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Chapitre 20
Le paysage avait tout juste eu le temps de se constituer devant les yeux plissés d'Hermione que déjà Drago lançait à tout va des sortilèges de protection. Affolée, elle lui prit la baguette des mains, soulevant les protestations véhémentes du Serpentard. Elle l'ignora et s'appliqua à lancer elle-même les sortilèges dans un ordre précis, prenant garde de n'en oublier aucun. Lorsqu'elle eut terminé, elle poussa un soupir de soulagement et tendit sa baguette à Drago. Ce dernier l'observait les bras croisés, d'un air passablement vexé et mécontent.
- Désolée, s'excusa-t-elle, mais je devais faire vite. J'ai fait ça pendant des mois. Je connais tous les sortilèges par cœur et la façon optimale de les lancer pour avoir la meilleure protection possible.
- Je connais les sortilèges de protection ! s'entêta le blond d'un air méprisant.
- Ce n'est pas le moment de nous disputer, Malefoy.
Il garda un air renfrogné mais observa néanmoins le silence. Hermione jeta un regard aux alentours. Ils se trouvaient à présent à l'orée de la forêt, masqués par d'épais fourrés. La jeune fille se pencha pour observer à travers le feuillage. Elle remarqua aussitôt que Drago les avait transportés tous deux à proximité du petit terrain de jeux dont il lui avait parlé. En l'examinant, Hermione se sentit de nouveau incrédule. Il s'agissait d'une zone sablée d'une vingtaine de mètres carrés, au milieu de laquelle trônait un petit complexe de jeux pour enfants. Quelques bancs isolés entouraient ce maigre divertissement, probablement à l'attention des parents veillant patiemment sur leurs enfants durant leurs amusements. La Gryffondor se figura Narcissa Malefoy, assise sur l'un de ces bancs. Elle évoqua ensuite un petit garçon pâle aux cheveux blonds, glissant sur le toboggan rouge. Elle ne put s'empêcher de l'imaginer ensuite courant vers sa mère, le front déjà hautain pour son jeune âge, déclarant d'un ton impérieux que ces jeux pour moldus ne l'amusaient guère et qu'il préférait rentrer pour retrouver son balai. Cette image lui arracha un sourire.
- Je peux savoir ce qui t'amuse ? marmonna le Drago adolescent, la tirant subitement de ses rêveries.
- Rien du tout, répondit-elle un peu trop précipitamment.
- Tu ne sais pas mentir, Granger.
- Rien d'important, rectifia-t-elle.
- Toujours décidée à te lancer dans cette mission suicide ?
- Oui.
- Et depuis quand exactement les radios moldues sont aptes à capter la chaîne des sorciers ?
Hermione se sentit rougir légèrement mais répondit d'un air qui se voulait nonchalant :
- Un jour, Monsieur Weasley m'a montré comment s'y prendre.
- J'aurais dû m'en douter de la part d'un amoureux des Moldus, railla le blond.
Ignorant ses sarcasmes, elle lui prit la baguette des mains.
- Granger, je te préviens, si tu continues à faire ça, je vais...
- Accio cape.
Le tissu vola aussitôt du sac dans les mains d'Hermione.
- Quoiqu'il arrive, reste où tu es, ordonna-t-elle. J'aurais préféré que nous y allions ensemble mais la cape n'est pas assez grande pour ça.
Drago serrait les poings et semblait contenir une colère peu engageante. Elle le remarqua mais fit comme si de rien n'était et s'entoura de la cape d'invisibilité.
- Ça fonctionne toujours ? s'enquit-elle par précaution.
- Comme un charme, répondit-il d'un air narquois mais résigné.
- Si je ne suis pas de retour d'ici la fin de la matinée...
- Je te retrouverai moi-même pour te tordre le cou.
Cette remarque fit sourire la Gryffondor. Jusqu'au moment où elle remarqua que malgré la cape qui la rendait invisible, Drago la fixait droit dans les yeux.
- Tu... bredouilla-t-elle en réprimant un frisson. Tu es sûr qu'elle marche, n'est-ce pas ?
