Coucou tout le monde ! Je suis doublement désolée car premièrement je publie avec deux jours de retard mais j'ai préféré prendre un peu plus de temps pour revoir ce chapitre car certaines choses ne me convenaient pas. Et deuxièmement j'avais préparé des réponses à toutes vos reviews et ça ne s'est pas sauvegardé et je n'ai malheureusement pas le temps de tout recommencer donc je vais simplement vous dire un gros gros gros gros gros gros gros MERCI général pour tous vos commentaires et vos compliments qui me vont droit au coeur !
Petit sondage avant de se lancer, quelle maison de Poudlard êtes vous ? Soit par le test officiel de Pottermore soit par feeling ;)
En ce qui me concerne, je suis #TeamHufflepuff, une pure Poufsouffle proud to be :D
Enjoy !
Chapitre 14
L'obscurité se refermait sur Hermione comme une douloureuse voilure. Elle était étendue sur le sol humide, inerte. A demi inconsciente, elle rassembla tant bien que mal ses genoux contre son corps et les entoura de ses bras, dans une maigre tentative de réconfort. La douleur en elle était encore cuisante, comme si ses entrailles avaient été chauffées à blanc. Mais étrangement, elle n'y prêtait pas grande attention. La seule chose qui la torturait était le visage de Drago qui hantait son esprit. Elle revoyait son bras se tendre dans la pénombre et ses lèvres formuler lentement l'Endoloris. Sa tante était revenue près de lui et l'avait observé avec une délectation malsaine. Il avait très vite compris que le choix ne lui était pas permis. Jouer le jeu était leur seule et unique chance de s'en sortir vivants. Le soulagement qu'Hermione avait ressenti en le voyant enfin lever sa baguette avait été d'une cruelle ironie.
Un bruit de pas résonna soudain près de l'oreille de la jeune fille. Elle aurait volontiers bondi de surprise si elle en avait eu la force. Seul son cœur eut la vigueur de palpiter plus vite. Elle redressa les yeux pour voir une silhouette s'élever au-dessus d'elle. Une silhouette qui lui paraissait géante à cet instant précis. Deux yeux gris se penchèrent sur elle et l'observèrent, traversés par ce qui ressemblait assez à de l'inquiétude. Mais elle n'aurait pu en jurer. Elle vit une main passer à plusieurs reprises devant son regard.
- Granger ? murmura une voix grave.
- Elle est partie ? questionna-t-elle d'une voix presque éteinte.
Elle tenta de se relever mais ses membres la faisaient atrocement souffrir.
- Ne joue pas les héroïnes, s'énerva Drago. Ce n'est franchement pas le moment !
- Et quel est le meilleur moment, Malefoy ? Si je ne suis pas courageuse maintenant, quand puis-je l'être ?
Il ne répondit pas et passa une main sous le dos de la jeune fille, une autre sous ses genoux. Elle se sentit brusquement soulevée de terre, ce qui lui arracha un fort gémissement. Elle avait la sensation que tout était brisé en elle et qu'en la bougeant, il avait remué ses organes comme des gravats.
- Accroche-toi, lui ordonna-t-il.
Ravalant sa fierté, elle passa maladroitement et douloureusement ses bras autour du cou du Serpentard. Elle ne distingua pas grand-chose tandis qu'il la transportait hors des cachots. Elle sentit tout de suite qu'elle respirait mieux dès qu'ils émergèrent dans le salon lumineux.
- Granger, ce que je vais dire ne va pas te plaire du tout, mais il faut soigner tes blessures.
Elle le regarda avec des yeux outrés :
- Tu crois que j'aurais la force de faire ça ?
- Tu n'en auras pas besoin, répliqua-t-il tout en traversant doucement la pièce, je m'en occupe.
- N'y songe même pas ! s'exclama-t-elle, ce qui était peu impressionnant tant sa voix était faible.
- Granger, tu ne te rends pas compte de ton état. Tu es grièvement blessée.
