Tout s'était très vite enchaîné après le camp d'entraînement à Tokyo, surtout pour Hinata. En plus de certains problèmes personnels, il n'arrivait plus à attaquer sur les passes de Kageyama ce qui les frustraient autant l'un que l'autre.

Le petit soleil de Karasuno avait perdu de son éclat et la frustration grandissante de Kageyama qui le poussait à la violence envers le nouveau petit géant devenait irritante pour le plus petit. Les autres membres de l'équipe ne semblaient pas s'en rendre compte ou l'ignoraient simplement ce qui minait encore plus le moral de Shoyo.

Il avait besoin de quelqu'un à qui se confier, à qui parler. Alors après un entraînement duquel il n'avait rien suivi, il choisit de prendre les devants.

-Oi Kageyama! J'aimerais qu'on parle...

Le noiraud se retourna vers son ami et le regarda dans les yeux. Kageyama ne comprennait absolument pas ce qui arrivait au fou de volley, il semblait plus calme et peureux qu'avant mais il décida de ne pas en tenir compte.

-Tu veux encore que je te fasse des passes ? Je pense aussi qu'on a besoin de plus d'entraînement... dit le plus grand des deux en partant pour le gymnase.

-C'est pas ça ! S'exclama Hinata ce qui poussa son passeur à lui faire face à nouveau.

-C'est quoi le problème alors ?! S'écria le numéro neuf ont la patience semblait avoir atteint ses limites.

-Pourquoi tu es si agressif, j'aimerai juste qu'on parle…. entre amis... fît le central en baissant la tête.

Habituellement, Tobio se serait calmer pour discuter avec Hinata, mais ce jour-là il n'en pouvait plus de l'attitude du numéro dix. Alors il s'approcha rapidement du plus petit et le saisi violement par le col.

-Amis !? On est co-équipier, rivaux tout au plus. Jamais je ne serai ami avec quelqu'un d'aussi stupide que toi. Hurla le passeur hors de lui.

Les mots étaient tranchants et déchiraient le cœur de Shoyo, il n'osa pas regarder celui qu'il considérait comme son meilleur ami - ce qui n'était apparemment pas réciproque - il prit son sac et partit en courant chercher son vélo.

Kageyama réalisa que ses paroles avaient blessé le petit roux et il essaya de le rattraper pour s'excuser, il se mettait un peu trop de pression ces derniers temps et tout avait explosé ce soir. Cependant Hinata était déjà trop loin, le noiraud se promis de lui envoyer un sms dès qu'il serait rentrer.

De son côté, Shoyo pédalait comme un fou sur son vélo, il n'avait aucune idée de l'endroit où il allait mais il en avait absolument rien à faire. L'adolescent n'avait aucune envie de rentrer chez lui, il n'aurait personne de toute façon.

Il avait envie de pleurer et de crier, son vélo dévalait la pente à toute vitesse, le vent lui fouettait le visage, les dernières lueurs du jour s'effaçaient lentement dans l'horizon.

Hinata n'avait pas la moindre idée de ce qu'il faisait mais qui s'en souciait ? Il se sentait tellement seul à cet instant. Les larmes inondaient son visage et il fermait fermement les yeux, il cria à s'en déchirer les cordes vocales.

L'inévitable finit par se produire, le central quitta la route et heurta violement un arbre. Il lui fallut quelques instants pour comprendre ce qui s'était passé. Hinata se releva péniblement et constata les dégâts sur son vélo.

La roue avant semblait avoir pris le gros du choc et était toute cabossée. Impossible de l'utilisée pour aller où que ce soit. Shoyo soupira et regagna la route.

Le central apercevait un village en contre-bas, autant tenter de rejoindre la civilisation. Le lycéen marcha jusqu'au village, il fait totalement sombre lorsqu'il atteint enfin les premières habitations.

