Bonsoir ! :D
Voilà la suite, je ne suis pas en retard cette fois ! *fière*
Alice1420 : Muchas gracias ! Me alegra que te guste mi Malefoy ! jajaja
Zemystelle : Je suis d'autant plus rassurée de ne pas avoir décrit la scène de torture en voyant ta review car la dernière chose que je veux, c'est choquer mes lecteurs. Etant très sensible moi-même, je comprends tout à fait :)
Awako : Je suis contente que tu ressentes toutes ces choses entre Hermione et Drago, on ne peut effectivement pas parler d'amour, mais leurs sentiments évoluent tout doucement. Ils sont seuls et ont besoin l'un de l'autre... PS : félicitations pour ta triple affectation à Gryffondor ! haha ;)
Ella-Zabini : Merci pour ta review ! Ne t'inquiète pas, une de mes amies les plus proches a eu droit à Serpentard et je lui ai dit à quel point je trouvais ça classe ! Les Serpentards sont plein de qualité aussi, on les adore ;)
Swangranger : Ah une collègue de Poufsouffle, on est d'accord, c'est nous les best ! :p Merci beaucoup pour ta gentille review ! :D
Merci également à tous mes lecteurs "silencieux" et bien sûr à ceux qui ajoutent ma fanfic en favoris ! :)
Je vous préviens d'avance et m'excuse pour le fait qu'il ne se passe pas énormément de choses dans ce chapitre, il s'agit principalement d'une discussion de transition entre nos deux zoiseaux, mais j'ai beaucoup aimé l'écrire et je trouve qu'elle est essentielle dans l'évolution de leur relation...
Enjoy !
Chapitre 15
Lorsqu'Hermione s'éveilla, de violents maux de tête la prirent immédiatement d'assaut. Elle referma aussitôt les yeux et se frotta les tempes. Elle ignorait totalement quelle heure il pouvait bien être. Les volets étaient toujours clos et seul le feu de la cheminée offrait une semi clarté à la pièce. La jeune fille jeta un coup d'œil à l'horloge et constata qu'elle avait dormi une bonne partie de la journée. Il était vingt heures passées. Elle se redressa et tenta de se mettre debout. Malheureusement, ses jambes la faisaient toujours souffrir. Elle ôta le drap et les inspecta. Les blessures de ses cuisses n'étaient que partiellement cicatrisées. Certaines étaient encore profondes et couvertes de croûtes rougeâtres. Elle essaya une nouvelle fois de basculer ses jambes sur le rebord du lit mais la douleur était trop intense. Elle se mordit les lèvres et se rallongea à contrecœur.
La Gryffondor pouvait supporter beaucoup de choses, mais elle ne pouvait tolérer de se sentir impuissante. Elle repensa au carnet de Regulus Black qui se trouvait toujours dissimulé sous le lit. Un besoin de faire quelque chose d'utile l'envahit alors et elle se pencha pour plonger son bras sous le matelas. Sa main rencontra enfin l'objet qu'elle extirpa délicatement. Plissant les yeux, elle se mit à le parcourir de nouveau avec attention, espérant découvrir de nouveaux détails qui lui auraient échappés lors de sa première lecture.
Le contenu du carnet était écrit d'une telle manière qu'il paraissait être un véritable ensemble d'instructions pour quiconque mettrait la main dessus. Hermione trouvait cela étrange car Regulus ne pouvait être sûr que la personne qui le trouverait aurait à cœur de poursuivre la tâche ardue et dangereuse dans laquelle il s'était lancé. A moins qu'il ne l'ait écrit à destination d'une personne bien précise. Mais laquelle ? C'était un mystère qui avait peu de chance d'être élucidé et faisait bouillir l'esprit de la Gryffondor. Quelle personne dans l'entourage du Mangemort déchu aurait été susceptible d'accepter un tel fardeau ? Peut-être s'agissait-il tout simplement de son frère, Sirius. Mais l'un comme l'autre n'étaient malheureusement plus là pour le confirmer.
