Mot de l'auteur: Me revoilà après une très longue absence! Encore pardon pour cela... Comme tout le monde, j'ai mes obligations et je ne trouvais plus le temps pour me poser et simplement écrire. Rien de bon en ressortait. Mais je suis contente de vous poster ce chapitre aujourd'hui! J'espère que cela vous plaira! N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez en review.

Bonne lecture!

Chapitre 24

Jamais ! Et pourtant !


Extrait précédent chapitre : Elle se tourna vers la porte, et reconnut immédiatement cette chevelure blonde.

Droit comme un piquet, le regard dur, le visage froid, se tenait Lucius Malfoy.

Elle ne pensait pas pouvoir ressentir encore plus de honte. Et pourtant, jamais elle n'avait senti le regard du blond aussi lourd qu'à ce moment.


La honte l'enveloppait alors que le blond la regardait dans un silence angoissant. Pourtant, son regard se détourna rapidement d'elle, se posant sur son maître. Celui-ci arborait un sourire satisfait. Il jubilait d'appréhension.

Lucius fit une courbette fluide et garda le regard bas, les mâchoires serrées.

Il ne pouvait se résoudre à voir la brune ainsi. Alors même qu'il s'était préparé à ce jour.

Flash back ( 5 jours avant sa convocation )

Comme l'avait indiqué la Lady, son père ne s'était pas inquiété outre mesure de son absence. Il semblait totalement convaincu du voyage de son fils. Lorsque celui-ci s'était enquit à lui demander comment cela s'était passé, il s'était retenu de lui balancer une remarque acerbe. Cependant, il garda son masque de fils parfait, et répondit par des futilités.

Lorsqu'il arriva dans sa chambre, sa magie bouillonnait littéralement. Il sentait qu'il perdait le contrôle. Voir cet homme le rebutait à présent. Il ne pouvait pas concevoir que son père s'agenouille devant ce misérable. Il se sentait honteux, et nauséeux.

De colère, il abattit ses poings sur le mur. Lorsqu'il se mit à saigner, il se fit la réflexion que ce n'était pas une si bonne idée. Et pourtant, il se prit à regarder son sang couler de sa main, s'écrasant sur le parquet coûteux. L'image de Hermione, ensanglantée, le frappa sur place. Ses muscles se tendirent, et il se retint de pousser un cri de rage. Il se sentait si impuissant.

Il devait attendre.

Il devait attendre et la laisser se faire blesser.

Comment pouvait-il rester ici ? Il se sentait tel un lion en cage, tournant incessamment afin de laisser filer lentement les heures. La pièce semblait se refermer sur lui, et jamais il n'avait perçu sa chambre aussi petite qu'aujourd'hui. Alors que celle-ci était démesurément grande. Il s'appuya au mur et se laissa glisser jusqu'au sol.

Et il resta ainsi.


Deux jours passèrent ainsi. Il restait dans son rôle avec une froideur effrayante. Son père n'y voyait que du feu. Pourtant, Lucius se sentait fatigué. Il ne pouvait pas fermer l'œil sans voir Hermione, souffrante, blessée, violée. Et il se réveillait instantanément, ne pouvant plus se résoudre à tenter de dormir. Croquant dans une tartine, il vit un hibou brun, assez commun, se poser à ses côtés, attendant son dû. Le blond nourrit le volatile et put récupérer sa lettre.

Son père ne semblait pas s'y intéresser et ne prit même pas la peine de lui demander de qui cela provenait. Tant mieux. Car il aurait été tenté de lui dire la vérité avec sarcasme : « Cela vient de la Lady Dumbledore avec qui je complote pour libérer Yulia » Oui, il était tenté de lui répondre ceci. Il ouvrit la lettre et y trouva une phrase courte et concise.

« Londres, café Bourgeois, 15 heures. »

Il ne connaissait pas ce café mais supposait que celui-ci soit moldu. Elle souhaitait qu'ils soient discrets. Il sentait déjà les maux de tête monter à l'idée d'être entouré par autant de moldus. Il replia la lettre et la mit dans sa poche. Il se retira de la table, après avoir fait un salut respectueux à son père, et transplana instantanément jusqu'à Londres.