Poussant toujours son vélo cassé, l'élève de Karasuno commençait à fatiguer. Après avoir traversé quelques quartiers, il trouva un parc dans lequel il chercha un banc. Il avait envie de dormir, juste une simple sieste et tout irait mieux... sûrement.

La recherche ne fut pas longue et Hinata put enfin s'assoir, toutes ces émotions - et la longue "ballade" en vélo - l'avait vraiment épuisé. Il se coucha sur le côté prennant par la même occasion tout l'espace disponible.

Il ferma un peu les yeux, sa tête lui faisait mal, peut-être s'était-il blessé pendant sa chute... du coup il devrait éviter de dormir ici dans le froid...

-...-Chan! Chibi-chan!

Shoyo sursauta à la voix, il n'y avait qu'une personne qui l'appellait comme ça et qui ne vivait pas à deux heures de train. Il se releva péniblement pour faire face à Oikawa.

-Que fais le Grand Roi ici ? Demanda le plus jeune d'une voix ensomeillé.

-Je te retourne la question. Le corbeau ne connaît plus le chemin de sa maison ? Tu es assez loin de ton nid... Répliqua le passeur de Aoba Johsai.

-Hum... euh... je... je sais pas...

Le numéro dix paraissait assez confus, les éléments de l'après-midi lui revinrent en mémoire et sa tête le fit légèrement souffrir. Le plus âgé soupira, déjà que la rencontre était plus qu'inattendue, le plus petit semblait avoir quelques problèmes...

-Tu as l'air d'avoir besoin d'aide. Est-ce que tu sais au moins où dormir ce soir ?

Hinata hocha négativement la tête, il n'avait plus de moyen de transport, le bus ne devait plus circuler à cette heure. D'ailleurs il était quelle heure ? Le central prit son téléphone et l'ouvrit mais l'écran resta noir... Donc, en plus il n'avait aucun moyen de contacter qui que ce soit...

Oikawa observa le petit manège du plus petit, celui-ci avait apparemment quelques problèmes. Que devait-il faire... il ne pouvait pas le laisser là... mais Chibi-chan était un adversaire et l'ami de Tobio-chan.

Non, il était le plus âgé, il devait s'occuper de ses cadets. Il en était de sa responsabilité. Le brun prit une pose semi-héroïque, semi-drageur et attira l'attention du première année d'un geste.

-Si tu n'as pas d'autre solution, tu peux venir dormir chez moi ! S'exclama Tooru avec un de ses airs supérieur.

Un instant silencieux s'écoula durant lequel le petit roux se figea dans une expresion moitié surpris, moitié "où est le piège''...

-Ne t'inquiète pas Chibi-chan, mes parents ne sont pas souvent présents. Ajouta le plus grand.

-Ça rend la proposition plus effrayante qu'autre chose. Commenta Shoyo avec un léger mouvement de recul.

Ce n'était pas la première fois que quelqu'un disait qu'il était effrayant mais c'était la première fois que ça le vexait autant. Pour une fois qu'il essayait sincèrement d'être gentil...

-Je crois que tu n'as pas vraiment le choix de toute façon. Déclara Oikawa d'un ton un peu amer. Venir chez moi ne va pas te tuer, et c'est toujours mieux que de passer la nuit ici. Continua-t-il.

Hinata opina de la tête, celle-ci lui faisait de plus en plus mal. Le terminal remarquait bien que le numéro dix était plus silencieux que d'habitude cependant il n'en trouvait pas la raison.

-Dépêche-toi, il commence à faire froid et Iwa-chan sera encore en colère si j'attrape un rhume. Dit le plus âgé d'une voix plutôt enfantine.

Le joueur de Karasuno pouffa face à cette attitude, le Grand Roi faisait vraiment des choses inattendues. Le feinteur se leva mais fût aussitôt pris de vertiges, il tangua et tomba vers l'avant. Heureusement Tooru le rattrapa avant qu'il ne touche le sol.

-Woh, tu es blessé ? Tu as mal quelque part ? Interrogea précipitamment le passeur, inquiet.

