Heyyyyy ! Je poste le nouveau chapitre vite fait avant de partir au boulot ;)
Un IMMENSE merci pour les reviews ! Et merci aux nouveaux-venus sur ma fic, ça me touche énormément !
Enjoy ! :D
Chapitre 32
- Ron !
Harry attrapa un pan du t-shirt de son ami et le retint en arrière.
- Quoi ? s'exclama ce dernier.
Il paraissait de nouveau prêt à bondir à la poursuite du Serpentard qui venait de se faufiler dans l'étroit passage rocailleux qu'avait emprunté Hermione quelques secondes auparavant.
- Tu as fait assez de dégâts comme ça, lui fit remarquer posément le brun, sans cesser de le maintenir près de lui.
- Des dégâts ! s'offusqua le rouquin. C'est une plaisanterie, Harry !
- Est-ce que j'ai l'air de plaisanter ?
Ron jeta un regard vers son ami par-dessus son épaule comme pour vérifier par lui-même. Harry avait les sourcils froncés et un air déterminé sur le visage. Il le lâcha délicatement et lui posa une main sur le bras.
- Ecoute, dit-il d'un ton calme. Je comprends ce que tu ressens.
- Je n'en ai pas l'impression ! Tu ne m'as pas soutenu une seule seconde !
- Qu'est-ce que tu espères au juste, Ron ?
- Lui ouvrir les yeux ! Tu crois que je ne vois pas leur manège ? Je ne suis pas stupide, Harry !
Pendant un court instant, le brun se figea d'inquiétude.
- Je vois bien qu'il essaye de l'amadouer pour qu'elle le protège ! ajouta le rouquin, les oreilles rouges de colère. Et je vois bien qu'elle est en train de tomber droit dans son piège.
Harry faillit pousser un soupir de soulagement mais se retint de justesse.
- Je ne sais pas si tu as raison ou non à propos de Malefoy, reprit-il en plantant son regard vert dans les yeux bleu clair de son meilleur ami. Tout ce que je sais, c'est qu'il doit rester avec nous.
- Pourquoi ? On n'a qu'à le laisser tomber et le laisser se débrouiller tout seul ! Je ne me sens pas du tout concerné par ce qui peut lui arriver.
- Tu dis les choses sans réfléchir, Ron. Admettons qu'il nous dise la vérité, il se ferait tuer. Et s'il nous ment, s'il est vraiment un traître comme tu l'en soupçonnes toi-même ? Tu veux qu'il rejoigne les Mangemorts et qu'il leur dise où nous sommes ?
- Il l'a déjà fait !
- Je ne pense pas que ce soit le cas. Mais dans le doute, je préfère garder un œil sur lui.
- Mais…
- Tu as bien compris, affirma Harry sans lui laisser le temps de protester davantage. Je te rappelle que je suis avant tout à la recherche des horcruxes. Et me voilà forcé d'être la baby-sitter d'un Mangemort en fuite. Je ne risque pas de m'y retrouver si je dois gérer vos querelles en permanence ! C'était déjà difficile à supporter pour moi lorsqu'il s'agissait de toi et Hermione et je n'ai certainement pas l'intention de devenir fou !
Un silence pesant s'installa entre les deux Gryffondor. Ron prenait cet air gêné qu'il avait toujours lorsqu'il était parfaitement conscient qu'Harry avait raison sur une chose qui le contrariait fortement. Le crépitement du feu résonnait sur les parois de la caverne qui paraissaient en renvoyer un léger écho.
- Si Hermione arrive à s'entendre avec lui, continua Harry en fronçant à nouveau les sourcils, je dois avouer que cela m'arrange un peu. Je comprends que ça te soit pénible mais si nous voulons le surveiller et être sûr qu'il ne cherche pas à fuir, nous devons éviter de jeter de l'huile sur le feu.
- Tu veux dire qu'on doit faire semblant de le croire ?
- C'est un peu tard pour toi désormais mais essaye simplement de ne pas revenir sur le sujet.
- Et Hermione ?
- Laisse-la faire comme elle le sent. Elle est intelligente et elle ne se laissera pas berner si facilement. Et puis il est désarmé. Que veux-tu qu'il lui fasse ?
