Reponse review :

( Manon ) Merci d'être toujours présente à l'appel pour lire et suivre cette fanfiction. Cela me touche ( surtout après ma longue absence!)

( Love the Original Family ) Je dois dire que je ne m'y attendais pas et lire ta review au réveil fais réellement plaisir ! En effet, Voldemort ne ressent pas à proprement parler de l'amour mais est totalement obsédé par elle. Une femme telle que la dernière héritière des Tolstoï ne peut que être à son bras ( et dans son lit…) . Pour les autres personnages, j'adore la version de Lucius que j'exploite. C'est toujours un personnage que j'apprécie particulièrement et je suis contente qu'il te plaise ainsi ! =) En espérant que tu continueras à suivre la fanfic. N'hésite pas à faire part de ton avis, qu'il soit négatif ou positif ! Bonne journée à toi.

( nanalou ) Un réel plaisir de relire tes reviews. Oui en effet, je me suis longtemps absentée. Les idées étaient là mais la forme ne suivait pas hahah x) L'idée du Cabci me vient d'une série asiatique que j'ai vu récemment, peut-être que tu connais c'est Korean Odyssey. J'ai adoré l'idée et j'ai réussi à l'inclure à ma sauce dans la fanfic. Rassure-toi, j'ai déjà pensé à tout pour Hermione et ce problème. Pas facile pour elle, voire même horrible mais j'avoue que dans cette fanfic, Hermione en voit de toutes les couleurs XD HAHAH oui, Lucius aussi en bave pas mal mais c'est bien pour développer l'aspect du personnage. J'estime qu'on en avait besoin. Et bien sûr, Severus manque pas mal à l'appel en ce moment, je vais trouver un moyen d'en parler de nouveau car, moi aussi, il me manque beaucoup. En tout cas, merci pour cette review cela fait vraiment plaisir de voir de si longs commentaires :D


Chapitre 26

Sang-tiède


Extrait du précédent chapitre : Il avait mis en place dans tout le manoir ce que la Lady lui avait transmis. Il doutait du bon fonctionnement du matériel moldu mais ne souhaitait pas y penser. Leur plan en dépendait.

Et aujourd'hui, Henriette allait venir au manoir.

Le cauchemar allait toucher à sa fin. Il en frissonnait d'avance.


Le tissus pourpre flottait à chacun de ses pas. On sentait dans sa démarche soutenue, quelques perturbations. Comme des petits décalages ou arrêts. Légers, mais présents. Elle ne passait pas inaperçue, les sorciers et sorcières s'écartant à son passage. Mais cela, elle en avait l'habitude.

La Gazette des Sorciers sortait un article par semaine sur elle, au moins. La " célébrité " hein ? Rien de bien méchant, se fit-elle la réflexion alors qu'elle arrivait devant le Balais fourchu. Elle y détecta immédiatement son rendez-vous du moment. Il était assis au bar, semblant partager quelques mondanités avec le propriétaire.

Prise d'un vent de folie, elle s'approcha discrètement et posa sur les oreilles du blond, ce qu'elle portait. Celui-ci se gela sur place et tourna sa tête vers elle. Elle ricana. Son expression blanchâtre était hilarante.

Elle le lui retira et s'enleva ses lunettes de soleil rondes.

« – Bonjour Sir Malfoy, j'espère ne pas vous avoir trop fait attendre, introduisit-elle dans un grand sourire.

Le sorcier la dévisageait presque. Cette femme était toujours aussi loufoque mais la prestance qu'elle dégageait était plus forte que tout.

– Lady Dumbledore, ravi de vous revoir. Rassurez-vous, c'est moi qui ai pris l'initiative d'arriver en avance.

– Vous m'en voyez soulagée.

Il observa d'un œil retors, ce qu'elle portait au cou. C'était un objet pouvant être porté comme, collier apparemment mais dont les deux embouts finissaient par une forme circulaire. Du son en sortait, ça il en était sûr pour l'avoir entendu de ses oreilles. Henriette le comprit et lui accorda une œillade taquine.

– Vous vous demandez ce que c'est, n'est-ce pas ?

Il sembla offusqué de s'être fait prendre la main dans le sac. Surtout qu'il ne fallait pas être un génie pour comprendre que c'était d'origine moldu. Elle et ses loufoqueries moldus.

– Je trouve cet objet assez...inhabituel, précisa-t-il, en choisissant bien ses mots.

Henriette eut envie de pouffer mais garda cela au fond d'elle. Ce côté pincé qu'elle retrouvait chez Lucius venait bel et bien de son père.

– Inhabituel chez nous mais du côté moldu, c'est devenu commun. Un véritable petit bijou de technologie. Cela sert à pouvoir écouter de la musique n'importe où, l'informa-t-elle.

– Hmm, ces moldus ont bien du temps à perdre, fit-il la réflexion.

Elle ne s'en formalisa pas et fit disparaître le lecteur cd d'un claquement de doigt. Orion avait raison, la magie lui était totalement naturelle. Elle ne se servait même pas de sa baguette.

– J'imagine mon cher, que nous n'avons pas le temps de boire un verre en tête à tête, me trompe-je ?

– Non en effet. Nous sommes attendus.

– Parfait. »

Il lui tendit son bras et lorsqu'elle le prit, ils transplanèrent d'une traite sous les yeux du propriétaire.


Allongée dans la cellule froide, la folie gagna la jeune fille qui se mit à rire toute seule. Son corps sursautait à chaque élan d'euphorie. Elle s'attrapa les cheveux et se mit à les serrer, tirant dessus. Une douleur qu'elle s'infligeait inconsciemment afin de ne pas totalement sombrer.

Elle hurla, des larmes coulant de ses yeux. C'était un hurlement plaintif, sortant de ses tripes. Tout à coup, plus rien. Elle relâcha une nouvelle fois son corps, ses mains retrouvant le contact de la pierre froide. C'était comme des spasmes de folie qui surgissaient de nulle part. Alors déconnectée de la réalité, elle ne sentit même pas la peau écailleuse glisser sur elle.

Face à elle, se trouvait un serpent entièrement noir, dont les écailles brillaient magnifiquement. Ses yeux étaient tels deux rubis rouges sang qui la sondaient.

« – Impertinente humaine, que penses-tu faire là, hurlant pour que la faucheuse emporte ton âme, alors que tu as une dette à payer ? Se mit à siffler sans pitié le serpent sombre.

Elle ne réagit pas. Peut-être même ne l'avait-elle pas entendu. Le serpent perdit patience et se pencha. Il planta son regard dans le sien.

Réveille-toi, mortelle !

Les yeux de Yulia retrouvèrent cette étincelle de vie. Ses paupières clignèrent à plusieurs reprises. Le retour à la réalité était dur. Le serpent s'écarta et se dressa, haut et fier. Hermione se rendit compte de sa présence et l'observa avec émerveillement. C'était un serpent magnifique. Elle sentait son aura majestueuse emplir la cellule.