-Je suis tombé tantôt mais c'est rien de grave. J'ai l'habitude.

Le capitaine soupira et prit la main du plus jeune pour le guider jusque chez lui.

-Tu oublies mon vélo.

Le plus grand lâcha le bras de Shoyo et se tapa le front avec sa main tandis que le plus petit courait reprendre son moyen de transport. Trois minutes plus tard, les deux volleyeurs se dirigeaient vers le domicile du brun.

Ils n'étaient pas très loin mais le troisième année se sentait obligé d'engager la conversation... pour satisfaire sa curiosité, principalement.

-Qu'est-ce que tu as fait pour mettre ton vélo dans cet état ? Demanda le joueur d'Aoba Johsai.

-Je suis sortis de la route et rentré dans un arbre. Expliqua brièvement Hinata avec une moue.

-Woah, ça a l'air plutôt violent.

-Je ne connais pas bien la route, j'aurais dû être plus attentif. Dit le plus jeune avec un sourire lumineux mais qui donnait une impression de faux à Tooru.

-Pourquoi tu venais par ici ?

-J'avais besoin de me vider la tête. Il se passe pas mal de choses pour le moment. Répondit Shoyo partagé entre une mine déterminée et une certaine mélancolie.

-On pourrait... en parler... Proposa le brunet légèrement incertain de ses propres propos.

-Pourquoi tu ferais ça ? Questionna le numéro dix en regardant son vis-à-vis, surpris

-Pourquoi je ne le ferai pas ? Et puis, j'ai envie de t'écouter. Admis le joueur de Seijo.

Enfin, il voulait surtout savoir ce qui était arrivé au feinteur, il ne l'admettrait pas mais il s'inquiétait sincèrement pour le roux qui habituellement se battait toujours et rayonnait de bonheur, mais qui semblait si terne ce soir.

-Okay... accepta le première année.

Ce n'était pas son plan de base : parler de ses problèmes au Grand Roi. Cependant, il avait vraiment besoin de se confier peu importe à qui. Et puis si son "meilleur ami" avait refusé, autant se tourner vers son "meilleur ennemi".

-Par contre tu devrais prévenir tes parents que tu ne rentreras pas cette nuit.

-Tu as raison, mieux vaut éviter que maman s'inquiète pour rien. Ajouta Hinata en prennant son téléphone de sa poche.

Il ouvrit le clapet mais l'écran resta désespérément noir. Ah oui, ça batterie était morte, il réitéra son geste dans l'espoir de voir un peu de lumière mais le cellulaire ne donnait aucun signe de vie, comme si sa journée pouvait être pire.

-Je peux te passer le mien.

-Non, je le ferai plus tard, ma maman lit pas les massages de numéro inconnu. Je connais pas les numéros par cœur de tout façon...

Ils arrivèrent devant une maison de banlieue bien entretenue, Hinata déposa son vélo contre le mur puis ils entrèrent dans la bâtisse, se déchaussèrent et prirent le temps de s'installer dans le salon.

-Tu as encore mal à la tête ? Demanda le plus grand, en inspectant le crâne du plus jeune pour vérifier qu'il ne s'était pas ouvert.

-Un peu, mais c'est à l'avant uniquement. Pas besoin de tripoter ma tête.

-Désolé, désolé. S'excusa Tooru en mettant ses mains en évidence. Je voulais m'assurer qu'il n'y avait rien de grave. Tu n'as mal nulle part d'autre ?

-Mes genoux piquottent un peu.

-Okay, je vais chercher de la glace et la boîte de secours. Je vais aussi brancher ton gsm.

Shoyo lui donna son cellulaire et Oikawa partit dans la cuisine ouverte, il mis le téléphone à charger, pris un sachet de glace dans le frigo et la boîte de soins. Il retourna près du blessé.

L'élève de Karasuno maintenu la glace sur le côté gauche de son front tandis que l'autre adolescent appliquait du désinfectant sur les écorchures avant de les bander.

