Bonsoir tout le monde ! Bon je crois que vous l'aurez compris, j'ai pas fini de m'excuser pour mes retards de publication... Désolée pour ce gros trou sans nouvelles, pour être parfaitement franche avec vous (oui je vous dis tout et vous allez dire que j'ai toujours une bonne excuse mais bon xD), j'ai vécu récemment une sorte de déception sentimentale et j'avais pas trop la tête ni le cœur à me pencher sur les amours de nos deux sorciers préférés... Bref, on s'y remet ! Je vais poster un chapitre tous les soirs, car je crois qu'on est censé en être au chapitre 30 donc, argh, j'ai comme qui dirait un léger retard...

Je remercie chaleureusement toutes les personnes qui lisent ma fic et qui me lâchent pas ! Merci pour les reviews également qui m'apportent toujours autant de bonheur ! :)

Enjoy ! xoxo


Chapitre 19

Au matin, de faibles lueurs bleutées parsemaient la clairière. Hermione s'éveilla avec douceur, sentant petit à petit le sol dur sous ses membres reprendre ses droits. Un vague instant, elle repensa au modeste confort de la tente qu'elle avait partagée pendant des mois avec Harry et Ron et qui, à présent, lui paraissait un merveilleux et lointain souvenir. Elle ouvrit délicatement les yeux et entendit la respiration lente et profonde de Drago qui semblait toujours endormi. Elle frémit en sentant l'une de ses mains toujours posée sur sa taille. Elle se redressa légèrement sur ses coudes et jeta un regard aux alentours. La clarté de l'aube, bien que faible, rendait les lieux beaucoup plus rassurants et accueillants. Le vent était apparemment tombé durant la nuit et les arbres immobiles arboraient paisiblement leurs feuilles d'un vert éclatant. Contrairement aux environs du manoir Malefoy, la forêt où ils se trouvaient commençait déjà à revêtir des couleurs plus printanières. Cependant, en plissant les yeux, elle décela une légère brume humide et blanche qui planait par endroit dans les tréfonds de la végétation. Cette brume familière qui témoignait de l'hostilité des Détraqueurs et de leur présence rodant partout sur l'Angleterre comme une vague de désespoir. Elle contempla un instant la baguette étincelante qui dépassait de la poche de Drago et ressentit une pincée de jalousie. Sans sa propre baguette, elle se sentait parfaitement impuissante, comme privée de tout ce qui faisait d'elle une sorcière et une Gryffondor. Elle songea à Harry et à la colère qu'il avait éprouvé lorsque sa fidèle baguette avait été brisée en deux à Godric's Hollow à cause du sort qu'avait jeté la jeune fille. Elle en ressentit d'autant plus de culpabilité maintenant qu'elle comprenait ce manque impénétrable.

- Bonjour, marmonna une voix qui la fit bondir de frayeur.

- Par Merlin ! s'écria-t-elle. Ne me refais plus jamais ça !

- Quoi ? la nargua-t-il. Me montrer poli ? Tu devrais être reconnaissante de ma générosité.

Elle lui jeta un regard noir qui eut pour seul effet d'élargir le sourire du Serpentard.

- Qu'est-ce qu'on mange ? demanda-t-il d'un faux air détendu.

- Ce que tu as amené, répliqua-t-elle sans se départir de son air revêche.

Il poussa un soupir et agrippa le sac ensorcelé.

- Accio biscuits, formula-t-il.

Un paquet de gâteaux jaillit du sac tout droit dans sa main gauche. Il l'ouvrit d'un coup de baguette et le tendit à la jeune fille qui en prit un de mauvaise grâce. Elle avait l'estomac légèrement noué par l'anxiété mais se força à mâchonner le biscuit sablé dont les miettes se répandaient sur sa robe noire comme des paillettes dorées.

- Alors, commença Drago d'un ton impérieux, quels sont tes plans ?

- Mes plans ! s'exclama-t-elle d'un air outré.

- Je te signale que je n'en avais qu'un seul. Me faire passer pour mort et refaire ma vie le plus loin possible de cet endroit maudit. Mais comme tu le sais, ce plan se trouve légèrement compromis.