Je n'accepterai pas ton âme tant que tu n'auras pas payé ta dette, reprit-il fermement.

Grand Maître Serpent…, souffla, surprise la sorcière. Que faites-vous là ? Et comment… ?

Ces questions sont inutiles. Tout ce que tu dois faire c'est me rapporter l'âme de cette ignominie, la gronda-t-il furieusement.

Elle baissa la tête, lui montrant son respect et sa honte. Elle était loin, en effet, d'avoir accompli sa part du marché. Elle ne pensait d'ailleurs plus pouvoir faire grand-chose.

Pardonnez-moi, je suis faible. Je ne peux plus…,confia-t-elle, la voix brisée.

Le serpent lui fit redresser la tête du bout de sa queue.

Redresse la tête, jeune Tolstoï. Je ne t'ai pas choisi pour rien. Je sais que tu peux le faire. Et tu le feras, assura-t-il avant que le cliquetis significatif de la serrure retentisse. Lève-toi, sorcière et accomplis ton devoir.

Une nouvelle force gronda en elle. Peut-être une forme d'espoir qui emplissait son cœur. Elle n'était plus seule. Elle se releva, les jambes tremblotantes et le serpent admira, sans l'avouer, sa détermination retrouvée. Elle s'agrippa aux barreaux et traversa le long couloir de cellules. Elle s'étonnait de ne trouver aucuns gardes jusqu'à ce qu'elle ne remarque leurs corps, au sol, sans conscience.

Je me suis assuré que le chemin soit libre.

Vous les avez tués ?

Penses-tu sincèrement que si je pouvais ôter la vie d'un mortel, je n'aurais pas tué cette vermine moi-même ? Non, je peux blesser ou neutraliser mais pas tuer.

Hermione garda l'information dans un coin de sa tête et réfléchit à toute allure.

Pourriez-vous vérifier le chemin jusqu'aux appartements de Voldemort ?

Pourquoi souhaites-tu t'y rendre ?

L'âme de Zénia s'y trouve.

Le serpent se figea, et ne perdit pas un instant de plus. Il se mit à suivre les indications de la sorcière, et s'assura que la voie soit dégagée. Mais alors qu'il revenait sur ses pas, il tomba sur un petit serpent blanc qui se mit à crier. Il donnait l'alerte d'intrusion. Le gardien se dressa, surplombant le petit être .

Comment oses-tu, défier celui qui est ton père absolu, petit impertinent ?

L'impertinent en question se ratatina sur place.

Grand Maître, veuillez me pardonner. Je ne savais pas…, tenta-t-il vainement de se justifier.

Silence ! Je ne veux plus entendre un sifflement sortir de ta bouche. Tu ne diras pas à ton Maître. Rien. Maintenant va ! Le somma-t-il impérieusement.

Le petit serpent partit à vive allure, sans poser de question. Un dernier regard impérieux dans sa direction et lui-même partit rapidement rejoindre la sorcière. Elle semblait vraiment mal en point. Ils arrivèrent sans trop de mal aux appartements de Voldemort. Le Grand Serpent la fit se stopper devant la porte.

Elle est emplie de magie. J'imagine qu'il n'a pas confiance, fit-il la réflexion avant de fixer la porte qui s'ouvrit finalement devant lui. Comme si une magie pareille pouvait me résister.

Ils entrèrent et Hermione sentit un espoir fondre sur elle. Elle souleva sa cheville et la lui montra.

Pouvez-vous également faire quelque chose à propos de ceci ?

Le gardien inspecta la menotte.

Non. La magie de cet objet est reliée à quelqu'un. Il faudrait briser le flux magique de cette personne afin d'en briser les effets.

Et pour ceci ?! Tenta-t-elle en lui montrant le bracelet.

Celle là non plus. C'est une magie ignoble qui lie ton âme à une autre. Seule cette personne a le moindre pouvoir dessus, répondit-il en claquement la mâchoire furieusement.

Hermione soupira. Au moins ils allaient retrouver Zénia ! Elle se mit à chercher de partout, et arriva jusqu'à une seconde pièce faisant office de bureau. Elle y trouva le collier posé sur le bois vernis. Mais elle eut un mouvement de recul. Elle ne pouvait pas le toucher.

Je ne peux pas le toucher. Pouvez-vous la libérer de cette prison ?

Il se mit à frôler le bijou à plusieurs reprises.

Non, seul cette vermine le peut.

Grindelwald… Elle vit le gardien prendre le collier et le coincer dans un de ses crocs.

Nous allons le trouver et lui faire ouvrir la prison avant de le tuer. Pour l'instant, je peux apaiser les douleurs de son âme en la gardant contre moi, expliqua-t-il. »

La serpentard fut soulagée. Zénia avait tant souffert… Et alors qu'ils allaient partir, un objet capta son attention sur le bureau.

Par Merlin ! Mais c'était la bague ! Elle était posée sur un coussin en velours bleu. Elle ne croyait pas en sa chance qui semblait l'avoir abandonnée depuis bien longtemps. L'arrivée du Gardien marquait le début d'un tournant ? Elle attrapa la bague et la passa au doigt, faute d'avoir des poches dans ce qui lui restait de sa robe.

Un frisson la traversa soudainement. Elle ressentait un appel. Elle était attirée par une boite qu'elle ouvrit. Elle y trouva sa baguette. Celle-ci avait senti la présence de sa maîtresse et l'avait désespéramment appelé. Elle la pris avec émotion et même la douleur qui en découla de la menotte, ne lui retira pas son sourire.

Oui, la chance avait tourné !


Un plop retentit dans la grande salle du manoir. Voldemort, assis sur son trône n'en manqua pas une miette. Tous les mangemorts étaient présents, et étaient impatients d'assister à ce qui allait suivre. Abraxas s'agenouilla immédiatement à son arrivée alors qu'Henriette restera droite. Elle lui accorda une magnifique révérence.

« – Je suis enchantée de vous rencontrer enfin, Lord...Comment dois-je vous appeler ?

L'effroi se répandit dans la salle. Comment osait-elle ?!

Mais leur Maître ne s'en formalisa pas. Il émit même un petit ricanement. Il reconnaissait cette classe mordante si particulière. Il aimait tant briser ces personnes et les faire ramper.

– Voldemort ira très bien, Lady Dumbledore, l'informa-t-il.

– Lord Voldemort, merci de me recevoir.

Les Mangemorts se tendirent. Elle usait de ce nom sans aucune réticence ou peur. Était-elle si inconsciente ?

Elle s'avança vers le trône du mage noir, et la magie se mit à tournoyer autour d'elle, soulevant légèrement sa robe.

– Est-ce ainsi que vous recevez une invitée ? Vous la dévisagez du haut de votre trône, sans même lui offrir un siège ou une tasse de thé ? l'accusa-t-elle.

Tout en parlant, un fauteuil apparut derrière elle, sur lequel elle s'installa, ainsi que deux tasses. Une dans ses mains et une autre directement dans les mains de Voldemort. Une théière flotta et se mit à les servir.

