Salut les gens ! La suite du jour :)

Swangranger : De rien ! Merci beaucoup pour ta review !

Awako : Oui c'est vrai que ce chapitre faisait office de transition et celui-ci est déjà plus long, sans parler du prochain qui le sera encore davantage :)

Ella-Zabini : Merci pour tes encouragements, ça me fait plaisir !

Enjoy and review ! :D


Chapitre 7

Hermione était assise au bureau, penchée sur une large feuille de parchemin. Elle se tenait la tête entre les mains, tâchant de mémoriser le plan que Drago lui avait dessiné. Il s'agissait de la maison de Rogue et de ses alentours.

Le repas de midi avait été pris en hâte. La jeune fille avait mangé avec parcimonie. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas pris un déjeuner convenable qu'elle craignait de se rendre malade. Ils consacraient à présent leur après-midi aux préparatifs de leur expédition. Le Serpentard était allongé sur le lit, cherchant un prétexte pour se rendre chez leur ancien professeur. A en juger par les nombreux soupirs qu'il poussait, Hermione en déduisait qu'il n'arrivait à pas à grand-chose.

- Besoin d'aide ? demanda-t-elle en se tournant vers lui.

- Occupe-toi du plan, répondit-il sans prendre la peine de relever la tête.

- Ça fait vingt minutes que je le regarde. Je le connais par cœur.

- Dans ce cas, occupe-toi du sortilège d'Extension.

Hermione faillit lui répliquer qu'elle n'était pas à ses ordres, mais se retint à temps.

- J'ai besoin de ta baguette, dit-elle.

- Sers-toi.

Elle se leva en serrant les poings et s'empara de la baguette qui traînait sur le lit aux côtés de son propriétaire. Puis elle ramassa le sac que Drago avait déniché. Il s'agissait d'une petite besace noire qu'elle pourrait enfiler par-dessus son épaule, ce qui serait commode pour ne pas être gênée dans ses mouvements. Elle s'assit de nouveau au bureau et murmura les incantations dont elle se souvenait avec précision, tout en faisant des cercles autour du sac avec la baguette. C'était un des sortilèges les plus difficiles qu'elle ait eu à accomplir mais elle s'en savait déjà capable, ce qui lui facilitait un peu la tâche.

Drago se redressa légèrement sur ses coudes et la regarda faire. Elle avait les sourcils froncés par la concentration et ses lèvres remuaient si légèrement qu'il n'entendait pas le moindre son. Elle releva soudain la tête et leurs regards se croisèrent.

- Tu as trouvé ? demanda-t-elle au bout d'un long silence.

- Trouvé quoi ?

- Ce que tu vas dire à Rogue.

- Je prétexterai que je suis là pour avoir des nouvelles de Poudlard.

- Est-ce qu'il ne trouvera pas ça soupçonneux que tu me laisses seule au manoir ?

- Il est protégé par tellement de magie noire que ce ne serait pas très risqué de le quitter pour seulement quelques heures. Et dois-je te rappeler que tu es censée être enfermée dans les cachots ?

Hermione acquiesça silencieusement.

-Pendant que j'y pense ! s'exclama soudain le blond en se redressant complètement. Je dois réfléchir à un moyen de conserver l'un des corps qui s'y trouvent afin qu'il puisse devenir mon substitut.

La Gryffondor l'observa du coin de l'œil. Cette macabre partie du plan ne lui plaisait guère. Mais plus elle y songeait, plus elle se disait que cela ne changerait malheureusement pas grand-chose pour la personne choisie.

- Je crois que j'en connais un, finit-elle par dire.

- Lequel ?

- J'avais lu quelque chose là-dessus lorsque Ron et sa famille ont gagné le voyage en Egypte. J'étais tellement envieuse de tout ce qu'il avait appris là-bas que je m'étais acheté quelques livres sur le sujet.

- Pourquoi ça ne m'étonne pas ? marmonna le blond en haussant les sourcils.

- Tu peux toujours te débrouiller pour trouver une idée, répliqua-t-elle, vexée.

Il poussa un soupir et haussa les épaules :

- Tu tiens vraiment à nous faire perdre du temps ?