- Ça ne t'empêche pas d'en chercher un nouveau, rétorqua-t-elle avec suspicion.

De nouveau, il soupira comme si ses facultés de compréhension mettaient sa patience à rude épreuve, ce qui eut le don d'agacer sévèrement la Gryffondor.

- Je n'ai aucun endroit où aller, dit-il. Contrairement à toi.

Hermione ne sut que répondre. Elle n'avait aucune idée de la façon dont elle pouvait s'y prendre pour retrouver ses amis mais n'osait le dire à haute voix de peur de blesser le Serpentard qui lui, n'en avait aucun. Du moins aucun vers qui se tourner à présent, à part elle.

- Où sommes-nous ? demanda-t-elle avec douceur.

- Dans la forêt de Northbridge. C'est le premier endroit qui m'est passé par la tête.

- Pour quelle raison ?

Drago haussa les épaules.

- Je n'en sais rien, je venais ici avec ma mère lorsque j'étais très jeune.

- C'est étrange, murmura Hermione. Ce nom me paraît familier.

- Tu l'as probablement lu quelque part, ricana le blond.

- Amusant ! persifla-t-elle.

Le jeune homme lui décocha un sourire en coin et se mit debout. Il étira ses muscles endoloris et se retourna vers Hermione qui l'observait sans même s'en apercevoir. Son regard était vague et elle semblait plongée dans des raisonnements extrêmement lointains. Drago l'observa d'un air soupçonneux :

- Je peux savoir à quoi tu penses ?

- J'ai une idée ! s'exclama-t-elle soudain en se redressant d'un bon.

- Ce n'est pas une raison pour hurler, lui rappela-t-il en jetant un regard anxieux aux sous-bois.

Ces derniers commençaient à s'éclaircir de plus en plus à mesure que le soleil progressait au-dessus de la ligne d'horizon.

- Désolée, murmura Hermione légèrement confuse.

- Ton idée ?

- Ça ne sera pas facile, le prévint-elle avec un sourire embarrassé. Mais je suis convaincue que c'est la meilleure chose à faire en premier lieu.

- Granger... s'impatienta-t-il.

- Nous devons nous procurer une radio, murmura-t-elle.

Le Serpentard fronça les sourcils, assombrissant ses yeux clairs. Quelques mèches blondes folâtraient sur son front pâle et régulier.

- J'imagine, dit-il, ou plutôt j'espère, que tu as une bonne explication.

- Oui, répondit-elle avec un air de défi. Des personnes qui soutiennent Harry ont créé une émission qui passe de temps en temps. Nous en écoutions une peu de temps avant que je ne me fasse enlever. Et je me souviens du prochain mot de passe pour la capter.

- A quoi cela nous avancerait d'entendre des idiots proclamer leur amour aveugle envers Potter ? ne put-il s'empêcher de lancer.

Ce fut au tour d'Hermione de soupirer avec impatience :

- Ils ne font pas que cela. Ils donnent des nouvelles sur ce qu'il se passe. Ce sont les seules véritables informations que nous pouvons espérer avoir depuis que la Gazette du Sorcier et toutes les autres formes de médias sont censurées et corrompues.

- Je ne vois toujours pas en quoi ça nous aiderait.

- Malefoy, déclara Hermione d'un ton ferme, je veux écouter cette émission. On ne peut pas se lancer tête baissée sans avoir un peu plus d'indications sur ce qu'il se passe. Chaque fois que je l'ai fait, ça s'est soldé par une catastrophe.

- J'ai plutôt l'impression que tu espères y entendre Potter et Weasley, marmonna Drago d'un air peu convaincu.

- Non ! répondit Hermione un peu trop brusquement. Je sais bien qu'ils n'y seront pas.

Le Serpentard haussa les épaules. Il entreprit de se défaire de sa robe d'hiver car la température se réchauffait sensiblement. Il était vêtu d'une chemise bleu pâle et d'un pantalon noir qui affinaient sa silhouette altière. Hermione l'imita et découvrit ses vieux vêtements déchirés qu'elle inspecta d'un air découragé.

- Au moins, tu ne crains pas de te salir, railla Drago en remarquant son manège.