Impressionnant…

Elle ne sortait à aucun moment sa baguette. Le mage se mit soudainement à rire alors qu'il la voyait prendre une gorgée de son thé.

– Réellement fascinant. Est-ce que toutes les femmes de cette famille sont aussi extraordinaires ?

– Vous me flattez. Il n'y a rien d'extraordinaire à cela.

Il continua à ricaner et se mit même à boire le thé.

C'était une scène totalement irréaliste. Après un temps silencieux, le mage se lança.

– J'ai cru comprendre ma chère, que vous souhaitiez vous entretenir avec moi. Quelle en est la raison ?

– En effet. Je n'ai guère apprécié votre intervention en ma demeure. Mes réceptions sont totalement neutres et ouvertes aux débats. C'est un lieu de paix et d'échanges. L'attaquer revient à m'attaquer. J'ajouterai à cela, qu'en plus d'avoir injustement tué des sorciers qui étaient mes invités, vous maintenez prisonnière une de mes amies. Je vous serais gré de reconsidérer cette situation et la libérer.

Quelques murmures s'élevèrent dans l'assistance. N'avait-elle donc aucune peur ?!

– Je ne pense pas que vous souhaitiez faire de moi votre ennemie, reprit-elle calmement. Si vous pensez que la famille Malfoy a du pouvoir en ce bas monde, alors dites-vous bien mon cher, qu'ils font pâle figure face à moi. La famille Jean a longtemps dominé le monde politique moldu, et s'est déjà largement imposé chez les sorciers. Alors ajoutez mon pouvoir nouvellement acquis par mon père, et vous vous ferez une bonne idée de la portée de mes paroles.

Voldemort resta silencieux mais donna un regard vers son bras droit qui avait totalement blanchis à ses paroles. Paroles totalement justes, à sa grande honte. Le mage inspecta son invitée. Elle était totalement droite, avec un aplomb effrayant. Alors voilà ce qu'était la Lady Dumbledore, la fameuse Femme de Fer.

Intéressant.

Mais agaçant.

Pour qui se prenait-elle pour le menacer ainsi ? Pourtant, il garda son calme, laissant juste l'aura de sa colère se déverser dans la pièce. Ses suivants se tendirent, terrorisés. Henriette ne fit qu'en soulever un sourcil, pas le moins du monde impressionnée. Lucius qui se trouvait aux côtés de son père, était tout bonnement impressionné. Elle était juste incroyable !

– Je vois. Et pourquoi devrais-je la libérer ? Que me proposez-vous en échange ?

Elle posa sa tasse et amena une main à son menton, se le grattant.

– Hmm...laissez-moi réfléchir… Ma promesse de ne pas prêter main forte à mon père pour vous exterminer ne suffit pas ?

La mâchoire de l'héritier de Serpentard se contracta.

– Une bien intéressante proposition, répondit-il avant de claquer des doigts.

Un mangemort arriva à toute allure à ses côtés.

– Va chercher le cadeau que j'ai prévu pour notre invitée, lui ordonna-t-il.

Celui-ci ne perdit pas plus de temps et s'engagea dans les couloirs du manoir.

– Vous allez adorer, assura-t-il tout en reprenant une gorgée de ce thé délicieux. »


Elle faisait face à Grindelwald à travers les barreaux de sa cellule.

« – Quelle heureuse surprise que tu me fais là, mon petit chat. Tu es venu finir ce que tu avais commencé ?

Elle ne répondit pas. Elle ne devait pas tomber dans le sentimentalisme comme la dernière fois. Cela devait être un acte franc et sans la moindre hésitation. Elle ouvrit la porte et s'engagea dans la cellule. Le Grand Serpent en fit de même et se mit devant elle, empêchant le mage de s'approcher. Celui-ci le regarda et se mit à rire.

– Mais ne serait-ce pas notre Maître Grand Serpent ? C'est un plaisir de vous revoir, dit-il tout en faisant une courbette exagérée.

Le gardien se dressa et lui montra ses crocs tranchants, à quelques centimètres de son visage.

Tu pensais pouvoir m'échapper, être répugnant ?! Je vais récupérer ton âme et te torturer pour l'éternité !

Hermione ne comprit pas un mot de ce que venait de dire le serpent. Elle ne savait pas qu'il utilisait la langue astrale.

Allons bon. Je comprends maintenant pourquoi ma descendante tente de me tuer. C'est le prix à payer pour la rencontrer, n'est-ce pas ? Supposa-t-il en donnant un regard à l'adolescente qui ne comprenait pas ce qui se disait.

Il s'approcha du serpent, et se mit même à le narguer.

Tu ne peux pas me tuer. D'autant plus que tu souhaites que je t'aide avec ceci, n'est-ce pas ? Dit-il en pointant le collier contenant l'âme de Zénia.

Un sifflement long et strident retentit. Le Gardien perdait patience. Prise de courage, Hermione arracha le collier et le tendit à Grindelwald. Elle ne touchait pas la surface de la cage et se retrouvait soulagée de ne pas ressentir la moindre douleur.

– Libérez-la immédiatement ! Elle n'a que trop souffert par votre faute !

Il tendit les mains vers le collier et fit comme un cocon tout autour. Il le couvait presque amoureusement.

– Il est vrai que j'ai passé de nombreuses années avec elle. Elle est ma compagne d'infortune depuis tout ce temps, partagea-t-il comme avec nostalgie.

– Et il est temps que cela cesse ! Imposa-t-elle.

Il lui attribua un regard étrange. Ses yeux dorés brillaient mais ils semblaient moins noyés dans la folie. Il lui attrapa soudainement les mains, et colla son front au sien. Ses yeux étaient plongés dans les siens. Elle en eut le souffle coupé.

– Je te laisserai me tuer mais avant, je veux partager ceci avec toi. »

Et alors qu'elle voulut protester, elle ressentit quelque chose traverser son corps. Elle connaissait cette sensation. Elle plongeait dans des souvenirs.

Les souvenirs de Grindelwald.


Le tourbillon la fit atterrir dans une chambre lumineuse. Elle en reconnaissait une chambre d'enfant. Certainement un bambin par la présence du berceau. Elle s'en approcha par curiosité et tomba sur un nourrisson à la touffe blonde qui gigotait. Elle fut attendrie par ce petit bout de chou et fut transpercé par son regard lingot d'or.

Elle fut absorbée au point de ne pas avoir fait attention à l'arrivée d'une femme qui la traversa totalement. La sensation était assez étrange… Elle fit un pas sur le côté et l'observa. C'était une femme ne devant pas dépasser la vingtaine. Ses cheveux bouclés lui arrivaient aux épaules sur lesquelles ils reposaient. Elle avait un teint ensoleillé et des yeux bleus azurs. Elle portait peu de maquillage mais assez pour la mettre plus en valeur, si c'était possible.