Hermione le fixa avec colère mais tous deux savaient pertinemment qu'il avait touché juste.

- Je me passerai tout de même de tes commentaires, prévint-elle avant de poursuivre. Les sorciers d'Egypte qui protégeaient les tombeaux qu'étaient les pyramides étaient aussi des maîtres de l'embaumement.

- Tu veux parler des momies ?

- Les momies sorcières n'existent pas, précisa-t-elle. Du moins pas comme les imaginent les moldus. Mais il existait une pratique magique qui permettait de conserver les corps de la même manière que le faisaient les Egyptiens Moldus. Un peu comme lorsque l'on empaille un animal.

- Ça ne me semble pas très appétissant.

- C'est la seule solution que je ne connaisse. Conserver un corps n'est pas une pratique des sorciers d'aujourd'hui.

Drago hocha la tête.

- Tu te souviens du sort ? demanda-t-il alors.

Hermione se concentra mais pour une fois, son exceptionnelle mémoire lui faisait défaut.

- Non, je ne me rappelle plus les paroles exactes. Il y avait « Corpus » dedans.

- On pourrait peut-être la retrouver dans les livres de la bibliothèque. Il y a une section sur les vieilles civilisations de sorciers.

- Allons-y, proposa la brune en se levant de sa chaise.

Une fois dans la pièce aux arcades, Drago se dirigea droit vers l'étagère où se trouvaient les livres qui les intéressaient. Tous deux penchèrent la tête et parcoururent les titres des yeux. Hermione ne pouvait empêcher son cœur de se serrer face à cette montagne colossale d'informations qu'elle aurait tant aimé dévorer comme elle avait le temps et l'habitude de le faire auparavant. La lecture lui manquait terriblement. Car elle représentait pour elle des instants paisibles. Des moments d'échappatoire et d'agréable solitude qu'elle ne pouvait plus connaître désormais.

- Ici ! s'exclama Drago en attrapant un gros livre à la couverture verte. L'Egypte antique.

Il l'ouvrit aussitôt à la page de la table des matières et en récita les différents chapitres.

- Les pyramides piégées, les vertus sacrées du Nil, les papyrus magiques, les Sept Plaies d'Egypte…

- Quand on pense que c'est un sorcier versé dans la magie noire qui a provoqué ça, se renfrogna Hermione aux souvenirs de ce qu'elle avait lu sur le sujet.

- C'est très intéressant, Granger, mais ce n'est pas le moment. Ah voilà ! L'embaumement.

La brune se dressa sur la pointe des pieds pour tenter de lire par-dessus l'épaule de Drago. Celui-ci parcourait les pages concernées en diagonale, jusqu'à ce qu'il trouve enfin le mot qu'il cherchait :

- Là, Corpus. Condio Corpus.

- C'est ça ! confirma Hermione.

Drago lut les quelques lignes qui concernaient ce sort afin d'être sûr de le jeter correctement.

- Nous pouvons tout de suite aller voir si ça fonctionne, dit-il en refermant le livre et en le rangeant à sa place sur l'étagère.

La jeune fille se raidit et le regarda avec une crainte non dissimulée. Elle ne pouvait s'empêcher de se demander si parmi les victimes du manoir Malefoy ne se trouvait pas des personnes qu'elle connaissait. Peut-être même des amis. Cette idée la faisait frissonner d'angoisse et lui tordait désagréablement l'estomac.

- Je n'ai pas très envie de venir avec toi, murmura-t-elle.

Drago soutint son regard et s'apprêtait à le lui ordonner, lorsqu'il remarqua que ses yeux marrons commençaient à briller anormalement. Elle détourna aussitôt le visage.

- Très bien, dit-il, j'irai seul. Je n'ai pas besoin de toi pour le faire après tout.

- Je n'ai jamais rien lu sur le fait de faire ingérer du Polynectar à une personne morte, ajouta-t-elle. Maintenant que j'y pense, j'ignore si ça fonctionne.

- Je suis certain que oui, dit-il. C'est une potion qui modifie l'apparence du corps. Il n'y a pas besoin qu'il soit vivant pour cela.

- D'après les effets qu'il produit, c'est une théorie qui se tient.

