Bonsoir les gens ! Mille mercis pour les nombreuses reviews et follows sur les derniers chapitres ! Je vous adore :)
Bon, j'ai comme l'impression que vous risquez de m'en vouloir après ce chapitre... En tout cas je vous annonce que je publie le suivant dès demain pour me faire pardonner, vous comprendrez ;)
Enjoy and review !
Chapitre 30
Le crépuscule tomba sur l'Ecosse, irisant les nuages gris d'une couleur rose pâle. Puis la nuit se répandit à son tour, plongeant les alentours dans une obscurité palpable. L'atmosphère était lourde, comme si un orage allait éclater, ce qu'Hermione soupçonnait en observant le ciel à travers la fenêtre de sa chambre. Elle laissa doucement glisser le rideau de tulle blanc, jauni par le temps, entre ses doigts et il retomba mollement devant la vitre.
La jeune fille ne parvenait pas à dormir. La dernière image qu'elle avait de Pansy ne quittait pas ses pensées. Elle revoyait ses yeux humides et le regard chargé de tristesse et de résignation qu'elle leur avait lancé comme dernier adieu. La Gryffondor ressentait une culpabilité infinie s'insinuer en elle à chaque seconde. Malgré ce qu'elle avait dit à Drago pour tenter de le calmer, elle-même ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle était morte par leur faute. Et des images sordides jaillissaient alors dans son esprit. Avait-elle été contrainte d'avouer sa trahison ? Avait-elle été torturée jusqu'à la mort ?
Hermione secoua la tête dans une énième tentative de chasser ces idées. Elle ne devait pas penser à cela. Il était trop tard désormais pour pouvoir y changer la moindre chose. Il fallait aller de l'avant, comme elle le faisait depuis des mois.
Redressant les épaules, elle quitta la fenêtre et se dirigea vers son lit pour s'y allonger de nouveau. Poussant un soupir, elle tira les couvertures sur elle et tenta de s'y pelotonner. Les nuages masquaient les rayons de lune et la pièce était plongée dans un noir quasi-total. Hermione ferma les yeux et essaya tant bien que mal de se détendre.
Elle songea à Poudlard. Ron, au courant de la mort de Pansy mais ignorant tout de la scène qui s'était déroulée dans le jardin, avait annoncé au dîner non sans une certaine fierté, qu'il était parvenu à obtenir de McGonagall les informations qu'ils souhaitaient :
- Le Basilic est toujours dans la Chambre, avait-il annoncé, un sourire jusqu'aux oreilles.
- Parfait, avait répondu le brun. Il nous faut un plan à présent.
Pour se changer les idées en cette fin de journée maussade, la brune s'était appliquée à finir de recopier les éléments du carnet de Regulus Black sur les parchemins. Satisfaite de son travail, elle les avait soigneusement roulés ensemble et avait confié le tout à Harry qui désirait de nouveau examiner le horcruxe de plus près. Il l'avait manipulé avec précaution, une lueur d'impatience éclairant son regard.
- Cela prendra du temps, avait commenté Hermione. Il ne faut pas prendre cette idée à la légère. Pénétrer à Poudlard relève de la mission impossible. C'est presque de l'inconscience.
- C'est la meilleure idée qu'on ait en réserve, avait répliqué Ron. On trouvera bien une solution. On a des amis à l'intérieur et on peut peut-être trouver un moyen de les contacter. Nous y réfléchirons dès demain.
La jeune fille lui avait répondu par un triste sourire.
- Comment va Malefoy ? avait alors demandé le rouquin, remarquant sans doute ce manque d'enthousiasme.
Cette simple question venant de la part de Ron avait profondément touché Hermione.
- Je crois qu'il va bien, avait-elle répondu avec douceur. Aussi bien que possible.
Ron avait acquiescé d'un signe de tête compatissant, puis s'était de nouveau penché sur son assiette de soupe, prêt à l'engloutir en quelques minutes. Ce qui avait eu le don d'arracher un véritable sourire à Hermione.
A présent qu'elle était dans son lit, dans le calme le plus total, elle pouvait réfléchir plus sérieusement à cette idée de s'introduire dans leur école. Mais elle avait beau retourner la situation en tous sens, elle ne parvenait pas à trouver de plan qui ne soit pas trop risqué. Bien sûr, ils pouvaient toujours essayer d'utiliser l'un des passages secrets de la Carte du Maraudeur. C'était l'idée qu'ils avaient la plus évoquée jusqu'à présent. Car cela restait sans conteste celle qui était la plus plausible. Mais encore pour cela fallait-il atteindre l'un des endroits qui permettaient d'accéder à un passage. Et les deux endroits accessibles se trouvaient à Pré-au-Lard. En songeant au petit village, le cœur de la Gryffondor se serra. Elle repensa à leurs après-midis passés aux Trois Balais. Confortablement installés au chaud, alors que la neige tombait parfois au dehors, sirotant de délicieuses bièraubeurres. Elle avait tant envie d'y retourner que l'idée commençait à lui paraître de moins en moins saugrenue. Pourtant, elle savait bien que les lieux risquaient d'être infestés de Détraqueurs. Comment parviendraient-ils à les éviter ?