Car cette femme était vraiment belle. Elle dégageait une sensation de pureté, appuyée par ce regard d'une douceur inégalable qu'elle porta à l'enfant. Elle lui caressa le visage et le bébé se mit à babiller, heureux de retrouver sa mère.

« – Bonjour Gellert, mon ange, souffla-t-elle avec amour tout en passant son doigt sur sa joue.

C'était un magnifique tableau.

Mais l'ambiance devint soudainement lourde alors que la porte s'ouvrait sur un homme austère. Gras et large, l'homme faisait bien deux têtes de plus que la mère.

– Eloïse, je pensais avoir été clair ! Ce déchet ne restera pas ici !

Elle se leva et se jeta sur lui, suppliante. Elle semblait faire barrière entre lui et le petit.

– Père, je vous prie de reconsidérer votre décision. C'est votre petit-fils, vous ne pouvez pas le rejeter ainsi !

– Cette ignominie n'est en rien mon petit-fils !

– Il est un miracle, un cadeau fait par la magie même. Comment ne pouvez-vous pas le comprendre ?!

– Je ne crois pas aux miracles ! Il n'est que le fruit de ta tromperie ! Tu m'as fait honte en reniant tes vœux avec le comte Harchi, et il en est la preuve matérielle !

Elle se mit droite, et le défia.

– Je n'ai jamais donné mon consentement à cette union. Vous avez déjà tant de pouvoirs et argent, pourquoi être aussi avare et souhaiter en avoir toujours plus ? Ne voyez-vous donc pas que c'est votre avarice qui a tué Mère. Elle était si malheureuse… !

Elle ne put continuer plus longtemps de parler, qu'elle se fit gifler. Elle fut couchée sec au sol. Elle vit bien qu'il se rapprochait dangereusement de son fils.

– Ne le touchez pas ! Il n'a rien fait !

– Et il paiera de tes actes inconsidérés. Que Merlin fasse que cela suffise pour te remettre dans le droit chemin.

Hermione avait le cœur figé. Elle voyait les mains grasses de cet homme s'approcher du corps fragile. Il allait le toucher ! Il allait l'étrangler ! Par Merlin !

Mais tout se stoppa.

L'homme ne pouvait plus bouger. Hermione en comprit rapidement la raison lorsqu'elle vit la fameuse Eloïse, baguette sortie.

Il avait été pétrifié.

Elle se releva et prit son enfant qu'elle entoura dans une couverture. Le père ne pouvait pas s'exprimer mais on comprenait bien par son regard, qu'il l'interdisait formellement de bouger.

Elle s'agenouilla devant lui et lui présenta plus proche l'enfant.

– Voici votre petit-fils, votre unique héritier. C'est un enfant merveilleux qui sourit à la vie et qui vous aurait totalement comblé en tant que grand-père. Mais il est trop tard à présent. Je le réalise. Pardonnez-moi, père. »

Elle baissa la tête respectueusement, et se releva pour définitivement partir. Lorsqu'elle referma la porte derrière elle, Hermione sentit le tourbillon l'emporter.


Elle se retrouva dans un théâtre modeste, à la scène propre. Des spots étaient braqués dessus et mettaient en lumière une femme qui se mit à danser tout en modifiant son apparence. Les effluves de magie virevoltaient autour d'elle. Ses vêtements se dématérialisaient et inversement en un rythme impressionnant. Elle devenait autant une grande femme noire aux cheveux crépus tressés, qu'une asiatique de taille moyenne à petite poitrine et aux longs et magnifiques cheveux noirs lui arrivant jusqu'à ses chevilles. Elle matérialisait également des pétales de fleurs qui dansaient avec elle.

C'était tout bonnement magique.

Elle ne se lassait pas de regarder le spectacle et remarqua soudainement qu'à côté d'elle, se trouvait un enfant devant avoir cinq ou six ans. Il portait une casquette d'où ressortait de belles boucles blondes comme les blés, ainsi qu'une salopette. Il tapait dans les mains en rythme avec la musique. Lorsqu'elle donna un regard circulaire à la pièce, elle constata le monde présent.

Tous avaient cette étincelle dans les yeux.

Elle comprit que l'enfant devait être Gellert et la danseuse, sa mère.

Le spectacle prit fin et elle vit l'enfant courir rejoindre les coulisses. Ce qu'elle fit à son tour. Gellert se jeta dans les bras de Eloïse qui le réceptionna dans un sourire franc.

« – Tu étais magnifique maman ! Tu m'apprendras ?!

– Bien-sûr mon chéri, lui assura-t-elle tout en le repositionnant sa casquette. »

Elle lui prit la main et ils partirent, sortant par la porte arrière. Ils marchaient tout en chantant. L'enfant y mettait tout son cœur afin de tenir le rythme. Il ne souhaitait pas décevoir sa mère.

Encore une fois, ce beau tableau fut brisé. Trois sorciers les entourèrent. Elle n'eut pas le temps de réagir que son fils et elle furent attrapés. Elle vit l'un d'eux sortir un couteau qu'il dirigea vers la gorge de l'enfant. L'adrénaline gronda en elle, et elle usa de sa magie afin de changer d'apparence. Elle devint plus large et grande, prenant de court le sorcier qui ne réussit pas à la tenir.

Libre, elle se jeta sur celui qui voulait commettre l'irréparable. Surpris, il se retourna brutalement et son arme se planta dans le ventre de Eloïse. Gellert hurla, attirant l'attention sur eux.

Les attaquants paniquèrent, et ils firent ce qu'ils pensaient le plus prudent. Ils laissèrent la femme mourante et emmenèrent l'enfant en transplanant.

Hermione fut emportée par le tourbillon en ne réussissant pas à lâcher la sorcière agonisante du regard.


Elle fut amenée jusqu'à un salon richement décoré mais sinistre et oppressant. Elle y vit ces mêmes assassins traînant un Gellert en furie. Une main le gifla. Cette même main qui avait giflé Eloïse quelques années auparavant. L'enfant se stoppa, surpris. Il n'avait jamais été frappé de toute sa vie. Il leva la tête et tomba sur un regard impitoyable.

Il semblait vouloir le voir mourir à ses pieds. Il en trembla, et se pissa littéralement dessus.

L'homme le gifla une nouvelle fois en le constatant, l'envoyant cette fois-ci valser plus loin. Le maître de maison se retourna vers les autres.

« – Quelle est cette mascarade ?! Où est ma fille ?!

– Cela ne s'est pas passé comme prévu, commença un premier en cherchant bien ses mots.

– Pas comme prévu ? Demanda-t-il en l'invitant ainsi à continuer sur sa lancée.

– Nous allions tuer le petit comme prévu mais elle s'est mise zn travers. Elle a été poignardé. Le garçon s'est mis à hurler et les gens ont commencé à nous remarquer. Notre position était compromise. Nous devions réagir, exposa-t-il.

