Bonsoir ! :)

Comme promis, la suite dès aujourd'hui pour rattraper mon retard ! Contente de voir que le chapitre précédent vous a beaucoup plu. J'aime beaucoup imaginer Hermione en uniforme de Serpentard car je pense que le vert est une couleur qui lui va bien et c'est un fameux inducteur pour notre blondinet préféré ;)

Enjoy and review ! xoxo


Chapitre 10

Hermione se trouvait dans la bibliothèque, debout au milieu de la pièce. Paty se tenait sagement derrière elle. Sous prétexte qu'il ne comptait pas passer douze heures à la regarder dans le blanc des yeux, Drago avait accordé à la jeune fille l'autorisation de circuler librement dans l'étage du manoir, à condition qu'elle ne pénètre pas dans d'autres chambres que celle du jeune homme. La deuxième condition était que Paty la suive partout où elle allait et surveille ses faits et gestes, ce qui paraissait pénible pour l'elfe de maison qui se sentait désemparé face à la gentillesse qu'Hermione lui témoignait sans cesse.

- Y a-t-il d'autres elfes ici ? demanda-t-elle.

- Quelques-uns, Miss. Mais ils ne sont autorisés à sortir de la cuisine que pour faire le ménage ou si les Maîtres le réclament.

Hermione hocha silencieusement la tête puis s'approcha des étagères où s'entassaient des dizaines et des dizaines de livres. Certains semblaient récents tandis que d'autres paraissaient vieux de plusieurs siècles avec leurs couvertures abimées, leurs pages entièrement jaunies et la poussière qui se répandait généreusement sur chacun d'eux. La Gryffondor se sentait à la fois enthousiasmée et inquiète à l'idée de se trouver dans une bibliothèque comme celle du manoir Malefoy, ayant abrité des générations de Sang Pur adeptes de magie noire. Certains manuels ne laissaient d'ailleurs pas l'ombre d'un doute quant à leur nature. "Eradication des sous-espèces" ou encore "L'art de la torture" étaient des titres qu'Hermione lisait sans pouvoir s'empêcher de frissonner. Drago avait prévenu qu'elle ne risquait pas de trouver beaucoup de livres à son goût mais la jeune fille, poussée par la curiosité, avait tout de même tenté l'expérience. Chose qu'elle regrettait au fur et à mesure qu'elle progressait dans sa découverte.

Elle se retourna et put constater que Paty la suivait toujours d'un air embarrassé.

- Je ne t'en veux pas, dit-elle. Je sais que tu ne fais que suivre les ordres.

- Oh ! Je sais que Miss est trop bonne pour en vouloir à un pauvre petit elfe innocent, déclara Paty. Mais je crains que Miss n'aime pas ce qu'elle voit ici.

Hermione sourit légèrement pour le rassurer.

- Ce n'est certainement pas le genre de lecture que je préfère, admit-elle. Mais je trouverai bien quelque chose. Il y a des livres sur les anciennes civilisations qui…

Mais alors qu'elle disait cela, ses yeux tombèrent instantanément sur la tranche noire d'un livre, où rien n'était écrit. C'était un petit livre qui semblait souple, un peu comme un cahier. La jeune fille avait passé tellement de temps enterrée dans la bibliothèque de Poudlard, frangées d'impeccables ouvrages, que ce détail attira tout de suite son attention. Intriguée, elle s'approcha et tendit la main mais elle se ravisa en sentant le regard de la créature dans son dos.

- Paty, j'ai une petite faim, déclara-t-elle innocemment.

Les yeux de l'elfe s'agrandirent de joie à l'idée de rendre service.

- Paty revient tout de suite ! s'exclama-t-il.

Aussitôt qu'il eut disparu dans un bruit sec, Hermione se précipita vers le carnet. Elle le tira de l'étagère et observa la couverture où rien n'était marqué non plus. Elle l'ouvrit alors et son cœur se mit à battre à une vitesse irrégulière lorsqu'elle lut à haute voix les lettres inscrites sur les premières pages, tracées à la plume d'une écriture fine :

- R.A.B !

Hermione était si stupéfiée par sa découverte qu'elle mit quelques secondes avant de se rendre compte que Paty allait revenir d'un instant à l'autre. Elle reposa sa trouvaille en toute hâte et se composa un visage serein. Elle retint un soupir de soulagement en voyant l'elfe apparaître, chargé d'un plateau.

- Voilà Miss ! s'exclama-t-il en posant son fardeau sur la table qui occupait le centre de la pièce.

- Merci beaucoup !