- J'ai simplement besoin de repos, décréta-t-elle.
- Tu ne t'es pas rendu compte de ce que te faisait Bellatrix ?
Hermione serra les dents. Une fois satisfaite par Drago, sa tante avait pris la relève et la jeune sorcière aurait été parfaitement incapable d'oublier la moindre seconde de cette séance de torture.
- Elle t'a lacérée, Granger. Tes plaies risquent de s'infecter si je ne te soigne pas tout de suite.
- Tu ne pourras jamais soigner ce que j'ai vécu, Malefoy.
Il monta prudemment l'escalier de marbre qui menait à l'étage et, sans tenir compte des protestations négligeables de la jeune fille, il pénétra dans la chambre. Celle-ci était plongée dans le noir, hormis la lueur du feu de cheminée qui projetait des ombres frémissantes sur les murs et le grand lit.
- Tu es pire qu'une gamine ! s'exclama-t-il en la déposant doucement sur le bord du matelas.
Il l'aida à s'assoir contre le large coussin puis il sortit de la chambre pour en revenir quelques minutes plus tard, armé de sa baguette, de plusieurs flacons de potions et d'un sachet rempli de compresses et de pansements. Il s'installa sur le rebord du lit et plongea ses yeux pâles dans ceux d'Hermione. Elle se mit soudain à rougir et arbora une moue furieuse.
- Tu n'arriveras pas à te déshabiller seule, déclara-t-il d'un air sérieux.
- Il n'est pas question que tu...
- Granger, tu vas la fermer une bonne fois pour toute et me laisser faire, ordonna-t-il durement. Je sais que je ne pourrai jamais me faire pardonner pour ce que je t'ai fait, mais laisse-moi au moins te soigner.
Hermione demeura interdite.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire, murmura-t-elle.
- Tu n'as pas besoin de le dire.
- Malefoy...
Il leva son regard vers elle.
- Tu n'avais pas le choix, articula-t-elle. Si tu n'avais pas agi, tu aurais risqué nos deux vies. C'était la seule solution.
- Il y en avait d'autres et tu le sais aussi bien que moi.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
Il la contempla un moment d'un air songeur.
- Tu devrais me haïr de t'avoir ramenée ici en sachant très bien ce que tu risquais.
- Je t'interdis d'avoir des regrets, trancha-t-elle aussitôt d'une voix sèche. Pas maintenant qu'il est trop tard.
- Tu préfèrerais que je ne ressente rien ?
- Je préfèrerais que tu t'en tiennes à ce que tu sais faire de mieux.
- Tu peux développer ?
- Sauver ta peau. Avec un peu de chance, ça sauvera la mienne au passage.
- On aurait pu le faire ce soir.
- Si tu ne déguises pas ta fuite, tu seras mort en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
Un malaise s'installa entre eux, plus inconfortable que tous les silences qu'ils avaient expérimentés jusqu'à présent. La brune remarqua que Drago avait les poings serrés et semblait en proie à une violente lutte intérieure.
- La vérité, marmonna-t-il, c'est que je ne peux pas supporter de t'avoir fait souffrir ainsi. Et quand je me demande pourquoi, je n'en sais foutrement rien ! Je n'avais pas ce genre de cas de conscience auparavant.
Hermione aurait voulu lui sourire mais elle était trop abattue pour cela :
- Parce que tu n'es pas quelqu'un de profondément mauvais, Malefoy. Malgré tes défauts et Merlin sait que la liste est longue.
Voyant qu'il semblait peu convaincu, elle prit une grande inspiration :
- Très bien, vas-y. Je te laisse faire.
Il parut surpris de ce brusque revirement :
- Tu es sûre ?
- N'attends pas que je change d'avis, mumura-t-elle.