– Vous...Vous voulez dire que vous l'avez laissé là-bas ?! Bande d'incapable ! Comment osez-vous ?! Et vous me ramenez cette abomination chez moi en plus ! Vous auriez dû le noyer !

– Votre fille a peut-être été sauvé. Mais au cas où, nous ne souhaitions pas revenir les mains vides, dit-il avant de se prendre un sort cuisant.

L'homme porta une main à son visage en sueur. Il ne savait plus quoi penser. Il donna un regard à l'enfant au sol qui pleurait dans sa pisse. Était-ce tout ce qui lui restait pour porter son nom ? La honte l'accablait mais pourtant, quelle autre choix avait-il ?

– Fouillez tous les hôpitaux dans la zone et trouvez-là ! Ordonna-t-il.

Les hommes de mains ne demandèrent pas leurs restes et transplanèrent. Gellert se retrouva seul avec son présumé grand-père. Celui-ci s'approcha de lui, les pas lourds et menaçants. Il l'attrapa par le col de son T-shirt et le traîna. L'enfant se débattait mais en vain.

– Si je dois me retrouver avec un monstre pareil en héritier, alors tentons de faire de toi quelque chose de correct. Je vais t'apprendre à être humain ! s'exclama-t-il tout en le jetant dans une chambre qu'il ferma à clé. »

L'enfant frappa sur la porte, suppliant qu'on le laisse sortir rejoindre sa mère. Mais ses supplications ne furent pas entendues. Et il s'effondra au sol sans même remarquer qu'il se retrouvait dans la chambre que sa mère avait décoré à l'époque pour lui.

Hermione sentit le tourbillon l'entraîner alors qu'elle se retenait de tenter de prendre le jeune dans ses bras. Cela serait sans effet.


Elle se retrouva de nouveau dans le salon. Gellert semblait plus âgé. Peut-être avait-il sept ans. Il portait une tenue stricte, de bonne qualité et se tenait droit sous le regard sévère de son grand-père. Celui-ci lui posait des questions sur la bonne conduite à avoir en société, sur la culture de la magie, etc. Il ne lâchait pas l'enfant qui semblait fatigué par le stress ressenti. Hermione vit soudainement un homme fin et grand se placer derrière le chef de famille et faire des grimaces. Gellert le remarqua à son tour et se retint de pouffer.

Ce qui n'échappa au sorcier.

« – Qu'est-ce qui te fait rire ainsi ?

– Rien, monsieur, répondit-il précipitamment en baissant la tête.

– Qu'ai-je dis à propos du mensonge. Réponds-moi.

– Une aura, souffla-t-il uniquement, tremblotant.

Et le coup partit. Il se prit des coups de canne. Et lorsqu'il fatigua, il se mit à user de sorts.

– Je t'interdis de parler de ces idioties ! Les auras n'existent pas ! Tu les inventes ! Tout est dans ta tête, petit monstre !

– Arrêtez, pitié ahhh !

Gellert hurlait, et tentait de fuir la douleur, mais rien à faire. Hermione n'eut même pas conscience qu'elle avait une main devant sa bouche, ouverte par la surprise. Elle était totalement horrifiée par ce qui se passait.

Le tourbillon l'entraîna, et elle eut encore en fond les cris de l'enfant. Des larmes coulèrent. Par Merlin, comment pouvait-on traiter un enfant ainsi ?


Elle se retrouva de nouveau dans ce salon. Grindelwald était à présent un adolescent. Il devait avoir quinze ans. Le chef de famille semblait bouillir de rage. Il tenait une lettre avant de la jeter à terre et se retourner furieusement vers le plus jeune. A l'aide de sa canne, il lui envoya un coup sec. Gellert fut légèrement décalé sur la droite sous le coup. Il tourna de nouveau son visage vers son grand-père, lui attribuant un regard dénué de sentiment. Il était telle une statue.

Hermione s'empressa d'aller regarder la fameuse lettre et y découvrit que cela venait d'un hôpital. Ils leur annonçaient la mort malheureuse de Eloïse Grindelwald. Elle était donc resté en vie mais dans le coma tout ce temps.

Le maître de maison hurla, semblant ne pas apprécier ce manque de réaction.

« – Sais-tu ce que cela signifie ?! Je n'ai plus que toi...Je n'ai plus que toi pour porter mon nom ! »

Il sortit sa baguette et se mit à le torturer. Le jeune tomba au sol, serrant ses poings et ne lâcha pas un cri. Seule une larme coula, mais Hermione savait à qui elle était destinée : sa mère.

Le tourbillon l'emporta une nouvelle fois.


Elle ouvrit les yeux dans une chambre. Gellert se trouvait sur le lit, plongé dans un journal dans lequel il écrivait ses pensées. Curieuse, Hermione se rapprocha et se mit à lire.

Ma mère est morte et je me retrouve seul avec lui… Il n'a maintenant plus le choix et doit me présenter au monde. Je sais que l'idée le répugne, et je ne peux que me réjouir à l'idée de lui pourrir la vie. Il m'a dit après ma séance « d'éducation correctionnelle » que j'irai dés la rentrée à Poudlard. Je ne crois pas à ma chance. Je vais pouvoir sortir de ce manoir lugubre ! La première fois depuis 10 ans… Vais-je être accepté par les autres sorciers… ? Peut-être qu'il a raison. Peut-être ne suis-je qu'un monstre que les sorciers fuient comme la peste… J'aimerais tellement trouver une personne me croyant. Elle, elle me comprenait. Elle, elle m'encourageait à développer mon " don " qu'elle l'appelait. Elle était si fière de moi… Elle me manque tant !

Hermione n'eut pas le temps de lire plus, qu'elle sentit de nouveau le tourbillon l'entraîner.


Elle reconnut tout de suite le lieu et se sentit immédiatement bien. Elle était à Poudlard, à la bibliothèque pour être plus précise. Elle trouva rapidement Gellert qui semblait chercher un livre en particulier. Elle se mit sur le côté et attendit. Elle remarqua les regards de certains élèves passants près de lui. Les murmures l'entouraient et le visaient lui. Il semblait bien solitaire et au centre de l'attention. Il n'y prêta visiblement pas attention et son regard s'illumina soudainement.

Il prit sa trouvaille, et s'assit rapidement afin de commencer sa lecture. Hermione s'enquit à découvrir le titre du livre : " Monde Astral, fadaises ou réalité ? "

Cela devait être la première fois qu'il trouvait des informations concrètes sur sa condition. Elle se mit à lire avec lui et le vit prendre des notes. Il semblerait qu'il y eut un autre cas connu. Une personne étant apparemment l'enfant d'une humaine et d'un gardien astral. Il en lut la description, les " symptômes " et il s'y retrouva totalement. Le sang-mêlé décrivait l'évolution de son pouvoir, et le fait qu'il avait passé sa vie à les comprendre. Il avait même mis au point un rituel pouvant identifier son géniteur. Gellert n'en croyait pas ses yeux. Il allait pouvoir retrouver son père !

Hermione se fit emporter sur la vision d'un visage ravi.


