Réponses reviews :
( nanalou ) Hahaha, non rassure-toi, tu n'as pas perdu la main. Oui, après tout ce qu'elle a vécu, je ne pouvais pas la faire juste battante et toujours aussi courageuse. Elle s'est tout de même fait torturer et violer à répétitions. Elle ne reste qu'une adolescente. Et puis, tous les persos doivent avoir des hauts et des bas =D Ahahah oui, je voulais vraiment garder cet aspect à la fois digne et loufoque que je vois en Henriette. Pour Gellert, cela faisait un moment que j'y pensais depuis la fois où Hermione s'était plongée dans le souvenir un peu trop réaliste de Yelena ( disons-le clairement, elle a fait une sorte de voyage dans le temps imprévu hein xD), il est un être assez unique en son genre par ces pouvoirs liés aux auras, et il a une véritable obsession pour Yelena. Il devait forcément y avoir quelque chose derrière. Et j'ai vraiment aimé développer cette partie de l'histoire. Merci en tout cas ! J'espère aussi que mon inspiration ne se stoppera pas ! Une bonne lecture à toi !
CHAPITRE 27
Elle me reviendra toujours.
Extrait du précédent chapitre:
– Tu penses que j'allais te laisser passer ton temps auprès de cet arbre ? Les gens parlent. Tu es absent de l'école, tu n'assistes plus à aucune cérémonies et tu ne parles à personne. Tout ça pour passer ton temps avec ce foutu arbre ! Au moins, maintenant, la question est réglée. »
Gellert ne répondit toujours pas. Son regard était perdu, cherchant comme une voie de secours, une réponse. Ses pupilles s'activaient dans tous les sens. Il avait des airs de fou. Il n'entendait plus rien. Il savait juste une chose. Il devait aller la chercher. La colère gronda et il tenta soudainement à s'extraire à l'emprise des hommes de main. Le même évènement magique que lorsqu'il avait les mains ligotées, se reproduisit. Une impulsion magique explosa. Elle repoussa les trois autres personnes présentes dans le salon. Hermione vit la créature de pétale apparaître et se mettre dans la main de Gellert qui l'écrasa sur le sol.
Immédiatement, une lumière rose se répandit sur le sol et un passage s'ouvrit sous Gellert qui tomba dans le vide. Il n'avait aucune peur. Il n'avait qu'un seul objectif : la retrouver.
Ils arrivèrent dans cette même place où le temps se stoppa à son arrivée. Il ne prêta aucune attention aux êtres astrales et se mit à courir en direction de la demeure des Nymphes. Il n'était plus lucide. Hermione peina à suivre son rythme. Il était comme possédé. Il débarqua dans le jardin et tomba sur Calysta, accompagnée par d'autres nymphes qui le regardèrent avec surprise.
« – Il faut que je la retrouve ! s'exclama-t-il simplement, essoufflé.
– Que fais-tu ici ? Je t'ai prévenu, tu n'es pas le bienvenue ! s'offusqua-t-elle.
Il se jeta sur elle, et l'agrippa désespéramment.
– Je dois la retrouver. Aide-moi !
Elle fut décontenancée par son comportement, pas du tout à l'aise par la tournure des événements. Sourcils froncés, sa peau se mit à devenir fripée par le stress. Elle le repoussa mais elle s'attaqua à une forte opposition. Il ne voulait pas en démordre.
– Aide-moi !
– Comment oses-tu toucher notre sœur !
– Lâche-la misérable ! Scanda une autre nymphe.
Calysta les fit stopper d'un signe de main.
– Que se passe-t-il ?
– Elle n'est plus là. Elle a disparu !
– De qui parles-tu ? Tenta-t-elle de nouveau, d'un ton qui se voulait calme.
– Ma mère ! Elle était dans l'arbre mais il l'a coupé ! Il l'a brûlé ! Où est-ce que je peux trouver son âme ?!
Un silence suivit sa question. Elle semblait peser le pour et le contre.
– Viens avec moi, lui répondit-elle finalement. »
Ce qu'il fit, sous les regards ahuris des nymphes qui ne comprenaient pas le comportement de leur aînée. Ils s'enfoncèrent dans le jardin, et s'arrêtèrent devant un grand arbre. Calysta y posa sa main et celui-ci s'ouvrit, créant une sorte de porte qu'elle ouvrit pour déboucher sur un escalier. Ils l'empruntèrent, et ils pouvaient déjà sentir la chaleur qui s'en dégageait.
– Nous ne vivons pas parmi les auras des défunts. Ceux-ci vivent dans une autre dimension qui est gérée par un Gardien, lui conta-t-elle.