Il ne répondit pas mais lui lança un sourire satisfait. Furieuse, elle s'éloigna à pas vifs et traversa les bosquets en prenant garde de ne pas déchirer la cape. Cette cape qu'elle maudissait d'être trop petite pour qu'ils puissent risquer de se cacher à deux sous ses pans. Elle serrait si fort la baguette qu'elle la sentait lui brûler la peau. Elle ne put s'empêcher de ressentir de l'inquiétude à l'idée d'abandonner le Serpentard sans son arme. Mais elle se rassura en songeant que les sortilèges de protection étaient parfaitement fiables et qu'elle ne prendrait pas de risques inconsidérés afin de le retrouver le plus vite possible.
Le village de Northbridge, dont les premières maisons se dressaient en bordure du terrain de jeux, était une petite bourgade tout à fait ordinaire. Lorsqu'Hermione se retrouva en pleine rue, elle eut aussitôt le sentiment de pénétrer dans un monde qui n'était pas le sien. Ou du moins qui ne l'était plus depuis bien longtemps. Des moldus affairés marchaient sur le trottoir d'un pas vif et la jeune fille dut s'écarter à plusieurs reprises afin de ne pas être percutée. Un homme en costume qui courait presque la frôla en consultant sa montre d'un air anxieux. Durant quelques secondes, elle se demanda vaguement quelle folie l'avait poussée à faire cela. Une vague de nostalgie s'empara d'elle. Les moldus vaquaient à leur occupation, bien loin de l'inquiétude des sorciers, des drames chaque jours plus nombreux et de la menace qui pesait sur eux.
La Gryffondor erra le long du trottoir, cherchant désespérément une raison pour renoncer à son idée. Mais elle n'en trouvait aucune et dut finalement se résigner à mettre son plan à exécution. Elle choisit une villa au hasard, celle qui se trouvait sur sa droite, et remonta d'un pas décidé l'allée de gravier qui s'étendait jusqu'à la porte d'entrée. La maison était de couleur blanche et ses volets bleus rappelaient à leur façon l'éclat du ciel les jours de beau temps. Hermione se déplaça sans bruit jusqu'à une fenêtre et colla son visage contre les carreaux. Rien ne semblait bouger à l'intérieur. Prenant son courage à deux mains, elle s'approcha de la porte surplombée d'une marquise en fer forgé.
- Alohomora.
Le loquet de la porte cliqueta dans un bruit étouffé. Hermione tendit l'oreille et patienta. Comme rien ne se produisait et qu'elle n'entendait pas le moindre bruit provenir de l'intérieur, elle poussa la porte du bout des doigts, à travers la cape qu'elle maintenait fermement de sa main gauche, et pénétra dans le vestibule. Marchant sur la pointe des pieds, elle examina aussitôt les lieux. Un porte-manteau vide trônait à côté de la porte. Hermione en ressentit une pointe de soulagement. Cela signifiait peut-être que tous les occupants avaient quitté la maison. Dans le mur de droite, une large ouverture en forme d'arcade se découpait. La jeune fille s'y dirigea et se retrouva dans ce qui paraissait être le salon de cette famille inconnue. Elle se sentit coupable de pénétrer ainsi dans l'intimité de ces gens, mais se ressaisit du mieux qu'elle put. Sans perdre une seconde, elle inspecta la pièce de son regard aiguisé. Elle repéra instantanément ce qu'elle cherchait. Dans un coin, posée à même le sol devant une large fenêtre, se trouvait une chaîne hi-fi. La Gryffondor se précipita vers elle, mais réalisa bien vite qu'elle ne pouvait l'emporter avec elle. Elle était beaucoup trop imposante et de bien trop grande valeur pour qu'elle pût s'en emparer sans scrupule.
Elle songeait à Drago qui l'attendait dans les sous-bois et ne pouvait s'empêcher d'être terrifiée à l'idée qu'il lui arrivât quelque chose. En partie car elle serait la seule fautive. Et pour une autre raison plus obscure qu'elle n'avait plus envie de chercher à taire. Faisant volte-face, elle retourna dans le hall d'entrée et se précipita dans les escaliers de bois qu'elle prit garde de ne pas faire craquer. Arrivée sur le palier, elle constata qu'il desservait quatre portes, dont une était entrouverte. A nouveau, la jeune fille guetta le moindre bruit qui aurait pu provenir de l'une de ces pièces. Comme elle n'entendait strictement rien, elle s'avança prudemment vers la première porte et l'ouvrit avec la plus grande délicatesse. Elle jeta un rapide coup d'œil à l'intérieur, assez pour voir une petite salle-de-bain reluisante de propreté. La deuxième porte n'apporta pas plus de satisfaction à Hermione car il s'agissait d'un placard empli de dizaines de paires de chaussures. La troisième porte était une chambre. Elle n'hésita pas et pénétra à l'intérieur.
