Disclaimer : je ne possède rien, sinon mon imagination et encore parfois j'ai des doutes.

Notes : merci de suivre cette histoire, merci encore aux reviewers courageux. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez... Chapitre qui m'a beaucoup em..., je vous préviens.

Résumé :Après une chute, Will, blessé, se réveille amnésique en compagnie d'un homme étrange qui s'occupe de lui. Les souvenirs déterminent-ils ce que nous sommes ? Les actions sont-elles véritablement le reflet de nos pensées ? Après la découverte de son amnésie, une attaque maritime, une opération "à coeur ouvert" et une fritatta ratée, Will trouve certains souvenirs et les bras d'un certain psychopathe. Quoi d'autre ? Pénultième chapitre.

Edit : je poste rapidement, deux mois après avoir relu pour la dernière fois (oui, je l'ai préparé d'avance en plein mois de janvier avant de mettre mon imagination en hibernation pour cause de travail. Il faut bien manger). Je vous remercie pour vos reviews, je sais que je n'ai pas encore répondu, je suis impardonnable car vous lire me réchauffe le cœur et me soutient dans cette période hivernale bien pourrie !


Chapitre cinq : un rêve et tout revient...


Les semaines passèrent rapidement, une vie à deux s'installa et tous les jours, Will progressait dans la réappropriation de ses souvenirs. Il était étonné à chaque nouveau morceau qu'il découvrait combien Hannibal était heureux et fier de le voir avancer. Cependant Will sentait qu'il attendait quelque chose, un souvenir bien spécifique, qui, s'il ne connaissait pas mieux Hannibal maintenant, semblait lui faire peur. Lecter ne connaissait pas la peur au sens strict du terme, car il était dirigé par la logique la plus pure. Mais Will pensait qu'un rejet lui serait difficile, voire insupportable. Cela lui coûterait peut-être même ce qu'ils avaient maintenant. Peut-être sa vie même. Ce souvenir était une épée de Damoclès. C'est pourquoi, bien qu'il travaillât sa mémoire, il ne souhaitait pas creuser plus profondément dans le rocher de glace qui enserrait ses souvenirs. Il revivait les moments qu'il avait découvert, pour les exploiter au maximum sans tenter de fouiller le reste de l'iceberg. Il savait que tout changerait.

Hannibal se gardait de raconter les événements qu'ils avaient pu vivre ensemble pour ne pas l'influencer. Au fil du temps, Will comprit l'importance de ce geste. Il lui laissait le temps de comprendre qui il était sans chercher à le manipuler, à modifier sa psychée, comme il l'avait fait quelques années auparavant. Il sentait cependant le cannibale être dans l'expectative. Il attendait de lui quelque chose que Will ne cernait pas tout à fait. Cela avait un rapport certainement avec la manière dont il le couvait du regard dès qu'il se plongeait dans le marécage de sa mémoire. Il s'y déplaçait aisément maintenant, retrouvant le fil de sa vie et l'analysant d'un point de vue plus clinique. Il n'avait pas réutilisé le don qui l'avait choisi depuis leur arrivée. Peut-être qu'une vie calme auprès d'Hannibal lui permettait de mettre en repos cette capacité. Ou bien la présence elle-même de Hannibal lui permettait de l'apaiser. Il l'ignorait mais son esprit s'en trouvait considérablement allégé.

Parfois, il se prenait à se détester tant il se trouvait pusillanime, laissant Crawford ou d'autres lui dicter ses choix. Il prenait acte de ses facultés qui avaient été utilisées contre son gré, le remplissant d'images et de besoins qu'il n'éprouvait pas. Il n'était pas étanche à la folie des hommes. Son empathie l'avait laissé à la merci du FBI qui l'avait transformé en outils. Il avait maintenant l'occasion de réécrire sa façon de réagir, de penser, de vivre tout simplement. Avec Hannibal, il se montrait lui même, débarrassé de ce qu'on attendait de lui, il vivait pour lui même libre enfin. Et par conséquent tellement plus proche de lui. Hannibal qui lui montrait ses livre préférés et lui faisait découvrir musique et peinture. Will affinait ses goûts et retrouvait qui il était. Il se reconstruisait physiquement et psychologiquement.