Si Gellert était trop secoué pour écouter, Hermione n'en perdit pas une miette. Elle semblait deviner de quel Gardien elle parlait. Tout ce chemin les mena jusqu'à un temple ouvert dans lequel se trouvait un immense Serpent endormi.
– Maître Kazja, ce sang-tiède a une requête à vous soumettre.
Le sol trembla sous le poids du reptile qui se mouva. Son regard tranchant sonda l'humain lui faisant face. Arrogance. Ce fut la première chose qu'Hermione ressentit.
– Qu'est-ce que cette créature instable a à me dire, siffla le grand Gardien, qui approcha son énorme tête de l'adolescent.
– Je cherche ma mère, réussit-il à répondre.
Le Gardien émit un sifflement tremblotant qu'on pouvait associer à un rire.
– Mon garçon, pourquoi devrais-je t'aider à trouver ton humaine de mère ?
– Parce que je vous le demande, rétorqua-t-il avec aplomb.
Calysta se tendit. Réalisait-il seulement devant qui il se trouvait ?! Elle lui frappa l'arrière de son crâne, lui faisant tomber un genou au sol.
– Surveille tes paroles ! Maître Kazja est l'un de nos plus anciens gardiens !
Ce même sifflement retentit encore.
– Laisse, j'aime son caractère. Quel est son nom ?
– Eloïse Grindelwald ! Répondit-il tout en relevant la tête.
Le grand serpent s'approcha d'un miroir circulaire qui flottait près de lui. Il siffla le nom de sa mère et attendit. Des écritures se formèrent et un sifflement gronda. Il semblait exaspéré.
– Votre mère n'a jamais été sous ma gestion. Et tout cela à cause de ce cher Lur, qui s'est amusé à emprisonner son âme dans cet arbre.
– Je sais cela mais cet arbre a été abattu. Alors où est-elle ?!
– Comme je te l'ai dis, je n'ai jamais eu son âme. Elle ne dépend pas du monde astrale, mais uniquement de cet arbre. Si cet arbre est mort, alors son âme s'est dispersée dans la Terre à travers ses racines et a disparu, expliqua-t-il froidement.
Les mots le gelèrent sur place. Voulait-il dire que…
– Il n'y a plus rien à faire… ?
– Non, son âme est irrécupérable, même pour moi, assura-t-il. »
Gellert se mit à trembler, la tête basse, les épaules relâchées. Comme destitué de toute énergie. Calysta le regarda étrangement. L'air devenait lourd. Le vieux gardien lui-même le regarda de manière concerné. Il se passait quelque chose.
Tous le savaient.
Et effectivement, cela arriva.
Il poussa un hurlement déchirant qui fit exploser sa magie tout autour de lui. Cette vague frappa la dimension et la déchira de tous les côtés. Des cris s'élevèrent, et des âmes se mirent à s'échapper par ces ouvertures inattendues. Il continua à hurler, frappant le sol qui se brisa sous ses coups. Il reproduisit la même scène que chez son grand-père, et écrasa son familier sur le sol, créant cette brèche par laquelle il s'échappa.
Le Grand Serpent se mit à donner des ordres de tous les côtés afin de récupérer ces auras en fuite mais arbora une expression froide. Ce qu'il venait de voir lui avait donné un frisson. Cet être isolé avait réussi à déchirer les barrières de sa dimension, dans laquelle il était le seul maître.
Que serait-il capable de faire d'autre ?
Hermione comprit immédiatement où elle se trouvait lorsqu'elle vit les murs de ce manoir si froid. Gellert était silencieux, faisant face à son grand-père qui se maintenait debout par sa canne. On sentait que les années pesaient sur le corps du sorcier. Il regardait son héritier avec dédain.
« – Que fais-tu ici ? N'as-tu pas encore compris ? Retourne à Poudlard immédiatement !
Hermione remarqua des tics prononcés chez l'adolescent. Son regard était comme brouillé, aveuglé par la rage. Il tournait frénétiquement sa tête sur un côté, dans un geste maladif. Sa folie se dévoilait. Ses mains se contractaient brutalement pour se décontracter immédiatement après. Elle l'associa à une bête enragée qui jugeait quel était le meilleur moment pour se jeter sur sa proie. Mais l'ancien, bien trop arrogant, ne le comprit même pas.
Au contraire, il attisa encore plus sa colère.
– Si seulement elle n'avait pas cédé à ces idioties, je n'aurais pas besoin de supporter un incapable tel que toi ! Commença-t-il en s'asseyant sur un fauteuil. Eloïse était si parfaite. Une sang-pure digne de sa lignée. Mais toi, qu'es-tu ? Un misérable sang-mêlé qui n'apporte que la honte sur notre famille ! Quelle disgrâce ! Continua-t-il en donnant un regard au plus jeune qui était toujours statique. Baisse le regard, impertinent ! Ordonna-t-il.