Drago lui lança un regard sceptique mais n'insista pas. Il approcha ses deux mains du ventre de la Gryffondor et attrapa l'ourlet du pull déchiré qu'il souleva délicatement. Hermione avait l'impression que son cœur allait lâcher. Elle sentait son visage devenir cramoisi sous la gêne que lui procurait cette situation. Elle leva les bras du mieux qu'elle put et attendit patiemment que son haut soit entièrement retiré avant de l'attraper au vol pour le coller contre sa poitrine qui n'était plus couverte que par sa brassière. Le Serpentard lui parut étrangement imperturbable. A la lueur de sa baguette, il se pencha en avant pour observer les blessures causées par Bellatrix. Les bras d'Hermione étaient couverts de coupures peu profondes et son flanc droit arborait une entaille longue d'une quinzaine de centimètres. Il prit un flacon contenant de l'essence de dictame et en versa quelques gouttes sur les lésions. Hermione grimaça sous la douleur mais demeura parfaitement immobile. Le blond prit ensuite une large compresse qu'il appliqua sur la plaie de son ventre qui était la plus importante.
- Je pense que ça devrait aller, déclara-t-il en ignorant l'embarras grandissant de la brune.
Tout en serrant le pull contre elle d'une main, elle entreprit de défaire le bouton et la fermeture éclair de son jean. Puis elle hésita quelques secondes, détournant le regard.
- Granger, on ne va pas y passer la nuit !
Drago attrapa le jean déchiré et le fit glisser précautionneusement le long des jambes d'Hermione, qui se mit à trembler dans un débordant mélange de froid, d'embarras et de nerfs. Ses cuisses étaient couvertes de blessures beaucoup plus profondes. Le Serpentard les analysa consciencieusement.
- Celles-ci sont moins bénignes, constata-t-il les sourcils froncés.
Il leva les yeux vers Hermione qui le regarda avec surprise.
- Tu me fais confiance ? demanda-t-il.
- Je suppose.
Il prit sa baguette et entreprit de murmurer des incantations tout en la passant au-dessus des jambes d'Hermione. Les entailles marquées dans sa peau se refermaient légèrement une à une. Elle se cramponna au drap, tant la douleur était pénible, et sentit les larmes lui monter aux yeux à une vitesse vertigineuse. Mais Drago abrégea vite son supplice :
- J'espère que tu n'auras pas de cicatrices, mais je ne peux rien te promettre. Je ne suis pas médicomage.
- C'est toujours mieux que rien.
Elle hésita quelques secondes puis demanda :
- C'est Rogue qui t'a appris ça ?
Drago la considéra d'un regard dénué d'expression.
- C'est comme ça qu'il m'a soigné, finit-il par acquiescer. Quand Potter m'a attaqué.
La Gryffondor remarqua la colère qui se peignait sur son visage et regretta sa question. Elle se souvenait des multiples avertissements qu'elle avait proférés à Harry concernant les mystérieuses incantations inscrites dans le livre du Prince. C'était une des rares fois où elle l'avait blâmé lui et non Drago pour un de leurs nombreux affrontements.
Ce dernier continua d'appliquer l'essence de dictame sur les jambes de la brune ainsi que quelques compresses. Une fois qu'il eut finit, l'atmosphère se fit soudain pesante. Les deux jeunes sorciers se regardaient en chiens de faïence, leurs visages à moitié plongés dans la pénombre. Hermione était littéralement tétanisée de se trouver à moitié nue devant le Serpentard. Quant à Drago, malgré toute la bonne volonté qu'il avait mis à soigner la jeune fille, il n'avait pu s'empêcher de remarquer à quel point elle était attirante. Le temps et les évènements l'avaient visiblement fait maigrir mais son corps conservait encore sa forme et sa finesse. Leur baiser lui revint de nouveau en mémoire.
- Est-ce que je pourrais dormir maintenant ? demanda Hermione d'une voix qui se voulait détachée.
Le Serpentard sentait le sang pulser dans ses mains. Il se sentait incapable de se lever et de quitter cette chambre :
- Tu ne peux pas, Granger.
Elle le regarda avec curiosité.
