Hello everyone ! Désolée pour la petite coupure depuis mon dernier chapitre, j'ai calculé que à raison d'un par semaine, nous devrions en être au treizième. Je publie donc le 9 ce soir et ensuite un nouveau chaque soir de cette semaine afin de rattraper tout ça ;)
Je ne vous remercierai jamais assez pour les gentilles reviews !
Pour la petite anecdote, je viens d'enfiler mon nouveau pyjama Harry Potter acheté ce matin chez Primark ! Il est vraiment beau et tout doux, c'est un bonheur ! Est-ce que vous collectionnez ce genre de goodies aussi ?
Je ne vous embête pas plus longtemps et vous laisse à votre lecture !
Enjoy and review ! :D
Chapitre 9
Le lendemain matin, aucun des deux jeunes sorciers ne fit allusion à ce qui s'était passé la veille mais le premier regard qu'ils échangèrent était plus éloquent que n'importe quelle parole. Hermione n'avait pu contenir un sourire moqueur face à l'expression outrée et honteuse de Drago qui semblait tenir la jeune fille pour responsable de ce qu'il avait osé lui admettre, aussi sûrement que si elle lui avait fait boire du Veritaserum.
Il la laissa se préparer dans la salle de bain et Hermione ne fut pas peu étonnée de remarquer en entrant des vêtements posés sur le côté de la baignoire. Elle les déplia et constata qu'il s'agissait d'un uniforme féminin de Serpentard, mais un peu différent de ceux qu'elle connaissait. La jupe vert émeraude plissée était accompagnée d'une chemise blanche à manches longues et sur la petite poche était cousu un serpent d'un vert vif. Des collants de laine blanche complétaient le tout. La Gryffondor fit une grimace à l'idée d'enfiler cette tenue mais un coup d'œil dans la glace suffit à la persuader de ne pas faire la fine bouche. Ses propres vêtements, bien que raccommodés, étaient dans un état lamentable.
Lorsqu'elle fut lavée et habillée, Hermione ouvrit délicatement la porte et passa la tête par l'entrebâillement. Drago l'attendait dans le couloir, un sourire satisfait au coin des lèvres.
- C'est ta façon de te venger ? s'indigna Hermione en prenant soin de cacher le reste de son corps.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit-il d'un air faussement surpris.
- S'il appartient à Parkinson, laisse-moi te dire que je l'enlèverai sur le champ !
- C'était celui de ma mère, la corrigea-t-il. Elle en prend un soin jaloux depuis qu'elle a quitté Poudlard. C'est pour ça qu'il est en si bon état. J'ai pensé que tu te sentirais mieux dans de nouveaux vêtements et c'est la seule chose à ta taille ici.
Elle lui décocha un regard sceptique mais finit néanmoins par sortir de la salle-de-bain. Elle imagina un instant Narcissa Malefoy lorsqu'elle était adolescente, ses cheveux blond platine et ses yeux tranchants, portant cet uniforme impeccable et circulant dans les couloirs du château avec grâce et fierté.
- Le vert ne te va pas trop mal, ricana le blond.
- Si Harry et Ron me voyaient...
- Ils seraient scandalisés, compléta-t-il. Je crois que je donnerais cher pour voir leurs têtes.
- Moi aussi, mais pour bien d'autres raisons, répliqua Hermione. La première étant qu'ils m'emmèneraient loin de toi !
- Je n'ai pas entendu de remerciements dans tout ça.
Hermione se mordit la lèvre avec fureur. Il était insupportable et prétentieux. Mais au fond, elle ne parvenait pas à lui en vouloir réellement. Elle le dévisagea avec curiosité, mais sa vue ne lui inspirait pas autant de mépris qu'auparavant. Il était toujours appuyé contre le mur, vêtu d'un pantalon noir et d'un pull bleu marine. Cette tenue rehaussait la pâleur de son visage où perçaient ses yeux gris, doux et rieurs malgré sa vanité.
- Granger, tu es toujours parmi nous ?
- Oui, répondit-elle un peu brusquement.
- Allons manger, dit-il en se dirigeant vers la chambre.
- Merci, Malefoy, murmura-t-elle.
Il lui sourit avec des airs de vainqueur et Hermione le suivit en serrant les poings.
Après avoir avalé un copieux petit déjeuner, ils réunirent tout ce dont ils avaient besoin pour la préparation de la potion et se mirent au travail. Au bout de quelques minutes, une exclamation agacée se faisait entendre :
- Et puis non, ça ne va pas ! Ce n'est pas possible !
Drago leva les yeux de la recette du Polynectar et observa Hermione avec curiosité. Elle avait les sourcils froncés et le teint rouge à force de se pencher au-dessus du chaudron dont les vapeurs brûlantes remontaient lentement dans les airs. Tous deux étaient assis en tailleur sur la moquette souple, près de la cheminée où était disposé le chaudron sur des petites flammes étincelantes.