Hermione vit que les yeux de Gellert s'humidifiaient. Elle savait que la rage prenait possession de lui. Elle craignait le pire.
Et elle avait raison.
– Baisse immédiatement les yeux, répéta-t-il tout en se levant, se dirigeant brutalement vers Gellert.
Il ne se tenait qu'à quelques centimètres de lui. Il tentait de s'imposer devant lui mais il se fourvoyait totalement. L'adolescent ne baissa pas le regard, et ne s'écrasa pas devant lui. Il ne le ferait plus. Il en avait fini de jouer un rôle.
Le maître de maison réagit de la même façon qu'il avait l'habitude de le faire depuis toutes ces années, et leva sa canne, prêt à le frapper. Mais le coup n'atteignit pas sa cible, et son bras fut stoppé en l'air. Il émit un geignement de douleur alors que son poignet se faisait serrer.
– Lâche-moi !
– Vous qui pensez pouvoir tout régler par la violence, vous ne pouvez pas supporter l'idée que je puisse vous dominer ? Demanda-t-il dans un sourire impitoyable.
Ses pupilles étaient dilatées, et son sourire mangeait un grosse partie de son visage, le déformant par la folie. Hermione ressentit un frisson d'effroi en voyant son expression. Effroi que partagea le plus ancien.
– Comment oses-tu me tenir tête ? Pour qui te prends-tu ?!
Gellert ne répondit pas, mais un craquement violent retentit, suivi par le hurlement de douleur du sorcier. Celui-ci haletait, et pourtant, son bras brisé n'était toujours pas libre. Il était toujours maintenu par sa poigne. Avait-il toujours eu autant de force ?
Les genoux fléchis, il remonta son regard vers son petit-fils, et ressentit pour la première fois de sa vie, la peur. Ce regard luisant de vengeance lui était dédié. Il lui semblait si grand, et si écrasant devant lui. Il allait se faire dévorer. Il tenta de s'échapper de son emprise, cherchant à récupérer sa baguette, mais à son plus grand désarroi, celle-ci se trouvait déjà dans l'autre main de Gellert. Il l'observait sous tous les angles.
– Savez-vous toutes les douleurs que vous m'avez infligé avec cette baguette ?
– Ne..Ne penses pas t'en sortir comme ça. Tu suivras mes ordres. Si tu es encore là aujourd'hui, c'est uniquement parce que je l'ai bien voulu !
– Oh, mais devrais-je donc vous remercier de m'avoir offert cette vie misérable ? Cette vie sans elle ? Mais oui, milles merci à vous de m'avoir retiré tout ce à quoi je tenais, tout ce que je chérissais et qui me chérissaient. Merci d'avoir fait de moi le monstre dont vous parlez depuis tout ce temps. Merci de m'avoir ouvert les yeux. Mais surtout, merci de m'avoir donné le courage de faire ce qui va suivre, finit-il par dire dans un sourire qui s'éteignit.
Il n'en dit pas plus, relâchant le sorcier et le poussant à terre. Mais ces non-dits promettaient le pire. L'ancien se traîna tant bien que mal, tentant de mettre de la distance entre lui et Gellert. Ses traits étaient déformés par la peur et la douleur. Il se mettait à hurler.
Hurler à l'aide.
Hurler sa douleur.
Hurler pour sa mort proche.
Des supplications qui n'eurent comme réponse qu'un rire méprisant.
– Si vous pensez recevoir de l'aide de ces gorilles, vous pouvez attendre longtemps. Le seul moyen pour vous de les revoir, sera de…., laissa-t-il en suspend mais en mimant la suite, faisant le signe de la gorge tranchée.
Le signe de la mort inévitable.
Le chef de famille perdit les dernières couleurs qu'il lui restait. Ce n'était plus le jeune qu'il maîtrisait d'un simple haussement de voix. Il faisait face à un meurtrier. Un meurtrier l'ayant pris pour cible.
La dernière solution qu'il lui restait.
L'émouvoir et le supplier.
– Tu..Tu ne… ne peux pas faire ...ça. Je suis ton grand-père. Je… !
Mais le silence lui répondait. Un silence mortel.
– Tu n'es pas comme ça ! Tu..Tu n'es pas un monstre !
Seul le son des pas lourds et imminents de Gellert retentissaient en échos à ses geignements.
– Que penserait ta mère ?!
Il eut pour la première fois une réaction. L'étudiant s'était stoppé. Figé d'un coup par ces mots. Le sorcier prit cela comme une voie de secours, et continua avec force.
– Comment peux-tu tomber aussi bas ? Tu souilles la mémoire de ta mère ! Elle ne voudrait pas que tu deviennes un meurtrier. Le meurtrier de ton grand-père !