Hannibal se remettait doucement, il était résistant à la douleur, certes, mais l'infection avait été enrayé tardivement et il lui fallu plus de temps. Will plaisanta un jour en lui disant qu'il ne mangeait pas suffisamment de viande. Cela suffit pour agacer le psychopathe qui choisit de faire les courses quelques jours plus tard. Ils étaient toujours recherchés mais ce n'était pas cela qui allait l'arrêter. Seul, il se rendit à Montpelier, Vermont. Il en revint avec un plein panier de spécialités et les filets mignons d'un commerçant trop mal poli mais succulent cuisiné avec des tomates séchés.

La nuit les trouvait tous les deux enlacés. Ils ne se lassaient pas de se dévorer l'un l'autre, de respirer la vie de l'autre... une autarcie qui leur convenait, malgré les souvenirs ou leur absence.

Une nuit, Will s'éveilla en sursaut, tiré du sommeil par un cri. Serré contre un torse dur par des bras aux biceps d'acier, il sentait les muscles tressaillir contre lui. Il étouffait. Il se débattit, mais sa réaction en provoqua une autre, le corps qui le tenait si fermement l'étranglait. Il frappa du plat de la main contre le bras qui resserrait son étreinte sur sa gorge. Il rua dans les draps, pour glisser hors de l'étreinte. Il l'entraîna dans sa chute pour le maîtriser sur le plancher ciré, assis sur ses hanches nues, ses mains enserrant des poignets convulsifs.

- Hannibal ! cria-t-il. L'homme sortit immédiatement de son rêve et posa la main sur la joue de Will, alerté par ses pommettes écarlates et ses yeux brillants. Il se détendit brusquement et Will souffla longuement.

- J'ignorais que c'était si dangereux de dormir à tes côtés.

Le cannibale ne s'excusa pas mais il l'aida à se relever, le laissant reprendre son souffle lentement.

- De quoi rêvais-tu ? demanda Will d'un ton pressant, intrigué par son comportement. Ta réaction n'aurait pas été aussi... épidermique, s'il n'y avait rien eu.

Le tueur se contenta de le regarder stoïquement. Il semblait avoir vite récupéré de son cauchemar. Son self-control était toujours impeccable même en se réveillant en tentant d'assassiner son amant. Il plissa les yeux.

- Mémoire ou question?

- Cela me concerne donc, dit Will en se rapprochant de lui.

- Te souviens-tu des circonstances de tes blessures ?

Hannibal le regardait droit dans les yeux, attentif à sa réaction inconsciente. Will se sentait épinglé par son regard intense.

- Non, enfin, je sais que c'est suite à l'affaire de la Fée des dents. Nous nous sommes battus, j'ai été blessé et nous sommes arrivés au yacht. J'ignore les détails car je ne me les rappelle pas. Je sais seulement ce que les journaux ont divulgué. Nous n'en parlons jamais.

- Il haïssait le nom de Fée des dents. Tu l'as su. Tu peux retrouver ce savoir. Mais ce n'est pas l'objet de mon rêve.

- Les rêves ont pour mission de vider la conscience des pulsions non résolues, le singea Will.

- Je t'ai vu mort, je t'ai cru mort.

Les mots semblaient s'étrangler dans sa gorge et Will comprit qu'il ne s'agissait pas du rêve, mais d'un souvenir qu'Hannibal choisissait de lui raconter. Il le regardait sérieusement, les yeux brillants. Will se tendit, quelque part troublé par le risque que tout change. Il sentait que ce que Hannibal allait lui raconter faisait partie des mémoires qu'il évitait de toucher par peur de découvrir quelque chose qui l'aurait métamorphosé de manière inaltérable. La glace se réchauffait en lui mais il ne voulait pas toucher ce qui s'y cachait. Le lit encore tiède les accueillit pour la suite de leur conversation nocturne.

