Réponses reviews :
( Love the Original Family ) : Je suis contente que tu sois touchée par son histoire, c'était le but. Oui, mais c'était une erreur. Elle était clairement amoureuse de Albus et non de Gellert en qui elle voyait un frère, un ami très proche. Mais ses actions ont été mené par la folie, rien n'était sensé. Rien que le fait qu'il affirme encore et toujours que Yulia soit sa descendante le prouve. Il est dans le déni total. Oui, au début j'avais prévu qu'elle le tue dans cette cellule mais après réflexion, Gellert est véritablement un personnage clé de l'histoire de la famille de Hermione. Sans lui, sa famille n'aurait pas eu un lien avec les moldus ou en tout cas, pas de cette façon. Tout aurait été différent. Et donc, le tuer ainsi aurait été trop facile. Cela n'aurait pas eu l'impact assez fort que cela mérite. Donc, il devait lui aussi s'échapper =) Et oui, ce bracelet c'est maintenant le gros problème de Hermione. J'espère que la suite te plaira tout autant. Merci encore pour ta review.
CHAPITRE 28
Humains, la dette n'a pas été payée
Extrait du précédent chapitre :
Il n'osa pas prononcer un mot. Pourtant, il resta à ses côtés. Attendant que cela lui passe. Le moment était long et très dur à supporter. Cette colère pouvait à tout moment se retourner sur lui. Il n'en survivrait pas. Il le savait. Et tout cessa. Cela fut soudain. Silencieux. Un sourire ravageait à présent le visage du mage noir. Il s'allongea au sol et se mit à ricaner. Le blond en frissonna.
« – Elle reviendra. Elle me reviendra toujours, dit-il enfin, les yeux brillant de nouveau d'excitation. »
Il n'avait fait que perdre une bataille. Le Seigneur des Ténèbres, lui, gagnerait la guerre finale.
Il entendit le crépitement significatif retentir et son cœur fit un saut. Il se précipita jusqu'à son salon et ne trouva qu'un corps jonchant son sol. Il la reconnut tout de suite.
C'était elle !
Mais alors qu'il allait l'ausculter, il évita de justesse la morsure d'un énorme serpent. Il ne pouvait que remercier ses longues années de mission sur le terrain et les réflexes qui en découlaient. Il pointa sa baguette, le regard froid.
« – Je ne sais pas si tu peux me comprendre, mais écarte-toi immédiatement. Nous n'avons pas de temps à perdre, le prévint-il, plongeant son regard dans le sien sans sourciller.
Le Gardien sembla obtempérer et s'écarta assez afin qu'il puisse accéder à Hermione. Il fit un premier état rapide, constatant les nombreuses contusions et sa peau terne et cireuse. Elle n'était pas en bon état du tout. Il resta pourtant calme. Il le devait.
Il la fit déplacer jusqu'à un lit et se mit à enchaîner les sorts. Le serpent se trouvait à ses côtés, veillant au bon rétablissement de la sorcière. Mais alors que Severus appliquait un onguent sur l'une de ses plaies, la jeune fille ouvrit les yeux brutalement et se mit à hurler.
Elle était totalement déchaînée et prit totalement de court le maître de potion, qui tenta de la maintenir sur place.
– Hermione, tout va bien. Tu es en sécurité ! Je t'en conjure, laisse-moi te soigner !
Elle se débattait, sourde à toutes ses explications. Ce fut à ce moment là que Albus et Yoka arrivèrent. Le sorcier fut à ses côtés, et posa une main sur les yeux de sa descendante qui cessa tout mouvements et tomba de nouveau dans un sommeil profond. Severus se permit de souffler, soulagé pour un temps de cette crise.
– Que lui est-il arrivé ? s'enquit à demander Albus.
– Je n'en sais rien. Elle était comme possédée… concéda le brun, désorienté.
Dumbledore l'inspecta et son regard fut immédiatement attiré par son bracelet. Il pouvait sentir cette effusion de magie totalement malsaine s'en échapper. Par Merlin, que lui avait-il fait ? Il s'assit et montra toute sa fatigue. Il était rongé par l'angoisse depuis son enlèvement, et cela ne semblait pas en finir. Severus de son côté reprit son travail et arriva jusqu'à l'entrejambe de la sorcière.
– Je pense qu'il est mieux pour vous de sortir, Albus.
Le directeur réalisa ce que cela impliquait, et son regard devint sombre avant qu'il ne le ferme, tentant de digérer l'information.
Elle avait été violé.
Il sortit sans un mot et ferma la porte de la chambre derrière lui. Il fila d'une traite jusqu'à l'extérieur et ne put plus se retenir. Il poussa un hurlement de rage, et abattit ses poings au sol. Ce fut ainsi que Henriette le retrouva. Elle se jeta sur lui et lui attrapa les mains afin de l'arrêter.
– Cesse donc de te blesser, que… ?
Il releva son visage vers elle et elle vit des larmes couler. L'homme semblait brisé. Elle comprit tout de suite que cela impliquait Hermione. Elle se leva et courut jusqu'à Severus. Elle ne pouvait pas mourir. Non, elle ne la laisserait pas ! Elle était rongée par l'angoisse. Et elle ouvrit la porte de la chambre sans frapper.
Quelle erreur.
La scène à laquelle elle assista lui brisa le cœur.
Severus avait le visage tourné vers l'intimité de sa petite fille qui était totalement ravagée. Elle était déchirée, le sang séché la recouvrait. Elle n'imaginait même pas les dégâts internes. Elle mit une main sur sa bouche et tomba au sol, totalement assommée par ce fait.
Elle avait été violé.
Violée à maintes reprises.
Severus n'eut même pas le cœur de lui sommer de sortir, et continua de réparer tant bien que mal les dégâts. Lui-même avait essuyé ses larmes. Imaginer la douleur ressentie par Hermione suffisait à lui faire reprendre ses esprits. Comment pouvait-il perdre plus de temps et la laisser ainsi ? Elle avait besoin de lui. Maintenant et tout de suite.
Le feu crépitait dans la cheminée et brisait ce silence mortuaire qui régnait dans le salon. Les occupants avaient les mâchoires serrées, ne semblant pas savoir comment s'exprimer de façon civilisée. Un grattement de gorge profond et un premier se décida.
« – Severus, pourriez-vous nous dire ce qu'il en est de Yulia. S'en sortira-t-elle ? Demanda Matvei.
– Physiquement elle s'en sortira. Voldemort s'en est assuré. Cela n'a pas été fait dans la plus grande délicatesse, mais on peut constater que nombreuses de ses blessures avaient été soigné. Plusieurs fois, précisa-t-il.
Matvei fit un son étranglé.
– Il tenait à s'amuser et " entretenir " son nouveau jouet, ajouta Severus, répondant à certaines questions muettes.
