Bonsoir les gens ! :) En avant pour le chapitre suivant !

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Chapitre 29

Lorsqu'Hermione s'éveilla, seule dans son lit, les souvenirs de la veille fusèrent en elle à une vitesse qui teinta aussitôt ses joues d'une délicate couleur rose.

Elle se remémora alors qu'Harry était au courant de la situation et de nouveau, elle se sentit merveilleusement soulagée. Seul Ron demeurait un problème et la seule idée qu'il découvrît quoique ce soit suffisait à terrifier la jeune fille. Elle ne pourrait supporter de voir la déception et la colère se peindre sur les traits de son ami. Lorsqu'elle y réfléchissait, elle se rendait bien compte que ses sentiments pour lui n'avaient pas entièrement disparu. Comment aurait-il pu en être autrement ? Cela faisait tant d'années. Mais la présence du Serpentard dans sa vie était venue tout bouleverser. Par moment, elle se demandait avec amertume pourquoi elle ne s'était pas décidée plus tôt à avouer ses sentiments au rouquin. Les choses seraient sûrement différentes à l'heure qu'il était. Du moins essayait-elle de s'en persuader mais une petite voix au fond d'elle lui soufflait que tout était pour le mieux. Elle ne pouvait plus s'imaginer ailleurs que dans les bras de Drago. C'était un sentiment bien trop fort pour qu'elle parvînt à le combattre. Et tout avait définitivement basculé maintenant qu'elle n'avait plus envie de le faire. Maintenant qu'elle aimait ce qu'elle ressentait en le voyant.

Plongée dans ses pensées, la Gryffondor émergea de ses draps confortables et entreprit de préparer ses affaires pour se rendre à la salle-de-bain. Elle se saisit d'un jean et d'un chemisier vert. Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle tomba nez-à-nez avec Ron.

- Bonjour, dit-il avec un grand sourire, les yeux encore embrumés de sommeil.

Un tantinet gênée, elle le salua à son tour et précisa rapidement qu'elle comptait aller prendre sa douche afin de s'éclipser. Il n'insista pas et prit la direction de la cuisine. Hermione se rendit à la salle de bain comme prévu et se prépara tranquillement.

Le petit-déjeuner se passa dans le calme. Harry se comportait d'une manière parfaitement naturelle, ce qui aidait grandement la jeune fille à faire de même. Elle quitta ensuite la pièce pour apporter sa part à Drago, resté dans sa chambre. Ron ne fit aucune remarque et paraissait même de bonne humeur, ce qui la réconforta.

- Le vert te va toujours aussi bien, fit remarquer le Serpentard dès qu'elle entra dans la bibliothèque.

Elle se sentit rougir légèrement et posa sur le bureau le bol de porridge qu'elle tenait entre ses mains. Le jeune homme semblait à peine émerger du sommeil. Ses yeux étaient encore humides et ses cheveux en bataille. Quant à sa tenue, il ne portait qu'un boxer noir, ce qui amplifia la gêne d'Hermione. Elle contempla d'un faux intérêt les quelques livres qui sillonnaient les deux étagères de la pièce. Le blond se leva de la banquette et attrapa le bol dans lequel trempait une petite cuillère. Il commença à manger avec lenteur, tout en fixant la Gryffondor d'un air absorbé.

- Je te laisse, murmura-t-elle en faisant deux pas en arrière.

- J'irai probablement faire un tour au jardin dans l'après-midi, dit-il brusquement. Non pas que le fait de rester enfermé dans neuf mètres carrés me dérange.

Hermione acquiesça d'un signe de tête, se demandant vaguement pourquoi il l'en informait.

- Si tu veux me rejoindre, ajouta-t-il soudain très captivé par le contenu de son bol.

Elle sourit et l'observa un moment avant de réitérer un signe de tête affirmatif. Drago lui décocha un clin d'œil espiègle qui ne manqua pas de faire palpiter son cœur et elle quitta la pièce, un sourire mutin sur le visage.

