Hello tout le monde !
Voilà la suite, j'ai préféré attendre un peu plus longtemps pour ce chapitre-là puisqu'il y a une petite ellipse temporelle, je ne voulais pas qu'elle soit gâchée par une publication trop rapide ;)
J'ai un peu de temps pour répondre aux reviews du dernier chapitre alors c'est parti !
Swangranger : Hé non ! Ils ne peuvent pas se résister mais en même temps je les comprends, ils sont tellement parfaits :p Merci pour la review ! :D
Awako : Merci pour ton gentil commentaire ! Comment se fait-il que tu n'as pas très hâte de retrouver Ron, c'est par rapport à l'histoire ou tu ne l'aimes pas trop ? xD
Alice1420 : J'écris directement ma réponse en français vu que tu m'avais dit que tu te servais du traducteur pour lire ma fic ! Merci d'être là à chaque chapitre, j'apprécie beaucoup tes reviews et je n'en reviens toujours pas d'avoir une lectrice du bout du monde, ça me fait vraiment plaisir ! J'espère que la suite te plaira :)
Ella-Zabini : Un gros merci pour tous tes retours fidèles, j'espère que tu apprécieras la suite avec le retour de Harry et Ron dans l'histoire :)
plinchy : Ta review m'a énormément touché, sois la bienvenue sur ma fanfic ! La séparation n'aura pas duré très longtemps mais pour eux oui donc voyons ce que ça donne ;)
Zemystelle : C'est vraiment trop gentil et je suis vraiment contente de l'émotion que t'as procuré mon dernier chapitre ! :D
Marine : Merci pour ta fidélité ! J'espère que ce nouveau chapitre va te plaire tout autant ! :)
Edit : Merci de m'avoir fait remarquer la petite erreur de nom, c'est corrigé ! ;)
Enjoy sweeties !
Chapitre 25
Cela faisait maintenant deux semaines que Drago se trouvait chez sa tante. Quinze jours, longs et monotones, seulement troublés par les sautes d'humeur de sa cousine. Cette dernière s'amusait régulièrement à le provoquer, se délectant visiblement de ses réactions agacées. Lorsqu'il finissait par s'énerver réellement, elle se mettait aussitôt en colère, lui reprochant son manque d'humour. Ou bien elle était soudainement au bord des larmes, triste disait-elle de ne pouvoir trouver d'autre façon de se rapprocher de lui. Le Serpentard savait bien que la grossesse pouvait provoquer ce genre de comportement lunatique, aussi évitait-il tant que possible de se trouver près de la jeune femme. Il passait le plus clair de son temps au salon ou bien dans sa chambre. Il lisait parfois un livre, mais s'ennuyait bien vite de la maigre collection littéraire contenue dans la maison. Andromeda était souvent auprès de sa fille et lorsqu'elle se retrouvait seule avec Drago, elle ne cessait de lui jeter des coups d'œil à la dérobée. Le blond avait fini par en conclure qu'elle ne savait comment aborder la discussion, ou bien qu'elle était toujours aussi surprise de le trouver chez elle, ce qui était parfaitement plausible.
Malgré les deux semaines qu'il avait désormais passé sous ce toit, le jeune homme avait lui-même bien du mal à réaliser dans quelle situation il se trouvait. Lorsqu'il s'éveillait le matin, quelques secondes de réflexion lui étaient toujours autant nécessaires pour se remémorer tout ce qui lui était arrivé en un laps de temps si court. Il avait parfois la sensation d'être toujours au manoir des Malefoy et s'étonnait vaguement de voir sa chambre aussi ridiculement étroite, jusqu'à ce qu'il se souvienne qu'il vivait dorénavant chez sa nouvelle tante. Il ignorait alors avec détermination le sentiment de tristesse qui le prenait au cœur en songeant à sa mère. Cependant il nourrissait malgré lui la colère qu'il ressentait lorsque l'image de son père traversait son esprit. Puis il pensait à Hermione.