- Je sais, Harry, mais…
- Ne t'inquiète pas pour elle. Nous sommes là. Tu crois sincèrement que je prendrais le moindre risque de la perdre à nouveau ?
Ron poussa un soupir et secoua négativement la tête. Harry ôta sa main et tous deux demeurèrent un instant l'un en face de l'autre, d'un air mal à l'aise.
- Tu n'as pas froid ? demanda Harry en désignant les flammes bleues d'un geste.
Son ami acquiesça silencieusement et tous deux s'assirent doucement près de l'âtre. Le brun frotta ses mains l'une contre l'autre tandis que le rouquin allongeait ses grandes jambes sur le sol. Il ne cessait de jeter des regards nerveux vers la sortie de la grotte.
Harry l'observa du coin de l'œil, puis détourna le regard. Il y avait une importante part de vérité dans ce qu'il lui avait dit. Il voulait bel et bien surveiller Malefoy de près et faire ainsi d'une pierre deux coups. Mais il se demanda tout de même s'il lui était déjà arrivé de se sentir aussi coupable envers Ron depuis le début de leur amitié. Il lui mentait effrontément. Cependant son esprit presque tout entier ne songeait qu'à Voldemort. Et aux gens qui mouraient jour après jour. A la guerre qui sévissait autour d'eux. Il avait un devoir envers toutes ces personnes qui croyaient en lui. Il ne pouvait prendre le risque de voir Ron les abandonner de nouveau. Il avait besoin de lui pour trouver les horcruxes. Il avait beau y réfléchir et y réfléchir encore. Il avait beau retourner la situation en tous sens, l'amour que Ron éprouvait pour Hermione, et la douleur qu'il ressentirait en découvrant leurs mensonges, ne paraissait pas peser suffisamment lourd dans la balance.
Et Harry sentit à nouveau son cœur se serrer de dégoût, à l'idée de cette simple vérité.
Le silence qui régnait dans la forêt était impressionnant. Pas un seul craquement. Pas la moindre brise ne venait troubler la tranquillité des sous-bois. Les gigantesques arbres déployaient en corolle leurs multitudes de branches. Offrant à la fois un sentiment de protection et la sensation qu'ils étaient les gardiens de ces lieux, prêts à vous en faire disparaître à tout instant si vous dérangiez par mégarde la sérénité de la nuit.
Dans cet écrin traversé par quelques rayons de lune, Hermione et Drago se défiaient du regard.
- Je ne t'ai pas demandé de me suivre, murmura-t-elle d'une voix tremblante qu'elle tenta vainement de maîtriser.
- Je sais, répondit-il simplement en faisant un pas vers elle.
- Ne t'approche pas.
Il stoppa aussitôt son mouvement mais la dévisagea avec froideur :
- Alors c'est comme ça ?
La jeune fille ne put s'empêcher de hausser les sourcils d'un air interrogateur.
- Il y a moins de deux heures, j'étais dans ton lit, poursuivit-il le regard noir. Et maintenant tu refuses que je t'approche ?
- Il y a deux heures, je ne savais pas que…
- Que quoi, Hermione ? Que j'étais un Serpentard, vaniteux et égoïste ?
- Ce n'est pas ça mais…
- Tu vas me faire croire que tu ne te doutais pas une seule seconde que j'aies déjà pu souhaiter la mort d'un innocent ?
- J'espérais que…
- Ouvre les yeux, bon sang ! s'exclama-t-il. Je suis un Malefoy ! Je suis un Mangemort !
- Tais-toi !
- J'ai essayé de te faire comprendre que je n'étais pas quelqu'un de bien ! C'est toi qui as insisté pour me faire croire le contraire ! Et maintenant tu voudrais m'accuser de…
- Je ne savais pas que tu avais pu penser de telles choses !
Hermione sentit son regard s'embuer de larmes mais elle les retint. Il était hors de question pour elle d'être faible. La colère l'emportait entièrement sur la peine qu'elle pouvait ressentir.
- C'est moi qui ai fait tuer l'hippogriffe, ou plutôt failli, déclara le blond d'un ton plus calme. Tu te souviens ? Tu m'as même giflé pour ça.
