Hello tlm ! J'espère que vous passez un bon week-end ! Un gros gros gros gros merci à Alice1420, Ella-Zabini et Zemystelle pour les reviews ! :D

Et comme d'habitude merci à toutes les personnes qui me suivent sur cette fanfic !

Voici la suite de ce samedi soir ! On ouvre les horizons ! ;)

Enjoy !


Chapitre 18

Hermione s'éveilla avec difficulté. Ses paupières étaient lourdes et son dos la faisait souffrir. Elle dut cligner des yeux à de nombreuses reprises avant de comprendre qu'il faisait nuit noire. Elle se trouvait au milieu d'une forêt dont les arbres gigantesques étendaient leurs ramures et assombrissaient les lieux, emprisonnant la plupart des rayons de lune derrière leurs feuillages. Un vent glacial et assourdissant se faufilait entre les branches, rendant l'atmosphère effrayante. La jeune fille frissonna et se serra davantage contre le corps chaud qui se trouvait dans son dos. Elle n'était couverte que par sa grande cape noire qui la protégeait mal du froid nocturne malgré son épaisseur. Impuissante, elle se remémora avec tourment ce qui l'avait conduite en cet endroit obscur et isolé. Elle s'assoupit légèrement et ses souvenirs devinrent des rêves.

Elle se trouvait dans la cellule du manoir Malefoy. Elle faisait les cent pas comme un lion en cage quand soudain, des bruits se faisaient entendre. On courait dans les escaliers. Et Drago apparaissait. Seul. Son visage était empreint de sentiments contradictoires. Un mélange d'anxiété et de détermination. Il ouvrait la grille en hâte et la tirait violemment par le bras. Elle se débattait tant bien que mal, tentant de s'arracher à sa prise.

- Aïe ! Granger !

Hermione se redressa vivement, le souffle court. Elle n'était plus dans les cachots mais de nouveau au beau milieu de la forêt sombre.

- Quoi ? demanda-t-elle, haletante.

- Tu m'as donné un coup dans les côtes, râla une voix familière.

- Désolée, Malefoy. Je crois que j'étais en train de rêver.

Ses yeux avaient du mal à s'habituer à l'obscurité mais elle entendit le Serpentard se redresser à son tour. Elle sentit son regard peser sur elle et ses joues rougirent violemment.

- Et tu rêvais de quoi exactement ? s'énerva-t-il. Que Londubat essayait de t'embrasser ?

- Ce n'est pas drôle ! s'exclama-t-elle. Et fais donc un peu moins de bruit.

- Facile à dire !

- Chut !

Hermione se retourna vivement et observa les fourrés qui se trouvaient à quelques mètres derrière elle. Consciente de l'inutilité de son geste car elle n'y discernait absolument rien, elle se rallongea sur le sol humide.

- Malefoy ?

- Quoi ?

Elle sentit à son ton qu'il était toujours en colère, mais ne s'en souciait pas réellement. Elle préférait le voir ainsi plutôt que cédant à la terreur, comme elle craignait de le faire elle-même à tout moment. Elle jeta de nouveau un coup d'œil aux alentours, priant intérieurement pour que les sortilèges qu'ils avaient jetés autour d'eux les rendent suffisamment indétectables.

- Dis-moi ce qui s'est passé, plaida-t-elle dans un ultime espoir. Comment l'ont-ils appris ?

- Je croyais qu'on était d'accord pour attendre demain matin.

- Et bien, j'ai changé d'avis.

Les yeux bruns de la jeune fille commençaient à s'accoutumer à la pénombre et elle put enfin distinguer la silhouette du jeune homme qui se rallongea à son tour.

- Insupportable, marmonna-t-il.

- Si tu étais à ma place, tu le serais davantage.

Cette remarque eut le don d'agacer le Serpentard car il ne trouvait rien à répliquer.

- Très bien, céda-t-il.

Hermione se redressa de nouveau et s'assit en tailleur en serrant sa cape contre elle dans une maigre tentative d'apaisement. Drago préféra demeurer étendu sur le sol. Il détourna le regard et le plongea dans le lointain néant.