Son départ l'avait affecté bien plus qu'il ne l'aurait jamais imaginé. Il se doutait qu'elle était en partie responsable de ses troubles car elle était la raison pour laquelle il se trouvait là. Et maintenant qu'elle était partie, il avait la sensation étrange que tout n'avait été que le fruit de son imagination. Avait-il réellement partagé ces moments avec elle ? Etait-il possible qu'elle lui manque tant ? Car elle lui manquait. Dangereusement et chaque jour un peu plus, il désirait la revoir. Et ce souhait était bientôt sur le point de se réaliser. Andromeda le lui avait annoncé la veille. Il devait aujourd'hui être transféré secrètement au quartier général de l'Ordre et passer devant un conseil spécial. Telle avait été la décision des protagonistes de cette organisation discrète. Cela amusait profondément le Serpentard car il savait d'ores et déjà qu'il n'aurait pas grand-chose à leur dire ni à leur apprendre. Il songea à Hermione qui lui avait promis de les persuader de sa bonne foi. Elle avait apparemment échoué. Mais cette pensée ne l'inquiétait pas outre mesure. Il se doutait bien que la seule parole de la Gryffondor n'aurait pas suffi à convaincre autant de sorciers qui se méfiaient probablement de lui comme ils se devaient de le faire vis-à-vis d'un Mangemort.
Drago se leva du lit en traînant des pieds et sortit de la chambre. Sa tante était assise à table et sirotait une tasse de café.
- Bonjour Drago.
- Bonjour, marmonna celui-ci en guise de réponse.
- Nous partons d'ici une demi-heure, lui rappela-t-elle en lui tendant une tasse semblable à la sienne.
Le jeune homme s'assit à son tour en silence.
- J'ai déjà envoyé tes affaires, ajouta-t-elle en le fixant du regard.
Une fois encore il ne daigna pas répondre. Andromeda lui avait depuis longtemps confisqué ses effets personnels, à commencer par la cape d'invisibilité et sa précieuse baguette. Drago devait avouer qu'elle n'avait pas eu l'air ravi de le faire mais elle lui avait expliqué de façon stricte que son sort n'ayant pas encore été décidé, il était toujours considéré comme une menace potentielle. Ce à quoi le Serpentard avait rétorqué sèchement qu'il ne s'était pas attendu à ce qu'on lui déroulât le tapis rouge et qu'il ne se sentait de toute manière pas à proprement parler en famille sous ce toit. Cette remarque avait paru blesser sa tante qui avait aussitôt détourné les talons mais il n'en avait cure. Elle demeurait une étrangère à ses yeux et il ne pouvait s'empêcher de lui reprocher d'avoir abandonné sa sœur, même s'il savait au fond de lui que ces rancœurs étaient infondées.
- Tu ferais mieux d'aller te préparer, dit-elle de nouveau, le tirant ainsi de ses pensées.
- Je n'ai pas grand-chose à faire, dit-il d'un ton légèrement sec.
Il se leva cependant de table après avoir bu sa dernière gorgée de café et se dirigea vers les escaliers pour se rendre à la salle de bain.
Environ un quart d'heure plus tard, il avait fini de prendre sa douche et constatait avec surprise qu'Andromeda avait pris soin de poser sur une chaise les vêtements avec lesquels il était arrivé. Elle les avait apparemment lavés et repassés et le bleu de la chemise était d'un tel éclat qu'elle paraissait comme neuve. Cela faisait des jours qu'il portait des vieux vêtements de l'oncle qu'il n'avait jamais connu et cette attention le toucha malgré lui. Il attrapa les habits et les enfila rapidement avant de sortir et de descendre au salon. La maîtresse de maison l'attendait au beau milieu de la pièce, serrant dans ses mains un petit sac de cuir noir. Lorsqu'elle vit Drago dans ses vêtements élégants et propres, elle esquissa un léger sourire et le jeune homme aurait presque juré qu'il s'agissait d'un sourire de fierté.
- Tu es prêt ? le questionna-t-elle en lui tendant un bout de papier.
Drago acquiesça, non sans une grimace de mécontentement. Il attrapa la note qui était pliée en deux et lut son contenu en fronçant les sourcils. Il s'agissait d'une adresse manuscrite qui lui était parfaitement inconnue. Il comprit aussitôt qu'il avait affaire à un sortilège de Fidelitas et qu'il venait d'être mis dans le secret. Mais cela ne le rassura pas pour autant.
- Retiens-la bien, lui ordonna sa tante.
