C'est l'heure du nouveau chapitre ! Je tiens à préciser que je pense qu'il s'agit de l'un de mes chapitres préférés, je veux dire par là que j'ai le plus apprécié écrire car s'il y a bien quelque chose que j'aime dans HP, c'est la relation entre Harry et Hermione alors j'espère de tout cœur avoir réussi à la retranscrire à ma façon et que cela vous plaira, mais soyez sincères, j'accepte les critiques ;)

Et puis il n'y a pas que ça d'intéressant dans ce chapitre... Mais je ne vous spoile pas, je vous laisse découvrir :p

Quelques réponses à vos reviews avant de démarrer :

Maxine3482 : La réaction d'Harry c'est tout de suite ! ;)

Zemystelle : Merciiiii beaucoup c'est trop gentil ! :D

Alice1420 : Haha oui merci ! Au fait, je crois que tu m'as posé une question sur une review précédente mais je n'ai pas réussi à la traduire correctement, qu'est-ce que c'était ?

Swangranger : De rien, c'est avec plaisir :)

EvaFanFic : Welcome sur ma fanfic, merci infiniment pour ta review et tes compliments, j'espère que la suite te plaira tout autant !

Enjoy les amis (:


Chapitre 28

La lune était pleine et sa lumière pâle venait caresser délicatement la fenêtre de la chambre. Harry se tenait devant Hermione, le regard déterminé. Les mains tremblantes, elle songea tout d'abord à feindre l'incompréhension. Mais elle savait que c'était peine perdue. Et elle ne pouvait de toute manière pas se résoudre à lui mentir effrontément.

- Qu'est-ce qui se passe entre toi et Malefoy ?

La question du brun s'échoua dans l'esprit de la jeune fille comme une sentence finale à tout ce qu'elle tentait de cacher depuis des jours. Entre elle et Malefoy. Ces termes lui avaient toujours semblés étranges. Mais dans la bouche de son meilleur ami, ils paraissaient presque irréels.

Le manoir des Malefoy avait été pour elle un lieu inconnu où elle s'était rapprochée du Serpentard. Doucement, insensiblement, leur relation avait été pour elle comme hors du temps. Hors de toute dimension tangible. Elle n'avait jamais réfléchi à ce qu'elle attendait de lui. Car elle ne pouvait le faire. C'était comme une chimère qui risquait de fuir à tout instant. Au fond, elle l'avait sans doute espéré. Il aurait dû partir très loin et emporter avec lui les seules traces de sa culpabilité. Elle n'aurait jamais eu à se justifier. Elle aurait peut-être même pu oublier, avec le temps. Mais désormais les choses étaient différentes. Il était bel et bien là. Il n'avait pas fui. Et la confrontation avec la réalité la frappait à présent de plein fouet. Que se passait-il entre elle et Malefoy ?

- Harry, murmura Hermione, je te jure que je vais tout t'expliquer.

Elle s'assit sur le lit tête basse, telle une enfant qui aurait été surprise en train de faire une bêtise. Ce comportement amusa intérieurement le brun qui s'approcha d'elle.

- Alors j'ai raison ? questionna-t-il d'un air résigné.

- Je suis désolée ! s'exclama-t-elle brusquement.

- Chut ! Tu vas réveiller Ron.

Hermione se plaqua une main sur la bouche et jeta un regard inutile en direction du mur mitoyen avec la chambre des garçons.

- De quoi es-tu désolée ? reprit Harry d'un ton plus calme.

- De t'avoir menti, chuchota-t-elle.

- Tu ne l'as pas encore fait, répliqua-t-il avec un sourire.

- Je t'en prie, Harry, supplia-t-elle, ne me complique pas les choses. J'ai menti par omission, c'est presque aussi grave.

Le brun poussa un soupir et s'assit à son tour sur le matelas moelleux du lit. Il sembla hésiter un instant puis posa une main sur l'épaule de la jeune fille. Il remarqua que ses yeux bruns brillaient anormalement.

- Je ne suis pas très doué pour ce genre de discussion, marmonna-t-il. Est-ce que… Tu sors avec lui ?

Hermione hésita une fraction de seconde.

- Je pense, dit-elle tout en ayant parfaitement conscience de l'étrangeté de sa réponse.

- Comment ça ? s'étonna-t-il.

Elle plongea la tête entre ses mains et essaya de mettre de l'ordre dans ses idées :

- Harry, moi et Malefoy ? C'est tellement… Ça ne te choque pas ?