Alors qu'elle songeait à la façon la plus discrète de faire surgir un Patronus, un bruit la figea dans le noir. Elle tourna les yeux vers la porte, consciente de l'inutilité de son geste puisqu'elle n'y voyait rien. Cependant, elle crut percevoir le grincement de la poignée. Elle s'immobilisa et tendit l'oreille. Elle crut entrevoir les contours de la porte se dessiner. Des bruits de pas accompagnèrent le mouvement.
- Qui est là ? chuchota-t-elle.
Mais aucune réponse ne lui parvint. Son cœur se mit à battre plus fort. Les bruits de pas se rapprochèrent et une silhouette se découpa peu à peu près du lit. Hermione se redressa instantanément et se saisit de sa baguette qui se trouvait sur la table de nuit, mais une main se plaqua sur sa bouche pour la faire taire. Surprise, elle se recula avec effroi mais un chuchotement glissé à son oreille la calma aussitôt :
- C'est moi.
- Drago ?
Prononcer le prénom du Serpentard lui était à la fois étrange et agréable. Elle avait le sentiment qu'elle ne pourrait jamais s'en lasser.
- Tout va bien ? s'inquiéta-t-elle.
Mais il ne répondit pas davantage et la brune sentit la couverture se soulever, découvrant son corps uniquement vêtu d'un débardeur et d'un short. Elle frissonna quelques secondes, jusqu'à ce qu'elle sente le blond s'allonger près d'elle. Il rabattit la couverture et prit aussitôt la jeune fille dans ses bras. Elle répondit à son étreinte non sans surprise, nichant son visage au creux de son épaule. Du bout des doigts, elle caressa son dos nu et tiède. Sa peau sentait délicieusement bon. Elle réalisa que c'était la première fois qu'ils se trouvaient ainsi enlacés dans un lit et à quel point cela lui paraissait pourtant naturel. Il l'embrassa soudain d'une façon si douce qu'elle en eut la chair de poule. Elle trouvait à présent superflu de lui demander pour quelle raison il venait la trouver en pleine nuit. Peut-être que lui non plus ne parvenait pas à trouver le sommeil.
Les mains du Serpentard glissèrent sur les cuisses d'Hermione comme une légère brise. Il l'embrassa dans le cou et elle eut la sensation qu'il enflammait sa peau à chaque passage. Lorsqu'il descendit ses lèvres vers la naissance de sa poitrine, caresse qu'elle avait déjà expérimenté la veille, elle se recula brusquement, haletante :
- Drago ! s'exclama-t-elle.
- Quoi ? répliqua-t-il d'un ton parfaitement sérieux ou perçait cependant une note de provocation amusée.
- On pourrait nous entendre.
- Tu n'as qu'à insonoriser la pièce.
Hermione chercha désespérément un argument qui pourrait le convaincre mais les mains du jeune homme avaient repris leur exploration et elle avait de plus en plus de mal à garder les idées claires. Il caressait ses jambes avec une habileté déconcertante et elle se mit à pousser un soupir malgré elle. Elle sentit le sourire du blond contre ses lèvres. Pressant son corps contre le sien, elle agita sa baguette :
- Sonorus, murmura-t-elle. Collaporta.
Les mains et les lèvres de Drago devinrent brutalement plus entreprenantes, allumant le désir chez la jeune fille qui reposa la baguette et se laissa aller avec une satisfaction coupable. Elle l'entendit rouler sur la tablette et tomber au sol dans un bruit sec.
- Drago, souffla-t-elle.
- Je n'en peux plus, Hermione, dit-il d'un ton roque.
Comprenant où il voulait en venir, la Gryffondor ressentit une pression dans son bas-ventre. Elle se mit à trembler, à la fois de convoitise et de crainte. Incapable de la moindre protestation, elle sentit une main glisser sous son débardeur et le tirer lentement vers le haut, avant de le lui ôter totalement, livrant sa poitrine aux lèvres assurées du Serpentard. Elle se cambra sous le choc du plaisir produit par la langue chaude qui parcourait sa peau. Un gémissement s'échappa littéralement de sa gorge.