Le reste de la matinée se passa dans le calme. Hermione s'installa de nouveau à son bureau afin de recopier la suite des notes de Regulus. Bien qu'elle fût capable d'écrire très rapidement, elle prenait tout son temps pour lire les phrases afin d'être sûre de ne rien oublier et de ne pas faire d'erreur. Ses meilleurs amis, quant à eux, se trouvaient dans leur propre chambre et cherchaient diverses idées de plan pour s'infiltrer dans leur ancienne école. La jeune fille les soupçonnait plutôt de s'en amuser que d'y réfléchir sérieusement et imaginait facilement les stratagèmes inconscients et irréalisables auxquels ils devaient penser. Mais elle ne pouvait leur en vouloir. L'idée de pénétrer secrètement à Poudlard restait bien vague. Rien ne leur paraissait encore concret, d'autant plus que tout risquait d'être compromis s'ils ne parvenaient pas à obtenir les informations qu'ils souhaitaient de la part de McGonagall.

Plongée dans son travail, Hermione ne vit pas le temps passer et l'heure du déjeuner arriva avant qu'elle ne s'en rendît compte. Il était environ deux heures de l'après-midi lorsqu'elle entendit depuis sa chambre la porte du petit bureau s'ouvrir et se refermer, suivi du bruit des pas de Drago sur le parquet. Impatiente de le rejoindre, elle se fit violence pour attendre un bon quart d'heure avant de le suivre à l'extérieur.

Elle se tenait à présent au bout du couloir, devant la porte qui donnait sur l'arrière de la maison. Hésitante, elle tourna la poignée et poussa le battant. Malgré les nuages gris qui encombraient le ciel, une clarté diffuse se répandit sur les traits de son visage. Elle ne put s'empêcher de cligner des yeux face à cette sensation de lumière aveuglante. L'air était assez frais et la jeune fille ferma un à un les boutons de sa veste en laine. Elle s'avança ensuite à tâtons dans l'herbe humide du jardin.

Drago se trouvait assis sur le banc de pierres, les yeux perdus dans le vague. Le col de sa chemise frémissait sous la légère brise, accompagné dans ce doux mouvement par quelques mèches de ses cheveux blonds qui lui tombaient sur le front. Lorsqu'il vit arriver la Gryffondor, il se redressa, son éternel sourire en coin accroché à ses lèvres.

- Je n'étais pas sûr que tu viennes vraiment, dit-il d'un ton moqueur.

- Pourquoi pas ? répondit-elle en avançant à nouveau de quelques pas.

- Tu risques d'éveiller les soupçons de Weasley.

Hermione jeta un coup d'œil à la façade de la maison. Comme elle l'avait remarqué, seule la porte à présent refermée et la fenêtre du bureau étaient visibles. Et Harry et Ron ne s'y rendaient plus depuis qu'elle servait de chambre au Serpentard.

- Ils ne nous verront pas, dit-elle en haussant les épaules. Et puis nous ne faisons rien, n'est-ce pas ?

- Pour l'instant, répliqua-t-il en souriant davantage.

- Non, Malefoy. Inutile de prendre des risques idiots.

- Ça m'est bien égal qu'il le sache. Pourquoi je devrais me cacher ?

- Je t'en prie, dit-elle. Tu sais bien à quel point ça compliquerait les choses.

Il la fixa un moment en fronçant les sourcils d'un air sceptique mais n'ajouta rien. Hermione s'assit à son tour sur le banc, prenant garde de laisser une distance respectable entre elle et le Serpentard. Malgré son ton péremptoire à son égard, elle n'était pas sûre de pouvoir répondre d'elle-même s'il s'avisait de la frôler.

Ils restèrent ainsi un long moment, silencieux. Hermione contemplait le paysage de prairie qui s'étendait au-delà des buissons clôturant le petit jardin. Quelques collines s'élevaient timidement vers le ciel, le sommet parfois enveloppé d'une fine brume cotonneuse. Et ça et là, des bouquets de chênes et de bouleaux ombrageaient des touffes de fougères vert tendre. Tout paraissait tellement paisible que les paupières de la jeune fille s'alourdirent, gagnées par le calme et la fraîcheur.

- Granger ?

Elle sursauta brusquement, tirée de sa torpeur, sous les ricanements ravis du Serpentard.

- Tu manques de sommeil ? lança-t-il avec un rictus narquois.

- Je me passerai de tes commentaires, répliqua-t-elle d'une voix si embrumée qu'elle se sentit très peu convaincante.

