Hello ! Ready pour la suite ?
Alice1420 : Hola :) Muchas gracias ! Me sorprendió de leer una review en español ! Pero me encata :)
Awako : Merci beaucoup pour ta review, ça fait toujours plaisir d'avoir des avis aussi développés et constructifs ! :D
Swangranger : Oui ça se rapproche en effet, j'essaye de faire en sorte que ça se fasse le plus naturellement possible, le fameux défi du Dramione ;)
Guest : Merci c'est très gentil ! :)
Enjoy and review (((:
Chapitre 8
Les deux jeunes sorciers apparurent au beau milieu d'un bosquet d'arbres dont les branches étaient secouées en tous sens par un vent plutôt sinistre. Mais il était tout de même moins glacé que celui qui sévissait autour du manoir et Hermione cessa de remonter le col de sa robe contre son cou.
- Où sommes-nous ? demanda-t-elle.
Le plan qu'elle avait étudié détaillait la demeure de Rogue et ses environs mais ne donnait aucune précision sur le lieu où ils se trouvaient. Mais comme elle s'y attendait, Drago demeura évasif :
- Peu importe, répondit-il en lui glissant sa baguette sous la cape.
Elle s'en empara, lâcha le bras du Serpentard et jeta un œil autour d'elle, tandis qu'ils commençaient à marcher. A travers la cape qui rendait sa vision légèrement floue, elle aperçut un groupement de maisons qui ressemblait à un grand hameau ou, tout au plus, à un petit village. Aucune lumière ne semblait en provenir, comme si tout était à l'abandon. S'il n'y avait pas eu l'éclat de la lune, la Gryffondor n'aurait d'ailleurs sans doute rien distingué. Elle sursauta presque, en apercevant la silhouette menaçante d'une grande et fine cheminée qui s'élevait derrière les toits. Sans doute celle d'une vieille usine isolée.
- Suis-moi, murmura Drago.
Il s'engagea d'un pas décidé dans une rue, feignant d'être seul. Hermione le suivait de près, son cœur cognant de plus en plus fort contre sa poitrine. Elle calma sa respiration en se rappelant qu'elle était invisible et ne risquait rien pour le moment. Ils tournèrent ensuite dans une deuxième petite rue qui paraissait encore plus sombre que la première, si cela était possible. Mais ils n'eurent pas à la traverser car Drago s'arrêta devant la maison qui faisait l'angle et s'avança lentement jusqu'à la porte d'entrée. Hermione l'imita, se plaçant derrière lui à une distance respectable. Le blond toqua à la porte et se recula légèrement. Ils attendirent de longues secondes avant d'entendre une réponse :
- Qui est là ? retentit une voix méfiante provenant de l'intérieur.
- Drago, répondit le jeune homme avec une certaine fermeté.
Il releva la manche de son bras gauche et le tendit en l'air afin de laisser paraître la marque sombre dessinée sur la blancheur de sa peau. La porte possédait un œilleton et Rogue devait sans doute regarder au travers. Une haine méprisante s'empara d'Hermione lorsque la porte s'ouvrit lentement et que le visage abject de son ancien professeur de potions apparut dans l'entrebâillement. Ses cheveux noir corbeau tombaient toujours de chaque côté de son visage et ses yeux sombres et perçants fixaient le jeune homme.
- Drago, prononça-t-il d'un ton doucereux, en voilà une surprise.
Il ouvrit la porte en grand et s'écarta pour laisser entrer son filleul. Hermione se colla aussitôt contre lui, ce qui eut le temps de la faire rougir bien malgré elle, et le suivit à l'intérieur de la maison avant que Severus n'ait eu le temps de refermer la porte. Dès qu'ils furent au milieu du petit salon, elle marcha sans faire le moindre bruit vers le coin nord de la pièce et se tint immobile et parfaitement silencieuse. Elle s'étonna de voir à quel point la demeure ou plutôt la cachette du Mangemort paraissait minuscule. La pièce était presque dépourvue de meubles et une odeur de fumée emplissait l'air.
- Que me vaut cette visite ? demanda soudain Rogue en faisant un geste affable vers un fauteuil pour inviter Drago à s'assoir.
Ce dernier s'installa tranquillement dans le siège, prenant tout son temps pour répondre. Hermione se rendit compte qu'elle retenait sa respiration, tant elle avait peur de se faire entendre. Elle ne pouvait s'empêcher de fixer Drago du regard.
- Queudver n'est pas là ? questionna ce dernier.