Statique, il relâcha ses épaules, et ne montra aucun signe de nouvelle progression vers le blessé. Peut-être baissait-il les bras, se dit l'ancien. Une chance de s'en sortir.
– Voilà, c'est ça mon garçon. Rends fier ta mère. On va tout reprendre à zéro. Je te traiterai mieux. Je te pardonne pour ce que tu as fait. Je te pardonne tout ! Il ne t'arrivera rien, ne t'inquiètes pas, continua le grand-père avec plus de conviction.
Soulagé.
Confiant.
Le corps de Gellert tressauta et s'arqua soudainement en arrière dans une courbe prononcée. Les yeux en l'air et exorbités. La bouche grande ouverte et les bras jetés en arrière. Avant qu'un rire glacial ne sorte de ses entrailles.
Apeuré.
Désarçonné.
Ses mots n'avaient pas eu l'effet escompté, et il réalisait qu'il n'y avait plus rien à faire. Qu'il était condamné à mourir de sa main.
Le rire était coupé par des hurlements puissants. Il était en pleine crise de folie, mais surtout, de détresse. Les émotions qui se dégageaient de cette scène étaient trop intenses pour Hermione qui en avait le souffle coupé. Elle sentait l'air étouffant.
Son rire se stoppa et telle une bête sauvage, il se jeta sur lui, l'attrapant par la gorge. Il le redressa ainsi, l'étranglant progressivement. Ses yeux dorés étaient toujours dilatés, mais des larmes s'en échappaient.
– Vous me pardonnez ? Qu'en penserez ma mère ? Ces mots m'ont juste fait rire comme jamais. De quoi devriez-vous me pardonner ? D'être venu au monde ? Vous savez ce que je suis, n'est-ce pas ? Vous savez qui est mon père, et vous avez toujours nié son existence. Nié mon existence. Mais en fait, vous ne faisiez que ressentir de la peur. La peur de ce que je pourrais devenir, hmmm ? Demanda-t-il tout en rapprochant son visage du sien.
– Ahhhh !
– Peur du monstre que je suis, et que je risque de devenir. Mais qui est le monstre dans l'histoire ? L'enfant battu ou le père qui a tué deux fois sa fille ?
L'incompréhension traversa le regard du père.
– Vous avez détruit cet arbre sans jamais vous demander pourquoi j'y accordais tant d'importance. Mais je vais vous le dire. Parce que, commença-t-il avant de rapprocher sa bouche de son oreille, l'âme de ma mère y était enfermée avec celle de mon père. Oui, cet arbre que vous avez coupé et brûlé avec tant de fierté, était le dernier refuge de votre précieuse fille.
Il écarquilla les yeux.
– Votre acte a non seulement brisé ce refuge mais surtout, dissipé son âme dans la Terre. Elle a totalement disparu ! Il ne reste plus rien d'elle ! Elle est la nature qui nous entoure, mais son âme est à jamais dispersée. Vous me l'avez enlevé pour l'éternité !
Au fil de ses mots, il resserrait toujours plus sa prise, ignorant les gestes désespérés du blessé qui n'avait plus d'air. Et qui mourrait. Les larmes coulaient toujours des yeux froncés de Gellert. Il ne ratait pas une miette de la détresse de celui qui lui avait gâché la vie. Il le regarda se raccrocher à la vie. Il le vit rendre son dernier souffle sous le craquement sec et net de sa nuque. Et il regarda ce corps sans vie restant dans sa main.
Aucune compassion. Juste un regard vide à présent. Il le jeta au sol, et fut sur le point de partir lorsqu'il se passa un événement qu'il n'avait pas prévu. L'âme du défunt s'élevait du corps et tentait de le fuir. Lorsque Gellert s'en rendit compte, il poussa un hurlement.
– Reviens ici ! Cria-t-il, une main tendue vers lui. »
Mais alors que Hermione pensait qu'il réussirait à rejoindre l'au-delà, le familier astral de Gellert s'écrasa sur la poitrine de l'aura et cette chaîne qu'elle connaissait si bien, se matérialisa et atterrit dans la main du sorcier. Lui-même ne comprit pas tout de suite ce qui venait de se passer. Comment avait-il fait ? Il regardait cette chaîne avec incompréhension. Il fut rappelé à l'ordre lorsqu'il sentit l'âme tirer.
Il était désespéré.
Mais Gellert resserra la prise, et tira vers lui, brisant toute volonté de fuite. L'aura se recroquevilla au sol, apeurée et souffrante. La serpentard ressentait des frissons à la vue de cette chaîne. Elle n'aimait pas du tout se rappeler de cet état. Le sorcier prenait le temps d'analyser ce qui se passait. Tout était allé très vite. Il palpait la chaîne, comme pour se convaincre de son existence.