- Après notre combat contre Dolarhyde, se reprit Lecter d'une voix redevenue calme, Nous avons été secouru par quelqu'un.

- Qui ? demanda Will, qui aurait eu mille autre question à lui poser en même temps, mais qui lisait dans ses yeux le besoin de parler de son amant.

- Chiyot.

- Cette même Chiyot que tu gardais dans ton château en Lituanie ?

- Oui, de quoi tu souviens-tu d'elle ?

- Quelques éléments, elle me déteste, m'a jeté d'un train et m'a tiré dessus alors que je voulais t'offrir un couteau.

- Tu voulais me tuer, dit platement le psychiatre en posant une main légère sur son flanc.

- Elle l'a cru. Ce n'était pas ma volonté. Pas tout à fait, fit Will avec un sourire.

- Je sais, dit Hannibal, j'ai suffisamment insisté pour que tu laisses tes instincts se révéler. Je ne t'en ai pas tenu rigueur.

- Non, tu as seulement cherché à savoir ce qu'il y avait dans ma tête. Littéralement. Mais nous avons décidé de tirer un trait sur le passé. Sur nos … mésententes. Chiyot était donc présente, dit Will en plissant des yeux. Comment ? Non, je ne veux pas le savoir maintenant, ajouta-t-il en voyant le regard d'Hannibal s'obscurcir, probablement lassé des interruptions.

- Elle m'a prêté main forte.

- Mais pourquoi en rêver maintenant ? Elle t'a aidé, non ?

- Elle a voulu te tuer, dit l'homme en le rapprochant de lui. J'ai été séparé de toi par les courants et j'ai nagé vers la côte en te cherchant. Tu avais déjà été rejeté par la mer et elle se tenait près de toi. Elle te maintenait la tête sous l'eau. Elle n'aurait jamais dû te toucher dans ce train. Ce fut la dernière fois. J'ai couru vers vous, elle t'a lâché. Je l'ai tuée sans remord. Elle est tombé sur le sable à tes côtés. Tu ne respirais plus, tu ne bougeais plus. J'ai pratiqué un massage cardiaque pendant ce qu'il me parut des heures. Tu es finalement revenu à moi. Pour moi.

WIll se sentit ému par cette déclaration masquée. Comptait-il à ce point pour lui, au point de sacrifier la seule femme qui lui avait rappelé Mischa? Pourtant il y avait quelque chose dans les propos d'Hannibal qui lui rappelait quelque chose, quelque chose qu'il n'avait pas encore repêché, les événements directement liés à sa perte de mémoire. Il avait été rejeté par la mer...

- Comment sommes-nous arrivé en mer ? Je croyais que Dolarhyde avait été tué sur le patio de ta maison de vacance.

Hannibal conserva le silence, ses yeux ne quittèrent pas les siens.

- C'est à moi de récupérer ce souvenir, n'est-ce pas ?

- Tu peux utiliser les dons à ta disposition. Tu ne l'as pas fait depuis notre arrivée.

- Comment sais-tu cela ?

- Je n'ignore rien de toi, Will, j'aime t'observer.

- Je peux pourtant te surprendre.

- C'est ce que je préfère en toi, chuchota Hannibal, une main ébouriffant les cheveux qui repoussait.

- Il est temps que je recommence, c'est ce que tu veux dire.

- De quoi à as-tu peur ?

- Certainement de te perdre en découvrant une nouvelle trahison que je ne pourrais pas accepter. Nous nous sommes battus tant de fois que j'en perds le compte.

- Nous sommes pourtant ici, ensemble dit Hannibal, en embrassant son épaule, égratignant d'un coup de dent la chair tendre.

