Heeeeey ! Est-ce que vous êtes ready pour la suite ?!
Enjoy :D
Chapitre 26
Hermione s'éveilla avec une curieuse sensation d'appréhension. Il ne lui fallut pas longtemps pour se souvenir de la journée de la veille. Drago avait été présenté devant l'Ordre du Phénix et il avait été décidé qu'il resterait sous protection, malgré l'avis défavorable de plusieurs membres, qui était malgré tout resté minoritaire. La jeune fille avait ressenti un incommensurable soulagement en voyant les mains se lever les unes après les autres. La suite des évènements avait été quelque peu confuse. Les membres présents avaient dû quitter la pièce, laissant le Serpentard seul avec McGonagall qui désirait s'entretenir en privé avec lui. Hermione était donc repartie silencieusement avec Harry et Ron et tous trois avaient pris le chemin de leurs chambres. Car ils résidaient désormais au quartier général. La Chaumière aux Coquillages commençait à devenir trop petite pour accueillir tout le monde. De plus, Hermione désormais de retour, Harry désirait se remettre au plus vite à la recherche des horcruxes. Mais les récents évènements et notamment la capture de sa meilleure amie l'avaient amené à reconsidérer leur façon de faire. Il ne voulait plus risquer la vie de quelqu'un et préférait donc opérer depuis un endroit sûr.
Hermione avait vite compris, lors de leurs retrouvailles, que ses deux meilleurs amis avaient perdu malgré eux tout espoir de la retrouver vivante. Lorsqu'elle était apparue devant leurs yeux, Ron s'était précipité sur elle et l'avait serrée avec force en répétant inlassablement son prénom. Quant à Harry, il s'était effondré sur les marches de l'escalier et s'était pris la tête entre les mains. Tous deux lui avaient paru en état de choc. Comme s'ils avaient été en apnée sans elle durant des jours et émergeaient brutalement à l'air libre. Hermione elle-même aurait été incapable de décrire le sentiment qui l'avait envahie en les voyant. Comme une explosion de joie intense, presque douloureuse.
Le nouveau quartier général se situait en Ecosse, dans un petit village du nom de Moorburg. Il s'agissait d'une petite maison de pierres enclavée entre deux autres dans la rue principale du bourg. Il leur rappelait finalement beaucoup le 12, Square Grimmaurd, puisqu'il avait subi les mêmes protections magiques et qu'on les y avait fait pénétrer de la même façon. McGonagall n'était autre que le Gardien du Secret de cette nouvelle cachette et, de fait, elle était celle qui leur avait révélé l'endroit. Bien qu'ils n'eussent pas osé lui poser la question directement, les trois amis soupçonnaient le lieu d'être l'ancienne maison de leur professeur, ou bien en tout cas lié à son passé. La sorcière aux lunettes carrées n'avait jamais caché son attachement inébranlable pour sa terre natale qu'était l'Ecosse.
Harry, Ron et Hermione avait ainsi élu domicile provisoirement dans cette modeste maison. Les deux garçons avaient pris possession de la première chambre de la demeure et Hermione de la deuxième. Personne d'autre n'y vivait et McGonagall elle-même ne s'y trouvait que très rarement. L'endroit servait surtout comme point de ralliement des membres de la résistance. La salle à manger se changeait alors en lieu de réunion, tout comme cela se faisait auparavant dans la maison de Sirius. Le reste des pièces se composait d'une salle d'eau, d'une simple cuisine et d'un petit atelier qui paraissait avoir servi de bureau. Il y avait aussi un long couloir dont la porte du fond donnait sur un jardin. McGonagall s'était arrangée pour que celui-ci soit également protégé afin que l'on puisse s'y rendre de temps en temps. Hermione lui était particulièrement reconnaissante de cela car elle aurait eu beaucoup de mal à supporter de vivre dans cette maison confinée sans pouvoir jamais sortir à l'air libre. Le jardin n'était pas grand, mais possédait un banc et une petite marre où poissons rouges et grenouilles semblaient couler des jours heureux. Loin de l'agitation du monde qui les entourait et dont la Gryffondor se sentait parfois cruellement prisonnière.
