Bonsoir ! :)

Je n'ai pas beaucoup de temps pour publier alors comme d'habitude, un simple et gros MERCI à tous d'être là ! J'ai tellement peur de vous décevoir parfois et en même temps tellement hâte d'avoir vos retours et d'accueillir de nouveaux lecteurs sur ma fic ! :D

Enjoy la suite !


Chapitre 33

Lorsqu'Hermione s'éveilla, elle sentit aussitôt que son corps la faisait souffrir. Elle avait des courbatures dans les jambes et les cotes et son bras droit était ankylosé car elle avait dormi dessus de tout son poids. La jeune fille se redressa et s'étira silencieusement. Les flammes bleues virevoltaient dans l'air frais de la caverne. Elle jeta un coup d'œil autour d'elle et constata que ses trois compagnons dormaient encore à poings fermés. Son ventre émit un bruit de plainte et elle réalisa alors qu'ils n'avaient rien à manger, ni même à boire. Elle se mit alors à quatre pattes et arpenta le sol inégal à la recherche d'un objet quelconque.

- Lumos, murmura-t-elle.

Une très faible lumière émana du bout de sa baguette, juste assez pour lui permettre de voir un peu mieux. Elle aperçut alors contre l'une des parois quelques petits morceaux de rochers qui avaient dû se détacher et tomber au sol. Elle en prit un assez pointu entre ses mains et le posa devant elle.

- Vera verto, prononça-t-elle à voix basse, en agitant sa baguette.

Le petit bout de roche s'allongea jusqu'à se transformer en un grand verre à pied. Elle le remplit alors d'une eau bien fraîche qu'elle porta aussitôt à ses lèvres. Elle but le contenu d'une traite et reposa silencieusement le verre sur le sol.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Hermione sursauta en entendant la voix grave murmurer dans son dos et se retourna brusquement vers Harry. Son t-shirt blanc paraissait complètement froissé et ses cheveux étaient dans un désordre indescriptible.

- Tu m'as fait peur, lui reprocha Hermione en prenant le verre pour le lui remplir. Aguamenti.

Elle le tendit au brun qui la remercia et but à son tour à grandes gorgées.

- Ça fait du bien, dit-il en le reposant.

- Harry, nous n'avons rien à manger.

- Je sais, Hermione. On n'a pas eu assez de temps.

- Comment va-t-on faire ?

- On essaiera de trouver de la nourriture à Pré-au-Lard. De toute façon, il faut qu'on s'y rende en éclaireurs avant de tenter quoique ce soit pour pénétrer à Poudlard.

- Harry, murmura la Gryffondor, tu penses toujours que c'est une bonne idée ?

Le brun l'observa un instant puis poussa un soupir.

- Sincèrement, je ne sais pas. Mais…

Hermione prit le verre et le fit tourner délicatement entre ses mains.

- Mais ? questionna-t-elle au bout de longues secondes de silence.

- Mais tu en as une meilleure ?

Il avait un sourire en coin, celui qu'Hermione lui connaissait si bien.

- Non, admit-elle en lui souriant à son tour. On pourrait essayer de suivre les pistes de Regulus pour retrouver les autres horcruxes mais à quoi bon, si nous n'avons rien pour les détruire ?

- Et puis, poursuivit Harry en baissant le regard, je veux savoir comment vont nos amis.

La jeune fille reposa le verre avec précaution et acquiesça d'un signe de tête.

- Elle te manque, n'est-ce-pas ? dit-elle à mi-voix.

Harry lui jeta un coup d'œil à la dérobée puis se leva brusquement.

- Chaque seconde qui passe, avoua-t-il en lui tournant le dos.

Hermione sentit son cœur se serrer en pensant à son amie aux longs cheveux roux et au sourire si communicatif. Celle qui manquait tant à Harry. Et qui d'un geste ou d'une parole aurait pu apaiser Ron. Ginny leur aurait été précieuse. La brune repensa à la dernière fois qu'elle l'avait vue et avait la sensation que cela faisait une éternité.

- Hermione ?

Son meilleur ami s'était de nouveau tourné vers elle et la tirait de ses réflexions.

- Il nous faut un plan, soupira-t-elle en chassant Ginny de ses pensées.

- Un plan pour quoi ? résonna une voix derrière eux.

