dans le couloir, Lucius paraissait songeur.
– Tu ne trouves pas cela étrange que le Lord Black se soit aussi facilement livré à la Lady ?
Severus ricana discrètement.
– C'est normal.
– Vraiment ? Réagit le sang-pur, un sourcil relevé.
– Tu as dû sentir cette odeur de lys présente dans la pièce, n'est-ce-pas ?
– Oui. Mais quel est le rapport ?
– Cela signifie qu'elle a utilisé une poudre de confiance. C'est une poudre utilisée afin de faire avouer ce que tu ressens. Ce n'est pas aussi efficace qu'un Véritaserum, mais c'est bien plus subtile et agréable. Disons que les personnes se sentent en confiance et ressentent le besoin de se livrer comme jamais. Les mots sortiront tout seul. Même si ils en seront surpris, ils ne se stopperont pas pour autant. C'est un très vieux procédé, méconnu de nos jours. Mais surtout dur à se procurer car cela fait à partir d'un lys rare : le lys martagon.
– Et tu ne m'as rien dit ?
– Je sais que les intentions de la Lady ne sont pas mauvaises. Elles ne vont pas à l'encontre de nos ambitions. Il ne faut pas s'en faire une ennemie. Surtout si tu prévois réellement de te détourner du Seigneur des Ténèbres, lui conseilla-t-il.
– Connaître le fond de ma pensée sur les moldus ne m'aidera pas à l'avoir en tant qu'alliée, contre-attaqua-t-il.
– Au contraire. Elle préfère de loin que tu sois honnête et que tu assumes tes idées. Elle aime débattre et discuter de tout cela.
Le blond se stoppa brutalement et fit face à Severus, le visage colérique.
– Pourquoi ai-je la désagréable impression que tu la connais plus que de raison ?
– Car je la connais depuis un moment, affirma-t-il.
Lucius ne s'était pas attendu à une réponse si franche.
– Pourquoi ne m'en as-tu pas informé ?
– Car tu m'informes de toutes les personnes que ton père te fait rencontrer depuis que tu es né ? C'est une amie de ma mère. Elle passe depuis quelques années à la maison, raconta-t-il.
– On parle tout de même de la Lady Dumbledore ! Tu aurais au moins pu m'en parler.
– Elle n'était pas la Lady Dumbledore lorsque je l'ai connu. Je ne savais pas qu'il était important de t'en faire part, argumenta le brun, détaché. »
Le blond ne répondit rien. Lui-même n'en aurait certainement pas parlé. Mais il ne pouvait s'empêcher de ressentir un sentiment désagréable. Comme si son ami lui cachait bien plus encore...
Elle comptait les gouttes s'écrasant sur le sol humide. Elle les regardait se détacher de la masse aqueuse, pour tomber dans une unique goutte, qui s'éclatait au contact de la pierre. Un manège qu'elle faisait avec ennui mais surtout, détachement. Comme si elle n'était plus réellement connectée à ce monde. Son esprit divaguait. Ses absences se multipliaient et dans ses moments de conscience, elle se comparait avec humour avec Luna Lovegood. Cette pensée lui donnait toujours un petit sourire résigné.
La porte de sa cage s'ouvrit, et pourtant, elle ne regarda même pas le mangemort qui la traîna. Elle se laissait faire et préférait économiser ses forces pour la confrontation avec le maître des lieux. Elle n'avait plus cédé depuis qu'il avait appris son affiliation avec Albus. Elle ne laissait plus une information croustillante lui échapper. Et elle voyait bien qu'il commençait à perdre patience.
Elle n'avait plus la notion du temps, et ne savait pas depuis combien de temps elle se trouvait dans cette prison. Une semaine ? Peut-être un mois. Elle ne pourrait pas le dire. Les jours se ressemblaient douloureusement. Les heures lui semblaient des semaines.
Elle ne fut pas jetée au sol, Voldemort ne supportant pas qu'un autre que lui l'abîme. Elle sentait déjà l'odeur de sa salle de torture. L'humidité qui y persistait la fatiguait. Depuis combien de temps n'avait-elle pas pu apprécier la chaleur d'un bon feu, d'un bon bain ? Elle plongea dans un de ses souvenirs. Elle se souvenait de ces longues soirées qu'elle avait passé au coin du feu, avec Harry et Ron. Ses deux meilleurs amis. Ses précieux amis. Et ainsi, elle était une nouvelle fois déconnectée de la réalité. C'était un échappatoire que son esprit lui imposait afin de fuir les horreurs de sa vie.
Pourtant, elle fut réveillée par une vive douleur. Elle se sentait brûler. Elle se débattit, tentant de fuir la douleur insupportable. Elle brûlait vive ! Cependant, elle réalisa vite que ce n'était pas directement son corps qui brûlait mais bien le collier contenant l'âme de Zénia. Le bout de son doigt était toujours en contact avec celui-ci. Elle croisa le regard dément de son tortionnaire avant qu'il l'éloigne enfin de la prison dorée. Sa respiration se faisait difficile. Jamais, non plus jamais elle ne voulait vivre ceci. Elle avait ressentit la douleur de Zénia, l'avait vécu avec elle.
« – C'est une bien intéressante découverte que j'ai fait hier soir. Il existe encore bien d'autres façons de faire souffrir cette âme, déclara Voldemort tout en caressant le métal dorée.
