Qui a hâte de Fantastic Beasts 2 ?! \o/

J'espère que la suite vous plaira :)

Enjoy :3


Chapitre 22

Pour la seconde fois, Hermione traversa les fourrés qui bordaient la clairière. Elle ressentit des frissons parcourir son épiderme lorsqu'elle sortit du champ de protection des sorts qu'elle avait lancé. Elle s'avança lentement, consciente qu'elle ne devait pas faire le moindre bruit avant d'être arrivée à proximité de la femme assise sur le banc. Cela arriva beaucoup trop vite à son goût. Elle n'était bientôt plus qu'à un ou deux mètres d'elle et son cœur battait à lui rompre les côtes. De près, la différence entre elle et Bellatrix lui apparut plus évidente. Cela la rassura momentanément. Mais elle se demandait à présent par quel moyen elle pouvait l'aborder sans risquer de l'effrayer.

Elle songea tout d'abord à ôter la cape. Mais Andromeda, s'il s'agissait effectivement d'elle, risquait d'être effrayée et de lui jeter un sort dangereux. Les deux sorcières ne se connaissaient pas. Elles ne s'étaient même jamais rencontrées et Hermione doutait que la mère de Nymphadora sache à quoi elle ressemblait.

Elle s'approcha un peu plus, à pas de loups. Lorsqu'elle fut tout près du banc, elle se sentit trembler de tous ses membres. Elle devait prendre une décision à tout prix. Mais la peur de s'être trompée sur le compte de l'inconnue la paralysait plus qu'elle ne l'aurait pensé.

- Qui que vous soyez, montrez-vous, ordonna brusquement la femme en posant une main sur sa poche.

Son regard lointain n'avait pas bougé mais s'était fait plus intense. Hermione crut que ses jambes allaient se dérober. Sans doute avait-elle été trahie par le bruit de ses pas dans l'herbe qu'elle avait maladroitement tenté d'étouffer dans le silence parfait qui régnait autour d'elles. La jeune fille rassembla son courage et s'assit délicatement sur le rebord du banc.

- Andromeda Tonks ? murmura-t-elle d'une voix à peine audible.

L'interpellée se leva brusquement et sortit une baguette de sa poche. Elle la tendit en direction du banc, cherchant des yeux la personne qui avait prononcé ces mots.

- Attendez ! s'exclama Hermione. Je suis désarmée.

- Prouvez-le ! s'exclama la sorcière d'une voix dure. Qui êtes-vous ?

La Gryffondor comprit qu'elle ne pouvait pas se cacher davantage. D'un geste tremblant, elle fit doucement glisser la cape le long de ses épaules. La femme avait un air surpris et méfiant.

- Vous êtes Andromeda Tonks, n'est-ce pas ? murmura de nouveau Hermione en la fixant droit dans les yeux.

- Qui êtes-vous ? répéta-t-elle sans cesser de pointer sa baguette vers la jeune fille.

- Je suis... Hermione Granger.

Andromeda baissa son arme l'espace d'une seconde, puis la redressa vivement.

- Hermione Granger ? murmura-t-elle. Vous êtes une amie de ma fille. Et d'Harry Potter.

- Oui c'est ça, acquiesça-t-elle sans oser sourire.

- C'est impossible ! s'écria-t-elle brusquement. Hermione Granger a été enlevée par des rafleurs ! Stupe...

- Expelliarmus !

La baguette d'Andromeda lui échappa des mains et virevolta dans les airs pour atterrir devant Drago, qui s'en saisit aussitôt. Il avait surgi de la clairière et s'avançait désormais d'un air menaçant vers la sorcière qui l'observait les yeux écarquillés.

- C'est... balbutia-t-elle. C'est impossible !

- Je crois que nous nous connaissons, dit-il.

Hermione observait la scène avec impuissance. Ses ongles s'enfonçaient dans le bois humide du banc. Andromeda ne cessait de dévisager le nouveau venu.