Henriette étouffa une plainte. Par Merlin, elle ne pouvait pas y croire.
– Je ne peux cependant pas garantir une guérison totale au niveau psychologique, continua-t-il. Il faudra faire preuve de patience.
– Ne devrions-nous pas l'envoyer à l'hôpital ? Tenta Henriette.
– Non. Les soins qui lui seront apportés seront moins efficaces que les miens. J'ai bien une vingtaine d'années d'avance sur eux. Mais surtout, dans un tel lieu, on ne peut pas garantir la sécurité d'Hermione. Qui sait ce qu'il serait prêt à faire pour la récupérer ? Ici, personne ne la trouvera, répondit Severus, concerné.
– Il faut que nous nous occupions de ce monstre, intervint Matvei.
– Et c'est ce que nous allons faire. Je vais vous faire un récapitulatif de notre situation. Aujourd'hui, nous avons en notre possession la coupe de Poufsouffle, le diadème de Serdaigle ainsi que l'épée de Gryffondor. J'ai également récupéré la bague sur Yulia. Elle a du la récupérer avant de penser à s'enfuir, supposa-t-il. Il nous manque donc aujourd'hui à récupérer son journal intime et le médaillon de Serpentard. Nous savons, que le médaillon a été récupéré par Voldemort et que le journal, à notre époque, avait été confié à la famille Malfoy. Nous pouvons supposer que cela soit déjà le cas. Mais nous n'avons aucune confirmation.
– Il nous reste donc deux objets à récupérer, résuma Henriette, les sourcils froncés.
C'était une situation fâcheuse qui leur avait déjà coûté la santé de leur petite fille. Pouvaient-ils encore concevoir de la laisser continuer après tout ça ?
– En effet.
– Il y a autre chose dont nous devons discuter, intervint Albus. Elle porte un bracelet et il est impossible de le lui retirer. Je ne sais pas ce qu'il en est, mais une chose est sûre. Cela transpire d'une magie totalement malsaine.
– Comment est-il ? Demanda Matvei.
Albus le lui décrivit et l'ancien plongea dans ses souvenirs.
– Je ne peux pas dire savoir exactement ce que c'est. J'ai le sentiment d'en avoir entendu parler. Un objet asiatique, me semble-t-il. Mais rien que je puisse confirmer. Cela ne présage rien de bon…
Un nouveau silence accabla le salon. Et ils entendirent alors des sifflements glacials. Le Gardien s'était imposé à la conversation.
– Humains, la dette n'a pas été payée, les fustigea-t-il.
Matvei fut le seul à comprendre et blanchit.
– Depuis quand êtes-vous là, Grand Serpent ? Demanda-t-il, en ignorant les regards interrogatifs qui en découlèrent.
Le reptile tourna son regard vers lui et poussa un sifflement moqueur en constatant que c'était un tableau qui lui répondait.
– Vous les sorciers, faîtes des choses bien incongrues, fit-il remarquer avant de reprendre. J'accompagne Yulia Tolstoï depuis quelques heures. Je l'aidais à régler sa dette. Mais ce misérable s'est enfui ! Cracha-t-il sombrement.
La colère de l'être astral abattit une pression magique dans la pièce qu'ils ressentirent tous.
– Vous voulez parler de Gellert Grindelwald ?
– Bien-sûr humain ! De qui veux-tu que je parle ? Elle me doit sa vie ! Rappela-t-il d'une voix sévère.
– Et Zénia, que lui est-il arrivé ? Qu'en est-il de ma femme ? s'enquit-il à demander avec angoisse.
Le serpent sembla s'apaiser quelque peu à cette demande.
– L'époux de cette pauvre âme ? Il l'a libéré avant de filer, l'informa-t-il, provoquant un soulagement immense dans le cœur du trépassé.
Ses yeux s'humidifièrent mais il ne laissa couleur aucune larme. Un peu de tenue tout de même ! Il s'inclina cependant, montrant toute sa gratitude envers le Gardien des âmes.
– Merci, vous soulagez mon âme meurtrie.
– Et pourtant, vous n'avez toujours pas soulagée la mienne ! Insista-t-il. J'ose espérer que, en tant que sa famille, vous supporterez cette tâche et paierez sa dette si elle en est incapable.
– Bien-sûr ! Je ne laisserai pas ma descendante ainsi ! Nous tiendrons parole et vous remettrons l'âme de Gellert Grindelwald.
– Et pour cela, je resterai à ses côtés et m'assurerai que le paiement soit effectué. Je verrai la vie lui être arrachée et son âme enfermée dans sa future cage, conta-t-il avec délectation.
Et un ricanement cruel retentit. Il fit froid dans le dos des autres sorciers. Il se dressa, et leur fit de nouveau face à tous.
– Je suis Kazja, Le Grand Serpent et Gardien astral originel, et vous me devez une vie, annonça-t-il dans leur langue d'une voix grave, surprenant l'assemblée. En conséquence, je vais rester ici et vous aider dans votre tâche, car je suis un être magnanime et conscient de vos faiblesses, rajouta-t-il d'une voix arrogante. »
Albus frissonna. Avaient-ils bien entendu ? Kazja...Il avait déjà entendu ce nom. Un nom ressortant dans de très anciens textes. C'était incroyable. Mais l'heure n'était pas à l'admiration mais plutôt à la crainte. Il se disait magnanime, mais il savait par ces textes, qu'il pouvait être des plus cruels. Ils ne devaient absolument pas s'en faire un ennemi.
Elle sentait son corps dans une chute infinie. Et pourtant, elle était dans un lit qui ne semblait pas suffire à la rattraper de cette sensation horrible. Elle en avait la respiration entrecoupée. Les larmes envahirent ses yeux. Elle sentit des mains lui attraper le bras et elle le vit : il était encore là. Non, que cela cesse! Elle ne supportait plus ce regard immonde qui la possédait avec tant de nonchalance.
Elle lui appartenait...
Elle se mit pourtant à se débattre, hurlant que cela cesse. Elle sentit sa magie exploser. Les meubles de la pièce craquèrent. Elle devait le fuir !
Elle tenta de se lever, mais fut retenue par cette même poigne. Par ces doigts qui avaient ravagé entièrement son corps. Possédée par la peur, elle se jeta sur cette main et y planta ses dents. Elle était telle une bête sauvage sortant les crocs comme dernière solution. Comme dernier salut.