- Pansy ne connaissait pas tous les détails, commença-t-il. Elle sait simplement que Bellatrix a découvert notre plan lorsqu'elle est venue au manoir, il y a quelques jours.

- Comment ?

- Je n'en ai aucune idée ! s'écria-t-il avec fureur.

La Gryffondor se recula légèrement mais compris vite que cette colère ravivée était plutôt dirigée contre lui-même.

- Tu vas être ravie d'apprendre que nous avons été les deux sorciers les plus stupides de toute la création, déclara-t-il soudain d'un ton amer.

Ne parvenant pas à comprendre ce qu'il entendait par là, la jeune fille se contenta de patienter.

- Ils sont partis à la recherche de Potter pour t'utiliser comme appât, rappela Drago d'une voix morne. Mais il est introuvable. C'est comme chercher un botruc dans un amas de brindilles.

Le cœur d'Hermione se serra si fort qu'elle en eut le souffle coupé. Ainsi, Harry et Ron n'avaient pas encore été capturés. Ils étaient toujours libres quelque part. Elle ignorait tout de la manière dont elle pouvait les retrouver mais à cet instant, la seule chose qui comptait pour elle était de les savoir hors d'atteinte.

- Bellatrix a tout de suite compris quels avantages elle pourrait tirer de notre plan, continua le blond. C'est pour ça qu'elle est partie comme si de rien n'était.

- Je ne comprends pas...

- Ils allaient se servir de nous. Ils attendaient patiemment qu'on joue notre mascarade.

- Mais pourquoi ? questionna Hermione dont l'esprit embrumé à cette heure ne parvenait pas à comprendre où il voulait en venir.

- C'est évident ! s'exclama le Serpentard. Une fois que nous aurions fui le manoir comme prévu, Tu-Sais-Qui aurait lancé des Mangemorts à notre poursuite. J'aurais été tué. Quant à toi, tu les aurais conduits droit à Potter.

Hermione eut l'impression qu'une chape de plomb s'abattait soudain sur ses épaules. Le vent sembla se faire plus violent qu'auparavant, émettant des sifflements inquiétants.

- Mais, balbutia-t-elle, je ne sais même pas où il se trouve.

- Ils sont persuadés du contraire. Et puis que tu le saches ou non, tu as plus de chance qu'eux de finir par le retrouver. Tu aurais simplement fait le travail à leur place.

Des larmes de rage et de honte assaillirent les yeux de la jeune fille et étendaient leur territoire jusqu'à ses joues rougies par le froid. Incapable de prononcer le moindre mot, elle se mit à trembler comme une feuille.

- Granger ? murmura le blond.

Seuls des sanglots étouffés lui répondirent.

- Pas la peine de te mettre dans un état pareil, râla-t-il. Nous avons évité le pire.

- Grâce à Pansy, fit-elle remarquer d'une voix faible. Comment ai-je pu être aussi naïve ?

Un silence interminable s'installa dans la clairière baignée par la nuit, seulement troublé par les gémissements d'Hermione qui tentait maladroitement de se calmer. L'idée qu'elle ait failli causer la perte et la mort de son meilleur ami lui était tout bonnement insupportable. Elle se sentait à la fois horrifiée et soulagée.

- Désolé de ne t'avoir rien dit plus tôt, finit par chuchoter Drago.

La jeune fille se remémora comment, après l'avoir sortie de son cachot, le Serpentard l'avait poussée dans les escaliers en lui intimant de courir sans la moindre explication. Elle avait vite compris que quelque chose n'allait pas. Elle avait même deviné que leur plan avait échoué. Terrorisée mais galvanisée par les ordres du blond, elle était montée dans la chambre et avait rassemblé tout ce qui lui tombait sous la main et pouvait leur être utile. Puis elle avait tout jeté en désordre dans le petit sac ensorcelé. Dans la précipitation, elle avait failli oublier le horcruxe. Drago s'était occupé des vivres, et tous deux s'étaient enfui tels des ombres dans la nuit noire. Tout s'était passé à une vitesse irréelle. Ils avaient franchi les grilles ancestrales du manoir comme dans un cauchemar un peu trop tangible, sous une pluie torrentielle. La Gryffondor avait à peine pris conscience de sa liberté nouvelle, tant la peur et le paysage effrayant l'avaient frappée de plein fouet. Pansy les avaient laissé partir sans mot dire, mais Hermione avait pu remarquer les larmes qui marquaient le coin de ses yeux sombres.