La Gryffondor se remémora un instant la façon dont elle avait osé le frapper le jour où elle l'avait entendu se vanter de la condamnation à mort de Buck.
- Je ne risque pas de l'oublier, répondit-elle d'un ton amer.
- J'ai essayé de tuer Dumbledore.
- Tu n'avais pas le choix…
- Hermione, soupira Drago, tu étais tout à fait consciente de ce que j'étais. Et de ce que je suis encore.
La brune détourna le regard et le plongea dans les tréfonds de la forêt.
- C'est vrai, je n'ai pas l'âme d'un meurtrier, poursuivit-il. Mais l'an dernier, j'ai tout de même mis plusieurs vies en danger pour arriver à mes fins. Pour sauver ma peau !
- Mais tu voulais que je meure, murmura-t-elle.
Elle sentit sa voix trembler de nouveau mais cela lui était désormais parfaitement indifférent.
- Moi, ajouta-t-elle en le fixant à présent du regard.
Elle ne pouvait croire en cet instant au paradoxe qui se jouait dans son cœur et dans son esprit. Elle se rendait compte qu'elle avait envie de le frapper presqu'autant que de se blottir dans ses bras. Il était la personne qui causait sa souffrance et le seul à pouvoir la réconforter. Ces deux sentiments, qui s'entremêlaient en elle, se livraient un combat féroce qui lui donnait presque la nausée.
- Tu en parles comme si ça ne me concernait pas, dit-elle encore face à son silence. Est-ce que tu peux imaginer, ne serait-ce que pendant une ridicule seconde, à quel point cela me fait souffrir ?
- Bien sûr que je l'imagine ! s'emporta-t-il. Pour qui tu me prends ? J'ai envie de mettre mon poing dans la figure de cette espèce d'abruti congénital de Weasley !
- Ne l'insulte pas ! Il s'inquiète simplement pour moi !
- Au point de te faire du mal en te racontant des choses pareilles ?
- Tu devrais assumer tes erreurs, Drago ! s'écria la brune en serrant les poings contre ses hanches, couvertes par la chemise trop grande de son ami. Ces choses pareilles, tu les as bel et bien dites ! Et ce n'est pas la peine de rejeter la faute sur Ron qui voulait juste me mettre en garde ! Il ne sait rien pour nous. Il n'a aucune idée du mal que cela peut me faire.
- Si tu savais à quel point j'avais envie de te prendre dans mes bras et de t'embrasser sous ses yeux, pour ôter son air satisfait de son visage de pauvre dégénéré !
- Je t'ai dit d'arrêter de l'insulter !
Drago s'approcha de nouveau de la jeune fille. Cette dernière s'écarta instinctivement de quelques pas mais elle se retrouva bien vite à l'extrémité du promontoire rocheux qui formait un petit précipice. Elle ne pouvait reculer davantage. Le Serpentard en profita pour s'approcher encore jusqu'à se retrouver à quelques centimètres d'elle. Il la sondait de ses yeux gris, assombris par la nuit. Il prit son menton d'une main ferme et la força à soutenir son regard.
- Qu'est-ce que tu attends de moi, Hermione ? lui demanda-t-il d'une voix calme ou perçait une note menaçante. Que je te mente sur ce que je pensais de toi à l'époque ?
Elle sentit ses yeux la brûler légèrement et un sanglot se former dans sa gorge nouée. Mais elle ne baissa cependant pas les yeux, comme hypnotisée.
- Parce que ce serait inutile, répliqua-t-il, et tu le sais aussi bien que moi.
- Je te détestais aussi, ne put-elle s'empêcher de dire d'une voix terne.
- Je sais, répondit-il. A l'époque, j'étais un gamin stupide et naïf. Je me sentais noble et je voulais toujours être craint de mes amis. Surtout Crabbe et Goyle. Ils me vénéraient littéralement.
- On se demande pourquoi...
- Alors oui, j'ai probablement dit ce dont Weasley m'accuse. Mais pour tout te dire, je n'en ai plus le moindre souvenir.
Hermione haussa un sourcil sceptique.
