Hello les gens ! Excusez-moi pour le retard, ça fait un petit mois que je n'ai pas publié mais j'ai été occupée, puis j'ai été un peu grippée, bref. J'espère que vous avez passé de très bonnes fêtes ! Je vous souhaite évidemment une bonne année pleines de belles choses et de partage :)
Comme d'habitude, je vais rattraper le retard et publier jusqu'au chapitre 19 dans les jours à venir ;)
Merci à tout le monde pour les gentilles reviews, j'espère de tout coeur que la suite vous plaira toujours !
Enjoy \o/
Chapitre 16
Cela faisait trois jours qu'Hermione ne quittait plus son lit, sauf pour aller faire sa toilette à la salle de bain. Les séquelles laissées par Bellatrix avaient fait plus de dégâts qu'ils ne l'auraient pensé. Elle souffrait toujours de ses blessures et Drago passait le plus clair de son temps assis sur le fauteuil à lui tenir compagnie. Par moments, le silence s'installait longuement. Et à d'autres, ils discutaient en tâchant de n'aborder que des sujets neutres, voire sans intérêt. Malgré ça, des disputes éclataient immanquablement. Mais ce qui surprenait le Serpentard était qu'elles étaient le plus souvent déclenchées par la jeune fille. Il avait beau faire comme si de rien n'était, il ne pouvait s'empêcher de remarquer à quel point elle devenait facilement irritable. Elle paraissait se rembrunir au fil des heures et il avait l'étrange sensation que le comportement de la Gryffondor était anormal.
Tout en réfléchissant à cela, le blond marchait dans le couloir pour se rendre justement auprès d'elle. Il arriva devant la porte et tourna doucement le loquet. Il pénétra dans la pièce aux tons de verts et argent et observa l'horloge qui indiquait vingt et une heures. Puis il jeta un regard sur Hermione. A sa grande stupéfaction, il la trouva en train de pleurer. Ses genoux ramenés contre elle, la tête entre les bras, il l'entendait sangloter doucement. Ses longs cheveux bouclés cascadaient sur ses épaules.
- Granger ?
Elle releva aussitôt la tête et essaya tant bien que mal d'effacer les traces de ses pleurs.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il en s'approchant légèrement.
- Rien, murmura-t-elle d'une voix trop aigüe pour être normale.
- Au cas où tu n'aies pas encore compris, je ne suis pas idiot !
- Il se ne passe rien, Malefoy ! s'exclama-t-elle alors en lui jetant un regard assassin.
Il poussa un soupir de lassitude. Il commençait à en avoir assez de ses accès de colères injustifiés.
- J'essaye de t'aider, fit-il remarquer en tentant de garder son sang-froid.
- Il n'y a rien à faire, répliqua-t-elle.
Elle se redressa lentement et, sous les yeux stupéfaits de Drago, elle se mit précautionneusement debout et s'avança vers lui. Elle portait la chemise qu'il lui avait prêtée en guise de pyjama, d'un ton bleu pâle qui faisait ressortir le marron de ses yeux.
- Tu arrives à marcher ? s'étonna-t-il. Tu aurais pu me le dire.
- J'ai toujours mal mais ça m'est égal.
Il lui jeta un regard furieux :
- Rallonge-toi !
Il s'avança vers elle et posa une main sur son épaule. Il ignorait quoi faire, mais quelque chose au fond de lui le poussait à la réconforter. La voir dans cet état était plus dur qu'il ne l'aurait imaginé. Il l'attira doucement contre lui. A son grand découragement, les pleurs d'Hermione redoublèrent. Elle l'enlaça de ses bras frêles et le serra du plus fort qu'elle le pouvait. Ses mains agrippaient le pull de Drago comme une planche de survie.
- Granger, calme-toi !
- Malefoy, je...
Elle l'observa un instant de ses grands yeux bruns.
- Tu devrais vraiment retourner te coucher, murmura-t-il.
- Je ne veux plus rester enfermée dans cette pièce.
Sa voix se brisa et de nouvelles larmes roulèrent sur ses joues.