Il hocha la tête silencieusement et lui tendit le bout de papier, non sans l'avoir chiffonné dans un élan de mauvaise humeur. Andromeda leva les yeux au ciel et pointa sa baguette. L'écrit prit feu entre les doigts de Drago qui le lâcha avec surprise. Il tomba sur le sol et se consuma lentement sous leurs yeux. Les flammes léchèrent avec rapidité chaque millimètre du papier, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un petit tas de cendre.
Le Serpentard suivit ensuite sa tante à l'extérieur. Une fois dehors, il respira l'air frais venu caresser son visage et cela lui était particulièrement agréable car il n'avait pas été autorisé à mettre un pied dehors depuis son arrivée. Il ne put s'empêcher de jeter un dernier regard à la maison car il ne savait pas s'il y reviendrait un jour. Ils marchèrent un moment puis il sentit qu'elle lui prenait le bras et il se prépara mentalement à transplaner.
Lorsqu'il se sentit réapparaître, il ignorait parfaitement où il était et cette impuissance l'agaça et le tourmenta profondément. Il remarqua alors qu'ils se trouvaient devant une vulgaire maison de village et songea qu'il devait s'agir de celle dont il venait de lire l'adresse. Mais il se sentait frustré d'ignorer dans quelle partie du pays il se trouvait. Les alentours n'offraient aucun indice tangible. A perte de vue s'étendaient des prairies et de la verdure. Ils semblaient bel et bien perdus au plus profond de la campagne anglaise. Cette impression de vide et d'égarement était presque insupportable pour le Serpentard.
- Où sommes-nous ? ne put-il s'empêcher de demander.
- Devant le quartier général, lui répondit Andromeda, sachant pertinemment que cette réponse n'était en aucun cas satisfaisante pour lui.
- Merci ! s'exclama-t-il avec ironie.
Ironie que ne sembla pas goûter sa tante puisqu'elle reprit sa marche de plus belle, l'entraînant derrière elle sans mot dire.
Elle ouvrit la porte en bois et pénétra à l'intérieur. Drago hésita puis la suivit lentement. Il se retrouva dans une petite pièce de forme ovale, assez sombre, qui semblait faire office de hall d'entrée. La seule lumière provenait de quelques torches sur pieds qui brûlaient mollement. A l'extrémité de la pièce se trouvait une autre porte en bois. Un tableau y était accroché. Il représentait un paysage de falaises en bord de mer au coucher du soleil, parfaitement banal.
- Alors c'est ça, le quartier général ? railla-t-il.
- A quoi t'attendais-tu ? répliqua sa tante en s'approchant d'une torche dont la flamme était très faible.
Elle donna un léger coup de baguette et le feu se raviva brusquement.
- A quelque chose de plus impressionnant, répondit-il en s'approchant de la porte sur laquelle était suspendue la peinture.
- Et bien ne parle pas trop vite. On t'attend derrière cette porte.
Il haussa les épaules en signe d'indifférence.
- Si tu penses que j'ai peur d'affronter l'Ordre du Phénix, ironisa-t-il avec un sourire narquois.
- Ils peuvent te renvoyer d'où tu viens, lui rappela-t-elle.
- Je n'ai pas besoin d'eux, répliqua-t-il avec obstination.
- Mais n'as-tu pas besoin d'elle ?
Il se tourna brusquement vers sa tante mais elle semblait ne plus lui prêter attention. Elle fixait le tableau des yeux et s'avançait lentement vers lui.
- Lysander, appela-t-elle doucement en observant les vagues peintes qui ondulaient sous la brise.
Un homme apparut sur le côté du tableau. Il était assez corpulent et portait une barbe grisonnante. Ses cheveux poivre et sel lui tombaient sur les épaules. Il était vêtu d'une robe de sorcier de couleur pourpre et ses mains croisées sur sa poitrine caressait doucement le tissu qui semblait être du velours tant il luisait sous la lumière du crépuscule.
- Andromeda ! s'exclama-t-il en s'avançant légèrement, autant que le lui permettait son décor.
- Bonjour Lysander, répondit la femme avec une sorte de déférence dans la voix.
Le sorcier jeta un coup d'œil intrigué vers Drago qui le contemplait, mais ne fit aucune remarque. Son regard revint vers la brune.