Hermione s'étira doucement dans son lit et fit basculer ses jambes par-dessus les draps. La veille, ils avaient attendu patiemment dans la chambre des garçons d'avoir des nouvelles du Serpentard. McGonagall était finalement venue les voir, seule. Elle ne leur avait pas parlé de son tête-à-tête avec le jeune homme mais était venue les avertir que ce dernier resterait au quartier général jusqu'à nouvel ordre. Aucun membre ne pouvant se permettre de le prendre chez lui, cela restait sans conteste l'endroit le plus neutre et le plus sûr pour lui. Harry et Ron avaient tenté de protester avec véhémence, mais leur ancien professeur avait fait la sourde oreille, leur rappelant avec fermeté qu'en temps de guerre, les querelles d'adolescents devaient être mises de côté. Hermione était restée silencieuse durant tout l'entretien.
- Il est hors de question que je partage ma chambre avec lui, avait prévenu Ron avec un regard noir. Il n'aura qu'à dormir sur la table.
- Monsieur Weasley, je vous prie de contenir vos ressentiments.
- Professeur, avait insisté Harry, nous avons des choses très importantes à faire. En sa présence, c'est impossible. C'est un Mangemort.
- Monsieur Potter, je vous rappelle que vous avez donné votre accord pour que nous le protégions.
- Oui, mais je n'imaginais pas qu'il resterait ici.
- Nous n'avons pas d'autre solution pour l'instant, avait-elle déclaré avec plus de douceur. Vous n'avez toujours pas daigné me dire ce que vous avez de si important à faire. Si vous consentiez à me le révéler, je pourrais peut-être mieux comprendre…
- Inutile, Professeur, avait coupé Harry. Ne vous inquiétez pas, nous allons nous arranger.
Hermione avait noté la déception dans les yeux de Minerva qui espérait probablement obtenir des réponses à ses questions. Mais Harry s'était montré résolu à ne rien lui dire. Il s'accrochait à sa promesse faite à Dumbledore avec une détermination sans faille.
Drago avait donc été installé dans le bureau, sur la grosse banquette en bois qui se situait contre le mur du fond, sous la fenêtre. Durant les jours passés dans cette maison, la jeune fille s'y était souvent installée pour profiter des lueurs du jour et elle savait donc qu'elle était très confortable. Cela la rassurait un peu mais elle ne pouvait s'empêcher de se demander comment la cohabitation allait se passer. Il paraissait improbable que Harry et Ron pussent adresser la parole au Serpentard comme si de rien n'était. Allait-elle se retrouver en porte-à-faux à chaque instant ? Et au-delà de ça, bien qu'elle tentât de l'ignorer, elle ne pouvait réfréner son désir de se retrouver seule avec lui. Elle en mourrait d'envie depuis des jours et cette urgence s'était renforcée à l'instant même où il avait pénétré dans la salle-à-manger aux yeux de tous. Il lui avait paru si attirant dans son insolence et son assurance. Elle avait noté qu'il avait remis ses propres vêtements et n'avait pu s'empêcher de rougir lorsque leurs regards avaient fini par se croiser.
Plongée dans ce souvenir et sentant des frissons parcourir son dos, la jeune brune se leva en hâte du lit et attrapa sa veste qu'elle jeta sur ses épaules. Puis elle ouvrit délicatement la porte et s'aventura dans le couloir en direction de la salle de bain. Elle ne croisa personne et supposa que tout le monde devait encore dormir. Une fois dans la pièce, elle se déshabilla lentement, releva ses cheveux bouclés et se glissa sous la douche. L'eau chaude lui permit de se détendre et de clarifier ses idées. Elle songea à ses deux meilleurs amis et à leur réaction lorsqu'elle leur avait raconté tout ce qui lui était arrivé depuis le jour de sa capture. Elle avait eu bien du mal à leur expliquer son histoire, tant elle avait eu peur d'en venir au sujet délicat que représentait le Serpentard. D'autant plus qu'elle avait eu l'impression désagréable que tout ce qu'elle leur cachait était parfaitement lisible sur son visage, tant ses amis l'avaient observée avec insistance. Ils ne s'étaient finalement doutés de rien concernant le rapprochement des deux jeunes sorciers. Ils s'étaient fortement mis en colère à mesure qu'elle leur avait narré les péripéties, lui reprochant tour à tour sa naïveté et son inconscience. Hermione en avait presque pleuré de culpabilité et ils avaient tous deux finis par s'excuser avec douceur.
- Pardonne-nous, Hermione, avait murmuré Harry. Tu ne peux pas imaginer à quel point on était inquiets pour toi.
- Bien sûr que si Harry, avait-elle répliqué. J'étais terrorisée à l'idée qu'ils vous retrouvent. C'est pour vous que j'ai fait tout ça. J'avais une chance de m'enfuir avant qu'il ne soit trop tard. Tu aurais fait la même chose à ma place et tu le sais !