Drago ne voulait pas révéler à la jeune fille que c'était sa mère qui avait eu l'idée de ce plan étrange. C'était également elle qui lui avait promis de s'assurer que les Mangemorts resteraient autant que possible à l'écart du manoir et de le prévenir dès que l'un d'entre eux reviendrait. Le jeune homme savait pertinemment que Narcissa ne prendrait pas un tel risque si elle n'était pas sûre que son idée puisse fonctionner. Il ignorait comment mais elle savait que cela marcherait. Ce fut sur cette pensée rassurante et confiante qu'il quitta la bibliothèque.

Drago arriva dans les cachots, une grimace de dégout sur le visage. L'odeur qui y régnait était un mélange d'humidité et de putréfaction. Une dizaine de cellules étaient occupées mais aucune d'entre elles n'abritait de survivant. Bellatrix n'avait pas pour habitude de laisser la vie sauve à ses victimes. Elles étaient presqu'immanquablement tuées en quelques jours. Le fait qu'elle choisisse de laisser pourrir les cadavres dans les sous-sols témoignait nettement de son goût pour la mort.

Drago s'avança lentement et tenta de se souvenir de la victime la plus récente. Il s'approcha d'une grille et l'ouvrit délicatement. Il se rendait compte qu'il était inutile de se montrer aussi silencieux mais l'atmosphère des lieux le rendait méfiant. Un corps gisait sur le sol, les bras en croix. Sa peau ridée était presque translucide, tant elle était pâle. Il s'agissait d'un homme de grande taille, assez âgé. L'ancien Serpentard avait beau se creuser la tête, il ne parvenait pas à se souvenir de son nom. A dire vrai, il ne s'était jamais trop intéressé aux prisonniers ni aux raisons pour lesquelles on les avait capturés.

Il contempla un instant le visage désormais paisible de cet homme qu'il n'avait pas connu et qui était pourtant mort dans sa demeure. Puis il sortit sa baguette et prononça distinctement :

- Condio Corpus.

Une matière étrange de couleur dorée, qui ressemblait à un mélange de sciure de bois et de terre humide, s'échappa de la baguette et se sépara en plusieurs filaments, chacun se dirigeant vers un orifice du cadavre pour y pénétrer. Drago détourna les yeux. Ce n'était pas une opération très agréable à observer. Il jeta des coups d'œil de temps en temps et attendit que les filets de terre se fassent de plus en plus fin, jusqu'à disparaître complètement par la bouche, les oreilles et le nez de l'inconnu. Il abaissa sa baguette et tourna les talons. L'odeur lui devenait irrespirable et il se hâta vers les escaliers qu'il remonta quatre à quatre.


Retournée seule dans la chambre, Hermione trouvait désormais le moindre silence difficile à supporter. Elle faillit regretter sa décision de ne pas avoir accompagné le blond, lorsqu'un bruit de craquement retentit brusquement.

- Paty ! s'exclama Hermione en voyant l'elfe apparaître au milieu de la pièce, un petit chiffon à la main.

- Paty vient faire le ménage, déclara la créature avec fierté.

- Je peux t'aider ? proposa la jeune fille.

- Oh non Miss, vous n'avez pas besoin, répondit-il avec un large sourire. Paty n'a pas besoin d'aide pour bien faire son travail.

Hermione voulut insister mais jugea finalement préférable de ne pas le faire, de peur de froisser l'elfe qu'elle trouvait très sympathique. Elle le regarda nettoyer magiquement la pièce, meuble après meuble, vitre après vitre.

- Alors, tu connais Malefoy depuis qu'il a quinze ans, c'est bien ça ? demanda-t-elle.

- Mon maître ? Je le connais depuis qu'il est tout petit en vérité. Mais je ne suis à son service que depuis un an et demi.

- Comment était-ce avant ?

- Oh, Paty ne dira jamais de mal de la famille Malefoy, mais...

Il jeta des regards suspicieux dans tous les coins de la pièce, comme si les murs étaient susceptibles de les écouter parler :

- Je peux dire que mon maître est le meilleur de tous.

Hermione faillit pouffer de rire car elle avait toujours autant de mal à imaginer Drago dans le rôle du gentil. Seul Paty semblait avoir eu le privilège de le connaître sous ce jour.