- Le mot de passe ? demanda-t-il.
- Crin de phénix et plume de licorne.
L'homme nommé Lysander hocha la tête et fit un léger geste de la main. Un cliquetis se fit entendre et la porte s'entrouvrit de quelques centimètres.
- Je ne viens pas avec toi, annonça Andromeda à Drago.
Le Serpentard ne répondit rien. Il s'avança lentement vers la porte et s'apprêtait à la pousser pour entrer, mais elle murmura brusquement une dernière chose :
- Ne soit pas trop arrogant, Drago. Ils représentent ta dernière chance. Ne fais pas l'erreur de la manquer. Tu perdrais bien trop de choses et tu le sais.
- Merci du conseil, mais je n'ai pas l'intention de me rabaisser face à eux.
Il se tourna vers elle et ajouta :
- Je suis un Malefoy.
Andromeda soutint son regard et poussa un soupir :
- Tu es peut-être né Malefoy, mais c'est grâce aux Black que tu es encore en vie aujourd'hui. Et quelle que soit la décision du conseil, je te souhaite d'être heureux Drago. C'est ce que ma sœur aurait voulu.
Le jeune homme baissa les yeux et se tourna de nouveau vers la porte entrouverte. Il posa une main contre le bois vernis et prit une inspiration avant de pousser délicatement le battant. Derrière lui, les pas de sa tante résonnèrent dans la semi obscurité. Il était désormais seul.
La pièce dans laquelle il pénétra était beaucoup plus lumineuse que la précédente. En son centre se trouvait une grande table en bois rectangulaire, autour de laquelle était disposées une quinzaine de chaises. Drago ne put s'empêcher de détailler aussitôt chaque personne qui se trouvait assise là, essayant tant bien que mal de ne pas regarder celle qu'il avait le plus envie de voir en cet instant.
Sur la droite se trouvait la famille Weasley, presque réunie au grand complet. Les parents et deux de leurs enfants que Drago se souvenait vaguement avoir vu lors de la Coupe du Monde de Quidditch. L'un d'eux tenait fermement la main d'une jeune femme incroyablement blonde qui n'était autre que Fleur Delacour, la participante de Beauxbâtons au Tournoi des Trois Sorciers. Drago remarqua également les jumeaux Weasley qui s'étaient assis un peu en retrait vers le fond de la salle où se trouvait une grande cheminée de pierres. Ils étaient occupés à alimenter le feu et firent un signe de bienvenue moqueur au Serpentard dès qu'ils l'aperçurent.
Sur la gauche de la table, Remus Lupin l'observait d'un air toujours aussi méfiant. A ses côtés était assis un sorcier aux cheveux blancs que Drago reconnut au bout de quelques secondes. Il s'agissait de l'homme qui avait écrit la nécrologie de Dumbledore dans la Gazette du Sorcier. Mais il était incapable de se souvenir de son nom.
Enfin, derrière ce sorcier à l'allure respectable, trois chaises accueillaient respectivement Harry Potter, Hermione Granger et Ronald Weasley. Drago remarqua tout de suite que la Gryffondor se trouvait au milieu des deux autres et fixait le sol avec détermination, tandis que ses deux amis observaient le Serpentard d'un regard peu avenant. Ce dernier comprit tout de suite que quelque chose n'allait pas. Il examina de nouveau la jeune fille qui paraissait tremblante mais elle gardait les yeux obstinément baissés et paraissait ne pas vouloir croiser son regard.
- Monsieur Malefoy.
Drago leva aussitôt les yeux vers la chaise qui se trouvait en bout de table et qu'il n'avait pas tout de suite remarquée. Présidant cette modeste assemblée, Minerva McGonagall. Le dos bien droit et le menton relevé, elle croisait délicatement les doigts sur la table et son regard perçant ne quittait pas le Serpentard.
- Asseyez-vous, je vous prie.
- Si ça ne vous ennuie pas, je préfère rester debout, dit-il en croisant les bras.
- Certainement, répondit-elle d'un ton pincé.
Elle secoua sa baguette et la chaise prévue pour le jeune homme alla se ranger contre le mur.