- Ce rat est en mission pour le Seigneur des Ténèbres, répondit froidement Rogue.
- Pouvez-vous me préparer un thé ? Il fait si froid dehors qu'on pourrait croire que les Détraqueurs ont envahi votre repaire.
Le maître des lieux eut un rictus méprisant et se dirigea vers une porte derrière laquelle il disparut. Drago se pencha pour vérifier qu'il était bien parti. Hermione saisit l'occasion et marcha à pas de loup aussi rapidement qu'elle le pouvait vers les escaliers. Elle monta les marches avec prudence, prenant garde de ne pas faire craquer le vieux bois, et ressentit un immense soulagement lorsqu'elle arriva à l'étage. Elle se remémora le plan que lui avait dessiné Drago et se dirigea sans hésiter vers une porte qui se trouvait sur la droite du petit palier. Elle se glissa à l'intérieur de la pièce et laissa tomber sa cape sur le sol afin d'être plus libre de ses mouvements.
Elle observa alors les lieux et constata que les murs de cette pièce étaient entièrement recouverts d'étagères où s'entassaient des bocaux et des chaudrons de toutes les tailles. Après les avoir contemplés un instant, la jeune fille plongea la main dans son sac et en sortit la liste des ingrédients dont elle avait besoin pour préparer le Polynectar. Par prudence, elle les vérifia une nouvelle fois avant de les chercher.
Drago, quant à lui, essayait de se montrer aussi détendu que possible face à Rogue. Ce dernier était revenu avec une tasse remplie d'un thé à la menthe bien chaud et l'avait tendue au blond avant de s'assoir face à lui, sur le seul autre fauteuil de la pièce, ses bras négligemment posés sur les accoudoirs en velours passé.
- Et bien, Drago, vous ne m'avez toujours pas dit ce que vous faisiez ici.
L'intéressé but quelques gorgées de thé pour gagner du temps puis reposa la tasse dans sa soucoupe. Il remarqua alors la baguette de Rogue qui dépassait de la poche de sa robe d'un noir de jais assortie à ses cheveux et se souvint alors non sans frissonner intérieurement qu'il avait lui-même légué la sienne à la Gryffondor pour les besoins de l'opération.
- Je suis seul au manoir, finit-il par dire, et je n'ai aucune nouvelle de ce qu'il se passe au dehors. Mes parents…
- Ils sont à la recherche de Potter.
- Je sais mais ils ne me tiennent absolument pas au courant de la situation.
- Ne me dites pas que vous avez peur d'être seul là-bas ? s'étonna faussement le sorcier. Si c'est le cas, vous êtes le pire des couards.
- Je n'ai pas peur, s'énerva Drago en se redressant un peu trop brusquement sur son siège.
Rogue sourit d'un air narquois. Le Serpentard comprit alors son erreur et se calma aussitôt. Il fallait à tout prix endormir les soupçons de Rogue. S'il se mettait à avoir des doutes, il ne tarderait pas à utiliser ses talents de legilimens pour pénétrer l'esprit de Drago. Et alors tout serait terminé. Malgré la prédisposition certaine qu'il démontrait parfois pour y résister, cela n'était pas suffisant face à celle, parfaitement innée, de son parrain.
Hermione était contente d'elle car elle avait repéré presque tout ce dont elle avait besoin assez rapidement. Il ne lui manquait plus que la peau de serpent d'arbre du cap. Elle balaya les étagères de son regard perçant. Enfin, elle distingua en hauteur un bocal de taille moyenne qui semblait contenir des lambeaux de mue de reptile.
- Accio, murmura-t-elle.
Le récipient décolla de l'étagère pour atterrir entre ses mains et elle plissa les yeux pour lire l'inscription sur l'étiquette. Elle commençait à trembler à force de se presser mais elle se sentit rassurée lorsqu'elle lut l'ingrédient qu'elle cherchait. Elle ouvrit le couvercle et se dépêcha d'en extraire un peu plus que la dose nécessaire. Puis elle la fourra dans un des petits bocaux de son sac. Elle était consciente du risque qu'elle prenait à ne pas en récolter encore davantage au cas où mais plus la différence de quantité laissée serait importante, plus Rogue risquerait de s'apercevoir du vol. Elle reposa le bocal à sa place, tourné exactement comme il l'était, et ramassa la cape dont elle se couvrit de nouveau.