- Ce n'est pas la question, Hermione, avait rétorqué Ron en serrant les poings. Le problème, c'est que tu t'es associée avec Malefoy. Tu ne sais pas ce qu'il risquait de te faire. Ça aurait pu être un piège.
- Je n'avais pas d'autre solution.
Aucun des deux n'avait osé en dire davantage mais elle avait nettement compris qu'ils n'en pensaient pas moins. Elle s'était d'ailleurs sentie légèrement en colère contre eux de ne pas faire le moindre effort mais s'était bien vite calmée car elle devait avouer qu'elle aurait réagi exactement de la même manière à leur place. Ils ne pouvaient pas comprendre à quel point Drago avait changé. Elle ne devait pas leur en vouloir pour ça. Ils restaient ses meilleurs amis et être de nouveau auprès d'eux la rendait si heureuse qu'elle n'arrêtait pas de sourire.
Une fois sa douche terminée, la jeune fille tira le rideau et attrapa une serviette qu'elle s'enroula autour du corps. Elle sortit du bac et se plaça devant le grand miroir en pied qui trônait dans un coin de la pièce. Elle sourit de nouveau en contemplant son reflet. Ces deux semaines lui avaient été considérablement bénéfiques. Elle avait repris du poids et son teint était beaucoup plus coloré qu'auparavant. Ses cheveux également paraissaient nettement moins ternes.
Elle se sécha doucement avec le tissu et enfila ses vêtements, un jean et un haut beige. Puis elle laissa tomber ses cheveux en cascade sur ses épaules et sortit de la pièce. Ne percevant toujours aucun bruit, elle s'apprêtait à retourner dans sa chambre quand soudain, une main lui attrapa le poignet avec force et la tira dans le couloir. Elle n'eut d'autre choix que de suivre en titubant la personne qui la tirait ainsi, jusqu'au petit bureau. Hermione sentit son cœur s'emballer en reconnaissant la chevelure blonde et la nuque si pâle de son kidnappeur. A peine se retrouva-t-elle dans la pièce qu'il lui lâcha le poignet et la porte se referma derrière elle. Elle n'osa pas bouger et tenta juste de calmer sa respiration.
- Tu as retrouvé ta baguette à ce que je vois, lança le Serpentard dans son dos, faisant allusion au bout de bois qui dépassait de la poche du jean de la jeune fille.
- Oui, confirma-t-elle en se retournant légèrement. Je croyais l'avoir perdue lorsque j'ai été enlevée mais Harry et Ron l'avaient récupérée. Tu n'imagines pas le soulagement…
- Alors insonorise-moi cette pièce.
Elle poussa un soupir et s'exécuta. Elle réalisa à quel point les choses avaient changé en si peu de temps. Auparavant, elle n'aurait jamais cédé aussi facilement à une demande de Drago Malefoy. Mais elle le connaissait beaucoup mieux désormais et savait qu'il était peu utile de faire la forte tête face à lui. Et surtout, elle n'en avait aucune envie. Elle ne pouvait réfréner sa joie de le revoir. Elle agita sa baguette et le sort s'activa. Elle verrouilla également la porte, puis se retourna pour de bon et fit face au blond qui la dévisageait avec amusement.
- Ça faisait longtemps, Granger.
- On s'est déjà vu hier, je te rappelle.
- Tu sais très bien de quoi je parle.
Elle baissa les yeux avec timidité. Il s'approcha légèrement et elle recula instinctivement.
- Tu as bien dormi ? demanda-elle en s'appuyant sur le bureau qui se trouvait au centre de la pièce. La banquette est confortable, non ?
- Qu'est-ce que c'est que ce ramassis de banalités, Granger ?
Elle leva sur lui un regard furibond :
- Je ne vois pas ce qu'il y a de si absurde !
- Ne joue pas les idiotes avec moi, ricana-t-il d'un air éloquent.
Il s'avança de nouveau vers elle et la Gryffondor se pressa un peu plus contre le bureau. Elle remarqua alors qu'il portait des vêtements qu'elle ne lui avait jamais vus mais qui lui allaient à merveille. Un pantalon gris et une chemise blanche qui faisaient ressortir la couleur de ses yeux.
- McGonagall t'a donné des vêtements ? s'enquit-elle.
Il jeta un coup d'œil à sa tenue et acquiesça.
- Elle m'en a procuré quelques-uns. Je pense qu'elle sait très bien que je ne pourrai pas compter sur tes amis pour m'en prêter.