Hermione s'installa sur une chaise et attrapa une poire qu'elle croqua distraitement. Elle n'avait en réalité absolument pas faim mais se força tout de même, tout en souriant à Paty. Les lettres qu'elle avait aperçues durant seulement quelques secondes occupaient à présent toutes ses pensées et elle se promit de trouver un moyen pour venir consulter ce carnet seule aussi rapidement que possible. Les hypothèses fusaient dans son esprit à une vitesse vertigineuse. Et même les plus plausibles d'entre elles ne justifiaient pas à elles-seules par quel hasard ou quelle chance elle avait pu mettre la main dessus à ce moment précis.

Lorsqu'elle eut fini de manger, elle parcourut la suite des étagères et prit un exemplaire au hasard, sur les Incas. Elle passa ainsi une bonne partie de l'après-midi, à fureter dans la bibliothèque, malgré sa concentration quelque peu troublée. Par moment, elle discutait de choses et d'autres avec l'elfe. Elle lui demandait de lui parler de sa vie au manoir et la créature ne tarissait pas d'éloge sur son jeune maître.

Lorsque le soir arriva, Hermione finit par quitter la pièce à contrecœur pour rejoindre la chambre. Elle fut surprise de trouver Drago à moitié assoupi sur le lit. Paty, voyant qu'elle n'était plus seule, prit congé pour retourner à son travail. La jeune fille s'approcha lentement et observa le jeune homme. Son visage détendu et sa respiration profonde avaient quelque chose de paisible et de réconfortant. Elle marcha sur la pointe des pieds mais il ne devait pas dormir depuis très longtemps car il ouvrit aussitôt les yeux.

- Désolée, murmura Hermione.

- Ça ne fait rien, articula-t-il d'une voix légèrement éraillée.

Il se redressa lentement et jeta un coup d'œil à l'horloge.

- Nous devons tourner la potion à vingt-deux heures quatorze précisément, énonça Hermione en voyant son geste.

- Ce qui nous laisse encore quatre bonnes heures à attendre, soupira le blond en se rallongeant, les mains derrière la tête.

La Gryffondor s'approcha de la fenêtre et réprima un frisson en voyant la nuit prendre possession du paysage et les nuages s'amonceler dangereusement dans le ciel. Une pluie fine tombait, rendant l'atmosphère fraîche et humide. Aucun animal, pas même un oiseau n'apparaissait. Le manoir était comme une île sombre isolée dans la mer sauvage d'une vallée triste. Elle ferma les yeux et pria pour que ses deux meilleurs amis aient assez de répit pour dormir quelque part à l'abri.

- Quand nous quitterons cet endroit, murmura-t-elle tout en continuant à observer les alentours, où iras-tu ?

- Il me reste un peu de temps pour y réfléchir, répondit le blond en baillant.

- J'imagine que tu partiras loin d'ici.

- C'est la seule chance que j'ai. Je ne dois pas prendre le risque que quelqu'un me reconnaisse.

Quelques minutes de silence s'écoulèrent, tout juste atténué par les bruits de la légère averse.

- Et toi ? demanda-t-il au bout d'un moment. Tu retourneras te jeter dans les bras de Potter ?

Elle soupira de lassitude avant de répondre :

- C'est ma place.

- Ça vaut bien la peine de t'avoir tirée du cachot, fit-il remarquer.

- Tu ne l'as pas fait pour moi, que je sache !

- Tu n'as jamais appris à dire merci, Granger ? Je me doute que tes Moldus n'ont pas favorisé ton éducation mais tout de même.

Hermione se retourna, les yeux luisant soudain de rage :

- Ne t'avise pas de dire un seul mot à propos de mes parents !

D'ordinaire, Drago aurait exulté de l'avoir mise dans une telle colère aussi facilement. Mais lorsqu'il remarqua la douleur qui s'était peinte sur les traits de la Gryffondor, il comprit que ce n'était pas le genre de colère dont il pourrait se délecter complètement.

- Calme-toi, répliqua-t-il d'un ton froid. Je m'excuse, ça te va ?

Hermione se détendit mais son visage était à présent aussi fermé et impénétrable que la porte d'un coffre de Gringotts.

- Puisqu'on en parle, reprit-il d'un air indifférent, ils ne sont pas inquiets à ton sujet ?

Elle le défia du regard, puis se radoucit légèrement.

- Non, répondit-elle simplement.

- Comment ça ? s'impatienta Drago. Ils ne savent pas où tu es ni ce que tu fais ?

- Et je ne tiens pas à ce qu'ils le sachent.

- Je ne te savais pas si égoïste, Granger.

- Tu ne sais pas de quoi tu parles !

Cette fois-ci, c'était Hermione qui semblait prête à se jeter sur lui. Drago sentait qu'il s'engageait sur une pente glissante mais il se sentait piqué par la curiosité.