Immergée dans ses réflexions, Hermione ne vit pas le temps passer. L'horloge indiquait vingt-deux heures dix lorsque la porte s'ouvrit brusquement. La jeune fille n'eut que le temps de plonger le cahier sous son oreiller. Drago pénétra dans la pièce sans la regarder. Elle se sentit instantanément rougir en voyant le Serpentard. Elle se gifla mentalement, refusant tout net de se laisser troubler par son arrivée car c'était justement ce qu'il souhaitait d'elle. Elle ne pouvait cependant s'empêcher de se souvenir de ses propos de la veille et se demanda s'il était possible qu'il soit sérieux ou s'il faisait simplement ce genre de choses pour la provoquer. Une nouvelle manière de lui mener une vie infernale, comme il avait si souvent eu l'habitude de le faire plus jeune.
La brune l'observa avec suspicion tandis qu'il effectuait les gestes quotidiens pour remuer la potion. Une fois qu'il eut terminé, il se tourna vers elle et la dévisagea longuement. Mais contrairement à ce qu'elle prévoyait, son regard n'avait rien de moqueur ni de prétentieux.
- J'ai repensé à ce que tu m'as dit, Granger, dit-il brusquement.
- A quel sujet ?
- Au sujet de ta prétendue gentillesse envers moi, répondit-il d'un ton ironique.
- Et bien ? questionna-t-elle, trop heureuse d'éviter le sujet qui la dérangeait.
- Finalement, ça ne t'engage pas à grand-chose, puisque nous sommes liés par le Serment Inviolable. Tu n'as pas vraiment le choix de m'aider malgré ce qui s'est passé.
Hermione demeura silencieuse un moment, réfléchissant à ce qu'il sous-entendait par là. Lorsqu'elle comprit où il voulait en venir, elle soupira et choisit soigneusement ses mots :
- Je sais que la loyauté est une chose qui te dépasse, Malefoy. Une chose sans valeur à tes yeux. Mais sache que je préfèrerais mourir plutôt que de venir en aide à quelqu'un que je considèrerais comme un véritable Mangemort.
Drago lui jeta un regard qui se voulait particulièrement sceptique. Il s'approcha d'elle et souleva subitement la manche de son pull noir, dévoilant son bras sous le nez de la jeune fille.
- Selon toi, je ne suis pas un véritablement Mangemort ? lui demanda-t-il d'une voix froide.
Hermione tressaillit à la vue de la Marque des Ténèbres, qui frémissait sur les veines bleu pâle du Serpentard et semblait les tenir à sa merci. C'était la première fois qu'elle avait l'occasion de la voir d'aussi près. Du présage de mort émeraude qui flottait dans le ciel à celle plus noire qui marquait à vie les serviteurs de Voldemort, elle n'aurait su dire laquelle était la plus effrayante. Elle déglutit difficilement mais son regard demeura ferme lorsqu'elle plongea ses yeux dans ceux du blond.
- Nous n'allons pas nous enfermer éternellement dans le même débat. Tu ne l'as pas souhaité, Malefoy. Tu veux même le fuir. C'est ce qui fait toute la différence.
- C'est vrai mais…
- Un jour, continua-t-elle d'une voix calme, Dumbledore a dit à Harry que ce ne sont pas nos aptitudes qui déterminent ce que nous sommes. Ce sont nos choix. J'imagine que c'est ce qui lui a permis de croire en toi, en haut de la tour.
Drago la considéra un moment, déstabilisé par ses paroles. Il s'était attendu à ce qu'elle s'effrayât, qu'elle le repoussât. Lui et tout ce qu'il était. Cette réaction aurait pris tout son sens. Il avait certes envie de fuir mais c'était uniquement la peur qui le faisait agir. Elle semblait pourtant si sûre d'elle. Si certaine qu'il était quelqu'un de bien et qu'il méritait davantage que cette vie. Il commençait presque à se laisser convaincre. Il remarqua alors que les yeux sombres et irisés de la Gryffondor commençaient à briller anormalement.
- J'aimerais tant rentrer, murmura-t-elle soudain d'une voix faible.
- Chez toi ?
- A Poudlard, précisa-t-elle. Cela voudrait dire que tout est redevenu comme avant.