Il lui restait une heure pour trouver le fameux café. Il chercha du regard dans les rues les plus animées qu'il connaissait, mais n'y vit pas la pancarte de celui-ci. Il soupira. Elle aurait tout de même pu lui indiquer l'adresse…

« – Vous êtes perdu Monsieur ? Lui demanda une petite voix.

Il se retourna et tomba sur un petit garçon ne devant pas dépasser les 9 ans, habillé de ce qu'il pouvait uniquement désigné comme étant des haillons. Il avait de grands yeux dorés, encadrés par de longs cils noirs. Il avait la tête légèrement penchée, attendant une réponse du sorcier. Celui-ci était partagé entre l'idée de l'envoyer paître ou simplement l'ignorer. Mais lorsque le petit se rapprocha encore de lui, se postant en face, le regard empli de curiosité, il ne put que soupirer une énième fois.

– Je vous ai posé une question, ajouta le garçon.

– Et cela ne te regarde pas, répondit Lucius, agacé.

– Je sais. Mais on m'a toujours appris à aider plus démuni que moi.

Lucius souleva ses sourcils avec indignation et étonnement. Venait-il d'insinuer qu'il était plus démuni que ce misérable moldu ? Il fronça les sourcils et posa sur le petit impertinent, un regard dur.

– Je pense avoir mal compris mais, insinues-tu que je suis plus démuni que toi ? Demanda-t-il tout en le regardant de haut en bas.

Le petit ne s'en offusqua pas, et se mit même à rire, surprenant le Serpentard.

– Vous avez certes de beaux vêtements Monsieur mais au contraire de vous, je connais mon chemin. Vous par contre, vous êtes perdu et donc plus démuni que moi, exposa le jeune dans un gros sourire.

L'explication était enfantine et pourtant, dans un sens, totalement logique.

– Et tu proposes donc de m'aider ? s'informa le blond.

– Bien-sûr !

Les moldus seraient-ils généreux ? Il était étonné et au fond, ressentait que sa haine pour les moldus s'effritait de doute.

– Cependant, comme vous l'avez fait remarquer, je suis aussi plus démuni que vous. N'est-ce pas normal que nous nous entraidions ? Proposa le petit, dans un sourire que Lucius qualifia de malicieux.

Un petit démon opportuniste. Voilà ce qui lui faisait face. Non, il n'avait pas tort. Ces moldus étaient réellement des créatures immondes. Il se retourna, et l'ignora, repartant à ses recherches. Il entendit un léger ricanement et des pas qui le suivirent. Ce petit manège dura quelques minutes, le temps que le sang-pur craque.

Il se retourna, faisant stopper sur place le petit.

– As-tu l'intention de me suivre longtemps ?

– Je souhaite uniquement vous aider. J'attends juste que vous preniez conscience que vous avez besoin de moi.

– Je n'ai besoin de personne, répondit le blond, avec un ton plus enfantin et têtu qu'il ne l'avait souhaité.

– Tout le monde a besoin d'aide, un jour ou l'autre, répliqua le moldu dans un sérieux implacable qui surpris le sorcier.

– Je ne suis pas tout le monde, répondit-il pourtant.

– Nous verrons.

Quelques minutes encore passèrent et les nerfs du Serpentard lâchaient. Comment ne pouvait-il pas se retrouver dans ces rues moldu ? Il n'y avait rien de compliqué pourtant ! Mais c'était une grande ville et il n'en connaissait que le côté sorcier. Il finit par s'asseoir sur un banc, dépité. Devait-il transplaner au manoir Dumbledore afin de demander de l'aide ?

L'idée le rebuta. C'était s'avouer vaincu. Et pourtant… Il entendit le garçon prendre place à ses côtés.

– Qu'est-ce que vous cherchez ?

– Rien qui ne te concerne.

– Je connais cette ville comme ma poche. Je pourrais vous aider à trouver. Je vous demande juste en contre-partie quelques pièces, réitéra le moldu.

Le blond le regarda et l'hésitation le traversa. Certes, son égo en prendrait un coup mais avait-il encore le temps d'y penser ? Si la Lady lui avait donné rendez-vous là bas, c'était bien pour une raison. Ils devaient être discrets, et se rencontrer du côté moldu était la meilleure solution. Il le savait. Il serra les mâchoires, ne croyant pas à ce qu'il allait faire.

– Très bien. Tu me conduis à mon lieu de rendez-vous et je te dédommagerais à hauteur de tes services rendus.