C'était la première fois que le roux voyait le Grand Roi être aussi attentif au besoin d'autri. Au fond, il était heureux de découvrir une nouvelle facette de la star de Seijo malgré les circonstances.

-Je nous prépare du thé puis on pourra parler.

Tooru rejoignit à nouveau la cuisine et commença la préparation. Il jeta un œil à son invité, celui-ci avait la tête penchée en arrière et les yeux fermés, il s'était un peu plus avachi dans le canapé. La position avait un petit quelque chose de sensuel sans que Oikawa ne puisse vraiment dire quoi...

La vibration du téléphone du plus jeune le sortit de sa rêverie, il s'apprêtait à prévenir ce dernier lorsqu'une expression de douleur passa sur le visage du plus petit. Il fallait mieux vérifier le contenu….

Le passeur ouvrit le clapet, une image de l'équipe de Karasuno s'afficha, il trouvait ça adorable de la part du feinteur. Il ouvrit le message venant apparemment de cet insupportable génie.

Désolé pour tout à l'heure.

J'étais frustré qu'on réussisse plus la passe.

Je n'aurais pas dû rejeter ça sur toi.

On parlera demain.

Encore désolé.

Je ne pensais pas ce que j'ai dit.

Tu es mon premier et mon meilleur ami.

À demain.

Voulez-vous vraiment supprimer ce message ?

[Oui] | Non

Oikawa valida sans hésitation, il ne savait pas pourquoi il faisait ça mais il comprenait que l'état de son invité surprise était dû, en partie, à son cadet si détestable.

Êtes-vous certain de vouloir bloquer ce contact ?

Ses doigts bougeaient tout seul sur le clavier, il jetta un coup d'œil au nouveau petit géant. Il n'avait pas bougé d'un pouce, mis à part sa respiration qui semblait irrégulière. Sans préavis quelconque, des larmes silencieuses coulèrent sur les joues du plus jeune, que celui-ci s'empressa de sécher.

[Oui] | Non

Il lâcha le téléphone comme s'il le brûlait, l'eau bouillait à quelques pas et il fallut un instant avant qu'il reprenne pied avec la réalité. Moins d'une minute plus part, Tooru déposait un plateau avec des tasses fumantes.

Le numéro dix se saisit immédiatement de la boisson chaude et ramena ses genous plus près de sa poitrine. Autant Oikawa trouvait l'attitude du plus petit mignonne, autant le voir comme ça l'attristait un peu.

-Donc qu'est ce qui s'est passé ? Questionna le capitaine.

-Version courte ou longue ? Dit Shoyo avec un petit sourire amer.

-On a tout notre temps.

Hinata soupira et bu une gorgée comme pour se donner courage.

-Il y a environ trois semaines, peu après notre camp d'entraînement, je devais, j'aurais dû ramener ma petite sœur à la maison après son club de shogi, mais avec Kageyama ont tentaient de refaire la nouvelle passe.

Le central fît une petite pause, les événements qu'il décrivait lui revenaient en mémoire et il se souvenait si précisément de ses sensations et de ses pensées.

-Je ne pensais plus qu'à cette foutue passe et j'ai oublié d'aller la chercher. J'étais tellement obsédé par cette passe... Je ne voyais rien autour. Après plusieurs dizaines d'essais, on a préféré arrêter de nous entraîner. Comme d'habitude il ne restait que nous puisque la pratique était terminée depuis plusieurs heures...

Oikawa comprenait cette envie de toujours vouloir s'améliorer, Iwa-chan lui reprochait souvent d'en faire trop.

-Lorsque j'ai regardé mon gsm, j'avais une dizaine de messages et trois appels manqués. Ils venaient tous de ma mère, ses premiers messages étaient plein de colère parce que ni Natsu ni moi n'étions rentré. Les suivants étaient remplis d'inquiétude : elle me suppliait de lui répondre, de lui dire que tout allait bien...