Des larmes amères finirent par couler doucement sur ses joues saillantes et les secondes semblèrent se mettre en suspens. Comme si le simple fait de mentionner le château avait le pouvoir d'arrêter le temps et de faire disparaître tout ce qui les entourait. Les meubles, la chambre et le manoir tout entier. Hermione soupirait imperceptiblement. Drago s'approcha d'elle. Il tendit une main vers la sienne sans qu'elle ne s'en aperçût, mais la laissa doucement retomber.
- Tu devrais aller prendre une douche, dit-il. Ça te fera du bien.
La jeune fille hésita, puis balbutia :
- Je ne peux pas... Me mettre debout.
- Tu es toujours blessée ? lui demanda-t-il en fronçant les sourcils clairs d'un air inquiet.
Elle acquiesça silencieusement.
- Je vais t'aider, déclara-t-il.
- Hors de question !
- Granger, ne me force pas à te stupéfixer. Si tu coopérais, pour changer ?
Remarquant qu'il semblait plus sérieux qu'à son habitude, Hermione décida de ne pas le contrarier. Par moment, il valait mieux ne pas nager à contre-courant, pour éviter de se faire submerger. Il semblait comme une eau calme et profonde qui pouvait s'éveiller à tout moment et tout emporter sur son passage.
- Entendu, soupira-t-elle.
Satisfait, Drago se tourna et décrocha le peignoir blanc et cotonneux qui pendait contre le mur. Il le lui tendit et elle s'empressa de l'enfiler par-dessus ses sous-vêtements. Puis il glissa ses bras sous son corps pour la hisser délicatement du lit. Elle passa ses mains de part et d'autre de ses épaules et les noua autour de sa nuque. Il la souleva avec aisance, comme si elle n'était rien d'autre qu'un amas de plumes. Cela lui rappela à quel point elle avait perdu du poids.
Il faisait frais dans la salle-de-bain, ce qui acheva de réveiller Hermione. Drago la déposa sur une petite chaise, en tâchant de ne pas trop la faire bouger. Elle grimaça mais parvint à se tenir assise sans trop de difficulté. Le Serpentard commença à faire couler un bain. Des vapeurs d'eau chaude s'échappèrent peu à peu en volutes blanchâtres dans toute la pièce et la jeune fille les observa un moment, l'esprit perdu dans le vague.
- Dumbledore... murmura soudain Drago.
Hermione leva alors les yeux vers lui et un frisson étrange la parcourut :
- Oui ?
- Quand j'étais face à lui, prêt à le tuer...
Le silence s'installa de nouveau. Elle était suspendue à ses lèvres mais n'osait pas insister.
- C'est vrai qu'il m'a proposé de tout arrêter, poursuivit-il. Il m'a dit qu'il... Enfin qu'on me cacherait. Et ma mère aussi.
La Gryffondor ne put s'empêcher de sourire, au souvenir d'une longue barbe grise et d'une paire de lunettes en demi-lune. Et de deux yeux bleus si perçants qu'ils paraissaient pouvoir lire dans votre âme comme dans un livre ouvert.
- Je sais, dit-elle, Harry nous l'a dit.
- J'étais là pour l'assassiner, reprit-il, et il voulait me laisser une chance.
L'eau montait peu à peu dans la baignoire qui se remplissait au son des clapotis. Le Serpentard manipula le robinet et l'eau se colora d'une teinte crème. Une mousse blanche se forma peu à peu à la surface, jusqu'à la recouvrir entièrement. Une douce odeur d'ambre se répandit dans la pièce et la jeune fille huma cette fragrance avec plaisir.
- Il était aussi idiot que toi, lâcha brusquement Drago d'un ton acerbe.
Surprise, elle lui jeta un regard noir.
- Les autres sont arrivés à ce moment-là, continua-t-il.
- Ils étaient là grâce à toi, ne put-elle s'empêcher de faire remarquer. C'est toi qui leur as permis d'entrer dans…
- Je suis au courant, Granger ! la coupa-t-il en la dévisageant avec colère. Tu trouves toujours que je suis pardonnable ?
Sans se laisser intimider, elle continua à le fixer d'un œil furieux. Il lui tourna le dos et s'assit sur la seconde chaise qui se trouvait dans la pièce.