– Le paiement se fait avant toute aide, informa le jeune sans en démordre.

Lucius se contracta, le mal de tête se pointant. Pour qui se prenait-il ? Avait-il conscience déjà de la difficulté éprouvée à accepter son aide ? Et il tentait en plus à marchander les termes de cette aide mutuelle ?

Le petit comprit tout de suite le débat intérieur qui s'opérait et se leva.

– Je vois que vous n'avez peut-être pas autant besoin de moi que je le pensais. Je ne souhaite pas plus vous importuner. Sur ce…, et il partit, figeant le blond sur place.

Il donna un regard à l'horloge de la rue et comprit qu'il n'avait plus le choix. En trois pas, il rattrapa le moldu et posa une main sur son épaule, le retournant.

– Très bien. Je te dédommage maintenant et tu m'indiques ensuite le chemin. Mais je t'assure petit que si il te prend l'idée de m'arnaquer, il t'en coûtera, le prévint-il, écrasant le petit par sa magie.

Celui-ci se sentit mal à l'aise, comme prit de tournis, et sentit un frisson le traverser lorsqu'il rencontra le regard du sorcier. Jamais dans sa vie il ne s'était senti aussi petit et impuissant. Il avait toujours su faire face, la tête haute, aux misères de sa vie. Mais là, il sentait qu'il ne pourrait pas s'en sortir. Il avala difficilement et étira un sourire plus forcé que les autres.

– Bien-sûr. Je n'oserais pas vous faire ça voyons.

Lucius n'en pensa pas moins, conscient qu'il venait de faire comprendre au petit ce qui l'attendait dans le cas contraire.

– Je dois me rendre au café Bourgeois. Le connais-tu ?

Les yeux du petit s'illuminèrent de nouveau.

– Bien-sûr ! C'est un café très prisé. Mais ce n'est pas la porte à côté, l'informa-t-il.

Le blond lui donna une bourse avec dédain.

– Peu importe. Indique-moi le chemin.

Le moldu n'en crut pas sa chance.

– Suivez-moi !

Le petit partit avec entrain dans la rue leur faisant face. Lucius lui ferma le pas et le vit s'engouffrer dans un des escaliers. Le blond se stoppa à la première marche, pas confiant. Il n'aimait pas l'ambiance qui se dégageait de ce qui lui semblait être un tunnel. Pourquoi le petit l'emmenait sous terre ? Tentait-il de le tuer ? Le moldu remarqua rapidement l'hésitation de son client.

– N'étiez-vous pas pressé ?

– Sommes-nous obligés de passer par là ?

– Avez-vous peur ?

La phrase fit de nouveau contracter le sorcier. Lui, peur ? Peur d'une invention moldu ? Jamais ! Piqué à vif dans sa fierté, il descendit les marches dans une démarche soutenue. Il attira d'autant plus de regards féminins que masculins. Il savait qu'il plaisait. Il fallait être fou pour ne pas être attiré par sa personne. Mais rien d'étonnant lorsqu'il constatait la beauté inexistante des moldus l'entourant. Ils étaient tout simplement fades.

Il les ignora donc, dans toute sa superbe, et suivit son guide. Ils arrivèrent jusqu'au quai. Lucius ne savait pas ce qu'ils attendaient, mais il imita les personnes présentes, faisant en quelque sorte confiance au petit.

Celui-ci semblait lire une carte affichée sur le mur. Le sorcier y posa un regard curieux. Le moldu eut le regard qui s'illumina, et il pointa du doigt un point.

– C'est là que nous nous rendons, indiqua-t-il.

Lucius suivit son indication.

– Et nous sommes là pour l'instant, continua le plus jeune.

Le blond évalua la distance et comprit maintenant le sens de « ce n'est pas la porte à côté ». Une expression moldu qui, au premier abord, pouvait paraître stupide et pourtant, il la comprenait à présent pour la vivre. Arriverait-il à temps ?

– Mais rassurez-vous, nous y serons dans 15 minutes, lui assura-t-il.

Le blond haussa un sourcil, n'y croyant visiblement pas. Le prenait-il pour un idiot ? Comment la technologie moldu pourrait les faire traverser la ville en si peu de temps ? Il entendit soudainement un brouhaha. Il donna un regard à ce gouffre sombre mené par des rails. Il se pencha, intrigué et sentit une bourrasque de vent soulever ses cheveux. Des cercle de lumières s'illuminèrent dans la gouffre et il sentit le petit le tirer en arrière.