Will hocha la tête prêt à utiliser son don une nouvelle fois. Il accrocha le regard d'Hannibal avant de fermer les yeux et de plonger dans son monde intérieur. Le marais avait pris des allures de bayou, des bras profonds et larges qui se rétrécissaient brusquement sous des cyprès d'eau. Il aimait ce crépuscule tiede stridulant de vie animale. Il savait désormais que c'était sa Louisiane natale qui avait donné ce décor à ses souvenirs d'enfance. Il remonta rapidement le courant. La rivière devint de plus en plus glaciale et étroite, jusqu'à toucher l'iceberg qui lui donnait naissance. Il sentit la présence d'Hannibal qui se déplaçait derrière son dos, l'enserrant dans ses bras. Le réconfort fut réel. Will choisit de décrire ce qu'il voyait. L'iceberg était sombre, traversé par de brèves intermittences lumineuses qui l'attiraient autant qu'elles le repoussaient. Hannibal l'encouragea à avancer vers la surface. Elle n'était pas aussi froide qu'il le pensait et sa main traversa la paroi.

- Entends-tu quelque chose ?

Will tendit l'oreille. il entendait le ressac de vagues sur des rochers et de la musique. Il siffla les quelques notes qu'il pouvait. Hannibal souffla " variation de Bach N°5". Will reposa la tête contre le torse de son amant. Il inspira profondément. Il voyait maintenant toute la scène. Une maison d'architecte au bord d'une falaise. Il regarda par la fenêtre, un frisson le saisit. Il sentait des yeux posé sur lui, invisibles et puissants.

- Nous parlons, tu ouvres une bouteille de vin, tu sembles partagé entre me tuer ou me laisser vivre.

- Ma compassion pour toi est un inconvénient Will.

- Si tu es porté sur la viande de boeuf, il est gênant d'être compatissant pour la vache.

- Sauve-toi, tue-les tous.

- Je ne sais pas si je peux me sauver moi-même et c'est peut-être très bien.

- Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour un ami.

"Tu cites la bible et je te dis qu'il nous regarde. La vitre derrière nous explose, la bouteille que tu tiens explose elle aussi et tu tombes à genoux, blessé. Mon cœur bat à toute allure. Je te vois blessé et je suis incapable de bouger. Le dragon te parle mais je ne comprends pas. Je ne pense qu'à une chose, mon arme dans mon dos. Je ne comprends qu'une chose, il va te tuer. Si je ne fais rien, il te tuera. Il se réjouit déjà de voir et revoir le film. Je suis négligeable à ses yeux. Je prends une gorgée de vin et je trouve le courage de prendre mon flingue. Le Dragon, le dragon plonge sa patte dans ma joue, un couteau profondément enfoncé dans la chair. Le sang, le goût du sang dans ma bouche, cela me renverse, cette douleur. Je dois combattre la douleur, je dois me battre. Nous devons nous battre.

- Shshsh Will, tout va bien, respire.

- Je lutte, je te regarde, tu es à terre, tes yeux, la rage, la violence qu'ils exhalent. La haine pour lui, la peur pour moi. Tes yeux, Hannibal. Ils me transpercent. Il me jette sur le patio à travers la fenêtre, il me domine. Je ne veux pas. Il veut me briser le dos, le dragon veut me briser. Je sors mon arme et il me désarme si facilement. Je suis sans défense. Je suis désarmé. Sauf pour cette lame plantée dans mon visage. Je l'arrache et la plante dans la patte du dragon au moment où il s'approche de moi. Cela ne lui fait rien. Il l'enlève et me poignarde sous la clavicule et s'en sert pour me saisir et me rompre l'échine. Je ne peux plus bouger, je ne peux pas résister. Je sens ta présence, un choc dans son dos, ses griffes me relâchent. Un cerf, le cerf avec toutes ses ramures qui contrôlent le dragon. Je te vois, toi et le cerf. Tu tentes de lui briser la nuque mais tu n'y parvient pas. Je me relève, il se défait de ton étreinte.