- Quoi ? demanda le blond, irrité par son manège.
Elle leva vers lui des yeux furibonds.
- Ne me dis pas "quoi" comme si j'étais idiote !
- Explique-toi !
- Le sisymbre. Il nous faut du sisymbre cueilli à la pleine lune.
- Et alors ?
- Alors, répliqua Hermione du ton qu'elle prenait toujours lorsqu'elle avait l'impression d'être la seule à réfléchir, nous n'avons aucun moyen de savoir si celui que j'ai volé chez Rogue est du sisymbre cueilli une nuit de pleine lune.
- Je présume que oui.
- Moi aussi, mais nous n'avons pas le droit à l'erreur, Malefoy.
- Tu conseilles quoi ?
- La prochaine pleine lune est dans quatre jours et le sisymbre ne doit être ajouté à la potion qu'au bout de dix jours. Nous pourrions aller le cueillir nous-mêmes.
- Tu as perdu la tête ? questionna le blond en la dévisageant avec surprise. Tu ne trouves pas qu'on a pris assez de risques comme ça ? Et je ne sais même pas où on peut trouver ça.
- Moi, je le sais. On ne sera absents que pour une ou deux heures !
- Tu es exaspérante.
- Je fais souvent cet effet-là lorsque j'ai raison, rétorqua-t-elle avec sérieux.
Il haussa les sourcils et se pencha soudain vers elle, jusqu'à ce que leurs visages ne soient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.
- Fais attention à toi, dit-il avec un sourire en coin. Je pourrais m'énerver.
Hermione était tellement stupéfaite de sa réaction qu'elle se sentit rougir et bénit intérieurement que la fumée et la chaleur masquent son embarras. Mais elle se recula tellement brusquement qu'elle faillit tomber en arrière, ce qui eut le don de rendre le Serpentard hilare.
- C'est tellement facile de te déstabiliser, ricana-t-il.
Hermione tenta d'ignorer sa remarque et reporta son attention sur le chaudron et sur les bocaux étalés à ses pieds.
- Dis-moi ce que je dois faire, se reprit-elle. Et concentre-toi un peu.
Drago se replongea dans le livre et indiqua la marche à suivre en prenant bien garde de ne pas se tromper :
- Tu dois d'abord mettre les sangsues. Mais assure-toi qu'elles ne soient pas pleines de sang. Sinon, il faudra les vider.
Hermione ouvrit avec une certaine répulsion le bocal qui contenait les petites bêtes.
- Fais-le toi, dit-elle en le tendant à Drago.
- Je croyais que tu l'avais déjà fait à douze ans.
- Non, j'avais laissé Ron s'occuper de ça même s'il semblait être encore plus dégouté que moi.
- Et ça se dit Gryffondor !
Le jeune homme s'empara du pot et plongea délicatement sa main dedans. Il en retira une sangsue visqueuse qu'il palpa légèrement, puis la jeta dans le chaudron sous l'œil attentif d'Hermione. Il répéta le mouvement avec les autres, jusqu'à les avoir toutes ajoutées à l'eau bouillante.
- Merci, murmura Hermione.
- Oh, mais c'est un plaisir. Manipuler des bestioles gluantes et buveuses de sang, rien de tel !
Elle ne put s'empêcher de sourire.
- Ensuite ? demanda-t-elle.
- La peau de serpent d'arbre du cap, lut-il. Tu l'ajoutes petit à petit tout en remuant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Attends, je vais m'occuper de ça.
Les deux adolescents s'affairèrent ensemble autour du chaudron. Le feu leur procurait une chaleur réconfortante car dès qu'ils jetaient un œil à travers la fenêtre, ils ne voyaient que des nuages grisonnants et pas une seule trace de soleil. Le jardin autour du manoir était tapissé d'un nouveau parterre de neige fraîchement tombé durant la nuit. Le vent s'était calmé mais le paysage demeurait lugubre car les arbres immobiles et dépouillés paraissaient encore moins vivants que lorsque leurs branches étaient secouées en tous sens.
- J'espère qu'il n'y aura pas de tempête de neige dans quatre jours, marmonna le Serpentard. Il ne manquerait plus que ça.
- Pauvre chose fragile, le taquina Hermione tout en répandant les derniers restes de son bocal dans l'eau.
- Si tu continues, tu iras seule !
- Méfie-toi que je n'en profite pas.
- Si tu t'enfuis, tu mourras, Granger. Ton rouquin de prince charmant serait déçu.
Le regard d'Hermione se perdit dans le vide.
- Ce n'est pas mon prince charmant, répliqua-t-elle au bout d'un moment.
- Tiens donc ! Ça signifie que je dois de l'argent à Pansy.
- C'est une plaisanterie ?
- Pas du tout. Elle avait parié que personne ne voudrait de toi, pas même Weasley.