- Pansy leur dira sûrement qu'il n'y avait personne au manoir, fit-elle remarquer. Ils vont nous rechercher.

- Je ne pouvais pas lui demander de mentir pour nous.

- Pourquoi est-elle venue te prévenir ?

- Nous sommes amis. Elle a fait ce qu'elle a pu pour moi.

Hermione hocha la tête puis demanda :

- Est-ce qu'elle est…

- Oui.

Elle frissonna. Pansy n'avait que dix-sept ans, tout comme elle. Ses parents l'avaient condamnée à suivre leur voie, peut-être malgré elle. Comment pouvait-on une seule seconde souhaiter que son enfant devienne un meurtrier ? C'était tellement ignoble qu'Hermione sentit de nouvelles larmes ruisseler sur son visage. Un sentiment d'effroi s'empara de la jeune fille car elle n'avait jusqu'à présent pas songé à cet aspect des choses. Elle ne savait comment aborder le sujet avec le jeune homme mais la consternation l'emportait sur le reste.

- Malefoy, sanglota-t-elle.

- Oui ?

- Tes parents allaient laisser les Mangemorts te tuer ?

De longues secondes s'écoulèrent. Craignant d'être allée trop loin, elle finit par murmurer :

- Je suis désolée. Oublie cette...

- Ma mère est morte.

La jeune fille se figea. Ses traits se décomposèrent peu à peu. Horrifiée, elle plaqua lentement ses deux mains sur sa bouche. Ses pleurs avaient cessé instantanément. Elle entraperçut Drago s'assoir et lui faire face. Mortifiée, elle était incapable de dire quoique ce soit. Elle ne remarqua pas qu'il se penchait vers elle et sursauta lorsqu'elle sentit ses doigts se refermer doucement sur ses mains et les détacher de son visage. Puis il lui caressa la joue, essuyant les dernières traces de larmes qui s'y trouvaient.

- Elle a voulu me protéger, expliqua-il d'une voix grave. Bellatrix l'a accusée de traîtrise. Elles ont fini par se battre en duel.

- Sa propre sœur, ne put s'empêcher de suffoquer Hermione.

Elle imagina avec accablement Narcissa faire face à la démente Bellatrix pour empêcher que l'on tuât son fils. Dans ses souvenirs, Narcissa était une grande et belle femme au regard acéré, mais dans cette vision elle lui parut frêle et impuissante. Juste une mère.

- Je suis désolée, murmura Hermione d'un ton calme.

Elle avait compris que Drago ne tenait pas à s'étendre sur le sujet, encore moins à ce qu'elle se mît à pleurer sur son sort. Il semblait accepter la situation avec sérieux, ou plutôt avec résignation et souhaitait qu'elle fasse de même. Peut-être parce qu'il se doutait qu'une chose pareille risquait d'arriver tôt ou tard. Ou peut-être parce qu'il côtoyait des mages noirs depuis trop longtemps. Mais alors qu'elle songeait à changer de sujet, il précisa :

- En ce qui concerne mon père, il est au courant de tout. Il sait le sort que m'a réservé Tu-Sais-Qui mais il est trop lâche pour m'en défendre. Ou bien ça lui est bien égal que je meure.

Hermione observa le silence.

- Je n'avais plus aucun regret de fuir, ajouta-t-il enfin, la voix teintée d'amertume. Je suis libre.

La brune s'autorisa alors à poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis des heures, depuis qu'ils s'étaient enfuis :

- Malefoy, pourquoi m'as-tu emmenée lorsque tu as transplané ? Le Serment t'obligeait juste à ne pas me laisser au manoir. Tu aurais pu m'abandonner une fois qu'on en est sortis.