Les murs aux tons rosés, les posters de divers chanteurs connus dans le monde des moldus et les photos accrochées au mur laissaient à penser qu'il s'agissait de la chambre d'une adolescente. Le cœur d'Hermione se mit à palpiter plus vite. C'était l'endroit parfait pour trouver ce qu'elle cherchait. Elle s'avança au milieu de la pièce et la parcourut des yeux. Mais elle était si mal rangée qu'elle dut s'approcher des meubles à de nombreuses reprises pour les inspecter de plus près. Au bout de longues minutes, bien trop interminables, elle ouvrit un placard dans un dernier espoir. Sur l'étagère du milieu, elle découvrit enfin une microchaîne légèrement poussiéreuse. Hermione hésita quelques secondes, puis la prit entre ses mains et la glissa sous la cape en direction de la besace qui sembla l'aspirer comme dans un petit trou noir.
- Il y a quelqu'un ?
Hermione sentit son sang se glacer dans ses veines lorsqu'elle entendit la voix de femme provenant des escaliers. Ses membres se raidirent et elle dut se faire violence pour se retourner vers la porte qui demeurait pour l'instant immobile. Elle tâcha d'en faire autant mais son cœur battait si fort qu'elle avait le sentiment que toute l'Angleterre devait l'entendre. Enfin, la porte blanche se mit à grincer légèrement et le battant bougea de quelques centimètres. La Gryffondor réalisa soudain la présence de la baguette entre ses doigts tremblants et un sentiment de soulagement s'empara d'elle et lui coupa le souffle. Dans un craquement sonore qu'elle regrettait amèrement, elle transplana.
Drago se trouvait assis dans l'herbe et en déchiquetait certaines brindilles entre ses doigts fins. Il paraissait au comble de la fureur et fronçait les sourcils avec tellement d'intensité que ses yeux gris en paraissaient plus foncés qu'à l'ordinaire. Lorsqu'Hermione pénétra dans le champ de protection, il l'entendit aussitôt et se redressa avec méfiance. La jeune fille ôta instantanément la cape afin de le rassurer.
- Tu as été rapide, fit-il remarquer d'un ton un peu froid.
- Tous les moldus possèdent une radio, se justifia-t-elle.
Drago observait Hermione tandis qu'un combat épique se livrait dans son esprit. Une part de lui-même avait envie de lui hurler dessus, tandis que l'autre désirait la prendre dans ses bras et ne plus jamais la lâcher d'un centimètre. Elle sembla le remarquer car elle lui jeta un regard interrogateur.
- Tu as l'air bizarre, s'inquiéta-t-elle.
- Ça va très bien, répliqua-t-il. Ce n'est pas comme si je venais de passer une demi-heure assis dans ma bulle à me demander si oui ou non je te reverrais un jour !
- Je t'avais dit qu'il n'y avait rien à craindre !
- Tu crois franchement que ce genre de choses me rassure ?
Hermione ne répondit pas, se bornant à le fixer d'un air furieux.
- Excuse-moi d'essayer de nous sortir de ce pétrin ! s'énerva-t-elle.
Il allait répliquer mais elle paraissait si blessée qu'il se radoucit légèrement.
- Comment ça s'est passé ? demanda-t-il d'une voix qui se voulait plus calme.
- J'ai dû effrayer toute la maisonnée. Ils vont penser que des voleurs se sont introduits chez eux.
- Quelle importance ?
- En tout cas, poursuivit-elle en ignorant son intervention, je crois qu'ils ne parviendront jamais à s'expliquer pourquoi un voleur s'est contenté d'une vieille et minuscule chaîne hi-fi.
- Tu peux répéter ?
- Une chaîne hi-fi, dit-elle. C'est une radio pour les moldus.
- Et comment marche exactement une chenifi ?
- Je vais te montrer.
Hermione passa le petit sac par-dessus son épaule et le posa dans l'herbe.
- Accio poste.