Les deux amis jetèrent un coup d'œil surpris vers Ron qui venait apparemment de se réveiller et se levait en se massant la nuque. Contrairement à Hermione et Harry, il parlait d'une voix forte et claire et la jeune fille posa aussitôt un doigt sur ses lèvres pour lui faire signe de se taire. Il lança un regard en direction du Serpentard qui semblait toujours dormir profondément et haussa les épaules d'un air désintéressé. Hermione leva les yeux au ciel et prit rageusement le verre à pied dans sa main.

- Pour nous rendre à Pré-au-Lard, chuchota Harry.

- Tout ce que vous voulez qui m'éloignera de lui, répliqua-t-il en jetant de nouveau un regard dédaigneux vers Drago.

- Très bien, Ron, soupira Harry en se relevant. Dans ce cas, nous irons tous les deux.

- Tous les deux ?

Le rouquin jeta un regard à Hermione qui ne pouvait s'empêcher de serrer les poings. Elle lui tendit le verre remplit d'eau et il la but d'une traite avant de s'essuyer les lèvres d'un revers de main.

- Il est hors de question que je te laisse seule avec lui, déclara-t-il.

- Ron… commença Harry.

- Non, le coupa la Gryffondor. Puisqu'il y tient, c'est moi qui irai avec lui.

- Tu es sûre ? s'enquit le brun.

- Certaine.

Ron parut tout d'abord surpris par cette brusque décision puis finit par sourire d'un air passablement satisfait. De toute évidence, il ne s'attendait pas à obtenir aussi rapidement gain de cause. Hermione observa Drago qui commençait à remuer légèrement dans son sommeil.

- Ne traînons pas, dit-elle. Nous n'avons rien à manger.

Elle se releva à son tour. Ses jambes étaient toujours légèrement douloureuses mais elle n'avait pas le temps de s'y attarder. Harry ramassa son sac et plongea sa main à l'intérieur. Il en sortit sa cape d'invisibilité et la tendit à Hermione. Elle la fit glisser précautionneusement entre ses mains et la déplia entièrement. Elle et Ron aurait certainement un peu de mal à s'y cacher tous les deux. Il leur faudrait marcher lentement et prudemment mais ils ne pouvaient pas prendre le risque d'être vus à Pré-au-Lard. Hermione perçut à nouveau un mouvement du côté du blond et s'empressa d'attraper Ron par le bras. Elle voulait à tout prix partir avant que le Serpentard ne se réveille. Car elle était parfaitement consciente que son escapade ne serait pas du goût de Drago et elle voulait à tout prix éviter les complications. Elle en subirait les conséquences plus tard.

- Tu lui expliqueras ? demanda-t-elle à Harry qui comprit aussitôt.

Il acquiesça silencieusement. Hermione se sentit légèrement nerveuse à l'idée de les laisser seuls. Mais elle avait confiance en Harry et le calme prodigieux dont il faisait montre en présence de son vieil ennemi. Elle se souvint de la discussion qu'elle avait eue avec lui et durant laquelle il lui avait fait comprendre à quel point les récents évènements l'avait détaché de tout ce qui n'avait pas un caractère véritablement grave. Il avait incroyablement muri. Peut-être même un peu trop pour un adolescent de son âge. Mais quel autre choix avait-il au vu du fardeau qui pesait sur ses épaules ?

- Sois prudent, Harry, lui recommanda Ron en jetant un regard peu amène au Serpentard.

- Ne t'inquiète pas. J'ai quelque chose qu'il n'a pas.

Et le brun fit tourner sa baguette entre ses mains avec adresse. Hermione ne put s'empêcher de se sentir coupable en voyant à quel point elle ressemblait peu à sa véritable baguette. McGonagall la lui avait fournie lorsqu'elle avait appris que la sienne s'était malencontreusement brisée à Godric's Hollow. Harry paraissait faire contre mauvaise fortune bon cœur mais la jeune fille savait pertinemment qu'aucun bout de bois ne pourrait jamais remplacer sa précieuse baguette à la plume de phénix.

- Soyez prudent, vous aussi, ajouta-t-il d'un air soucieux. Ne prenez pas de risques inutiles. Essayez juste de trouver de quoi manger et de voir si la voie est libre vers l'un des passages secrets. Prenez mon sac.