Elle sentit la pression la relâcher et l'espoir l'agripper. Elle allait le fuir. Elle bondit du lit et ne vit que la porte. Mais alors qu'elle allait frôler la poignée, elle sentit une douce chaleur la toucher. Elle se sentit tomber sur les tapis, la vue trouble. Elle vit un visage s'imposer à elle et reconnut ces traits si parfaits, mais pourtant si cruels. Elle se mit à pleurer et subit la main qui caressa sa joue, essuyant ses larmes. Elle entendit ces mêmes mots qu'il lui avait tant répété " Tu es mienne " avant de retomber dans l'inconscience. Elle ne réalisait même pas que depuis le début, ce n'était personne d'autre que Severus. Le sorcier s'était une nouvelle fois fait surprendre par une crise, et avait tenté de la calmer. Mais le contact semblait la rendre encore plus folle.
Elle était totalement déchaînée et hurlait qu'on la lâche, que cela cesse.
Il était chamboulé de la voir ainsi. Elle était aveugle de ce qui se passait, et il comprenait à présent qu'elle revivait inlassablement son enfermement. Elle ne le voyait pas. Mais le voyait lui. Il la ramena jusqu'à son lit et attrapa sa main, posant sa tête dessus. Il ferma ses yeux et se mit à prier pour son rétablissement. Il ne supportait pas d'assister à l'inlassable chute d'un ange.
Lucius avait la tête basse, le genou au sol, presque rampant comme les autres Mangemorts présents. Les humeurs changeantes du Maître étaient terribles. Et plus d'un avait déjà subi son courroux. Ils restaient donc ainsi, tentant de se faire tout petit. " Ne pas se faire remarquer " , tels étaient les mots qu'ils se répétaient comme un mantra de survie. Mais ce qu'ils ne savaient pas, c'était que Tom comptait leur faire payer cette perte, à tous. Un par un, ils souffriraient assez pour lui demander de les achever. Mais non. Il ne leur fera pas ce plaisir. Ils vivraient et regretteront infiniment d'avoir laissé cette situation.
Elle lui avait échappé et était entre les mains de ce vieux citronné ! Non, il ne pouvait pas le pardonner ! Mais il n'était pas rare qu'ils le surprennent en train de rire, comblé. Oui, il se rappelait souvent combien leurs retrouvailles étaient inévitables. Elle pourrait lutter. Car il le savait : elle lutterait. Mais en vain. Elle lui reviendrait, inéluctablement. Et de se le rappeler lui donnait le sourire. Pour qu'ensuite cette insoutenable attente lui revienne. La colère grondait et s'abattait sur ses larbins.
Ils prieront de n'être jamais venu au monde ! Ça, il le garantissait.
Le blond pourtant ne ressentait aucune peur. Il l'avait sauvé. Aussi surprenant que cela le soit, un courage nouveau l'emplissait et à présent, il se fichait de ce qui pouvait lui arriver. Elle n'était plus entre ses griffes, il pouvait avoir l'esprit tranquille. Il réalisa alors tardivement la présence du mage noir devant lui. C'était à son tour ? Alors qu'il pensait qu'il allait se faire torturer devant assistance, il fut prié de se lever. Surpris, il s'exécuta, le regard toujours dirigé vers le sol.
Une main lui fit remonter son visage et plonger dans ses yeux. Il soutint le regard. Maintenant qu'il en était là, autant garder le peu de dignité qu'il lui restait. Par Merlin, il était un Malfoy ! Le mage le comprit et étira un sourire satisfait. La tension était à son comble et quelques imprudents osèrent relever le regard en n'entendant toujours pas les cris de douleur du plus jeune. Mais ce qu'ils virent les clouèrent sur place. Leur Maître caressait le visage du blond avant de resserrer sa prise sur son menton et le ramener jusqu'à ses lèvres. Ce baiser n'avait rien de tendre. Ce n'était qu'un acte de pure domination. Sauvage et impérieux.
Lucius en fut décontenancé et pourtant resta statique. Il avait des fourmis aux pieds tellement il souhaitait faire un pas en arrière. Mais non, il supporta cette langue qui ravagea sa bouche et ses dents qui mordirent ses lèvres fines. Abraxas le premier, retint un haussement de voix. Par Salazar, que se passait-il ?! Il ne comprenait pas. Depuis quand son fils était-il une cible pour leur Seigneur ? Il savait son enfant beau, et terriblement désirable. Mais pour les femmes, n'est-ce pas ? Il devint pâle et ne put rien faire. Qui était-il pour remettre en question les actes de l'héritier de Serpentard ? Pourtant, le goût amer qui avait envahi sa bouche, persistait et ne semblait pas prête à partir.
Ils entendirent donc les bruits indécents de ce baiser fiévreux. Le Seigneur avait à présent ses mains sur le corps du plus jeune. Une avait trouvé le chemin jusqu'à ses fesses et une autre maintenait toujours le visage en place de Lucius. C'était écœurant et l'élève avait bien du mal à ne pas le montrer. Comment ce misérable osait-il le toucher ?! Lorsque tout cessa, il sentait ses lèvres gonflées et son visage douloureux. Voldemort ne le lâchait pas du regard et inspectait même le corps appréciable qui lui faisait face. Le sang pur craignait que ne lui prenne l'envie de l'humilier plus et conclure devant l'ensemble des sorciers. Mais Merlin entendit ses prières et il se contenta de ce baiser en public avant de se pencher vers lui.
« – Vous êtes prié, Monsieur Malfoy, de vous rendre dans mes quartiers. Une inspection profonde est requise, déclara-t-il d'une voix gourmande. »
L'annonce envoya un froid dans le cœur du plus jeune. Il sentait les regards le brûler et pouvait déjà deviner les sourires gras sur certains visages. Avec cette scène, il devenait officiellement : la pute du Maître. Honteux, il resta malgré tout droit et suivit le mage, sous le regard désorienté de son père.
Il ressentait une certaine satisfaction à cela.
La honte qu'allait ressentir son père.
Lorsqu'on avait touché le fond, on savait se contenter de peu pour se satisfaire.
Il saurait ainsi s'en satisfaire pour supporter ce qui allait suivre.
Lucius était encore dans le lit, alors que le Seigneur se relevait s'hydrater. L'adolescent avait le regard perdu sur le plafond, réalisant à peine dans quoi il venait encore d'être embarqué. Il avait été pris par celui qu'il considère comme inférieur. Il était souillé.
Encore une fois.
Pourtant, aucune larme ne souhaitait s'exprimer. Non, pourquoi ? Il n'était pas triste, non. Tout ce qui se passait le ravissait presque. Pourquoi ? Simple. Cela ne faisait que plus nourrir sa haine. La vengeance est un plat qui se mange froid, n'est-ce pas ? Il prenait son temps pour affiner et tailler sa rage. Toutes ces humiliations ne faisaient que plus lui donner de raisons de le détruire.
Il se mit à sourire. Oh oui, il le détruirait de ses mains. Le sang de cette vermine coulerait.