– Vous êtes inconscient ou quoi ? Vous auriez pu avoir la tête coupée !

En effet… Il avait sentit quelque chose prêt à le frôler brutalement. Il faisait face à présent à un engin de métal, d'où en sortit de nombreux moldus, grincheux ou impatients. Cela ressemblait à un train... Il suivit le rythme du jeune homme, et attendit qu'il lui donne le signal de monter. Il s'exécuta avec appréhension. Il observa le petit et le vit s'accrocher à une barre en métal.

– Vous devriez en faire autant, le conseilla-t-il.

Lucius le darda d'un regard dédaigneux. Comme si il avait besoin de se tenir pour supporter la pression d'une invention moldu ! Il supportait aisément la pression l'accablant lorsqu'il se trouvait sur son balais. Il ne risquait rien dans cette cage de métal. Le petit soupira et Lucius l'ignora.

Et pourtant, il perdit de sa superbe lorsque la cage se mit en mouvement. Le démarrage était brutal et le fit perdre pied. Il se retrouva un genou à terre, les yeux exorbités. Il tenta de se relever mais subit un virage qui lui fit perdre l'équilibre. Alors, sans s'en rendre compte, il abattit ses mains sur une barre en métal libre et s'y accrocha. Il entendit un ricanement moqueur et se retint de lancer un maléfice au jeune moldu.

– C'est la première fois que vous prenez le métro n'est-ce pas ?

– Oui, consentit-il à répondre.

– C'est toujours impressionnant la première fois. C'est un train souterrain, lui expliqua-t-il.

– Toujours à vouloir se démarquer ces moldus, marmonna le sang-pur.

Le jeune ne comprit pas le terme employé mais ne releva pas. Les extravagances de ses clients ne le concernaient pas.

Ils passèrent plusieurs arrêts et arrivèrent rapidement jusqu'à leur destination. Lucius se tenait à présent devant le Café Bourgeois. Il se recoiffa en un coup de main habile et accorda un dernier regard au jeune moldu.

– Tu n'as pas été aussi inutile que je le pensais, avoua-t-il.

– Et vous n'êtes plus aussi démuni que je le pensais, répondit le petit tout en partant, le saluant une dernière fois. »

La séparation était nette et sans retournement. Chacun avait aidé l'autre. Un point c'est tout. Lucius pourtant, ne put s'empêcher de sourire. Ce petit moldu avait un caractère qui lui plaisait.


Lorsqu'il se présenta au maître d'hôtel, celui-ci le dirigea immédiatement dans une pièce dissimulée, après qu'il lui ait donné son nom. L'ambiance y était plus discrète et privée. Certainement réservée à une clientèle particulière. Il fut amené jusqu'à une salle circulaire, surmontée de rideaux légers et envahie par la fumée sortant des cigares. Au milieu de tout ça se tenait la Lady, droite et gracieuse sur un fauteuil en velours. Elle faisait face à un curieux personnage. Mâchoire large, barbe entretenue, portant un chapeau rond ainsi qu'un costume de qualité.

Il s'approcha, affichant cet éternel air hautain que lui avait appris son père à porter. Il ne laisserait pas de simples moldus le regarder de haut. Et les personnes présentes n'eurent besoin que d'un regard pour comprendre son rang. Toute l'attention sur lui, il arriva jusqu'à la table, se faisant accueillir par un sourire éblouissant de la Lady et un regard suspicieux de l'inconnu. Il prit place à la droite de la Lady et salua d'un mouvement de tête le moldu. Celui-ci l'observa silencieusement, le jaugeant minutieusement.

« – Je te présente Lucius Malfoy, commença-t-elle tout en désignant le jeune homme. Lucius, je te présente Beck Flint, un vieil ami, continua-t-elle tout en arborant un sourire enchanté.

Le fameux Beck n'y répondit que par un micro sourire avant de tendre sa main au blond qui resta interdit un court instant. Devait-il la lui serrer ? Nul besoin de regarder la Lady pour comprendre l'enjeu de la situation. Si il rejetait cette main, il risquait de braquer l'homme et il n'avait pas assez d'éléments pour calculer la portée de ses actes. Il ne pouvait pas prendre de risque. Si elle lui présentait cet homme, c'était certainement dans un but précis. Alors, prenant sur lui, il initia le contact et sentit la poigne de l'homme se refermer sur sa main. Il avait de la force le moldu !