- Vous êtes son invitée ? demanda alors l'elfe en observant Hermione de haut en bas.

- On peut dire ça, hésita-t-elle.

- Le Maître a déjà eu des invités, mais jamais aussi...

Il se plaqua une main sur la bouche et ouvrit des yeux ronds.

- Tu n'as pas besoin de finir ta phrase, rit-elle. Je crois deviner qui sont ces personnes.

Elle imagina un instant Crabbe, Goyle ou Zabini se pavanant dans le manoir en conquérants. L'elfe lui sourit avec gentillesse. Hermione hésita longuement puis demanda :

- Tu as déjà vu… Tu-Sais-Qui, ici ?

- Le Seigneur des Ténèbres…

Paty se mit à trembler et Hermione regretta aussitôt ses paroles.

- Paty ne peut rien dire, Miss. Paty serait en grand danger. Paty ne doit pas parler de lui.

- Je comprends ! s'empressa-t-elle de lui dire pour le calmer. Je comprends très bien Paty. Je suis désolée. Oublie ma question.

L'elfe sembla se détendre peu à peu puis redevint souriant au bout de quelques minutes :

- Comment connaissez-vous mon Maître ?

- J'étais élève à Poudlard.

Les yeux de Paty s'illuminèrent :

- Mon Maître aime tellement Poudlard !

Ils parlèrent du château le reste du temps, Hermione répondant aux questions curieuses de l'elfe qui n'avait jamais eu l'occasion de le voir de ses propres yeux. La porte finit par s'ouvrir et Drago entra dans la chambre d'un air satisfait.

- Je présume que les détails de ce que j'ai fait ne t'intéressent pas, railla-t-il en s'adressant à la brune.

- Tu présumes bien, rétorqua-t-elle avec froideur.

- En tout cas, ça a fonctionné comme prévu.

- Ne me remercie pas !

- Ça ira comme ça, Paty, indiqua-t-il sans prêter attention à sa remarque. Tu peux nous laisser.

L'elfe fit une sorte de révérence puis disparut dans un craquement bruyant. Drago, qui avait gardé l'une des mains derrière le dos, en sortit alors un grand carré de tissu en velours.

- Voilà ta cape, annonça-t-il en la jetant sur Hermione. Je l'ai récupérée en passant.

Celle-ci la réceptionna entre ses mains et l'examina avec un mélange de curiosité et d'avidité. Elle n'aurait jamais imaginé mettre les mains aussi facilement sur une seconde cape de cette sorte. Cependant, elle remarqua qu'elle n'était pas aussi fluide ni aussi douce que celle de son meilleur ami. Elle paraissait moins solide également.

- Ça fait longtemps que ta famille la possède ?

- Il me semble. Je crois qu'elle a été achetée chez un vieil antiquaire de magie noire qui a fermé boutique aujourd'hui. Ma mère doit régulièrement aller chez Barjow et Beurk pour la faire raccommoder car elle s'abîme et perd rapidement son pouvoir.

Hermione tourna une nouvelle fois la cape entre ses mains d'un air pensif et songea de nouveau à la différence étonnante qu'elle présentait avec celle de son meilleur ami.

- Qu'est-ce qu'il y a ? s'étonna le Serpentard qui observait son manège.

- Rien du tout, déclara-t-elle en reprenant un visage impassible.

Elle ne pouvait réfréner sa curiosité face à cette cape qui ne tenait de toute évidence pas la comparaison avec celle que Dumbledore avait offerte à Harry. Cela lui fit songer à l'histoire des Reliques de la Mort. Tenait-elle entre ses mains une preuve que la cape de James Potter était en réalité un objet parfaitement exceptionnel ? Un objet de légende qui permettait de défier la Mort ? Elle s'était toujours sentie réticente face à ce conte mais elle ne pouvait désormais nier que l'un de ses aspects était vrai. Il existait bel et bien d'autres capes d'invisibilité, possédées par des familles de Sang Pur. Mais elles ne paraissaient en réalité qu'être de pâles copies de la véritable.

- Nous partons ce soir, à la nuit tombée, déclara soudain Drago, la tirant de ses pensées. Moins on se fera remarquer, mieux ça vaudra.