Elle tira lentement la porte qu'elle fit glisser silencieusement sur ses gonds et s'aventura sur le palier sombre. Là, une petite fenêtre sans volet était traversée par des rayons de lune. Hermione s'en approcha doucement et commença à l'ouvrir le plus délicatement possible à l'aide de la baguette du Serpentard.
- Alohomora.
Elle se trouvait juste à côté de l'escalier et pouvait donc entendre les voix de Drago et de Rogue qui lui parvenaient assez clairement. Elle redoubla de prudence dans ses mouvements. Tandis qu'elle faisait tourner le loquet, elle ne put s'empêcher de tendre l'oreille.
- … bien mauvaise posture cette fois, déclarait le maître des Potions sans qu'Hermione ait pu entendre le début de sa phrase.
- Quoiqu'il en soit, j'espère qu'ils l'attraperont rapidement car j'en ai plus qu'assez de m'occuper de cette Sang de Bourbe.
- Oui, votre tante m'a mis au courant de la situation. Comme je vous plains, Drago.
- Je ne me prive pas de lui faire payer mon hospitalité, raillait le Serpentard.
- Si je puis vous donner un conseil, ne vous retenez pas. J'ai vu votre faiblesse face à Dumbledore.
Un silence s'ensuivit. Hermione cessa de bouger.
- Que voulez-vous dire ? finit par questionner Drago.
- Vous pourriez être trop tendre.
- Pour qui me prenez-vous ? répliqua-t-il sans se départir de son calme. Cette fille est une immondice et je n'ai aucune estime pour elle. Elle ne fait que servir à nos plans.
Hermione parvint enfin à ouvrir entièrement la fenêtre sans faire de bruit et elle se hissa lentement par l'ouverture qui donnait directement sur le toit de la maison voisine. Tandis qu'elle s'extirpait du passage, un sentiment d'amertume l'envahissait. Elle referma la fenêtre tout aussi délicatement et rampa le long du toit légèrement glissant. Puis elle s'agrippa au rebord dès qu'elle le put et laissa pendre ses jambes dans le vide, jusqu'à pouvoir se lâcher et tomber sur le sol dont la couche de neige amortit sa chute.
Elle s'épousseta du mieux qu'elle put et contourna la maison pour revenir vers la façade où se trouvaient la porte d'entrée et l'unique fenêtre qui donnait sur le salon. Elle s'assit juste en dessous et sortit de nouveau la baguette.
- Ululatus Noctua, prononça-t-elle.
Un cri strident de chouette se mit à résonner trois fois dans la nuit. Hermione rajusta sa cape pour être bien sûre qu'elle la recouvrait entièrement et attendit silencieusement que Drago ait entendu le signal et quitté la demeure de Rogue. Ce qu'il fit au bout de longues minutes, pour ne pas éveiller les soupçons. Enfin, elle entendit des bruits de pas, puis la porte grincer.
- Etrange, murmurait la voix de leur ancien professeur.
Hermione se raidit instantanément lorsqu'elle le vit apparaître dans son champ de vision. Il était sorti dans la rue et semblait scruter les alentours, sa robe noire flottant derrière lui comme une aura malfaisante. La Gryffondor n'osait pas mieux regarder au risque de faire un mouvement perceptible.
- Il n'y a jamais eu de chouette ou de hibou par ici, déclarait-il d'un ton suspicieux. J'ai pourtant bien entendu. Serait-ce du courrier ?
Le cœur de la jeune fille battait si fort qu'elle avait la sensation que tout le monde pouvait l'entendre. Rogue examinait le contour de la maison d'un regard perçant. Juste au moment où il allait poser les yeux sur elle, Drago intervint :
- Si quelqu'un vous avait écrit, pourquoi le hibou ne se manifesterait-il pas ?
Rogue avança d'un pas et Hermione se recroquevilla contre le mur. Mais au lieu de se rapprocher d'elle, il finit par retourner sur le pas de la porte.
- Certes, dit-il, mais la méfiance est toujours de mise. Tâchez de vous en souvenir, Drago.
Le loquet se referma sans plus de cérémonie et le jeune homme resta quelques secondes à fixer la porte puis il s'éloigna sans se retourner, Hermione sur ses talons. Ils traversèrent la rue parfaitement déserte et prirent la direction du bosquet d'arbres où ils étaient apparus. Brusquement, Hermione se raidit.
- Malefoy, chuchota-t-elle.
Ce dernier accéléra le pas.
- Je sais, répondit-il à voix basse.