Drago se leva du banc et entama quelques pas sur les pavés abîmés qui jalonnaient çà et là le jardin jusqu'à la petite mare. Il observa un instant les remous presque indistincts que provoquaient les poissons à la surface de l'eau. Celle-ci était vaseuse et seules de petites tâches d'un orange ou d'un noir sombres permettaient de les distinguer par moment.

- J'ai une question, prononça-t-il à voix basse.

Hermione releva la tête. Il se tourna vers elle et la dévisagea d'un regard étrange. La jeune fille était irrésistiblement attirée par lui et se sentit rougir de manière incommode.

Brusquement, sans qu'elle ne s'y attendît le moins du monde, elle le vit pâlir et agripper son bras gauche avec force en poussant un râle. Comme au ralenti, il s'accroupit dans l'herbe et paraissait en proie à de violents tremblements. Le cœur de la Gryffondor parut manquer un battement. Elle se leva et accourut aussitôt vers lui :

- Malefoy, tu as mal ?

Les dents serrées, il ne répondit pas mais acquiesça d'un signe de tête.

- Qu'est-ce que je peux faire ? questionna-t-elle, désemparée par un sentiment d'impuissance.

- Rien, il faut attendre.

Il se tenait toujours le bras de manière crispée.

- Il doit bien y avoir quelque chose, dit-elle en se redressant, prête à aller chercher n'importe quelle aide.

- Non ! s'exclama-t-il en lui attrapant le poignet.

Stoppée dans son élan, elle retomba à genoux devant lui.

- Mais… balbutia-t-elle.

- Reste avec moi.

Hermione ressentit des frissons parcourir sa peau là où la main du blond la retenait. Elle cessa de se débattre et demeura auprès de lui, dans un silence inquiet. Au bout de quelques minutes, le visage du Serpentard finit par se détendre. Il lâcha peu à peu son bras et sa peau retrouva des couleurs. L'étau qui oppressait la poitrine d'Hermione se desserra également et elle se sentit de nouveau respirer de façon normale.

- Il vous appelait ? demanda-t-elle d'une voix apeurée.

- Oui, dit-il simplement.

- Tu avais l'air de souffrir davantage que la dernière fois, hésita-t-elle.

Il prit une inspiration avant de répondre :

- C'était plus douloureux.

Drago se releva lentement et la jeune fille fit de même, une main sur son bras encore tremblant :

- Tu devrais aller te reposer.

- Ce n'est rien, rétorqua-t-il.

- Ne fais pas comme s'il ne s'était rien passé.

Hermione se sentait piquée au vif par la curiosité et mourrait d'envie de savoir de quoi il avait souhaité lui parler juste avant que la douleur ne le prît. Mais elle n'osait plus lui en parler. La peur qu'elle ressentait pour lui était plus forte encore. Le voir souffrir ainsi l'avait presque tétanisée.

- Granger, tu…

Mais le Serpentard fut coupé dans son élan par le bruit de la porte qui s'ouvrait. Les deux adolescents tournèrent instantanément leur regard vers le nouveau venu.

- Harry ? s'étonna Hermione en voyant son ami apparaître.

Le jeune homme referma la porte derrière lui et s'avança vers eux. Elle sentit le blond se raidir légèrement, comme sur ses gardes. Mais ce qu'elle ne pouvait s'empêcher de remarquer plus que tout, c'était le visage grave du brun. Son inquiétude redoubla.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle d'une voix presque étranglée.

Elle ne connaissait que trop bien cette expression, pour l'avoir vue se peindre sur les traits de son meilleur ami, chaque fois qu'un drame s'était produit. Mais contre toute attente, il ne lui répondit pas et fixait Drago avec insistance :

- J'ai une mauvaise nouvelle, Malefoy.

L'interpellé ne le quittait pas des yeux. Hermione les observa tour à tour, les muscles si tendus qu'ils en devenaient douloureux.

- Je t'écoute, Potter, articula le Serpentard d'un air qui se voulait sans doute détaché.

Harry tourna un instant son regard émeraude à travers ses lunettes vers la jeune fille qui lui fit signe de continuer :

- McGonagall vient d'arriver.

Hermione ouvrit des yeux ronds :

- C'est vrai ? Mais alors…

- Ron est avec elle, ajouta-t-il d'un air éloquent.