Tandis qu'elle parlait, la Gryffondor se rappelait du moment où le portail s'était refermé derrière eux dans un crissement abominable. Déroutée, elle s'était rendu compte que sans baguette, elle ignorait totalement comment s'en sortir. C'était alors que, dans la confusion la plus totale, elle avait senti Drago s'emparer de sa main froide et l'aspirer dans un happement familier. Quelques secondes plus tard, ils étaient apparus dans cette forêt sombre et isolée. Ignorant parfaitement l'endroit où ils se trouvaient, Hermione s'était brutalement emparée de la baguette de Drago sans poser de question et les avaient protégés à l'aide des sortilèges qu'elle avait utilisés tant de fois lorsqu'elle voyageait avec Harry et Ron. La nuit menaçante avait fini par tomber. Elle n'avait pas osé demander au Serpentard pour quelle raison il ne l'avait pas tout simplement laissée devant le manoir et disparu au loin comme il l'avait promis tant de fois, jusqu'à cet instant.

Drago observait la jeune fille qui fronçait les sourcils en proie à une profonde réflexion. Ses cheveux bouclés, où le vent jouait, s'éparpillaient en bataille autour de son visage. Le blond repensait aux paroles de Pansy, au moment où elle lui avait annoncé la mort de sa mère et la défection de son père. La fureur qui s'était emparée de lui avait bien failli le consumer tout entier. Une seule lueur lui avait permis de garder ses esprits. Un besoin irrépressible de voir Hermione. C'avait été un besoin presque douloureux que lui-même avait mis du temps à saisir. Lorsqu'il était allé la chercher dans les cachots, l'idée du Serment et de ce qu'il avait juré lui avait à peine effleuré l'esprit. Au moment où ses yeux clairs s'étaient posé sur elle, il avait réalisé qu'elle était tout ce qu'il lui restait. Cette faible adolescente qui souhaitait le sauver de sa vie misérable. L'hébétude avait fait place à la détermination. Il ne voulait pas comprendre pourquoi, il ne voulait même pas se poser la question. Il voulait simplement fuir avec elle et cette évidence avait pris pleine possession de son esprit. A présent, la jeune fille lui demandait pourquoi et il se sentait toujours parfaitement incapable de répondre à cette question.

- Je ne sais pas, répondit-il simplement.

Hermione baissa les yeux.

- Si tu décides de partir, marmonna-t-elle, est-ce que tu pourras au moins me prévenir?

La bouche de Drago se tordit d'un sourire moqueur :

- Si je m'en vais, je n'aurai plus personne sur qui me défouler !

Hermione redressa la tête et lui donna un coup dans l'épaule qu'il ne tenta même pas d'esquiver. Par ce geste, elle cachait le soulagement intense, proche de l'euphorie, qui s'emparait d'elle.

- Nous devrions dormir, dit-elle.

- C'est une plaisanterie ! Qu'est-ce que j'essayais de faire d'après toi avant que tu ne tentes de me rompre les os ?

Hermione ne put s'empêcher de sourire. Elle s'allongea et tourna le dos au Serpentard. Bien que l'image de Narcissa hantât désormais son subconscient, elle se sentait plus apaisée.

- Merci, Malefoy.

Elle ferma les yeux et tenta de vider son esprit du mieux qu'elle le pouvait pour trouver le sommeil. Il fallait à tout prix qu'elle parvienne à reprendre des forces. Mais elle frémit en sentant tout à coup deux mains encercler sa taille avec douceur. Drago la prenait dans ses bras et la serrait contre lui.

- Malefoy ?

- La ferme, Granger.

Elle aurait voulu s'offusquer de son geste inexpliqué mais un sourire inattendu s'étira sur ses lèvres sans qu'elle pût l'en empêcher. Dans les bras du jeune homme, elle avait l'impression d'être en sécurité. Et même si elle savait que c'était loin d'être le cas, cette sensation réconfortante lui permit de s'endormir dans un semblant de sérénité. La clairière inconnue retomba dans le silence de la nuit.