Et finalement, sourit.
Un sourire froid, et effrayant sur lequel Hermione se sentit absorber. Elle allait passer sur un nouveau souvenir.
Le tourbillon la fit atterrir de nouveau dans Poudlard. Plus précisément dans la Grande Salle où des chuchotements s'élevaient dans toutes les tables. Le chahut était créé par un article dans la Gazette que Hermione s'empressa de consulter. Il parlait de la mort soudaine du Lord Grindelwald dont le manoir aurait explosé et brûlé entièrement. Il ne resterait que des cendres. Sans aucuns suspects. Une affaire totalement lugubre. On parlerait de vengeance, de conflits politiques et économiques. Mais rien de concret, préciserait le Bureau des Aurors. L'article faisait également mention de Gellert, qui se trouvait être le dernier héritier de cette longue et riche lignée sorcière britannique. Un prétendant alléchant que les familles risquaient de se battre.
Cet article lui donna la nausée. Gellert était dépeint comme un morceau de viande qu'on lançait à des fauves affamés. En effet, elle comprenait très bien ce que cela impliquait. Il était à la tête d'une énorme fortune, des actions et de multiples sociétés. Un jeune facilement malléable et influençable. Le marier à leur fille leur permettrait de récupérer ses biens.
Elle remarqua justement Gellert, à la table des serpentards. Il était entouré par de nombreux élèves qui tentaient de lui parler. Fille ou garçons, ils tentaient leurs chances. Une amitié comme un mariage restait avantageux pour les familles des élèves. Ils devaient se faire une place dans la vie de ce fortuné orphelin.
Gellert les ignorait, continuant à manger silencieusement. Certains semblaient contrariés par ce manque d'intérêt. Mais bien obligés d'arborer ce sourire de convenance. Après une dernière cuillère, il se leva, prenant son sac avec lui. Des plaintes s'élevèrent, mais il n'en avait que faire.
Elle le suivit à travers les couloirs et ils arrivèrent jusqu'à la forêt interdite. Mais qu'allait-il y faire ? Sa démarche était confiante. Il savait où est-ce qu'il allait. Ce n'était pas la première fois qu'il venait. Il s'arrêta, jeta son sac par terre avant de s'allonger sur le sol. En cette période de l'année, l'herbe envahissait la terre. Tel un tapis naturel sur lequel il se reposait. Il ferma les yeux et apprécia le moment. Ses mains se mirent à caresser l'herbe. Le vent chatouillait son visage avec délicatesse.
Ainsi, il avait l'impression de pouvoir la sentir avec lui.
Comme si elle le berçait.
Dans ce moment de méditation, il ne se rendit pas compte que quelqu'un s'approchait. Mais Hermione, oui. Elle en fut émue. Cette personne s'allongea à ses côtés, et Gellert mit du temps à réaliser sa présence. Surpris, il eut un mouvement de recul. Son visage était suspicieux et confus.
Encore une autre cruche envoyée par ses parents pour le charmer.
« – Désolée, je ne voulais pas te déranger. Tu paraissais si bien ainsi, que j'ai voulu essayer à mon tour, lui précisa-t-elle.
Le silence lui répondit. Il la jugea du regard. Sa beauté était sans conteste. Mais ce n'était pas la première qu'il avait vu et ne serait pas la dernière. Il ne baisserait pas sa garde face à ce joli minois. Mais alors qu'il estimait qu'elle ne méritait pas son attention, il la vit fermer les yeux et tapoter le sol à côté d'elle.
– Viens. Je ne voulais pas te couper. Tu peux continuer. Je sais qu'elle te manque à toi aussi, ajouta-t-elle en restant couchée sur l'herbe.
Surpris, il se contracta. De quoi parlait-elle ?
– De quoi parles-tu ?
Elle ouvrit les yeux et les planta dans les siens.
– De ta mère voyons.
Il sursauta. Comment… ?!
Elle se redressa, lui faisant face. A moins d'un mètre de lui.
– Cette blessure que tu as là, commença-t-elle tout en pointant sa poitrine, on la retrouve dans tes yeux. Tout comme moi, finit-elle par dire en lui faisant un sourire triste.
– Comment sais-tu cela ? Demanda-t-il, sur la défensive.
– Ce n'est un secret pour personne.
– Je pourrais très bien être triste pour mon grand-père, contre-attaqua-t-il.
Elle parut songeuse avant de lui répondre.
– Sans vouloir t'offenser, ton grand-père était réellement une personne méprisante. J'ai eu l'occasion de le rencontrer à plusieurs reprises. Il m'est impossible d'imaginer que tu puisses ressentir la moindre tristesse suite à son décès, répondit-elle franchement.