- Je ne l'ai jamais craint, du moment que ça en vaut la peine, rétorqua la jeune fille piquée au vif.

- C'est parce que tu n'as jamais eu la classe des Serpentards !

- Ou leur lâcheté, marmonna-t-elle en se retournant pour ramasser son sac.

Elle sentit brusquement qu'il lui attrapait les bras et les rabattait dans son dos. Elle tenta de se dégager mais il avait une poigne de fer. Alors qu'elle s'apprêtait à l'insulter vertement, elle sentit le souffle du jeune homme dans son cou.

- On peut être fort sans se salir les mains, Granger, murmura-t-il à son oreille d'un ton dégagé.

- Oui, car votre spécialité est d'envoyer quelqu'un faire les choses à votre place, ne put-elle s'empêcher de répliquer.

Elle sentit la poigne du jeune homme se resserrer légèrement et son souffle un peu plus proche.

- Attention à ce que tu dis, Granger.

Hermione se raidit légèrement mais sentait qu'il souriait malgré ses paroles pleines d'intimidation.

- Sinon quoi ?

Il la retourna brusquement face à lui et la plaqua contre son torse. Impuissante, elle le défia du regard. Elle s'attendait à ce qu'il la menaçât de nouveau mais il rapprocha lentement son visage du sien et déposa ses lèvres sur les siennes. Son baiser était si doux et appliqué qu'elle avait la sensation que son corps se liquéfiait comme un cube de glace brusquement soumis à la chaleur du feu. Elle était furieuse contre elle-même mais ne pouvait s'empêcher de ressentir un plaisir intense qui parcourait sa peau à une vitesse beaucoup trop rapide à son goût. Avec un effort considérable, elle se dégagea de l'étreinte du Serpentard.

- Tu dois arrêter ça, Malefoy ! s'exclama-t-elle en reculant de quelques pas.

Il haussa un sourcil sceptique :

- Ne prétends pas que ça te déplaît, Granger.

- C'est justement pour ça que tu dois arrêter, murmura-t-elle en sentant ses joues prendre une teinte rouge brique.

- Nous sommes coincés ensemble non ? Autant joindre l'utile à l'agréable.

Il s'approcha d'elle de quelques pas mais Hermione recula de nouveau en conséquence et serra les poings.

- Je... balbutia-t-elle. Je ne sais plus où j'en suis. J'étais censée te détester.

- Censée ?

- Ça fait plusieurs fois que je te laisse m'embrasser, Malefoy ! s'emporta-t-elle. Je ne peux plus prétendre te haïr comme avant. Mais je n'arrive pas à définir...

Drago croisa nonchalamment les bras comme si cette discussion l'indifférait totalement.

- Qu'est-ce que tu attends de moi ? demanda-t-elle en relevant timidement le regard.

Pris de cours, le jeune homme sembla perdre un instant son assurance. Son visage se durcit l'espace de quelques secondes qui parurent beaucoup plus longues à Hermione. Elle avait l'impression de se recroqueviller sur place à mesure qu'il la regardait de plus en plus intensément.

Mais brusquement et contre toute attente, son visage se tordit dans une grimace. Il poussa un cri de souffrance et s'agenouilla sur le sol. Hermione mit quelques secondes avant de réagir et se précipiter vers lui. Lorsqu'elle s'accroupit à ses côtés, elle remarqua qu'il se tenait le bras gauche avec fermeté. Elle comprit instantanément de quoi il s'agissait :

- C'est la marque ? s'enquit-elle d'une voix qui tremblait légèrement.

Il acquiesça d'un signe de tête, les traits plissés par une grimace de douleur.

- Dis-moi ce que je peux faire, supplia-t-elle.

- Il n'y a rien à faire, murmura-t-il d'une voix faible. Il nous appelle. Je dois attendre que ça passe.

- Tu n'es pas obligé d'y aller, n'est-ce pas ? questionna-t-elle en sentant ses membres se contracter de peur.

Il secoua négativement la tête.

- Une fois qu'ils seront tous arrivés, expliqua-t-il, la douleur s'en ira.