- Si, à vrai dire. Au début je ne pouvais pas le croire. Mais j'ai tout de suite vu la façon dont il te regardait pendant le conseil de l'Ordre. Il avait l'air de te dévorer des yeux même si c'était malgré lui.

La jeune fille se sentit rougir :

- Vraiment ?

- En fait, ça n'a peut-être paru évident à personne d'autre mais… hésita-t-il. A force de l'avoir observé, voire même d'avoir été obnubilé par lui à certaines occasions… J'ai un peu honte de l'admettre mais je crois que je le connais bien finalement.

Hermione se sentit soulagée d'entendre ces paroles car d'une certaine manière, c'était ce qu'elle ressentait également vis-à-vis du Serpentard. Cette sensation de familiarité qui l'avait si bien réconfortée au manoir.

- Et j'ai remarqué aussi comme tu étais anxieuse de la décision, poursuivit le Gryffondor. Je pensais que tu te montrais simplement sentimentale comme tu as l'habitude de le faire avec les elfes de maisons. J'ai même cru que tu allais créer la Société d'Aide à la Libération de Malefoy.

Il lui fit un sourire moqueur qu'Hermione accueillit avec une moue à la fois réprobatrice et confuse.

- Mais j'ai compris qu'il y avait quelque chose d'autre, continua-t-il plus sérieusement. Tu étais inquiète d'une façon différente. Un peu comme lorsque tu t'inquiétais pour Ron auparavant.

Hermione était désormais certaine que son teint s'approchait du rouge brique et bénissait le ciel que la conversation se passe dans une semi-obscurité. Harry la ménageait avec délicatesse. Mais tous deux savaient très bien que le temps où elle s'inquiétait de cette façon pour leur ami aux tâches de rousseur était bien plus proche qu'il ne le laissait entendre.

- Hermione, chuchota Harry d'un ton plus sérieux, qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi Malefoy ? Tu le détestais tellement…

- Je sais, s'empressa-t-elle de répondre. Je n'ai pas arrêté de me poser la question. C'est la dernière chose… La dernière personne avec qui j'aurais pu imaginer…

Un silence pesant s'installa dans la pièce. Le bruit du vent au dehors se faisait cependant entendre par instant.

- Comment peux-tu être aussi calme, Harry ? ne put s'empêcher de demander la brune. Je pensais que tu serais en colère. Que tu ne voudrais plus me voir.

- Ne dis pas d'idioties.

- Mais pourtant, tu le hais toi aussi, n'est-ce pas ?

Il poussa un soupir et fixa le vide pendant de longues secondes. La jeune fille crut qu'il n'allait pas lui répondre mais il finit par le faire :

- Je n'arrive plus à être en colère. Je suis bien au-delà de ça à l'heure qu'il est.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Hermione, tu étais morte.

Elle eut l'impression qu'un seau d'eau glacé venait de lui être versé sur la tête :

- Que…

- Dans mon esprit, tu étais partie. Pour toujours.

Elle le regardait à présent, incapable de prononcer le moindre mot.

- Quand les rafleurs t'ont enlevée, on a tout fait pour te retrouver. Mais on n'avait aucune piste. Ils étaient censés t'emmener au Ministère pour toucher la prime et après notre infiltration là-bas, c'était impossible d'y retourner. La sécurité a triplé. Ils s'attendent à tout moment à ce qu'on revienne.

- Je ne m'attendais pas non plus à ce qu'ils me conduisent chez les Malefoy.

- En tout cas, plus les jours passaient et plus ça devenait difficile de garder espoir. Et un jour, un peu plus d'une semaine après ta capture, Monsieur Weasley est venu nous voir à la Chaumière. Il apportait de mauvaises nouvelles.

Le brun s'arrêta un instant. Hermione sentit que sa gorge se nouait. Elle prit la main gauche de son ami dans la sienne pour l'encourager et attendit patiemment.

- Ses contacts au ministère lui avaient appris que des captifs avaient tenté de se révolter et de s'enfuir. Une dizaine de personne environ. Des nés-Moldus.

Hermione sentit son cœur s'emballer sous l'effet de la surprise. Des nés-Moldus arrêtés, s'enfuir du Ministère sans aide extérieure ? C'était de la folie.

- Ils ont échoué, n'est-ce-pas ? balbutia-t-elle, sentant des larmes apparaître à la lisière de ses yeux.