D'abord ahuri par cette réponse si directe, il fit ce qu'il n'avait plus fait depuis tant d'années, et il se mit à rire. Un rire sans retenu et des plus sincère. Il relâchait tout. Sa colère, sa tristesse, ses angoisses et sa peine. Tout. Au plus il riait, au plus ses larmes se mirent à couler le long de ses joues. Elle s'allongea de nouveau sur le sol et ferma ses yeux dans un magnifique sourire. Elle tapota une nouvelle fois à côté d'elle, l'invitant à reprendre sa place.
Ce qu'il fit, tout en fermant à son tour ses yeux. La brise les caressa avec amour alors que, tous deux, semblaient profiter de ce moment unique.
– Comment t'appelles-tu ? Lui demanda-t-il soudainement, en tournant la tête vers elle.
Elle en fit de même avant de lui répondre, ses yeux droit dans les siens.
– Yelena Tolstoï, souffla-t-elle dans un sourire éblouissant. »
Ce fut instantané et puissant mais, Gellert Grindelwald était tombé amoureux.
Hermione sentit qu'elle se faisait emporter par le tourbillon. Mais c'était différent. Plus intense. Elle reprenait conscience.
Elle ouvrit ses yeux et les plongea une nouvelle fois dans ces deux lacs dorés. Ce regard dans lequel elle fut happée.
Voldemort et Henriette ne se lâchaient pas du regard. C'était un duel de force. Le premier qui le détournait, montrait sa faiblesse. Et elle le maintenait, avec le sourire. Voldemort, lui, avec confiance. Il n'attendait que le retour de son subalterne avec son cadeau. Mais que faisait-il ? Il était trop long !
Il commençait à s'impatienter.
Il réfléchissait sur la question de la torture longue ou courte qu'il infligerait au mangemort à son retour. Ses réflexions furent coupée par l'arrivée du dit mangemort qui était blanc comme un linge. Et surtout, il était seul. Sans le présent. Fait qui en fit oublier la torture au mage.
« – Que se passe-t-il ?! Demanda-t-il, froidement.
– Elle...Elle...e...elle, bégaya-t-il, effondré à l'idée de devoir annoncer cela.
– Parle ! Ordonna-t-il tout en tapant du poing sur la table, faisant sursauter l'ensemble des mangemorts.
La colère marquait ses traits.
– Elle….elle a disparu, réussit-il à répondre, la tête basse.
Une fois l'information divulguée, il se jeta au sol, son visage collé au carrelage. Il était tel un ver de terre suppliant pour sa vie.
L'air se refroidit. Et un sourire fleurit sur les lèvres de Henriette. Lucius pour sa part paniqua. Ce n'était pas prévu qu'elle sorte de sa cellule. Mais alors qu'il imaginait tous les scénarios possibles, il repéra le signal.
Maintenant ?
Oui, elle lui faisait clairement comprendre qu'il devait passer à l'action.
Alors que Voldemort déchaîna sa colère sur le serviteur, une explosion retentit dans le manoir. Ils furent tous surpris. Une attaque ? Que se passait-il ?! Le mage noir regarda tout autour de lui et ne vit aucun la baguette levée.
– Cherchez d'où provient l'attaque. Vérifiez les barrières de protection ! Immédiatement !
Une nouvelle explosion et les rangs de mangemorts paniquèrent. Comment avaient-ils réussis à venir jusqu'ici ? Voldemort plongea finalement sur la Lady, baguette dirigée vers elle. Mais à ce moment là, il remarqua un nouvel objet.
Un miroir qu'elle tenait et dans lequel elle se regarda.
– Vous allez regretter d'avoir fait de moi votre ennemie, mon cher, s'exclama-t-elle avant de disparaître dans le miroir et se faire remplacer par nulle autre que Albus Dumbledore.
– Toi !
– Je mentirais si je disais que tu m'as manqué, Tom, répondit le directeur de Poudlard. »
Le mage noir poussa un cri de rage et lança un sort en direction de celui-ci. Les explosions continuaient, secouant le manoir. Les sorciers s'activaient tout autour d'eux mais n'en trouvaient pas la cause. Où étaient leurs attaquants ?! Voldemort n'y accordait plus d'importance. Il avait son ennemi principal devant lui. Et il allait le tuer une bonne fois pour toute. Mais animé par une force nouvelle, Dumbledore lui tint tête avec encore plus de rage. La vie de sa descendante dépendait de lui. Il ne laisserait personne lui barrer la route. Il enchaîna les sorts, mettant progressivement l'héritier de Serpentard dans une position fâcheuse. Celui-ci ne reconnaissait pas cette hargne chez son ancien professeur. Il contre-attaqua, feinta et esquiva mais se retrouva essoufflé. La panique semblait prendre le dessus. La peur de...mourir ? Les yeux écarquillés, il ne réalisait même la perte de contrôle sur sa propre magie.