- Alors explique-moi, lâcha-t-il. Tu ne t'es pas gênée pour me poser des questions personnelles.

- Je ne vois pas en quoi ça t'intéresse.

- Il faut bien tuer le temps, répliqua-t-il d'un ton caustique. Et puis je n'arrive pas à imaginer une personne aussi sottement loyale que toi abandonner ses parents sans se préoccuper de leurs sentiments. J'aimerais comprendre ce que ça cache.

Hermione serrait les poings avec une telle force qu'elle sentait ses ongles rentrer dans sa chair avec violence. Elle n'avait plus qu'une idée en tête, effacer ce sourire arrogant qui ne quittait pas le visage du Serpentard.

- Est-ce que tu leur écris au moins ? repartit-il à la charge.

- Ils ne savent plus que j'existe ! lui cria-t-elle soudainement.

Le silence qui suivit ces paroles tomba sur la pièce comme une chape de plomb. Drago la fixait, son visage cruellement dénué d'expression. En réalité, il était totalement désorienté par ce qu'il venait d'entendre. La jeune fille, quant à elle, se laissa tomber sur le fauteuil comme si ses jambes n'avaient plus la force de la supporter. Elle-même paraissait étourdie par ce qu'elle avait osé avouer.

Il fallut quelques minutes au Serpentard pour comprendre la réelle signification de ce qu'il avait entendu. Il réalisa qu'elle avait probablement dû s'effacer de la mémoire de ses propres parents, avec une stupéfaction mêlée d'admiration. Il était d'ailleurs surpris par ce dernier sentiment, mais ne pouvait s'empêcher de le ressentir.

- Ce n'est pas ce que tu imagines, murmura-t-elle comme si elle avait lu dans ses pensées. Je ne les ai pas rendus amnésiques. Je leur ai jeté un sortilège de Faux souvenirs.

Il se leva du lit et se rapprocha lentement du fauteuil. Puis il s'accroupit devant Hermione et la regarda droit dans les yeux :

- Tu es vraiment stupide, dit-il.

Elle baissa la tête mais il posa une main sous son menton et la força à le regarder.

- Mais je le suis également, ajouta-t-il.

Elle sourit alors à travers ses larmes et murmura :

- Tu dois penser que je suis folle.

- Plutôt courageuse, marmonna-t-il après une grande inspiration.

- Alors peut-être que le Choixpeau ne s'est pas trompé pour moi.

Drago observa la jeune fille avec intérêt. Ses longs cheveux ondulaient effrontément et tombaient librement sur ses épaules. Ses yeux marrons brillaient avec intensité et elle avait retrouvé le sourire, un pâle sourire qui éclairait tout de même son visage. L'uniforme vert et blanc lui allait à merveille, les collants de laine galbant ses fines jambes et il réalisa soudain à quel point tous ces détails la rendaient désirable. Cela le heurta comme un véritable coup de fouet. Son regard changea brusquement et ses traits devinrent froids et distants.

- Le Choixpeau ne se trompe pour personne, dit-il.

Hermione leva les yeux vers lui et remarqua le changement d'attitude soudain du jeune homme. Elle comprit ce que cette simple phrase signifiait et l'écart qu'elle creusait brutalement entre eux.

- Etre un Serpentard ne fait pas de toi quelqu'un de foncièrement mauvais, affirma-t-elle. Tu l'as dit toi-même.

- Non, mais cela fait de moi quelqu'un de très différent de toi. N'oublie jamais ça, Granger.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Le jour où nous sortons d'ici, je ne veux plus jamais te revoir.

Hermione demeura interdite. A dire vrai, elle n'avait jamais réfléchi précisément à ce qui se produirait lorsqu'elle serait enfin libre. Elle avait uniquement pensé qu'elle rejoindrait ses deux meilleurs amis par tous les moyens et jamais Drago n'était entré en ligne de compte. Pourtant, lorsqu'il lui fit cette déclaration, elle se sentit blessée et incapable d'en saisir la raison. Peut-être était-ce dû au ton glacial qu'il avait subitement employé. Sa colère revint au galop mais elle se contenta de lui jeter un regard noir :

- Tu n'avais pas besoin de me le dire. Et d'ailleurs, c'est entièrement réciproque.

Quelques secondes de silence s'écoulèrent, puis Drago tourna les talons et sortit de la chambre en claquant férocement la porte derrière lui. Hermione ignorait si elle avait rêvé, ou si elle avait réellement perçu de la souffrance sur les traits du Serpentard juste avant qu'il ne parte. Quelle mouche l'avait piqué ? Elle resta assise sur le fauteuil, les yeux perdus dans le vague et durant un long moment, elle ne pensa plus du tout au mystérieux livre qui l'attendait toujours sur les étagères en bois de la bibliothèque.