- Tu exagères, Granger, ne put-il s'empêcher de lui répliquer froidement. Tu devrais être dans les cachots à l'heure qu'il est. Même si je n'ai pas fait de miracle, j'ai essayé de te soigner. Je t'ai offert mon lit. Tu manges à ta faim. Et je passe des heures entières à fixer le mur et à me tourner les pouces pour ne pas que tu sois seule. Qu'est-ce qu'il te faut de plus ?
Elle sembla hésiter puis murmura :
- Pourquoi fais-tu tout ça ?
Il la dévisagea quelques secondes d'un air neutre. Puis prudemment, il la guida vers le lit et l'aida à se recoucher. Il s'installa ensuite sur le fauteuil et attendit impatiemment que vienne l'heure de s'occuper de la potion dont quelques volutes de fumées s'effilaient vers le conduit de la cheminée.
La neige étendait son voile blanc dans les rues et sur les toits de Godric's Hollow. Des ombres floues se discernaient parfois aux alentours mais Hermione avait beau plisser les yeux, elle ne voyait pas de quoi ou de qui il s'agissait. Elle avançait à tâtons dans le semi brouillard. Et soudain, elle se retrouvait face à une tombe. Des noms étaient gravés dessus. Elle s'approcha pour mieux voir. C'était les noms de ses parents. Mais depuis quand était-il morts ? Horrifiée, la jeune fille s'approcha encore. Elle s'agenouilla devant la stèle grise. Non, c'était impossible ! Elle tendit la main pour caresser la pierre mais brusquement, la tombe se changeait en un énorme serpent qui se dressait devant elle et se jetait dans sa direction en sifflant. Hermione hurla.
- Granger !
Elle hurla encore. Quelque chose la secouait violemment.
- Granger, réveille-toi !
Elle ouvrit les yeux. Drago la tenait entre ses mains et la bougeait d'avant en arrière. Il cessa le mouvement lorsqu'il vit qu'elle reprenait conscience.
- Malefoy ?
Tout lui revint alors en mémoire. Ce n'était qu'un cauchemar. Un simple cauchemar.
- Tu as fait un mauvais rêve ? questionna le blond avec calme.
Hermione acquiesça silencieusement.
- C'est fini, dit-il.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle alors.
Il la regarda avec surprise :
- Tu m'as demandé de rester jusqu'à ce que tu t'endormes. Tu ne te souviens pas ?
- C'est vrai, répondit-elle en se massant la nuque. Désolée.
- Je crois que je me suis endormi sur le fauteuil, moi aussi, expliqua-t-il. Tes cris m'ont réveillé.
Il lui prit la main et la caressa légèrement. Hermione se détendit peu à peu. Comment était-il possible que Drago Malefoy soit près d'elle et la réconforte d'un cauchemar ? Ses yeux gris si clairs la regardaient avec douceur.
- Pourquoi as-tu accepté ? demanda-t-elle.
- Granger, soupira-t-il, je sais très bien qu'il faut qu'on se soutienne si on veut réussir. Tu ne me seras pas d'une grande aide en te mettant dans des états pareils. Alors si tu ne vas pas bien, je veillerai sur toi, au moins jusqu'à ce que nous puissions nous enfuir. Et tu ne vas manifestement pas bien.
- Je suis désolée, murmura-t-elle. Je ne sais pas ce qu'il m'arrive.
- Tu as été torturée il y a quatre jours à peine.
- Malefoy, j'ai l'impression que mon esprit se vide de toutes ses forces.
Elle se prit la tête entre les mains :
- Nous sommes perdus. Nous ne parviendrons jamais à nous enfuir.
- Qu'est-ce que tu racontes ? Notre plan fonctionne.
- Non, il est loin d'être parfait et tu le sais très bien. Tout ça ne sert à rien !
- Tais-toi ! s'exclama-t-il durement.
Drago commençait à perdre patience. Il voyait les yeux bruns de la jeune fille s'emplir de nouveau de larmes et ne parvenait pas à saisir pourquoi elle se mettait encore dans un tel état.
- Par Salazar, tu es une Gryffondor oui ou non ?
- Ce cauchemar, murmura-t-elle. C'était si réel.