Il se dirigea vers la place où il avait dormi et s'agenouilla sur le sol, dos à eux. Il sortit ce qu'il y avait à l'intérieur du sac et le fourra rapidement dans le t-shirt supplémentaire qu'ils possédaient et qui traînait à côté, puis le tendit à Hermione qui l'enfila sur ses épaules.

- Nous ferons vite, promit-elle.

Ron et elle s'engagèrent dans le passage étroit et débouchèrent à l'extérieur. La lumière d'une journée déjà bien avancée pénétrait à travers les arbres et éclairait suffisamment leur chemin pour qu'ils n'aient pas besoin de leurs baguettes. Cependant, Hermione serra la sienne dans sa main.

- Nous ne pourrons pas descendre la montagne sous la cape, dit-elle à Ron. Il faudra être sur nos gardes.

- On ne transplane pas plus près ?

- Il vaudrait mieux éviter, hésita-t-elle en avisant le couvert des arbres. Et si nous tombions nez-à-nez avec un Détraqueur ? Ou pire.

Il acquiesça d'un signe de tête et dégaina lui aussi sa baguette. Puis ils sortirent progressivement de la protection des sorts et s'engagèrent dans le sentier rocailleux qui descendait en pente relativement douce. Passée l'agitation de leur fuite dans la nuit, ils étaient à présent conscients du fait qu'ils n'avaient pas de chaussures et la douleur se faisait davantage ressentir sous la plante de leurs pieds.

- Tu crois que des magasins sont encore ouverts à Pré-au-Lard ? chuchota Ron.

- Je n'en sais rien, répondit la brune en évitant de poser le pied sur un caillou particulièrement pointu.

- Je me demande si les Trois Balais le sont.

- Dis plutôt que tu as envie de revoir la belle Madame Rosmerta, ne put-elle s'empêcher de le taquiner.

- Pas du tout, murmura-t-il d'un ton bourru.

Mais son teint rouge n'échappa pas au regard d'Hermione. Elle réalisa à quel point l'amitié de Ron lui manquait. Car malgré toute sa bonne volonté, elle était obligée de ressentir à quel point leur relation avait changé. C'était en fait le cas depuis qu'ils les avaient abandonnés, elle et Harry. Mais le retour de la Gryffondor parmi eux après son enlèvement, et surtout la venue de Drago, avait considérablement amplifié cet imperceptible fossé qui s'était fissuré entre eux.

Le temps parut long à la jeune fille jusqu'à ce qu'ils parviennent enfin au pied de la montagne. Ils avançaient lentement, à la fois pour faire le moins de bruit possible mais également pour éviter de trop se blesser les pieds sur le sol rugueux. Lorsque le sentier commença à redevenir plat et que les arbres se firent de plus en plus rares, Hermione déploya la cape et elle se glissa dessous avec Ron. Ils prirent bien garde qu'elle les recouvre jusqu'au sol. Il ne leur fut pas aisé de marcher côte à côte, serrés et à demi courbés sous le tissu. Mais ils ne tardèrent pas à reprendre leurs vieilles habitudes et finirent par trouver un rythme commun qui leur permit d'aller un peu plus vite.

Hermione sentit son cœur s'emballer lorsqu'elle aperçut enfin la barrière qui délimitait la route, et plus loin les premiers toits du village.

- Allons-y, chuchota-t-elle.

Ils s'accroupirent d'un même mouvement et passèrent sous la barrière avec aisance. Puis ils se redressèrent et s'engagèrent sur le chemin. Le premier magasin devant lequel ils passèrent était celui de Derviche et Bang. Rien ne leur permettait d'affirmer qu'il était fermé mais aucune lumière ne parvenait de l'intérieur et la vitrine semblait à l'abandon. Hermione sentit son cœur se serrer en constatant à quel point la rue principale du village qu'elle avait connue si animée était à présent dénuée de la moindre présence et du moindre signe de vie.

Quelques mètres plus loin, le magasin Scribenpenne étala lui aussi sous leurs yeux sa vitrine vide de toute marchandise. Juste à côté, Gaichiffon ne paraissait pas plus vivant. Hermione pointa du doigt la boutique à Ron qui hocha la tête d'un air entendu. Ils se glissèrent entre les deux murs et contournèrent le bâtiment. La porte arrière était fermée. La jeune fille pointa sa baguette vers la poignée :

- Alohomora, murmura-t-elle.