- Bien, reprit-elle. Monsieur Malefoy, je crois que votre tante vous a expliqué les raisons de votre présence parmi nous.
- En effet, acquiesça-t-il d'un ton légèrement ombrageux.
- Vous n'êtes pas sans savoir non plus que vous vous trouvez en présence de membres de l'Ordre du Phénix.
- Ce qui est certain, c'est que j'ignore parfaitement où je me trouve, répliqua-t-il en fronçant les sourcils.
- Que cela reste comme ça, dit-elle d'un air amusé qui surprit le Serpentard.
Un tressaillement retint son attention. Hermione avait légèrement bougé sur sa chaise et s'était décidé à lever les yeux vers lui. Lorsque leurs regards se croisèrent, elle lui sourit faiblement.
- Miss Granger ici présente, continua leur ancien professeur de métamorphose, nous a raconté sa capture et les évènements qui s'en sont ensuivis. Mais nous aimerions avoir quelques petits détails sur votre version des faits.
- Vous n'avez qu'à demander, dit-il avec un sourire narquois.
- Pourquoi souhaitiez-vous fuir les Mangemorts ?
Cette question le désarçonna légèrement. Il ne s'attendait pas à quelque chose d'aussi direct, mais il aurait dû s'en douter de la part de McGonagall qui n'était pas du genre à se perdre en veines palabres.
- Parce que je déteste ne plus être maître de moi-même, répondit-il avec assurance.
- N'est-ce pas plutôt car depuis votre échec dans la tentative de meurtre de Dumbledore, vous avez perdu la confiance de Vous-savez-qui ?
- Il n'a jamais eu confiance en moi. Il ne m'a donné cet ordre que pour punir mon père.
- Ce n'est pas ce que tu disais dans le train ! s'exclama soudain Harry en lui jetant un regard noir. Tu te souviens ? Juste avant de me casser le nez !
- Je faisais le fier devant mes amis de Serpentard, riposta le blond avec dureté. Tu me crois si stupide, Potter ? Tu devrais pourtant savoir ce que c'est que de se pavaner pour une chose dont on n'a pas le moindre mérite !
Le brun se leva de sa chaise d'un air menaçant mais Hermione l'agrippa aussitôt par le pan de son t-shirt et le força à se rassoir.
- Monsieur Malefoy, intervint McGonagall sans se départir de son calme, vos provocations ne joueront certainement pas en votre faveur. Je vous conseille donc de cesser. Quant à vous, Monsieur Potter, inutile de perdre votre sang froid.
La tension dans la pièce était néanmoins désormais palpable et chaque membre de l'assistance paraissait en alerte.
- Harry, je t'en prie, souffla Hermione. Tu m'avais promis de garder ton calme.
- Je suis désolé, Hermione, lui répondit son ami. Mais tu m'en demandes beaucoup, tu ne crois pas ?
La Gryffondor baissa de nouveau les yeux dans un geste d'impuissance. Drago serra les poings mais tenta de garder lui aussi son calme. Il comprenait que la jeune fille se sentait cruellement déchirée et ne voulait pas lui compliquer les choses. Mais cela s'annonçait pour le moins difficile.
- C'est vrai, commença Ron comme s'il avait lu dans ses pensées. Pourquoi on est là au juste ? C'est un Mangemort.
- Ron ! s'écria la brune d'un air indigné. Est-ce que je dois te rappeler une énième fois qu'il m'a sauvé la vie ?
- Et moi, est-ce que je dois te dire une énième fois qu'il l'a fait uniquement pour qu'on sauve la sienne ?
Hermione allait répliquer quelque chose mais elle garda le silence.
- Il t'a toujours détestée, enfin, ajouta Ron d'un ton plus calme en lui prenant la main. Ne te laisse pas manipuler comme ça, Hermione, je t'en prie.
La tournure que prenait la discussion commençait à déplaire fortement à Drago.
- Tu as si peu confiance en elle, Weasley ? ironisa-t-il en défiant le rouquin du regard.
- C'est plutôt en toi que je n'ai pas confiance. Autant le dire franchement pour s'épargner du temps, je n'aurai jamais confiance en toi !