- Ça nous arrive tous de faire…
- Non, tu ne comprends pas. C'était différent ! Comme une illusion.
- Mais enfin, de quoi est-ce que tu parles ? Tu as du jus de citrouille dans le cerveau ?
Drago commençait à croire qu'elle perdait sérieusement la raison. Paniqué, il lui prit le bras et le serra avec force :
- Granger, je t'en prie, c'est pas le moment de craquer !
Inquiet, il la vit brusquement écarquiller les yeux. Elle n'aurait pas eu l'air plus effaré si le Baron Sanglant avait soudainement fait irruption dans la chambre pour leur raconter une histoire.
- Quoi ? questionna le Serpentard légèrement agacé.
- C'est ça ! s'exclama-t-elle.
Drago ferma les yeux un moment et poussa un long soupir de lassitude. Il tentait de rester calme mais les réactions totalement contradictoires et inexplicables de la Gryffondor commençaient à le fatiguer et à mettre sa patience à rude épreuve :
- Granger, ce n'est pas parce que j'ai dit toutes ces choses qu'il faut croire que je suis devenu ton boursouflet. Si tu continues ton cirque, je vais finir par m'énerver !
Mais la jeune sorcière ne prêta pas la moindre attention à ses menaces. Elle ôta les couvertures et se mit à genoux sur le lit. Drago la regardait faire, de plus en plus alarmé. Elle souleva son oreiller et, à sa plus grande stupéfaction, il constata la présence d'un carnet noir, tapis sur le drap blanc.
- Qu'est-ce que... commença-t-il.
Il reconnut soudain l'objet. C'était le livre qu'Hermione était allée consulter en pleine nuit lorsque Paty l'avait prévenu de son escapade à la bibliothèque. Livre qu'il avait jeté sur le sol et oublié dans sa colère.
- Tu l'as pris ? s'énerva-t-il.
- Oui ! s'exclama Hermione, soucieuse de ne pas dénoncer l'elfe.
- Tu es vraiment insupportable !
- Tu m'as dit que tu ne voulais rien avoir à faire avec cette histoire. Et tu as raison.
- Je te demande pardon ? ragea-t-il. Je suis encore chez moi il me semble !
Il voulut lui arracher le cahier des mains mais elle le serra contre elle et tendit son bras pour le repousser.
- Mais qu'est-ce que c'est que ce truc à la fin ? Pourquoi tu y tiens tant ?
Voyant qu'il ne tentait plus de le lui retirer, Hermione se détendit légèrement.
- Je ne peux pas t'expliquer, murmura-t-elle.
- Je peux savoir pourquoi ? bougonna-t-il en fronçant les sourcils.
Elle marqua une pause et sembla réfléchir, en proie à une cruelle hésitation. Elle ne pouvait lui révéler la vérité. La raison pour laquelle elle et ses deux meilleurs amis avaient réellement quitté Poudlard en cette sombre année de leurs dix-sept ans. Au fond, elle ignorait si les Mangemorts étaient au courant de la création des horcruxes du Seigneur des Ténèbres. Elle supputait que seuls quelques privilégiés avaient été mis dans le secret. Et Drago Malefoy avait peu de chance de faire partie de cette obscure élite.
Mais elle ne pouvait lui raconter comment ni pourquoi, elle, Ron et Harry avaient erré pendant des semaines et des semaines, à la recherche de choses qui leur échappaient comme de la fumée entre leurs mains d'adolescents. Comment le seul horcruxe qu'ils étaient parvenu à trouver les avait brutalement déchirés. Elle se rappelait à présent avec clarté les émotions qui l'avaient tiraillée lorsqu'elle avait porté le médaillon autour du cou. Cette sensation de désespoir, de pessimisme incontrôlable. Ces pleurs et ces cauchemars qu'ils n'avaient cessé de faire et qui avait poussé Ron à les abandonner. Oui, c'était exactement ce qu'elle ressentait de nouveau depuis trois jours.
Trois jours qu'elle avait passés allongée sur son oreiller, sous lequel reposait le carnet de Regulus Black. Si près d'elle pendant trois jours et trois nuits. Ça paraissait si simple et tellement improbable, et pourtant.