Nous nous regardons. Je lis dans ton esprit, tu lis dans le mien. J'ai envie de te rejoindre. J'ai envie de le tuer, je sais que nous devons le tuer. Je sais comment le faire. Nous devons joindre nos forces. Je sens le sang goutter le long de mon visage, mais je me sens vivant. Tu hoches la tête et nous agissons ensemble. Le cerf réapparaît et lutte contre lui. Je plante mes crocs dans sa jambe. Nous agissons en meute, dans un même ensemble. Nous le harcelons et il nous défie. Un monstre, une bête à notre mesure, notre égal. Le cerf bondit sur son dos et je plante mon arme dans son abdomen, le sang a une odeur qui affole mes sens. Le dragon retire le poignard de ses tripes et tu te transformes en loup et arrache sa trachée.

Le sang gicle, ses ailes se déploient alors que la vie s'éloigne peu à peu de lui. Je me sens en vie, mon cœur bat, bat si fort, dans mes oreilles, dans mes veines. Je n'entends que mon souffle et le tien. Le monde est figé autour de nous. Nous avons vaincu le Dragon Rouge, tous les deux et je me sens heureux de l'avoir tué. Mon corps palpite, mon cerveau est saturé de plaisir. Je remarque tellement de choses, la couleur du sang, si noir à la lumière de la lune, comme tes yeux qui étincelle d'un noir d'onyx. Nous nous tenons l'un face à l'autre. Je sais seulement que ma vie est auprès de toi.

- Vois, c'est tout ce que j'ai toujours voulu pour toi, Will, pour tous les deux. Will entendit la voix à l'intérieur de lui, hachée, soufflée et il reprend son récit, troublé par la voix si douce.

- Et je sais que moi aussi. C'est beau, trop beau. Je sens ta chaleur, si proche. Je ne peux pas vivre sans toi, je ne peux pas vivre avec toi, ici. Je prends conscience que ce monde ne pourra pas nous supporter tous les deux en liberté. Tu t'abandonnes à moi et je t'entraîne dans ma chute. Je peux mourir, je suis libre, libéré des contraintes, libéré de moi-même.

Mais je veux vivre. Je me sens vivant alors que nous tombons. Tu es vivant, accroché à moi et je sens ton cœur battre comme le mien. Tu parles mais je ne t'entends pas. Les eaux glaciales de l'océan se referment sur nous. Le choc me sépare de toi et je sombre, je suffoque. Je meurs alors que je veux vivre.

- Will, Will, je te tiens, tu es là, dans mes bras. Tout va bien.

Will ouvrit les yeux, il était trempé de sueur. La glace qui avait capturé son esprit fondait, une eau noire comme du sang sous la lune étincelait dans les profondeurs de son esprit.

- Je me souviens de tout cette fois. Je me souviens de mon choix. C'est cela qui a figé ma mémoire. Je voulais vivre alors que j'étais sûr que nous allions mourir. J'ai choisi de vivre. J'ai rejeté tout ce qui m'empêchait d'être à tes côtés. Mon éducation, mes précédents choix, nos luttes, nos trahisons. J'ai choisi de ne plus me souvenir de tout cela pour être avec toi. Mon choix, c'est lui qui a tout figé mais tout est là.

Will ferma les yeux et visualisa facilement la chapelle normande en Sicile. Hannibal apparut immédiatement à ses côtés. Cette vision lui avait manqué sans savoir qu'elle lui avait manqué.

- Je t'ai rejeté, nous nous sommes trahi bien souvent avant de nous retrouver, lui apprit-il, mais nous pouvons repartir maintenant sur une base solide.

- Tu as mon cœur, dit Hannibal en le serrant plus fort contre lui. Tu l'as toujours eu, même brisé, même rejeté, même trahi, il a toujours été à toi.

- Pourquoi ? l'interrogea Will,

- Tu ressens ce que je ne peux pas ressentir, et pourtant nous voyons les mêmes choses. Tu analyses autant que moi les éléments qui nous entourent. Nous sommes à bien des égard semblables.