- C'est réciproque, conclut le Serpentard avec un sourire de dédain. Ce n'est pas de ta confiance que j'ai besoin, Weasley. Ça m'est donc bien égal que tu me l'accordes ou non.
- Notre fils est un membre de l'Ordre, Drago, intervint Monsieur Weasley en redressant les épaules. Il a son mot à dire comme chacun d'entre nous. Et je dois dire que pour l'instant, je serais plutôt enclin à me ranger à son avis.
Ces quelques paroles jetèrent un froid dans la pièce. Il n'était pas étonnant de voir Harry et Ron en colère contre Drago, mais l'avis des adultes avait un poids autrement important et percutant.
- Vous m'avez dit, commença Drago après avoir pris une inspiration, que vous comptiez prendre une décision à mon sujet. Mais j'en sais désormais beaucoup sur vous.
- C'est exact, affirma le sorcier aux cheveux blancs. Un Mangemort qui a pénétré notre groupe ne peut en ressortir comme bon lui semble.
- Dans ce cas, j'aimerais savoir quelle est l'autre option ? Vous n'allez quand même pas me tuer ?
Un regard gêné parcourut les sorciers. Remus Lupin baissa la tête et croisa les bras. Quant à Hermione, elle semblait plus mal à l'aise que jamais.
- C'est une plaisanterie ! s'exclama le blond.
- Calmez-vous, Monsieur Malefoy, ordonna McGonagall. Il est évident que nous n'allons pas vous tuer. Ce ne sont pas nos méthodes. Mais votre présence peut être sujette à controverse et si vous ne gagnez pas notre confiance, nous prendrons des mesures vous concernant.
- Des mesures drastiques ! s'exclama Fred, un sourire machiavélique sur les lèvres.
- Je t'en prie, le reprit sa mère d'un air furibond. Ce n'est pas le moment de plaisanter.
Une réprimande rendue peu efficace par les coups de coudes approbateurs que lui donnait son frère jumeau.
- Il nous a insultés pendant des années, Maman, lui rappela ce dernier. On a bien le droit de se venger un peu.
- Vous n'êtes plus à l'école aujourd'hui, George, lui répliqua-t-elle avec autorité.
- Il faudrait savoir s'il a changé, fit remarquer Bill Weasley en passant un bras autour de l'épaule de sa femme.
- Ce n'est pas la question, lui répondit Drago sans se démonter. Je pensais toutes les choses que j'ai dites à cette époque. Le fait de vous considérer comme des pauvres sorciers ne fait pas de moi un meurtrier.
- Je te trouve bien sûr de toi, s'énerva le jeune marié.
- Cependant il a raison, intervint McGonagall. Les querelles d'écoliers ont toujours eu cours à Poudlard et c'est particulièrement valable entre les Serpentard et les Gryffondor.
- Ma femme ne peut pas être là, murmura Lupin, mais elle voulait que je parle en son nom. Bien qu'elle et Drago soient cousins, ils se connaissent très peu. Elle est pourtant sûre qu'il n'a pas un si mauvais fond. Et je dois reconnaître qu'elle est généralement dans le vrai lorsqu'elle juge une personne.
- Monsieur Malefoy, reprit Minerva, si nous vous acceptons parmi nous, êtes-vous prêt à coopérer ?
- Coopérer ? répéta-t-il en fronçant les sourcils.
- Nous ne vous exposerons à aucun danger mais vous êtes sans doute en possession d'informations qui sont pour nous capitales. Si vous n'êtes pas prêts à nous en faire part…
- Je n'ai jamais prétendu que je le ferai.
- Je comprends votre position. Votre père est un Mangemort et…
- Je me contrefiche de mon père ! s'exclama-t-il violemment, ce qui surprit la sorcière. Je n'ai simplement pas dit que je vous aiderai. Si la condition pour m'accepter parmi vous est que je me range à vos côtés, c'est du pur et simple chantage !
- Vous contrefichez-vous de votre mère également, Monsieur Malefoy ?
Hermione se tourna brusquement sur sa chaise :
- Professeur…
- Tais-toi, Granger ! Ne dis rien !