- Ne sois pas si dur, rétorqua-t-elle. Tu ne leur prêterais rien non plus, n'est-ce pas ?
- Je ne pense pas, en effet.
Il avançait au fur et à mesure qu'ils parlaient et se trouvait désormais tout près d'elle.
- Je vais aller droit au but, dit-il soudain d'un ton plus sérieux. J'ai des comptes à régler avec toi.
Hermione eut l'impression que ses jambes allaient se dérober. Elle posa les deux mains sur le bureau et tenta de prendre une attitude nonchalante. Mais le regard du Serpentard était si intense qu'elle avait la sensation d'être sous son emprise.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda-t-elle.
Il lui attrapa le menton et la força à le regarder :
- Je croyais t'avoir avertie concernant Weasley.
Hermione déglutit avec difficulté. Elle ôta la main du Serpentard de son visage avec fermeté et soutint son regard :
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Je crois que si, au contraire.
- Il ne s'est rien passé entre lui et moi, affirma-t-elle.
- Alors pourquoi te tenait-il la main ? s'énerva Drago.
- Je n'en sais rien. Il…
Elle marqua une pose.
- Il ?
- De toute façon, s'agaça-t-elle à son tour, je n'ai pas de compte à te rendre. Je fais ce que je veux, il me semble.
- J'ai été clair avec toi, Granger, répliqua-t-il. Je ne supporterai pas qu'il te touche.
- Et pourquoi ça ? Je ne t'appartiens pas, Malefoy !
- Je n'ai jamais prétendu le contraire.
- Dans ce cas, qu'est-ce qui te pose problème ?
Il serra les poings et recula légèrement :
- Tu veux me le faire dire, n'est-ce pas ?
Elle l'observa avec appréhension mais croisa les bras en signe de détermination.
- Et bien tu vas être déçue, Miss Je Sais Tout. Je n'ai rien à te dire ! Réponds-moi seulement, est-ce qu'il s'est passé quelque chose entre vous ?
- Je t'ai déjà dit que ce n'était pas le cas.
- Bien !
Il se rapprocha d'elle de nouveau et passa une main derrière sa nuque pour l'attirer à lui. Surprise, elle se laissa faire et leurs lèvres se touchèrent avec douceur. Hermione aurait voulu protester mais elle en était parfaitement incapable. Elle attendait cet instant depuis trop longtemps. Ses lèvres si parfaites l'embrassaient avec ardeur et sa langue se frayait déjà un chemin vers celle de la jeune fille qui n'eut aucune objection. Lorsque leur baiser s'approfondit, son cœur battait si fort qu'elle se demanda s'il n'allait pas imploser. Une sensation d'euphorie se libéra en elle. Drago passa sa deuxième main dans son dos et le caressa jusqu'à descendre sur sa hanche. Hermione se redressa légèrement et s'assit sur le bureau, sans cesser de l'embrasser. Le blond se glissa entre ses jambes et la serra contre lui avec fermeté.
- Pourquoi te tenait-il la main ? demanda-t-il de nouveau entre deux baisers.
- Il est comme ça depuis mon retour, très protecteur. J'ai essayé de lui faire comprendre mais…
- Essaye mieux, ordonna Drago en plongeant son regard grisonnant dans le sien.
- Ce n'est pas si facile, se défendit-elle. C'est mon ami, je refuse de le blesser.
- Plus tu attends et plus ce sera le cas, Granger.
Hermione se sentit surprise par les paroles plus calmes du jeune homme.
- Il vaut mieux pour lui que tu l'arrêtes tout de suite, reprit-il d'un air torve. Avant qu'il ne subisse quelques dommages.
- Je t'interdis de le…
Mais les lèvres de la jeune fille furent de nouveau capturées par celles de Drago qui n'en finissait pas de goûter chaque parcelle de peau qu'il retrouvait. Chaque fois qu'il songeait à la main de Ron serrant celle d'Hermione, une colère incompréhensible le brûlait de l'intérieur. Il l'embrassait fiévreusement car il avait besoin de sentir qu'elle était entièrement à lui. Il ne pouvait supporter l'idée de la laisser à un autre. Il ne cessait de penser que sa fierté personnelle en était la cause, mais il savait bien que quelque chose d'autre le faisait réagir de la sorte. Il refusait simplement de se l'admettre.