- Drago, souffla-t-elle.

- Malefoy, murmura Hermione, tu peux baisser ta baguette. Tu l'as désarmée, c'est inutile de l'effrayer. Nous sommes là pour lui demander de l'aide.

Drago jeta un regard en direction de la jeune fille. Elle paraissait effrayée.

- Elle allait t'attaquer, répliqua-t-il en se rapprochant d'elle.

- J'aurais fait la même chose à sa place. S'il-te-plaît, baisse-la.

Il la dévisagea d'un air méfiant puis laissa retomber son bras. Hermione se leva doucement, les jambes tremblantes :

- Madame Tonks...

L'interpellée cessa enfin de fixer Drago pour tourner son regard d'ébène vers la Gryffondor.

- Nous sommes en danger, tenta de lui expliquer Hermione. Nous avons fui les Mangemorts. Ils sont probablement à notre recherche.

La femme se redressa légèrement et la dévisagea d'un air hautain.

- Je n'y crois pas, déclara-t-elle d'un ton ferme. Pour la simple et bonne raison qu'il fait partie des Mangemorts !

Elle pointa un doigt accusateur en direction du Serpentard. Une haine incontrôlable semblait se peindre sur ses traits tirés.

- Votre neveu... ânonna Hermione. Il les a fuis également. Il est de notre côté désormais.

La jeune fille sentit que Drago avait tiqué à cette dernière affirmation mais fit comme si de rien n'était.

- La dernière fois que nous avons cru au revirement d'un Mangemort, Dumbledore est mort ! s'exclama Andromeda. Ce n'est pas parce qu'il est le fils de ma sœur que cela y changera quoique ce soit !

- Votre sœur est morte ! cracha le blond.

Un silence pesant tomba sur le terrain de jeu. Les trois sorciers s'étaient soudain figés dans une immobilité parfaite. Quiconque les aurait aperçus ainsi les auraient pris pour des statues de cire particulièrement bien réalisées. Fort heureusement, aucun moldu ne semblait s'être aventuré dans les alentours. Il était encore trop tôt. Une larme furtive glissa sur la joue pâle d'Andromeda et se perdit dans une des boucles brunes qui encadraient son visage.

- Cissy, souffla-t-elle. Comment...

Hermione baissa les yeux mais sentit son cœur redoubler de vitesse en songeant à quel point ils étaient exposés à n'importe quelle attaque. Les Mangemorts pouvaient les retrouver à tout moment. Il fallait faire vite.

- Ecoutez, ordonna-t-elle en serrant les poings. Je comprends que vous aillez beaucoup de choses à vous dire tous les deux. Mais ce n'est vraiment ni le lieu ni le moment.

- Granger, tu...

- Tais-toi ! Rends-lui sa baguette. Et donne-lui la tienne par la même occasion.

- C'est une plaisanterie ! s'exclama le blond en les masquant puérilement derrière son dos.

- Malefoy, nous sommes en danger ! s'impatienta Hermione. Nous n'avons pas le temps de nous expliquer ! Elle doit à tout prix nous conduire en lieu sûr. Mais elle ne nous fait pas confiance et tu ne peux pas lui en vouloir vu les circonstances.

- Elle pourrait faire un effort !

- Cesse d'être de mauvaise foi ! s'écria-t-elle tout en se rapprochant de lui.

- Et toi arrête de me donner des ordres ! répliqua-t-il d'un air furieux.

Ils étaient à présent si proches l'un de l'autre que leurs nez se touchaient presque. Ils s'affrontaient du regard et Hermione avait conscience que chaque seconde qui s'écoulait rendait la situation de plus en plus risquée. D'un geste sec, elle lui arracha les baguettes des mains et, avant qu'il n'ait pu avoir une quelconque réaction, elle les tendit à Andromeda. Celle-ci les observait sans mot dire, une expression inquiète mais résolue sur le visage.