Elle pouvait presque sentir le vent souffler sur elle alors qu'elle observait Gellert assis par terre, comme en pleine séance de méditation. Tout autour de lui, volaient différentes pierres runiques de différentes tailles. Elle en reconnut certaines inscriptions et sentit un frisson la traverser. Cela faisait appel à la magie du sang et de l'âme. Ces runes étaient très dangereuses. Très instables.

Il rouvrit les yeux dont elle n'en vit plus aucune pupilles. Ce n'était plus qu'un amas de lumière blanchâtre. Il abattit ses deux mains sur le sol, qui se brisa et laissa progressivement un rocher en ressortir juste devant lui. Il y apposa ses mains qui se mirent immédiatement à saigner, blessées par le rocher. Le sang s'écoula sur celui-ci et une fumée rougeâtre se mit à s'en dégager. La roche se mit à se fendre, des inscriptions semblant s'y former. Hermione s'en approcha et écarquilla les yeux en y comprenant le sens. Gellert retrouva son regard doré et put, à son tour, découvrir les inscriptions. Il caressa les rainures délicatement.

" Lur, Gardien de la Nature "

Son père n'était autre celui que l'on appelait autant Mère Nature, Gaïa et tant d'autres. Celui à l'origine de la Terre et sa flore. Hermione en fut déconcertée. C'était tout simplement incroyable. Cette notion de l'univers astrale était réellement un mystère pour elle, et toutes ces histoires qu'on lui racontait lorsqu'elle était petite, prenaient une toute autre dimension. Ces dieux et êtres divins que contaient à travers les générations les moldus, seraient des représentations des Gardiens Astrales ?

Une lueur décidée brillait dans les yeux de l'adolescent. Il sortit une plante qu'il posa sur le sommet du rocher ensanglanté. Il pointa sa baguette.

« Revelium »

Les racines de la plante se mirent à pousser, envahissant toute la surface rocheuse sur laquelle elle reposait. Celles-ci s'infiltrèrent à travers les fissures et se mirent à les écarter brutalement. La roche fut brisée en deux et un halo de lumière s'en échappa. Les racines formèrent un lasso autour, l'invitant à emprunter cette entrée nouvellement créée. La serpentard était totalement absorbée par la scène. Elle le vit passer le halo de lumière et tout simplement disparaître. Elle le suivit après un léger flottement. Et tout tourna autour d'elle.

Lorsqu'elle retrouva la vue, elle ne vit qu'un long couloir de miroirs. Elle semblait comme scrutée par son propre regard. Gellert, lui, en fut totalement retourné. Il regardait de tous les côtés et blanchissait à vue d'œil. Il se mit à avancer, d'une démarche incertaine. Le couloir était comme interminable. Un silence de mort y subsistait. Seul le son de la respiration saccadée de l'adolescent retentissait. Finalement, ils aperçurent une porte. Il se jeta presque sur la poignée afin de l'ouvrir. Il eut beaucoup de mal. Elle semblait lui résister. Il jura férocement et réussit finalement.

L'arrivée fut des plus théâtrale et elle eut une certaine nostalgie assimilée à ses meilleurs amis avec laquelle elle avait l'habitude de ce genre d'entrée en scène. En effet, Gellert et elle se retrouvaient au milieu d'une énorme place, entourés par des centaines de personnes qui s'étaient figés à leur apparition. La porte avait disparue, comme si elle n'avait jamais existé.

Les murmures s'élevèrent. Les regards se fixèrent sur lui, écarquillés, horrifiés.

Une créature humanoïde, assez imposante, aux longues cornes, se détacha de la foule et lui fit face.

" – Que fais un humain parmi nous ?

Gellert prit une bonne inspiration avant de répondre d'une voix assurée.

– Je suis Gellert Grindelwald, fils de Lur et je demande à le rencontrer.

Le dégoût s'installa dans les yeux de la créature qui l'inspecta de bas en haut. Des murmures retentirent une nouvelle fois. On les sentait plus haineux. Des " monstres " et " sang tiède " revenaient souvent. Un accueil des plus chaleureux en soi.

– Un sang-tiède qui pense pouvoir demander quelque chose, se moqua l'être astral.

Des ricanements suivirent sa remarque. Il était clairement pris de haut.

– Parfaitement. Je demande à la rencontrer. Peut-on m'indiquer où il se trouve ?

– Mais bien-sûr, mon bon seigneur. Je vais vous y conduire, rétorqua-t-il dans une courbette surjouée. »

Gellert serrait les mâchoires. Il ne devait pas perdre son sang froid. Il le suivit un long moment. C'était vécu comme une éternité dans laquelle Gellert prit le temps d'observer le paysage. Le ciel était dans des tons mauves et oranges tel un long coucher de soleil. Les infrastructures étaient modernes comme dans son monde, ce qui l'étonna énormément. Ils arrivèrent finalement jusqu'à un immense manoir recouvert par des plantes. La vie semblait immerger de ce bâtiment. Ils débouchèrent sur un jardin coloré où se trouvait une femme à la beauté enchanteresse.

Elle se tourna à leur arrivée et on pouvait constater qu'elle n'avait pas totalement une apparence humaine. Sa peau semblait être faite de pétales. C'était une vision assez étrange.

« – Calysta, le fils de Lur, le présenta-t-il l'humanoïde.

A ces mots, le doux visage de la femme se durcit et sembla comme brûlé. Elle se jeta presque instantanément sur lui.

– Comment oses-tu, misérable sang-tiède, venir ici et prononcer son nom ?!

Gellert était confus. Pourquoi une telle réaction ?

– Je prononcerai le nom de mon père autant de fois qu'il m'en plaira.

Elle fit une grimace à ces mots et le relâcha soudainement, comme si elle venait d'être brûlée.

– Tu sembles si fier de tes origines.

– Plus que fier, je suis heureux de pouvoir rencontrer mon père, confia-t-il.

Elle se mit à rire. Un rire froid qui fit faner les fleurs du jardin.

– Quelle impolie je fais. Il est vrai que tu dois rencontrer ton père, cracha-t-elle presque l'affiliation. Suis-moi.

Ils entrèrent dans le manoir et descendirent de longs escaliers sombres. Cela ne déboucha que sur une unique pièce circulaire où se trouvait une boîte. Hermione l'assimila tout de suite à un cercueil. Mais assez particulier. Des chaînes partant du sol et plafond finissaient par entourer le cercueil, le maintenant fermé.

– Qu'est-ce que cela signifie ?

– Tu voulais le rencontrer. C'est chose faite.

Gellert devint blanc, et porta son attention sur la boîte où semblait reposer son père.

– Pourquoi serait-il ici ?

– Tout cela par ta faute.

L'accusation fut lourde et dure à entendre.

– Que… ?

– Tout à fait. Pourquoi penses-tu qu'il ne soit jamais venu à ta rencontre ? Parce qu'il ne le pouvait pas. Il a été puni pour son acte abominable.