Harry hocha doucement la tête.

- Ils ont tous été tués, dit-il d'une voix si faible qu'elle l'entendit à peine. On a cru que...

- Vous avez cru que j'en faisais partie, compléta-t-elle en tremblant. Harry, vous ne m'avez pas parlé de ça.

- On préférait l'oublier. Et on savait que ça te bouleverserait.

Elle acquiesça d'un signe de tête, sans cesser de serrer la main de l'adolescent aux yeux verts dans la sienne.

- Mais quel est le rapport avec Malefoy ? murmura-t-elle soudain.

- Le rapport, Hermione, s'exclama-t-il, c'est que tu étais morte ! On refusait d'abandonner tout espoir mais la vérité c'est que je t'ai pleuré car j'étais sûr de ne plus jamais te retrouver ! Et tout était de ma faute !

- Non, tu sais bien que…

- Ça m'est égal que tu sortes avec Malefoy ! Tu peux même sortir avec Crabbe ou Goyle, si ça te fait plaisir ! Tu es là et c'est tout ce qui compte à mes yeux. Tu peux me croire, tout ce qui n'a pas un caractère de gravité immédiate me passe loin au-dessus de la tête ces temps-ci.

La violence des paroles de son ami la secoua. Les larmes qui se pressaient depuis plusieurs minutes à l'ombre de ses cils coulèrent pour de bon le long de ses joues.

- Harry, sanglota-t-elle, je ne sais pas comment ni pourquoi tout cela m'arrive. Lorsque j'étais au manoir, je faisais tout pour ne pas y penser mais j'étais presque certaine moi-même de ne pas en sortir vivante. Il était la seule personne que j'avais. Nous sommes devenus alliés malgré nous. Le lien que j'ai tissé avec lui est devenu particulier. Unique même. Et j'ignore pourquoi mais… J'ai pu me rendre compte qu'il a changé.

- Je sais qu'il a changé.

Cette réplique surprit la Gryffondor qui esquissa un sourire à travers ses larmes.

- Je préfère être clair, Hermione, reprit Harry d'un ton dur, je le déteste toujours autant. Et si je parais si peu inquiet, c'est parce que nous sommes près de toi maintenant. Et que quoiqu'il arrive, je compte bien garder un œil sur lui.

- Je sais.

- Et je préfèrerais que tu continues de garder la chose secrète, pour Ron.

- Si tu as fini par le comprendre, est-ce qu'il ne risque pas de…

- Je ne pense pas. Ron peut être plus clairvoyant que n'importe qui dans certains cas. Mais il refuse de voir des choses qu'il ne peut pas accepter. L'idée de toi et Malefoy ensemble… C'est plus que son imagination ne peut supporter. Il n'y penserait jamais de lui-même.

Hermione acquiesça d'un signe de tête.

- Ne lui brise pas le cœur, reprit-il en se levant lentement du lit. Ce n'est pas le moment. Nous avons besoin de lui.

- Ce ne sera jamais le moment, marmonna-t-elle en sentant son cœur se serrer. Et peu importe si ce qui se passe entre moi et Malefoy est éphémère. Il ne me le pardonnera jamais, pas vrai ?

- Il faudra t'y résoudre un jour, quand tout sera terminé. Tu ne pourras pas lui cacher ça éternellement.

La voix d'Harry était empreinte d'amertume.

- C'est ton ami, ajouta-t-il en se retournant vers elle. Tu lui dois la vérité.

Le visage de Ron souriant traversa les pensées de la jeune fille qui sentit de nouveaux sanglots s'étrangler dans sa gorge :

- Je vais le perdre, Harry. Tu le sais, n'est-ce pas ?

Il sembla hésiter, puis murmura :

- Je préfère ne pas y penser pour l'instant.

Il marcha d'un pas lourd vers la porte et posa la main sur la poignée.

- Harry ?

Il lui lança un regard interrogateur. Sa silhouette se découpait dans la lueur de la faible lampe, reflétée par ses lunettes rondes.

- Merci, dit-elle.

Il lui sourit en guise de réponse et ouvrit la porte. Puis il sortit dans le couloir et referma le battant derrière lui. Le silence qui assaillit brutalement Hermione lui parut terrifiant.