Dans un cliquetis à peine perceptible, le loquet s'ouvrit. Les deux amis jetèrent un coup d'œil derrière eux pour s'assurer qu'il n'y avait personne dans les parages. Puis ils poussèrent la porte et pénétrèrent rapidement à l'intérieur. Ils avancèrent dans l'arrière-boutique, une vaste pièce poussiéreuse, pleine de cartons et de boîtes de toutes les couleurs. Aucun bruit ne leur parvenait du magasin et aucune lumière ne semblait témoigner de la présence de quelqu'un à l'intérieur.

- Tu crois qu'on peut enlever la cape ? chuchota Ron à l'oreille d'Hermione qui frissonna de surprise.

- Reste dessous, lui conseilla-t-elle, et fais le guet. Je vais voir si je peux trouver quelque chose.

La brune s'accroupit alors au sol, suivie de près par Ron qui se tenait prêt à la recouvrir de la cape à tout instant. Elle prit le premier carton qui se présentait à elle et l'ouvrit avec précaution. Il contenait une pile de robes de sorciers noires très épaisses. Ce fut également le cas pour les trois cartons suivants. Hermione poussa un soupir de déception. Le stock n'avait sûrement pas été renouvelé pour les beaux jours et des robes d'hiver aussi épaisses et engoncées ne feraient que les gêner davantage. Puis elle songea qu'elles pourraient tout de même leur être utiles la nuit pour se protéger des températures plus basses et de l'humidité de la grotte. Elle tâcha donc de bourrer le sac avec deux de ces robes et ne put pas en rentrer une de plus sous peine de ne plus avoir de place pour y mettre autre chose. Puis elle continua ses recherches et attrapa un carton plus petit dans lequel elle trouva des paires de chaussettes multicolores.

- On dirait celles qu'Harry avait achetées pour Dobby, commenta Ron en étouffant un rire. Elles sont toujours aussi laides.

- Ce n'est pas le moment de faire la fine bouche, Ron.

Elle lui en tendit une paire d'un violet criard et s'assit pour enfiler elle-même des chaussettes rouges ornées de dessins de théières jaunes. Elle prit ensuite six paires au hasard qu'elle fourra dans son sac.

- Tu te rends compte que c'est du vol ? la taquina le rouquin.

- Je ne crois pas que les propriétaires nous en tiendraient rigueur, répliqua-t-elle avec le plus grand sérieux. Ils n'ont même pas pris la peine de fermer correctement la porte.

Elle se mit à genoux et arpenta la pièce à la recherche de boîtes à chaussures. Elle finit par en trouver une pile dans le coin opposé. Elle inspecta les pointures inscrites sur chacune d'entre elle, jusqu'à trouver celles qu'il leur fallait. Il s'agissait de chaussures noires assez simples comme celles qu'ils portaient avec leurs uniformes de Poudlard. Ron enfila les siennes avec aisance et Hermione l'imita. Elle ne connaissait pas la pointure de Drago mais se fia à sa carrure proche de celle d'Harry et prit donc la même taille que pour son meilleur ami. Elle sortit les deux paires de leurs boîtes et les mit dans le sac. Heureusement, ce dernier était assez grand, ce qui lui permettait d'avoir encore un peu de place pour la nourriture.

- Je vais le porter, proposa Ron en le lui prenant des mains.

Hermione le remercia d'un sourire et le rejoignit sous la cape. Ils sortirent de la boutique et la fraîcheur de l'air s'engouffra sous le tissu. La jeune fille se sentit beaucoup mieux lorsqu'elle mit les pieds dans la terre. Les chaussures étaient assez souples et les chaussettes lui tenaient enfin chaud. La brise qui caressait ses jambes nues était désormais supportable. Ils retournèrent dans la rue principale et continuèrent leur exploration. Les maisons du village avaient quasiment toutes les volets fermés et une odeur de poussière se répandait dans l'air.