La jeune fille comprit alors que leur ami devait être occupé à essayer d'en savoir plus sur le Basilic de la Chambre des Secrets. Tous trois avaient convenus la veille qu'il était plus prudent qu'un seul d'entre eux s'en charge, au risque d'éveiller les soupçons. Ils ne rataient donc pas leur occasion. Priant pour que Ron parvînt à la faire parler, l'attention d'Hermione se reporta rapidement sur ce qu'Harry était venu leur annoncer.

- Accouche, Potter, lança Drago avec un regard noir.

- Malefoy ! s'indigna-t-elle.

- Parkinson est morte.

Le jardin sembla se figer dans une atmosphère étouffée. Aucun bruit de parvenait plus aux oreilles d'Hermione, comme si tous les alentours avaient entendu les paroles de son meilleur ami. Elle n'entendait plus les oiseaux chanter, ni les clapotis des poissons qui nageaient. Le vent lui-même paraissait s'être arrêté de souffler. Mais peut-être était-ce juste elle qui se sentait complètement étourdie par la nouvelle.

- Harry, balbutia-t-elle. Qu'est-ce que tu racontes ?

- La vérité, répondit-il d'un air sombre. McGonagall vient de nous le dire.

- Mais… Comment le sait-elle ?

- C'est dans la Gazette du Sorcier.

- Mais la Gazette est sous le contrôle de…

- Justement. Ils devaient espérer que ça arrive aux oreilles de Malefoy. C'est un avertissement.

Hermione sentit ses lèvres trembler sans pouvoir les en empêcher. Elle observa Drago qui demeurait parfaitement silencieux et inerte. Inquiète, elle fit un pas vers lui.

- Ne m'approche pas, dit-il sans la regarder.

La jeune fille se figea, terrifiée par le ton de sa voix.

- Je sais à quoi tu penses, se força-t-elle à articuler d'une voix soudain très faible.

- Tu sais aussi que j'ai raison, dans ce cas.

- Non !

- C'est à cause de moi qu'elle est morte ! s'écria-t-il en la toisant brusquement.

Tous deux se défiaient du regard, sous l'œil alerte du Gryffondor.

- Ce n'est pas ta faute, répliqua Hermione en essayant à nouveau de l'approcher.

- J'aurais dû l'emmener avec nous ! Elle nous a sauvés et je l'ai laissée là !

- Tu ne pouvais pas savoir…

- J'aurais dû m'en douter ! On ne peut rien cacher à Tu-Sais-Qui. Il savait pour notre plan. Il saurait forcément que la trahison venait d'elle.

- Elle ne voulait pas te suivre ! lui rappela la brune.

- Je n'avais qu'à la forcer ! répliqua-t-il.

- Malefoy, je t'en prie !

Le Serpentard se dirigea d'un pas lourd et rapide vers le banc et se laissa tomber dessus, se prenant la tête entre les mains. Il respirait de manière précipitée, ses doigts durement crispés sur sa peau marmoréenne.

Hermione demeura immobile. Le visage de Pansy Parkinson hantait son esprit. Celle qui, paradant dans les couloirs de Poudlard avec prétention, avait passé six ans à la brimer. Et celle qui lui avait sauvé la vie, le temps d'une nuit, ses cheveux bruns mouillés et sa frêle silhouette qui se découpait sous un rideau de pluie. Ces deux images étaient tellement différentes, comme appartenant à deux personnes opposées. Mais la dernière, bien que fragile et trouble, semblait jeter un voile opaque sur toutes les années passées. Serrant les dents, la Gryffondor jeta un regard chargé de regrets à Harry qui s'approcha d'elle et posa une main réconfortante sur son épaule.

- Malefoy, dit-il soudain d'une voix calme.

Interloquée, Hermione le regarda s'approcher lentement du banc de pierre.

- McGonagall voulait te l'annoncer elle-même. Mais je lui ai demandé de me laisser faire.

Elle fronça les sourcils, se demandant avec inquiétude pourquoi il lui disait cela.

- Parce que malgré ce que tu penses, continua-t-il, personne ici ne peut te comprendre mieux que moi.

Drago releva des yeux noirs de colère vers le brun.