Le lit s'affaissa sous le poids du mage noir qui s'approchait. Celui-ci s'étendit nonchalamment à ses côtés. Il semblait détendu.
« – A quoi penses-tu ?
C'était totalement irréel. Allaient-ils se mettre à parler du beau temps maintenant ? Il en rigolerait presque.
– A quoi devrais-je penser maître ? Demanda-t-il tout en se tournant vers lui, avec un regard impertinent.
Tom étira un rictus. Il plongea sur lui et se mit à califourchon. Il souhaitait montrer qu'il le dominait.
– Je savais que tu étais différent de ton père. J'ai remarqué ce changement qui s'est opéré en toi. Cette aura de rébellion, d'impertinence. Cette étincelle que je me ravis à éteindre, lui murmura-t-il dans son oreille, tout en se mettant à lui serrer la gorge.
Lucius commençait à sentir que l'air lui manquait, mais il ne supplierait pas. Pas à lui.
– Si jeune et si appréciable. J'aime tellement l'idée de vous posséder tous les deux. Si beaux et si rebelles. J'en tremble rien que de repenser à ce soir là. Cette fois où je vous avais ensemble. Mais rassure-toi, je vais m'assurer que cela se reproduise très vite, avoua-t-il d'une voix ronronnante de promesse.
Il en rigolerait presque. Si il pensait pouvoir une nouvelle fois toucher Yulia, il pouvait s'enfoncer sa baguette dans l'œil. Il ne la laisserait plus jamais subir le moindre contact. JAMAIS ! Tom ricana tout en relâchant la pression.
– Et pour ce faire, je vais avoir besoin de toi. Tu vas retourner à Poudlard et t'assurer de sa santé jusqu'à ce que je puisse la récupérer.
Lucius appréciait assez l'idée de pouvoir partir de ce manoir. Oh oui, il allait la surveiller. Mais pas pour son compte. Et certainement pas pour lui offrir et lui dérouler le tapis rouge. Non. Il savait une chose à présent : Elle n'était pas sienne.
– Mais avant ça, commença-t-il tout en approchant son bassin dénudé du visage de Lucius, ta bouche commence à me manquer. Sers-toi de cette langue que j'aime tant » finit-il par dire tout en lui présentant son membre.
Le blond s'exécuta et laissa le " maître " mener le jeu. Lui donner l'illusion. Toujours donner l'illusion d'une victoire avant de l'écraser.
L'écraser jusqu'à étouffement.
Elle battit des paupières et ne fut pas agressée par la lumière du soleil. Il faisait nuit et seule une bougie était allumée. C'était une lumière douce et chaleureuse. Elle ressentit rapidement le poids se trouvant sur sa main et vit une forme s'y reposant. La peur l'agrippa jusqu'à ce qu'elle le reconnaisse. C'était Severus. Elle soupira.
Celui-ci se réveilla en la sentant bouger et réalisa rapidement qu'elle avait repris conscience. Il semblait attendre quelque chose avec appréhension. Elle ne réalisait pas qu'il prévoyait une énième crise. Elle fronça des sourcils.
« – Qu'attends-tu Severus ? Qu'une mandragore pousse sur mon crâne, eut-elle la force de sortir avec humour.
Le brun sembla satisfait, mais surtout soulagé. Il ricana légèrement avant de lui répondre.
– Cela serait fort utile si c'était le cas Miss Granger. J'aurais sous la main un ingrédient intéressant pour mes potions, ajouta-t-il dans un sourire provoquant.
Ce fut suffisant pour que Hermione se mette à rire.
– J'espère que vous êtes prêt à payer le prix fort, professeur.
– Tant que cela te fasse rire, je mettrai n'importe quel prix, avoua-t-il sérieusement.
Cette révélation sécha la sorcière qui reprit une expression fermée.
– Où suis-je ? Demanda-t-elle finalement.
– Dans mon manoir.
– Comment suis-je arrivée là, j'étais…
Mais il ne finit pas sa phrase, fermant les yeux en se remémorant son dernier lieu de séjour.
– Lucius t'a envoyé par une cheminée.
– Lucius ?
Evoquer le sorcier ne faisait qu'enfoncer la honte qu'elle ressentait. Comment allait-elle bien pouvoir lui faire face à présent. Severus vit tout de suite son malaise.
– Je vais prévenir les autres que tu es réveillée. Ils ont tous attendu.
– Depuis combien de jours suis-je ici ?
– Trois jours, bientôt quatre.
Elle ne répondit plus rien et le laissa partir. Elle entendit rapidement des talons retentir jusqu'à elle. Henriette fut à son chevet en moins de deux. Elle lui avait attrapé ses mains, les serrant dans les siennes.
– Je suis heureuse que tu sois là ! J'avais si peur que tu ne te réveilles pas. Je n'aurais pas pu te demander de me pardonner. Tout est de ma faute. J'ai organisé ce bal et je n'ai pas su le sécuriser. Je n'aurai pas… !
Hermione l'interrompit.
– Ce n'est aucunement ta faute Henriette. Tu le sais. Nous le savons tous. Tu n'es pas responsable des actes de ce…
La sorcière sembla chercher ses mots pour désigner le mage noir. Elle écarquilla les yeux et sentit un froid la traverser. Ils le remarquèrent et se tendirent. Severus s'imposa et se mit à l'ausculter une nouvelle fois. Elle transpirait et avait des sueurs froides. Elle se mit en position fœtus, tentant de retenir toute la chaleur qu'elle pouvait. Elle avait le regard perdu et répétait sans cesse la même chose.
– Ce….ce….ce…. »
Elle ne savait pas quel mot mettre. Ce monstre ? Mais pourquoi cela sonnait si faux à présent ?
Suite à cet événement, elle était restée plusieurs jours de plus au lit. Elle divaguait, et se perdait dans ses mots. La tête lui tournait et chaque fois qu'elle ouvrait les yeux, une pointe frappait son cœur, et un froid la traversait. Elle se sentait de plus en plus vide. Pourtant, elle sentit ce jour là la force de se lever et de descendre prendre le petit-déjeuner.
Que faisait-elle dans un lit ? Elle n'avait pas de temps à perdre ainsi. Ils avaient des Horcruxes à trouver ! Elle arriva jusqu'à la cuisine où elle trouva Albus, buvant un thé chaud. Celui-ci l'accueillit d'un magnifique sourire.
« – Bonjour Yulia, enfin de retour parmi nous, commença-t-il d'une voix fatiguée. Assis-toi. Un thé ? Des tartines ? Lui proposa-t-il, faisant amener le nécessaire jusqu'à la table.
Elle remarqua immédiatement ses cernes. Il semblait exténué. Elle n'en dit pourtant rien, ne sachant pas comment aborder la question de manière délicate.