- Tu n'es pas obligée de me croire, continua le blond avec sérieux. Mais qu'est-ce que ça me coûtait après tout ? Ça m'amusait de penser des choses cruelles et ça impressionnait mes amis. Je n'avais pas idée de la portée de mes paroles et ça m'était parfaitement égal.
- Mais pourquoi… murmura Hermione d'une voix de plus en plus faible.
Une larme roula sur sa joue froide :
- Pourquoi moi ?
- Je ne sais pas, avoua-t-il d'un ton plus doux en lui lâchant le menton. Sûrement parce que tu étais la seule…
Il marqua une pause, d'un air hésitant.
- La seule Sang de Bourbe ? compléta-t-elle d'un ton amer. Il y en avait d'autres.
- Disons celle qui m'agaçait le plus. La première qui m'est venue à l'esprit. La meilleure amie de Potter. La Miss Je Sais Tout qui sautillait sur sa chaise pour donner les bonnes réponses. La petite peste prétentieuse.
- Prétentieuse ?
- Je n'avais pas le monopole dans ce domaine.
- Je n'ai jamais…
- Je t'en prie, la coupa-t-il avec un sourire en coin. Sois un peu honnête avec toi-même. Tu ne vas pas oser prétendre que tu n'étais pas pleine de fierté chaque fois que tu faisais gagner dix points à ta maison en étalant ton savoir et ton intelligence.
- Je ne m'en rendais pas compte, souffla-t-elle, penaude.
- Tu vois, toi aussi tu étais jeune et tu n'avais pas conscience de ce que tu faisais.
La Gryffondor poussa un soupir. Elle se sentait épuisée comme si son énergie avait été entièrement siphonnée de son corps.
- Regarde-moi, Hermione. Est-ce que tu crois sincèrement que je pense encore aujourd'hui ce que je pouvais penser de toi à l'époque ?
Elle le contempla avec inquiétude.
- Non, finit-elle par admettre. J'espère que non.
- Tu ne peux pas oublier qui je suis, poursuivit-il avec sérieux, ni d'où je viens. Mais tu peux oublier notre passé commun car on ne peut rien y changer et que tout est différent à présent.
La brune se mordit les lèvres d'un air hésitant. Il y avait du vrai dans ce que disait Drago. Elle avait toujours su ce qu'il était et elle connaissait mieux que quiconque les mauvais côtés de sa personne. Mais il était bien trop tard pour revenir sur la question. Il avait raison, elle ne pouvait changer le passé. Tous les Retourneurs de temps du monde ne suffiraient pas à modifier le fait qu'ils étaient autrefois des ennemis. Elle n'avait que peu de choix, l'accepter et tirer un trait dessus, ou bien mettre un terme à leur étrange histoire.
- Puisqu'on en est à se dire les choses, lança-t-il brusquement.
La Gryffondor le dévisagea avec surprise.
- Tu avais bel et bien raison, poursuivit-il, de te faire du souci pour les bruits qu'on a entendu au quartier général. Mais ça ne change pas le fait que tu avais l'air bien pressée de trouver la première excuse pour partir.
Hermione sentit de nouveau un poids lui tomber sur l'estomac.
- Tu l'as dit toi-même, tenta-t-elle de s'expliquer en baissant aussitôt le regard, j'étais vraiment inquiète de tout ce bruit. Ce n'était pas normal.
- Tu ne m'auras pas comme ça, Hermione.
Il la scrutait avec insistance, apparemment bien décidé à obtenir des réponses satisfaisantes.
- Tu m'as dit que tu en avais envie, continua-t-il en approchant son visage du sien. Tu croyais vraiment que j'allais rester les bras croisés ? Je t'ai prévenu que je ne tiendrais pas longtemps comme ça.
- Je t'ai aussi précisé que c'était hors de question pour moi de faire ça alors qu'Harry et Ron se trouvaient dans la pièce d'à côté ! s'emporta-t-elle.
Elle tâchait de masquer son embarras par la contrariété mais le Serpentard ne paraissait pas dupe :
- Il me semble que tu étais bien au-delà de ça, sourcilla-t-il, un sourire avantageux aux lèvres.