- Nous sommes néanmoins différents, fit Will en s'approchant de lui et lui volant un baiser léger avant d'aller allumer un cierge tandis qu'Hannibal les éteignait par jeu.Même dans une pièce de ce palais mental, il aimait moucher les voeux et les prières destiné à un dieu dont il ne reconnaissait pas l'autorité.

- C'est certainement la raison pour laquelle l'ennui ne m'atteint pas quand tu est là. Je te le répète, je pourrais passer l'éternité à te regarder.

Will sourit à l'évocation de ce souvenir, ces paroles échangées à travers la paroi vitrée de sa cellule.

- Je préférerais que nous regardions dans la même direction désormais, dit Will d'une voix remplie d'expectative. Hannibal lui embrassa les doigts d'un geste aimant, il souriait en acceptant sa volonté.

- cette direction peut nous mener à de nombreux endroits.

- aimerais-tu visiter l'Espagne ?

- aimerais-tu quitter le chalet ? Lui demanda-t-il en retour.

- cela pourrait être une possibilité. Répondit Will.

- je pensais à l'Argentine, c'est un pays que je n'ai jamais visité. A ce jour.

- anciens criminels de guerre, très grand cheptel, grande plage bordée de sable fin, je pense que c'est une bonne idée, fit Will narquois. J'aurais cependant une dernière envie pour le sol américain.

- Bedelia? proposa Hannibal, Will sourit en voyant la compréhension se peindre dans les yeux de son amant.

Il était prêt à entamer une nouvelle existence mais avant cela il fallait trancher les liens le retenant à l'ancienne. Certaines personnes méritaient de disparaître.

- Je l'ai prévenu que la viande est revenue sur le menu. Elle sait qu'une fois libéré tu viendrais la retrouver. Cela fait 3 mois maintenant.

- Elle nous croit mort, l'océan n'a jamais rejeté nos corps. Elle aura repris une existence normale.

- Normale?

- Autant que peux le faire une femme qui a vécu à mes cotés.

Will serra les dents, certains éléments étaient encore éprouvait une intense jalousie à l'idée que Hannibal ait vécu avec elle à Florence, l'une des plus belle ville du monde, pendant qu'il vivait une convalescence difficile.

- Souhaites-tu te venger ? demanda-t-il a voix basse.

- La vengeance est une basse émotion, rétorqua Hannibal, je ne peux me venger de Crawford, il n'a fait que son travail. Alana, c'est différent, je lui ai promis de la tuer. Mais je voudrais tant la faire attendre et qu'elle vive dans l'attente amère de ma venue.

- Tu es redoutable, dit Will en se mussant dans ses bras vigoureux. Si la vengeance est retirée de la table, une punition serait bienvenue.

- Elle a travaillé à nous séparer d'une manière impardonnable, dit Hannibal caressant sa joue avec douceur. Je pense qu'une leçon lui serait profitable.

Will sourit à cette évocation. Il n'était pas si différent d'Hannibal, leurs esprits fonctionnaient d'une manière remarquablement semblable. Depuis leur première rencontre, Hannibal avait été captivé, fasciné par le processus de pensées du profiler, au point de le mettre dans des situations extrêmes, par simple goût de l'expérience. Will avait toujours répondu, parfois violemment poussé dans ses retranchements. Il s'était toujours rattaché à ses valeurs, ses choix moraux et sa propre expérience pour répondre, jusqu'au moment où il avait compris. Il avait compris qu'il ne pouvait vivre sans lui, qu'il ne pouvait quitter son orbite sans se mettre en danger lui-même. Le monde tremblerait devant eux et il n'en éprouvait plus le moindre remord.


A suivre... prochain chapitre : la fin... que je n'ai pas encore terminé (cause boulot/prise de tête/couple/chien et cause fin qui ne me satisfait pas) mais je l'aurais ! promis, aucune fic inachevée jusqu'ici!

Biz à vous, R