– Merci Albus, le remercia-t-elle tout en prenant place.
Il ne fit que la regarder, l'observant sous tous les angles. Il n'osa pas aborder la question de la captivité, Severus lui ayant conseillé de la laisser venir à lui de son propre chef.
– Qu'est-il arrivé à Lucius après qu'il m'ait envoyé chez Severus ?
– J'ai reçu un courrier de son père me signalant son " bon rétablissement " et son retour prochain à Poudlard. Abraxas avait justifié l'absence prolongée de son fils par une hospitalisation soudaine, lui expliqua-t-il.
– Je suis rassurée, avoua-t-elle entre deux crocs dans sa tartine.
Elle essuya sa bouche et reprit.
– Je l'ai rencontré, lâcha-t-elle d'une voix plus sérieuse.
Albus comprit immédiatement de qui elle parlait. Elle était nerveuse.
– Je l'avais devant moi. J'étais prête à le tuer, à en finir. Je m'étais fait une raison. Et pourtant, je n'ai pas réussi. J'ai senti sa magie et tout s'est figé. Ce regard…, dit-elle en frissonnant Je n'ai rien pu faire, avoua-t-elle, le regard perdu.
Elle revivait ce moment à travers ses souvenirs et ressentait encore cette magie, cette pression.
– J'étais si faible, ajouta-t-elle dans un sanglot brutal. »
Albus ne tint plus et se leva. Il la prit immédiatement dans ses bras. Elle sentit la chaleur de ce corps contre le sien et ses sanglots redoublèrent. Cette chaleur qui se mettait à combattre ce froid qui subsistait en elle.
Ils restèrent un long moment ainsi, pleurant. Elle ne dit plus un mot, ne faisant que tout relâcher à travers ses larmes.
« – C'est un Cabci, annonça-t-elle en montrant le bracelet. Si vous connaissez les histoires reliées à celui-ci, vous comprenez ce que cela implique.
Seuls Matvei et Albus réagirent à ça, se rappelant en effet de ce que c'était : une réelle plaie et malédiction.
– Qu'est-ce que c'est ? Demanda Henriette, accompagnée de Charles qui n'en savait pas plus qu'elle.
– C'est un objet qui m'enchaîne à Voldemort, répondit Hermione d'une voix neutre.
Elle ne laissait rien transparaître de son mal-être et était redevenu ce bloc de glace impénétrable, même avec eux.
– Rien n'est parfait, il y a forcément un moyen de t'extraire à cet objet ! Intervint sa grand-mère.
– Le seul moyen est que Voldemort me l'enlève lui-même. Il n'y a aucun autre moyen. Maître Kazja lui-même me l'a confirmé, insista-t-elle en désignant le serpent qui restait toujours à ses côtés.
Hermione se mit à caresser la tête de Yoka de façon inconsciente. Cela l'aidait à se concentrer. A garder constance.
– Je ferai mes recherches. Il doit bien y avoir un moyen de s'en extraire. Cet objet vient du Moyen-Age, ils ont sûrement établis des contre-sorts, proposa Charles.
– Nous ferons tous des recherches, appuya Matvei avec assurance.
– Ce n'est pas le plus urgent, argumenta la plus jeune. Nous devons trouver les derniers Horcruxes !
– Mais… !
– Non ! Au plus de temps nous mettons à trouver les Horcruxes, au plus de temps ce monstre restera en vie et tuera de milliers d'innocents. Nous ne pouvons pas prendre ce risque. Nous sommes si proches du but.
– Yulia, nous devrions tout de même…, commença Henriette
– Le sujet est clos, la coupa Hermione.
– Non jeune fille, le sujet est loin d'être clos. Tu ne réalises pas ce que cela implique. Cet objet ne fait pas que te faire sentir lié à lui, il te lie réellement à lui. Si nous tuons Voldemort sans que nous ne t'ayons retiré le bracelet, tu mourras avec lui, précisa Matvei d'une voix autoritaire.
La serpentard ne laissa rien transparaître. Elle savait à quoi s'attendre.
– Alors, qu'il en soit ainsi, trancha-t-elle tout en se levant, ne leur laissant pas le temps d'en rajouter plus. »
Severus avait le nez plongé dans son chaudron. Ses mouvements étaient mécaniques. Il connaissait la composition de cette potion par cœur. Il ne faisait que penser à une seule chose : l'état de Hermione.
« – A quoi penses-tu Sevy? l'interrogea son amie rousse qui paraissait inquiète.
– A rien, répondit-il rapidement.
Un peu trop, peut-être. Lily prit un air concerné.
– Tu penses à Yulia, n'est-ce pas ?
Ce nom provoquait tant d'émotions en lui. Il ressentait de l'inquiétude, du respect, de la tristesse, de la rage. Tellement de rage à l'idée qu'elle ait vécu ces atrocités. Cette rage qui gonflait en lui et qui risquait de déborder à tout moment. Et alors qu'il était plongé dans ses pensées, il ne remarqua pas tout de suite que le cours était fini. Ce fut Lily qui le ramena à la raison. Il rangea ses affaires et sortit de la salle.
– Sevy…
Il ne répondit pas.
– Severus !
Il la regarda enfin, reprenant une nouvelle fois conscience.
– Tu sais ce qu'il lui est arrivé, n'est-ce pas ?
La question le tourmenta. Son amie était sûre de ce qu'elle avançait et attendait clairement une réponse franche.
– De quoi…
– Ne me sors pas de baratin, le coupa-t-elle directement. Je ne suis pas dupe. Je t'ai vu faire plusieurs passages par le bureau du directeur, et tous ces jours où tu as été absent. Je ne crois pas que cela soit dû à l'état de santé de ta mère nécessitant ta présence. Tu m'en aurais parlé, je le sais. Mais là, rien. Tu t'es totalement renfermé et tu arbores cet air si sombre et si inquiet. Dis-moi ce qui lui est arrivé, je t'en prie.
Le maître des potions pesa le pour et le contre. Il savait qu'il ne pourrait pas cacher éternellement à la Gryffondor ce qui se passait. Elle n'était pas la meilleure élève de sa génération pour rien. Elle avait un sens de l'observation incroyable. Il soupira.
– Pas ici, répondit-il simplement en lui indiquant de le suivre d'un seul regard. »
Mais ce qu'il n'avait pas remarqué, c'était que d'autres personnes avaient répondu à l'invitation et les suivirent pour découvrir la vérité.
Il prit une longue inspiration et plongea dans ce regard émeraude qu'il aimait tant. Elle ne détourna pas le regard, attendant visiblement qu'il se décide à lui raconter.
« – Le soir du bal, elle n'a pas été hospitalisée mais enlevée par Voldemort.
– Voldemort… Tu veux dire ce mage dont nous commençons à attendre parler ? Celui qui prône les idées sur le sang-pur ?