Regulus Black avait trahi Voldemort. Il avait découvert l'existence de son plan et avait voulu l'empêcher de continuer ses atrocités, en volant l'un des horcruxes pour le détruire. Mais il savait que Voldemort serait sur ses traces et finirait par le tuer. Il avait donc rédigé ce carnet dans l'espoir que quelqu'un puisse continuer à sa place. Mais Regulus était mort dans la grotte. Emporté par les Inferi. Comment le cahier avait-il fini par atterrir entre les mains du Seigneur des Ténèbres ? C'était une partie de sa théorie qu'Hermione était obligée pour l'heure d'abandonner aux hypothèses. Elle ne pouvait s'empêcher de songer à quel point il aurait été délicieusement ironique pour Voldemort de transformer sa trouvaille en horcruxe. Celui qui voulait l'arrêter serait finalement devenu l'un des outils de sa progression vers l'immortalité. Cela correspondait tout à fait à la cruauté et au goût des trophées dont Harry leur avait parlé après ses leçons avec Dumbledore. Tout concordait.
- Alors ? s'impatienta visiblement le blond
Hermione tremblait presque d'excitation mais se força à retrouver ses esprits.
- Je ne peux rien te dire, répéta-t-elle. Il faut que tu me fasses confiance. Ce n'est pas quelque chose qui te concerne.
- Ma patience a des limites, Granger.
Il s'empara soudain de force du carnet et s'éloigna d'elle. Hermione n'eut pas le temps de réagir. Elle se jeta vers lui en tendant le bras mais sa main se referma sur le vide.
- Si tu ne me dis pas de quoi il s'agit, menaça-t-il, je détruis cette chose.
- Tu n'y parviendras pas, ne put-elle s'empêcher de répliquer. Et je te déconseille d'essayer.
Drago fronça les sourcils, intrigué.
- Malefoy, murmura-t-elle en poussant un soupir, je t'assure qu'il vaut mieux pour toi que tu n'en saches pas trop.
- Ah vraiment ? ironisa-t-il d'un air sceptique.
- Tu n'es pas obligé de m'écouter, c'est vrai.
Elle marqua une pause et le fixa avec intensité.
- Je ne peux pas te dire pourquoi mais tu dois me croire, poursuivit-elle, si je te dis que tu n'as aucun intérêt à rester près de cette chose si tu veux réellement fuir cette vie.
Hermione attendit un moment en silence tandis qu'une palette de sentiments traversait le visage du Serpentard. Elle finit par se lever du lit et se dirigea vers la fenêtre dont elle entrouvrit les volets. L'air froid pénétra aussitôt par l'interstice et la fit frissonner. Mais cela lui fit du bien et la calma peu à peu. Elle contempla la nuit noire et les ombres des arbres qui pliaient sous le vent. Beaucoup de nuages s'amoncelaient dans le ciel, masquant la plupart des étoiles et un morceau de lune.
- Très bien, murmura une voix grave dans son dos.
Elle se retourna et constata que Drago lui tendait le carnet. Elle le prit et le serra de nouveau contre elle, reconnaissante :
- Merci, Malefoy.
- Je ne veux plus le voir, ordonna-t-il. C'est clair ?
Hermione acquiesça silencieusement et se dépêcha de glisser le cahier noir dans un des tiroirs du bureau. Elle n'en subirait plus les effets néfastes et Drago pourrait l'oublier à sa guise. Ce dernier lui lança un ultime regard lourd de reproches et tourna les talons pour quitter la pièce. La jeune fille ne s'en formalisa pas. Elle savait que le blond se sentait froissé mais elle avait aussi appris à comprendre qu'il n'était pas aussi rancunier qu'il voulait le laisser paraître. Ils n'étaient plus à une dispute près.
Elle referma les volets et les battants de la fenêtre avant de se diriger vers le lit. Encore sous le choc, elle se glissa entre les draps chauds et s'appliqua à tarir le flot de ses pensées qui jaillissait en tous sens. Jusqu'à ce que la fatigue l'emporte vers un sommeil qu'elle espérait cette fois meilleur que les précédents.