Le plus petit se replia encore plus sur lui-même, se remémorer ce moment lui faisait l'effet d'un coup de poing dans le ventre, la culpabilité le rongeait totalement.

-Son dernier était froid et distant : "Natsu a eu un accident, elle est à l'hôpital. Débrouille-toi seul quelques jours." Ma maman n'a rien dit de plus, je ne savais rien de plus. Kageyama était déjà reparti et je ne savais pas quoi faire.

Tooru était attentif au moindre geste trahissant les émotions négatives de son invité, sans qu'il comprenne pourquoi il avait envie de les faire disparaître.

-Je ne sais absolument pas comment je suis rentré chez moi, tout était devenu flou comme dans un rêve. Dès que je suis rentré, j'ai été dormir mais impossible de fermer l'œil. Pendant les cinq jours qui suivirent j'ai été incapable de manger ou dormir. J'étais rongé par l'inquiétude et la culpabilité et ma mère ne donnait aucune nouvelle de ma sœur. Expliqua le plus jeune les larmes aux yeux.

Il posa sa tasse pour les essuyer, il se sentait encore tellement coupable pour cet accident. Le joueur de Aoba Johsai ne savait pas comment réagir, il avait envie de serrer le feinteur dans ses bras mais ça serait probablement déplacé.

-Qu'est-ce que ton équipe a fait ? Pour t'aider. Rajouta-t-il voyant l'incompréhension sur le visage de Shoyo.

-Ah, euh... pas grand-chose. À vrai dire, je ne leur ai pas parlé de mes problèmes. Répondit le plus petit en se grattant la joue de gêne.

Oikawa vu rouge, ils n'avaient pas remarqué !? Comment était-ce possible ? Même lui voyait que le petit soleil avait perdu du son éclat et ceux qui le côtoyaient le plus le laissait mourir ? Il avait sincèrement pensé que Karasuno valait mieux...

-Ce n'est pas que tu leur as parlé ou pas qui pose problème, c'est le fait qu'ils n'ait pas remarqué que tu souffres ! Ils sont ton équipe, ta deuxième famille. Lâcha le capitaine de Seijo hors de lui.

-Je ne savais pas que tu voyais ton équipe de cette façon, c'est intéressant. J'aime bien cette façon de voir les choses, j'aimerai aussi en avoir une.

-Une ? Interrogea le plus âgé en fronçant les sourcils.

-Une équipe comme ça.

Il y eu un instant de silence inconfortable, le plus grand voulait réconforter Shoyo, lui dire qu'il serait là maintenant mais c'était faux : demain le plus jeune allait repartir et ils se recroiseraient occasionnellement pour un match...

Non ! Le numéro un devait trouver un moyen pour que Hinata reste chez lui, un moyen pour que la petite boule d'énergie retrouve sa joie de vivre habituelle. Mais tout d'abord il avait besoin de la suite de l'histoire...

-Et après ? Qu'est ce qui s'est passé ? Demanda le passeur, c'était aussi un moyen de changer de sujet dans l'espoir de garder son sang-froid - du moins ce qu'il en restait -.

-Ma mère a fini par revenir. Elle s'est excusée pour son silence et pour son comportement. Elle m'a dit aussi que ce n'était pas ma faute et que Natsu ne risquait plus rien mais qu'elle devait subir encore des petites opérations et qu'elle resterait à l'hôpital encore quelques temps. Raconta le grand-frère avec une certaine tristesse.

Le joueur de Karasuno fini sa tasse d'une traite, la boisson était tiède maintenant et le goût se détériorait vraiment. Hinata se perdit un instant dans ses pensées puis soudain il sentit l'envie de vomir monter rapidement.

-Où sont tes toilettes ? Questionna-t-il d'une voix qui se voulait calme.

Oikawa lui indiqua les WC vers lesquels le plus jeune se précipita. Assez surpris, le troisième année suivi le petit corbeau, il aillait s'inquiéter de son état lorsqu'il sentit son téléphone vibrer de manière prolongée.