– Quel acte ? Je ne comprends pas !

Elle lui accorda un regard impitoyable.

– Lur, Grand Gardien de la Nature, a été puni pour s'être reproduit avec une humaine. Sa sentence est l'isolation millénaire, l'informa-t-elle tout en caressant la prison. Mon pauvre père, dans sa faiblesse et bonté, a cédé aux charmes de cette humaine!

Gellert sursauta à ces mots. Son père… ? Elle le comprit rapidement et rectifia.

– Un être comme toi n'est qu'une abomination. Mon père n'aurait jamais dû se laisser charmer par cette sang-chaud ! N'imagine pas une seule seconde qu'une erreur telle que toi, puisse être un frère. Je suis Calysta, première des Nymphes, fille aînée du grand Lur. Toi, tu ne seras jamais rien de plus qu'un monstre, cracha-t-elle avec force.

La tête lui tournait. Toutes ces informations allaient l'abattre. Son père était enfermé à cause de sa naissance. Il avait, semble-t-il, au moins une sœur qui le traitait ouvertement de monstre et d'erreur. Il était une nouvelle fois seul.

Le chagrin l'accabla et il ressentit le besoin de toucher cette prison vernis. Au moment même où il la toucha, il sursauta et recula de quelques pas, surpris.

– Cet arbre, je le…., commença-t-il à chuchoter, avant que le gardien astrale ne le coupe.

Il n'eut pas le temps d'en dire plus, qu'elle le mit à terre d'un coup de pied et lui écrasa le dos de son genou. Ses mains furent immédiatement ligotées et son souffle coupé par la violence du coup. Elle lui attrapa les cheveux, lui tirant la tête en arrière afin de le rapprocher de son visage.

– Tu n'es pas le bienvenue ici. Si je te revois, il t'en coûtera, misérable sang-tiède.

Mais alors qu'elle allait se mettre à le pousser, une petite boule de lumière rosée leur fit face. Celle-ci se transforma en une créature formée de pétales et de grands yeux bleus. A chacun de ses mouvements, une traînée de poussière argentée tombait. Elle produisit un son cristallin sous le regard ébahi de la nymphe.

– C'est impossible ! Le monde est totalement détraqué pour donner un familier à cet être, s'exclama-t-elle en repoussant la créature florale.

Elle se mit à traîner son " prisonnier " jusqu'au jardin. Hermione les suivit, avec toujours autant d'intérêt. Ce qui se passait était réellement fascinant. Le familier en fit de même, ne lâchant pas d'une semelle son maître. Gellert se retrouvait penché au-dessus d'un puits, les mains toujours attachées.

– Qu'allez-vous faire ? Vous ne pouvez pas me tuer ! Les gardiens astrales ne peuvent… !

Elle parût contrariée qu'il en sache autant, et son beau visage se durcit une nouvelle fois.

– Je ne peux effectivement pas te tuer directement, le coupa-t-elle. Mais si tu te noies dans cette eau sans créer la porte menant à ton monde, ce sera ton incompétence qui t'aura tué, répondit-elle, moqueuse, avant de le pousser. »

Le sorcier avait bien tenté de résister mais pour son gabarit, elle avait une force incroyable. Il ne put que tomber dans cet interminable puits en pierre. Il cria, persuadé que sa dernière heure était arrivée. Par Merlin, qu'avait-il fait pour mériter ça ?! Mais rien justement ! Il n'avait rien fait ! Il ne méritait donc pas de subir un tel sort !

Il poussa un cri de rage et les pierres composant le puits se transformèrent en miroirs, comme lors de son arrivée. Et lorsqu'il plongea dans l'eau, celle-ci s'illumina et le passage à travers son monde se fit. Hermione s'était jetée à sa suite, le cœur serré. Elle-même n'avait pas retenu son cri, sachant pertinemment qu'elle seule l'entendrait. Elle plongea dans l'eau illuminée et tout tourna autour d'elle jusqu'à ce qu'elle ne sorte finalement la tête de l'eau. Elle savait qu'elle ne pouvait pas s'étouffer, mais c'était plus fort qu'elle. Son cerveau lui hurlait qu'elle manquait d'air.

Soulagée, elle regarda tout autour d'elle et ne vit qu'une longue plage les faisant face.

Ils étaient de retour dans leur monde !

Mais pas de Gellert en vue. Elle replongea, les yeux grands ouverts. Elle remarqua cette boule de lumière rose accompagnée de l'adolescent qui se battait avec ses liens. Elle vit son corps se tendre, il forçait par la seule force de ses bras jusqu'à ce que sa magie l'accompagne.

Et tout explosa.

Ses liens se brisèrent mais l'eau tout autour s'était écartée, propulsée par cette explosion magique. Grindelwald tituba et marcha, trempé et épuisé, jusqu'à la berge sur laquelle il s'effondra.

Hermione ne put en voir plus qu'elle se fit de nouveau emporter.


Elle se retrouva dans un énorme champ de blé où trônait un arbre immense. Gellert y était à côté, l'observant en silence. Il semblait dubitatif. Elle vit la boule rose flottante au niveau de son épaule, dégageant toujours cette poudre argentée.

Elle s'approcha et prit le temps d'inspecter l'arbre. C'était un arbre vraiment ancien. L'élève se rapprocha d'un pas décidé et le toucha. Était-ce l'arbre qu'il avait évoqué à côté de la prison de son père ? Et sous les yeux ébahis d'Hermione, il passa au travers de l'écorce, s'enfonçant dans l'arbre. Hermione, ni une ni deux, le suivit.

Ils se retrouvèrent dans un espace infini, entièrement blanc.

De plus en plus étrange…

Où pouvaient-ils être ?

Soudainement, des pétales apparurent et se mirent à former l'apparence d'une femme. Gellert, pourtant sceptique, vit sa mère prendre forme sous ses yeux. Des yeux à présent mouillés par des larmes de joie, d'espoir.

C'était effectivement sa mère. Hermione la reconnut à son tour. Elle était toujours aussi belle. Elle arborait ce même sourire angélique. L'adolescent perdit ses traits durcit par ces années, et reprit cette expression enfantine, avant de se jeter dans ses bras. Il relâcha tout et pleura sans aucune retenu.

Il ne pouvait pas croire à ce qui se passait. Elle était pourtant morte.

Alors qu'il continuait à pleurer, il ne remarqua pas tout de suite la présence d'une autre personne. Mais Hermione, si. C'était une homme aux épaules très larges, des cheveux noirs longs et tressés, lui arrivant jusqu'aux genoux, une peau jaunâtre, des oreilles légèrement en pointes, et des yeux totalement dorés. Nul doute que cela devait être le fameux Lur. Celui-ci posa une main sur l'épaule de son fils, qui se braqua instantanément.

« – Qui… ?! Commença-t-il avant que sa question ne meurt entre ses lèvres en même temps qu'il tomba sur ce regard si semblable au sien.