Elle posa une main sur son dos et caressa le tissu bleu avec douceur. Elle sentit qu'il se détendait légèrement. De longues minutes s'écoulèrent dans un silence rigide, accentué par le calme de la forêt qui rendait Hermione plus anxieuse encore que si elle avait pu entendre le moindre bruit. Drago finit par relâcher la prise sur son bras et son visage s'apaisa progressivement.

- C'est terminé, annonça-t-il.

Hermione soupira de soulagement. Elle attrapa son sac et fouilla à l'intérieur. Elle en retira un petit gobelet qu'elle tendit au jeune homme.

- Aguamenti, prononça-t-il après s'être saisi de sa baguette.

Une eau claire et fraîche emplit le verre qu'il vida d'un trait.

- Merci, dit-il en s'essuyant les lèvres et en rendant le gobelet à Hermione qui le fourra de nouveau au fond de la besace.

Il se remit debout avec difficulté, imité par Hermione qui passa le sac par-dessus son épaule. Elle ramassa les deux capes noires et les rangea à l'intérieur.

- Est-ce qu'il y a un village près d'ici ? s'enquit-elle après y avoir ajouté le paquet de biscuits entamé.

- Oui, celui de Northbridge.

Hermione éprouva de nouveau une intense frustration. Elle était persuadée que ce nom lui était familier mais ne parvenait pas à comprendre pourquoi :

- Est-ce qu'il a quelque chose de particulier ? C'est un village de sorciers ?

- Pas que je sache, répondit Drago d'un air indifférent.

- Pourquoi venais-tu ici lorsque tu étais jeune ? Ça ne ressemble pas au genre d'endroit que pourraient fréquenter tes parents.

- Tu es trop curieuse, Granger. Mais puisque tu tiens à le savoir, ma mère m'emmenait ici secrètement. Il y avait un petit terrain de jeu à l'orée de la forêt.

Il sembla se plonger un instant dans ses souvenirs, le regard perdu dans le lointain. Hermione se demanda avec une curiosité soutenue ce qui avait bien pu pousser la fière et riche Narcissa Malefoy à emmener son fils jouer sur un vulgaire terrain de jeu moldu. Cela lui paraissait tellement improbable que l'image en devenait presque grotesque.

- Je te l'ai dit, finit par lancer Drago comme s'il avait lu dans ses pensées. Ça remonte à loin et je n'ai jamais demandé à ma mère pour quelle raison elle venait ici avec moi. J'imagine qu'elle cherchait un peu de solitude.

Hermione acquiesça d'un hochement de tête, bien qu'elle trouvât l'explication plus que douteuse et insatisfaisante.

- Allons-y.

- Tu espères toujours trouver une radio dans ce village ? marmonna le blond.

- Mon plan est simple, répliqua-t-elle. Dès que nous aurons annulé les sortilèges de protection, tu nous feras transplaner le plus près possible du village. Nous les remettrons aussitôt en place et je m'y rendrai seule sous la cape d'invisibilité.

- Tu espères sans doute que je vais te laisser faire ça ? questionna-t-il d'un ton cassant.

- Je ne t'ai pas demandé ton autorisation.

Il lui attrapa le poignet et la tira vers lui.

- Granger, lorsque j'ai accepté d'entreprendre cette amusante expédition avec toi, je n'ai jamais spécifié que je me plierais à toutes tes excentricités !

- Tu ne craindras rien ! s'exclama-t-elle.

- Ce n'est pas le problème ! Je ne tiens pas à ce qu'il t'arrive quelque chose !

Hermione sentit sa peau frissonner là où le Serpentard la tenait fermement. Cependant, elle soutint son regard avec autant de supériorité :

- Tu m'as demandé de trouver un plan n'est-ce pas ? Je n'ai pas d'autre option !

Il lui jeta un regard noir et lâcha son poignet d'un geste brusque. Les arbres autour d'eux furent secoués par une légère brise qui s'évanouit aussitôt.

- Je compte jusqu'à trois, dit-elle en lui prenant le bras. Un, deux... Trois !

D'un coup de baguette, Drago annula les sortilèges. Hermione ressentit une intense appréhension mais n'eut pas le temps de s'en préoccuper. Ils transplanèrent dans un CRAC ! sonore dont les échos se répandirent parmi les arbres.