A peine eut-elle récupéré l'objet que Drago lui retira la baguette des mains d'un geste possessif. Hermione haussa les sourcils comme si elle avait affaire à un enfant particulièrement puéril, ce qui agaça vigoureusement le Serpentard. Il observa alors avec incrédulité ce que la jeune fille tenait entre ses mains.
- Les moldus sont vraiment vulgaires, ne put-il s'empêcher de marmonner entre ses dents.
- Malefoy, tu vas te taire une bonne fois pour toute et me rendre la baguette. J'en ai encore besoin.
De mauvaise grâce, Drago tendit sa baguette à Hermione qui la pointa en direction du poste.
- Auscultus Sortarius, prononça-t-elle distinctement.
- Qu'est-ce que c'est que cette formule ? s'indigna Drago d'un air méprisant.
- C'est celle que Monsieur Weasley a mis au point pour permettre aux radios moldus de capter celle de notre monde.
- Quelle perte de temps !
- Ça s'avère très utile, rétorqua Hermione. Il me l'a montré pour que je puisse le faire chez moi lorsque j'étais en vacances. Mes parents étaient ravis d'entendre notre radio et...
Mais elle s'interrompit. Les paroles étaient douloureusement restées coincées dans sa gorge. Drago la regarda un instant et lorsqu'il comprit qu'elle luttait contre les larmes, il posa une main sur la sienne et la serra doucement.
- Et maintenant, dit-il pour détourner la conversation, qu'est-ce qu'on doit faire ?
- Maintenant, répondit-elle d'une voix faible, on essaye de capter Potterveille.
Drago réprima une remarque sarcastique et acquiesça d'un signe de tête.
- Je dois chercher la fréquence et répéter le mot de passe jusqu'à ce qu'on tombe dessus. C'est assez long mais lorsqu'on l'entend...
De nouveau, elle ne termina pas sa phrase et le jeune homme l'encouragea d'un regard curieux et éloquent.
- Ça réchauffe le cœur d'entendre des amis, dit-elle d'une voix plus douce qui surprit Drago.
Un instant, il eut la sensation de ressentir de la jalousie car le visage d'Hermione s'était également radouci à l'évocation de ses amis. Avec lui, elle paraissait constamment contrariée ou, pire, peinée. Il baissa le regard, furieux de se laisser attendrir de la sorte.
La matinée se déroula dans un silence pesant, seulement troublé par la voix d'Hermione qui répétait "Fol'Oeil" à s'en donner la migraine, tout en tapotant d'un geste décidé le poste radio avec la baguette. Drago, quant à lui, faisait de son mieux pour garder son calme mais conservait ses doutes quant à l'utilité réelle de cette opération. Doutes renforcés par l'agacement que constituait pour lui les serinages de la jeune fille.
- Tu comptes rester plantée là jusqu'à ce que tu tires quelque chose de cet appareil ? Si ça se trouve, la formule n'a même pas fonctionné, ou bien l'émission n'existe plus !
- La formule est parfaite, répliqua Hermione en lui jetant un regard noir. Et l'émission existe, il faut juste être patient.
- Oui et bien justement, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, la patience n'est pas mon fort.
- Difficile de ne pas s'en rendre compte.
- Ça fait des heures qu'on reste immobiles à attendre !
- Tu n'imagines pas le nombre de jours que j'ai passé immobile à attendre ces derniers temps.
Drago se renfrogna.
- Quand j'ai dit que je te suivrais, bougonna-t-il, je pensais que tu avais un plan.
Les bruits de tapotement de la baguette cessèrent brusquement. Drago releva les yeux vers la jeune fille et constata qu'elle le regardait fixement, son visage pâlissant à vue d'œil.
- Qu'est-ce qui t'arrive à présent ? demanda-t-il avec une franche curiosité.
Contre toute attente, il vit des larmes ruisseler soudainement sur les joues de la Gryffondor. Effaré, il s'écria :
- Qu'est-ce qui te prend à la fin ? Tu ne vas pas recommencer !
- Je suis désolée, sanglota-t-elle en enfouissant son visage dans ses mains tremblantes. Pardonne-moi.