Il se gela sur place. C'était son père. Mais comment ?! Il donna un regard à sa mère qui l'encouragea d'un sourire tendre.

– Tu l'as bien compris, mon chéri. C'est ton père, lui assura-elle.

– Je...Que…, balbutia-t-il.

Il en perdait ses mots. Il n'avait pas eu le temps de reprendre constance. Retrouver sa mère l'avait totalement démuni de ses barrières. Lur se pencha à son niveau et n'hésita pas un seul instant à passer sa main sur ses cheveux.

– J'avais tellement hâte de te rencontrer, mon fils, lui dit-il d'une voix chantante.

Et sans attendre, Gellert se jeta dans ses bras. Combien de temps avait-il attendu pour vivre ce moment ?

Hermione faisait face à un tableau de famille des plus chaleureux. Les embrassades furent longues et les explications arrivèrent.

– Comment pouvez-vous être là ?

– Lorsque je suis morte, commença Eloïse, je ne pouvais m'empêcher de penser à cet arbre, l'endroit où nous nous sommes rencontrés. L'endroit où nous avions partagé notre amour. Et alors que je pensais que j'allais rejoindre le monde astral, mon âme a été comme appelée. Sans m'en rendre compte, j'étais entraînée par cet appel, et je me suis retrouvée ici. A l'endroit même où tout avait commencé. Ton père avait réussi à récupérer mon âme à travers le lien qui nous unit à cet arbre.

– Mais, tu étais déjà enfermé, comment… ?

– Lorsque j'ai appris la grossesse d'Eloïse, je savais qu'on ne me pardonnerait pas cet acte. Le monde astral est totalement contre la procréation d'êtres qu'ils appellent " les sangs-tièdes ".

– Qu'est-ce que cela signifie ?

– Tout simplement que ton sang n'est pas aussi chaud que celui de ta mère, ou aussi glacial que le mien.

– Mais pourquoi ?! Détestent-ils les humains ?

– Ce n'est pas les humains qu'ils détestent. Même si ils ne peuvent pas comprendre que des êtres, supérieurs, puissent être intéressés par des créatures aussi faibles que les humains. Mais ce qu'ils craignent réellement, c'est la création d'une nouvelle espèce. Des êtres qui pourraient leur être supérieurs et qu'ils ne pourraient pas contrôler. Ils ont peur de l'inconnu que génère votre création. Car tu n'es pas qu'un sorcier, ou qu'un être astral, tu es plus que cela. Et ça, ils ne le supportent pas.

Gellert comprit un peu mieux les réactions que sa venue avait engendré. Il sentit de nouveau cette grande main lui frotter la tête. Il n'était pas habitué à cette sensation. Il n'avait connu que la main délicate de sa mère. Mais ce n'était pas pour autant désagréable. Bien au contraire.

– Je sais que la vie n'a pas été facile pour toi. Il n'y a pas de mots pour décrire la tristesse que je ressens mais sache mon fils, que tout cauchemar a une fin. Il suffit de s'en donner les moyens. N'oublie jamais que tu es notre fils. »

Hermione ne sentit même pas les larmes qui coulèrent de ses yeux, bien trop absorbée par ce qui se passait devant elle. Par Merlin, elle avait l'impression de regarder un film dramatique. Elle les vit se prendre dans les bras l'un de l'autre, et elle se fit aspirer sur cette image.


Lorsqu'elle réapparut, c'était dans ce même champ. Le ciel était couvert et le vent soufflait impitoyablement. Une chose pourtant dénotait au tableau. L'arbre si majestueux, n'était plus. Il était abattu, éparpillé sur le sol. Mort.

Elle vit Gellert s'activer autour du cadavre. Il était totalement paniqué. Les larmes avaient envahis ses yeux écarquillés. Il se mit à appeler sa mère, son père. Mais seul un silence mortuaire lui répondit. Son corps sembla ne plus supporter la pression. Il avait les genoux au sol, tétanisé. Le désespoir total. Hermione se mit une main devant la bouche, réalisant ce qu'il se passait.

Crac significatif d'une transplanation retentit. Mais l'adolescent n'y prêtait pas attention. Une canne frappa sur le sol à mesure que le nouveau venu s'approchait. La serpentard n'eut aucun mal à reconnaître le Lord Grindelwald, au sourire gras. Il se stoppa à un pas de son héritier dont les larmes silencieuses continuaient à couler. Il claqua des doigts et les deux sorciers qui l'accompagnaient prirent chacun un bras de Gellert, le bloquant sur place. Son grand-père sortit sa baguette et la pointa vers l'arbre déjà abattu. Le jeune sembla le réaliser et ouvrit la bouche, le hurlement prêt à sortir mais qui se bloqua en même temps que sa respiration lorsque le sort s'abattit.

Incendio, prononça avec délectation l'ancien.

Les flammes se mirent à dévorer l'arbre sous le regard voilé de Gellert. Il en avait perdit sa voix. Un nouveau claquement de doigt retentit et ils transplanèrent. Hermione, étonnement, fut elle-même entraînée dans le transplanage. Ils arrivèrent dans ce salon austère où les gorilles jetèrent Gellert sur le sol, aux pieds du plus âgé, qui le regardait avec agacement.

– Je pense que tu ne réalises pas le rôle que tu dois jouer à présent. Je ne te laisserai pas tâcher la réputation de notre famille. Ta mère en a déjà suffisamment fait en te mettant au monde.

Il fit une pause, s'attendant à une réaction. Mais seul un regard perdu lui répondit. Il émit un grattement de gorge avant de reprendre.

– Tu penses que j'allais te laisser passer ton temps auprès de cet arbre ? Les gens parlent. Tu es absent de l'école, tu n'assistes plus à aucune cérémonies, et tu ne parles à personne. Tout ça pour passer ton temps avec ce foutu arbre ! Au moins, maintenant, la question est réglée. »

Gellert ne répondit toujours pas. Son regard était perdu, cherchant comme une voie de secours, une réponse. Ses pupilles s'activaient dans tous les sens. Il avait des airs de fou. Il n'entendait plus rien. Il savait juste une chose. Il devait aller la chercher. La colère gronda et il tenta soudainement à s'extraire à l'emprise des hommes de main. Le même événement magique que lorsqu'il avait les mains ligotées, se reproduisit. Une impulsion magique explosa. Elle repoussa les trois autres personnes présentes dans le salon. Hermione vit la créature de pétale apparaître et se mettre dans la main de Gellert qui l'écrasa sur le sol.

Immédiatement, une lumière rose se répandit sur le sol et un passage s'ouvrit sous Gellert qui tomba dans le vide. Il n'avait aucune peur. Il n'avait qu'un seul objectif : la retrouver.


J'ai énormément apprécié parler de l'enfance de Gellert à travers ces petits passages de souvenirs. Beaucoup d'idées mais très long à mettre en forme. Merci en tout cas à tout ceux qui continuent à lire ma fanfiction et aux nouveaux venus! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!