Des bruits de pas dans le couloir les firent tous deux sursauter. Hermione plaqua une main sur sa bouche avec frayeur, avant de se souvenir que la pièce était insonorisée. Sa réaction fut très rapide. Elle tendit sa baguette et leva le sort, puis déverrouilla la porte et transplana brutalement dans sa chambre, laissant Drago seul contre le bureau.
A peine avait-elle atterri au milieu de la pièce que l'on toquait doucement à la porte. Elle repoussa les mèches de cheveux qui lui barraient le visage et invita la personne à entrer.
- Tu es réveillée, constata Harry en pénétrant dans la pièce.
La jeune fille dut produire un effort considérable pour prendre un air naturel.
- Oui, j'étais sur le point d'aller déjeuner.
- Parfait, nous aussi.
Elle lui emboîta donc le pas jusqu'à la cuisine. Ron les y attendait. Il était assis sur l'une des chaises, les sourcils froncés et le regard plongé dans le vide. Dès qu'il aperçut la jeune fille, il lui fit un sourire engageant mais elle remarquait que quelque chose n'allait pas dans son regard.
- Tu as bien dormi ? lui demanda-t-il en lui faisant signe de s'assoir près de lui.
Elle hocha affirmativement la tête mais fit mine de ne pas avoir remarqué son manège et choisit une chaise qui se trouvait de l'autre côté de la table. Harry se mit à servir quelques gaufres et du jus de citrouille. Les trois amis mangèrent en silence. Lorsqu'elle eut fini son assiette, Hermione se leva de table et en prit une propre, sur laquelle elle déposa deux gaufres. Elle remplit également un verre de jus et se dirigea vers la porte.
- Qu'est-ce que tu fabriques ? demanda Ron qui ne l'avait pas quittée des yeux.
Cette question agaça la jeune fille :
- Ron, commença-t-elle, ne fais pas semblant de ne pas savoir. Cesse donc de faire l'autruche.
Piqué au vif par cette remarque, le rouquin croisa les bras et regarda ailleurs. Harry eut un sourire en voyant la réaction puérile de son ami, puis ses yeux verts se posèrent sur la brune. Hermione n'aurait su dire pourquoi un frisson la parcourut à cet instant-là. Son meilleur ami la fixait d'une telle façon qu'il paraissait littéralement lire ses pensées. Elle essaya de chasser cette idée saugrenue de son esprit et de se convaincre que ce n'était que le fruit de son imagination. Satisfaite d'avoir rabattu le caquet de Ron, elle sortit de la pièce pour se rendre au bureau.
Elle poussa un soupir en songeant que le premier jour depuis l'arrivée du Serpentard se déroulait déjà de manière compliquée. Ron était en colère et Drago probablement également car elle l'avait laissé en plan sans prévenir au beau milieu de leur échange de baisers. Elle se demanda de quelle façon elle pourrait parvenir à gérer la situation.
Elle toqua timidement à la porte. La voix du Serpentard résonna lorsqu'il l'invita à entrer. Elle ouvrit délicatement le battant et pénétra dans la pièce en silence. Il l'observait d'un air furieux.
- Ne me refais plus ce coup-là, Granger.
- Qu'est-ce je pouvais faire d'autre ? répliqua-t-elle tout en posant ce qu'elle avait apporté sur le bureau en bois massif. Il est hors de question qu'ils découvrent quoique ce soit.
- Là-dessus, nous sommes bien d'accord.
- Tant mieux !
Ils se défiaient du regard et ce fut de nouveau Drago qui brisa le silence :
- C'est aberrant. De toute ma vie, je n'ai jamais été aussi souvent frustré qu'avec toi.
- Tu es sans doute habitué à avoir tout ce que tu veux au moment où tu le veux, en conclut-elle en fronçant les sourcils. Mais je ne suis pas ton esclave.
- Tu as pourtant du mal à me refuser quoique ce soit, fit-il remarquer avec un sourire en coin.
- Et que comptes-tu faire si ça arrive ? Me forcer la main ? s'exclama-t-elle en serrant les poings d'un air offusqué.
Le Serpentard la contempla un instant puis s'approcha d'elle et lui murmura à l'oreille d'une voix plus grave :
- Tu n'es pas mon esclave, Granger. Et je ne te ferai jamais de mal.
Ne sachant que répondre, elle baissa le regard avec obstination et sentit ses joues rougir farouchement. Les deux mains possessives du jeune homme s'emparèrent de ses hanches et sa bouche traça un sillon dans le cou de la Gryffondor qui savait déjà que toute lutte intérieure serait vaine.