Il sortit l'appareil de sa poche et décrocha.

-"Shittykawa ! Ne me dis pas que tu as oublié la réunion de ce soir !" Hurla son interlocuteur.

-"Iwa-chan, quel plaisir d'entendre ta voix ! Je suis malheureusement trop occupé pour me joindre à notre petit rendez-vous." Argumenta le brun d'une voix innocente.

-"C'est une réunion, pas un rendez-vous, Assikawa ! Et si tu ne ramènes pas tes fesses au lycée immédiatement, tu le sentiras passer !" Menaça l'attaquant en colère.

-"Comme je l'ai dit, aujourd'hui ça ne sera pas possible. J'ai recueilli un oiseau blessé et je dois le soigner. Merci de prévenir le coach pour moi !"

Oikawa raccrocha l'instant suivant sa réponse, il savait qu'il le regretterai dans les jours suivants mais Chibi-chan était le plus important pour le moment.

-Hey tout va bien là-dedans ?

-...Oui, ça va... Articula difficilement le roux en ouvrant la porte.

-Viens. On va aller dormir.

-Non, je veux finir l'histoire.

Tooru avait remarqué que le central était épuisé mais le regard rempli de détermination qui le fixait l'empêchait de refuser la demande du plus jeune. Il soupira en repartant vers la pièce de vie.

Hinata s'installa exactement à la même place qu'avant tandis que son aîné faisait un mini crochet par la cuisine pour prendre un médicament contre le vomissent ainsi qu'un verre d'eau.

-Tiens. Ça devrait te faire du bien. Dit-il en s'asseyant près du feinteur.

-Merci. Murmura celui-ci en prenant le cachet.

Il y eu encore un silence durant lequel le numéro dix semblait remettre de l'ordre dans ses souvenirs tandis que le capitaine de Seijo cherchait ce qu'il pourrait faire pour aider son invité.

-Après avoir passé une semaine avec ma sœur, ma mère a dû retourner travailler, elle passait voir Natsu après son boulot. Il n'y avait aucun moment où je pouvais aller la voir et cette situation me mettait hors de moi ! Je sais bien qu'elle le faisait exprès et que j'étais responsable de l'accident. Explosa le première année.

La main qui avait commencé à faire des petits cercles dans son dos le calma quasi immédiatement. Il reprit son souffle et s'apaisa...

-Tu le dis toi-même, c'était un accident. Un horrible coup du sort ou du destin mais je suis certain que ça n'était pas de ta faute. Tempera le plus grand.

-Mais si... si j'étais allé la chercher, si j'avais été avec elle... Rien de tout ça ne serait arriver...

-Tu ne peux plus rien y faire mais tu as pu aller voir ta sœur depuis ?

-Non, je n'avais plus aucune envie. J'étais, non je suis toujours un peu perdu. Je ne supporte plus la solitude à la maison mais lorsque je suis au club, je n'arrive pas à me concentrer ou faire quoique ce soit. Je pense tout le temps à ma sœur couché qu'un lit d'hôpital... Elle doit tellement m'en vouloir...

-Je suis sûr que non. Tu devrais lui parler, t'excuser.

-Comment ?! S'emporta Hinata en fixant le passeur droit dans les yeux.

Celui-ci eu un léger mouvement en arrière, c'était la première fois qu'il avait à faire à ce genre de situation et il ne savait pas trop comment aider le plus jeune.

-Tu pourrais en discuter avec quelqu'un...

-Qu'est-ce qu'on est en train de faire selon toi. Répliqua sèchement le feinteur.

-Je voulais dire en parler à un adulte : un prof, ton coach, n'importe qui qui pourrais t'aider.

Oikawa se sentit faible en prononçant cette phrase qui transportait toute son incapacité à venir en aider à son cadet. Il aurait tellement aimé pouvoir faire plus...