Elle ne répondit rien. Il retirait bien trop de plaisir à ces altercations. Elle avait choisi de ne plus y répondre. Cela le rendait fou. Elle ne faisait que le défier de son regard tranchant. Mais il n'avait plus droit à ces joutes verbales qui l'emballaient tant. Même dans la douleur, elle avait continué pendant un moment à le défier. Et il aimait tant cet esprit vif, cette langue acérée.
Il ne supportait plus ce silence. Alors, il s'était résolu à la faire souffrir encore plus. Mais il s'ennuyait à présent de ses cris. Il devait passer à autre chose.
Son sourire s'étira.
Il s'assit sur son fauteuil et la dévisagea. Elle était au sol, les cheveux décoiffés, la robe en lambeaux mais pourtant la posture toujours droite. Autant que son état le lui permettait. Son regard froid, le dardait de reproche et dégoût. Si elle ne voulait pas se soumettre à lui par la douleur physique, il la prendrait par autre chose. Il sortit sa baguette et la pointa directement vers le collier, sans la lâcher des yeux.
– Je ne sais pas encore pourquoi elle t'est si précieuse. Mais je sais que tu ne veux pas qu'elle souffre plus n'est-ce pas ? Supposa-t-il tout en approchant la baguette.
Le regard de Hermione se voila. Il donna un regard suggestive à son entrejambe, souriant de plus belle lorsqu'il vit l'expression de la jeune fille blanchir. Tout se pressait dans sa tête. Il lui demandait réellement ce qu'elle pensait ? Par Merlin, comment était-elle tombée si bas ?
Elle ferma les yeux un bref instant. Prenant sur elle. Devait-elle le faire ?
Cependant, la réflexion fut trop longue pour Voldemort, qui se mit à faire chauffer le collier. Son cœur se gonfla d'horreur. Elle imaginait très bien ce que Zénia devait ressentir. Elle ne réfléchit plus et se précipita jusqu'aux genoux du Seigneur des Ténèbres. Elle ouvrit la braguette du pantalon, lentement. Elle vivait ce moment comme un cauchemar duquel elle souhaitait ardemment se réveiller. Elle constata l'absence de sous-vêtements et sa respiration se bloqua lorsqu'elle vit le membre réveillé du mage.
– Elle ne va pas te mordre. Touche-la, ordonna-t-il, d'une voix ronronnante.
D'une main qu'elle tentait de ne pas faire trembler, elle toucha le pénis. Elle se surprit à le trouver doux. Sa main paraissait bien petite, et elle réalisa la largeur de celui-ci. Par Merlin...C'était le premier sexe qu'elle touchait et c'était celui du Lord Voldemort. Elle en pleurerait tellement c'était lamentable.
Était-ce tout ce à quoi elle avait droit comme première expérience ? Celui qui avait tué et tuerait des milliers de personnes ? Celui responsable de la vie misérable de son meilleur ami, et de tant d'autres gens ?
Elle sentit la main du sorcier se poser sur la sienne. Le contact l'électrisa. Il mettait une pression sur sa main, et se mit à faire des mouvements de va-et-vient. Il se pencha au niveau de son oreille.
– C'est comme ça qu'il faut faire, ma chère, souffla-t-il d'une voix rauque.
Elle pensait qu'il repousserait sa main mais n'en fit rien. Il mêla presque ses doigts aux siens, et continua à se donner du plaisir. Hermione commença à sentir le membre devenir dur, et se surprit à penser qu'un tel engin ne pourrait jamais rentrer. Elle serait totalement écartelée ! Elle continuait les mouvements de façon mécanique et sentit une douleur à son poignet.
Il venait de le lui attraper, le serrant sans considération.
– Savais-tu qu'il est possible de donner du plaisir à un homme de bien des façons ? Ta main n'est pas ta seule arme.
Elle le regarda avec une certaine appréhension et trembla presque lorsqu'il posa ses doigts sur ses lèvres. Il en retraça le contour d'un regard empli d'envie.
C'était clair. Il souhaitait qu'elle use de sa bouche. Son regard se perdit sur le sexe, et elle sentait son masque se briser. Elle n'était plus la guerrière, la sorcière en mission. Elle redevenait l'adolescente, vierge, et sans aucune expérience. Elle avait souvent pensé à ce que serait sa vie avec quelqu'un à ses côtés. Un amant qui serait une moitié, un soutien, un ami. Mais jamais, elle n'aurait imaginé telle expérience aussi humiliante.
Et pourtant, elle tenta de rester neutre, sondant toujours le membre du mage. Lorsqu'elle vit la baguette pointer de nouveau vers le collier, elle comprit. Elle approcha lentement son visage, sentant les effluves masculines. Elle sentit une goutte de sueur couler le long de son dos, lui donnant un frisson d'effroi. Elle le prit en main plus fermement et l'amena jusqu'à elle. Et alors que ses lèvres allaient frôler la peau sensible, des coups retentirent avant que la porte ne s'ouvre immédiatement.
Elle se tourna vers la porte, et reconnut immédiatement cette chevelure blonde.
Droit comme un piquet, le regard dur, le visage froid, se tenait Lucius Malfoy.
Elle ne pensait pas pouvoir ressentir encore plus de honte. Et pourtant, jamais elle n'avait senti le regard du blond aussi lourd qu'à ce moment.