Répondant à cette discrète approbation, Drago fit glisser délicatement le bas de la jeune fille, la déshabillant ainsi entièrement. Soudain nue contre lui, Hermione se sentait sous l'emprise totale du désir et des sentiments qu'elle ressentait pour lui. L'idée qu'il s'agissait de lui, que dans cette obscurité, celui qu'elle ne pouvait voir mais qui découvrait ainsi son corps, dans tous les sens du terme, n'était autre que Drago Malefoy était indescriptible. C'était fou parce qu'il était Drago Malefoy. C'était doux parce qu'il était lui, tel qu'elle avait appris à le connaître. D'un geste précautionneux, il repoussa ses cuisses et entreprit de cajoler son intimité, sans cesser d'embrasser sa poitrine avec avidité. La brune rejeta la tête en arrière et ferma les yeux.
Cela ne pouvait tout de même pas se passer ainsi. Elle n'avait jamais partagé cela avec un garçon et avait du mal à croire que son heure était déjà arrivée. De cette façon, dans la précipitation, la fièvre. Mais les caresses du blond lui faisaient perdre la tête. Jamais elle n'avait ressenti une telle chose. C'était si bon qu'elle avait envie de se laisser faire et de ne plus songer à rien d'autre qu'à l'instant présent. Le Serpentard paraissait si sûr de lui qu'elle était terrifiée à l'idée de lui avouer sa virginité. Il n'avait plus l'air de la croire aussi ingénue qu'il le prétendait auparavant. Etait-ce de sa faute ? Elle l'avait peut-être un peu trop provoqué. Et poussé à bout. A présent, elle ne savait plus si elle regrettait ou non son comportement. Elle lui avait avoué ses envies dans l'espoir de s'en justifier, voire même s'en excuser. Mais il avait après tout raison sur elle et sur toute la ligne, elle était bien trop naïve en la matière. Comment avait-elle pu croire qu'une telle confession resterait sans conséquences ? Les mains de Drago ne lui accordaient pas le moindre répit, pas plus que ses lèvres douces et expérimentées. Les pensées de la Gryffondor étaient comme prisonnières d'une boucle infinie entre sa conscience et ses émotions. La peur lui nouait la gorge, le plaisir l'irradiait. Elle aurait voulu pouvoir croiser son regard. Qu'il puisse y lire son débat intérieur et son inquiétude. Qu'il prenne cette décision qu'elle était incapable de prendre elle-même car tout allait trop vite, tout était trop fort et déroutant. Mais la nuit les enveloppait, lui refusant cette planche de salut. Elle se laissait donc dériver dans cette tempête de sensations qui la submergeait, l'engloutissait toute entière.
Drago remonta jusqu'aux lèvres de la brune et les happa dans un geste possessif, tandis que ses mains glissaient de nouveau le long de son corps. Il avait l'impression qu'il allait bientôt exploser. Il la désirait depuis des semaines. Il n'avait pas connu de telle chaleur ni de telle situation depuis longtemps. Il se demandait même par quel miracle il avait réussi à se retenir jusqu'à présent.
Les souvenirs de Poudlard refaisaient surface. Les moments où il aurait tout donné pour l'humilier et lui faire mordre la poussière. Le jour où sa haine avait décuplé lorsqu'elle l'avait giflé en public. L'époque où elle ne représentait rien de moins que le parfait ensemble de ce qu'il méprisait en ce monde. Il n'en revenait toujours pas du tour qu'avaient pris ses sentiments. Il ne parvenait plus à associer les morceaux de leur histoire d'une manière cohérente. Et pourtant, c'était comme une évidence. Elle était la fureur, la passion, les disputes, les baisers, les regards, les confrontations. Il se sentait si vivant dès qu'il entrait en contact avec elle. Elle était le feu de sa glace. Tout les opposait et c'était pourtant cela qui faisait de leur alliage quelque chose d'unique. Plus fort que tout ce qu'il aurait pu soupçonner. C'était grisant, excitant et savoureux. Ce n'était pas ce à quoi il croyait avoir renoncé en devenant Mangemort. C'était quelque chose de plus, qu'il n'avait même pas imaginé à l'époque où il se sentait encore heureux. Et il profitait à présent de chaque aspect de cet inattendu, avec un plaisir digne d'un prince qui se voit devenir roi. Il avait goûté son esprit et goûtait à présent sa peau comme une chose qui lui avait fait défaut toute sa vie, alors même qu'il n'avait pas conscience de son existence.
- Drago, gémit-elle de nouveau.