-J'ai essayé, enfin, juste d'en parler, c'est compliqué de se confier. Reprit Shoyo le regard vers le sol, Je voulais vraiment me parler à Kageyama aujourd'hui mais on s'est disputé à la place... J'aurais juste aimé qu'il m'écoute... Je voulais qu'il me soutienne et me conseille...

Un sentiment de colère traversa le joueur d'Aoba Johsai, ce petit génie recommençait à prendre les gens de haut... puis le SMS lui revient en mémoire et il se senti mal à l'aise. Il n'avait pas eu de raison particulière pour supprimer ce message mais peut-être qu'il avait bien fait...

-Je n'ai absolument aucune idée de ce que je dois faire...Déclara pitoyablement le roux.

Tooru prit le plus jeune dans ses bras, il ne savait pas non plus ce qu'il pouvait faire mis à part rester avec le corbeau pour le soutenir du mieux qu'il pouvait.

Soudain, il fit le lien, si Natsu était à l'hôpital peut-être que...

-Tu sais dans quel hôpital est ta sœur ? Demanda précipitamment le brun.

-L'hôpital centrale de Miyagi... Répondit le numéro dix, septique.

-Ma maman travaille là-bas. Elle pourrait nous y conduire demain ! S'expliqua le passeur.

-Vraiment ?! Dit Shoyo avec des étoiles dans les yeux, Je pourrais voir Natsu !

Le capitaine hocha positivement la tête, il lui a fallu tellement de temps pour faire le lien (hôpital = Maman chirurgienne = moyen d'aller à l'hôpital) mais maintenant Shoyo semblait un peu mieux...

-Je pourrais enfin la voir, lui parler, m'excuser... Dit Hinata, les larmes coulant librement sur son visage.

-Je ne pense pas que tu ais besoin de t'excuser. Rectifia le numéro un en essuyant les pleurs de l'autre.

Il a fallu plusieurs minutes pour que le joueur de Karasuno soit un peu plus calme. Cependant, ni lui ni Oikawa n'avait bougé depuis que le plus grand enlaçait le petit roux dans l'espoir de le consoler ce qui semblait bien fonctionner...

Il se faisait tard et Tooru savait que son père allait bientôt rentrer et mieux valait qu'il ne trouve pas un inconnu dans son salon et dans les bras de son fils.

-On devrait monter, il est temps de se reposer un peu.

Le plus jeune acquiesça et les deux lycéens rejoignirent la chambre du plus âgé. Le joueur d'Aoba Joshai laissa un petit mot à ses parents pour expliquer les grandes lignes de l'histoire et il jeta sa tasse de thé à laquelle il n'avait finalement pas touché.

Ils installèrent en vitesse un futon et se glissèrent sous les draps.

-Je voulais que tu saches...je serai toujours là si tu as besoin de moi. Je te le promets. Jura le troisième année.

Le long silence qui s'étendit après sa déclaration lui donna l'impression que le central dormait. De plus, il n'avait aucune idée du pourquoi il avait dit ça. Certes c'était vrai mais jamais il ne l'aurait dit à voix haute en temps normal...

-Merci. Murmura le plus jeune d'un ton ensommeillé.

Le passeur rougit dans le noir, il avait secrètement espéré que le roux dorme déjà, définitivement celui-ci lui faisait un certain effet.

Il avait envie de l'aider, de le voir sourire, d'être près de lui... C'était nouveau pour Oikawa, il ne savait pas comment interpréter ses envies ni ses sentiments. C'était assez différent de toutes les relations qu'il avait eues jusqu'à présent mais celle qui s'en rapprochait le plus était probablement sa relation avec Iwaizumi...

Mais ce n'était quand même pas pareil, il était plus attentionné, plus prudent avec Shoyo, un peu comme avec un petit-frère. C'était donc ça, il voyait son cadet comme une petite créature à protéger - C'est une vision erronée d'un petit frère - comme une créature mignonne mais sans défense….

Oui ça expliquait ses sentiments... Rassuré, Tooru fini aussi par s'endormir.

~~~~ À suivre ~~~~