Elle essuya ses larmes tant bien que mal et jeta un regard au carnet de Regulus et aux parchemins qu'elle avait commencé à remplir, mais ne se sentait pas le courage de continuer. Elle se sentait vidée de toute substance. Elle se leva machinalement et enroula les documents, puis ferma le cahier noir et glissa le tout dans un tiroir de la commode en bois qui se trouvait dans un coin de la chambre. Puis elle resta immobile un instant, debout au milieu de la pièce. Sa discussion avec Harry lui revenait peu à peu par bribes. Elle frissonnait en songeant qu'il était désormais au courant de tout, même si aucun des deux n'avait osé entrer dans les détails. Pourtant, elle ressentait au fond d'elle-même un intense soulagement.

Une question s'imposa alors à son esprit. Devait-elle mettre Drago au courant ? Serait-il en colère ? Elle observa l'heure et songea qu'il ne devait pas encore dormir. Elle serra sa veste contre elle et sortit à son tour dans le couloir, sans faire le moindre bruit. Elle ne put s'empêcher d'écouter si ses amis discutaient mais tout était calme. Ron ne s'était probablement pas réveillé, ni aperçu de la disparition d'Harry. Rassurée, elle se dirigea à pas lents vers la porte du bureau. Elle n'osa pas frapper de peur qu'on ne l'entendît dans le silence de la nuit. Elle posa délicatement la main sur la poignée et pénétra à l'intérieur de la pièce.

- Granger ? s'étonna Drago en la voyant apparaître.

- Tu dormais ? questionna-t-elle en refermant la porte derrière elle.

Puis elle constata qu'il était allongé sur la banquette mais tenait un livre entre ses mains, orienté vers la lueur d'une petite lampe semblable à celle d'Hermione.

- Non, répondit-il. J'essaye de m'occuper mais ce n'est pas terrible.

- Qu'est-ce que tu lis ? s'intéressa-t-elle en s'approchant légèrement.

- Un bouquin sur le Quidditch.

- Je croyais que tu aimais ça.

- Le Quidditch est passionnant, mais pas ce livre.

Elle lui sourit en guise de réponse et resta plantée devant le bureau d'un air embarrassé.

- Viens-en au fait, railla-t-il. J'imagine que tu n'es pas venue pour rien.

- Je pourrais très bien, répliqua-t-elle offusquée.

Il lui jeta un regard sceptique face auquel elle capitula rapidement.

- Harry est au courant, lâcha-t-elle sans préambule.

Le blond l'observa un instant sans mot dire. Elle tenta vainement de déceler dans son expression un indice quelconque sur ce qu'il ressentait mais son visage restait figé.

- Malefoy ?

- C'est toi qui le lui as avoué ? demanda-t-il simplement.

- Il l'a deviné. Et je ne l'ai pas contredit.

- Il faut croire que Potter est plus perspicace que je ne le pensais, ricana-t-il en se redressant sur la banquette.

- C'est tout ce que tu trouves à dire ?

- Excuse-moi, Granger, mais je ne crois pas avoir demandé sa permission pour quoique ce soit.

Il laissa tomber le livre sur les coussins et se mit debout avec agilité. Puis il contourna le bureau et se plaça face à elle.

- Je n'ai rien à me reprocher, déclara-t-il en croisant les bras.

- Je n'ai pas dit ça mais… Tu ne veux même pas savoir comment il a réagi ?

- Comment a-t-il réagi ? demanda-t-il en haussant les sourcils.

- Bien, répliqua-t-elle d'un ton sec.

- A la bonne heure. Et Weas-très-laid ?

Hermione remarqua que sa curiosité semblait cette fois être un peu plus sincère. Elle fronça les sourcils mais répondit d'une voix calme :

- Il ne sait rien.

- Je peux me charger de le mettre au courant, ironisa-t-il en s'asseyant à demi sur le bureau.

- N'y songe même pas, rétorqua la Gryffondor avec colère.

- Je plaisantais, Granger. Inutile de monter sur tes grands chevaux.

Les bras toujours croisés, il la défiait d'un regard insolent. Ses cheveux blonds délimitaient la peau diaphane de son front hautain. Elle le trouvait diablement beau, enrobé par la pénombre, et se sentit rougir de honte de le dévisager ainsi.

- Plus sérieusement, reprit-il, ça m'arrange que Potter soit au courant. Même si j'ai dit le contraire car j'estime que ça ne le regarde pas, j'attendais depuis longtemps de voir sa tête lorsqu'il l'apprendrait.

- Malefoy, tu es insupportable d'arrogance !

- Merci.