Lucius de son côté, fit semblant de chercher les intrus, sachant qu'il n'en trouverait aucun. Il était le responsable des explosions faites par des bombes moldus. Il n'avait pas cru la Lady lorsqu'elle lui avait exposé son plan. Des bombes qui exploseraient à distance au moyen d'un simple bouton. Ridicule. Et pourtant, il y croyait maintenant. Elles n'étaient pas assez puissantes pour détruire la bâtisse mais suffisamment pour faire trembler les murs et provoquer cette panique générale. Son seul objectif était de trouver Yulia.
Plongée dans son regard, son front toujours contre le sien, Gellert lui souffla ces quelques mots.
"– Suite à cela, nous sommes devenus inséparable et j'ai rencontré Albus qui est devenu mon meilleur ami. J'étais heureux. Mais je ne pouvais pas la laisser entre ses mains. Il n'avait qu'un seul but : devenir plus fort. Albus se laissait charmer par le pouvoir et en arrivait à la négliger. Je ne pouvais pas la lui laisser. Elle était destinée à finir à mes côtés, confessa-t-il.
Hermione recula, mettant de la distance entre eux. Elle avait un regard confus. Mais alors que le Gardien allait siffler son mécontentement, un bruit retentit. Un loquet se déverrouilla et des menottes tombèrent. Gellert et Hermione regardèrent leur cheville et écarquillèrent les yeux. Ils étaient libres.
Mais comment… ?! Grindelwald se mit à ricaner. Elle le regarda avec incompréhension.
– Cela doit venir des explosions qui ont retenti, exposa-t-il.
De quelles explosions parlait-il ?
– Tu étais plongée dans mes souvenirs lorsque cela s'est passé. C'est normal que tu ne t'en sois pas rendu compte.
– Qu'est-ce que cela signifie ?!
– Que notre cher Tom a perdu le contrôle de sa magie et que nos chaînes sont à présents brisées.
Non ! Il avait donc retrouvé ses pouvoirs ! Il ne lui laissa pas le temps de le réaliser. Il porta sa main au collier retenant Zénia.
– Reviens, somma-t-il.
Le collier se dématérialisa totalement, se transformant en particules rosées qui s'unifièrent en une seule et même forme. Son familier ! C'était donc ça !
– C'est un cadeau de ma part. Dis son nom et elle sera libre.
Hermione sursauta à ces mots.
– Désolé, je ne peux plus te laisser me tuer. Mais je sais à présent que même sans Zénia, tu continueras à me pourchasser. Sois forte et attrape-moi si tu le peux.
Le Grand Serpent réagit plus vite et tenta de s'enrouler autour de lui, mais Gellert l'attrapa d'une poigne ferme, l'étouffant.
– Je ne suis plus un petit garçon, Kazja. Souviens-t'en, lui conseilla-t-il avant de disparaître sous les yeux d'Hermione. »
Celle-ci avait bien tenté de faire quelque chose, mais la magie de Gellert l'avait figée. Toute cette puissance lui avait coupé le souffle. Elle n'avait rien pu faire. Ce regard doré et brillant qui s'était posé sur elle, l'avait dissuadé de la moindre tentative. Elle se rendit compte que se trouvait dans sa main, la pierre retenant l'âme de Zénia. Elle la serra avec espoir.
– Zénia Tolstoï, prononça-t-elle. »
Ses prières furent entendues car l'âme de Zénia s'échappa enfin de sa prison.
Hermione ressentit un tel soulagement qu'elle ne se rendit même pas compte qu'elle était en train de tomber au sol. Elle s'était tout simplement évanouie.
Lucius paniquait. Il ne la trouvait nulle part. Mais où est-ce qu'elle pouvait bien être ? Il l'avait cherché de partout ! Partout, sauf… ! Mais qu'est-ce qu'elle ferait là-bas ? Incertain, et pourtant, n'ayant pas le choix, il se mit à courir en direction de la cellule du premier prisonnier. Il ne savait pas qui c'était, mais son père lui avait souvent dit que c'était une personne très spéciale. Le cœur rebondissant, il arriva enfin et constata la cellule ouverte et le corps de la sorcière.
La voir ainsi fut une véritable alerte pour lui. Il fut à ses côtés en seulement une seconde avant qu'un grand serpent noir lui fasse face. Il était menaçant et faisait barrière entre eux. Ce n'était pas le serpent de Yulia. Il ne le connaissait pas et semblait vouloir la protéger. Il s'approcha lentement, évitant les mouvements brusques.