La Gryffondor sentit son cœur s'emballer de nouveau. Elle avait senti une présence non loin d'eux et de toute évidence, elle n'était pas la seule. Rogue avait-il découvert le stratagème ? Ou bien était-ce un autre Mangemort chargé de surveiller Drago ? Les hypothèses s'enchaînaient dans son esprit à une vitesse vertigineuse.
Soudain, des bruits de pas se firent entendre. Les deux adolescents se retournèrent d'un même mouvement et aperçurent la silhouette d'une personne qui courait vers eux dans la pénombre. A la lueur de la lune, ils virent une baguette se lever. Un éclair rouge jaillit de l'obscurité et se dirigea droit sur Drago.
Hermione fit un bon en avant :
- Expelliarmus !
Son sort atteignit le mystérieux individu en pleine poitrine et fit voler son arme de ses mains. Celui-ci ne devait pas s'attendre à ce qu'une deuxième personne se trouvât dans les parages. La jeune fille ignorait si leur assaillant avait pu voir son bras jaillir brusquement de la cape. Dans la précipitation, elle avait tout de même réussi à la maintenir devant son visage. Sans plus attendre, elle fourra la baguette dans les mains de Drago et serra son bras. Ils transplanèrent instantanément.
Lorsqu'ils atterrirent devant la grille du jardin, Hermione jeta un coup d'œil aux alentours. Il n'y avait personne mais elle garda la cape sur elle par précaution. Ils rentrèrent silencieusement au manoir. La jeune fille avait peine à croire qu'il représentait désormais pour elle un sentiment de sécurité. Ce lieu était à vrai dire plus chaleureux qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Hormis les cachots, elle devait bien admettre que le reste de la demeure dégageait une atmosphère agréable.
Dès qu'ils furent dans le salon, où un feu crépitait dans la grande cheminée, elle se débarrassa du voile argenté et le laissa glisser au sol.
- Tu n'as rien ? demanda-t-elle au Serpentard.
- Non. Qui que ce soit, il ou elle m'a aussi lancé un sort de désarmement. C'était sans effet puisque c'est toi qui avais ma baguette.
- Tu as une idée de qui ça pouvait être ?
- Pas la moindre.
- Un sort de désarmement… réfléchit-elle. Ça ressemble plus à une attaque d'Auror qu'à une attaque de Mangemort.
- Pourquoi as-tu répliqué dans ce cas ? demanda-t-il soudain d'un ton dur.
Hermione se figea. Le blond la dévisageait avec circonspection.
- Je… balbutia-t-elle. Je ne sais pas. Je n'ai pas réfléchi.
- Si c'était un Auror, il aurait pu te sauver et me capturer.
- J'ai prêté le Serment Inviolable, lui rappela-t-elle d'une voix cependant peu assurée.
- Ne me prends pas pour un idiot, rétorqua-t-il. Tu sais aussi bien que moi que si cette personne m'avait capturé ou tué, ça t'aurait libérée de ce que tu as juré, m'aider jusqu'à ce que je quitte le manoir définitivement.
La jeune fille sentit sa colère monter. A la fois contre Drago et contre elle-même.
- Tu aurais préféré ça ? s'emporta-t-elle. Je l'ai fait car j'ignorais de qui il s'agissait. Tu t'es fait attaquer, je t'ai défendu. C'est comme ça que je fonctionne, Malefoy ! Je suis une Gryffondor et je défends mes alliés, c'est mon instinct !
Le blond faillit reculer sous la virulence de ses paroles. Il était stupéfait mais détourna le regard et songea brusquement qu'ils en avaient presqu'oublié la raison de leur expédition.
- Tu as tous les ingrédients ? s'empressa-t-il alors de demander.
- J'ai tout, acquiesça-t-elle, sans se départir de son exaspération.
Il ne put s'empêcher de sourire avec soulagement et Hermione crut même percevoir de la joie sur son visage. Mais elle-même ne parvenait pas à se sentir heureuse, malgré la réussite de leur plan.
- Qu'est-ce que tu as, Granger ? On a réussi, non ?
- Oui, on a réussi, répondit-elle sèchement.
- Tu n'es pas très expressive pour quelqu'un qui vient de risquer sa vie.
- Je me demande si Rogue ne s'est pas douté de quelque chose. C'était beaucoup trop facile.
- Si c'est le cas, c'est le dernier de nos soucis puisqu'il n'a pas réagi pour nous en empêcher, déclara-t-il en haussant les épaules. Et il ne risque pas d'en parler à cause du Serment.