Hermione l'observa, ne sachant s'il était sérieux ou disait juste cela pour la mettre en colère. Elle attrapa le grimoire d'un geste rageur et tourna la page pour lire elle-même la suite des instructions. Elle était si agacée qu'elle faillit la déchirer. Le blond émit un ricanement, qu'elle essaya d'ignorer tant bien que mal.
- La corne de bicorne en poudre et les touffes de Polygonum qu'il faut écraser au préalable et nous aurons terminé pour aujourd'hui, annonça-t-elle. Il faudra tourner la potion trois fois dans le sens des aiguilles d'une montre toutes les vingt-quatre heures. Et dans neuf jours, nous devrons commencer la cuisson des chrysopes pour pouvoir les ajouter à la potion le dernier jour.
Drago se leva et s'étira les muscles tandis qu'Hermione rajoutait les ingrédients suivants avec soin. Il s'approcha du mur où étaient accrochées quelques affiches de Quidditch et posa les yeux sur l'unique photo qui s'y trouvait. Elle avait été prise dans la salle commune des Serpentard et on pouvait le voir entouré de ses camarades. Pansy Parkinson se tenait serrée contre lui avec un grand sourire satisfait. Blaise Zabini avait un bras autour de ses épaules et Crabbe et Goyle les encadraient de part et d'autre, un air stupide figé sur leurs visages.
- Ils te manquent ? questionna Hermione tandis qu'elle répandait la poudre blanche avec minutie.
- Ce sont mes amis.
- Ce n'est pas une réponse.
- Je suppose que oui, dit-il tout en continuant de fixer la photo.
- Tu n'as pas l'air très convaincu.
- Bien sûr qu'ils me manquent ! s'énerva-t-il.
Hermione acheva son travail en silence, puis elle tourna une dernière fois la potion et se leva à son tour. Elle s'approcha du cliché et se mit à le regarder elle aussi.
- C'est étrange, commenta-t-elle. Tu dis qu'ils sont tes amis mais tu as plus confiance en moi qu'en eux.
Il lui lança un regard furieux.
- Je ne te permets pas !
- Désolée Malefoy, dit-elle sans se départir de son calme. J'essaye juste de te comprendre.
- Il n'y a rien à comprendre. Ils sont dans la même situation que moi pour la plupart. Et puis je refuserais de leur être redevable d'une quelconque façon.
- Comment peux-tu être aussi froid ?
Le Serpentard se rua brusquement sur elle et la prit par les épaules :
- Je n'ai pas de leçon à recevoir d'une Sang de Bourbe qui a été abandonnée aux griffes de rafleurs par ses prétendus meilleurs amis ! C'est à se demander si ça ne les arrangeait pas de se débarrasser de toi, finalement !
Hermione était paralysée par la stupeur. Les yeux de Drago étaient devenus durs et sans pitié, de même que ses traits déformés par la colère. Elle essaya de reculer mais ses pieds rencontrèrent un des bocaux vides et elle trébucha en arrière, entraînant le jeune homme avec elle. Ils s'écrasèrent sur le sol avec un bruit sourd. La Gryffondor ressentit une forte douleur mais comprit bien vite que la moquette épaisse avait à peu près amorti sa chute. La douleur provenait de Drago qui s'était affalé sur elle et la comprimait de tout son poids.
- Redresse-toi ! s'exclama-t-elle en réalisant qu'elle pouvait à peine respirer.
Il se releva tant bien que mal sur ses coudes, mais son bras gauche le faisait tellement souffrir qu'il grimaça. Quelques secondes s'écoulèrent en silence, chacun reprenant ses esprits.
- Tu crois qu'on peut tomber plus bas ? ironisa Drago.
- Ça me paraît difficile, répondit-elle sans vraiment savoir s'il parlait de leur chute ou bien de leur comportement.
- Je suis désolé, dit-il.
- Tu ne l'as pas fait exprès.
- Tu sais de quoi je parle.
- Le sujet est clos.
Leurs regards se croisèrent. Hermione remarqua à quel point les yeux du Serpentard avaient une belle couleur, une teinte gris bleu qui parfois était claire comme du cristal et parfois pouvait s'obscurcir sauvagement. Leurs jambes s'étaient entremêlées et leurs visages étaient si proches qu'elle ne put s'empêcher de frissonner. Cette réaction n'échappa pas à Drago qui sourit d'un air sarcastique :
- Tu es plutôt mignonne quand tu rougis, Granger.
Elle se crispa et faillit se débattre mais se retint à temps et planta son regard droit dans le sien :
- C'est l'uniforme vert qui te fait dire ça, répliqua-t-elle. Donne-moi une jupe rouge et tu changeras d'avis.
Il sourit alors davantage et approcha ses lèvres de son oreille.
- N'en sois pas aussi sûre, Miss Je Sais Tout.
Hermione déglutit avec difficulté, mais à peine eut-elle le temps de réaliser ce qu'elle venait d'entendre que Drago était déjà debout et retournait surveiller la potion, sans plus lui accorder la moindre attention.
