Bonsoir les gens :) La suite du dimanche soir !
Firenze-Snape : Merci beaucoup ! J'espère que la suite ne te décevra pas ;)
Ella-Zabini : Toujours un plaisir d'avoir ta petite review, ça me fait très plaisir :)
Maxine3482 : Bienvenue à toi sur ma fanfiction ! J'ai en effet essayé de trouver une idée un peu originale pour un Dramione, ce qui n'est pas évident vu qu'il en existe tellement xD
Swangranger : De rien et merci à toi pour ton petit commentaire !
Chapitre 5
Hermione essuya aussitôt ses larmes et se ressaisit :
- Le Serment Inviolable? répéta-t-elle avec inquiétude.
- Je ne veux pas prendre de risque, expliqua Drago. Je veux être sûr de pouvoir compter sur toi jusqu'au bout.
- Je ne reviens pas sur une parole, s'offusqua-t-elle en lui jetant un regard noir.
- Peu importe, répliqua-t-il. Tu n'es plus chez les gentils, Granger. Une simple parole ne compte pas ici.
Hermione remarqua la dureté de son regard. Une part d'elle-même prit alors conscience de l'aspect du monde dans lequel était né le jeune homme. Un monde où la confiance et l'amitié n'avaient jamais eu leur place. Du moins pas sous les formes qu'elle avait eu elle-même la chance de connaître. Résignée, elle se leva lentement et hocha la tête :
- Entendu.
- Paty ! s'exclama-t-il soudain.
Hermione recula de quelque pas. Un craquement sonore retentit alors qu'un elfe de maison apparaissait soudain au beau milieu de la pièce. Il avait les oreilles particulièrement anguleuses, plus courtes que le commun des elfes et la peau parcheminée. Ses yeux globuleux se promenèrent d'un sorcier à l'autre, pour finalement s'immobiliser sur Drago.
- Que puis-je pour vous, Maître? demanda-t-il d'une voix aigüe et nasillarde.
Estomaquée, la jeune fille lança un regard furibond au Serpentard :
- C'est ton elfe?
- Bonne déduction, Granger, ricana-t-il. Avec une vivacité d'esprit pareille, tu méritais d'avoir les meilleures notes de Poudlard.
Hermione fronça les sourcils et reporta aussitôt son attention sur la créature. Harry avait maintes fois évoqué les traitements horribles qu'avait subis Dobby dans le manoir des Malefoy, avant qu'il ne soit enfin libre. Elle ne put s'empêcher d'inspecter Paty sous toutes les coutures mais, à son grand étonnement, il ne présentait pas la moindre marque de maltraitance. Il ne manifestait d'ailleurs aucune frayeur et les regardait tour à tour d'un air enjoué.
- Il... balbutia-t-elle.
- Il quoi ? s'impatienta Drago en la dévisageant.
- Il a l'air d'aller très bien.
Le blond esquissa un sourire moqueur :
- Tu t'attendais à le voir à demi-mort, je présume ?
- Mais pourtant, Dobby...
- Oh je vois ! Tu as fait connaissance avec ce sale bon à rien.
- Dobby est un elfe incroyable ! s'exclama-t-elle avec loyauté.
- C'est un petit fouineur qui se crée toujours des problèmes qu'il pourrait éviter. Quoiqu'il en soit, il appartenait à mes parents et je ne suis en rien responsable de ce qu'il a pu subir.
Hermione était désemparée par cette révélation :
- Et… Paty?
- Paty est mon elfe, le seul et l'unique qui m'appartienne vraiment au manoir. Ma mère me l'a offert pour mes quinze ans, pour me féliciter de mes BUSES. Et comme tu peux le constater, je ne prends pas un malin plaisir à le torturer, du moment qu'il se tient tranquille.
- Oh non ! s'exclama soudain l'elfe d'un air outré. Mon maître est très bon avec moi. Je suis le plus heureux des elfes de tout le manoir.
Hermione fut touchée par la simplicité et la sincérité de ces paroles. Elle ne doutait pas qu'en comparaison à ses parents, Drago devait paraître bien inoffensif aux yeux innocents de l'elfe. Elle regarda le jeune homme qui avait toujours les yeux rivés sur elle d'un air amusé.
- Je ne suis pas aussi monstrueux que tu persistes à vouloir le croire, Granger, murmura-t-il. Miss Je Sais Tout a encore des choses à apprendre.
Elle se sentit honteuse mais n'en laissa rien paraître. Après tout, ses doutes étaient légitimes. Il ne pouvait pas vraiment les lui reprocher.
- Désolée, dit-elle simplement.
Drago sortit sa baguette de sa poche et la tendit doucement à Paty. Ce dernier cacha ses deux mains derrière son dos et s'écria :
- Maître, que faites-vous ?
- Prends ma baguette, Paty.
- Maître, vous avez perdu la raison !
- Pas le moins du monde. Prends cette baguette, c'est un ordre.
L'elfe sembla lutter contre lui-même, puis tendit finalement une main noueuse et tremblante vers le morceau de bois reluisant. Il paraissait tiraillé entre le désir d'obéir et l'horreur que lui inspirait son acte.
- Bien, Paty sera l'Enchaîneur, déclara alors Drago.
- J'ignorais qu'un elfe pouvait faire cela, hasarda Hermione.