- Vous n'avez plus rien à craindre désormais, lui dit Hermione. Ligotez-nous, bâillonnez-nous si c'est ce que vous voulez mais je vous en prie, emmenez-nous. Nous pourrons nous expliquer ensuite.

- Et puis quoi encore ? s'exclama le Serpentard d'un air parfaitement indigné. Tu ne voudrais pas qu'elle nous stupéfixie tant qu'on y est !

- Cette jeune fille est bien plus intelligente que toi, Drago, déclara Andromeda en le toisant du regard, tout en récupérant les deux baguettes qu'Hermione lui tendait toujours. Tu as hérité de l'impatience et l'impudence de ton père.

Un moment déconcerté, le blond la fusilla du regard :

- Vous ! s'écria-t-il en pointant sur elle un doigt menaçant. Je ne vous ai pas demandé votre avis ! Je n'en ai rien à foutre de ce que vous pensez de moi !

Hermione savait que Lucius Malefoy était un sujet sensible pour Drago. Elle songea à la lâcheté de cet homme. A sa soif de pouvoir qui l'avait conduit à devenir l'esclave d'un autre, à abandonner son propre fils et sa femme à une mort certaine.

- Malefoy, murmura-t-elle en s'approchant doucement du jeune homme.

Il avait les poings serrés et l'expression de son visage était devenue dure et froide comme la pierre.

- Je t'en prie, plaida-t-elle, j'ai besoin de toi. Fais-moi confiance.

Drago leva le regard vers la Gryffondor. Ses yeux sombres reflétaient la peur et l'inquiétude. Une furieuse envie de la prendre dans ses bras s'empara de lui. Il dut se faire violence pour s'en empêcher, serrant les poings encore davantage, au point d'enfoncer ses ongles dans la chair froide de ses mains.

- Très bien, lâcha-t-il en se détournant. Mais je te préviens, s'il s'avère que tu avais tort, je m'occuperai de ton cas personnellement !

Hermione esquissa un sourire et poussa un soupir de soulagement. Elle se tourna vers Andromeda qui pointait à présent sa baguette dans leur direction.

- Passez devant, ordonna cette dernière. Je vous indiquerai le chemin.

La Gryffondor commença à marcher dans le sable du terrain, suivie de près par Drago qui ne décolérait pas. Il traînait des pieds avec rage, se retournant de temps à autre pour jeter un regard noir à sa tante. Il avait d'ailleurs bien du mal à la considérer comme telle. Tout était allé beaucoup trop vite à son humble avis et cela l'insupportait. S'il y avait bien une chose qu'il détestait, c'était que la situation lui échappât. Et à ce moment précis, il avait la désagréable sensation de laisser les choses déraper et devenir incontrôlables. Du moins le seraient-elles pour lui. Il savait pertinemment que tenter de fuir le Seigneur des Ténèbres en s'exilant seul loin d'ici était un acte risqué. Mais il n'avait aucune envie que son sort dépendît désormais du camp adverse. Qu'une poignée de sorciers aux idées bien pensantes, et qu'il avait toujours haïe du reste, ne décidât de l'enrôler ou de le bannir. Il avait souhaité fuir pour gagner sa liberté. Et non se retrouver prisonnier de nouveau.

Il sentit son bras gauche le démanger en songeant à la marque noircie qui ternissait le blanc laiteux de sa peau. Rien ne pouvait effacer cette trace de son passé. Un passé d'ailleurs si proche. Il se remémora avec amertume le regard que lui avait jeté Pansy juste avant qu'il ne parte. Elle avait semblé lui demandé silencieusement si l'ailleurs vers lequel il fuyait à toutes jambes pouvait réellement être meilleur. Il savait qu'elle en doutait. C'était la raison pour laquelle elle avait choisi de ne pas le suivre. Que savait-il de cet ailleurs ? L'Ordre du Phénix, Harry Potter...