Il n'en dit pourtant rien mais ne se retint pas pour serrer à son tour sa poigne. L'homme lui faisant face afficha un sourire plus grand, comme conquis par l'aplomb du jeune homme.

– Vous me plaisez bien Monsieur Malfoy, dit-il tout en relâchant sa main.

Lucius ne sut que dire de ce...compliment ? Il ne savait même pas si cela présageait quelque chose de bien… Mais l'homme ne semblait pas attendre une réponse, et retourna son attention sur la noble.

– Je suis étonné que tu m'aies contacté, avoua-t-il. Tu es contre la violence me semblait-il.

– Ce que je te demande n'a pas pour but de tuer mais uniquement de divertir. Je ne cautionnerais pas le fait de tuer quelqu'un de manière aussi lâche mais…, elle marqua une pause, étirant un sourire glacial, mais je ne pourrais pas garantir qu'il n'y ait pas de blessés, conclut-elle.

Lucius eut un frisson. Cette femme n'avait plus rien à voir avec l'hôte charmante lors du bal. Elle montrait un visage limite cruel, froid et sans pitié. Ce sourire qu'elle conservait ne le rendait que plus effrayant. Beck lui-même en haussa les sourcils avant de répondre par ce même sourire et éclater de rire, buvant une gorgée de son verre.

– J'aime tant cette partie de toi, confessa-t-il avec un regard charmeur, conquis par la Lady.

Celle-ci se pencha vers lui, lentement et caressa son visage.

– Tu aimerais encore plus ce que je compte faire de ta marchandise, lui susurra-t-elle à l'oreille.

L'homme frissonna. Henriette se redressa et posa un papier devant lui. Il en prit connaissance, le marchand prenant le pas sur l'homme.

– Je ne sais pas ce que tu prépares, mais cela va être un véritable feu d'artifice.

– Ne suis-je pas connu pour mes entrées fracassantes ? Demanda-t-elle dans un petite ricanement soutenu.

Lucius ne comprenait pas de quoi ils parlaient, et se retenait bien d'en demander des explications. Il prit son mal en patience. Le moldu donna un regard vers lui.

– Et tu comptes faire participer notre jeune ami ? s'informa-t-il, étonné.

– Ne te fie pas à son jeune âge. Lucius est bien plus fiable que la plupart de ceux que tu appelles amis, répondit-elle, sans aucune hésitation.

Le blond sentit son cœur faire un bond. Elle avait confiance en lui… Et quelle confiance ! C'en était étouffant. Comment ça en était arrivé là ?

– Je n'en doute pas Henriette. Tu t'entoures uniquement de personnes de confiance. Tu es connu pour ton discernement incroyable. Jamais personne n'a pu te tromper, cita-t-il avec admiration.

– Tu sais où livrer la marchandise, affirma-t-elle tout en commençant à se lever, prenant son manteau en fourrure.

Beck lui fit un sourire, admirant ses mouvements toujours aussi gracieux. Un véritable délice pour les yeux. Ses lèvres arrivèrent rapidement jusqu'à sa main à la peau claire et la baisa. C'était une habitude qu'il avait pris, dès lors qu'il l'avait rencontré la première fois. Elle avait su totalement accaparer son cœur et son amitié. Il la respectait autant qu'il l'aimait. Lucius se leva également et serra la main calleuse du marchand.

Il avait une sacré poigne. Mais le blond n'en montra rien. Il resta interdit à la douleur qui traversa ses veines, et fit même un sourire de convenance à l'homme. Il suivit la Lady à l'extérieur, et passa une main devant son visage, se cachant les yeux du soleil. La transition ne se faisait pas en douceur. Il maintint le pas de la sorcière qui, malgré ses talons, tenait une cadence souple et rapide.

« – Qu'as-tu pensé de cette rencontre, Lucius ?

– Il m'a l'air d'être… un homme intéressant, finit-il par dire.

Henriette plaça une main devant sa bouche et se mit à ricaner.

– Un être plein de surprise, en effet.

– Pourquoi m'avoir demandé de venir ?

– Je souhaitais que tu rencontres l'homme qui, à sa façon, produit de véritables tours de magie, répondit-elle avec un clin d'œil.