- Il est doué d'intelligence et peut utiliser une baguette. C'est suffisant non ?
- Si, je pense, répondit-elle après réflexion.
Elle avait évidemment lu bien des choses concernant le Serment Inviolable. Mais il était vrai qu'il n'était écrit nulle part que seul un sorcier pouvait créer ce fameux lien magique entre deux autres. Et les elfes étaient certes capables de jeter des sorts à l'aide de baguettes.
- Tu es prête ?
Hermione sortit de ses pensées et acquiesça silencieusement, trop hébétée par ce qu'elle s'apprêtait à faire. Drago tendit le bras et lui fit signe de l'imiter, ce qu'elle fit avec appréhension. Lorsque leurs mains se touchèrent, un frisson lui parcourut le corps. Elle leva les yeux vers lui et vit qu'il la regardait avec une intensité qu'elle ne lui avait encore jamais vue auparavant. Paty s'avança à petits pas hésitants et, après un regard implorant en direction du blond qui lui fit tout de même signe de continuer, il posa l'extrémité de la baguette sur leurs mains jointes.
- Granger, jures-tu de m'aider jusqu'à ce que je puisse quitter cet endroit définitivement ?
La Gryffondor prit une grande inspiration et mit quelques secondes avant de répondre.
- Malefoy, jures-tu de ne pas m'abandonner au manoir lorsque tu t'enfuiras ? demanda-t-elle à son tour.
La surprise se peignit sur le visage du Serpentard mais si Hermione avait eu raison ou tort de prendre cette précaution soudaine, elle n'en saurait jamais rien, car il redevint aussitôt calme et ne manifesta pas la moindre trace de colère ni de déception.
- Je le jure, répondirent-ils d'une même voix.
Deux langues de feu s'échappèrent de la baguette et vinrent s'enrouler délicatement autour de leurs doigts entrelacés. Une chaleur suffocante se répandit dans leurs corps, puis disparut précipitamment tandis que les flammes s'évaporaient en fumée sombre.
La pièce retomba dans le silence mais sans comprendre pourquoi, aucun des deux n'était capable de rompre le lien. Ils se dévisageaient inlassablement.
- Le Maître va partir, sanglota soudain Paty.
Hermione reprit ses esprits. Elle lâcha immédiatement la main de Drago et s'accroupit auprès de l'elfe pour se donner une contenance.
- Tu ne le laisseras pas, n'est-ce pas? demanda-t-elle, presque suppliante et désemparée face aux larmes gigantesques que commençait à déverser silencieusement Paty.
- Non, répondit le blond. Je lui rendrai sa liberté.
Hermione commença à sourire mais elle se retint lorsqu'elle comprit que l'elfe trouvait cette solution pire encore.
- Paty, murmura Drago en s'agenouillant à son tour, tu accepteras un vêtement. Tu iras à Poudlard et tu raconteras partout que je suis mort et que c'est pour ça que tu es libre. Tu feras ça pour moi, d'accord ?
Hermione observait le visage du blond tandis qu'il s'adressait à son elfe d'un ton doux et calme qu'elle ne lui connaissait pas. Elle se redressa brusquement et détourna le regard.
- Ça ne va pas, Granger ?
- Si, ça va très bien ! s'exclama-t-elle avec un peu trop de verve.
- Paty, retourne en cuisine et envoie-nous quelque chose à manger.
L'elfe ne se fit pas prier et disparut aussitôt. Quelques minutes de silence gêné plus tard, un plateau se matérialisa sur le bureau. L'eau vint à la bouche de la jeune fille lorsqu'elle vit les scones, les muffins et le thé chaud qui les attendaient sagement. Cependant, elle n'osait pas s'approcher.
- Sers-toi.
Elle leva des yeux indécis vers Drago qui l'encouragea d'un signe de tête. Elle avança alors vers le plateau et prit la première pâtisserie qui lui tomba sous la main. Puis elle retourna s'assoir sur le fauteuil et commença à manger aussi lentement et dignement que sa faim le lui permettait. Le Serpentard comprit qu'elle se retenait d'engloutir le muffin d'une seule bouchée et esquissa un sourire moqueur. Il se servit à son tour et s'assit sur le lit.
- Le Polynectar, énonça-t-il soudain d'un air songeur. Il va nous falloir beaucoup de patience et de concentration pour le réussir du premier coup. Et ça vaudrait mieux pour nous.
- Ça ira, répondit Hermione après avoir avalé sa dernière bouchée. J'en ai préparé en seconde année. Il n'y aura pas de problème.
Drago ouvrit des yeux ronds.
- Tu peux répéter ?
La Gryffondor ne put réfréner un sourire satisfait.
- C'était une réussite, ajouta-t-elle.
- Pour quelle raison tu as préparé cette potion ?
- Ce ne sont pas tes affaires, répliqua-t-elle tout en se demandant quelle serait sa réaction s'il apprenait la vérité.
- On n'était pas autorisés à le faire, pensa-t-il à voix haute.
- Tu me prends pour une élève modèle, Malefoy ?
Il la regarda avec surprise et remarqua que ses yeux marrons, encore légèrement rougis par ses larmes, brillaient à présent d'un éclat doré et espiègle :
- Le Prince des Serpentard a encore des choses à apprendre.