La jeune fille s'immobilisa, le visage pétrifié. Elle le regardait avec anxiété. De toute évidence, elle ne leur avait rien dit de ce qui était arrivé à Narcissa et il lui était reconnaissant pour cela. Mais l'occasion de rabattre le caquet de l'ancienne directrice adjointe de Poudlard était bien trop belle pour qu'il l'ignorât :
- Laissez-moi vous apprendre, cher professeur, que ma mère est morte.
Les membres du groupe se figèrent à leur tour. Fred et Georges eux-mêmes perdirent instantanément leurs sourires narquois.
- Que dites-vous ? s'enquit la sorcière au chapeau pointu en se redressant légèrement, les traits crispés.
- Granger a dû vous expliquer la raison de notre brusque départ. Les Mangemorts ont découvert notre plan. Et peut-être vous a-t-elle dit aussi qu'ils prévoyaient de nous laisser faire pour retrouver la trace de Potter. Et me tuer par la même occasion.
Blanche comme un linge, son interlocutrice l'écoutait sans mot dire.
- Mais ce qu'elle ne vous a pas précisé, poursuivit-il, c'est que ma mère était contre ce projet. Et c'est pour cette raison qu'elle est morte. De la main de Bellatrix.
- Mon dieu ! ne put s'empêcher de s'écrier Molly Weasley en prenant son visage entre ses mains potelées.
Drago ne put s'empêcher de jeter un regard vers Harry. Il savait qu'il avait perdu un être cher, son parrain, et qu'il avait été tué par sa tante également. Le brun le fixait avec insistance, apparemment en proie à une lutte intérieure.
- Que les choses soit bien claires, ajouta le Serpentard en balayant le reste de l'assistance d'un regard noir. Je n'attends aucune pitié de votre part. Je vous dis tout ça pour que vous compreniez une bonne fois pour toute que je n'ai aucun attachement envers les Mangemorts et encore moins Vous-Savez-Qui. Mais je n'ai pas l'intention de vous mentir, je n'ai pas plus d'attachement envers vous. Si nous en sommes arrivés là, c'est que nous avons désormais au moins une chose en commun.
Un long silence suivit cette tirade. Chacun s'observait, comme cherchant à lire les pensées de l'autre. Drago avait raison. Ils avaient à présent quelque chose en commun avec lui. Mais cette seule et unique chose était-elle suffisante ? Finalement, ce fut Minerva McGonagall qui brisa le calme :
- Qui est d'accord pour que Drago Malefoy soit sous notre protection ?
Puis elle leva délicatement la main. Hermione le fit à son tour, bientôt suivie par celle du sorcier aux cheveux blancs.
- Êtes-vous sûr, Elphias ? s'enquit Minerva.
- Dumbledore l'aurait voulu, déclara simplement ce dernier en guise d'explication.
Fleur Delacour leva la main à son tour et jeta un regard insistant à Bill Weasley qui l'imita. Les jumeaux firent de même presqu'en même temps, suivis de près par leur mère. Arthur Weasley observa Ron un instant et demeura inerte, mais fit un sourire encourageant à sa femme. Remus Lupin demeura également de marbre.
McGonagall se tourna vers Harry et Ron. Ce dernier garda obstinément les yeux baissés. Le brun fixait Drago avec une telle intensité qu'il crut qu'il allait lui sauter à la gorge. Mais au lieu de cela, et contre toute attente, sa main se leva avec lenteur.
- Harry ! s'indigna Ron. Qu'est-ce que tu fabriques ?
- Je suis désolée Ron, mais Monsieur Doge a raison. Dumbledore voulait protéger Malefoy.
- Tu es le dernier des crétins quand tu t'y mets !
- Ça suffit, Monsieur Weasley, intervint Minerva. Monsieur Malefoy, la majorité l'emporte.
Malgré lui, Drago ne put s'empêcher de ressentir un soulagement intense. Il n'avait cessé de se persuader que leur opinion lui importait peu et c'était la stricte vérité. Mais de leur opinion dépendait en fin de compte une chose bien plus importante. Une chose dont, éloigné pendant près de deux semaines, il réalisait à présent qu'il ne pourrait supporter de la perdre pour toujours.
Il jeta un coup d'œil à Hermione et s'apprêtait à lui faire un signe mais quelque chose le stoppa net. La jeune fille le regardait, un faible sourire aux lèvres, son autre main toujours serrée dans celle de Ron.