Dès qu'ils l'aperçurent, les deux Gryffondor ne purent s'empêcher d'aller coller leur nez contre la vitrine de chez Honeydukes, leur magasin préféré. Ils ne distinguèrent pas grand-chose à l'intérieur. Il semblait être à l'abandon comme les autres. Hermione se sentit nostalgique en repensant à l'odeur de chocolat et de caramel qui d'ordinaire émanait toujours de cette boutique dans laquelle ils s'étaient réfugiés au chaud tant de fois. Elle revoyait les visages des élèves de Poudlard. Et surtout ceux des troisième année qui découvraient Pré-au-Lard pour la première fois avec émerveillement.

- Hermione ?

Elle sentit Ron la tirer légèrement par le bras.

- Il faut continuer, murmura-t-il. Harry va s'inquiéter.

Elle hocha silencieusement la tête et tous deux reprirent leur marche vers leur prochaine destination. A leur grande surprise, une lumière émanait de l'une des fenêtres des Trois Balais. Ils se lancèrent un coup d'œil entendu et s'approchèrent très lentement de l'ouverture. A travers la vitre fermée, ils purent constater que le bar était désespérément vide. Seule Madame Rosmerta se trouvait là, en train de laver à l'éponge le vieux comptoir. Elle ne se servait pas de sa baguette qu'elle avait coincée contre sa hanche proéminente. Elle avait les traits tirés et les cheveux broussailleux. Elle paraissait avoir vieilli de dix ans.

- Qu'est-ce qu'on fait ? chuchota Ron.

- Il vaudrait mieux attendre qu'elle monte à l'étage, suggéra la Gryffondor. On ne peut pas risquer de voler quelque chose tant qu'elle est dans la pièce. Elle nous entendrait.

- Et si on lui demandait tout simplement de l'aide ? hasarda le rouquin. Elle est de notre côté, non ?

- C'est trop incertain, Ron. Monsieur Lovegood aussi était de notre côté. Jusqu'à ce que les Mangemorts trouvent un moyen de pression efficace.

- Alors on fait quoi ?

- Nous n'avons qu'à rester là et espérer qu'elle ne tarde pas trop à monter. Sinon, nous serons obligés de repartir sans nourriture et de retenter notre chance ce soir. Harry doit se faire un sang d'encre.

- D'accord.

Un silence pesant s'installa. Le village, toujours envahi d'une légère brume, paraissait une ville fantôme. La présence de Madame Rosmerta non loin d'eux était leur unique source de réconfort. Les deux adolescents auraient tout donné pour pouvoir pénétrer dans le bar et commander deux bièraubeurres, qu'elle leur aurait servies avec son sourire habituel. Mais ils étaient condamnés à rester au dehors, dans le froid, et à la contempler de loin. Ils ignoraient parfaitement la situation dans laquelle la tenancière se trouvait. Etait-elle sous la coupe des Mangemorts ? Cela n'aurait pas étonné Hermione. Etait-elle tenue de les renseigner si jamais Harry Potter, ou bien l'un de ses amis, entraient en contact avec elle ? C'était plus qu'une probabilité.

- Hermione ?

- Oui ?

- Tu as vraiment pardonné à Malefoy ?

Surprise, la jeune fille déglutit avec peine.

- J'essaye, en tout cas, répondit-elle de manière un peu hasardeuse.

- Je ne comprends pas comment tu peux oublier.

- Je n'ai jamais dit que j'avais oublié, Ron, dit-elle doucement. Je tâche juste de passer à autre chose.

- Mais de là à l'appeler Drago… murmura-t-il d'un air sombre.

- Je suis désolée, soupira-t-elle. Je comprends parfaitement que cela ait pu te choquer mais…

- Mais quoi ?

- J'ai appris à le connaître, voilà tout.

- Il n'a pas l'air d'avoir beaucoup changé.

- On ferait mieux de clore la discussion pour le moment, Ron, souffla-t-elle avec fermeté. Nous allons finir par nous disputer et quelqu'un va nous entendre.

- Il n'y a personne, répliqua-t-il en jetant un regard autour d'eux à travers la cape.

- On ne sait jamais.

Les deux amis se murèrent de nouveau dans le silence et reprirent leur observation. Madame Rosmerta avait apparemment terminé son ménage. Elle s'était accoudée au comptoir et jetait à de nombreuses reprises des coups d'œil vers une horloge en bois suspendue au mur. Cela éveilla les soupçons de la Gryffondor. Elle paraissait attendre quelque chose. Ou bien quelqu'un.