Mais un bruit de porte se fit soudainement entendre. Le jeune homme se figea tandis qu'Hermione retenait un cri de surprise. Tous deux demeurèrent parfaitement silencieux, tendant l'oreille. De longues secondes s'écoulèrent sans la moindre récidive et la Gryffondor allait soupirer de soulagement lorsque des bruits de pas résonnèrent dans la maison. Elle se tendit alors avec appréhension.
- C'est pas vrai ! marmonna soudain le blond dans l'obscurité.
- Je t'avais dit que c'était trop risqué, s'inquiéta-t-elle. Laisse-moi récupérer ma baguette. Je crois qu'elle est tombée par terre.
- Tu n'es pas sérieuse ?
- Il y a peut-être un problème. Si Harry veut me parler…
- Il devra attendre.
Hermione sentit son cœur battre davantage mais se gifla intérieurement. Le Serpentard se remit à l'embrasser, puis à déposer de légers baisers sur le reste de son corps.
- Arrête ça, supplia-t-elle.
Mais son ton était déjà beaucoup moins convaincant.
- Tu ne peux pas me demander ça maintenant, souffla-t-il en embrassant le creux de son cou.
- Je t'en prie.
- Hermione, soupira-t-il. Laisse-toi aller pour une fois. La journée a été difficile.
- Ce n'est pas une raison…
- J'ai besoin de toi, bon sang !
La brune se tut, hébétée par le ton furieux du Serpentard.
- Il faudrait que je te parle en Fourchelangue pour que tu comprennes ça ? ajouta-t-il.
- Mais…
- Je veux pouvoir te prendre dans mes bras et t'embrasser quand j'en ai envie ! Et pas seulement quand ce rouquin attardé daigne dégager le plancher !
- Drago…
- Je te veux, Hermione. Ose prétendre que ça te déplaît et je m'en irai sur le champ.
- Je n'ai jamais dit…
Mais sa phrase fut interrompue par de nouveaux bruits de pas, sourds et précipités. La brune n'attendit pas d'en savoir plus. Elle repoussa le blond et bondit du lit, attrapant au passage sa baguette qui gisait sur le sol.
- Hermione…
Elle enfila ses vêtements à toute vitesse et se rua vers la porte.
- Je suis vraiment désolée, ne bouge pas, murmura-t-elle au jeune homme avant d'ouvrir à demi le battant et de se glisser à l'extérieur.
Elle referma la porte derrière elle et se pencha discrètement sur la gauche :
- Lumos.
Le couloir paraissait désert. Ils n'avaient pourtant pas rêvé. D'où pouvaient bien provenir les bruits qu'ils avaient entendus ? Alors qu'elle s'apprêtait à se rendre dans la chambre d'Harry et Ron pour voir s'ils s'agissaient d'eux, un grincement du parquet alerta la jeune fille. Elle leva les yeux vers le bout du couloir et ce qu'elle y vit la glaça aussitôt d'effroi. Une silhouette noire et encapuchonnée se tenait droite, bloquant l'unique passage menant vers l'entrée :
- Comme on se retrouve !
Hermione faillit hurler de terreur en reconnaissant la voix aigüe et menaçante de Bellatrix Lestrange.
- Non, murmura-t-elle en crispant les doigts sur sa baguette.
Son adversaire leva la sienne et Hermione plongea aussitôt derrière le guéridon en bois. Le sort lancé la frôla de si près qu'elle sentit ses cheveux s'électriser autour de son visage.
- Expelliarmus ! s'exclama-t-elle.
Mais Bellatrix évita elle aussi le jet de lumière en se réfugiant derrière le mur.
- Hermione ?
Entendant la voix de Drago derrière la porte de sa chambre, la Gryffondor la ferma d'un geste sec :
- Collaporta !
Elle entendit la poignée tourner en vain.
- Hermione, qu'est-ce que tu fabriques ? s'agaça le Serpentard en la secouant davantage.
Bellatrix pencha la tête pour observer le couloir et ôta lentement sa capuche, dévoilant ses cheveux d'ébène et ses yeux noirs dans lesquels Hermione ne voyait rien d'autre se refléter qu'une pure folie. Une folie destructrice.
- Elle essaye de te sauver, mon cher Drago, se délecta la Mangemort en avançant d'un pas. Elle sait bien qu'à la seconde où j'aurai mis la main sur toi, tu seras mort.
- Bellatrix ?
- C'est bien moi, mon neveu chéri !
- Hermione, ouvre-moi tout de suite ! Ne fais pas l'idiote !