- Tu ne crois pas que c'est justement lui qui a tenté de nous attaquer ?
Drago sembla prendre le temps de réfléchir.
- Il se serait montré, pensa-t-il. Il n'avait aucune raison de nous suivre dans l'ombre comme l'a fait cette personne. Tu l'as dit toi-même. Ce devait être un Auror qui surveillait sa maison et qui a voulu tenter sa chance en me voyant partir seul.
- Probablement, marmonna-t-elle en tâchant de faire taire les sentiments de regret et de culpabilité qui s'insinuaient en elle.
- Bon sang, Granger, qu'est-ce que tu as ? s'agaça-t-il.
Elle observa un moment les flammes qui dansaient dans l'âtre et les volutes de fumée qui remontaient lentement vers les conduits.
- J'ai entendu ce que tu disais à Rogue, finit-elle par répondre.
Drago la dévisagea d'un air surpris :
- De quoi tu parles ?
- Du fait qu'à tes yeux, je ne suis qu'une immondice qui ne mérite aucun respect. Je parle de ces choses-là, Malefoy.
Elle sentit des sanglots la prendre à la gorge mais les contint et se força même à sourire :
- Je sais bien. Je n'ai rien à attendre de toi. Je sais que tu te sers de moi et rien d'autre.
- Tu n'as rien compris, dit-il d'un ton calme et assuré. Rogue me prenait pour un lâche. Je devais à tout prix avoir l'air sincère. Et tu t'en rendrais compte si seulement tu réfléchissais dans ta petite tête de Gryffondor stupide !
Hermione se mordit la lèvre, incapable de parler davantage.
- Granger, écoute-moi car je ne le répèterai sûrement pas deux fois.
Il s'approcha d'elle et posa ses deux mains sur ses épaules. Il comprit qu'elle était terrorisée et triste car elle tremblait comme une feuille. Il inspira profondément.
- Quand nous étions à Poudlard, c'était facile pour moi de te détester. On m'a appris à mépriser les Sangs de Bourbe. Depuis que je suis né, mon père me lave le cerveau à ce sujet. C'est viscéral et je n'y peux rien, mais je ne suis pas idiot.
Elle leva les yeux vers lui :
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je veux dire que les circonstances sont différentes à présent. Et même si ça me plait de t'insulter et de te mettre en rogne, je ne suis pas aveugle. Je sais que tu as des qualités et Merlin sait que ça m'agace au plus haut point de l'admettre !
- Malefoy, tu...
- J'ai besoin de toi, Granger, lâcha-t-il en fronçant les sourcils. C'est une occasion unique pour moi et je n'ai pas le temps de faire la fine bouche. Je ne suis pas borné au point de demander de l'aide à ces deux dégénérés de Crabbe et Goyle quand je peux t'avoir toi. Tu n'imagines pas ce que ça me coûte de le dire et je vais me haïr dès demain, mais tu vaux mieux que beaucoup d'autres élèves de Poudlard, toute enfant de moldus que tu es.
Hermione se demanda pendant quelques secondes si elle n'était pas en plein délire car elle ne pouvait croire à ce qu'elle venait d'entendre.
- Sincèrement, ajouta-t-il, tu es pour ainsi dire ma prisonnière et tu es liée à moi par le Serment Inviolable. Pourquoi je perdrais du temps à te dire ça si je ne le pensais pas ?
La brune était obligée de l'admettre, ces dernières paroles étaient marquées au coin du bon sens.
- Tu dois avoir de la fièvre pour dire toutes ces choses, murmura-t-elle. Mais merci.
Elle lui fit un sourire espiègle. Drago la lâcha et prit un air furieux peu convaincant :
- Pas de quoi. Maintenant, oublie tout ce que je viens de te dire !
- Je tâcherai.
- Et je te laisse ma chambre, puisqu'elle a l'air de te convenir. De toute façon, les draps sont déjà foutus.
Hermione perdit aussitôt son sourire et lui jeta un regard noir :
- Je te hais, Malefoy ! Tu ne vaux pas plus cher que du pus de Bavboule !
Elle tourna les talons pour monter les marches, sous l'œil amusé de Drago. Rien n'était plus satisfaisant pour lui que de la voir se mettre en colère. Car toujours dans ces moments-là, elle relevait fièrement le menton et montrait ce qu'elle avait de Serpentard en elle. Ce qui lui plaisait plus qu'il n'osait se l'avouer.