Il hocha de la tête.
– Mais...Mais pourquoi l'aurait-il enlevé ?
Elle était perdue.
– Elle….a attisé sa curiosité, choisit-il soigneusement ses mots.
Il ne voulait pas non plus traumatiser l'adolescente et lui dire crûment qu'il souhaitait la dominer et la posséder. Ces simples mots pourtant, suffirent à lui faire comprendre le sens. Les larmes envahirent ses yeux.
– Elle est toujours entre ses mains ?!
– Non, elle a été secouru il y a quelques jours.
– Par Merlin, comment va-t-elle ? Que suis-je bête, forcément mal ! Je veux la voir ! Je ne peux pas rester là, à aller en cours alors qu'elle traverse ce moment seule ! Je ne pourrai pas me le pardonner !
– Tu ne peux pas aller la voir. Elle est en convalescence.
– Mais, je pourrai…. !
– Lily, je t'en prie. Elle ne va pas bien, mais elle a surtout besoin de se reposer. Elle viendra vers toi lorsqu'elle ressentira la nécessité de tout te dire. Tu ne dois surtout pas la plaindre ou lui montrer de la pitié. Elle ne le supportera pas. Tu dois la traiter comme tu l'as toujours fait, lui expliqua-t-il.
Elle eut le regard attristé mais consentit à ne pas insister. Il avait raison.
– Pourquoi es-tu au courant de tout cela alors qu'on nous répète sans cesse qu'elle est à Saint Mangouste ?
– Je l'ai su par le professeur Dumbledore.
– Je sais, mais pourquoi te l'a-t-il dit ? Tu me caches des choses Severus, je le sens. Tu ne peux pas me garder dans l'ombre ainsi.
– Lily, je ne…
– Severus, je t'en prie ! Je meurs moi aussi d'inquiétude pour Yulia depuis ce bal. Je n'ai eu aucune nouvelles, rien. Par Merlin, c'est ma meilleure amie ! C'est ma meilleure amie, et je réalise alors que je ne sais rien, rien !
Les larmes cette fois-ci coulèrent. Le brun céda dans un soupir vaincu.
– Ce que je vais te raconter doit rester entre nous. Je suis sérieux Lily, c'est très important.
– Bien-sûr ! Je ne dirais rien !
– Nous travaillons depuis un moment avec Yulia sur ce qu'on appelle des Horcruxes. Ce sont des objets renfermant un morceau d'âme, et qui offre l'immortalité de celui qui l'a divisé.
– Pourquoi ?
– Pour vaincre Voldemort. Nous recherchons les Horcruxes lui appartenant pour les détruire et le rendre mortel.
– Tu veux dire que, pour l'instant, il est immortel ? Réalisa-t-elle en palissant.
– Oui. Nous savons qu'il y en a 5. Nous en avons récupéré 3 à ce jour.
La rousse fronça les sourcils et se mit à réfléchir. Ses pensées travaillaient à toute vitesse. Lorsqu'elle releva la tête, elle lui accorda un regard décidé.
– Je veux en être, lâcha-t-elle d'une traite.
– Non, c'est hors de question que tu… !
– Tu n'as pas ton mot à dire, Severus. Mes deux meilleurs amis se sont lancés dans une quête suicidaire, et je devrais rester là sans rien faire ? Alors que ce malade immortel est toujours en liberté, et gagne toujours plus de puissance et soutien ?
– Tu ne… !
Elle posa ses mains sur ses épaules, écrasa son front sur le sien et planta ses yeux dans les siens.
– Je suis sérieuse. Je vais vous aider. C'est décidé. Tu me connais assez bien pour savoir que je ne changerai pas d'avis, déclara-t-elle d'une manière catégorique.
Il ne dit d'abord rien. Puis, tira un sourire pour la première depuis plusieurs jours.
– Décidément, tu ne changeras jamais. Une vraie Gryffondor, commenta-t-il acerbe, tout en conservant ce sourire complice.
Elle répondit à ce sourire.
– Nous en sommes aussi, déclara une voix sortant de l'ombre.
James et Sirius sortirent de sous leur cape d'invisibilité et se présentèrent, décidés. Severus prit un air colérique. Par Salazar, que faisaient-ils ici ces deux là ?! Il n'avait pas mis de sort de discrétion ? Si pourtant… Ils étaient assez proche pour rester dans la zone de confidence, réalisa-t-il.
– Certainement pas. D'ailleurs, vous ne vous en souviendrez pas, affirma le serpentard en levant sa baguette.
James voulut répliquer mais Sirius lui fit baisser sa baguette. Il se mit entre les deux et leva les mains en signe de paix.
– Je sais que nous n'avons pas toujours été en bons termes, Sni...Severus, se corrigea-t-il. Mais réfléchis avant de nous effacer nos souvenirs. Nous faisons partis tous deux de familles puissantes. Nous avons des connexions qui vous seraient impossibles, ou plus longues à avoir. Et comme tu l'as si bien dis, nous sommes des Gryffondors. Nous n'avons pas peur de nous battre pour nos idées. Et si je dois mourir pour empêcher un malade de régner sur notre pays, alors j'offrirai ma vie sans la moindre hésitation.
Ces propos firent vaciller Severus.
– Et, je ne peux pas rester ainsi après ce qui est arrivé à Yulia. Personne ne mérite ça, et encore moins elle. Au plus vite cette mission sera finie, au plus vite vous pourrez mettre ce cauchemar derrière vous, ajouta-t-il.
Le serpentard les scanna totalement. Il avait le regard froid. L'heure n'était plus aux blagues ou aux menaces. C'était bien plus. Pourraient-ils supporter la pression ? Leurs regards déterminés le firent finalement soupirer et baisser sa baguette.
– Très bien Black. Mais je ne vous laisserai pas partir, tous les trois, sans que l'on ne passe avant, un serment inviolable. Vous ne devez en parler, à personne ! Insista-t-il bien. Je ne tiens pas à ce que le reste de votre stupide groupe participe, et encore moins ce rat de Pettigrew, lâcha-t-il sans se rendre compte de sa maladresse.
James voulut rebondir sur cette attaque visée envers son ami, mais Sirius le stoppa de nouveau. Il y avait encore des choses que Severus ne leur avait pas dit, mais cela viendra. Le Gryffondor sentait que quelque chose d'encore plus effrayant se cachait derrière ce ton de mépris.
– Évidemment que nous allons faire le serment, intervint la rousse en prenant les mains des membres de sa maison. »
Le serment fut prononcé et ce fut le début d'une nouvelle coopération inattendue pour le plus âgé, qui n'appréciait pas la tournure que prenait les événements.