- Tu ne peux pas me demander de partir aussi sèchement, ajouta-t-il. Pas après ce qui s'est passé. Ça ne peut pas se finir comme ça.
- Malefoy, tu n'y es pour rien, soupira-t-elle. Tu ne vas pas passer le reste de la nuit à t'excuser. Ce qui est fait est fait.
Hermione préférait nettement tirer un trait sur toute cette histoire pour essayer de l'enfouir au plus profond d'elle-même et ne plus jamais y repenser.
- Je suis bel et bien un Mangemort, dit-il le regard éteint. Tu es ma seule chance de ne pas passer ma vie à tuer, torturer, violer...
- Malefoy, je ne te laisserai pas tomber.
Il la regarda comme si elle venait de proférer la plus belle bêtise de sa vie :
- Est-ce que tu es aliénée ? Tu devrais aller à Sainte-Mangouste, ça te ferait le plus grand bien.
- Pourquoi dis-tu ça ? s'agaça-t-elle.
- Comment peux-tu continuer à me faire confiance et à vouloir m'aider après ce que je t'ai fait ? Et ce que ma tante t'a fait.
- Parce que je sais que tu vaux mieux que ça, bon sang ! Tu ne m'as pas touchée une seule fois depuis que je suis ici. C'est à cause d'elle que tu as dû le faire.
Elle sentait à présent une colère noire la dévorer de part en part. Une colère contre ce monde injuste, contre ce sort qui s'abattait sur eux sans répit, les poussant à emprunter des sentiers battus qu'ils ne désiraient pas suivre.
- Tu crois que je vais laisser quelqu'un comme toi se débattre seul avec ses démons ? poursuivit-elle. Tu m'as voulue, tu m'as eue ! Et je ne te lâcherai plus jusqu'à ce que je t'aie tiré de là, c'est clair ? Tu m'auras sur le dos jusqu'à la fin, fais-toi une raison !
Elle passa ses jambes sous la couverture, non sans grimacer sous la violente douleur, et la rabattit jusqu'à ses épaules. Puis elle ferma les yeux pour clore la discussion. Le silence emplit la pièce et elle patienta en espérant entendre Drago se retirer de la chambre.
Au lieu de cela, elle sentit brusquement des lèvres se poser sur les siennes. Elle ouvrit les yeux et constata que le Serpentard s'était penché sur elle et l'embrassait avec douceur. Elle s'apprêtait à le repousser mais son geste était si tendre qu'elle ne s'en sentit ni la force ni l'envie. Elle se laissa faire et eut la sensation qu'une chaleur intense se répandait dans tout son corps. Lorsqu'il mit fin au baiser, elle gémit inconsciemment de frustration.
- Et bien, Granger, j'ai l'impression que je suis plus efficace qu'une potion.
Hermione se sentit tellement coupable et mortifiée qu'elle se redressa vivement, le regard furibond. Mais dans la précipitation, elle laissa glisser la couverture et se retrouva de nouveau en sous-vêtements face au Serpentard. Elle se rallongea aussitôt, ce qui le fit ricaner :
- Tu es peut-être intelligente, mais il manque visiblement beaucoup de choses à ton éducation.
- Je ne te permets pas ! s'offusqua-t-elle, réalisant bien vite ce qu'il sous-entendait par là.
Il se pencha de nouveau vers elle et lui murmura avec un sourire en coin :
- Toi qui jurais tes grands dieux que tu ne tomberais pas dans mes bras, tu sembles changer d'avis.
- Jamais.
- C'est très mal venu de ta part d'être aussi catégorique sur le sujet.
Hermione ne sut que répondre et lui tourna le dos :
- Bonne nuit, Malefoy.
- Bonne nuit, Granger.
Elle l'entendit se lever du lit et quitter la pièce. Ecrasée par la souffrance et la fatigue, la jeune fille ne tarda pas à sombrer dans un sommeil peuplé d'autant de rêves que de cauchemars.