- Ne me fais pas rire, Potter ! cracha-t-il. Tu n'as aucune idée de ce que je peux ressentir !

- Tu crois ça ? Les personnes que j'aimais le plus au monde sont mortes les unes après les autres…

- Ce n'est pas nouveau ! répliqua le blond d'un air mauvais qui arracha un gémissement à Hermione.

- Pour me protéger, ajouta le Gryffondor sans se départir de son calme.

La brune comprit brutalement où il voulait en venir. De même que Drago qui observait à présent son rival d'un air étrangement figé.

- D'abord ta mère et maintenant Parkinson, poursuivit Harry. Elles se sont sacrifiées pour te sauver la vie.

Drago serra les poings. Une rage qu'il n'avait jamais connue auparavant se dégageait par tous les pores de sa peau comme une aura malfaisante.

- Je sais ce qu'on ressent, continua Harry d'un ton plus dur, quand on pense que sans nous, ces personnes seraient encore là. Quand on pense qu'elles sont mortes par notre faute.

Hermione serra ses bras autour d'elle, embrassant la scène d'un regard las.

- Ne parle pas comme si tu les connaissais, s'agaça le blond.

- Ce n'est pas ce que j'essaye de faire, Malefoy. Je te dis juste que je sais que ça fait mal. Cette douleur, c'est la pire chose. Mais tu peux la combattre…

- Laisse-moi, coupa-t-il.

- Si tu as les bonnes personnes auprès de toi, termina le brun d'un ton empreint de sévérité. Ce n'est pas le moment de fuir.

Il resta quelques instants debout devant le Serpentard, le visage impassible. Puis il tourna les talons, après avoir fait un léger sourire encourageant à Hermione. Le bruit de la porte finit bientôt par se faire entendre et le silence revint, plus pesant qu'il ne l'avait jamais été. La jeune fille n'osait pas regarder en direction du Serpentard. Elle entendait simplement son souffle court.

- Je ne peux pas me résoudre à le remercier, murmura-t-il brusquement, sous l'œil surpris d'Hermione.

Elle le fixa un moment puis s'approcha :

- Il n'en a pas besoin, dit-elle.

- Elle est morte, ajouta-t-il en fixant Hermione avec intensité.

- Je suis tellement désolée, souffla-t-elle.

- Je leur ferai payer ça, prononça-t-il d'une voix redoutablement calme.

Alarmée, Hermione s'assit près de lui :

- Ne dis pas ça, Malefoy. Harry aussi souhaite se venger plus que tout mais… C'est pour te protéger que…

- Je sais.

- Elles ne voudraient pas que tu risques ta vie.

- Je ne peux pas rester les bras croisés, murmura-t-il de nouveau.

- Pourquoi dis-tu ça maintenant ?

- Je n'aurais rien pu faire pour ma mère, expliqua-t-il en baissant les yeux. Mais Pansy… J'aurais pu la sauver.

Il marqua une pause, le regard plongé dans le vide, puis ajouta d'une voix morne :

- Je leur dois bien ça.

La Gryffondor sentit son cœur battre à tout rompre. D'une main frémissante, elle agrippa la chemise de Drago et serra le tissu de toutes ses forces.

- S'il te plaît, ne fais pas de choses inconsidérées.

Surpris, le jeune homme l'observa un moment lutter contre ses sanglots. Ses cheveux bouclés éparpillés sur ses fines épaules et son regard perdu et désemparé. Son corps se détendit alors sensiblement. La voir dans cet état lui était presqu'insupportable.

- Hermione, regarde-moi.

Pétrifiée, la brune leva vers lui des yeux emplis de stupéfaction. Drago prit délicatement son visage entre ses mains et déposa un baiser ferme sur ses lèvres.

- Je ne suis pas idiot au point de me jeter dans la gueule du loup, dit-il en plongeant son regard pénétrant dans celui plus sombre de la jeune fille. Je ferai ce qu'il faudra le moment venu. Mais je ne te quitterai pas, si c'est ce qui t'inquiète.

- Tu… Tu as dit…

- Hermione, répéta-t-il.

Son visage demeurait froid comme le marbre. Mais sa voix, prononçant son prénom pour la toute première fois, était plus douce qu'elle ne l'avait jamais entendue.