Il leva les yeux et contempla la jeune fille qui marchait devant lui, les épaules droites. Vers quel avenir le conduisait-elle réellement ? Seule contre tous, pourrait-elle faire la différence ? Mais après tout, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Qu'avait-il espéré au juste ? Que leurs recherches demeurent infructueuses, qu'elle finisse par abandonner et partir avec lui ? A dire vrai, il n'avait eu le temps de songer à rien. Il n'aurait jamais imaginé que leur situation puisse se démêler à une telle rapidité.

- Drago...

La voix d'Andromeda résonna dans son dos et il se tendit.

- Cissy... Je veux dire, ta mère.

- Quoi ? cracha-t-il.

La femme poussa un lourd soupir puis sembla se résigner.

- Nous en parlerons une fois arrivés.

Le Serpentard ne prit pas la peine de lui répondre. Le trajet dura une dizaine de minutes. Ils ne s'étaient pas aventurés dans le village mais avaient pris la direction des champs. De jeunes pousses commençaient à colorer les environs de douces teintes de vert tendre. La terre semblait fraîche. Le ciel était parsemé de nuages cotonneux qui se pourchassaient lentement et inlassablement. Au loin, à l'orée d'une forêt, une petite maison de pierre se dressait contre une rangée de grands chênes.

- Elle est protégée par une barrière de sorts, leur indiqua Andromeda lorsqu'ils eurent repéré la demeure. Tant que vous êtes avec moi, vous passerez sans problème. Arrêtez-vous.

Les deux jeunes sorciers stoppèrent net dans leur marche et se retournèrent avec étonnement.

- Drago, sache que je le fais pour ma sœur. Si tu me le fais regretter, je n'hésiterai pas à te tuer.

Le blond s'apprêtait à lui lancer une réplique cinglante mais un coup d'œil appuyé d'Hermione l'en dissuada. Il acquiesça d'un signe de tête tout juste perceptible puis détourna le regard.

Ils reprirent leur marche et atteignirent en peu de temps le jardin de la maison des Tonks. Une petite mare frémissait sous la légère brise. Hermione se souvint qu'Harry lui avait dit avoir atterri dans une mare lorsqu'il était arrivé chez eux sur la moto d'Hagrid. Une joie incomparable s'empara d'elle alors qu'elle songeait à son meilleur ami. C'était à peine croyable mais elle était proche du but, proche de le retrouver enfin. Lui et Ron. A cette pensée, son cœur se serra.

- Ouvrez la porte, Hermione.

La jeune fille s'approcha du perron et gravit les deux petites marches en pierre grise. Elle posa une main sur la poignée et ouvrit la porte. Lorsqu'elle pénétra dans la pièce, une agréable chaleur s'infiltra dans ses vêtements. Dans un coin du salon, une cheminée dispensait un feu dont les lueurs rougeâtres éclairaient les murs. Le canapé et les fauteuils croulaient sous une profusion de coussins aux teintes claires. La porte claqua soudain et se referma derrière les trois sorciers.

- Vous, désigna Andromeda en pointant soudainement sa baguette sur Hermione. Quel est le nom de l'émission radio de nos amis ?

- Potterveille, répondit-elle instantanément.

- Et le prochain mot de passe ?

- Fol'œil, enchaîna-t-elle en espérant qu'il n'ait pas changé depuis.

- Désolée, s'expliqua Andromeda, mais je devais être sûre.

Hermione hocha la tête avec soulagement et compréhension. Puis elle remarqua que la maîtresse de maison fixait à présent le Serpentard d'un air méfiant.

- Laissez-nous vous expliquer, proposa la Gryffondor avec douceur.

La femme sembla réfléchir puis leur fit signe de rejoindre le large canapé. Les deux adolescents ne se firent pas prier pour s'assoir sur le tissu confortable et moelleux à souhait. Andromeda prit place dans un fauteuil, près de la cheminée, sans cesser de serrer les deux baguettes entre ses mains légèrement osseuses. Le temps sembla se mettre en suspens.