La voix de Drago paraissait réellement furieuse et affolée mais la jeune fille demeura muette, ses yeux rivés sur la sorcière qui lui faisait face. Elle était tellement terrifiée qu'elle ne parvenait plus à bouger. Les souvenirs des longues heures de tortures qu'elle avait subies lui revenaient en mémoire. La peur s'insinuait dans ses veines. Elle aurait voulu crier, appeler à l'aide. Mais aucun son ne semblait vouloir sortir de sa gorge.
Soudain, un nouveau bruit résonna derrière elle, ce qui la soulagea et l'angoissa tour à tour.
- Hermione ! s'exclamèrent Ron et Harry d'une même voix.
Elle jeta un coup d'œil apeuré vers ses deux amis qui venaient de jaillir de leur chambre et se postèrent aussitôt derrière elle d'un air menaçant, baguettes en main.
Bellatrix avisa ses deux nouveaux adversaires d'un air dédaigneux.
- Tu t'imagines que tu es tirée d'affaire, ricana-t-elle. Mais tu n'es pas la seule à avoir des renforts.
Elle jeta un coup d'œil derrière elle et claqua des doigts. Aussitôt, deux nouvelles silhouettes encapuchonnées émergèrent du coin du mur et l'entourèrent comme des gardes du corps. Il était impossible de voir leur visage, si bien qu'aucun des trois amis ne put deviner à qui ils avaient désormais affaire. L'un des Mangemorts était plus petit que Lestrange, tandis que l'autre la dépassait de dix bons centimètres. Hermione sentit ses membres trembler mais se redressa tant bien que mal, décidée à leur faire face. Certes, ils étaient des Mangemorts. Mais ce n'était pas la première fois qu'ils en affrontaient. Sentir ses amis près d'elle lui redonna le courage qui lui avait fait défaut quelques secondes plus tôt.
Elle leva sa baguette, prête à jeter un sort, quand brusquement, tout devint noir. Une obscurité totale avait envahi les lieux. Egarée et paniquée, la Gryffondor retint un cri lorsqu'elle sentit une main attraper la sienne avec force et l'entraîner dans le couloir sans ménagement.
- Qu'est-ce que… murmura-t-elle.
Happée en arrière, elle reconnut la main d'Harry et se laissa guider en silence tandis qu'elle entendait la voix de Bellatrix pester à l'autre bout du couloir.
- Vite ! hurlait-elle. Il ne faut pas qu'ils s'échappent. Il sera furieux.
- Lumos, retentit une voix roque que la jeune fille fut incapable de reconnaître.
Mais le sortilège ne sembla pas fonctionner.
- Lumos !
Les bruits de pas des Mangemorts se firent entendre tandis qu'ils essayaient de se frayer un chemin dans le noir. Des bruits sourds et des jurons indiquaient que l'un d'entre eux s'était cogné contre un meuble.
Hermione, toujours tirée en arrière finit par atterrir dans la chambre de Ron et Harry. Ce dernier lui lâcha la main et ferma la porte brusquement. L'obscurité avait également commencé à se répandre dans la pièce mais ils y voyaient encore suffisamment. Le brun se saisit d'un gros sac-à-dos et y fourra le horcruxe et les parchemins, ainsi qu'une poignée de vêtements qui traînaient sur une chaise, sans oublier sa précieuse cape d'invisibilité.
- Vite ! pressa Ron à mi-voix. Il faut transplaner !
- Non ! s'étouffa presque Hermione en dégageant sa main qu'il venait de serrer dans la sienne.
- Qu'est-ce que tu attends ? La Poudre d'Obscurité ne va pas marcher très longtemps !
- Je ne partirai pas sans Drago ! répliqua-t-elle.
Elle transplana aussitôt dans sa propre chambre et se saisit du bras du Serpentard qui s'évertuait toujours à donner des coups sur la porte, sans lui laisser le temps de protester. En quelques secondes, ils étaient tous les deux auprès de ses amis.
- Est-ce que tu l'as appelé Drago ? fulmina le rouquin, les yeux écarquillés et les oreilles rougies pas la colère.
- Ron ! s'irrita Harry. Tu crois vraiment que c'est le moment ? Donne-moi la main !
- Alohomora ! persifla la voix de Bellatrix à travers le mur.
Une main tenant Harry et l'autre serrée dans celle de Drago, la Gryffondor sentit juste à temps la sensation familière. Elle n'entendit que le bruit de la porte et le cri rageur de Bellatrix lorsqu'elle s'ouvrit avec pertes et fracas sur une chambre désormais vide de toute présence. Une fois de plus, ils étaient contraints de fuir. Et de tout abandonner derrière eux.