Severus sortait d'une longue journée dans laquelle il n'avait de cesse de réfléchir aux possibles cachettes des derniers Horcruxes. Il poussa lourdement la porte de la bibliothèque et soupira. La fatigue se sentait sur ses traits.
« – Fatigué Severus ?
Le brun reconnut immédiatement cette voix, et tomba sur Lucius qui lui faisait un grand sourire. Le potioniste fut pris d'une pulsion et enlaça le blond. Celui-ci ne fut en aucun cas outré, et réussit même à agrandir son sourire.
– Si tu continues comme ça, les rumeurs vont se répandre. Je sais qu'il te serait profitable de t'afficher avec un Malfoy, mais je ne sais pas si mon père nous donnerait sa bénédiction, le charia-t-il.
– Je t'assure que c'est toi qui tirerais le plus de crédit à avoir une relation avec moi. Je suis un génie des potions, qui sait quel homme important je deviendrai dans les années à venir, se vanta faussement Severus en bombant le torse.
C'était inattendu de sa part, mais c'était ainsi qu'il avait toujours été avec Lucius : simple et honnête. Avec les années, il avait eu plus de réserve, ne partageant plus ses convictions si durement ancrées. Mais à cette époque, il se sentait totalement libre de partager une amitié pareille avec lui. Il fut ravi en l'entendant rire.
– Tu as fini ta journée, n'est-ce pas ? Un verre, ça te dit ?
– Tu ne pouvais pas proposer mieux, accepta-t-il en le suivant.
Ils se retrouvèrent rapidement dans la Salle sur Demande, installés dans de confortables fauteuils, accompagné d'un bar généreusement rempli. Les verres s'enchaînèrent et l'ambiance s'assombrit progressivement. Les sujets fâcheux entraient en jeu.
– Que t'est-il arrivé une fois que tu as envoyé Yulia par la cheminée ?
Son visage se crispa, se remémorant les faits.
– J'ai assisté au combat entre le directeur et cette crevure. Mais j'ai rapidement été assommé par un débris. Lorsque je me suis réveillé, j'étais toujours au sol mais posé contre un mur. On m'avait mis de côté, apparemment. Je n'ai pas vraiment eu le temps de me remettre, que les sorts se sont mis à pleuvoir sur nous le premier jour. Il ne visait personne en particulier. Je ne pense même pas qu'il savait à qui il les adressait. Il avait juste besoin de cibles pour se calmer. On ne pouvait rien faire et juste tenter d'éviter les sorts. Pendant deux jours, il n'est plus sorti de sa chambre. Il m'a convoqué tous le jour suivants. On était à genoux, la tête vers le sol, et on attendait un par un que notre sentence nous frappe. Il avait retrouvé ses esprits, et punissait tout le monde. On restait là, à les entendre hurler de douleur. Mais lorsque cela a été mon tour, il ne m'a pas torturé. Pas de la même façon, en tout cas.
Severus fronçait les sourcils et appréhendait ce qui allait suivre. Lucius avait le regard plongé dans son verre qu'il remuait dans un geste mécanique.
– Il faut que tu saches que, lorsque je suis arrivé au manoir j'ai assisté à des scènes que je souhaite plus que tout effacer de ma mémoire. On m'a tout de suite invité à me rendre dans ses quartiers. Lorsque j'ai ouvert la porte, j'ai vu Yulia, entre ses jambes, à genoux, le visage près de son pénis. Et ce misérable qui souriait. Il savait ce qui allait se passer. Il voulait que j'assiste à cette scène !
Il explosa le verre dans sa main sous cette pique de colère. Les bouts de verre se plantèrent dans sa peau, mais il n'en fit rien, observant son sang qui commençait à couler.
– Il m'a demandé de regarder. Il voulait que je les observe. Il marquait sa possession. Je l'ai vu ravager sa bouche. Elle s'étouffait. Par Merlin, il n'avait aucune pitié. Et comme si ce n'était pas suffisant, alors qu'elle se remettait à peine de cette fellation, il l'a prise comme une chienne. C'était sa première fois… Il l'a violé comme une bête. Une fois sa besogne terminé, il s'est rapproché de moi, et m'a fait comprendre qu'il était de bonne humeur aujourd'hui pour partager, et me faire son cadeau de mariage en avance.
Severus blanchit à ces mots.
– Oui, son cadeau était de me laisser la violer à mon tour. J'ai tout fait pour rendre cela le moins douloureux. Je voulais qu'elle ressente un peu de plaisir après ces horreurs. Mais même là, il ne m'a pas laissé beaucoup de temps, et m'a demandé de le sucer à mon tour. Après ça, il est resté enfermé trois jours d'affilé avec elle. Sans jamais en sortir.
Le brun but son verre d'un coup, tentant de digérer les informations. C'était déjà une chose de constater les ravages sur son corps, mais entendre le récit de son ami était dur.
– Quelle a été ta torture ?
Le blond le regarda.
– Il ne peut se contenter que de Yulia, et a proclamé que je lui appartenais autant qu'elle lui appartenait. Qu'il appréciait notre jeunesse, notre beauté et cette lueur rebelle. Il m'a violé, tout une journée, sans cesse. Jusqu'à m'annoncer qu'il avait besoin de moi de nouveau à Poudlard, afin de surveiller Yulia.
– Lucius, je…
– Non, Severus. Je ne dirai pas que c'est une expérience que je souhaite réitérer, mais cela ne fait que m'aider. M'aider à enrichir ma haine, et ma détermination pour ce misérable. Je lui ferai payer au centuple les douleurs qu'il nous a infligé. Je sais être patient, conclut-il dans un sourire froid, le regard perdu dans la contemplation de son sang.
– Je le ferai saigner, rajouta-t-il.
– Je te reconnais bien là, lâcha le voyageur du temps dans un rictus complice.
Oui, il ne devait surtout pas le prendre en pitié. Il l'avait dit à Lily, et cela s'appliquait de la même façon pour Lucius. Il n'avait pas besoin de cela.
– Que comptes-tu faire ? Lui demanda-t-il finalement.
– Le tuer.
– Mais encore ?
Lucius fronça les sourcils.
– Non en avons déjà discuté. Tu sais pertinemment que nous ne pouvons rien faire tout seul. Nous avons besoin d'alliés. De puissants alliés.
– Tu suggères le citronné, n'est-ce pas ?
– Pourquoi pas ?
– C'est un défenseur des moldus et des sang de bourbe ! s'exclama-t-il furieusement.
– Ces mêmes moldus qui ont permis l'évasion de Yulia ?
– Ne mélange pas tout. Cela ne change rien.
– Cela ne change rien à quoi ? Qu'ils restent inférieurs ? Qu'ils méritent de se faire massacrer ? Que leur sang est impur et faible ?