« – Je suis là pour l'aider, informa-t-il. Je suis là pour la sauver !
Le serpent siffla, incertain. Le moment fut long et angoissant. Il s'attendait à tout moment de se faire mordre par celui-ci.
– Laisse-moi l'aider, je t'en prie. »
Le reptile siffla longuement et finalement, s'écarta, le laissant s'occuper de Hermione. Il tenta un temps de la réveiller et comprit rapidement qu'elle ne reprendrait pas conscience. D'un coup d'œil, il put constater de son état physique. Elle avait maigri et son corps était criblé de blessures. Le cœur serré, il la prit dans ses bras et partit. Le Gardien les suivit, doublant même le blond. Il souhaitait être en première ligne pour écarter les potentiels opposants.
Il savait où il devait se rendre.
Ils n'étaient pas loin d'une cheminée empruntée par les mangemorts envoyés en mission. Il y plaça Hermione à l'intérieur et jeta un sort sur la cheminée avant de prononcer la destination. Elle serait ainsi intraçable.
" Manoir Prince "
Des flammes dévorèrent le corps inanimé de la sorcière, ainsi que du Gardien, sous le regard à présent soulagé du blond. Elle était sauvée ! Il eut l'impression de retrouver son souffle. Il avait réussi ! Il n'y croyait pas encore. Mais il n'en avait pas encore fini !
Il se reprit et courut en direction du combat. Celui-ci devait se finir rapidement. Il appuya une nouvelle fois sur le bouton actionnant les bombes. Mais celle-ci était spéciale. Elle dégagea de la fumée verte dans la grande salle où se tenait Albus, qui en comprit immédiatement le sens.
Cela signifiait que Hermione était délivrée et en sécurité. Et qu'il devait à présent écourter ce combat.
Il voyait bien que Tom fatiguait. Il ne lâchait pas le morceau mais ses traits se contractaient. Il n'avait plus d'yeux que pour le sorcier. Il ne prêta même pas attention à la fumée. Albus cependant, avait une dernière chose à faire avant de s'enfuir. Il avait remarqué la présence de Yoka, le serpent de Yulia, qui semblait agoniser.
Il ne pouvait pas partir sans elle.
Il repoussa Tom violemment contre un mur au moyen d'un Stupéfix, et brisa la chaîne du reptile qui allait s'enquérir de sa maîtresse. Il la ramena à lui précipitamment.
– Yulia est en sécurité. Nous allons la rejoindre, la rassura-t-il.
On entendit à ce moment-là, le hululement de son phœnix qui plongeait jusqu'à eux. Le sorcier tourna son regard vers Voldemort et lui fit un sourire triomphant.
– A la prochaine, Tom, lui envoya-t-il avant de disparaître dans le brasier de son phœnix qui les emporta avec lui. »
Les flammes se propagèrent et se mirent à dévorer la bâtisse. Voldemort se trouvait au milieu, le visage vers le sol, le regard fixe.
Il avait encore perdu face à lui ! Il ne put faire qu'une seule chose. Exprimer sa colère. Tout explosa autour de lui, et l'un des débris atteignit Lucius au front, qui sous le choc, perdit connaissance. Les cris du maître ne cessaient pas. Il réalisait à peine ce qu'il avait dit. Elle est en sécurité. Ils l'avaient enlevé ! Il transplana jusqu'à sa cellule et ne la trouva pas. C'était totalement vide. Comment était-ce possible ?! Un frisson le traversa. Qu'en était-il de Grindelwald ?!
Il transplana de nouveau et trouva la même chose. Une cellule vide. Et une pierre qu'il reconnut comme étant celle avec laquelle il l'avait torturé. Elle ne brillait plus. Totalement vide. La colère le foudroya. Il s'était totalement fait avoir ! Il tomba à terre et se mit à frapper de ses poings le sol en pierre. Ses mains furent en sang au fil de ses coups. Abraxas le trouva ainsi, plongé dans sa fureur destructive.
Il n'osa pas prononcer un mot. Pourtant, il resta à ses côtés. Attendant que cela lui passe. Le moment était long et très dur à supporter. Cette colère pouvait à tout moment se retourner sur lui. Il n'en survivrait pas. Il le savait. Et tout cessa. Cela fut soudain. Silencieux. Un sourire ravageait à présent le visage du mage noir. Il s'allongea au sol et se mit à ricaner. Le blond en frissonna.
« – Elle reviendra. Elle me reviendra toujours, dit-il enfin, les yeux brillant de nouveau d'excitation. »
Il n'avait fait que perdre une bataille. Le Seigneur des Ténèbres, lui, gagnerait la guerre finale.