Le Serpentard aurait souhaité se mettre en colère, mais il avait beau se faire violence, seule l'inquiétude envahissait son esprit. Incapable de se retenir davantage, il se leva et s'accroupit aux côtés d'Hermione qui respirait de grandes bouffées d'air dans une mince tentative de calmer ses pleurs. Drago la força à dégager son visage de ses mains et la regarda droit dans les yeux :
- C'est à cause de ce que j'ai dit ?
Elle hocha silencieusement la tête.
- Je suis désolé, soupira-t-il en s'asseyant.
Il sentit les mains d'Hermione s'agripper à sa chemise. Elle posa la tête sur son épaule et serra le tissu avec une violence insoupçonnée.
- Granger ?
- Ne t'en vas pas, murmura-t-elle d'une voix tout juste audible.
- Quoi ? s'exclama le blond, incrédule.
- Ne t'en vas pas, répéta-t-elle un peu plus fort, je t'en prie.
- Tu peux m'expliquer pour quelle raison je partirais subitement ? Je croyais t'avoir dit que ce n'était pas mon intention.
- Il me l'avait juré, lui aussi.
Hermione se sentait terriblement coupable de pleurer de nouveau devant le jeune homme mais la douleur qui l'avait frappée était telle qu'elle n'avait pu se retenir. Sans le vouloir, il avait prononcé les paroles exactes que Ron avait adressées à Harry le jour où il en avait eu assez de convoler sans résultat et où il les avait abandonnés.
Drago, lui, se demandait vaguement ce qu'elle entendait par là mais comprit bien vite qu'elle se parlait plutôt à elle-même. Soucieux de ne pas la tourmenter davantage, il garda le silence et la prit doucement dans ses bras.
- Je ne te quitterai pas, promit-il.
- Parce que tu n'as nulle part où aller, ne put-elle s'empêcher de faire remarquer d'un ton amer.
- Si tout se passe bien, je vais me retrouver au milieu de tes amis et des membres de l'Ordre du Phénix. Je ne sais pas ce qui est le plus dangereux pour moi, répliqua-t-il d'un ton sarcastique.
Hermione sourit à travers ses larmes. Elle sentait son cœur se réchauffer à une vitesse démesurée. Drago la serrait contre lui avec douceur et lui caressait les cheveux. Peu à peu, ses pleurs se calmèrent, puis cessèrent définitivement.
- Tu as détruit ma chemise, fit remarquer le Serpentard avec un air de dédain.
Les traces des larmes de la jeune fille parsemaient le tissu bleu au niveau de son épaule. A la fois furieuse et honteuse, elle s'écarta de lui brusquement.
- Tu es vraiment... grommela-t-elle entre ses dents.
- Je sais, la coupa-t-il d'un air narquois. Tu devrais peut-être retourner à tes occupations, l'émission ne va pas se capter toute seule.
Hermione se saisit de la baguette et la lui jeta en pleine figure.
- Tu vas le regretter ! s'exclama le Serpentard.
Mais la jeune fille s'était déjà relevée et s'était réfugiée le plus loin possible de lui.
- Dommage que tu ne puisses pas aller plus loin, fit remarquer Drago d'un air sadique.
Hermione ne put s'empêcher de pouffer de rire en tentant de lui échapper mais il la rattrapa en quelques secondes et l'enserra entre ses bras.
- Et maintenant ? questionna-t-elle avec un air de défi. Tu vas encore m'embrasser ? J'en tremble.
- Ne fais pas la maligne, Granger !
- A la réflexion, ironisa-t-elle, m'embrasser est bien la pire torture que tu puisses m'infliger.
Drago haussa un sourcil sceptique et approcha son visage du sien. La brune se pencha en arrière pour l'éviter, si bien qu'elle démasqua le terrain de jeux qui se profilait derrière eux, à moitié caché par les buissons. Le jeune homme remarqua alors une silhouette et eut la sensation que son cœur manquait plusieurs battements. Voyant son expression terrifiée, Hermione se redressa d'un air inquiet.
- Quoi ? demanda-t-elle en sentant des frissons d'angoisse parcourir son dos.
D'un geste de la main, Drago lui fit signe de regarder derrière elle. Elle sentit qu'il relâchait son étreinte et se retourna brusquement. Son corps se figea comme si un courant d'air glacé l'avait traversé.
Aux abords du petit terrain de jeux, assise sur un banc à la peinture craquelée, se tenait Bellatrix Lestrange.