- Je…
Hermione ne sut plus que faire et lui tourna brusquement le dos pour masquer son profond malaise. Elle avait l'impression que le vide qui s'étalait devant elle n'était qu'un petit rien comparé à celui qui prenait possession de son esprit.
- Je ne l'ai jamais fait, prononça-t-elle soudain d'une traite, comme on arrache un pansement.
Elle se mordit les lèvres, prête à encaisser elle ne savait trop quelle réaction de la part de Drago. Celle-ci tarda. De longues secondes s'écoulèrent et l'angoisse d'Hermione ne faisait que s'accroître. Etait-il déjà conscient de cet état de fait ? Ou bien peut-être que cela n'aurait rien changé pour lui. Elle fut alors surprise de sentir deux bras forts la prendre par les épaules et l'attirer contre un torse protecteur. Un souffle dans son oreille la fit frissonner :
- Pardon, Hermione.
Elle libéra ses lèvres de l'étreinte sauvage de ses dents et murmura :
- De quoi tu parles ?
- Je t'ai presque forcée.
La voix du blond paraissait blanche de stupeur. Elle se ménagea un demi-tour dans ses bras pour lui faire face à nouveau :
- Tu ne pouvais pas savoir.
- J'aurais dû m'en douter mais j'ai cru que… Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
- Je t'ai laissé croire le contraire malgré moi, admit-elle, les joues rougies par le froid et la gêne. Et quand tu es venu, j'avais tellement peur que tu me rejettes si…
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Je...
- Ne dis pas n'importe quoi, la coupa-t-il d'un ton sévère, collant son front contre celui de la brune.
Ils restèrent ainsi quelques instants, puisant l'un dans l'autre un calme propice. Drago inspirait lentement, profitant de la fraicheur de la nuit. Maintenant qu'il repensait à leurs prémices, un curieux mélange de honte et de désir tourbillonnait dans son ventre. Il se sentait perturbé d'avoir failli lui faire vivre cela sans même en avoir conscience. Et d'un autre côté, savoir qu'elle avait malgré tout été prête à s'abandonner à lui sous l'effet du plaisir lui procurait une satisfaction coupable et attisait ses ardeurs d'un souffle nouveau. Il ressentit le besoin de rompre leur étreinte avant que ces dernières ne prennent trop d'ampleur.
- J'imagine qu'on doit retourner là-dedans, dit-il en désignant d'un geste de dépit l'entrée de la grotte.
- Oui, il vaudrait mieux aller dormir. Harry et Ron ne vont pas tarder à venir vérifier si on ne s'est pas entretués.
- J'aurais un gros désavantage sans ma baguette, fit remarquer le blond en montrant du doigt le bout de bois qui dépassait de la main d'Hermione.
Celle-ci l'examina un instant avant de relever les yeux vers lui.
- Même avec, répliqua-t-elle avec un sourire espiègle.
Puis elle entreprit de marcher vers la fente sombre qui se découpait dans la roche montagneuse.
- Tu ne paies rien pour attendre, menaça le Serpentard dans son dos.
Elle sourit de plus belle et se courba pour entrer à l'intérieur. Elle entendit les pas du blond derrière elle et cela la fit frissonner.
Le silence emplissait la caverne. Les flammes bleues ondulaient toujours, projetant sur la roche les ombres dansantes des silhouettes de Ron et Harry qui s'étaient allongés près du feu. Hermione marcha vers eux à pas de loups et constata qu'ils paraissaient finalement s'être tous deux assoupis avec la chaleur réconfortante du foyer. Elle les contourna et s'allongea à son tour, repliant ses fines jambes contre elle. Elle sentit le Serpentard s'étendre lui aussi non loin d'elle.
Bercée par le bois qui grésillait agréablement et éreintée par leur nuit angoissante, Hermione sentit ses paupières s'alourdir peu à peu malgré l'inconfort. Avant de s'endormir, elle ne put cependant s'empêcher de songer à leur mésaventure. Elle avait confiance en Drago mais force lui était d'admettre l'étrangeté de la situation. Ron avait raison. Par quel moyen les Mangemorts avaient-ils pénétrés un lieu protégé par le Fidelitas ?