- Tu risquais de te faire tuer, murmura-t-elle, si tu ne faisais pas ce qu'on te demandait. N'est-ce pas ? Sans compter tes parents.
Il posa les coudes sur ses genoux et baissa les yeux.
- La vérité, marmonna-t-il après un long moment de silence, c'est que j'étais prêt à le suivre. Mais je n'en ai pas eu le temps.
La Gryffondor eut la sensation que son cœur se glaçait dans sa poitrine.
- Si seulement j'avais eu... Dix secondes de plus.
Dix secondes qui s'écoulaient à présent comme une éternité et durant lesquelles Hermione tenta d'assimiler ce qu'elle venait d'apprendre. Disait-il la vérité ? Elle posa ses yeux sombres sur lui et sur son visage qui paraissait torturé par le regret. Jamais elle n'avait eu l'occasion de voir le Serpentard si vulnérable. Car il avait toujours pris soin de le cacher. Par fierté sans doute, mais aussi par crainte. Une bouffée de compréhension l'envahit et malgré toute la méfiance qu'elle avait pu ressentir à son égard, elle ne pouvait s'empêcher de le croire à cet instant précis.
Lorsque la baignoire fut remplie, le blond se leva et ferma le robinet. Le bruit de la dernière goutte d'eau se perdit dans un léger écho. Hermione laissa glisser son peignoir. Elle aurait dû se sentir embarrassée de nouveau mais elle avait la sensation que rien n'avait d'importance à cet instant précis. Que quelque chose de plus fort et de plus profond balayait toutes les futilités. Peut-être la pensée d'Albus Dumbledore qui flottait toujours entre eux. Drago devait éprouver la même chose car il se contenta de la reprendre dans ses bras et de la plonger adroitement dans le bain. Elle garda ses dessous mais apprécia pleinement le contact de l'eau chaude contre sa peau encore meurtrie. Elle ferma les yeux et inspira à plein poumons. Petit à petit, ses muscles se relâchèrent.
- Malefoy…
Il s'était de nouveau assis sur la chaise et paraissait se demander ce qu'elle lui voulait.
- J'ai confiance en Dumbledore, murmura-t-elle. Et s'il avait l'intention de t'aider et de te cacher...
Elle ouvrit les yeux et observa un instant ses doigts devenir ridés au contact de l'humidité. Elle prit un peu de mousse entre ses mains et les frotta l'une contre l'autre.
- Sache que je suis prête à le faire, dit-elle. Je pourrais essayer de convaincre l'Ordre.
Drago parut surpris.
- L'Ordre ?
- Du Phénix. Ceux qui peuvent te protéger.
Il demeura un long moment silencieux. Et la jeune fille finit par voir un sourire narquois s'étirer sur ses lèvres :
- C'est très aimable de ta part, Granger. Mais si on me croit mort, je pense que je ferais aussi bien de filer d'ici le plus loin possible. Je ne suis pas sûr de me sentir beaucoup plus en sécurité parmi vous.
- Tu as tort, rétorqua-t-elle sèchement.
- Peut-être, admit-il d'un ton railleur. Mais rien que l'idée de fréquenter Potter et Weasley me refroidit nettement.
Elle lui lança un regard outré :
- Tu es odieux, Malefoy !
La dispute dura jusqu'à ce que la Gryffondor ait fini de se laver et soit sortie du bain. Elle se poursuivit jusque dans la chambre. Hermione était littéralement en colère contre lui et surtout contre son impertinence.
Ce ne fut que plus tard, une fois qu'il fut parti se coucher, qu'elle y resongea avec un œil nouveau. Elle commençait à comprendre comment fonctionnait Drago. Elle repensa à sa réaction, à ses attitudes. En y réfléchissant bien, elle savait que malgré le dédain qu'il avait manifesté, elle avait sans doute prononcé les mots qu'il souhaitait entendre. Elle lui avait offert sa seconde chance. Celle qu'il n'avait pas eu le temps de saisir, ce sinistre soir de juin. Et elle se pouvait s'empêcher de se demander obscurément s'il s'en emparerait cette fois ou disparaîtrait bel et bien loin d'ici, pour ne plus jamais revenir.