Serrant les poings, elle réfléchit un instant à la façon la plus satisfaisante qu'elle aurait de se venger. Mais son esprit contrariait invariablement ses plans. Au lieu de le gifler comme elle l'aurait souhaité, elle s'avança vers lui et l'embrassa brusquement. Le Serpentard, surpris de cette réaction, demeura un moment inerte. Puis il donna accès à la langue de la jeune fille qui taquinait ses lèvres, le corps empli de désir. Il remarqua alors à quel point ses yeux étaient humides.

- Tu as pleuré ? s'étonna-t-il.

- Tu me demandes toujours de la fermer, Malefoy. Pour une fois, c'est ton tour.

Elle l'embrassa de nouveau et le Serpentard approfondit leur baiser. De ses mains habiles, il caressa les fesses de la jeune fille à travers son jean. Il se demandait vaguement ce qui pouvait la pousser à réagir ainsi mais avait bien du mal à s'en soucier pour l'instant. D'un geste assuré, il la bascula sur le bureau et se pencha sur elle, glissant sa bouche le long de son cou jusqu'à embrasser le creux de son décolleté. Electrisée par cette caresse, Hermione se cambra et passa les mains autour de son cou, ce qui le poussa à coller davantage son corps contre elle.

- Malefoy, haleta-t-elle.

- Un problème ? demanda-t-il avec un sourire en coin.

- Je ferais mieux d'aller dormir, murmura-t-elle d'une voix faible.

Le regard du Serpentard s'assombrit soudain dangereusement. Il la toisa avec une telle dureté que la jeune fille eut l'impression de se ratatiner sur le bureau.

- Il va falloir que tu cesses de me chercher, Granger. Sinon, tu vas finir par me trouver.

- Je suis désolée, balbutia-t-elle, rouge de honte. Je n'avais pas l'intention de…

- Je ne plaisante pas, déclara-t-il en resserrant sa prise sur les hanches de la brune. Ça fait des mois que je vis dans l'abstinence la plus totale.

- Je sais mais…

- Ce n'est pas parce que tu m'as fait entrer dans la bergerie que je me suis changé en agneau.

Hermione sentit son sang se glacer dans ses veines. La main droite du jeune homme descendit lentement le long de sa cuisse. Elle se sentit frissonner jusqu'à l'âme.

- Ça ne se reproduira plus, se reprit-elle en plantant un regard assuré dans les yeux clairs du Serpentard.

Ce dernier l'observa intensément puis finit par laisser un sourire se dessiner au coin de ses lèvres. La Gryffondor se détendit légèrement.

- Tu es moins sage qu'il n'y paraît, Miss Je Sais Tout. Et ça me plaît beaucoup trop.

Il se détacha d'elle avec lenteur et Hermione se releva avec difficulté. Elle aurait souhaité être un Animagus pour pouvoir se changer en souris et disparaître dans le trou le plus proche. Elle avait du mal à croire à ce qu'elle venait de faire. A sa façon de se jeter sur lui. Cela ne lui ressemblait pas du tout et elle se sentait furieusement coupable et embarrassée. Redressant dignement les épaules, elle se leva du bureau et se dirigea lentement vers la porte. Elle était parfaitement consciente que Drago n'était pour une fois pas à blâmer. Elle était seule responsable de sa conduite.

- Je… commença-t-elle en se retournant à demi.

Le Serpentard haussa un sourcil intéressé.

- Je ne vais pas prétendre que je n'en ai pas envie, lâcha-t-elle en sentant ses joues s'approcher d'une teinte dangereusement écarlate. Mais pas avec Ron et Harry sous le même toit. C'est impossible.

Le blond la dévisagea avec une telle surprise qu'elle regretta presqu'aussitôt ses paroles. Elle était littéralement estomaquée par ce qu'elle venait d'admettre.

- Bonne nuit, marmonna-t-elle en tâchant d'ignorer le sourire désormais carnassier du Serpentard.

Elle ouvrit la porte et se précipita hors de la pièce, sans se soucier du bruit qu'elle pouvait faire. Elle rejoignit sa chambre, les tempes en sueur et le cœur battant à tout rompre. Avisant son lit défait, elle se laissa tomber dessus avec lassitude. Ses cheveux s'éparpillèrent en masse autour de son visage.

La respiration saccadée, Hermione ramena ses jambes contre elle et les entoura de ses bras tremblants. Les yeux gris de Drago flottaient dans son esprit comme deux perles inquisitrices.