Le serpentard parut surpris de cette effusion de propos de la part de son ami.
– Bien-sûr ! Ne plus suivre cette vermine ne veut pas dire que j'ai changé ma façon de penser. Ils me répugnent toujours autant.
Il perçut une lueur de mépris dans les yeux noirs de son camarade, mais préféra mettre cela sur le compte de l'alcool. Il l'entendit soupirer.
– J'imagine que tu n'es toujours pas prêt, marmonna le brun plus pour lui-même. »
Mais avant que le septième année ait pu réagir, celui-ci lui fit parvenir un autre verre rempli. Il ne revint pas sur le sujet, et continua de partager des verres de plus en plus dur à boire.
Son retour fut sans discrétion. Dès ses premiers pas dans l'école, la rumeur comme quoi elle était de retour à Poudlard, avait fait le tour de l'école. Cela suffi à quelques Gryffondors d'aller s'enquérir de son état. Elle fut donc interceptée par une furie rousse qui la prit dans ses bras avec force.
« – Yulia ! Tu m'as tellement manqué ! Par Merlin !
Hermione fut surprise. Elle ne s'attendait pas à telle réaction venant de l'adolescente. Elles s'étaient certes beaucoup rapprochées mais elle ne pensait pas à ce point. Elle ressentit une douce chaleur se répandre dans sa poitrine et répondit à l'étreinte.
– Ravi de te revoir la vipère, commenta Sirius dans un sourire jovial.
– On pourrait presque penser que je t'ai manqué, répondit-elle dans un rictus moqueur.
– Ne prends pas tes rêves pour une réalité, rétorqua-t-il tout en tentant de retenir les rougeurs qui prenaient possession de son visage.
James ouvrit en grand ses bras et les prit toutes deux dans ses bras. Hermione lui envoya un regard confus.
– Je suis heureux de revoir la meilleure amie de ma chère et tendre.
– James, ça suffit ! s'exclama furieusement la rousse.
– Voyons, ma douce, cela n'est plus un secret pour personne que tu as accepté mon amour passionnel, après ces longues semaines de courtises, ajouta-t-il d'un ton pompeux.
La Gryffondor devint toute rouge et envoya un regard gêné à Hermione. Celle-ci leur accorda un sourire ravi. Elle ne pouvait que penser au fait que son meilleur ami verrait bientôt le jour.
– Il s'en sont passées des choses pendant que je n'étais pas là, commenta-t-elle.
– Tu ne penses pas si bien dire, réagit Remus.
C'était bien l'un des premières fois qu'il lui adressait la parole. C'était d'ailleurs assez étrange qu'elle lui ait consacré si peu de considération. Dans son époque d'origine, elle appréciait énormément le loup garou qui était devenu un véritable ami. Mais dans ce monde, elle n'avait pas trouvé pertinent, de se rapprocher de lui. Ajoutons qu'il ne semblait pas plus intéressé à l'idée de lui parler. Elle n'avait donc jamais tenté une approche. L'entendre lui parler directement, était une chose étrange. Elle posa son regard gris sur lui, et il sembla réaliser que l'attention était sur lui. Il fit un sourire doux et tendit sa main vers elle.
– Je pense que nous serons amenés à nous côtoyer et qu'il serait temps que les présentations soient faites. Je m'appelle Remus Lupin, et je pense pouvoir dire que je suis le plus avisé des quatre, commenta-t-il avec humour.
Sirius et James parurent outrés et mirent une main sur leur cœur, faignant la trahison théâtrale.
– Remus comment peux-tu ? Commença James, un genou à terre, le cœur trop lourd à porter.
– James mon frère, relève-toi ! Par Godric, regarde ce que tu as fait Remus ! Intervint Sirius de façon toute aussi théâtrale que son camarade.
Il se plaça derrière le brun à lunettes et le soutint dans un air tragique. Tout s'arrêta lorsqu'ils entendirent Hermione pouffer. Ils se retournèrent dans un même ensemble vers elle, et leurs regards écarquillés, ne seront que le coup de grâce. Elle éclata de rire, rapidement accompagnée par Lily.
Et alors qu'elle riait aux larmes, elle aperçut Lucius plus loin dans le couloir. Il était accompagné de Severus qui la remarqua. Elle se mit soudainement à courir vers eux et sans prévenir, les prit chacun par un bras, et les serra contre elle. Les garçons ne firent pas un mouvement, tétanisé par cet élan d'affection.
– Merci, leur souffla-t-elle d'une voix emplie d'émotion.
Ce simple mot suffisait à renforcer leurs convictions : Ils devaient tout faire pour détruire ce monstre.
Remus pliait soigneusement ses vêtements sur son lit. Il était accompagné de son ami rondouillard qui le regardait.
« – Remus, pourquoi as-tu dis que nous allions passer plus de temps avec la serpentard ?
Le loup garou parut surpris.
– Parce que c'est le cas. A partir du moment où James sort avec Lily, nous serons beaucoup plus souvent avec elle.
– Mais...On ne peut pas ! C'est une mage-noire !
– Enfin, Peter, calme-toi. Et puis, rien ne nous dit que …
– Vous êtes totalement aveugles ! Je vous laissais faire car je pensais que c'était un moyen de la prendre par surprise. Mais alors ça ! Les Mauraudeurs ne traitent pas avec l'ennemi ! James devrait le savoir ! Peut-être qu'il a reçu un enchantement...Mais oui… C'est ça ! Cela expliquerait son changement de comportement !
Remus cessa ce qu'il faisait et observa de façon inquiète son ami.
– Peter, tu penses sérieusement ce que tu dis ?
– Bien-sûr ! Il faut tout de suite aller prévenir Sirius. A trois nous devrions trouver un contre-sort !
Lunard fronça des sourcils.
– Nous n'en ferons rien. James n'est pas ensorcelé. Il est juste amoureux et donc apprend à être plus tolérant pour celle qu'il aime. Et en toute honnêteté, j'avoue apprécier cette nouvelle mentalité. Plus joueur que méchant. Lily m'a parlé de Tolstoï et elle a l'air d'une fille formidable. J'ai hâte d'apprendre à la connaître, avoua-t-il sous le visage décomposé de son camarade de chambre.
– Mais alors, tu veux dire que c'est fini notre vendetta contre les serpentards ? Que maintenant on va faire ami-ami avec Tolstoï et Snape ? Pourquoi pas Malfoy aussi, tant qu'on y est ?! Vous êtes complètement fous ! »
Sur ces paroles, Peter sortit du dortoir et tomba nez à nez avec Lily, qui lui accorda un grand sourire cordial. Il y répondit et pensa immédiatement que c'était sa chance.
Il se devait de réagir et sauver ses amis de leur folie.
Ce couple devait cesser.
Que compte faire Peter?