Hermione se sentit frissonner mais elle avait le sentiment que cette fois-ci, c'était davantage d'impatience que de peur.

Les heures suivantes s'écoulèrent lentement. Les deux adolescents restèrent dans la chambre, à regarder progressivement baisser la lumière du dehors. Par moment, ils se remémoraient ensemble ce qu'ils avaient à faire. Finalement, le soleil finit par disparaître totalement derrière l'horizon et lorsqu'ils ne virent plus rien à travers les vitres que quelques étoiles, ils décidèrent qu'il était temps de partir.

Drago se leva et sortit deux robes noires et épaisses de son armoire.

- Prends-en une, dit-il à la jeune fille. Sinon, tu vas te retrouver congelée et tu ne seras plus d'une grande aide.

Elle acquiesça silencieusement et enfila le vêtement. Puis elle passa le sac par-dessus sa tête et s'empara de la cape. Ils sortirent de la chambre et descendirent lentement les escaliers, sous le regard hautain de la lignée Malefoy. Lorsqu'ils arrivèrent devant la grande porte d'entrée voutée, Hermione déploya la cape et s'en couvrit entièrement. Drago jugea l'effet satisfaisant et ouvrit la porte. Une brise froide s'engouffra dans l'ouverture, tandis qu'ils quittaient le manoir. La Gryffondor ne pouvait s'empêcher de penser que sans ce satané serment qu'elle avait prêté, elle serait déjà bien loin à la recherche de Ron et Harry.

- Le manoir est un peu protégé à la manière de Poudlard, expliquait le blond à mesure qu'ils avançaient dans le jardin. Il faut sortir des grilles pour pouvoir transplaner.

- Mais aucun endroit n'est aussi bien protégé que Poudlard, fit remarquer Hermione, puisque c'est Dumbledore qui s'en est chargé lui-même.

- C'est ma tante qui s'est chargé de cet endroit, murmura-t-il comme s'il craignait qu'on ne l'entende malgré les gémissements du vent. Ce n'est peut-être pas aussi puissant mais, crois-moi, c'est efficace.

Elle ne sut que répondre et se contenta de marcher dans la fine couche de neige qui tapissait la pelouse. Drago ouvrit le portail d'un coup de baguette. Lorsque les grilles glissèrent dans un grincement, ils sortirent en hâte et le blond les referma derrière eux.

- Prête ? dit-il finalement.

Il se tourna mais réalisa qu'il ne savait plus de quel côté se trouvait la jeune fille.

- Granger ?

Aucune réponse ne lui parvint.

- Granger, si tu t'es enfui, tu sais que tu le re...

Il ne put finir sa phrase car une boule de neige assez mal façonnée l'atteignit en plein visage. Il s'essuya avec son bras d'un geste plein de fureur et se tourna en tous sens pour chercher d'où venait le projectile.

- Granger, je te préviens...

- Détends-toi, Malefoy, se moqua Hermione en démasquant partiellement son visage.

Drago agita sa baguette et souleva un amas de neige pour l'expédier sur Hermione qui tenta de s'enfuir en courant. Mais elle glissa malencontreusement sur un carré de gel et s'étala de tout son long dans la neige, la cape glissant entièrement de ses épaules.

- Je suis trempée, se lamenta-t-elle en se redressant tant bien que mal.

Elle replaça rapidement le tissu sur sa tête.

- Tu l'as cherché, ricana-t-il.

Elle s'approcha et lui prit le bras.

- Allons-y, dit-elle.

- Pas de coups fourrés ? s'enquit le Serpentard avec méfiance.

- Promis, répondit-elle d'une voix enjouée.

Il se demanda un instant comment elle pouvait trouver le moyen de s'amuser dans un moment pareil.

- Finalement, peut-être bien que les Gryffondor sont courageux.

Elle le regarda avec surprise.

- Mais stupide, ajouta-t-il avec un sourire.

Et Hermione réalisa que c'était la première fois qu'il paraissait lui sourire sincèrement. Mais elle n'eut pas le temps d'y penser davantage car il ferma les yeux pour se concentrer et ils disparurent tous deux dans un léger tourbillon de neige.