Lucius était toujours aussi décontenancé par ses réactions. Elle était réellement ingérable.

– Tout sera prêt pour demain, indiqua-t-elle.

– Que devrais-je faire ? s'enquit-il à demander.

– Je t'expliquerais tout en temps voulu. Préviens-moi dès que tu reçois l'invitation.

La fameuse invitation… Il n'y croyait pas particulièrement et pourtant, leurs plans semblaient se baser sur cette éventualité. Il donna un regard à la grande horloge de la place, et son visage s'assombrit.

– Je ne peux pas rester plus longtemps, l'informa-t-il.

Elle fut légèrement prise au dépourvu et pourtant, lui accorda un sourire.

– Je ne te retiendrais pas plus longtemps alors. Que ta journée te soit agréable, lui souhaita-elle.

– De même, répondit-il avec moins d'entrain. La simple pensée de son rendez-vous lui donnait déjà la nausée. »

Il se mit à l'écart et transplana sans attendre.


L'odeur du thé emplissait le salon, délivrant un doux arôme de jasmin. Lorsqu'il arriva, ce furent trois regards qui l'accueillirent. Un, foncé comme la nuit et réprobateur, un second bleu azur, aux notes de douceurs et un dernier, semblable au sien, aussi tranchant que l'acier.

« – Nous ne vous attendions plus, Lucius, accusa immédiatement son père.

– Pardonnez-moi, répondit-il simplement avant de faire face aux deux invitées. C'est un plaisir de vous voir, Bellatrix, Narcissa, les salua-t-il.

– Plaisir partagé, Lucius, répondit la blonde d'une voix cristalline.

C'était clairement une belle jeune femme et il se fit la remarque que, oui, sans Yulia, peut-être aurait-il trouvé un certain charme au fait de l'avoir à son bras. Et encore...Elle n'aurait été qu'une énième marionnette obéissante de plus.

– Est-ce réellement une façon de recevoir ta future femme, reprocha Bellatrix d'une voix stridente.

Elle arborait un sourire satisfait. Sûrement avait-elle eu une petite conversation avec son père. Il ne pouvait plus user aussi librement de son pouvoir. Son père avait certainement assuré de la bonne continuation de ce mariage. Il serra les mâchoires.

– Ma future femme devra, j'en ai bien peur, apprendre à supporter mes allées et venues diverses. Je ne risque pas d'être un mari très présent, fit-il remarquer.

Abraxas ne le reprit pas, consentant au fait qu'il remette une femme à sa place.

– Et je saurai m'y faire, assura Narcissa d'un sourire doux.

– Quelle est la raison de votre venue ? s'enquit-il à demander.

– Je les ai fait venir, intervint son père. J'ai reçu une missive de notre Seigneur. Il souhaite vous avoir à ses côtés afin de vous féliciter en personne pour votre futur mariage.

Lucius sentit son air se bloquer. Ses poumons étaient douloureux. Rien ne sonnait juste. Le Seigneur des Ténèbres souhaitant le féliciter ? Il avait surtout l'intention de le narguer. Comment rater une nouvelle occasion de lui faire comprendre que Hermione lui appartenait ? Il voulait le piéger dans ce mariage…

– Vraiment ? Resta-t-il impassible. Et quand devons-nous nous y rendre ?

– Dans trois jours, répondit son père tout en buvant une gorgée de son thé.

Trois jours...Il ne pourrait pas supporter cette attente. Que pouvait-il arriver à Hermione en attendant ? Tellement de choses ! Il se sentait une nouvelle fois nauséeux mais n'en montra rien.

– Je suis ravi de l'entendre, lâcha-t-il.

Bellatrix lui lança un regard plissé. Il ne montrait pas tant d'excitation. Mais à quoi s'attendait-elle ? A ce qu'il se mette à sautiller sur place, chantonnant la gloire du maître ?

Ridicule.

La brune se gratta la gorge et se leva, remettant en places les drapés de sa robe hors de prix.

– Nous allons malheureusement devoir vous laisser. Certaines obligations requièrent notre présence. Veuillez nous excuser, déblatéra-t-elle mécaniquement.

Oui, ces phrases de convenance elle les connaissait pour les avoir tant répété. Mais pas un brin de sincérité en ressortait. Et pourtant, l'hôte leur accorda un sourire conquis et se leva à son tour afin de les accompagner jusqu'à la porte. Lucius en fit de même, en omettant tout de même le sourire. Narcissa lui adressa un regard appuyé, s'attendant certainement à un signe de sa part. Et pourtant il resta droit, le regard perdu sur la porte. Il ne pouvait pas mieux faire en cet instant.

La blonde sembla déçue mais cela, personne ne le vit.

La porte claqua et la joue de Lucius suivit. Abraxas lui accordait un regard froid, se tenant la main l'ayant frappé avec force.

– Je crois, mon fils, que j'ai été bien trop laxiste avec vous. Je n'en reviens pas de ce que j'ai entendu de votre fiancée. Comment osez-vous m'apporter la honte ? Vous convoitez la propriété du maître !

Les mots le brûlèrent. La propriété du maître… Voilà à quoi cette magnifique femme était réduite ?!

– Je ne vous laisserai pas vous détourner de la voie qui vous est toute tracée. Vous célébrerez votre mariage d'ici la fin de l'année. Et je ne souhaite plus avoir vent de telles informations, me suis-je bien fait comprendre ?

Lucius n'avait pas bougé d'un pouce, droit. Ne souhaitant pas s'attirer plus les foudres de son géniteur, il garda le regard dirigé vers ses pieds. Il entendit son père grogner d'impatience.

– Très clair, père.

– Bien, répondit-il tout en partant, marquant la fin de cette conversation. »

Ni une ni deux, Lucius se dirigea vers l'entrée du manoir. Il transplana dès qu'il put et se rendit à une montagne, déserte et sèche. Il tomba sur ses genoux et se mit à hurler à plein poumon. Il relâchait toute la pression et la haine qu'il avait emmagasiné.

« JAMAIS ! JAMAIS JE NE TE LA LAISSERAI ! Hurla-t-il avec rage »

Non, jamais il ne le permettrait. Le regard droit vers l'horizon, on pouvait déceler des larmes couler.

Jamais !


Les talons claquaient sur la pierre dans un rythme régulier. Le son se perdait dans les arbres qui formaient une allée princière menant à la porte d'entrée. Porte qui s'ouvrit sur un misérable elfe de maison, qui gardait la tête basse, les oreilles en arrière. Le couple ne lui accorda même pas un semblant de regard.

« – Maître Malfoy, Maîtresse Black, bienvenue au manoir Serpentard, les accueillit la créature d'une voix cassée.

Lucius renifla de dédain. La créature se dirigea vers lui.

– Le Maître souhaite vous voir, seul, précisa-t-elle à l'encontre de la blonde à ses côtés.

Le sang pur en aurait presque ri si il ne savait pas déjà à quoi s'attendre. La lady fit un sourire de circonstance, et se dirigea vers le petit salon que lui indiqua le serviteur. Lucius de son côté sentait son cœur battre à tout rompre. Elle était ici. Elle était à sa portée ! Il avait du mal à se retenir de ne pas se mettre à la chercher dans chacune des pièces composant ce grand manoir.

Il suivit l'elfe de maison à travers les couloirs.

– Je vous laisse ici, maître Malfoy. Le Maître vous attend dans son bureau, indiqua-t-il avant de transplaner.

Il était à présent seul dans ce couloir. Les pas le menant à la porte furent lourds. Et pourtant, il se retrouvait déjà à frapper à la porte et à l'ouvrir.

Son cœur pourtant se serra lorsqu'il assista à la scène se menant sous ses yeux.

Jamais.

Jamais il n'aurait pu imaginer combien cette vision le briserait.

Jamais il n'avait aussi bien joué la comédie de sa vie.

Jamais il ne s'était aussi bien retenu de sortir sa baguette et jeter le sort de la mort.

Jamais il n'aurait pu imaginer ressentir une haine encore plus profonde pour cet être.

Et pourtant, lorsqu'il croisa le regard acier de Hermione, à genoux, la bouche proche du membre de celui qu'il avait, un jour, considéré comme un être divin, il ne put qu'avouer qu'il ne fallait jamais dire jamais.

Extérieurement impassible, il baissa le regard, ne souhaitant pas constater la honte sur le visage de la jeune fille. Encore moins voir plus longtemps le sourire appréciateur de cette abomination.

« Lucius, tu tombes bien. Je t'attendais, confia le mage noir, jubilant »